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Réflexions

  • Le menteur Assouline : les preuves définitives !

    Pierre Assouline, fieffé menteur antidegrellien (3)

     

     

    Foin des fumisteries : Assouline n’est qu’une vilaine canaille !

    Pour établir son mensonge d’appointé, Assouline a même osé utiliser l’argument –qu’il croyait sans aucun doute massue– d’un témoignage du familier des deux amis, Paul Jamin, alias Jam et Alidor : « Degrelle est un vantard. Il n’a jamais été Tintin, ni inspiré Hergé en quoi que ce soit. C’est tellement évident quand on songe qu’en plus, Tintin, lui, est le contraire d’un fanfaron… » (Hergé, p. 79).

    Tonnerre de Brest ! Serions-nous refaits ? Mais quelle est la référence de pareille affirmation ? La note 101 du bouquin nous la fournit : « Témoignage de Paul Jamin à l’auteur. » C’est-à-dire des propos absolument invérifiables, qu'Assouline met dans la bouche du caricaturiste décédé depuis un an (le 19 février 1995) : nous sommes donc condamnés à devoir croire la canaille sur parole !…

    Alors, Paul Jamin a-t-il vraiment raconté à Assouline ce que celui-ci voulait tellement entendre ? Nous nous permettons d’en douter, ne fût-ce que par la seule phrase « Degrelle n’a jamais inspiré Hergé en quoi que ce soit », contredite, comme nous venons de le voir, par Hergé lui-même (ce blog au 27 décembre 2021), ce que ne pouvait ignorer le fidèle Paul Jamin.

     

    Déménagement Jamin.jpeg

    Tintin mon copain, contrairement aux verba volatils prétendument rapportés par le laquais politiquement correct, a produit des scripta tangibles les contredisant de manière bien plus crédible. Le dessin bien élucidé par sa légende que nous reprenons ci-avant de la page 227 associe Tintin et Léon Degrelle, comme dans tant d'autres d'Alidor publiés dans l'hebdomadaire Pan. Pourquoi donc le dessinateur aurait-il associé régulièrement les deux personnages s'ils n'avaient rien à voir l'un avec l'autre ?

     

    Jam Hergé Wallez Ticket Parade.jpegCe dessin corrobore d’ailleurs celui des « trois pères de Tintin » que nous avons reproduit en début d’article (ce blog au 27 décembre 2021). L'explication du thème de sa vignette fournie par Paul Jamin aux éditeurs du livre dont il devait illustrer la couverture (Eric Fournet, Quand Hergé découvrait l’Amérique, Didier Hatier, 1992) contredit d’ailleurs clairement la pseudo-confidence à Assouline et confirme son caractère apocryphe : Jam n’a pas dessiné un vrai Tintin (ce qui ne lui aurait bien évidemment posé aucun problème), mais « un jeune homme qui pourrait fort bien appartenir à la famille de celui que Hergé envoya en reportage en la Russie des Soviets » (p. 9), c’est-à-dire son frère d’âme, son modèle Léon Degrelle. Rappelons aussi que Paul Jamin, non seulement a relu, en 1989-90, le livre ultime de Léon Degrelle documentant son rapport à Tintin, mais qu’il conseilla judicieusement à son auteur de le faire relire aussi par le spécialiste par excellence de l’œuvre de Hergé, Stéphane Steeman, qui se rendit à Malaga, une première fois, en octobre 1991 (ce blog au 21 mai 2016)…

    Pour autant, Assouline ignorait-il l’identité Degrelle-Tintin ? Non, bien évidemment !

    Nous avons montré comment la chronologie d’Assouline et ses supputations relèvent de la fumisterie et de ses basses besognes au service de la politique commerciale de l’usurpateur Rodwell. Mais veut-on une preuve supplémentaire de sa duplicité ?

     

     

    Profiter de Tintin ? Non ! Attaquer les banksters !

    La thèse d’Assouline est que ce n’est qu’« au soir de sa vie » que Léon Degrelle, incorrigible « prétentieux et mythomane », se serait inventé le rôle de modèle de Tintin : pour les besoins de son Tintin mon copain, toujours en achèvement à l’hôpital où il décéda le 31 mars 1994 (ce blog au 21 septembre 2020 ; notons qu’en 1996, Assouline publia sa biographie censée ruiner le crédit de Tintin mon copain sans avoir même pu lire le dernier livre de Léon Degrelle : il ne sortit des presses syldaves du Pélican d’Or qu’à la « Noël 2000 », comme indiqué à la page 2, –voir ce blog au 10 mai 2017).

    En prétendant cela, Assouline sait que ce n’est pas vrai et qu’il ment : la confidence a effectivement échappé en 1976 (près de vingt auparavant et du vivant de Hergé donc) à Léon Degrelle interviewé par Jean-Michel Charlier pour les deux formidables « Dossiers Noirs » qu’il lui consacra (Autoportrait d’un fasciste : ce blog au 1er juillet 2017). Il est donc primordial de disqualifier ses propos. Voyons ensemble de quelle perverse façon.

    Dans son interview à Jean-Michel Charlier, Léon Degrelle raconte comment, engagé dans l’action catholique (ce blog aux 5 et 8 avril 2017), –le mouvement Rex n’existait pas encore–, il en était rapidement venu aux prises avec la hiérarchie catholique dans les prémisses de ce qui deviendra son combat contre les banksters : « Je m’étais mis, entre autres, à dénoncer le “Boerenbond”. […] C’était la plus grosse organisation religioso-financière des Flandres, une organisation théoriquement parfaite, qui avait pour mission officielle et tout à fait louable de venir en aide aux paysans mais qui, en réalité, avait branché sur ce plan pieux une organisation bancaire géante qui drainait les économies des campagnards chrétiens. Elle avait fait disparaître dans des spéculations des centaines de millions de francs : c’était une affaire honteuse. Mais l’Eglise d’alors touchait sa part sur tout. […] Dès l’instant où j’ai sauté avec mon gourdin sur tous ces salauds, j’ai vu se dresser contre moi le cardinal Van Roey, brandissant sa crosse. La situation était presque comique parce que, précisément, peu avant, il venait de préfacer un bouquin à moi, une Histoire de la guerre scolaire, ouvrage aux parrains originaux puisque la couverture portait, en dehors de mon nom, “Préface du cardinal Van Roey”, archevêque de Malines, et ensuite, “Illustrations de Hergé”, le brave Hergé, Remy Georges, grand copain, le père de Tintin l’universel affublé de mes pantalons de golf. Dès que ma campagne de Vlan eut été déclenchée, le cardinal, avec encore au début une certaine discrétion, me voua aux feux dévorants de l’Enfer où grillent –et c’est juste– les anti-ploutocrates. » (Léon Degrelle: Persiste et signe, Interviews recueillies pour la télévision française par Jean-Michel Charlier, Jean Picollec Editeur, 1985, p. 71).

     

    Histoire Guerre scolaire-horz.jpg

    Ce n’est pas à proprement parler une « préface » que signa le cardinal Van Roey à l’Histoire de la Guerre scolaire de Léon Degrelle, mais une élogieuse lettre de félicitations, reproduite à la fin de l’ouvrage.

     

    On aura bien compris que la référence à Tintin est purement anecdotique dans le récit degrellien de ses premiers démêlés avec le cardinal-primat de Belgique : il ne s’agissait aucunement de parler de son rôle dans les aventures de Tintin, mais de mettre en évidence l’incongruité de la réaction du cardinal qui venait de lui signer une épître flatteuse pour son livre illustré par Hergé. Rien de plus, sinon de rappeler au passage que le héros de Hergé –autre détail cocasse–  avait été affublé de ses pantalons de golf…

    Mais comment Assouline rapporte-t-il le témoignage de Léon Degrelle ? Bien évidemment sans préciser le moindre contexte ! Comme s’il l’avait surpris en flagrant délit de mensonge ! « L’identification de Léon Degrelle à Tintin est d’ailleurs bien trop tardive pour n’être pas a priori suspecte. En 1976 encore, enregistrant douze heures de film et vingt heures de bande-son pour y raconter sa vie en long et en large, il ne citera Hergé qu’une seule fois. Pour affirmer que son “grand copain” avait affublé son petit personnage “de mes pantalons de golf”. Comme s’il avait été le seul à en porter alors qu’entre les deux guerres, c’était l’uniforme des grands voyageurs soucieux de leur mise ! » (Hergé, p. 79).

    Remarquons à nouveau que si les pantalons de golf constituaient prétendument, à l'époque, « l’uniforme des grands voyageurs soucieux de leur mise », Assouline se garde bien d’en donner le moindre exemple, et certainement pas Robert Sexé ou Albert Londres !

     

     

    La confidence fortuite

    Quant à l’argument de la date « tardive », il suinte également la mauvaise foi la plus crasse : « En 1976 encore »… Comme s’il s’agissait d’un nouvel exemple de la récupération qu’il dénonce.

    Non ! C’est en 1976 que cette confidence échappe incidemment à Léon Degrelle, pour la seule et unique fois du vivant de Hergé (nous verrons plus loin pourquoi). Cette allusion tout à fait accessoire au Tintin de Hergé est même très convaincante en ce qu’elle est spontanée et naturelle : Léon Degrelle se souvient simplement que le dessinateur qui s’inspira de lui pour son nouveau héros était involontairement mêlé à ses déboires avec le cardinal Van Roey, ce qui rendait la situation « presque comique ».

    La meilleure preuve qu’Assouline a bien compris ce que Léon Degrelle voulait dire, c’est qu’il cache la raison de l'évocation de Tintin et fait semblant de déplorer que Léon Degrelle, prétendument tout à son autoglorification au long de « douze heures de film », n’aura cité Hergé que cette seule et unique fois. Et ce, pour l'unique raison de s'accaparer indument la paternité de Tintin !

     

    Hergé Voilà.jpegTémoignage manifeste de la proximité indéniable de Hergé avec les idéaux d’Ordre nouveau défendus non seulement par Léon Degrelle et Rex mais également par la rédaction de son journal Le Soir : Hergé fait la « une » de l’hebdomadaire rexiste Voilà en pleine guerre, le 10 juillet 1942. Il surclasse, tel le bienveillant Créateur, un Tintin interloqué (dessin du caricaturiste maison R.V. Roy). Cette « gazette hebdomadaire de la bonne humeur » créée par Léon Degrelle et fort populaire (tirage : 30.000 exemplaires) était dirigée par Victor Meulenijzer, ami d’enfance de Hergé, qui avait été directeur du Pays réel après le départ de Léon Degrelle pour le Front de l’Est. Il paiera de sa vie sa fidélité à l’idéal bourguignon de son chef : il fut fusillé le 30 août 1945, après une parodie de procès qui désespéra son ami Hergé.

     

    Rappelons que Hergé était toujours vivant lorsque Léon Degrelle confia à Jean-Michel Charlier ce détail presque superfétatoire s’il n’avait été amusant. Une telle publicité eût néanmoins pu lui porter préjudice. Léon Degrelle en était d’ailleurs conscient, qui témoignera, après le décès de son ami, dans son Tintin mon copain : « D’un Hergé rexiste, on avait assez peu parlé après 1945. Dans mon refuge, je n’allais pas compromettre un vieux frère comme Georges, qui avait déjà fort à faire pour désherber dans ses albums les quelques nez crochus que la Résistance avait dénichés à la loupe ! » (p. 195).

    Amis Mabire.jpgEn fait, Tintin mon copain, entrepris après la disparition du dessinateur en 1983, n’est en rien une tentative de récupération : c’est un hommage à l’ami fraternel. Nous avons montré comment un article de Jean Mabire, Léon Degrelle fut-il Tintin ?, datant de plus ou moins 1985 et resté inédit, amena la décision de Léon Degrelle de révéler tous les tenants et aboutissants de sa précoce amitié avec Hergé (Léon Degrelle était bien Tintin ! L’intuition première de Jean Mabire, in Magazine des Amis de Jean Mabire, n° 45, Solstice d’été 2015, pp. 18-29).

    Et, comme nous l’avons déjà dit, ces liens d’amitié ne se démentirent jamais après-guerre, par les visites de Germaine Kieckens et Paul Jamin en Espagne, par l’envoi de ses albums par Hergé à Léon Degrelle, par les courriers d’invitation, de remerciements, de recommandations envoyés par Léon Degrelle à Hergé (ce blog au 10 mai 2017).

    Voici quelques exemples éloquents de lettres –adressées pour toute sécurité au fidèle ami commun, Paul Jamin– contenant des messages personnels pour Hergé :

    « Merci aussi au cher Georges de ses quatre bouquins, merveilleux (comme toute la série). Dis-lui que je serais très heureux de le voir se détendre ici. Si ça leur plaît, qu’ils viennent faire un séjour ici, s’inspirer dans une atmosphère très naturelle. Sa femme serait dans un très beau site, nous l’aiderions à se retaper à force d’air pur, de bons plats, et d’affection ! » (21 juillet 1959).

    « Vois un peu si Monsieur Tintin n’a pas besoin d’un beau palais andalou. Il serait à lui à bon compte, et sur-le-champ. » (28 janvier 1961 ; Léon Degrelle évoque ici sa belle propriété de la Carlina –ce blog au 17 octobre 2018– où se rendit effectivement, mais seule, Germaine Kieckens, à au moins deux reprises : ce blog au 10 mai 2017).

    « Je t’envoie, en insistant beaucoup là-dessus, une preuve du talent de l’artiste de Lyon dont je t’avais parlé et que je te demande de recommander vraiment à notre bon vieil Hergé (un fuerte abrazo !). […] Décide Hergé à lui faire une offre intéressante. Il me ferait grand plaisir. » (3 janvier 1967).

     

    LD Picaros.jpg

    Hergé n’a jamais manqué de faire parvenir ses albums de Tintin à celui qui avait inspiré son héros. Jusqu’à Tintin et les Picaros, en 1976. Seul Tintin et l’Alph-art, posthume (1986), a toujours manqué à sa collection.

     

    Voulez-vous une ultime preuve qu’Assouline ne croit absolument pas à la thèse politiquement correcte selon laquelle Léon Degrelle serait définitivement étranger à Tintin ? Et que donc Assouline a menti pour satisfaire ses commanditaires, les héritiers abusifs de la Fondation Hergé qui veulent à tout prix imposer leur menterie ?

     

     

    L'éclairante dédicace

    Nous la trouverons dans la dédicace de son ouvrage Hergé publié à l’instigation de ladite Fondation deux ans seulement après la disparition de Léon Degrelle, tant elle appréhendait la publication annoncée de Tintin mon copain et voulait à tout prix la désamorcer (voir Armand Gérard, Léon Degrelle était bien Tintin ! L’intuition première de Jean Mabire, op. cit., p. 18).

    Cette dédicace était destinée à la propre veuve de Léon Degrelle, à qui l'auteur envoya son ouvrage en priorité, dès sa sortie de presse (l'achevé d'imprimé et le dépôt légal renseignent, à la page 467, « février 1996 » !). Il écrivit, à la suite du titre Hergé :

    « pour Jeanne Degrelle
    et tintin pour les autres !
    Elle y trouvera la trace et
    l’ombre de qui vous savez…

                                                                 Pierre
                                                                         Assouline

                                                                    Mars 96 »

     

    Dédicace Assoulline Jeanne.jpeg

    Par le jeu de mots qu’il effectue sur le nom de Tintin en le privant de sa majuscule, Assouline détruit explicitement, –en s’en amusant !–, la thèse officielle qu’il a été obligé de défendre dans sa biographie de commande : « tintin, rien, bernique pour les autres ! » Le point d’exclamation est d’Assouline, transformant bien le nom du héros des jeunes de 7 à 77 ans en interjection envoyant au diable tous ceux qui se refusent obstinément à comprendre Hergé, à reconnaître le vrai Tintin et seront donc sans doute satisfaits de lire cette biographie bienséante du pourtant « rexisant » ami de Léon Degrelle.

