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mgr picard

  • « Éléments », magazine de la Nouvelle Droite... et des idées à l'envers ?

     

    L'histoire revisitée par les clowns du wokisme triomphant

     

     

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    Le magazine Éléments dirigé par Alain de Benoist (La Nouvelle Droite au XXIe siècle : Orientations face aux années décisives, La Nouvelle Librairie, 2023) vient de publier une interview complaisante de Frédéric Saenen, promouvant sans réserve sa perfide satire de Léon Degrelle que son chroniqueur complice, Laurent Schang, toute vergogne avalée, ose nous vendre –en rubrique Histoire s'il vous plaît, et non Humour ou même Polémique– comme « le portrait sans fard ni trémolos d'un ambitieux qui, pour s'être rêvé en Führer des Wallons, finit sa vie avec le titre peu enviable de personnalité la plus détestée du royaume de Belgique » (ce blog au 1er décembre 2025).

     

    En 1992, la présence du nom de Léon Degrelle dans la liste proposée pour le classement des Cent Wallons du siècle suscita « des réactions indignées de la part de plusieurs résistants. » À l'époque, –Léon Degrelle vivait encore !–, les responsables de l'initiative convainquirent les indisposés « qu'une démarche historique qui se voulait scientifique ne pouvait occulter des aspects du passé quels qu'ils soient. » (Paul Delforge, in Les Cahiers nouveaux, septembre 2012, p. 62). On mesure la régression des démarches historiques quand on lit aujourd'hui Clown auguste Schang ou d'autres « spécialistes », par exemple du Cegesoma, plus officiels, mais tout aussi bouffons (sur ce blog, cliquer sur « Cegesoma » dans les Archives par tags)...

     

     

     

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    Nous avons vu (ce blog au 1er décembre 2025) comment, dans son sketch sur « Léon Degrelle et la cause flamande », Clown blanc Saenen estimait impossible pour le Chef de Rex d' « entrer en réel dialogue avec le nord du pays ». En effet, « L'obstacle majeur au rapprochement de Degrelle avec la Flandre est avant tout... sa méconnaissance totale du néerlandais. »

     

    Quelques coupures de journaux illustrant les succès colossaux des meetings de Léon Degrelle expliquant son programme en français en région flamande établissent aisément l'absurdité de pareille thèse. Alors, que dire du délire qui s'empare des foules lorsqu'il s'essaie à le présenter en néerlandais, comme au Congrès de Rex à Lombeek, le 10 juillet 1938 ! (Léon Degrelle spreekt Vlaamsch – « Léon Degrelle parle flamand » –, Supplément au Pays réel non daté, 60.000, REX Congrès national Lombeek, 10-7-38, p. 39, en cinq langues –français, néerlandais, espagnol, italien, anglais–, mais pas en allemand).

     

    Renvoyons surtout à notre série Léon Degrelle et le nationalisme flamand, sur notre blog Le Dernier Carré « Weltanschauung », à partir du 8 juillet 2016...

     

    À propos du Congrès de Lombeek, épinglons la petite canaillerie de Clown blanc l'artificieux (son bouquin en regorge, évidemment invisibles au godiche Clown auguste) : à la fin de sa présentation, Frédéric Saenen ironise : « Debout à bord d'une voiture découverte qui, après être passée sous d'impressionnantes arcades, remonte lentement l'allée centrale, le Chef arrive à la tribune. Le Nuremberg du pauvre consacre Degrelle en Führerke (petit Führer en néerlandais) des rexistes. » Et de préciser en note de bas de page que ce n'est pas lui qui déconsidère de la sorte le congrès de Lombeek en l'appelant « Nuremberg du pauvre », mais le premier historien de Rex de l'après-guerre : « J.-M. Étienne, Le Mouvement rexiste jusqu'en 1940, op. cit., p. 156. ». Sauf que Jean-Michel Étienne ne prend pas la médisance à son compte, mais fait mine au contraire d'en dénoncer la méchanceté, sans toutefois en préciser l'origine : « on a appelé méchamment ce congrès le Nuremberg du pauvre”... ». Autrement subtil.

     

     

    Que dire aussi de la saynète que Clown auguste Schang consacre à Hergé ? Sa fausse question vaut pourtant tellement son pesant de chafouinerie ! « Degrelle [...] s'est souvent vanté d'avoir inspiré le personnage de Tintin. Quelle est la part de vérité dans cette affirmation ? Si tant est qu'il y en ait une. » Mais qu'ajouter à ce que nous avons déjà démontré et redémontré ? Nous renvoyons donc simplement le lecteur à notre série Degrelle-Hergé, même combat ! (ce blog à partir du 21 septembre 2020 ou, mieux encore, cliquez sur « Hergé » dans les Archives par tags).

     

     

    Léon Degrelle, l' « hitlérolâtre »

     

     

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    Nous avons souvent montré à travers notre iconographie (ce blog, pour cette seule année, aux 28 février, 15 mars et 11 août) comment Léon Degrelle était une cible privilégiée des caricaturistes et dessinateurs de presse, parfois vulgairement, parfois aussi avec humour et talent.

     

    On a ici un exemple du supérieurement clownesque René Magritte, qui se fit membre du Parti communiste en 1932 et réalisa, pour un Comité de Vigilance des Intellectuels Antifascistes, cette affiche en 1936 en réaction au triomphe électoral de Rex. Si, à l'époque, le dessin se voulait expressément calomniateur, il anticipait néanmoins avec justesse les sentiments qui allaient unir les deux hommes au cours de la guerre. Encore qu'en formulant son « hypothèse paternelle », ce serait plutôt Hitler qui se fût vu continué par Léon Degrelle (voir encore ci-après, à propos des sentiments d'Adolf Hitler pour celui qu'il considéra comme le « fils idéal » ) !

     

    Si Magritte était donc un fier communiste « résistant » à la menace fasciste, il ne fallait pas lui en demander beaucoup plus : ce n'est pas lui qui, à l'exemple de Léon Degrelle, eût mis sa peau en jeu pour défendre ses idées. En effet, la maison de ventes Arenberg Auctions qui a mis aux enchères à Bruxelles, le 16 octobre dernier, un exemplaire de l'affiche a expliqué son caractère « absolument rarissime [...] par le fait qu’elle a été détruite, par prudence, lors de l’arrivée des Allemands au début de la Seconde Guerre mondiale [...]. Durant l’Occupation, si Magritte a peur d’être arrêté, c’est notamment à cause de cette image »... Estimée entre 2000 et 2500 euros, l'affiche (anti)degrellienne a été adjugée 38.400 euros (frais de vente de 28 % compris). Elle est désormais exposée au Musée Magritte des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, place Royale à Bruxelles (situé en face de la statue de Godefroid de Bouillon, ce blog au 15 juin 2024).

     

     

    Clown auguste Schang : « À quel moment de son parcours situez-vous son basculement, du réactionnaire catholique au Germain hitlérolâtre ? »

    Clown blanc Saenen : « [...] Une fois revenu de ses prisons [...], Degrelle [...] comprend qu'il ne peut plus vraiment avoir de destinée strictement belge. Il s'offre alors littéralement à Hitler, dans une lettre stupéfiante d'avril 1941, donc deux mois avant le déclenchement de l'opération Barbarossa, qui signe son basculement complet. »

     

    Tout à son rôle d'asticoteur de Clown blanc Saenen, Clown auguste Schang ne veut présenter Léon Degrelle que de manière négative à ses lecteurs néo-droitistes : l'auteur de Révolution des Âmes n'était donc, à l'origine, qu'un « réactionnaire catholique », somme toute assez méprisable intellectuellement. Et voilà qu'à un moment donné de sa vie, il « bascule » et devient un Germain entre guillemets, c'est-à-dire, pour Clown auguste qui ne connaît rien des liens qui unirent les Wallons au Saint Empire Romain Germanique, un faux Germain ! Qui plus est, de l'espèce la plus ignominieuse, puisque, en outre, il « bascule » dans l'adoration stupide de l'homme le plus monstrueux de l'Histoire : il devient hitlérolâtre... (à propos de la germanité des Wallons et de l'intérêt tactique de sa proclamation par Léon Degrelle –que Frédéric Saenen réduit absurdement à une manœuvre destinée à rejoindre la Waffen-SS !–, voir ce blog aux 12 mai 2016 et 10 décembre 2017 ainsi que Persiste et signe, p. 304).

     

     

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    Emmené en avion –pour la seconde fois sur ordre exprès du Führer– du champ de bataille au Grand Quartier Général des Armées sur le Front de l'Est, le 27 août 1944, l'hitlérolâtre Léon Degrelle salue protocolairement en attendant que le chef suprême des armées, Adolf Hitler, rayonnant de joie, lui remette les plus prestigieuses décorations militaires du Reich, les Feuilles de Chêne à sa cravate de Chevalier de la Croix de Fer, l'Insigne en or des combats rapprochés, la Médaille en or des Blessés et la Croix allemande en or (ce blog, notamment, au 23 juillet 2021).