    Examinons d’ailleurs la forme de la dédicace d’Assouline. Il n’utilise pas la préposition « à » que l’on attendrait pour l’hommage du livre à une personne chère ou simplement intéressée, mais la préposition « pour », juste après le titre Hergé, et sur la même ligne, indiquant manifestement qui est la véritable destinataire de l’œuvre. L’auteur confesse donc à Jeanne Degrelle que ce livre a en fait été écrit « pour » elle et pas pour ceux qui l’ont officiellement commandé : « tintin pour les autres ! », précise-t-il explicitement.

    Notons aussi le passage, dans la même phrase, de l’emploi du pronom personnel de la troisième personne du singulier « Elle », logique en ce qu’il évoque la dédicataire « Jeanne Degrelle », à la forme de politesse du pronom de la seconde personne du singulier « vous » : Pierre Assouline exprime donc son implication personnelle dans la dédicace.

    Jeanne Degrelle peut et doit lui faire confiance : ce qu’il lui dit là est la stricte vérité. Nous ne sommes plus dans la dédicace académique où l’on eût attendu « l’ombre de qui elle sait », mais dans une relation personnelle, « l’ombre de qui vous savez » : ce n’est plus un Assouline qui parle à une Madame Degrelle, c’est maintenant moi, Pierre, qui vous parle, à vous, Jeanne. Et c’est d’ailleurs signé familièrement du prénom « Pierre », le nom étant reporté significativement à la ligne suivante…

    Certes, Jeanne Degrelle ne pourra trouver dans cette biographie que « la trace et l’ombre » de Léon Degrelle qui était pourtant si proche de Hergé, puisqu’il s’agit d’une œuvre de commande. Mais la confidence qu’Assouline lui fait dans sa dédicace doit suffire à rétablir la vérité : c’est « tintin » pour les autres, les commanditaires, car « Tintin », c’est et ce sera toujours Léon Degrelle !

     

    Jeanne+LD Malaga.jpg

    Jeanne Degrelle et son tellement plus que Tintin d’époux, à Malaga, au début des années 1990…

     

    Cette analyse serait tirée par les cheveux ? Mais ce serait faire injure au fin connaisseur de la langue française qu’est Assouline que de prétendre le contraire : comme nous l’avons constaté, il n’utilise aucun mot ou tournure au hasard, même et surtout si c’est pour se garantir le confort et la sécurité de ses mensonges. C’est ainsi qu’en 2014, au moment même de la disparition d’une Jeanne Degrelle qu’il estimait ne plus devoir ménager (Jeanne Degrelle-Brevet décéda le 15 décembre 2014 : ce blog au 17 janvier 2016), il commettra un roman, Sigmaringen (Gallimard), où il se permettra à nouveau d’outrager Léon Degrelle, en reprenant les calomnies qu’il dut crédibiliser dans sa biographie aux ordres : nous ne manquerons pas d’y revenir bientôt.

    En vérité, cette dédicace –toute personnelle et que son auteur ne destinait évidemment pas à quelque publicité (sans doute ne fut-elle d'ailleurs envoyée dans l'urgence à Jeanne Degrelle que dans le but de « désamorcer » sa légitime réaction à la lecture de l'histoire biaisée des relations Hergé-Degrelle)– désigne la dédicataire comme seule habilitée à trouver dans son livre fallacieux « la trace et l’ombre » de qui elle sait pertinemment être le vrai Tintin, c’est-à-dire, à l’évidence, son immortel époux Léon Degrelle.

     

     

    Tintin LD Aramis 20.07.1991.jpgA l’occasion de sa visite chez Léon Degrelle à Malaga en 1991, le dessinateur Aramis (Minute, Présent, Le Crapouillot, Valeurs Actuelles,…) a dédicacé à ses hôtes ce dessin original et explicite dans la plus pure tradition de la « ligne claire » hergéenne. Le créateur de Tintin avait déjà revêtu son héros de tous les uniformes militaires du IIIe Reich (Hergé, L’Aviation. Guerre 1939-1945, collection « Voir et Savoir », 1953 : ce blog au 29 septembre 2020), Aramis lui donne, avec encore plus de pertinence, l’uniforme degrellien de SS-Sturmbannführer (commandant) muni de toutes ses décorations, y compris la croix de Chevalier de la Croix de Fer reçue des mains mêmes d’Adolf Hitler.

  • Assouline : « Tintin ? N’importe qui plutôt que Degrelle ! »

    Pierre Assouline, fieffé menteur antidegrellien (2)

     

    La chronologie d’Assouline ? Fumisterie !

    La preuve chronologique décisive avancée par Assouline pour établir l’impossibilité d’une quelconque influence de Léon Degrelle sur Tintin est également toute spécieuse : prétendant convaincre son lecteur, elle n’a d’autre but que de le circonvenir et le tromper. Lorsqu’il dessina les premières cases de Tintin au pays des Soviets en janvier 1929, Hergé n’a en effet pas eu besoin d’attendre les articles de Léon Degrelle de février 1930 pour connaître ses réactions aux persécutions des Cristeros puisqu’elles avaient été publiées… dès le mois d’octobre 1928 ! (ce blog au 7 février 2019).

    Bien plus, Hergé connaissait Léon Degrelle, sa rectitude morale comme sa joie de vivre depuis leur participation commune à la presse scoute catholique (1922-1925), au journal estudiantin L’Avant-Garde (1927) et au quotidien catholique Le XXe Siècle (1928). C’est d’ailleurs le 12 janvier 1928 que Léon Degrelle organisa le saccage de l’exposition soviétique dont l’abbé Norbert Wallez avait dénoncé l’organisation à Bruxelles dans son journal : cette action d’éclat provoqua un véritable séisme secouant le monde médiatique et politique belge. L’abbé Wallez fut le seul à l’appuyer sans réserve : il engagea illico le jeune étudiant dans son équipe rédactionnelle du XXe Siècle et enjoignit Hergé d’envoyer son nouveau héros  combattre les Soviets, à l’image de Léon Degrelle, à partir du 10 janvier 1929 (retrouvez tous ces détails appartenant à la genèse de Tintin dans l’introduction à Cristeros, Aux origines de Tintin) !

    XX S. 1928 01 13 Sac expo Soviets Bxl.JPGEn « Une » du 13 janvier 1928, Le XXe Siècle, le quotidien de l’abbé Wallez, salue « Les justes ravages faits dans l’exposition des bolchevistes russes à Bruxelles par les “Jeunesses Nationales” et les étudiants universitaires ».

     On peut donc affirmer –en respectant la chronologie et les faits– que l’engagement anticommuniste de Tintin puisa –comme chacun sait– les anecdotes de ses aventures dans les mémoires de l’ancien consul belge en Russie, Joseph Douillet, Moscou sans voiles (neuf ans de travail au pays des Soviets) que l’abbé Wallez confia à Hergé en décembre 1928 pour documenter les aventures de Tintin. Mais pour étoffer la personnalité de son nouveau personnage, il s’inspira du courage, de la détermination, du sens de l’initiative et de l’humour de Léon Degrelle, héros du saccage en janvier 1928 de l’exposition bolchevique de Bruxelles.


    C’est ainsi et pas autrement que naîtront Les aventures de Tintin reporter au « Petit Vingtième » au pays des Soviets.

    Un dernier mot pour documenter le peu de sérieux de l’argumentation chronologique d’Assouline prétendant impossible la filiation Degrelle-Tintin puisque le directeur du XXe Siècle n’aurait envoyé Léon Degrelle au Mexique qu’après le début des premières aventures de Tintin… au Congo ! « Ainsi l’abbé Wallez a-t-il expédié Degrelle au Mexique après avoir décidé d’envoyer Tintin au Congo et non le contraire. »

    A nouveau, double erreur : si Léon Degrelle ne se rendit effectivement au Mexique qu’en janvier 1930, ce ne fut qu’avec, pour seule aide de l’abbé Wallez, un pécule de cinq mille francs. Ce voyage ne fut en rien décidé par l’abbé qui ne fit que céder aux sollicitations de son journaliste se muant en reporter de terrain (voir Cristeros, Aux origines de Tintin, p. 73). Mais c’est l’engagement antisoviétique de Léon Degrelle qui donna à l’abbé l’idée d’envoyer Tintin, non pas au Congo, mais chez les Soviets. Comme Léon Degrelle, Tintin y dénoncera les « ignominies » des « révolutionnaires moscovites » (Norbert Wallez, in Le XXe Siècle, 13 janvier 1928).

    Ce n’est que pour ses aventures suivantes que Tintin se rendra au Congo, y exaltant l’œuvre des Pères Blancs.

    Qu’Assouline confonde les deux albums ne plaide guère pour le sérieux de sa réflexion. Une confusion qui fait plutôt désordre dans un passage où l’auteur prétend accuser de mensonge celui qu’il sait dire la vérité…

    LD Avt-Garde 1928 11 22 Leb.jpg

    Portrait de Léon Degrelle, secrétaire de rédaction de L’Avant-Garde depuis un an, par l’étudiant et dessinateur « Leb », publié dans l’hebdomadaire louvaniste, le 22 novembre 1928. Plus tard, Leb dessinera aussi pour Le XXe Siècle (on trouvera, par exemple, son portrait de Pierre Nothomb dans Le « XXe » littéraire et artistique du 10 août 1930).

    Voilà les faits et la véritable chronologie : tout est expliqué en détail dans Cristeros, Aux origines de Tintin, même si Assouline fait semblant que ce livre et cette mise au point n’existent pas !

     

     

    Le modèle de Tintin serait Robert Sexé ? Fumisterie !

    Enfin, parachevant son boulot antidegrellien pour lequel il fut engagé par l’ex-madame Hergé, épouse Rodwell, l’omnipotent patron de la despotique société Moulinsart, Assouline ose affirmer –ce qui ne se trouvait aucunement dans son bouquin de 1996 !– qu’en aucun cas Léon Degrelle n’aurait pu inspirer Hergé pour son héros Tintin : « Je crois bien davantage à des modèles comme Robert Sexé ou Albert Londres, bien sûr ! » (Cahiers, p. 9).

    Outre que, vu ses mensonges à répétition, on se moque bien de savoir ce qu’Assouline croit, on pourrait quand même se demander de quel chapeau sortent Robert Sexé et Albert Londres qui n’ont jamais approché Hergé. Hergé qui ne connaissait absolument pas Sexé (ce blog au 1er février 2016). Hergé qui ne connaissait pas davantage Albert Londres, sauf pour en avoir peut-être lu l’une ou l’autre œuvre et dont il aurait illustré, en 1930, un texte concernant non les Soviets, mais les Juifs (voir plus loin).

    Remarquons qu’à la fin de sa remarque, Assouline assène la locution adverbiale « bien sûr », renforcée d’un point d’exclamation, pour transformer son affirmation gratuitement péremptoire en évidence que le lecteur n’oserait mettre en doute sous peine de passer pour un imbécile !

    Or rarissimes sont ceux à avoir jamais entendu parler de Robert Sexé, valeureux globe-trotter à moto du début des années 1920, jusqu’à ce qu’un certain Janpol Schulz n’en propose, en 1996, une biographie intitulée Sexé au pays des Soviets, opportunément préfacée par… le secrétaire général de la Fondation Hergé, Philippe Goddin, saluant un « reporter dynamique, entreprenant et courageux dont, peut-être, les articles et les photos étaient tombés sous les yeux du jeune dessinateur Hergé. » Mais ce tintinologue officiel s’est toujours bien gardé d’évoquer jusqu’au nom même de Sexé dans ses multiples ouvrages, y compris dans sa monumentale Chronologie d’une œuvre (7 volumes, éditions Moulinsart, de 2000 à 2011).

    Dans sa contribution bienveillante, Goddin s’est contenté de conclure : « Qui sait si un jour, on ne découvrira pas la photo de Robert Sexé dans les archives conservées à la Fondation Hergé ? ». C’était à la fin du siècle dernier et il semble bien que, depuis, rien n’ait jamais été découvert permettant de relier concrètement à Hergé cet aventurier d’exception qui réalisa le premier tour du monde en moto. Même si, collaborateur de La Gerbe, l’hebdomadaire ouvertement national-socialiste d’Alphonse de Châteaubriant, Robert Sexé partageait à l’évidence les idées de Hergé quant au nouvel ordre européen.

    Soir Sexé 1926 12 05.jpg

    Quoi qu’en aient dit Janpol Schulz ou Francis Bergeron, Le XXe Siècle ne reçut jamais Robert Sexé dans ses locaux pour quelque interview ni ne publia jamais de photo de lui. Contrairement au Soir qui, le 5 décembre 1926, illustra d’un cliché son reportage sur la réception à Bruxelles du motocycliste et de son compagnon Henri Andrieu après leur tour du monde.

    C’est le directeur du quotidien Présent, Francis Bergeron, maladivement antidegrellien, qui a répandu dans les milieux nationalistes la fable de Robert Sexé, modèle de Tintin, dans une interview à Rivarol, en octobre 2015. Il entendait en effet poursuivre sa dénonciation de « ceux qui ont voulu du mal à Hergé (ainsi que Degrelle lui-même) », mais sans fournir le moindre élément permettant d’étayer pareille accusation, invraisemblable sinon diffamatoire (Georges Remi, dit Hergé, Pardès, 2011, p. 35).

    Nous avons suffisamment démonté l’argumentaire fantaisiste de Bergeron pour ne plus y revenir (ce blog aux 1er février et 4 mai 2016) : ce sympathique motocycliste de Robert Sexé, quadragénaire et myope, n’a, à l’évidence, jamais pu servir de modèle pour Tintin.

    S’il fallait encore s’en convaincre, il suffit d’ouvrir le livre de Janpol Schulz, Robert Sexé au pays des Soviets –usurpant le titre de Hergé pour mieux accréditer la supercherie– où est notamment repris le reportage de Sexé sur son séjour à Moscou en 1925 pour le bimensuel Moto Revue. On verra que le contenu, tout d’enthousiasme et de bienveillance pour le pays des Soviets, n’a rien à voir avec les aventures de Tintin mettant à nu la terrible réalité du pays des Soviets, telle que la perçut et l’illustra Hergé.

    A cet égard, Robert Sexé se conduirait plutôt comme ces « communistes anglais à qui l’on montre les beautés du bolchevisme » (Tintin au pays des Soviets, p. 29, case 3) en exaltant, par exemple, la riche diversité de la production industrielle soviétique, n’oubliant pas les cierges dont le clergé orthodoxe ferait encore grande consommation : « Et nous réalisons l’immensité de ce “pays des Soviets” : le continent russe. Le laboratoire thermodynamique est en plein quartier d’usines. Tout près, des ateliers d’état fabriquent des avions complets, des automobiles, marque AMO et une fabrique soviétique produit des bougies et de magnifiques cierges d’église… » (Robert Sexé au pays des Soviets, p. 123).

    Le hasard (ou la malchance) veut que l’on peut également mettre en parallèle avec le reportage de Sexé le fameux épisode de la « distribution de pain gratuite aux pauvres de Moscou […], ces bandes d’enfants abandonnés, vagabondant dans les villes et les campagnes vivant de vol et de mendicité » où un petit mendiant se fait traiter de « chien » et chasser d’un violent coup de pied pour n’être pas communiste (Tintin au pays des Soviets, p. 78, case 3, et p. 79, case 1). Robert Sexé choisirait plutôt, quant à lui, le camp du policier soviétique : « Heureusement, pour le pittoresque de la rue, ces caractères classiques de la vie russe, le mendiant et le pope, existent toujours […]. Le petit tzigane s’accroche à vous en pleurnichant, la jeune romanichelle vous mendie des kopeks, les “militionnaires” (agents de police) ferment l’œil sur toute cette mendicité, mais ils sont prompts à intervenir au besoin. Les occasions ne leur manquent pas et ils ont fort à faire contre les terribles jeunes “arabes”, enfance abandonnée et criminelle réfugiée à Moscou depuis la grande famine. » (Robert Sexé au pays des Soviets, p. 124).

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    Sympathique portrait d’un agent de police soviétique (un « militionnaire ») réalisé par Robert Sexé lors de son séjour à Moscou. A comparer avec les mines patibulaires dont Hergé afflige tous les protagonistes bolcheviques dans Tintin au pays des Soviets. 



    Le modèle de Tintin serait Albert Londres ? Fumisterie !

    En serait-il autrement d’Albert Londres dont le nom n’est sans doute cité par Assouline que pour évoquer un journaliste-explorateur plus célèbre que Robert Sexé ?

    Selon les « hergéologues » appointés, un lien existerait bien avec Hergé censé avoir illustré, comme nous l’avons dit, des passages d’un livre d’Albert Londres venant d’être publié, Le Juif errant est arrivé. C’était le 16 février 1930, dans le supplément dominical du XXe Siècle, Le “XXe” littéraire et artistique. Hergé venait de publier les cent quatorzième et cent quinzième planches de Tintin au pays des Soviets (sur cent trente-huit au final) dans le petit “XXe” du 13 février 1930. Mais ce n’est pas le reportage d’Albert Londres Dans la Russie des Soviets que Hergé aurait illustré, mais son enquête sur les Juifs, des ghettos d’Europe vers la Palestine.

    De quoi établir un lien entre Albert Londres et Tintin ? Sûrement pas ! Au même moment, Léon Degrelle, lui, était aux prises avec les soviets mexicains. Et envoyait à Hergé ce clin d’œil complice reprenant la fameuse anecdote des visiteurs anglais de l’usine soviétique que son ami avait publiée dans le petit “XXe”, le 11 avril 1929 : « Il y a entre la Révolution Russe et la Révolution Mexicaine des similitudes nombreuses qui ne manquent point de saveur. La plus pittoresque est leur commun désir d’épater les visiteurs étrangers. On n’oubliera jamais le voyage à Moscou de la délégation anglaise : sur son passage les Soviets n’hésitèrent point à brûler, sous les cheminées des usines à l’abandon, les dernières charretées de foin des paysans russes, afin que les voyageurs d’Outre-Manche fussent émerveillés par l’épanouissement industriel de l’U.R.S.S. ! » (Le Vingtième Siècle, 11 février 1930).

    Huibrecht Van Opstal avait signalé en 1998 dans son Tracé RG, Le phénomène Hergé que le dessinateur avait illustré le texte sur les Juifs d’Albert Londres (p. 58), mais sans rien reproduire. Philippe Goddin rapportera également l’information en 2000 dans le premier volume de son Hergé, Chronologie d’une œuvre (p. 298), sans en donner non plus d’exemple.

    Serait-ce que les dessins de Hergé exhalassent quelque relent raciste ? On pourrait le supposer à lire le difficultueux ouvrage de Van Opstal (abréviations quasi incompréhensibles, organisation compliquée de l’index, bibliographie hermétique,…). La référence à Albert Londres se trouve en effet dans une recension de dessins chargeant le trait sémite : « [Hergé] illustra Angelroth (sur le juif errant, dans LBQL, 1925), Londres (sur le sionisme, Le Juif Errant est arrivé, dans LVLEA, 1930) et de Vroylande (sur des Juifs avides, en 1941. […] » (Tracé RG, Le Phénomène Hergé, p. 58).

    Nous pensons plutôt qui si les spécialistes officiels de Hergé ont choisi de ne pas publier ce dessin « londrien », c’est que son attribution n’est vraiment pas avérée car, contrairement aux autres illustrations du « XXe » littéraire et artistique (complaisamment reproduites par Goddin dans sa Chronologie), il n’est pas signé « HERGE ». Et l’original ne semble pas non plus appartenir aux archives quasi exhaustives de la Fondation Hergé (ce qui aurait permis d’en authentifier l’auteur).

    XXe litt. 1930 02 16.jpg

    C’est le 16 février 1930 que Le « XXe » littéraire et artistique publie des extraits du Juif errant est arrivé ! d’Albert Londres. Van Opstal et Goddin attribuent le dessin à Hergé, mais rien n’est moins sûr puisque, contrairement à son habitude constante, le dessinateur n’aurait pas signé son œuvre. Et comme tant d’autres dessinateurs –tel Leb, voir ci-avant– ont travaillé pour le supplément littéraire du XXe Siècle… La seule certitude « hergéenne », c’est que Le « XXe » littéraire et artistique faisait régulièrement de la publicité pour Tintin au pays des Soviets !

     

    Si Assouline préfère donc ne pas évoquer l’illustration du Juif errant est arrivé dans son interview aux Cahiers de la BD, peut-être ne cite-t-il alors Albert Londres comme modèle de Tintin que parce qu’en 2014, il est devenu à son tour le héros d’une bande dessinée surfant sur le succès de Tintin et reprenant le même procédé que Schulz dans son titre, Albert Londres au pays des Soviets (Luc Révillon, scénario, et Gérard Berthelot, dessin, Editions Joe). L’éditeur ne manquera d’ailleurs pas du culot de prétendre –tout à fait gratuitement–, en quatrième page de couverture, que «  lorsque Hergé enverra son petit reporter en Russie des Soviets, il se souviendra d’Albert Londres, illustre prédécesseur auquel il vouait une grande admiration » (rappelons que le dessin attribué à Hergé pour Londres est postérieur d’un an aux premières planches des aventures de Tintin).

    Albert Londres BD.jpgDans la biographie qu’il a consacrée au célèbre journaliste (Albert Londres, vie et mort d’un grand reporter, Balland, 505 pages, 1989), Pierre Assouline n’évoque en tout cas jamais les premières aventures de Tintin, ce qui d’ailleurs, à l’époque, n’eût probablement pas été perçu comme particulièrement valorisant, alors qu’aujourd’hui, la préface des Editions de Londres qui diffusent Dans la Russie des Soviets (2012), n’hésite plus à établir ce parallèle : « il est facile et abusif de comparer l’ouvrage avec Tintin au pays des Soviets de 1929. Mais si nous parlons bien de la même époque, les conditions qui conduisent à la naissance des deux œuvres sont presque antinomiques. Si Tintin au pays des Soviets est avant tout une BD anti-soviétique, Dans la Russie des Soviets est un reportage. Et puis, n’oublions pas, si la relation d’Hergé est loin d’être objective, les faits qu’il raconte, notamment l’épisode de la visite de communistes anglais dans les usines soviétiques, ne sont pas totalement idiots à la lumière de ce que l’on sait maintenant de l’époque stalinienne. » (p. 4).

    Cette argumentation est bien alambiquée (en quoi « la relation d’Hergé » est-elle « loin d’être objective » ?) car ce n’est pas « à la lumière de ce que l’on sait maintenant » que les aventures de Tintin chez les Soviets ont été imaginées, ni –cela eût été possible– à celle de ce qu’écrivit Albert Londres en 1920, mais –comme nous venons de le rappeler–, ce reportage en BD (Tintin rédige son article-fleuve aux pages 38-39 de Tintin au pays des Soviets) s’est écrit à la lumière du Moscou sans voiles de Joseph Douillet (l'anecdote de la visite des communistes anglais se trouve aux pages 18-19). La seule chose qu’on pourrait trouver « antinomique » avec l’œuvre de Londres, c’est que Tintin ne se contente pas d’écrire et de dénoncer, il agit, combat activement, avec son intelligence et ses poings, l’injustice et la tyrannie du bolchevisme.

    Car il est vrai qu’à l’inverse des impressions de voyage publiées par Sexé, le reportage d’Albert Londres est, lui, sans complaisance pour le régime soviétique et ses réalisations : « ce sont des étables pour hommes », écrira-t-il, en dénonçant l’implacable système bolchevique organisant, au nom de la dictature du prolétariat, la misère et la famine du peuple russe. Mais il s’en tient à cela, qui est déjà fort bien et fort courageux : il décrit ce qu’il voit et alerte ainsi le monde extérieur, victime de la propagande du régime et de la complaisance de ceux qui se sont contentés de voyages « encadrés »…

    Albert-Londres-1923.jpgCélèbre photographie d’Albert Londres, prise en 1923. Dans sa présentation des Œuvres complètes du reporter (Arléa, 2007), Assouline décrit Albert Londres de la manière suivante (p. VIII) : « Au physique : un bourgeois français, moyen en tout. Signes particuliers : néant. » Rien là qui puisse rappeler Tintin. « Au moral : sentimental, raffiné, dédaigneux, douillet, soucieux de sa ligne, taquin, gourmand, capricieux, courageux, inconscient, impatient, ironique, entêté, potache, fantaisiste, cinglant, ambitieux, insaisissable, taiseux, orgueilleux et fier. Il préfère écouter que parler, regarder plutôt que décrire. » Parmi ces qualificatifs, les seuls pouvant concerner Tintin seraient sans doute sentimental, courageux, entêté. Et peut-être aussi fantaisiste… L’identification avec Léon Degrelle –au physique et au moral !– est, ô combien, plus réussie et convaincante (voir l’introduction de Cristeros, Aux origines de Tintin).

    Pour suivre Tintin et agir concrètement contre le bolchevisme, avec son intelligence et ses poings, il faudra attendre juin 1941 et un certain Léon Degrelle dont l’action antibolchevique de 1928 avait justement été à l’origine des premières aventures de Tintin !

    Ni le quadragénaire à lunettes Sexé, ni le quadragénaire barbichu Londres ne peuvent décidément prétendre avoir servi de modèle à Tintin…

     

    (À suivre)

  • Pierre Assouline, fieffé menteur antidegrellien (1)

    L’obligé de la Fondation Hergé connaît pourtant
    la vérité :
    Léon Degrelle est bien Tintin !

     

    L’enfumage de la « biographie officielle »

     

    Ce n’est qu’aujourd’hui que nous est tombé entre les mains le numéro hors-série des Cahiers de la BD consacré à Hergé, l’ami de Léon Degrelle, sous le titre Hergé, Le père de Tintin se raconte (mars 2020).

    Cahiers BD Hergé.jpegLe titre de cet énième opuscule surfant sur l’image rémunératrice du maître de la ligne claire ne peut qu’induire en erreur son acheteur car, au lieu du scoop d’un récit autobiographique original, il n’aura droit qu’à des commentaires politiquement corrects, rédigés ou inspirés par des appointés et/ou obligés de la toute-puissante Fondation Hergé.

    Et le premier à se substituer à Hergé pour prétendre qu’il « se raconte » n’est autre que cette canaille de Pierre Assouline, auteur, en 1996 chez Plon, d’un Hergé, soi-disant « premier grand portrait d’Hergé [révélant] les coulisses de son œuvre » (Cahiers, p. 11).

    C’est dès ce bouquin qu’il lance la légende apologétique de sa parfaite indépendance d’esprit, gage de l’implacable objectivité de son travail de biographe de Hergé : « Philippe Goddin me proposa au nom de la Fondation Hergé de mettre ses archives à ma disposition pour écrire une biographie […]. Je les prévins aussitôt de l’esprit qui m’animait : la fascination critique pour un homme et une œuvre… la volonté de tout savoir… la liberté de tout écrire… le rejet de tout contrôle… […] Par la volonté de Fanny Rodwell, l’aide de la Fondation Hergé me fut acquise sans réserve ni contrepartie. […] Tout au long de mes recherches, ils ne me ménagèrent jamais leur soutien. Ils s’étaient convaincus que l’exposé rigoureux et la révélation la plus neutre de ces fameuses vérités-qui-ne-sont-pas-bonnes-à-dire valaient décidément mieux que l’insinuation, l’allusion et le soupçon permanent. » (Hergé, p. 12).

    Il nous ressort à nouveau cette fable pour carillonner que tout ce que contient son opus magnum ressortit à la Vérité gravée dans le marbre : « Fanny [Rodwell, la seconde épouse d’Hergé, qui gère les droits (NDLR)] nous a rejoints. Elle serait ravie, m’a-t-elle dit, si je me lançais dans une biographie d’Hergé. Soit, lui ai-je répondu, mais si je découvre un cadavre dans le placard, je le montrerai ! Elle a eu cette phrase décisive : “Vous aurez carte blanche pour tout raconter sans droit de regard de ma part car il y a pire que les accusations, ce sont les insinuations et je sais que, dur ou pas, un livre de vous les fera taire.” » (Cahiers, p. 7).

    Et les Cahiers, s’appuyant sur cette séduisante forfanterie, d’affirmer : « Aujourd’hui, Assouline reste l’une des autorités les plus fiables et les plus objectives sur les rapports ambigus entre Hergé et l’extrême droite. » (p. 7).

     
    Assouline, un chercheur indépendant ? Fumisterie !

    Cahiers BD Assouline.jpegSauf que le récit édifiant d’Assouline relève de l’enfumage : cette légende de la liberté totale d’investigation et d’expression a constitué le plus sûr paravent du mythe à garantir : Hergé n’aurait en fait rien à voir avec l’Ordre nouveau se proposant à l’Europe. Au mieux (ou au pire, c’est selon), il ne serait qu’une victime : victime de son temps, victime des circonstances, victime de ses fréquentations. « Hergé n’a aucun sens politique. […] Hergé, heureusement pour lui, n’est pas un intellectuel, il n’a rien écrit » ! (Cahiers, p. 11).

    Voilà qui est proprement insultant pour l’information du lecteur, mais surtout pour Hergé lui-même ! Hergé n’aurait aucun sens politique ? Il n’a rien écrit ? Mais cet idéaliste de la révolution des âmes, cet artiste « d’imprégnation rexiste » (Hergé, p. 105) a superlativement illustré ses idées, les rendant accessibles à tous, par ses dessins et ses scénarios : nous l’avons établi en abondance, notamment dans notre série « Degrelle-Hergé, même combat ! » (ce blog aux 21, 29 septembre ; 15, 20, 27 octobre ; 20, 27 novembre et 1er décembre 2020).

    Et pour démonter l’imposture du prétendu biographe s’enfonçant dans le mensonge, nous ne reprendrons que ses affirmations méprisables sur Léon Degrelle : « Je ne crois pas [que Léon Degrelle] ait eu beaucoup d’importance. Dès le début, Hergé prend ses distances avec ce confrère journaliste prétentieux et mythomane. À l’époque, ce qui gêne Hergé, c’est l’homme, pas le facho –qu’il n’est pas encore, d’ailleurs. Sur le plan artistique, il ne lui apporte rien non plus : des reporters courant le monde en culottes de golf, ce n’est pas ce qui manque… Je crois bien davantage à des modèles comme Robert Sexé ou Albert Londres, bien sûr ! » (Cahiers, p. 9).

    Passons sur les termes « prétentieux et mythomane », épithètes « balaciens » dont il semble désormais indispensable de marteler le portrait de Léon Degrelle (ils ne manquaient déjà pas dans sa biographie de Hergé, voir plus loin ; à propos de l’indigne prof de l’université de Liège Francis Balace, voir ce blog aux 30 juin 2016, 6 juillet et 8 novembre 2019).

    Cristeros.jpegSur l’importance insigne de Léon Degrelle dans la vie de Hergé, outre les articles de ce blog que nous venons de renseigner, nous ne pouvons que renvoyer à l’introduction Aux origines de Tintin de l’indispensable reprise de tous les textes de Léon Degrelle concernant les Cristeros (éditions de l’Homme libre; à compléter par le téléchargement du premier chapitre Cristeros Chapitre I.pdf, ce blog au 7 février 2019).

    Mais nous nous attaquerons quand même à ce postulat qu’Assouline avance tranquillement, comme s’il s’agissait d’une simple évidence : Léon Degrelle n’a pas eu beaucoup d’importance pour Hergé, surtout pas en tant qu'homme, même pas les culottes de golf : ce n’est qu’un mythomane !


    Hergé n’en avait rien à f… de Léon Degrelle ? Fumisterie !

    Nous avons analysé en détail la symbolique des culottes de golf ainsi que la signification révélatrice de leur abandon dans le dernier album complet, datant de 1976, Tintin et les Picaros dans Cristeros, Aux origines de Tintin (pp. 76-82) : nous y renvoyons nos lecteurs.