     

     

    On sait que Léon Degrelle –il n'en a jamais fait mystère– nourrissait une admiration fervente pour Adolf Hitler, multipliant d'ailleurs explications, précisions, déclarations, proclamant, par exemple, qu'il « était le génie universel qui entendait bien créer un monde nouveau et un type d'homme nouveau » (Persiste et signe, p. 179). Il savait aussi, –après l'écrasement du Reich national-socialiste, la destruction de ses réalisations, la prohibition de sa vision du monde et le récit officiel qui en est proposé depuis–, ce que sa proximité avec le Führer pouvait susciter comme réactions ; il semble même répondre à l'avance à nos deux clowns : « Tant qu'il a été entendu qu'Hitler n'était qu'un fou abominable, le fait que je l'aie fréquenté était collé sévèrement dans mon dossier à charge ! [...] Quel monstre n'étais-je donc pas moi-même ! [...] On me jetait à la figure la phrase que m'adressa Hitler en 1944, en me remettant le Collier de la Ritterkreuz avec Feuilles de Chêne : Si j'avais un fils, je voudrais qu'il soit comme vous ! [...] Mais voilà que les temps ont changé, Hitler est devenu un objet de fascination mondiale ! [...] Alors, du coup [...], on nie nos rapports et surtout leur qualité, je ne peux plus l'avoir connu, ou alors, au maximum, un jour ou l'autre, entre deux portes, à toute vitesse ! » (Persiste et signe, pp. 181-182).

     

    Mais nos deux complices ne s'embarrassent pas de ce distinguo : Clown blanc Saenen prétend avoir trouvé la preuve de l'hitlérolâtrie coupable de Léon Degrelle et Clown auguste Schang reprend le texte accusateur, en capitales grasses en milieu de page : « [Degrelle] s'offre alors littéralement à Hitler, dans une lettre stupéfiante d'avril 1941, donc deux mois avant le déclenchement de l'opération Barbarossa, qui signe son basculement complet. À partir de là, il devient un croisé de l'hitlérisme et n'a de cesse de proclamer la germanité des Wallons afin de rejoindre les rangs de l'élite suprême à ses yeux, la Waffen SS. »

     

     

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    Clown blanc ne nous permettra pas de lire un traître mot de cette lettre, mais nous sommes priés de croire qu'elle est « stupéfiante » et qu'elle constitue une scandaleuse oblation sacrificielle à Hitler : Pétain avait fait don de sa personne à la France, mais ici, c'est « Degrelle [qui] s'offre littéralement à Hitler » ! La manœuvre falsificatrice est trop scandaleuse pour n'y pas répondre. Nous avons d'ailleurs déjà présenté très clairement cette lettre courageuse du jeune chef idéaliste sur ce blog, le 7 mai 2016. Nous n'avons donc rien d'autre à faire que nous répéter...

     

    Aîné d’une famille de plus de six enfants, Léon Degrelle avait été exempté d’office de son obligation de service militaire par la loi de 1928. Ce qui ne l’a pas empêché de demander son incorporation sous les drapeaux (armée de l’air) en 1939, requête refusée au motif qu’il était député de Bruxelles.

     

    Par ailleurs, après la défaite de la Belgique et les épreuves subies au cours de sa captivité en France, et dans l’inactivité totale où il est réduit depuis son retour au pays, Léon Degrelle, toujours habité par son idéal dont la réalisation se concrétise ailleurs et sans lui, se rappelle au bon souvenir d’Adolf Hitler lui-même. Il lui écrit le 10 avril 1941 (c’est-à-dire bien avant le déclenchement de l’opération Barbarossa, le 22 juin) : « […] C’est pour sortir de cette inaction que je vous écris, Führer, afin d’obtenir de vous l’honneur insigne de pouvoir lutter, fraternellement, à côté de vos soldats. Pendant la durée de la guerre, je ne puis, politiquement, être d’aucune utilité. Laissez-moi donc alors, Führer, mettre à votre disposition, sur les champs de bataille, ma force et ma jeunesse ! […] Führer, je suis certain que vous ne me refuserez pas cette joie. Vous vous souviendrez du jeune homme qui, dès 1936, venait à Berlin vous apporter le salut de Rex. […] Vous me permettrez, j’en suis convaincu, de mêler mon effort à l’effort de la jeunesse du IIIe Reich et de m’engager volontairement parmi vos troupes. Je serai infiniment heureux, malgré mon attachement à mon foyer et à mes quatre petits enfants, de connaître le destin militaire de votre jeunesse héroïque. Que Dieu, Führer, conduise vos drapeaux à la victoire et à la paix. » Il reçut la réponse de Hitler par un courrier du Chef des Oberkommando der Wehrmacht en personne, le Generalfeldmarschall Wilhelm Keitel, le 4 ou le 5 juillet : sa requête est refusée « pour des raisons de principe » : « Le Führer ne peut pas vous laisser partir pour le front parce que vous êtes indispensable pour votre activité politique » (Cahiers d’Histoire de la Seconde Guerre mondiale, 1978, pp. 168-170).

     

     

     

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    Lorsqu'enfin, l'offensive Barbarossa permit de contrer la menace communiste sur l'Europe, Léon Degrelle vit là l'occasion unique de rendre à une Belgique rétablie dans son Histoire sa place dans l'Europe nouvelle. Ayant mis sur pied la Légion Wallonie, il lui confie le drapeau bourguignon bordé des trois couleurs nationales et fait jouer, pour la première fois depuis le 28 mai 1940, la Brabançonne par la fanfare de l'Occupant allemand. Léon Degrelle, le « faux Belge » selon Clown blanc Saenen (ce blog au 1er décembre 2025), partit comme simple soldat après avoir magnifié le patriotisme de ses camarades : « Rien ne sera trop dur, la mort nous sera légère et même chère, si notre glorieuse patrie peut, forte et libre, redevenir un des centres vitaux d'une Europe dont elle fut la jetée fameuse vers la richesse occidentale et le Mare Germanicum. » (ce blog au 8 août 2017).

     

     

    Et nous ajoutions, à l'intention probablement d'éventuelles interprétations clownesques : « Il est important de préciser dans quelle perspective Léon Degrelle avait entrepris cette démarche : non pas pour s’aligner aveuglement sur l’Allemagne et s’intégrer inconsidérément dans sa politique, mais pour donner une chance à la Belgique de retrouver un rôle dans l’Europe nouvelle. »

     

    C’est ce qu’expliqua encore le Commandeur des Bourguignons sur le Front de l'Est dans une interview à Défense de l’Occident (novembre 1972, voir ce blog au 4 juin 2016) : « Dès le début, je m’étais dit qu’il n’y avait de solution que militaire. Les Allemands étaient des soldats qui avaient triomphé, nous étions des vaincus et des civils. Tout était contre nous. Il fallait donc revenir à égalité avec eux et cette égalité, nous ne l’obtiendrions que par l’égalité du sacrifice. Je vais vous révéler un fait peu connu. En avril 1941, quand j’ai vu que l’affaire tournait très mal pour la Belgique et que les Allemands s’affirmaient comme les maîtres de l’Europe, qu’ils avaient balayé les Balkans, la Grèce, la Crète, j’ai écrit à Hitler pour m’engager. À ce moment, je ne pensais pas lever des volontaires. La guerre contre la Russie n’avait pas encore commencé. Je ne cherche donc même pas les circonstances atténuantes de la lutte contre le communisme. Mais comme je ne voulais pas lancer mon pays dans une aventure militaire absurde, je m’y suis lancé tout seul. Ceci dit, j’ai été ravi que l’Allemagne attaque l’Union soviétique deux mois plus tard, car cela nous a permis de nous lancer en masse dans la bagarre. ».

     

     

    Le Roi et ses ministres, hitlérolâtres... et Hitler degrellolâtre !

     

     

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    Non, jamais Adolf Hitler n'eût voulu de Léopold III comme fils, malgré la verve parodique d'Alidor (Pan, 28 mars 1973). Seul Léon Degrelle put susciter pareil élan de la part du Führer.

     

     

    Cela dit, nous connaissons plus « stupéfiant » que la lettre de Léon Degrelle. Par exemple, outre l'incroyable défilé chez Léon Degrelle des grosses légumes politiques belges essayant de se positionner avantageusement dans la Collaboration après la capitulation du 28 mai 1940 (voir La Cohue de 1940), il faut citer le courrier que le Premier ministre belge Hubert Pierlot, qui s'était enfui en France avec son gouvernement, envoie le 18 juillet 1940 au vice-président du Sénat affirmant que « Le plus favorable serait que la Belgique [soit] englobée dans un Zollverein ayant à sa tête un Gauleiter » (ce blog au 18 mai 2017). Et encore plus « stupéfiant », à tomber le cul par terre : le roi Léopold III qui envisage, pendant l'été 1940, de « prêter à Hitler un serment comportant une certaine allégeance, comme dans le Reich d'antan les monarques à l'Empereur » (témoignage d'Henri De Man, voir ce blog au 3 décembre 2024).

     

    Voilà qui, sans aucun doute, est encore plus Germain que « Germain » !!!

     

    Tout aussi essentiel à garder à l'esprit : si Léon Degrelle fut « hitlérolâtre », Adolf Hitler fut tout autant degrellolâtre ! Nous avons passé maintes fois en revue les multiples événements documentant les liens unissant les deux hommes depuis leur première rencontre, fabuleuse, de 1936 (ce blog, dans les Archives, cliquer sur le tag « si j'avais un fils »).