    Remarquons néanmoins –à propos de l’apparence toute singulière de Tintin– que si Léon Degrelle put émerveiller Hergé avec ses culottes de golf, ni Robert Sexé, ni Albert Londres (préférés par Assouline comme modèles de Tintin) n’en portèrent jamais en « courant le monde » !

     

    LD Golf Constantina1-horz.jpg

    Au cours de son exil, Léon Degrelle retrouva le goût des culottes de golf qui inspirèrent Hergé pour son Tintin (ce blog au 29 septembre 2020) : ici dans sa propriété de la Carlina, dans les années soixante.

    Mais nous ne pouvons laisser passer sans réagir la réaffirmation de ce mensonge selon lequel Léon Degrelle n’aurait guère eu d’importance pour Hergé. Si aujourd’hui, Assouline lance son assertion comme s’il s’agissait d’une vérité biblique partagée universellement, dans sa biographie d’il y a plus de vingt ans, il se prévalait d’arguments chronologiques qu’il croyait irréfutables mais que Cristeros, Aux origines de Tintin démonta en un tournemain, établissant le mensonge grossier.

    En 1996, en effet, Assouline canardait déjà ses verdicts pseudo-psychiatriques insultants et proférait : « Degrelle est fort en gueule, hâbleur et culotté. Il le restera jusqu’à sa mort à 87 ans. Mais avec l’âge, sa mythomanie et sa mégalomanie iront crescendo. Au soir de sa vie, il s’inventera un rôle de plus dans l’Histoire en assurant qu’à son retour d’un reportage en Amérique, il avait inspiré sinon imaginé le personnage de Tintin. Double mensonge, d‘abord sur les origines, puis chronologique. Tintin est né le 10 janvier 1929, le voyage de Degrelle outre-Atlantique date de décembre 1929-janvier 1930 et le premier article de son enquête sur les catholiques persécutés au Mexique est paru le 1er février 1930 dans le Vingtième Siècle… Ainsi l’abbé Wallez a-t-il expédié Degrelle au Mexique après avoir décidé d’envoyer Tintin au Congo et non le contraire. » (Hergé, pp. 78-79).

    A nouveau, comme dans l’expression enfantine « c’est celui qui dit qui l’est », le menteur n’était pas l’accusé, mais l’accusateur.

    Et même double et triple menteur, car, dans son Tintin mon copain, Léon Degrelle n’a jamais affirmé avoir inspiré le personnage de Tintin « à son retour d’un reportage en Amérique » puisque, comme nous l’allons voir, c’est bien avant son départ en Amérique, lors du sac de l’expo bolchevique de Bruxelles de janvier 1928, que Léon Degrelle s’imposa comme modèle de Tintin. En l’occurrence, l’épopée mexicaine de Léon Degrelle et ses envois de journaux américains à Hergé lui ont carrément permis d’affirmer : « La B.D. européenne naît à Mexico » (p. 13).


    Il n’a jamais prétendu non plus avoir « imaginé le personnage de Tintin ». Il précise au contraire le rôle de chacun des ses « pères » : « C’est bien un prêtre catholique qui a extrait du néant ce petit bonhomme futé. Ce prêtre s’appelait Norbert Wallez. Tintin a eu d’ailleurs plusieurs pères. C’est le fruit dudit abbé, bien sûr ; ce l’est, en second lieu, du grand artiste Hergé lui-même, brandissant ses crayons. Et, indirectement, c’est de moi. » (p. 5). Léon Degrelle est donc bien clair : il n’a ni « inspiré [ni] imaginé le personnage de Tintin ». Ce rôle extrayant du néant le futur héros des jeunes de 7 à 77 ans revient à l’abbé Wallez. Comme revient au « grand artiste Hergé » le rôle de lui avoir donné forme et vie par « ses crayons ». Le rôle que se reconnaît Léon Degrelle, pour indirect qu’il soit, n’en est pourtant pas moins essentiel puisqu’il ressortit aux valeurs morales et spirituelles remarquées et partagées par Hergé qui les insuffla à Tintin.

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    Les trois « pères » de Tintin réunis par Alidor (alias Paul Jamin, au volant de la limousine décapotée), dans un dessin de 1992 signé Jam, décrypté dans Tintin mon copain (p. 227).

    Cette histoire commune a évidemment créé des liens étroits entre les deux hommes, même s’ils purent connaître des hauts et des bas (sur l’affaire ressassée jusqu’à plus soif de l’ « affiche volée à Hergé », voir ce blog au 20 octobre 2020). Assouline est d’ailleurs bien contraint d’en convenir, même si c’est du bout des lèvres, faisant semblant que c’est toujours à son corps défendant que Hergé a fréquenté Léon Degrelle, partagé ses idées, suivi son parcours.

    Ainsi, après sa démonstration ratée sur la non-relation Degrelle-Tintin, élucubre-t-il : « si Léon Degrelle n’a tenu aucun rôle dans l’imaginaire d’Hergé, cela ne signifie pas pour autant qu’il n’ait exercé aucune influence sur Georges Remi » (Hergé, p. 79). La quadrature du cercle, donc ! Léon Degrelle  n’a tenu aucun rôle dans l’imaginaire de Hergé, tout en exerçant quand même une influence sur lui. Pourquoi Assouline ne nous explique-t-il pas que Hergé aurait été une espèce de Docteur Jekill tout à fait étranger au Mister Hyde-Georges Remi ?

    Assouline doit donc multiplier les contre-vérités et les paradoxes : « Pour n’avoir pas su dire non à Léon Degrelle, [Hergé] va sans le savoir ajouter une pièce supplémentaire au procès à charge qui sera en permanence instruit contre lui longtemps après. » (p. 78). « A défaut d’être en connivence avec [Léon Degrelle], [Hergé] ne lui est pas hostile. » (p. 80). « Georges Remi […] s’est toujours voulu une éponge […]. Aussi n’est-il pas étonnant qu’il collabore plus avant avec Léon Degrelle, fût-ce discrètement. » (p. 81). « Cela étant, par sa formation, par ses amis, par ses idées, par le milieu dans lequel il baigne depuis dix ans, il est d’imprégnation rexiste. Malgré ses sentiments mêlés pour la personne de Léon Degrelle. » (p. 105)…

    Rappelons tout de même les propos explicites de Hergé sur Léon Degrelle : ils vont tous dans le même sens et sont tous positifs. Assouline lui-même en convient involontairement lorsqu’il prétend n’illustrer que l’intérêt du dessinateur pour « l’histoire contemporaine ». Il cite alors un tout bref extrait d’une lettre privée à Robert Crausaz, l’éditeur suisse de La Cohue de 1940 de Léon Degrelle (premier « livre de souvenirs » de Léon Degrelle publié après-guerre et non « nouveau » !) : « [Hergé] est plus sincère dans d’autres de ses élans. Dans son intérêt pour l’histoire contemporaine, par exemple, lorsque dès l’annonce de la parution du nouveau livre de souvenirs de Léon Degrelle La Cohue de 40, il se dépêche de le commander à son éditeur lausannois. Ou quand, en privé, il juge La Campagne de Russie du même Degrelle très émouvant et très bien écrit. » (Hergé, p. 367).

    Mais il n’y a pas que dans sa correspondance privée que Hergé est « sincère » ! Le dessinateur n’a pas craint non plus de s’exprimer publiquement sur Léon Degrelle en ne lui ménageant pas son admiration, même au sujet de son engagement au Front de l’Est et de l’acharnement du gouvernement belge à son encontre. Ainsi, dans une interview à la presse flamande, n’hésite-t-il pas à saluer le dernier Commandeur de la Légion Wallonie : « Degrelle était d’ailleurs bien un homme respectable : il a été lui-même au front de l’Est ; il n’y pas seulement envoyé quelques pauvres diables. Et militairement parlant, il s’est comporté là-bas comme un héros. » (Humo, 11 janvier 1973). Voilà un « intérêt pour l’histoire contemporaine » parfaitement et singulièrement circonscrit !

    De même –et cette déclaration, à elle seule, anéantit le raisonnement pseudo-chronologique d’Assouline pour disqualifier le lien Tintin-Léon Degrelle– concernant son art de la bande dessinée, reconnut-il sa dette vis-à-vis de Léon Degrelle, même s’il confond (exprès ?) les dates : « J’ai découvert la bande dessinée grâce à... Léon Degrelle ! Celui-ci, en effet, était parti comme journaliste au Mexique et il envoyait au Vingtième Siècle, non seulement des chroniques personnelles, mais aussi des journaux locaux (pour situer l’atmosphère) dans lesquels paraissaient des bandes dessinées américaines. J’ai découvert ainsi mes premiers comics. » (La Libre Belgique, 30 décembre 1975).

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    Serons-nous étonnés que ces déclarations de Hergé soient absentes du bouquin à charge d’Assouline ? Mais alors ? Était-ce pour ne pas avoir à dire que Hergé se trompait ou même mentait ? Et qu’elles rendaient impossible la thèse selon laquelle Léon Degrelle n’aurait compté que pour des prunes pour Hergé ?

    Cela est d’autant plus grotesque que dans son chapitre La providence des inciviques (reprenant l’expression de Robert Poulet : ce blog au 1er décembre 2020), Assouline souligne la fidélité absolue de Hergé à ses amis : « Hergé reste aussi fidèle à ses amis qu’envers Léopold III. Nul ne pourra le prendre en défaut sur ce plan-là. Il les défend bec et ongles, surtout s’ils sont dans l’adversité. Quelle que soit la réalité des faits, il arrive toujours à trouver des circonstances atténuantes aux vaincus de la Libération. » (p. 205). Sauf paradoxalement à Léon Degrelle, absent de la liste qu’il dresse : Paul Herten, Victor Meulenijzer, Jean Vermeire, Félicien Marceau, Julien De Proft, Norbert Wallez, Paul Jamin, Robert Poulet…

    Et comment l’expliquer alors que sa sollicitude ne concernait pas seulement ses vrais amis, mais s’étendait aux amis politiques au sens le plus large du mot puisqu’il s’agissait même d’ « inciviques » parfaitement inconnus : « Hergé providence des inciviques… La formule est encore plus juste qu’on ne le croit. Car non seulement il aide ses amis, les amis de ses amis et d’autres Belges en difficulté, mais aussi des épurés français qu’il ne connaît même pas. Sa réputation de samaritain des collaborateurs en détresse a passé la frontière. Son adresse est de celles qui circulent. Avec eux, comme avec les autres, il ne se fait pas prier. » (p. 207).

    Alors, Hergé n’aurait-il vraiment eu « aucun sens politique » ???

    Soupault Petit Parisien 19.12.41.jpg

    Ralph Soupault était le caricaturiste de Je suis Partout, dont les dessins antisémites étaient pour le moins aussi incisifs que ceux de son ami Jam dans la Brüsseler Zeitung. Mais l’étalon répressif français était sans doute moins brutal que le belge : Soupault écopa de quinze ans de travaux forcés alors que Jam fut condamné à mort. Les peines furent néanmoins commuées, mais toujours à l’avantage du condamné français : Soupault sortit de prison en 1950, Jam en 1952. Hergé ne l’avait jamais vu, mais connaître les raisons de sa condamnation et le savoir ami de Paul Jamin suffirent à Hergé pour aider Ralph Soupault. Ici, un de ses dessins publié dans Le Petit Parisien, le 19 décembre 1941.

    N’est-il donc pas inconcevable de vouloir exclure Léon Degrelle du cercle hergéen ? D’autant plus que les deux hommes avaient noué de véritables liens d’amitié qui ne se démentirent jamais : comme nous avons eu l’occasion de l’établir irréfutablement, les contacts entre Léon Degrelle et Hergé ne se sont jamais rompus, qu’ils se soient poursuivis par l’intermédiaire de Germaine Kieckens, sa première épouse, ou via Paul Jamin (alias « Jam » et « Alidor »), le fidèle ami commun (ce blog au 20 octobre 2020).

    En réalité – et nous l’établirons plus loin encore– Assouline savait fort bien que Léon Degrelle est tellement consubstantiel à Tintin que Hergé ne pouvait pas imaginer, cinquante ans plus tard, de les dissocier, même au prix d’un anachronisme (voir aussi ce blog au 15 octobre 2020)…

     

    (À suivre)

  • De Gaulle a lu Hitler qui a lu De Gaulle

    Pas sûr ! Méfions-nous des récits apologétiques...

     

    A la suite de notre article qui moquait le SoirMag présentant de manière rigolote la réédition de Mein Kampf remis au goût du jour (ce blog au 22 juin 2021), une lectrice nous a exprimé son étonnement d’apprendre que l’œuvre fondatrice du national-socialisme soit diffusée en français, sans discontinuer depuis l’accession au pouvoir du chancelier Adolf Hitler : « Comment se fait-il qu’un éditeur français nazi ait pu et puisse encore diffuser en toute impunité l’œuvre maudite par excellence alors qu’il est impossible de trouver un seul livre de Léon Degrelle dans une librairie dite normale ? »

    Mein Kampf Sorlot.jpgRappelons, tout d’abord, que si le politiquement correct aggravé par la « Cancel Culture » empêche de se procurer normalement les livres de Léon Degrelle (et de bien d’autres !), on peut se procurer ses plus récentes publications aux Editions de l'Homme Libre ou quelques éditions originales sur le site de la Boutique Nationaliste.

     

     

    Lire Mein Kampf en français

    De plus, les Nouvelles Editions Latines ne représentent en aucun cas une officine nazie ! L’édition française de Mein Kampf constituait même une action patriotique censée permettre aux Français de connaître au plus intime la pensée du Führer, pensée que celui-ci n’aurait pas voulu permettre aux Français de connaître…

    Mais laissons le journaliste-historien Eric Branca –qui publia naguère Les Entretiens oubliés d’Hitler, 1923-1940 (ce blog au 28 février 2019)–, nous le présenter dans son nouvel opus, De Gaulle et les grands (février 2020) :

    « C’est […] un éditeur proche de l’Action française, Fernand Sorlot, propriétaire des Nouvelles Editions latines, qui décida de son propre chef de passer outre au veto de Hitler et de publier une traduction intégrale du texte de Mein Kampf. L’initiative fut soutenue par la LICA (la Ligue internationale contre l’antisémitisme, ancêtre de la LICRA), pourtant bien opposée aux idées de Maurras mais qui […] versa 50.000 francs à Sorlot pour aider à la diffusion de l’ouvrage. Dès la première page y figurait cette injonction du maréchal Lyautey : “Tout Français doit lire ce livre”. Exactement ce que Hitler ne voulait pas… De fait, à peine l’ouvrage sorti des presses, l’éditeur allemand de Hitler, Max Aman, attaqua Sorlot devant le tribunal de la Seine en faisant valoir qu’il ne lui avait jamais cédé le moindre droit d’exploitation. Ce qui provoqua, le 18 juin 1934, la condamnation de Sorlot et le retrait du commerce de tous les exemplaires du Mein Kampf déjà en place. » (p. 81).

    Cahiers Institut allemand Sorlot.jpg
    On peut toutefois ajouter que la germanophobie de Fernand Sorlot s’adoucira quelque peu durant l’Occupation, grâce sans doute à l’entregent francophile de l’ambassadeur du Reich à Paris, Otto Abetz, marié à une Française et créateur des fameux Cahiers franco-allemands – Deutsch-Französische Monatshefte. Il fonda également l’Institut allemand de Paris favorisant une meilleure connaissance du patrimoine littéraire et culturel allemand en France. C’est ainsi que se multiplièrent les traductions d’ouvrages allemands et leur publication, notamment par Fernand Sorlot, qui était également l’éditeur des Cahiers de l’Institut allemand. Ce qui lui valut une sévère condamnation, le 15 mai 1948, à vingt ans d’indignité nationale et une amende de deux millions de francs !...

    Eric Branca aurait quand même pu ajouter que si Adolf Hitler ne voulait pas diffuser son livre en France tel qu’il l’avait écrit en 1924, dans sa prison de Landsberg, c’est qu’il estimait que ses considérations belliqueuses concernant la France avaient perdu toute pertinence, ainsi qu’il l’expliqua dans une interview à un journaliste français que le chroniqueur avait pourtant reprise dans son récent ouvrage que nous venons d’évoquer, Entretiens oubliés (au surtitre éloquent, signé Adolf Hitler : « On m’insulte en répétant que je veux faire la guerre ») :

    « J’étais en prison quand j’ai écrit ce livre. Les troupes françaises occupaient la Ruhr. C’était le moment de la plus grande tension entre nos deux pays. Oui, nous étions ennemis ! […] Mais aujourd’hui, il n’y a plus de raison de conflit. Vous voulez que je fasse des corrections dans mon livre, comme un écrivain qui prépare une nouvelle édition de ses œuvres ? Je ne suis pas un écrivain, je suis un homme politique. Ma rectification ? Je l’apporte tous les jours dans ma politique extérieure toute tendue vers l’amitié avec la France ! Si je réussis le rapprochement franco-allemand comme je le veux, ça, ce sera une rectification digne de moi ! Ma rectification, je l’écrirai dans le grand livre de l’Histoire ! » (pp. 201-202, interview d’Adolf Hitler accordée à Bertrand de Jouvenel, publiée dans le quotidien Paris-Midi, le 28 février 1936).

     

    Paris-Midi 1936 02 28.JPEG


    Albert Speer, ancien ministre de l’Armement (à ce titre, responsable du formidable effort de guerre de l’Allemagne nazie dans les derniers mois du conflit, mais qui sauva sa tête en crachant allègrement dans la soupe devant le Tribunal de Nuremberg), le confirme dans ses mémoires (même si c’est d’une manière suspecte, lui permettant d’affirmer n’avoir jamais pu lire le livre maudit) : « La politique, pour Hitler, était une question d’opportunité. Même sa profession de foi, Mein Kampf, n’échappait pas à ce critère. Il prétendait, en effet, que bien des parties de son livre n’étaient plus valables, qu’il n’aurait jamais dû fixer si tôt ses pensées par écrit, remarque qui me fit abandonner mes tentatives, vaines jusqu’alors, de lire ce livre. » (Au cœur du Troisième Reich, p. 174).

    Voilà pour l’édition « princeps » de Mein Kampf en français (encore qu’il soit parfaitement possible de se procurer ce texte sans débourser les 100 euros de la « mise à jour » au bénéfice de la Fondation Auschwitz, ou les 36 euros du « Sorlot 1934 », en le téléchargeant, gratuitement et en toute légalité, sur le site québécois de textes appartenant au domaine public La Bibliothèque électronique du Québec, dans la Collection Polémique et Propagande).

     

     

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  • « Hitler est un fou », mais c’est celui qui dit qui est !

    Le « journalisme » rigolo du SoirMag

     

    Monsieur Bellum.jpgCertains connaissent peut-être l’excellente bande dessinée de Hergé parue dans l’hebdomadaire neutraliste belge L’Ouest en 1939. Voulant illustrer la détermination de Hergé, –sentant « que la catastrophe approchait » d’une nouvelle guerre endeuillant l’Europe–, à « combattre en Belgique la folie belliciste des littératuriers de presse », Léon Degrelle a repris, dans son Tintin mon copain, cette brève mais éloquente séquence de Monsieur Bellum, ce belliciste à la conscience formatée par les médias officiels, tel Le Soir (« Bellum » veut dire « Guerre » en latin, et non, comme le suggère mon neveu branché, « Bel homme » en volapuk SMS !). Description précise de la BD :

    « Dans les deux premiers “strips”, Monsieur Bellum écoute distraitement la radio. Il est en bras de chemise, mais porte néanmoins un faux-col, raide comme la Tour Eiffel. Il lit “Le Soir”, ainsi que le veut la bienséance. Soudain une voix surgit dans l’appareil de radio : “Et dans le conflit actuel, la Belgique se doit de garder la plus stricte neutralité”. Le sang de Monsieur Bellum passe aussitôt du violet à l’écarlate. Il se dresse, virulent. Des flèches, des étoiles, des vapeurs jaillissent de ses bras, de son nez rond, de son crâne luisant sur lequel se hérisse une mèche de cheveux, droite comme un vieux blaireau de coiffeur :

    “–Neutralité ! Neutralité ! mais la neutralité des consciences, ça jamais !”

    Au cinquième dessin, M. Bellum arrive dans une rue lépreuse, aux briques fatiguées, près d’une inscription lyriquement évocatrice, “Jules est avec Mariette”. Il s’arrête, tend l’oreille, les mains en alerte. Personne à l’horizon. Alors, en hâte, M. Bellum inscrit, vengeur, sur le mur rongé : “Hitler est un fou !”... Ni vu, ni connu. Il a pu faire du patriotisme sans être pris ! Faisant marche arrière, frottant la craie de ses paumes afin d’effacer toute trace accusatrice de son exploit, il se remet en route, le cigare vainqueur. Il a sauvé la conscience de la Belgique !

    Tous les dessins donnés par Hergé à “L’Ouest” sont de la même veine, sarcastiques, incisifs, démasquant à travers la pleutrerie trépidante de M. Bellum la fausse neutralité des trois quarts des Belges d’alors. » (p. 61)

    Aujourd’hui, à l’occasion d’une édition de Mein Kampf « officialisée », le SoirMag reprend le rôle de M. Bellum lisant Le Soir, de manière presque aussi rigolote.

    Dans son édition du 12 au 18 juin (cette fois, c’est notre voisine qui nous a donné son exemplaire périmé), l’hebdomadaire TV bruxellois présentait la réédition du « livre du pire, retitré Historiciser le mal » : « Une couverture blanche, neutre. Pas de photo du Führer. Un autre titre, savant, qui annonce un traitement critique. Pas de large diffusion en librairie ; disponible uniquement sur commande au prix de 100 euros. »…

    Guère de quoi appâter le chaland amateur de sensations fortes, donc !... Aussi, l’illustration de l’article ne reprendra pas la « neutralité » décourageante de la nouvelle publication en français, mais bien la bonne vieille édition allemande du parti national-socialiste avec photo officielle et grande signature de l’auteur : ça au moins, ça attire l’attention et ça fait lire !...

    Soir Mag Mein Kampf.jpeg

    Mais soyons sérieux : on nous affirme qu’il était nécessaire de rééditer « le brûlot de Hitler » car il était « tombé dans le domaine public en 2016 ». On ne voit pas trop ce que ça changeait, sinon de fournir une occasion de l’assortir d’un « appareil critique puissant, sans concession », de quelque « 2800 notes en face à face des passages décortiqués » pour analyser « ce concentré d’antisémitisme, de racisme et de bellicisme ».

    Pour ce faire, on n’a pas lésiné : on « a mobilisé une cinquantaine de chercheurs », travaillant avec l’aide de « l’Institut d’histoire contemporaine de Munich (IFZ) ». On nous l’affirme : il fallait absolument éviter que ces « 896 pages » pesant « 3,6 kilos » puissent encore « galvaniser les nostalgiques et les néo-nazis », car c’est un livre dangereux qui s’était « répandu comme un poison en Allemagne »…

    En fait, le SoirMag concède que ce n’est même pas vrai : « En réalité, peu de monde l’a lu. » Ah bon ? Et pourquoi ça ? Tout simplement parce qu’il « démontre la faiblesse de son auteur » et sa « pensée pauvre et confuse » : « dans sa forme inaboutie, incohérente et haineuse, avec les obsessions de Hitler, son style [est] consternant, sa prose minable ». Bref, « l’affaire d’un homme hystérique devenu monstrueux »…

    Bien différent du nazisme qui est, lui, « plus réfléchi, plus abominable ». D’ailleurs, en haut lieu, on préférait le nazisme, cet « écosystème en vigueur en Allemagne dans les années 30 » [?] et on mettait donc la théorie de cet « écosystème » en pratique, plutôt que de se préoccuper du « contenu idéologique » de Mein Kampf

    Voilà qui nous rassure et ne nous poussera certes pas à débourser une centaine d’euros pour pareil pensum !... Mais du coup, on se demande pourquoi il fallait tant d’efforts pour réaliser un tel ouvrage –qui, nous dit la directrice des éditions Fayard, n’est finalement pas vraiment une réédition, « mais un livre contre “Mein Kampf” »–, puisque quasiment personne (même en haut lieu) ne le lisait et que pratiquement tout le monde se foutait bien de son contenu ?

    Eh bien, il paraît que des « éditions pirates, brutes et sans recul, circulent toujours en Turquie, dans les pays arabes et en Inde » ! Ça alors ! Et ces gens-là parviennent malgré tout à lire ce bouquin ? Potentiel danger supplémentaire : sont-ce les mêmes qui viennent ensuite migrer chez nous, risquant de propager le poison ?

    Sans doute qu’ils parviennent à le lire et d’autres aussi d'ailleurs et dans toutes les langues, car même si sa « lecture semble ardue et fastidieuse […], les tares qu’il traîne dans ses pages prolifèrent sur le Net… et dans les têtes » !!!...

    Bon ! À force de voir le SoirMag écrire tout et son contraire, on n’y comprend plus rien ! Hitler est un fou ? ou c’est celui qui dit qui est ?... Décidément, le SoirMag est un fou !

    Hitler Linz.jpeg« Hitler, c’était le sens interdit ! Le plan de démontage de l’Allemagne de Hitler était, dès 1935, visible à l’œil nu. […] Les barrières fanatiquement dressées entre Européens nous coupaient de toute possibilité de rechercher des arrangements qui eussent pu sauver la vie aux cinquante millions de personnes qui périrent entre 1939 et 1945. » (Léon Degrelle, Tintin mon copain, pp. 49-52).

     

    Photo extraite de Hitler dans sa patrie (Heinrich Hoffmann, 1938) : Adolf Hitler entre dans son pays natal, suite à l’Anschluss du 13 mars 1938 (les Autrichiens l’avaliseront à 99,75 % par le plébiscite du 10 avril 1938).

     

    Post-scriptum : si ce bouquin illisible est tombé dans le domaine public en 2016, les Nouvelles Editions Latines en assurent la diffusion en français, sans discontinuer, depuis… 1934 ! Mein Kampf – Mon Combat est donc toujours disponible au prix de 36 euros et ne pèse que 1,4 kg pour 686 pages ! Et les NEL n’ont pas attendu l’armée de chercheurs français de l’Histoire correcte pour prendre du recul et assortir le livre d’une mise en garde initiale de huit pages : Nouvelles Editions Latines.

     

  • À propos du sens du sacré chez Hitler et Degrelle : une exceptionnelle proximité spirituelle.

    Comment Adolf Hitler et Léon Degrelle

    pouvaient-ils se comprendre ?

     

    À l’occasion de la parution de la 36e Correspondance privée du Cercle des Amis de Léon Degrelle, nous avons eu l’occasion d’aborder le long article documenté de Jeff Davis, un des rédacteurs critiques du Cercle, mettant les choses au point « A propos de Fascismes d’Europe de Thomas Ferrier ».

    L’occasion donc de feuilleter cet opuscule pour voir ce qu’on y écrit sur Léon Degrelle.

    Et nous serons plutôt déçus car, dépassé par son projet de définir « origines, idéologie, histoire » des multiples manifestations du fascisme en Europe, Thomas Ferrier ne peut, dans les 120 pages au format A5 qui lui sont imparties, que transformer sa prétendue encyclopédie en bottin pas mondain de tous les noms qu’il a pu glaner dans ses traques livresques.

    C’est ainsi que nous apprendrons que « En Belgique, Léon Degrelle (mort en 1994) représente le fascisme appelé Rexisme. Collaborateur dès 1940, il s’engagera dans la Waffen-SS et se réfugiera après 1945 en Espagne. » (p. 53)

    Ces approximations schématiques que n’oseraient même pas les manipulateurs du CEGESOMA se poursuivent par cette révélation retentissante : « D’autres comités [que le « Comité de Libération française » créé le 6 janvier 1945 par Jacques Doriot à Sigmaringen « avec l’assentiment d’Hitler et le soutien d’Himmler »] verront parallèlement le jour avec […] Degrelle pour la Belgique […] » ! (p. 85) 

    LD Drapeau Fauconnier.jpeg

    Léon Degrelle remet au porte-drapeau Robert Fauconnier le premier étendard de la Légion Wallonie (noir frangé d’or et frappé de la Croix de Bourgogne rouge), à l’occasion du départ du premier contingent de Volontaires, le 8 août 1941, dans le grand hall du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (voir ce blog aux 31 juillet 2017 et 31 août 2019): « Dans quelques instants, le Chef de Rex sera devenu, à l'instar du plus modeste d'entre vous, un simple soldat de la 1ère compagnie de votre bataillon. Avant de faire ce dernier geste, il me reste à vous confier notre drapeau. [...] C'est parce que les Rexistes de langue française constituent quatre-vingt-six pour cent de l'effectif de la Légion Wallonie que l'on nous a fait l'honneur insigne de choisir, pour nous guider au combat, l'emblème à la Croix de Bourgogne, symbole de grandeur, ressuscité par Rex. [...] Que ce drapeau ranime sans cesse votre ferveur révolutionnaire et votre amour du pays natal ! » (Le Pays réel, 9 août 1941).

     On se demande bien quel « comité » a pu créer, à la toute fin de la guerre ou même au cours de celle-ci, le Standartenführer Léon Degrelle, commandeur de la Division SS Wallonie, qu’Adolf Hitler venait de reconnaître, en novembre 1944, Volksführer des Wallons (voir ce blog au 28 novembre 2017) !... Notons néanmoins, pour la petite histoire, que, le 13 novembre 1944, Léon Degrelle se rendit justement à Sigmaringen pour y prononcer une conférence sur le redressement de la France dans l’Europe nouvelle. Il en profita pour inviter les responsables du gouvernement français à réunir sous son autorité les volontaires de la Charlemagne et ses Bourguignons afin de former le corps d’armée SS Occident : serait-ce là le « comité » évoqué par Ferrier ?

    Trêve de plaisanterie : dès l’annonce de l’offensive des Ardennes (19 décembre 1944), Léon Degrelle est informé qu’il est chargé, en tant que Volksfûhrer d’organiser le maintien de l’ordre dans les territoires belges libérés des Anglo-Américains. Il restera dans les Ardennes belges jusqu’au 10 janvier 1945 et en profitera pour enlever aux dignitaires de Rex exilés en Allemagne toute illusion d’exercer encore dans le futur des responsabilités politiques, les réservant à ses Légionnaires. Rentré en Allemagne, le Commandeur Léon Degrelle rejoindra la Division SS Wallonie pour participer à ses derniers combats en Poméranie (fin janvier-début mai 1945).


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  • Cercle des Amis de Léon Degrelle


    36e Correspondance privée – Avril 2021

     

    La dernière livraison de la Correspondance réservée aux membres du Cercle des Amis de Léon Degrelle nous est parvenue au début de la semaine dernière. Et, comme d’habitude, elle nous a réservé son lot d’informations originales et même souvent surprenantes (mais nous réserverons la meilleure, car méritant à elle seule une communication particulière, à notre prochaine publication).

    La page de couverture s’orne, cette fois, d’un beau portrait colorisé de l’orateur Léon Degrelle dans un meeting en plein air, sans micro : nous sommes dans la petite commune de Daverdisse (Luxembourg belge, à une trentaine de kilomètres de Bouillon), le 21 août 1938. C’est-à-dire un an après le scandale du soutien de l’Eglise institutionnelle de l'hippopotame de Malines (le cardinal Van Roey, voir ce blog au 13 mai 2018) à la coalition, évidemment contre nature, des catholiques, socialistes, libéraux et communistes contre Rex aux élections du 11 avril 1937, suivi de la déconfiture lamentable de leur champion, le « catholique » Premier ministre Paul Van Zeeland, compromis dans le scandale de la cagnotte de la Banque nationale et obligé de démissionner le 25 octobre 1937 (voir ce blog aux 6 mai 2016 et 14 avril 2017). Nous sommes surtout un mois après le congrès triomphal de Rex, ayant rassemblé à Lombeek plus de 60.000 participants, le 10 juillet 1938, et six mois avant l’élection de Léon Degrelle au Parlement, le 2 avril 1939.