     

    Rappelons-en quelques exemples, dont sa colère lorsqu’il crut Léon Degrelle assassiné à Abbeville, le 20 mai 1940, sa décision de le rencontrer avant Léopold III, le 26 octobre 1940, son ordre donné à Ribbentrop de le soutenir –et lui seul– en Belgique, le 31 janvier 1943, sa résolution de le nommer chancelier du nouvel État bourguignon, en mars 1943, sa reconnaissance de Léon Degrelle comme Volksführer, le 23 novembre 1944, la délégation des pleins pouvoirs civils, politiques et militaires en Belgique reconquise qu’il lui fit le 1er janvier 1945... Nous avons également documenté son inquiétude constante et répétée sur le sort du désormais Commandeur de la Division Wallonien au Front de l'Est (ce blog au 21 juin 2018).

     

    Et tant que nous y sommes, rajoutons ce dernier élément établissant le caractère insigne des relations entre le Führer abandonné de tous (sauf d'Eva Braun, son épouse, et de Josef Goebbels, le fidélissime, et sa famille) et son indéfectible paladin étranger. En avril 1945, dans le bunker des ruines de sa Chancellerie, Adolf Hitler vient de vivre son cinquante-sixième anniversaire parmi les trahisons de ses plus proches collaborateurs, les revers militaires catastrophiques, les bombardements incessants des soviétiques encerclant Berlin anéantie... Il confie à Martin Bormann d'ultimes et amères réflexions que rapporte un témoin accidentel et sans le moindre lien avec Léon Degrelle.

     

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    « engagé dans la L.V.F. (Légion des Volontaires français contre le bolchevisme) puis sous-officier dans la division SS Charlemagne, Louis Chastang – c'est le nom qu'il se donne – s'est décidé à parler. [...] Isolé de mon groupe, je me trouvais avec un autre Français dans un détachement de la division Nordland (composée de volontaires des pays scandinaves). Il y avait avec nous un SS allemand, le capitaine Eckermann. [...] De 1938 à 1945, il avait été membre de la Leibenstandarte [sic] Adolf Hitler, la garde personnelle du führer. [...] le 30 avril 1945 [...] nous savions que la guerre était finie, perdue. Avec le capitaine Erckmann [sic] et mon camarade français nous tentions de sortir de Berlin. Soudain, [...] nous avons vu deux hommes qui avançaient dans notre direction. Eckermann nous a dit : Attention ! Ce sont des huiles. Cachons-nous... [...] les deux hommes se sont arrêtés à quelques mètres de nous. L'un d'eux était grand et portait un uniforme vert sans distinction de grade : c'était le médecin SS Ludwig Stumpfegger [1910-1945, chirurgien personnel d'Adolf Hitler ; c'est lui qui aurait fourni les capsules de cyanure aux couples Hitler et Goebbels]. L'autre, plus petit, râblé, avait la tenue beige des membres du parti : Martin Bormann. Les deux hommes ont commencé à parler. À travers le fracas des explosions qui secouaient la ville, j'ai pu saisir quelques bribes du dialogue. Bormann s'étonnait que Hitler ait choisi l'amiral Doenitz comme son successeur. Il a dit aussi à Stumpfegger que le führer avait parlé avec amertume de la trahison de la plupart des dignitaires de l'armée et du parti et que le führer avait exprimé son regret de ne pas avoir confié le commandement de ses troupes à Léon Degrelle, le chef nazi belge. » Suit le récit du suicide par capsule de poison (France-Soir, 11-12 février 1973, p. 5 ; Léon Degrelle évoque l'histoire dans Tintin mon copain, p. 134, mais il ne donne pas la bonne référence, datant le quotidien français de janvier au lieu de février).

     

    Alors, après toutes ces évidences, qu'en avons-nous encore à faire de la vaine question agacée de Clown auguste Schang : « Oui ou non, Degrelle fut-il le fils qu'Hitler aurait voulu avoir, selon la petite phrase tant et tant de fois répétée ? » Et de la réponse pontifiante de Clown blanc Saenen tout empreinte d'insolente mauvaise foi : « [Cette phrase] fait partie de ces éléments fantasmatiques et des effets de rhétorique dont usera Degrelle tout au long de sa vie pour forger son mythe. Elle découle de la fusion fluidique qu'il veut à tout crin voir dans sa relation avec Hitler. » Et de nier, contre toute évidence, l'existence de « sentiments amicaux, encore moins filiaux »... (mais le Führer n'a jamais dit : « Si j'avais un père... »)...

     

     

    Qui alors pour remettre les « idées à l'endroit » ?

    Réfléchir&Agir !

     

     

    RHE 25 Saenen.jpgOù donc la Revue d'Histoire Européenne a-t-elle bien pu aller chercher –en même temps que la revue Éléments !– que Léon Degrelle était « qualifié, de son vivant, de personnalité la plus détestée du Royaume de Belgique » ?... (N° 25, août-septembre 2025).

     

     

    Nous croyions être à peu près seuls, avec le Cercle des Amis de Léon Degrelle, à nous être retrouvés interloqués par cet article d'Éléments. Même la Revue d'Histoire européenne –dont nous avons fait l'éloge trop prématurément et donc imprudemment (ce blog au 20 avril 2025)–, s'est jointe au chœur démocratique de dithyrambes insensés.

     

    Mais non ! Seuls à sauver l'honneur du journalisme indépendant, à l'esprit critique et à l'engagement nationaliste cohérent, nos amis de Réfléchir&Agir ont vivement réagi par un billet d'humeur concis, mais incisif et bien renseigné, d'Eugène Krampon, Je défends la mémoire de Léon Degrelle (n° 88 [!], Hiver 2025, p. 6). C'est surtout à Frédéric Saenen qu'il s'en prend et pas nécessairement à Laurent Schang qui est pourtant tout autant blâmable dans la mesure où nous attendions de sa recension connaissance du sujet, capacité de doute, sens critique, souci élémentaire de vérification des assertions...

     

    Frédéric Saenen, au fond, ne fait que son boulot : noircir la vie de son personnage pour convaincre son lecteur, –inculte au cerveau lavé par quatre-vingts ans de mensonges officiels–, de l'horreur de ses convictions nationales-socialistes qui sont autant d'inconduites, voire de délits (« affabulateur compulsif », « hypocrite, cauteleux », « panier percé, mauvais payeur »), de ses intentions politiques coupables (« mauvais Belge », « réintégration [...] au Reich allemand »), de sa proximité avec le régime nazi abhorré (« croisé de l'hitlérisme »), de son absence totale de repentance (« quelqu'un qui passe son temps à nier l'existence des chambres à gaz ou à chanter les louanges posthumes d'Hitler »), de la profondeur honteuse de ses sentiments pour le repoussoir absolu de l'humanité que fut Adolf Hitler (« il s'offre littéralement à Hitler »)...

     

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    Encore eût-il fallu que Laurent Schang maîtrise son sujet, connaisse quelque chose à Léon Degrelle, voire même ait véritablement lu le monument de sornettes publié par son éditeur Perrin. Car enfin, il faut ne pas avoir ouvert le pensum pour prétendre gratuitement (et de quelle autorité ?) que « la biographie de Frédéric Saenen est incontestablement la plus complète, la plus documentée et la plus approfondie » ! Nous avons montré comment, dès les toutes premières pages, Saenen trafique ses sources pour laisser entendre, par exemple, que Léon Degrelle était un criminel de guerre (ce blog au 25 mars 2025). Schang eût pu le vérifier lui-même, lui qui, spécialiste maison de la Seconde Guerre mondiale, a certainement accès à la quarantaine de volumes des minutes du procès de Nuremberg où Saenen prétend avoir trouvé son information !...

     

    Et s'il avait vérifié un tant soit peu les allégations de son auteur, par exemple sur les origines de l'antisémitisme inexistant de Léon Degrelle qui lui donne des haut-le-cœur (voir ci-après), il aurait pu constater les mêmes procédés manipulateurs.

     

    Frédéric Saenen prétend ainsi que le chef de Rex « se plaît à raconter que, enfant, à la liturgie du Vendredi saint, il chantait en chœur : Oremus et pro perfidis Judaeis » (p. 123), avec un appel de note où se trouve effectivement une référence livresque mais sans fournir la citation du récit degrellien annonciateur d'antisémitisme que l'on s'attendait à trouver. Et si vous avez la curiosité de vous reporter au livre évoqué (Jean-Marie Frérotte, Léon Degrelle, le dernier fasciste), vous lirez la simple information suivante : « La liturgie du Vendredi-Saint chantait : Oremus et pro perfidis Judaeis... », sans la moindre mention du plaisir éventuel de Léon Degrelle à chanter cette prière. Dans La Chanson Ardennaise où il raconte sa vie à Bouillon au rythme du calendrier liturgique, comme dans les récits de son enfance pieuse rapportés dans Mon Combat, il n'est jamais question de la prière du Vendredi Saint pour la conversion des Juifs. Ce terme n'apparaît d'ailleurs nulle part dans ces écrits, preuve sans doute que cette prière n'impressionna pas particulièrement le petit Léon et qu'il ne put à l'évidence y prendre jamais la moindre joie perverse.

     

     

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    Le petit Léon « se levait tôt, allait sonner les cloches à l'église [Saints Pierre et Paul de Bouillon] et servait la première Messe » (Mon Combat, p. 27). Il pouvait admirer ainsi tous les jours l'impressionnant maître-autel qui s'orne des statues des deux saints patrons, Saint Paul tenant le glaive de la Parole de Dieu et Saint Pierre avec les clefs du Royaume des Cieux.