    LD Serp.jpgToutes les photographies de Léon Degrelle reproduites dans cette correspondance du Cercle bénéficient de ce traitement colorisé assez convaincant, tel, justement, le fameux cliché du discours enflammé tenu à la tribune du congrès rexiste de Lombeek (qui avait déjà paru tout aussi sémillant sur la pochette du double 33T Léon Degrelle, De Rex au Front de l’Est édité par la SERP de Jean-Marie Le Pen en 1970). Mais il y a aussi ce beau portrait de profil du Chef de Rex.

    Dans son monumental ouvrage sur la Légion Wallonie publié en deux volumes aux éditions Heimdal, André Lienard reproduit des photos signées, censées faire partie d’une série de quatre cartes postales éditées en 1943 « au profit du fond de propagande de Rex ». Ce sont, en fait, des photos d’avant-guerre du Chef de Rex : deux portraits, l’un de face, l’autre de profil; une photo où, vêtu d’une culotte de golf, il enlace sa femme, Marie-Paule, et porte à bras leur première fille, Chantal (voir ce blog au 22 octobre 2019); ainsi qu’une photo où il embrasse sa mère devant la maison familiale de Bouillon (voir ce blog au 15 juin 2020).

    Toutes les cartes portent le même fac-simile d’une signature de Léon Degrelle. Les deux portraits sont revêtus du copyright du studio de photographie « Max », au 14 du boulevard de Waterloo, à Bruxelles.

    André Lienard prétend reproduire l’intégralité de ce « lot de propagande comprenant quatre cartes postales dédicacées représentant Léon Degrelle avant-guerre en tenue civile » à la page 340 de son Légion Wallonie (août 1941-juin 1943), publié en 2015 aux Editions Heimdal.

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    Pour André Lienard, seuls les deux portraits du  haut ont été publiés par le photographe Max pour participer à une série de cartes postales autographiées destinées à la propagande de Rex. Il semble ignorer l’existence de la photo du bas (à gauche, colorisée par le Cercle des Amis de Léon Degrelle) : ne ferait-elle donc pas partie du même ensemble ? Voilà qui paraît assez peu crédible…

    Le problème est que la photo colorisée que le Cercle des Amis de Léon Degrelle reproduit  constitue manifestement un troisième portrait, de profil, appartenant à la même série, ce qui porterait le nombre de cartes postales « de propagande » signées à au moins cinq, car il existe encore une autre photo de Léon Degrelle en culotte de golf avec son épouse et Chantal (portant également toutes deux les mêmes vêtements), prise au même moment que celle reproduite dans l’ouvrage du peu scrupuleux Lienard…


    Décès d’André Lienard

    Il nous faut ici déplorer la disparition de l’auteur de ces deux importants volumes consacrés à la Légion Wallonie publiés aux éditions Heimdal en 2015 et 2019. Un troisième et dernier tome était normalement en préparation. Mais il y a fort à craindre qu’il ne voie désormais jamais le jour…

    Jean-Pierre Pierard André Lienard.jpgAndré Lienard est décédé le 26 mars dernier, à l’âge de 61 ans seulement, dans un hôpital de Charleroi dont il habitait la banlieue. Militaire de carrière, il avait participé, en 1992, à la mission des Casques bleus belges de la FORPRONU (Force de Protection des Nations-Unies) en Yougoslavie. Dès sa mise à la retraite, passionné qu’il était d’histoire militaire, il s’employa à fréquenter assidument les Légionnaires wallons du Front de l’Est dont il acquit progressivement les archives. Une dizaine d’années à peine lui suffirent pour devenir le propriétaire de la collection documentaire la plus étoffée sur la Légion Wallonie. C’est elle qui permit l’exposition remarquable Rex et l’Ordre Nouveau, à l’Abbaye de Stavelot, de novembre 2014 à mars 2015 (voir ce blog au 30 juin 2016) ainsi que l’édition par Heimdal des deux volumes consacrés à la Légion Wallonie (volume 1 : Wallonisches Infanterie-Bataillon 373, août 1941-juin 1943 ; volume 2 : 5. SS-Sturmbrigade « Wallonien », Kampfgruppe Ruelle, 28. SS-Freiwilligen-Grenadier-Division « Wallonien », juin 1943-avril 1945).

     

    Légion Heimdal 1-horz.jpg

     

    Si l’exposition de Stavelot bénéficiait des notices historiques irréprochables de l’historien Mathieu Simons, méticuleux et intègre, on ne peut malheureusement pas en dire autant des textes publiés chez Heimdal, du seul cru d’André Liénard qui, après l’avoir sollicitée, avait refusé toute relecture par des spécialistes de la Légion Wallonie et de Léon Degrelle. Du coup, non seulement le style, la grammaire et l’orthographe de ces livres sont déplorables, mais leur contenu s’efforce surtout de singer le politiquement correct des sectateurs du CEGESOMA afin, probablement, de prétendre à quelque légitimité d’historien (les commentaires sur Léon Degrelle, tout au long des deux volumes, sont particulièrement affligeants).

    Nous nous contenterons de renvoyer au compte rendu sévère publié par le Dernier Carré dans sa Correspondance n° 99 (décembre 2019), tout en en reprenant la nécessaire conclusion : « Toutes ces critiques ne doivent pourtant pas empêcher d’acquérir ces volumes car leur richesse iconographique absolument exceptionnelle rachète beaucoup. » (69 euros le volume, à commander sur https://www.editions-heimdal.fr/fr/).


    Degrelliana

    De nouvelles éditions d’œuvres de Léon Degrelle en langues étrangères continuent de manifester l’actualité de l’auteur de Révolution des Âmes et l’intérêt constant que lui portent toujours le public, justifiant amplement ces publications.

    Nous avons déjà signalé l’édition italienne de l’indispensable ouvrage Léon Degrelle : Persiste et signe. Interviews recueillies pour la télévision française par Jean-Michel Charlier, sous le titre Parla Degrelle ! (voir ce blog au 2 mars 2021).

    En Espagne, c’est une nouvelle édition de Mon Chemin de Saint-Jacques qui vient de sortir aux éditions Fides : Mi Camino de Santiago, dans une traduction de José Luis Jerez Riesco qui en signe également la préface (16 euros, sur https://edicionesfides.wordpress.com/2021/03/01/mi-camino-de-santiago-de-leon-degrelle/).

    Camino Fides.jpgJosé Luis Jerez Riesco est le président de l’Asociación cultural « Amigos de Léon Degrelle », auteur notamment d’un important Degrelle en el exilio. 1945-1994 (voir ce blog aux 28 mai 2016 et 19 avril 2019).

    On notera avec intérêt que ce livre écrit en 1951, étranger aux préoccupations historiques et politiques de son auteur puisqu’il retrace l’expérience mystique et spirituelle de son pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, compte sans doute –avec la traduction espagnole de Révolution des Âmes (voir ce blog au 31 mars 2021)– parmi les œuvres qui ont connu le plus grand nombre d’éditions dans le monde hispanique, ce qui en dit assez sur la nature essentielle de l’attraction exercée par Léon Degrelle sur la jeunesse européenne : ce n’est pas tant le récit de la vie du héros du Front de l’Est qui est le plus fascinant (et pourtant !), mais ce sont bien les motivations spirituelles et morales qui le fondent, la révolution de l’âme qui a postulé cet engagement vital, irrépressible et définitif.

    José Luis Jerez Riesco fit d’abord paraître ce récit en espagnol, en 1996, aux éditions Barbarroja, de Madrid, avec, en couverture, un dessin original de Léon Degrelle représentant un pèlerin accompagné du texte « C’est l’air, c’est la lumière des sommets qui t’appellent… »

    Il faut souligner que cette traduction est la toute première manifestation de l’existence de ce texte tout d’introspection : les éditions de l’Homme libre n’en publieront l’original français d’après le manuscrit que trois ans plus tard, accompagné –politesse toute naturelle – de la traduction de la préface de José Luis Jerez Riesco. Cette édition est toujours disponible sur https://editions-hommelibre.fr/ au prix de 15 euros.

     

    Camino Barbarroja-horz.jpg

     

    Une seconde édition a vu le jour en 2003, aux éditions Ojeda, de Barcelone ; une troisième (autorisée ?), en Argentine, aux éditions Sieghels, spécialisées dans les publications nationales-socialistes, en 2014 ; une quatrième (pirate ?), au Mexique, disponible à la Libreria Vigente la Derrota Mundial, dans la collection « Editorial prohibida » (on y trouve aussi pas moins de vingt-cinq ouvrages sur le soulèvement des Cristeros)…

     


    Hommage à Léon Degrelle

    Le Cercle des Amis de Léon Degrelle nous apprend également l’existence d’un mouvement et d’une revue nationaliste espagnole, Movimiento Disidente, activement soutenue par la FET y de las JONS (Phalange Espagnole Traditionnaliste et des Comités d’Offensive Nationale-Syndicaliste), qui a rendu hommage au dernier Commandeur de la Légion Wallonie pour le vingt-septième anniversaire de sa mort. Le but de ce mouvement prônant la « révolte immédiate » est de permettre la renaissance et la diffusion des idéaux nationalistes, s’inscrivant dans la ligne de Blas Piñar, l’ancien chef charismatique de Fuerza Nueva, –qui fut longtemps la providence de Léon Degrelle (voir ce blog au 25 mai 2019)– : « pour en finir avec la lâcheté et la peur et pour faire front, vigoureusement, face à ceux qui bafouent l’unité de la patrie ».

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    Sous un titre –Léon Degrelle por mil años– s’inspirant de l’Hitler pour mille ans publié en 1969 aux prestigieuses éditions de La Table Ronde, Carlos Sampedro signe un hommage de sept pages à Léon Degrelle, avec de belles illustrations. Certes, les données biographiques sont quelque peu hésitantes, mais la communion du cœur et de l’esprit compensent largement les quelques approximations historiques. En voici la conclusion :

    « Durant le franquisme, je ne sais s’il s’est impliqué dans des activités politiques, mais après la mort de Franco, quand il les a reprises, il devint un véritable mythe et la référence pour des milliers de jeunes qui attendaient de pouvoir se déplacer à Madrid ou Barcelone pour l’écouter.

    En ce qui concerne son travail d’écrivain, nombreuses sont ses œuvres fondamentales : Mémoires d’un fasciste, Les Âmes qui brûlent ou La Campagne de Russie, entre autres. Des livres capables d’exalter, mais aussi d’émouvoir. Dans le journal de son pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, il nous raconte ce qui fut pour lui un « repas divin » : des tranches de pain dur trempées dans l’eau d’un ruisseau. Voilà l’étoffe dont était fait Léon Degrelle.

    De convictions profondément chrétiennes qu’il transmit à Rex, il évolua durant la guerre à des positions proches du national-socialisme, mais il n’abandonna jamais sa foi. C’est dans cette foi que la mort le surprit, le 31 mars 1994, à l’Hôpital Parque San Antonio de Malaga, sur les rives méditerranéennes qu’il aima toujours.

    Son corps fut incinéré et ses cendres furent dispersées dans son pays natal de Bouillon ainsi que dans les montagnes de l’Obersalzberg, en Bavière. »

    Rappelons que vous pouvez retrouver les endroits précis où ont été répandues les cendres de Léon Degrelle grâce aux données de géolocalisation publiées sur notre blog au 31 mars 2019.

    Les revues Movimiento Disidente ne se vendent pas en kiosque, mais se téléchargent gratuitement sur : https://movimientodisidente.blogspot.com/


    Thomas Ferrier, un « spécialiste des fascismes » ?

    Un enfumeur auquel le Cercle des Amis de Léon Degrelle rive son clou !

    Le Cercle des Amis de Léon Degrelle nous apprend que l’opuscule Fascismes d’Europe de Thomas Ferrier paru en août 2019 dans la collection « Idées » de Synthèse Nationale (148 pages, 23 euros, port compris sur http://lesbouquinsdesynthesenationale.hautetfort.com/) constitue en fait une nouvelle version de Fascisme, fascismes, national-socialisme, de Thomas Stahler, paru en 2004 chez Ars Magna et qui ne comportait que 33 pages. Par la même occasion, il nous apprend que Ferrier effectue une sorte de coming out en abandonnant Stahler et en reprenant son espèce d’opus magnum définitivement à son compte.

    Ferrier Fascismes d'Europe.jpgLa « Note de l’auteur » (de Thomas Ferrier, donc) que Synthèse Nationale publie pour présenter ce produit qu’il reprend déplorablement à son compte se conclut par cette phrase : « On ne saurait comprendre l’Europe d’aujourd’hui sans comprendre les égarements d’hier ».

    Devons-nous comprendre que l’époque merveilleuse que nous vivons s’est heureusement libérée des « égarements d’hier », c’est-à-dire de ces « fascismes d’Europe » qui ont tenté de libérer nos pays des matérialismes du capital apatride et du communisme dogmatique ?

     

    Sans aucun doute, car la première phrase expose déjà la prémisse qui faussera l’analyse : « Le fascisme a été, avec le communisme, le principal phénomène politique du XXe siècle » ! Sauf que ce n’est pas au fascisme qu’il faut associer ou comparer le communisme, mais bien au capitalisme, son éternel complice (et ses avatars politiques : conservatisme pseudo-chrétien ou non, libéralisme ou socialisme francs-maçons et internationalistes, etc. : les mêmes qui s’allièrent contre Rex en 1937, voir ci-avant).

    Et c’est ce que Jeff Davis, le critique du Cercle, nous confirme tout au long d’une dizaine de chapitres, redressant autant de bobards et de contre-vérités (à propos, surtout, d’Adolf Hitler) propagés dans ce libelle. C’est que, en effet, « Ferrier a une fâcheuse tendance à baser sa théorie sur des sources tendancieuses et à procéder à des raccourcis simplistes. »

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    Thomas Ferrier, tel qu’il apparaît dans la vidéo de Daniel Conversano (sur laquelle nous reviendrons plus en détail dans notre prochain article) en tant que « spécialiste des fascismes d’Europe » : une réelle imposture…

     

    On lira avec profit particulièrement le chapitre « Hitler et l’Europe » pour saisir tout le sel de la prestation de Thomas Ferrier invité par un certain Daniel Conversano dans une de ses vidéos en ligne de Vive l’Europe (à visionner sur YouTube : nous y reviendrons longuement dans notre prochain article). Jeff Davis y rappelle opportunément les propos du comte Richard von Coudenhove-Kalergi, véritable prophète du messianisme juif et du métissage obligatoire de l’Europe, pour opposer l’Europe du Führer à la catastrophe d’aujourd’hui.

    Ce comte a donné son nom à une Fondation octroyant tous les deux ans un prix fort recherché à « une personnalité ayant contribué de manière exceptionnelle au processus de construction européenne » (parmi les lauréats : Helmut Kohl, Franz-Josef Strauss, Juan Carlos d’Espagne, Ronald Reagan [!], Angela Merkel, Hermann Van Rompuy, Jean-Claude Juncker,…). Mais ses livres demeurent difficilement accessibles. Le principal, Idéalisme pratique (Editions Paneuropa, 1925), a néanmoins bénéficié, en 2014, d’une traduction française et est accessible en ligne sur www.profusif.eu/wp-content/uploads/2017/05/COUDENHOVE-KALERGI_Idealisme_Pratique_1925.pdf.

     

    1200px-International_Paneuropean_Union_flag-horz.jpg

     

    On y retrouvera les sources permettant à Jeff Davis d’affirmer que « Ce n’est pas Hitler qui est responsable de la destruction de l’Europe et de sa submersion actuelle par un raz-de-marée allogène mais la politique cosmopolite belliciste de ses ennemis » :


    « L’humain du lointain futur sera un métis. […] La race du futur, négroïdo-eurasienne, d’apparence semblable à celle de l’Égypte ancienne [???], remplacera la multiplicité des peuples par une multiplicité des personnalités. » (p.18)

    « Les émissaires principaux de la noblesse cérébrale : du capitalisme, du journalisme, de la littérature, qu’elle soit corrompue ou intègre, sont des Juifs. La supériorité de leur esprit les prédestine à devenir l’un des éléments les plus importants de la noblesse du futur. En regardant dans l’histoire du peuple juif, on est éclairé quant à son avance dans le combat pour le leadership de l’humanité. » (p. 41)

    « à peine un siècle après sa libération, ce petit peuple se tient aujourd’hui à la pointe de la science moderne avec Einstein, à la pointe de la musique moderne avec Mahler, à la pointe de la philosophie moderne avec Bergson, à la pointe de la politique moderne avec Trotsky [sic !]. Le judaïsme ne doit la place prééminente qu’il occupe à ce jour qu’à sa seule supériorité spirituelle […] » (p. 43)


    Personalia

    Dans le même ordre d’idées, le Cercle donne des nouvelles des persécutés pour délit d’opinion (ou de blasphème, c’est selon), c’est-à-dire essentiellement pour crime de révisionnisme : qu’ils soient exilés comme Vincent Reynouard ou emprisonnés comme Johan Livernette, écrivain catholique contre-révolutionnaire (auteur de l’éclairante brochure Synthèse du mouvement révolutionnaire mondial : 8 euros sur https://johanlivernette.wordpress.com/) et Hervé Ryssen, entretemps –et provisoirement ?– libéré après plus de sept mois d’incarcération qu’on s’efforça bien de rendre des plus pénibles.

    Et concernant les anciens combattants de la Croisade antibolchevique, les nouvelles ne peuvent qu’être désolantes, nous informant progressivement de leur disparition… Ce que ne manque pas de communiquer le Cercle lorsqu’elles lui parviennent.

    Iwan Fialka.jpeg

    Iwan Fialka, héros du Front de l’Est

     

    Aujourd’hui, c’est de l’Ukrainien Iwan Fialka qu’il s’agit.

    Il n’a pas vingt ans lorsqu’apprenant la création de la Division SS Galicie, en avril 1943, il s’y enrôle. Il sera l’un des héros de la deuxième bataille de Brody, au nord de l’Ukraine, en juillet 1944 (la première, victorieuse, eut lieu au début de l’opération Barbarossa, en juin 1941). Appartenant à une unité de défense antiaérienne (Flak), Iwan Fialka se distingua en détruisant un char et en abattant deux avions soviétiques. Malgré l’anéantissement de leur Division Galicie, nombreux furent les Ukrainiens à rejoindre l’Armée Insurrectionnelle Ukrainienne (UPA, branche militaire de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens, OUN) qui mena jusque dans les années cinquante des opérations de guérilla contre l’Armée Rouge. Iwan Fialka fut capturé par les Russes et ne fut libéré de leurs camps qu’en 1954. Les drapeaux de la Division Galicie ainsi que ceux de l’OUN et de l’UPA honorèrent ses funérailles.

    Terminons cette présentation de la nouvelle Correspondance du Cercle des Amis de Léon Degrelle en saluant les cinq pages de recension des meilleures publications pouvant nous intéresser, qu’elles soient historiques, doctrinales ou littéraires : souvent éditées par des maisons n’ayant pas pignon sur rue, toutes sont néanmoins disponibles sur le site de la boutique du Cercle, transformant celui-ci en référence indispensable pour se constituer la bibliothèque idéale du nationaliste identitaire !

    Ne manquez surtout pas de vous rendre sur www.boutique-nationaliste.com pour y commander vos ouvrages de référence et y régulariser votre nécessaire adhésion (26 ou 33 euros, selon que vous résidiez en France ou non).

    Adresse : Cercle des Amis de LD, BP 92733, 21027 Dijon Cedex, France. lesamisdeleon.degrelle@gmail.com

  • L’art oratoire de Léon Degrelle

     

    Enchantement ou dandysme ?

     

    Commentant la présentation de la nouvelle biographie de Joris Van Severen, La Séduction d’un fasciste de Dieter Vandenbroucke, telle qu’elle se trouve à la fois dans le trimestriel Joris Van Severen (4e trimestre 2020) et sur le site du CEGESOMA Belgium WWII, nous avons cité –en traduction du néerlandais– l’appréciation que le Leider du Verdinaso aurait émise au sujet d’une déclaration du Chef de Rex sur l’art du tribun (voir ce blog au 21 février 2021). Nous remettons notre citation dans le contexte « dandyste » où elle intervient :

    Van Severen Dandy en uniforme.jpeg« Le dandysme de Van Severen, sa politique esthétique et sa rhétorique imprégnée de virilité sont au cœur de son pouvoir de séduction.» (Dieter Vandenbroucke) 

    « Comment [Joris Van Severen] réussissait-il à concilier son rôle de chef d’un Nouvel Ordre soldatesque avec sa vie privée souvent chaotique de dandy et de coureur de jupons ? […] Van Severen a toujours été davantage attiré par “la magie de la personnalité vivante” que par les théories. Cela se reflétait dans sa vie privée qui, malgré sa position de modèle en tant que fasciste exemplaire, faisait des gorges chaudes. En premier lieu, ses nombreuses relations agitées avec des femmes mariées et la vigueur avec laquelle il plongeait dans la vie nocturne de la Côte, alimentaient bien des ragots. Dans son journal personnel, Van Severen appelait ces excursions des « raids », –ailleurs il a utilisé d’autres métaphores tout aussi explicites. À noter : le Chef de Rex, Léon Degrelle, s’est fait moucher au cours d’un entretien lorsqu’il compara la foule à des femmes devant, de préférence, être “prises” rapidement ; selon Van Severen, des femmes de ce genre se laissent également prendre avec la même rapidité par d’autres. “Rien n’est plus fuyant que les femmes”. De même qu’une relation durable nécessite plus d’efforts, ainsi la foule doit-elle être intégrée dans un ordre discipliné. Selon Van Severen, le Verdinaso parfaitement masculin en était garant. »

     

    Puisqu’il ne s’agit que d’une présentation concise de son livre par l’auteur lui-même, nous ne disposons évidemment pas des références qui pourraient appuyer les propos placés aussi bien dans la bouche de Léon Degrelle que dans celle de Joris Van Severen.

     

    Après quelques recherches, nous avons néanmoins pu trouver une origine probable de la « comparaison » degrellienne de la foule avec la femme. Mais elle ne provient pas de quelque écrit de Léon Degrelle lui-même, mais d’un de ses amis, Pierre Daye. Et il n’est nullement question d’un éventuel commentaire de Joris Van Severen (dont nous avouons n’avoir trouvé nulle trace) ni d’une réaction quelconque de Léon Degrelle à ce commentaire…

     

    Daye 1.jpegPierre Daye a beaucoup publié sur Rex et Léon Degrelle. Notamment cette petite brochure abondamment illustrée de quatorze pages, Portrait de Léon Degrelle (Rex, sans date), qui fera quasiment partie intégrante, mais sans les photographies, de Léon Degrelle et le Rexisme (Fayard, 1937).

     

    Pierre Daye y développe essentiellement une analyse du talent oratoire du tribun et chef de Rex Léon Degrelle, dont voici, dans son contexte, la comparaison avec la femme :

    « Solide, musclé, souple, une sorte de rappel continu de la vie charnelle se manifeste en [Léon Degrelle]. Il ne discourra pas une fois sans évoquer, dans ses comparaisons, l’amour, sans faire allusion à la femme.

    Son don est non seulement spirituel, mais physique. Son empire sur le peuple vient peut-être de là aussi, de ce courant qui est indéfinissable, mais qui pénètre jusqu’au plus profond de l’être ceux qui l’écoutent. Les femmes, dit-on, sont saisies d’émoi en le voyant. Ce n’est pas seulement parce qu’il est beau garçon, mais c’est parce qu’elles ressentent, plus encore que les hommes, ces mystérieuses irradiations.

    Léon Degrelle me disait un jour : “Quand j’ai devant moi une foule, au bout d’une demi-heure, je la prends comme on prend une femme !” » (p.9 ; pp. 244-245 de Léon Degrelle et le Rexisme. Pierre Daye y conclut : « C’est ce que, par mauvaise plaisanterie, on a appelé le “Rex appeal” ! »).

    LD Orateur Rex débuts 3.jpg

    Dans un parc, sur une tribune improvisée, Léon Degrelle convainc son public d’hommes et de femmes de toutes classes de balayer les banksters et de régénérer la vie publique.

    Bien plus tard, après la guerre, dans ses Interviews recueillies pour la télévision française par Jean-Michel Charlier, réalisées en 1976, Léon Degrelle reviendra sur son art de tribun, exactement dans le même esprit, mais sans la vulgarité soulignée par Dieter Vandenbroucke, ce qui nous fait sincèrement douter que l’éventuelle remarque de Joris Van Severen, non seulement ait pu jamais avoir quelque influence sur lui, mais ait même pu exister :

    « Il faut enchanter les foules comme on enchante une femme. C’est du même ordre. C’est une espèce d’immense acte de séduction. La foule se donne parce que la séduction a déclenché en elle le déclic du don. J’ai toujours ressenti la même projection vibrante de tout mon être à la seconde précise où j’accrochais le public dans mes grands meetings. Quand je commençais, je ne savais même pas ce que j’allais dire. Je porte en moi ma vérité. Je porte en moi ma doctrine. J’ai en face de moi une foule souvent énorme : je ne la vois même pas, les puissants réflecteurs m’aveuglent, je ne distingue qu’une masse humaine toute noire. Qu’est-ce que c’est ? des jeunes ? des vieux ? des ouvriers ? des paysans ? des riches ? des pauvres ? Mystère total. Inutile donc de préparer une première phrase ronflante. On ne peut que trébucher sur elle. Il faut immédiatement improviser. […] Je me mettais à planer, je faisais de larges tours au-dessus du public, comme chez nous, à Bouillon, le faisaient les “bêtes aux poules”, les éperviers qui cherchent leur proie du haut du ciel. Tout d’un coup, je sentais que cela y était ! Vlan ! Je plongeais en plein dans la salle, j’attrapais dans mes griffes la proie pantelante. La proie pantelante, c’était le public.

    C’est un phénomène extraordinaire, cette compénétration soudaine de deux grands courants, l’un émetteur, l’autre récepteur, ces fluides qui jaillissent, captent, s’unissent, repartent !

    Cette double projection de sensations échappe encore à l’analyse scientifique. Jusqu’à maintenant, au moins. Je n’ai jamais rencontré un médecin qui m’ait expliqué ces phénomènes. Or ce sont pourtant des phénomènes d’ordre médical et d’ordre psychique, ces courants aussi puissants qu’inconnus qui passent de l’être qui prend à l’être pris, qui font qu’on brûle, qui font qu’on tient, qui font qu’on possède ! […]

    Alors, voilà ! Il faut être le type puissant, à la vigueur physique inlassable ; il faut posséder une volonté d’acier, être décidé à passer à travers tout, savoir qu’on passera. Il faut avoir la foi !

    Et il faut enchanter !

    Telle est la loi de la réussite politique, la vraie, la seule, celle qui fait qu’on est le maître, et non qu’on a ramené, comme une aumône, un panier de voix. 
    » (Léon Degrelle : persiste et signe…, pp. 82-83).

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    L’enchantement des foules pour la révolution des âmes. Les banderoles du Palais des Sports de Bruxelles proclament, en 1936 : «Les partis, c’est la haine et la mort», « La foi nous rend invincibles », « Pur et puissant »…

    Dans son livre déjà cité, Pierre Daye approfondit son analyse du talent oratoire de Léon Degrelle, reprenant également les métaphores du courant électrique, du magnétisme et des fluides :

    « Depuis quelques mois, je comprends assez bien ce que peut être l’empire, non pas de la parole, même la plus éloquente, mais d’un esprit qui parvient à transparaître dans la parole. Je cherche, tout en le constatant, à comprendre ce phénomène et à l’analyser. Puis-je y réussir ? J’ai entendu de grands orateurs de mon époque, de plus parfaits que Léon Degrelle ; je n’en ai jamais rencontré un qui dégageât, même de loin, un “magnétisme” semblable, duquel émanât un fluide aussi étrange, aussi puissant. Talent prestigieux ? Soit, mais autre chose aussi, qu’il est bien difficile de définir, quelque chose qui me fait admettre aujourd’hui que, parfois, puisse surgir un homme exerçant sur les foules une domination telle, par sa seule force intérieure, qu’il les soulève dans de grands mouvements de foi et d’enthousiasme, comme lors des premières croisades.

    LD Orateur guerre PBA.jpgL’engagement militaire de Léon Degrelle contre le bolchevisme fut également au service de son idéal de régénération nationale, secondant désormais ses talents de tribun (ici au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, début 1943).

     

    Le talent oratoire de Léon Degrelle est tout simple et sans apprêt. Point de périodes bien équilibrées, aucune rhétorique, aucune science dans un art difficile entre tous, mais un langage direct, à l’emporte-pièce, frappé de formules qui font balle. Jamais un effet théâtral, jamais un trémolo dans la voix. Des mots à tout le monde, mais des traits âpres, ironiques, lancés d’un organe sonore, métallique, si puissant qu’un jour où, devant douze mille auditeurs, les fils des haut-parleurs avaient été sabotés et coupés, Degrelle put continuer à parler durant une heure sans qu’on perdît, au dernier rang, une syllabe de ce qu’il disait. Cependant de quelle manière il se donne ! “Quelle gymnastique !” comme s’exclament les bonne gens des campagnes qui l’entendent pour la première fois ! Quels gestes magnifiques, amples, faciles, justes ! Eloquence naturelle avant tout.

    LD Orateur guerre Chaillot.jpg

    La révolution des âmes, entraînant une régénération nationale, sociale et spirituelle se prêche désormais au niveau européen. Ici, à Paris, au Palais de Chaillot, le 5 mars 1944 : « Nous sommes arrivés au moment où toutes les délimitations de l’Europe d’hier, de l’Europe des guerres civiles, sont mortes. Ou bien les peuples ont retrouvé dans leurs veines, la grande force de la jeunesse, l’esprit du sacrifice et de la grandeur, et ils forment un seul bloc socialiste et révolutionnaire, ou bien ils ont conservé la stérilité et la décadence des vieillards qui ne comprennent plus rien. […] Car ce qui nous intéresse le plus dans la guerre, c’est la révolution qui suivra, c’est de rendre à ces millions de familles ouvrières la joie de vivre, c’est que les millions de travailleurs européens se sentent enfin des êtres libres, fiers, respectés, c’est que dans toute l’Europe, le capital cesse d’être un instrument de domination des peuples pour devenir un instrument au service du bonheur des peuples. »

    Où se trouve alors l’invraisemblable prestige qu’exerce cette parole sur des multitudes de plus en plus vastes ? Dans l’âme dont elle vibre sans doute, dans la sincérité qui transparaît, dans une force invisible que l’on sent tout à coup éclater et s’imposer à toutes les volontés. “Tu n’as pas idée, me disait une fois Degrelle, épuisé, après avoir parlé devant vingt mille hommes hostiles d’abord, et qu’il avait en quelque sorte domptés, tu n’as pas idée de l’électricité que j’ai dû dépenser !”

    Oui, une espèce d’électricité qui se transfuse et dont le chef de Rex m’assure qu’il sent, à un moment précis de chaque harangue, qu’elle vient d’entrer en contact avec la foule des hommes assemblés. Une manière de phénomène qui doit se rapprocher de ceux de la suggestion et auquel, par conséquent, il serait vain de vouloir trouver une explication définitive. » (pp. 3-7 ; pp. 232 et 242-243 de Léon Degrelle et le Rexisme).