     

    À leurs côtés, seraient-ce les statues de deux Juifs ayant bénéficié de la prière pour les « perfidis Judaeis » ? La paroisse de Bouillon n'a malheureusement pas même été capable de nous les identifier... Quel est encore ce clergé post-conciliaire coupé de ses racines historiques, bibliques, ecclésiales ? À gauche, se trouve donc Aaron avec son pectoral aux douze gemmes symbolisant les tribus d'Israël et tenant l'encensoir purifiant les offrandes à Dieu ; à droite, voilà l'autre grand-prêtre d'Israël, Melchisedech, représenté avec du pain et une aiguière de vin. Leurs attributs font le lien entre l'Ancien et le Nouveau Testament.

     

    Quand Léon Degrelle évoque la Pâques campagnarde et le Vendredi Saint, il écrit « Les offices divins étaient magnifiques dans leur dépouillement, les prières de ce jour-là sont les plus beaux poèmes qui soient au monde. [...] Il fallait d'abord prier près [des cruches d'eau bénite], lancer les chants sublimes pour tous ceux qui connaissaient les égarements de l'ombre et les morsures de la douleur. » (Mon Combat. p. 34). Et ce serait là l'origine d'un antisémitisme chez Léon Degrelle ? qui ne reprend jamais aucun terme de la prière pour les Juifs, mais en généralise la portée ?...

     

     

    Saenen poursuit alors sur sa lancée l'explication abracadabrante de l'origine du prétendu antisémitisme degrellien : « En Belgique, dans les années 1900-1910, les réseaux du catholicisme intégral marqués par le traditionalisme et l'antijudaïsme étaient en outre très actifs dans les milieux néothomistes, et ont notamment inspiré l'ACJB. » (p. 123).

     

    L'ACJB est l'Action catholique de la jeunesse belge, mouvement créé en 1921 où s'engagèrent la plupart des jeunes catholiques belges, dont Léon Degrelle (et Hergé). A la fin de la phrase évoquant l'ACJB, se trouve à nouveau un appel de note censé expliquer en quoi ce mouvement fut inspiré par l'antijudaïsme. Et nous lisons : « Au sujet de réseaux tels que La Sapinière de Mgr Benigni et de leurs relations avec la Revue internationale des société secrètes de Mgr Jouin, introducteur des Protocoles des Sages de Sion en France, voir N. Valboousquet [sic], Catholique et antisémite. Le réseau de Mgr Benigni [...] » (p. 315). Mais ce livre ne cite jamais ni l'ACJB, ni aucun de ses dirigeants (qui furent proches de Léon Degrelle), Mgr Picard ou Giovanni Hoyois ! Quant au correspondant belge de cette fameuse Sapinière n'ayant eu aucun lien ni avec l'ACJB, ni avec Léon Degrelle, il en fut exclu pour collaboration avec l'occupant allemand pendant la Première Guerre mondiale ! (Nina Valbousquet, Catholique et antisémite, p. 57). Le seul intérêt de cette note est donc bien de citer les mots « Protocoles des Sages de Sion » et « antisémite ».

     

    Nous retrouvons exactement le même procédé que pour les « crimes de guerre » de Léon Degrelle : l'important était alors d'associer son nom aux mots « Procès des grands criminels de guerre devant le tribunal militaire international : Nuremberg ». Jamais rien de pertinent, mais, toujours, des amalgames, des approximations, des suggestions, de la malveillance...

     

     

    Des procédés uniment malhonnêtes

     

    Et c'est ainsi tout au long de la prétendue biographie où tout les faits, anecdotes, témoignages sont présentés négativement. C'est bien sûr le droit de Frédéric Saenen –comme de son comparse Laurent Schang– de ne pas apprécier Léon Degrelle, mais il faut rester honnête et loyal, et le prétendu critique d'Éléments, spécialiste de la Deuxième Guerre mondiale, eût pu aisément vérifier le tripatouillage des sources.

     

    Il semble bien, cependant, qu'il n'en ait rien à faire puisque ses questions ne sont qu'oratoires, reflétant purement et simplement l'avis de l'interrogé ou, comme chez les clowns du cirque, amplifiant encore les postulats du clown blanc qui occultent la supercherie et font prendre ses propositions pour des vérités d'Évangile (voir encore ci-dessus, à propos de Hergé).

     

    Ainsi, –revenons-y–, de l'antisémitisme degrellien. Schang ne pose pas de question, il adopte d'emblée le discours dominant pour proférer une nouvelle considération axiomatique : « Beaucoup moins drôle [sic] que ses affabulations sont ses prises de position négationnistes [terme remplaçant désormais « révisionniste »] à partir des années 1970... » Ce qui permet au sophiste Saenen de nier tout caractère « scientifique » aux études réclamées par Léon Degrelle puisque « Cela confirme à mon sens l'ancrage du projet négationniste, non pas dans une quelconque tradition de pensée critique, mais bien dans l'idéologie nazie. » En effet, qu'est Léon Degrelle, sinon un « acteur de la guerre, engagé sous uniforme nazi » ! Il n'y aurait donc vraiment plus aucune raison d'encore exercer quelque « pensée critique » sur pareil sujet (ce que les lois interdisent d'ailleurs de toute façon).

     

    Frédéric Saenen a achevé correctement sa mission. Il a rempli son contrat efficacement : son bouquin est publié et diffusé par une grande maison d'édition ; il reçoit en retour l'hommage publicitaire de la presse conventionnelle unanime. Aussi unanime que le fut, en 1937 contre Léon Degrelle, tout l'éventail de la société, des catholiques aux communistes, de l'Église aux Loges. Mais constater qu'aujourd'hui, la presse de la « Nouvelle Droite » entend s'y associer, la presse qui prétend mettre les « idées à l'endroit » afin de fournir des « éléments pour la civilisation européenne », cela donne une idée de l'état effarant dans lequel se retrouve désormais la transmission de l'histoire contemporaine...

     

     

     

    PR 1943.09.08 Télégramme AH LD.pngEt une dernière pour la route !

     

    Voici encore une manifestation de la sollicitude qu'Adolf Hitler prodigua avec constance à Léon Degrelle, celui qu'il eût aimé avoir pour fils.

    (Le Pays réel, 8 septembre 1943)

     

     

     

    Mais brisons-là et laissons à Léon Degrelle le dernier mot (qu'on dirait d'ailleurs prononcé pour remettre à leur place tous les clowns d'aujourd'hui et de demain) :

     

    « Je n'impose mon jugement à personne, mais je n'ai pas non plus à l'étouffer quand se déchaînent les pense-petit, ou à avoir honte de la puissante camaraderie qui m'a uni à celui qui fut l'homme le plus sensationnel de notre siècle.

     

    Ces scribouillards antihitlériens, à l'encre rancie, que sont-ils, eux, à côté d'un génie comme Hitler ? Dans dix ans, nul ne saura plus qu'ils ont existé. Mais on connaîtra encore le nom d'Hitler dans cent siècles. » (Persiste et signe, pp. 182-183).

     

     

     

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    Grand portrait d'Adolf Hitler en médaillon, sculpté de profil par Arno Breker (fonte, environ 50 cm de diamètre, 1939).

     

     

     

     

  • Quand « Éléments », la revue d'Alain de Benoist, fait dans le « wokisme »...

     

    Éléments l'affirme : Léon Degrelle ne serait qu'un « mythomane », un « escroc », un « hitlérolâtre » et bien pire encore... Mais ses lecteurs vont-ils le croire ?

     

     

     

    Florilège Saenen Cercle.jpeg

    Le florilège d'antidegrelleries promouvant le Léon Degrelle de Frédéric Saenen, telles que collationnées par le Cercle des Amis de Léon Degrelle  (XLIVe Correspondance privée, septembre 2025, p. 11).

     

     

    C'est dans la dernière et quarante-quatrième Correspondance privée du Cercle des Amis de Léon Degrelle –c'est-à-dire dans la collation quasi exhaustive de tout ce qui concerne Léon Degrelle opérée régulièrement par cet indispensable Degreller Beobachter– que nous avons lu l'information à propos de la nouvelle biographie « améliorée » de Léon Degrelle par Frédéric Saenen (ce blog au 25 mars 2025) : « De nombreux articles et entretiens ont été réalisés dans la presse au sujet de la sortie de cette biographie de Léon Degrelle. La plupart de ces articles et des entretiens se recoupent forcément et ont tous un dénominateur commun : l' ”anti-degrellisme ! Dans le florilège, non exhaustif et dans le désordre : Marianne, Le Figaro, Breizh-info, Le Monde, L'Avenir, La Dernière Heure, La Libre Belgique, Le Soir, Conflits, Éléments, etc. » Était même épinglée une interview à Regards, le mensuel du Centre Communautaire Laïc Juif.

     

    Et le Cercle de conclure philosophiquement : « Beaucoup de bruit pour un livre bien médiocre. Mais l'important n'est-il pas d'avoir remis à l'honneur le Chef de Rex ? »

     

    Elements 215.jpegQuoique la « remise à l'honneur » équivaille en fait surtout à propager les bobards saeneniens, voire à en augmenter la nuisance dans des interviews où, –comme nous allons le voir–, le pseudo-biographe plastronne ses calomnies...