    LD au milieu de la foule.jpgOn voit que la réaction attribuée à Joris Van Severen face à l’éloquence de Léon Degrelle est assez trivialement incongrue. Si elle est exacte, elle démontrerait une différence fondamentale entre les deux hommes à propos de leur vocation et de l’objectif de leur art oratoire : chez Léon Degrelle, c’est l’enchantement des foules pour obtenir leur adhésion à son projet de société régénérée spirituellement (rénovation nationale par la révolution des âmes) ; chez Joris Van Severen, ce serait l’intégration obligatoire des masses dans un ordre discipliné.

    Comme nous l’avons dit en conclusion de notre présentation de la nouvelle biographie du fondateur du Verdinaso par Dieter Vandenbroucke, il nous faudra attendre sa parution pour vérifier l’exactitude de ce qu’il met dans la bouche de ceux qu’il incrimine ainsi que la pertinence de ce qu’il s’autorise à en déduire…

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    Léon Degrelle a-t-il réagi aux critiques de son art oratoire qu’on prête à Joris Van Severen ? Rien n’est moins sûr. Mais il ne manqua pas de rendre hommage à son compagnon d’infortune à l’occasion du premier anniversaire de son assassinat par la soldatesque française à Abbeville.

  • La bande de bras « Wallonien »

     

    Un nom allemand voulu par Léon Degrelle ?
    Allons donc !

     

    Dans notre dernier article consacré au Légionnaire Edouard Hubot, nous avons montré la photo le représentant en SS-Funker lorsqu’il rejoignit la Sturmbrigade Wallonien en septembre 1944 (voir ce blog au 23 janvier 2021).

    Il portait alors la bande de bras Wallonien qui allait équiper bientôt les Bourguignons dans les derniers mois de la guerre.

    Bande bras Wallonien.jpg

    Alors que la Légion Wallonie, après d’âpres négociations entre, tout d’abord, Léon Degrelle et le Gruppenführer (général) Gottlob Berger, puis, après leur échec, entre Léon Degrelle et le Reichsführer Heinrich Himmler, a été versée dans la Waffen-SS le 1er juin 1943, ce n’est que très tardivement que lui fut accordée la bande de bras d’appartenance à son unité.

    La création de ce brassard peut être considérée comme une marque d’estime car toutes les unités de la Waffen-SS ne portaient pas nécessairement de bandes de bras (la 33e Division SS Charlemagne, par exemple, n’en reçut jamais ; on notera au passage que le nom officiel allemand de cette unité était 33. Waffen-Grenadier-Division der SS Charlemagne, avec le nom français de l’Empereur d’Occident et non la traduction allemande « Karl der Große »). De plus, ce brassard distinctif pouvait être supprimé en manifestation de blâme comme l’ordonna, par exemple, Adolf Hitler pour les troupes SS n’ayant pas réussi à contenir l’avance soviétique en Hongrie (dont la Hitlerjugend et la Leibstandarte SS Adolf Hitler elle-même).

    Uniformes janvier 2021 a.jpg
    Le hasard des publications veut que la revue Uniformes (Le Guide du collectionneur et de la reconstitution) de janvier-février 2021 publie un bref article consacré à « La Bande de bras Wallonien ». Il y est précisé qu’il s’agit d’une « des bandes de bras les plus rares qu’il soit possible de posséder », mais qu’il y a trois ans et demi, un lot fut redécouvert chez un cordonnier de Grafenwöhr, un village de Bavière, entre Bayreuth et Nuremberg, où se trouvait un camp militaire. Ce lot figurait parmi toutes sortes de bandes d’autres unités, telles la Wiking ou la Nederland, et servaient occasionnellement de… lacets de fortune !

    Deux lettrages sont présentés : l’un avec la base du « W » en pointes aurait été tissé par la manufacture Bevo de Wuppertal ; de l’autre avec la base plate, aucun détail n’est fourni, mais André Liénard l’identifie comme le « type RZM » (Légion Wallonie, t. 2, p. 15). Le site « Militaria » Helmut Weitze Militarische Antiquitäten KG, qui explique avoir racheté ce lot en 2017, vend chacun de ces Ärmelbänder au prix cassé de… 3500 euros !

    Helmut Weitze Ärmelband Wallonien.png

    La revue note que la bande de bras Wallonien « a dû être distribuée au début de l’année 1945 » seulement, ce qui est bien vraisemblable car Uniformes publie également une photo de Léon Degrelle avançant dans la boue à l’aide d’une canne et portant sa bande de bras, mais sans en préciser l’origine. Léon Degrelle, qui porte les Feuilles de Chêne (après le 25 août 1944 donc) se trouve en fait sur le front de Poméranie : nous sommes donc bien fin février-début mars 1945. Cette date tardive pourrait expliquer la découverte de ce lot de bandes de bras toutes neuves qui n’auraient pu être fournies à temps à leurs destinataires.. Mais cette bande ne peut-elle avoir été manufacturée plus tôt, puisque la photo d’Edouard Hubot que nous avons publiée est postérieure (mais de combien ?) à son retour de septembre 1944 à la Wallonie ?

    LD Uniformes.jpg

    légion wallonie,édouard hubot,bande de bras,waffen ss,revue "uniformes",le combattant européen,jean mabire,théo verlaine,le combattant ssChez Théo Verlaine (La Légion Wallonie en photos et documents, p. 300), les rares photographies montrant des Bourguignons arborant la bande de bras datent toutes de l’engagement en Poméranie, en février 1945 : sur une photo prise « à Stargard », au PC de la SS-Division Wallonien, on reconnaît les Légionnaires « José Janssens et Jean Lekeux »; ce dernier, en uniforme, arbore la patte de col d’Oberscharführer (adjudant), mais aussi la fameuse bande de bras « Wallonien ». Une autre photo, datée également de « Poméranie, en février 1945 », nous montre les Légionnaires « Emile Van Isschot et un certain Collard » portant leur bande de bras (p. 295).

    LD Bande Bras 1.jpegPour en terminer avec cette question de datation, voici une photo de Léon Degrelle sur le Front de Poméranie où la Division Wallonie est engagée dans l’opération Sonnenwende censée refouler les Soviétiques hors des frontières du Reich : les combats commenceront le 16 février.

    La photo (extraite de l’album de Jean Mabire et Eric Lefevre, Légion Wallonie. 1941-1944, p. 229) montre l’ Obersturmbannführer (lieutenant-colonel) Léon Degrelle, Commandeur de la Division, contempler la bande de bras, manifestement cousue de fraîche date sur sa manche gauche. Sans doute est-il le premier à en avoir disposé car les Légionnaires qui l’entourent joyeusement n’ont également d’yeux que pour elle, signe qu’ils la découvrent et ne l’ont pas encore reçue…
    La bande de bras « Wallonien » date donc bien de la mi-février 1945.

     

    Plus interpelant est le commentaire de l’auteur de l’article d’Uniformes, car elle implique un jugement politique : « On notera que sur la bande de bras il est inscrit Wallonien et non Wallonie comme c’est le cas sur l’insigne de manche. Cela est due [sic] à la germanisation du nom suite au plaidoyer de Léon Degrelle présentant les Wallons comme étant des Germains afin de faciliter leur intégration à la SS. »

    Si pendant tout le temps de son service dans la Heer, l’armée de terre de la Wehrmacht, l’unité des Belges francophones au Front de l’Est a été appelée « Légion Wallonie » par la presse rexiste et belge en général, son nom officiel était bien, en allemand, Wallonisches Infanterie-Bataillon 373. Et c’est Léon Degrelle qui, pour calmer l’ire de certains Légionnaires refusant d’endosser l’uniforme feldgrau au camp d’entraînement de Regenwurmlager, obtint du commandement allemand de porter l’écusson distinctif aux couleurs nationales surmontées du nom, en français, « Wallonie ».

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    Arrivés en Allemagne au camp d’instruction de Regenwurmlager, les Volontaires wallons ont reçu, non sans réticence, leur uniforme feldgrau et ont immédiatement commencé leur formation : drill, manœuvres de jour, exercices de nuit, tir,... Après quelques jours, ils sont déjà capables de défiler en bon ordre, mais… sans avoir encore reçu leur écusson « Wallonie » qui n’arrivera qu’à la mi-septembre 1941. La 1ère Compagnie défile ici dans le camp, le 21 août: Léon Degrelle se trouve au premier rang, à droite.

    On le voit, lorsque Léon Degrelle a prise sur les événements, il ne manque jamais d’imposer le français : la direction de la Légion restera toujours aux mains des Wallons et la langue de commandement sera toujours le français : les Allemands présents à la Légion ne sont que des officiers de liaison ou des conseillers, parlant tous français.

    Cet attachement à la langue maternelle des Wallons et des Belges francophones, ne veut évidemment pas dire ignorance de leurs racines germaniques historiques. C’est ce que Léon Degrelle affirme haut et clair dès son discours saluant le départ des premiers Légionnaires qu’il accompagne dans la croisade antibolchevique, le 8 août 1941, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles : « Pour nous, Wallons, Germains de langue française, jaillis de la même race que nos frères du Nord et de l’Est, ce grand rassemblement des Européens à l’assaut du bolchevisme a des résonances toutes spéciales. » (voir ce blog au 17 octobre 2018)

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    La presse même des Volontaires pour la Croisade européenne contre le bolchevisme n’a jamais donné d’autre nom que français à leur unité, même après le passage à la Waffen-SS : c’est ainsi que « Légion Belge “Wallonie” » deviendra «Brigade d’Assaut SS Wallonie». Cependant, le nom historique « Légion Wallonie » demeure toujours.

     

    Mais le chroniqueur d’Uniformes ne fait de toute évidence référence qu’au discours de Léon Degrelle au Palais des Sports de Bruxelles, le 17 janvier 1943, passé dans l’Histoire comme le « Discours sur la Germanité des Wallons », précédant immédiatement l’intégration dans la Waffen-SS. Et peut-être ne fait-il que paraphraser la légende donnée par Jean Mabire et Eric Lefèvre à la photo de Léon Degrelle découvrant sa bande de bras : « La bande de bras de la 28e SS-Freiw.-Grenadier-Division [Wallonien] porte le nom de l’unité en allemand, conséquence du fait que les Wallons sont considérés, grâce à Léon Degrelle, comme un peuple “germanique”. »

    Or les mots « germanité » ou « Germains de langue française », contrairement au discours de 1941, ne seront pas prononcés en 1943. Le plus important, pour Léon Degrelle, est de démontrer par l’Histoire, la linguistique, la toponymie, le folklore… la spécificité germanique des origines wallonnes. Et de brosser à grands traits l’histoire de nos Provinces attachées à l’Empire germanique, face à la rapacité de la France : « Nous qui avions, pendant mille ans, Wallons comme Flamands, lutté contre l’envahissement français, qui avions vu vingt rois de France jeter implacablement leur bélier furieux dans notre frontière du sud, nous qui avions lutté pour la Somme pendant cinq siècles, et défendu pied à pied Arras et Lille, Valenciennes et Cambrai, Douai et Dunkerque contre l’envahisseur, nous qui avions connu les bombardements de Liège par le maréchal de Villeroy nous qui avions vu pendant le XVIIe et le XVIIIe siècles, l’impérialisme français s’emparer six fois de Mons, forcer Namur, inonder et ravager nos provinces, nous qui, des Eperons d’Or à Waterloo, n’avions connu qu’un long combat de toutes races mêlées du sud, nous avions finalement abouti à l’impasse de 1830. […] Nous étions, pourtant, une race puissante, descendue en deux vagues irrésistibles de l’Elbe et du Rhin, trois siècles avant Jésus-Christ, et au déclin de la domination romaine. Race germanique d’une pureté incontestable. […] Notre sang était vierge de tout mélange, vieux sang germain épandu jusqu’à la Somme. […] La Wallonie, fief de l’Empire à travers la Principauté de Liège, qui rayonnait jusqu’à Charleroi, Dinant, Thuin et Bouillon, avait monté la garde avec une énergie farouche. […] Son langage, dialecte latin et non français, allait se viriliser par l’enrichissement d’un nombreux vocabulaire germain. D’origine germanique, le nom de Liège ! Germain, même, le nom de Wallon ! Germaniques, les noms d’innombrables villages de la Meuse et de ses affluents ! Germaniques, tant de consonances pittoresques, fleurs vigoureuses de l’Est rejaillies à travers quinze siècles de vie populaire. […] »

    Et ce rappel historique était on ne peut plus tactique, comme Léon Degrelle l’analyse d’ailleurs froidement pour son interviewer Jean-Michel Charlier en 1976 :

    « Germanité des Wallons ? Germains de langue française ? Qu’est-ce que cela voulait dire ? […] S’il y a un peuple qui, par son sang et par son histoire, est germanique, c’est le peuple wallon. Extraordinaire ? Mais enfin ! Il n’est jamais monté en Wallonie de peuplade romaines ! Il n'est jamais monté en Wallonie de populations françaises non plus ! Les Wallons descendent exclusivement des grandes vagues humaines qui sont arrivées de l’Est, voilà plus de vingt siècles déjà, avant et pendant la décadence de Rome. […] Mais ne nous y trompons pas, les évoquer était, de ma part, un calcul, une tactique, beaucoup plus qu’une théorie. […] Mais cette proclamation tactique de la germanité des Wallons était une astuce. Je me servais de l’argument, véridique en soi, parce qu’il permettait d’assurer à nos revendications une base indiscutable. […] En 1942, le mot “germanique” était un mot magique. Précisément, les Wallons étaient originaires de cet espace-là. C’était vieux ? Vieux de deux mille ans ? Sans importance. Sur l’échiquier politique d’alors, c’était important : alors pourquoi ne pas utiliser cet argument-là ?... » (Jean-Michel Charlier, Léon Degrelle : Persiste et signe, pp.304-305)

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    Léon Degrelle prononce son « Discours de la germanité des Wallons », le 17 janvier 1943 devant 25.000 personnes au Palais des Sports de Bruxelles : il s’agit tout autant d’impressionner le Führer Adolf Hitler que le Reichsführer Heinrich Himmler. Il gagnera sur toute la ligne ! 

    Et cette tactique paya. En mai, c’est un Himmler tout d’affable compréhension qui, ayant rappelé auprès de lui, au Grand-Quartier Général de Hitler en Prusse-Orientale, un Léon Degrelle qui s’était montré intraitable avec son factotum, le général Berger, entame de nouvelles négociations. Et il semble s’amuser à les mener pied à pied avec un Léon Degrelle décidé à imposer ses Wallons et lui-même comme les représentants de leur peuple, à égalité avec les autres peuples de la nouvelle communauté européenne. Et Himmler céda sur toutes les conditions mises par le futur « Chef de Peuple » à l’incorporation de son unité dans la Waffen-SS : à commencer par le commandement autonome et l’utilisation du français comme langue véhiculaire ! (voir ce blog au 20 juillet 2018).

     

    On le voit donc, prétendre que le « Wallonien » allemand tissé sur la bande de bras proviendrait « du plaidoyer de Léon Degrelle présentant les Wallons comme étant des Germains » relève autant de l’élucubration naïve que de la confusion chronologique.

     

    Le Légionnaire Henri Philippet aurait raconté que, pour remettre le nom de leur unité en français, certains Légionnaires auraient cousu leur bande de manière à cacher le « n » final dans un repli (André Liénard, Légion Wallonie, t. 2, p. 15). On peut penser que si Léon Degrelle avait eu quelque mot à dire en cette matière, la bande eût sans nul doute porté le nom français de son unité. Mais en tout état de cause, Léon Degrelle, Chef de peuple dans l’Europe nouvelle pour laquelle il offrait sa vie, ne se prêta pas à la mesquinerie de maquiller ce nouvel emblème : il s’en montre d’ailleurs particulièrement fier sur le témoignage photographique que nous avons repris ci-avant !...

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    Gros-plan sur la veste d’uniforme de Léon Degrelle, telle qu’elle se trouvait dans sa garde-robe de Malaga, jusqu’en 1994.