     

    Dans le « florilège non exhaustif » des laudateurs requis ou bénévoles présenté par le Cercle des Amis de Léon Degrelle, un titre a en effet particulièrement attiré notre attention, le dernier, Éléments, le trimestriel d'Alain de Benoist, fondateur du GRECE (Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne), qui prétend fournir matériau et substance pour une meilleure connaissance et célébration de la civilisation européenne. Comme nous n'y sommes pas abonné et qu'il ne figure pas parmi les innombrables revues proposées par notre petit libraire, nous avons dû lui demander de le commander : il nous est arrivé voici peu.

     

     

    Éléments, parangon de l'historiquement correct !

     

    Et la stupéfaction est totale : la lecture de ce panégyrique aveugle est profondément choquante et attristante. Attristante car nous croyions qu'Éléments était censé fournir des articles critiques stimulant la réflexion (« Le magazine des idées à l'endroit » !) et non balancer des coups d'encensoir irrationnels ; choquante car un tel exercice de reptation wokiste semble inscrire la revue dans le mouvement de réécriture négative de l'histoire européenne.

     

    Nous ignorons qui est ce Laurent Schang, à part qu'il a écrit récemment une biographie (une dénonciation, plutôt) du maréchal Gerd Von Rundstedt aux éditions Perrin. Tiens ? Le même éditeur que Frédéric Saenen ! Entre confrères co-édités, il faut sans doute contribuer à une coprospérité... Par ailleurs, Schang semble le spécialiste-maison d'Éléments pour l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il signe en effet dans le même numéro un autre article abscons au titre néo-français –Au bonheur du fana mili– où il dénie aux plages du débarquement de Normandie de compter parmi les « champs de bataille qui continuent de vous saisir », tels Azincourt (où il n'y a rien à voir), Valmy (et son moulin au milieu d'un « concept touristique ») ou Woerth (quelques monuments, surtout allemands)... Il annonce tout de même trois feuilletons sur les décors normands du « jour le plus long ».

     

     

    Schang Rundstedt.jpg   Schang Rundstedt Breizh 2020.03.07.png

    Rundstedt Tombe.jpeg

     

    Pour Laurent Schang, le maréchal von Rundstedt est bien coupable de ne s'être pas opposé au chef suprême des armées allemandes. Pire même, il accepta de figurer parmi les juges des officiers félons qui tentèrent d'assassiner, en pleine guerre, Adolf Hitler, leur commandant en chef, le 20 juillet 1944. Mais, s'étonne-t-il, personne ne s'en est encore pris à sa tombe. Et d'ajouter (en guise d'avertissement ?) : « Jusqu'à présent, en tous les cas » (interview publiée par Breizh Info, le 7 mars 2020 ; en bas, la tombe de Gerd von Rundstedt et son épouse, sur le site Find a Grave...

     

     

    Mais revenons à sa charge anti-degrellienne, dont l'introduction, par sa flagornerie béate, mérite d'être citée : « On croyait avoir tout lu sur le Beau Léon (le parti Rex, la Waffen SS, Tintin), des écrivains aussi différents que Saint-Loup, Pol Vandromme, Jonathan Littell ou Arnaud de la Croix ayant noirci des centaines de pages à son sujet – sans compter ses propres mémoires. On se trompait. Signée Frédéric Saenen, Léon Degrelle (Perrin), sa nouvelle biographie, en vérité la première (par sa qualité d'écriture, par les recherches qu'elle a demandées), nous livre le portrait sans fard ni trémolos d'un ambitieux qui, pour s'être rêvé en Führer des Wallons, finit sa vie avec le titre peu enviable de personnalité la plus détestée du royaume de Belgique. »

     

    On croyait avoir tout lu en matière de dénigrement de Léon Degrelle, mais, en effet, on se trompait : Éléments, soi-disant « laboratoires d'idées » de la Nouvelle Droite, en donnant carte blanche à ce prétendu spécialiste de l'histoire militaire, réécrit celle de la Seconde Guerre mondiale à l'aune de la morale des vainqueurs, normalisant son récit par un lâche et inattendu conformisme politique.

     

    N'en doutons pas : Schang ne connaît rien de Léon Degrelle. Ce qui ridiculise sa célébration du bouquin de Saenen, salué comme « en vérité la première » biographie du « Führer des Wallons » ! Les seules lectures qui, si elles ont existé, lui permirent de (mal) connaître le nom du héros de Tcherkassy sont le roman épique de Saint-Loup, Les SS de la Toison d'Or (ce blog au 22 janvier 2016), le pamphlet haineux Le loup au cou de chien de l'indigne Vandromme (ce blog au 14 avril 2016), les considérations scato-psychanalytiques Le sec et l'humide du pervers Littell (ce blog aux 8 février 2018 et 12 octobre 2025) et les carabistouilles éculées du prétentieux De la Croix qui prétendait aussi fournir « la première biographie complète [...] du dernier grand chef nazi » (ce blog aux 13 décembre 2016 et 10 avril 2024).

     

    À part Saint-Loup, lui-même ancien du Front de l'Est et ami personnel de Léon Degrelle, tous les noircisseurs de centaines de pages évoqués par Schang sont des dénigreurs compulsifs obsessionnels de l'auteur de Révolution des Âmes, ce jeune chef charismatique qui séduisit à ce point Adolf Hitler lors de leur première rencontre fortuite de 1936 que, sa vie durant, le Führer s'inquiéta de son sort, lui manifestant confiance, gratitude et affection (ce blog, notamment, au 12 mai 2016).

     

     

     

    1944 08 27 Hitler+Steiner+LD.png

    Un mois à peine après avoir échappé miraculeusement à l'inimaginable attentat ourdi par une kyrielle d'officiers parjures et traîtres à leur patrie, le chef suprême des armées du Reich reçut avec une joie et une émotion manifestes Léon Degrelle, le jeune officier étranger, qui ne cessa d'en remontrer à la caste réactionnaire de la Wehrmacht sur le courage, l'honneur et la fidélité. À l'issue de cette rencontre où il décerna les Feuilles de Chêne à sa croix de Chevalier de la Croix de Fer, Adolf Hitler confiera à son plus loyal épigone : « Si j'avais un fils, je voudrais qu'il soit comme vous ! »

     

     

    Et donc, après avoir décrété le plus gratuitement du monde que Léon Degrelle « finit sa vie avec le titre peu enviable de personnalité la plus détestée du royaume de Belgique » (probablement une citation du prière d'insérer de l'éditeur car reprise dans nombre de soi-disant comptes rendus !), Laurent Schang va poursuivre dans le même registre de la calembredaine péremptoire...

     

    Comme il s'agit d'une interview, tout va fonctionner comme dans un gag de clowns de cirque : Saelen, le clown blanc, est le bonimenteur pontifiant. Il est interrogé par Schang, le clown auguste au gros nez rouge, gaffeur qui ne comprend jamais rien et qui en rajoute dans le délire du clown blanc pour marquer sa bonne volonté ou asticoter la verve de son comparse.

     

     

    Révolution des Âmes

     

    Quelques exemples des outrances et amorces de Clown auguste Schang corrigées, voire amplifiées, par Clown blanc Saenen, que nous ferons tout de même suivre par des mises au point degrelliennes...

     

    Clown auguste Schang : « Quelle était cette ”révolution des âmes dont Degrelle se réclamait ? »

    Clown blanc Saenen : « [...] il prône en effet une vague révolution des âmes selon le titre d'un essai que Degrelle publie en 1938. [...] Mais cela semble déconnecté de toute realpolitik, et le corpus idéologique du rexisme, voulant trop embrasser toutes les couches de la société [...], mal les étreindra. »

     

    Révol Ames 1 1.jpeg  Révol Ames 2.jpeg

     

    Publié deux ans après le succès électoral de 1936 et un an après la coalition de tous les affidés du système (catholiques, libéraux, socialistes, communistes) contre la révolution rexiste portée par Léon Degrelle à l'élection partielle bruxelloise de 1937, Révolution des Âmes, –recueil de réflexions à la fois politiques et lyriques rappelant la base de l'engagement rexiste–, est sans doute « vague » pour Clown blanc Saenen en ce sens qu'il ne définit aucun programme politique, économique ou social. Il est cependant décisif dans la démarche rexiste selon laquelle il n'est pas de véritable révolution qui ne s'alimente d'un authentique renouveau spirituel. Réveiller ce ressourcement personnel, c'est ce qui inspira toujours l'apostolat de Léon Degrelle : « Dès cette époque-là, je m'étais dit, en voyant l'espèce de rébellion parfaitement normale du peuple, qu'il s'agirait de dégager celui-ci de l'égoïsme et du matérialisme [...], en essayant de repeindre de neuf chaque cœur délaissé, lassé, souillé, de recomposer une véritable communauté humaine, juste, fraternelle, de ranimer en elle les plus hautes vibrations d'âmes. » (Persiste et signe, p. 54).

     

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    Pour les clowns, tout ça, c'est du charabia « déconnecté de toute realpolitik ». Pourtant, cette mystique rexiste a permis l'élaboration d'un vaste « corpus idéologique », d'une doctrine et de principes d'action pour tous les secteurs de la société, afin que la révolution des âmes permette la révolution nationale. Mais pour nos clowns qui tournent en rond sur leur piste de cirque, c'est alors trop de realpolitik : « Qui trop embrasse mal étreint », CQFD !... (sur les bases doctrinales du rexisme, on lira avec davantage d'intérêt et de bénéfice Rex dans l'entre-deux-guerres : discours et communication politique par Clément Ferrier, in Courrier hebdomadaire du CRISP, n° 6, 2023, pp. 33 sv.)

     

    4 Message de Rex.jpg   5 Rex et Ouvriers.jpg   6 Rex et Commerçants.jpg

    7 Rex et Campagnards.jpg   8 Rex et Artistes.jpg   9 Rex et la Femme.jpg

     

     

    Mes Aventures au Mexique et les Cristeros

     

    Clown auguste Schang : « Degrelle était déjà un mythomane dans les années 1920 ! Son reportage au Mexique a tout d'une blague... belge. N'était-il pas aussi un peu escroc ? »

    Clown blanc Saenen : « À mythomane, je préférerais l'expression affabulateur compulsif [...] il n'a pas été un témoin direct de la révolution des Cristeros. [...] À escroc, je préférerais celui de “roublard” […] on le découvre aussi hypocrite, cauteleux, fuyant à d'autres moments. […] c'était un panier percé et un mauvais payeur. »

     

    Mexique Rex illustré 18 03 36.jpg

     

    La mise en doute du voyage au Mexique est le monstre du Loch Ness qui prétend établir la mythomanie de Léon Degrelle. C'est Frédéric Denis qui s'en fit le champion imbécile (ce blog au 29 septembre 2020 et 11 août 2025) et il a manifestement encore toujours de fidèles émules aujourd'hui.

     

    Il est évident que l'envoyé spécial du Vingtième Siècle n'alla pas au Mexique (décembre 1929-janvier 1930) pour faire le coup de feu : si les accords (Arreglos) négociés entre l'Église de Pie XI et le gouvernement mexicain avaient mis fin, dès le 27 juin 1929, à la rébellion, les Cristeros, qui avaient déposé les armes, continuèrent cependant à être poursuivis et massacrés par leur gouvernement : on estime à environ 5000 les victimes de cette « épuration », tandis qu'au moins 5% de la population mexicaine préférèrent s'enfuir aux États-Unis. En 1936, Rex illustré publia quelques photos décontractées de Léon Degrelle en guise de preuve de son voyage au Mexique.

     

    Evêque José de Jesus Huejutla.pngMais son expédition ne releva pas nécessairement du farniente touristique, comme l’attesta l'ambassadeur de Belgique au Mexique, Charles de Romrée de Vichenet (1884-1957) qui le reçut sur place (J.-M. Étienne, Le mouvement rexiste jusqu'en 1940, p. 13). La lettre que lui envoie, le 2 mai 1930, Mgr José de Jésús Manríquez y Zárate (1884-1951), évêque du diocèse de Huejutla, dont l'engagement fervent en faveur des Cristeros provoqua son exil en Californie, établit également l'importance des contacts établis sur place, le sérieux de son enquête et du suivi politique et éditorial qui devait en découler :

     

    lt Huejutla à LD 02.05.1930.jpeg« Bien cher ami, [...] Je suis très touché que vous ayez autant travaillé à votre retour du Mexique, et certainement avec beaucoup de succès, en faveur de notre cause, qui est la cause de la vérité et de la justice. Le voyage que vous avez effectué avec Mgr Picard à Paris et les entretiens que vous avez eus avec les écrivains catholiques et les directeurs de grands journaux et magazines, les incitant à s'intéresser au Mexique, commentant largement vos enquêtes, produiront sans aucun doute de grands biens pour un avenir proche. [...] Certes, tous ces travaux, ainsi que vos conférences et celles du digne Mgr Picard, seront une excellente préparation pour organiser la collecte internationale en faveur du Mexique, que je vous ai tant recommandée. [...] Avec mes salutations très affectueuses à Mgr Picard, M. Hoyois et aux autres jeunes de la méritante ACJB, et en vous souhaitant de vous rétablir rapidement de vos fatigues, je suis heureux de me répéter une fois de plus votre ami très affectueux et votre humble serviteur qui vous bénit avec effusion.

    + José de Jesús, Évêque de Huejutla »

    (Sur les persécutions qui persistèrent cruellement malgré les Arreglos, voir Léon Degrelle, Cristeros, pp. 203-223 ; sur la spécificité de Mes Aventures au Mexique, ce blog au 1er mai 2016).

     

     

    Léon Degrelle, Flamand, Français, Bourguignon, Espagnol, faux Belge !

     

    Clown auguste Schang : « Degrelle le Wallon avait aussi des partisans en Flandre. Une alliance électorale avec Joris Van Severen et son parti, le Verdinaso, aurait très pu se concevoir [sic] en 1936. Ces deux figures étaient-elles trop différentes pour oser un rapprochement ? »

    Clown blanc Saenen : « L'obstacle majeur au rapprochement de Degrelle avec la Flandre est avant tout... sa méconnaissance totale du néerlandais. Il était certes un défenseur idéaliste de la cause flamande, mais en rien un pragmatique qui pouvait entrer en réel dialogue avec le nord du pays. [...] Pendant la guerre, la Flamenpolitik d'Hitler va encore creuser l'écart [entre Degrelle et les Flamands]. Ses vues à long terme sur la Belgique le portent hors du cadre national tel qu'il avait été défini lors de l'indépendance en 1830. Degrelle n'a jamais fantasmé qu'une dimension impériale, par la réintégration des territoires belgiques dans la Grande Bourgogne, voire au Reich allemand [...]. Dans les années 1930, il confiera qu'il regrette de n'être pas né en France, et après-guerre il se fera adopter pour obtenir la nationalité espagnole. C'était en définitive un faux Belge [...]. »

     

     

     

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    Le Leo Belgicus de la splendeur bourguignonne accueillant le visiteur de Léon Degrelle dans la finca sévillane de son exil espagnol, tel qu'il fut dessiné en 1617 par le cartographe Kaerius (Pieter van den Keere) dans son chef-d’œuvre Germania Inferior, id est XVII provinciarum ejus novae et exactae tabulae geographicae (ce blog au 17 octobre 2018).

     

     

    Le 24 juin dernier, Bart De Wever, Premier ministre de Belgique, déclarait à la radio nationale publique néerlandaise : « en tant qu’homme politique et à titre personnel, je pense toujours que la scission des Pays-Bas au XVIe siècle est la plus grande catastrophe qui nous soit arrivée ». Il évoquait la partition des XVII Provinces bourguignonnes à l'issue de la révolte des Gueux (ce blog au 31 mars 2025).

     

    Voilà qui rejoint exactement la pensée de Léon Degrelle qui a toujours dénoncé « l'État-croupion de 1830 » et a voulu rendre leur extension géographique d'origine aux territoires belgiques évoqués par Frédéric Saenen et regrettés par Bart De Wever, et à leur peuple la puissance économique et la gloire culturelle qui firent leur prospérité historique (ce blog au 28 juin 2017) : « Je suis donc intégralement un homme de ces fameuses Dix-Sept Provinces qui, de l'embouchure du Rhin à la Somme, constituèrent, pendant des siècles, une remarquable unité géographique, politique, économique. Je me sentais né pour leur résurrection, opérée d'ailleurs partiellement, depuis lors, sur le plan médiocre des affaires, au sein du Benelux. » (Degrelle m'a dit, pp. 436 et 28). Ce Benelux économique, qui s'est dissout dans une opaque Union Européenne, est malgré tout porté aujourd'hui au crédit visionnaire de Joris Van Severen proposant un Dietschland idéalisé, alors que la résurrection de la Bourgogne indépendante voulue par Léon Degrelle et avalisée par le Reich (ce blog, notamment, au 28 juin 2017) est décrite comme un fantasme criminel (sur la relation Degrelle-Van Severen, ce blog au 7 mai 2019).

     

     

     

    Verdinaso Landdag 1935.jpeg

    Affiche annonçant le Quatrième Congrès du Verdinaso en 1935 : l'emblème du mouvement –un glaive dressé devant une charrue– protège la carte du Dietschland réunissant, outre la Flandre française, la Belgique, les Pays-Bas (la erlande) et le Luxembourg : le futur Benelux (sans la Flandre française).

     

     

    Mais l'idée de la nouvelle Bourgogne était tellement peu fantasmagorique ou criminelle que Roosevelt l'avalisa également en voulant s'attacher les services de Léon Degrelle. « Fin décembre 1942, la marquise de L... avait transmis à Degrelle, en congé pour blessure à Bruxelles, une invitation du consul des États-Unis à Barcelone à venir discuter avec lui d'un ralliement aux Alliés. Deux passeports étaient mis à sa disposition à cette fin. [...] Lorsqu'il entendit parler des projets grand-belges de Hitler, Roosevelt les accueillit avec faveur. MM. [Edvard] Benès [président du gouvernement tchécoslovaque en exil] et [Antony] Eden [secrétaire d'État au Foreign Office] en ont témoigné auprès de M. [René] Massigli [ambassadeur de Vichy à Ankara avant de passer à Londres pour devenir commissaire aux Affaires étrangères de De Gaulle] et lord [William] Strang [sous-secrétaire d'État adjoint pour l'Europe dans le gouvernement britannique]. Le 13 mars 1943, le président [Roosevelt] envisageait de grouper les départements français du Nord, l'Alsace, la Lorraine, le Luxembourg avec la Belgique méridionale pour former une grande Wallonie » (Jacques de Launay, Histoires secrètes de la Belgique 1935-1945, p. 246).

     

    Dans ses mémoires, Sir Antony Eden confirme en effet le projet caressé par le président américain : « Roosevelt m'exprima ensuite ses inquiétudes au sujet de l'avenir de la Belgique, et m'exposa un projet qu'il avait déjà mentionné à Oliver Lyttelton [ministre de la Production dans le gouvernement britannique] ; il s'agissait de créer un État nouveau, la Wallonie, constituée par les zones wallones [sic] de Belgique, le Luxembourg, l'Alsace-Lorraine, et une partie du nord de la France. » (L'Épreuve de force, p. 376).

     

    Léon Degrelle écrira plaisamment dans l'ouvrage signé par la Duchesse de Valence : « Il est assez étonnant de constater qu'après la guerre Degrelle a été condamné à mort comme mauvais belge. On ne peut, à mon avis, lui reprocher, notamment chez ses amis français, que d'avoir été trop grand belge ! Au lieu de diminuer sa patrie il la voulait plus vaste ! » (p. 380).

     

    Il n'est pas vrai non plus de prétendre que « Dans les années 1930, [Léon Degrelle] confiera qu'il regrette de n'être pas né en France ». Ce qu'il confie à Robert Brasillach en 1936, c'est la simple acceptation de son destin : « Trois kilomètres de plus ou de moins... Maintenant, mon sort est fixé. Né en France, j'aurais joué un rôle de Français, avec la même ardeur. Je suis Belge, je fais mon devoir de Belge. » (Léon Degrelle et l'avenir de Rex, p. 8). Son pays de prédilection n'est donc certes pas la France du fourbe Louis XI ou du prédateur Louis XIV, mais fut et sera toujours les Dix-Sept Provinces des ducs de Bourgogne et de leurs successeurs belgo-espagnols qui rassemblèrent longtemps les Pays-Bas du Nord et les Pays-Bas du Sud : « Belge de la petite Belgique atrophiée des temps modernes, née des traités de 1831 et de 1839 ? Non ! Je suis un Belge provenant des territoires occidentaux, trois fois plus vastes, réunis au XIVe et au XVe siècles par les ducs de Bourgogne. Par la famille de mon père, né à Solre-le-Château, près de Maubeuge, j'appartiens aux Marches du Sud, enlevées à mon pays par les tenaces rois de France. Par la famille de ma mère, les Boever, originaires de la Moselle, j'appartiens aux Marches Germaniques de l'Est, détachées de ma patrie par le traité de 1839. Je suis donc intégralement un homme de ces fameuses Dix-Sept Provinces, qui, de l'embouchure du Rhin à la Somme, constituèrent, pendant des siècles, une remarquable unité géographique, politique, économique. Je me sentais né pour leur résurrection » (Duchesse de Valence, p. 28).

     

    CI Leon Jose de Ramirez Reina.jpg

     

    Mais ce qui importe à Clown blanc Saenen en inventant le regret de Léon Degrelle de n'être pas Français, c'est de pouvoir prétendre qu'il était « en définitive un faux Belge », une preuve supplémentaire étant qu' « il se fera adopter pour obtenir la nationalité espagnole ». Une espèce de collectionneur de cartes d'identité, quoi !...

     

    En acquérant la nationalité espagnole, il est évident qu'il s'agissait pour Léon Degrelle –n'ayant pas même le statut de réfugié politique– d'avoir enfin une existence légale lui permettant de vivre et travailler en Espagne à visage (plus ou moins) découvert. Mais Clown Saenen a plus d'une carabistouille dans son sac à malices : c'est ainsi qu'à propos de cette carte d'identité espagnole, il prétendra dans le magazine du Centre Communautaire Laïc Juif : « L’astuce qu’il a trouvée, au début des années 1950, est de se faire naturaliser espagnol en se faisant adopter. À partir de ce moment, son extradition conduit à une impasse juridique, de sorte que malgré les reports d’échéance de prescription, il mènera une vie plutôt confortable en Espagne jusqu’à sa mort. » (Regards, 1er avril 2025). Comme si Léon Degrelle n'avait pas proclamé cent fois son désir de revenir en Belgique pour se justifier au cours d'un procès honnêtement contradictoire (ce blog, entre autres, au 15 août 2022) ! Comme si le gouvernement belge n'avait pas torpillé toutes les tentatives de le ramener en Belgique (ce blog notamment au 26 décembre 2024) ! Quant à la « vie plutôt confortable en Espagne », nous renverrons nos lecteurs aux incalculables tentatives d'assassinat et d'enlèvement auxquelles l' « astucieux » exilé dut faire face (ce blog au 3 janvier 2023 ; et au 2 septembre 2025 pour le complot révélé par Bert Govaerts).

     

    Rex et Flandre.jpgEnfin les considérations sur l'incapacité de Léon Degrelle de dialoguer même avec les Flamands sont tellement absurdes que nous ne nous y arrêterons pas, nous contentant de renvoyer à notre blog, par exemple, au 10 juin 2016 ; l'accord signé entre Rex et le Vlaamsch Nationaal Verbond (VNV, Alliance Nationale Flamande) de Staf De Clercq préfigure d'ailleurs particulièrement bien le confédéralisme préconisé aujourd'hui par le parti du Premier ministre belge, la N-VA, Nouvelle Alliance Flamande). Que dire aussi de la prétendue « Flamenpolitik » d'Adolf Hitler finissant au contraire par avaliser la résurrection de la Bourgogne indépendante sous l'autorité de son premier Chancelier Léon Degrelle (ce blog au 27 juin 2017) ?...

     

    Rex flamand PR 1936.08.21.png  Rex flamand PR 1936.05.19.png  Rex flamand PR 1936.08.22.png

     

    À suivre

     

     

  • Georges Suarez et Léon Degrelle

     

    Une amitié qui a tourné au vinaigre...

     

    Le portrait sympathique que Georges Suarez (1890-1944) offrit à Léon Degrelle dans son reportage sur La Belgique vivante (ce blog au 15 juin 2025) ne constitua en réalité qu'une louange tout à fait ponctuelle et opportuniste.

     

     

     

    Georges Suarez à LD Echos 1933.01.08.png

    « À Léon Degrelle en hommage affectueux à sa jeunesse chaude et irrésistible, Georges Suarez ». Lorsqu'ils nouèrent des liens dont la vive amitié s'exprima dans La Belgique vivante, le célèbre journaliste parisien offrit au jeune chef de Rex, de quinze ans son cadet, sa photo à la dédicace cordiale : elle sera publiée par l'hebdomadaire Échos, le 8 janvier 1933.

     

     

    En écrivant son article consacré à l'Association catholique de la jeunesse belge et à son aumônier général, Mgr Picard (L'Écho de Paris, 3 novembre 1931), Suarez ne pouvait pas ne pas rencontrer Léon Degrelle à Louvain puisqu'en 1930, le prélat se l'était adjoint comme directeur des Editions Rex (établies au domicile de Mgr Picard, 52 rue Vital Decoster, où habitait également le jeune homme jusqu'à son mariage en mars 1932).

     

    Manifestement, le courant était magnifiquement passé puisque l'auteur mania tout de go l'hyperbole chaleureusement enthousiaste pour décrire en «  mon ami Léon Degrelle, [...] le plus prodigieux mélange de mysticisme, d'ingénuité, de malice, de calcul, de spontanéité et de goût à la vie ». Saluant ses multiples talents : « Il écrit des livres pleins de verve ; il rime avec bonheur. Il a le génie de l'épigramme gaie » et célébrant particulièrement aussi son « beau courage d'apôtre » : « Pendant les persécutions contre les catholiques au Mexique, il partit un beau jour, un petit sac à la main, fit le voyage dans la cale d'un paquebot, et débarqua à Mexico, sous un nom d'emprunt, malgré la police qui le recherchait ; traqué par les agents du gouvernement, il fit cependant une enquête complète qui a paru récemment aux Éditions Rex ».

     

    Six ans plus tard, il ne reste plus rien de cette admiration amicale. Le portrait de Léon Degrelle que dresse, en 1937, Georges Suarez prend l'exact contre-pied de son article tout empreint de sympathie de 1931.

     

    C'est dans la perspective de la fameuse élection partielle bruxelloise de 1937, biaisée par le ralliement paniqué de tous les partis à la candidature unique du Premier ministre Paul Van Zeeland, que, brûlant ce qu'il a adoré, Georges Suarez claironnera son soutien fervent au bankster-champion de la particratie. Et ce, non pas dans l'une des grandes publications parisiennes habituées à recevoir sa signature, tels L'Écho de Paris, Le Temps ou Gringoire, mais dans l'éphémère revue Demain présentée par Le Pays réel comme « un petit hebdomadaire de droite », probablement la publication de Jacques La Brède (1900- ?, président d'une Confédération générale des classes moyennes), se présentant pompeusement comme « le grand hebdomadaire des énergies françaises et des actualités mondiales » et qui vivotera dix mois, jusqu'à la première semaine d'octobre 1937.

     

    Soir 1937.03.31 Suarez Blog.pngIl faut croire qu'un service de presse diligent fut assuré aux journaux belges, mais seuls trois quotidiens s'en firent l'écho, de concert, le 31 mars 1937 (Le Vingtième Siècle, La Wallonie, Le Soir). En voici le texte reconstitué à partir de la version publiée par Le Soir (voir ci-contre, le début), complétée (en gras) par une partie censurée car trop évidemment erronée, mais reproduite par Le Pays réel pour en souligner la vaine méchanceté.

     

    « Je ne sais pas quel destin est réservé à M. Léon Degrelle. Dans une période troublée comme celle que nous traversons, tout est possible, même ce qui ne l'est pas.

     

    Nous avons vu, dans un département de France, un demi-fou, M. Archer, succéder dans l'exercice du mandat législatif à un autre demi-fou, Philibert Besson.

     

    Il ne faut donc pas s'étonner de l'importance démesurée qu'a pu prendre soudainement dans la politique belge, dans un pays de réalistes et d'hommes d'affaires, le truculent et clownesque Léon Degrelle. J'ai connu personnellement Degrelle quand il était encore à tirer les cordons de sonnette de ses ennemis personnels dans la bonne et studieuse ville de Louvain. Ce joyeux luron, qui était le principal auxiliaire de Mgr Picard... avait imaginé tout d'abord de régénérer l'humanité et de la réconcilier dans l'amour du Christ-Roi. Ce sentiment, quoique pas très nouveau, n'eût naturellement pas manqué de noblesse s'il ne s'était pas associé assez vilainement à des entreprises commerciales d'un but moins élevé et à un bluff effronté. C'est ainsi qu'une certaine histoire de voyage au Mexique au moment des persécutions des catholiques dans ce pays fut l'objet de certaines contestations où Léon Degrelle ne semble pas avoir eu le dernier mot. La maison d'éditions “Rex”, qu'il avait fondée à Louvain, avec l'argent des dévots, ce qui le dispensait d'attendre vainement l'impression de ses livres chez un éditeur, publia sous sa signature un récit effarant des atrocités dont il affirmait avoir été le témoin à Mexico. Mis en demeure de prouver s'il avait été réellement au Mexique, il ne le put pas, et aujourd'hui, pour quantité de Belges qui aiment encore la “zwanze”, Léon Degrelle est devenu le roi des farceurs.

     

    Degrelle est, en même temps, poète et père de famille. Ses vers ne se distinguent guère de ses divers genres d'activités que par l'incognito qui les couvre, tandis que nul n'ignore sur cette planète que Léon Degrelle porte avec un désespoir sans discrétion le poids d'un veuvage prématuré, et avec un bonheur qui ne connaît point de silence, la fierté d'être père. Toutes ces choses respectables, vénérables, que chacun garde pour soi, dans une intimité pudique, M. Léon Degrelle les a hurlées entre quelques grasses injures à ses adversaires dans toutes les réunions publiques de la Wallonie et des Flandres. Il attendrissait les foules sur son propre cas, les faisait gémir avec lui sur ses malheurs, ou partager ses joies familiales. C'est avec des trucs aussi gros que Léon Degrelle a pu se tailler une place dans ce petit pays de Belgique où, pourtant, les gens serrent les coudes et ne cèdent pas volontiers leur place à un autre.

     

    PR 1937.04.01 Suarez Blog.png

     

    Étant sans scrupules, est-il aussi sans idées ? La médiocrité de son programme convient merveilleusement au camelot en plein vent qui fait le fond de son personnage. Sans culture, sans doctrines, mais pourvu d'un inimitable bagout, il est un signe des temps, le témoignage de ce que peut produire une démocratie quand l'affaissement du niveau moral et intellectuel le livre aux entreprises du plus audacieux.

     

    Au moins, l'Italie s'est donnée à un homme qui avait derrière lui la féconde expérience de l'école révolutionnaire et marxiste. L'Allemagne en a choisi un autre qui, pour être moins brillant que le Duce, a pendant vingt ans fait ses preuves comme conspirateur et chef de bandes. Rien de tout cela chez Degrelle. Les cordons de sonnette de Louvain, les voyages postiches à Mexico, l'amour du Christ, richement nourri de bonne bière et de gueuletons, c'est tout le passé de Degrelle. On est un peu effaré de penser que la vaillante Belgique peut avoir demain pour chef cet obscur galopin.

     

    Que ce garçon sans envergure puisse être comparé, ne fût-ce qu'un instant, à un homme tel que M. van Zeeland, c'est vraiment une chose incroyable ! Il est vrai que, sur un plan plus réduit, nous voyons cela journellement dans les congrès des partis. Un obscur militant devient soudainement célèbre pour avoir donné la réplique à un Léon Blum ou à un Édouard Herriot. Il y a quelques années, M. Herriot ne pouvait affronter les congrès de son parti sans essuyer les lourdes et véhémentes attaques d'un de nos bons confrères, de qui le cerveau n'était pas à la hauteur de sa facilité verbale. À force de combattre son président, il était devenu presque aussi célèbre que lui ; mais il commit la faute, un jour, de quitter le parti radical. Ainsi il se priva de la publicité que M. Herriot ne manquait pas de lui faire partager en lui répondant. Depuis, nul ne sait ce qu'est devenu notre critique. Le duel van Zeeland-Degrelle ressemble un peu à celui de M. Herriot. Si Degrelle n'avait pas devant lui un van Zeeland, personne ne connaîtrait son nom. C'est la rançon des démocraties. »

     

    Commentaire malicieux publié dès le lendemain par Le Pays réel (portant en titre la manchette de l'hebdomadaire, « Informer sans déformer » !) : « Les petits Belges apprendront avec curiosité que Léon Degrelle est veuf ; et la plus étonnée sera sans doute Madame Degrelle, dont la santé est heureusement excellente en tout point. Par ailleurs, les rexistes tiendront à faire connaître à ce gratte-papier, plein de suffisance très parisienne que s'ils sont venus à Rex en grandes masses, ce n'est pas à cause des affaires familiales du chef de Rex mais pour de bonnes et solides raisons.

    L'article en question est reproduit pieusement par la presse domestiquée. Le Soir notamment le transcrit intégralement à l'exception du passage vraiment trop ridicule que nous reproduisons.

    Les lecteurs de ce petit pays qu'est la Belgique ne sont pas tout a fait aussi jobards que ceux du grand pays sur lequel règne Léon Blum et qu'endoctrinent des journalistes du type de Suarez. »

     

     

    Peuple 1937.04.01.png   DH 1937.04.07 p.1.png

     

    L'élection législative du 11 avril 1937 à Bruxelles permit aux caricaturistes de s'en donner à cœur joie contre Léon Degrelle, poison hitlérien (à gauche, Le Peuple, 1er avril 1937 ; à droite, La Dernière Heure, 7 avril 1937).

     

     

    Il ne fait guère de doute que cet article répond à une commande : il a manifestement été demandé à Georges Suarez de rédiger rapidement un persiflage brocardant Léon Degrelle à l'occasion de l'élection du 11 avril 1937 à Bruxelles. Mais comme, depuis son reportage de 1931, il n'a plus mis les pieds en Belgique et ne s'est plus intéressé à l'histoire de Rex et de son chef, Suarez en est réduit à retravailler dans un sens on ne peut plus négatif la seule chose qu'il connaisse de Léon Degrelle : le portrait élogieux qu'il en avait lui-même tracé dans La Belgique vivante ! Le tout saupoudré d'infos reçues pour la circonstance.

     

    Il reprendra donc les éléments de son article originel, les déformant et les resituant dans un contexte négatif, transformant ainsi « le plus prodigieux mélange de mysticisme, d'ingénuité, de malice, de calcul, de spontanéité et de goût à la vie » de 1931 en un « truculent et clownesque Léon Degrelle ».

     

    Et donc, terminées les farces qui faisaient « à Louvain la joie des veillées trop longues, dans les brumes de l'hiver » ; dénigrée « cette collaboration sentimentale et intellectuelle » avec Mgr Picard, et même nié le « beau courage d'apôtre » de Léon Degrelle partant au Mexique « pendant les persécutions contre les catholiques, [...] traqué par les agents du gouvernement »...

     

    C'est tout le portrait de La Belgique vivante qui est réécrit à l'envers !... Mais d'où peut bien venir l'initiative de cette refonte saugrenue ?

     

    La baliverne du faux voyage au Mexique reprise par Suarez pourrait bien nous indiquer l'origine, sinon de son commanditaire, du moins de son informateur.

     

     

    georges suarez,averbode,mgr picard,cristeros,paul van zeeland,frédéric denis,marie de vivier,marguerite mathieu,olivier mathieu,fernand hubert,légion d'honneur,andré tardieu   georges suarez,averbode,mgr picard,cristeros,paul van zeeland,frédéric denis,marie de vivier,marguerite mathieu,olivier mathieu,fernand hubert,légion d'honneur,andré tardieu

     

    Anti-degrellien professionnel, c'est-à-dire lamentable concierge fouille-poubelles, Frédéric Denis bénéficia d'un service de presse privilégié lui offrant la primeur, pour Le Peuple du 30 mars 1937 (à gauche), de la mauvaise action de Georges Suarez. Il compléta son article en même temps que les autres quotidiens le lendemain, dans l'autre journal socialiste La Wallonie (à droite).

     

    Léon Degrelle lui régla son compte dans le chapitre consacré à la presse collaborationniste de son premier livre publié après-guerre, le présentant comme « un énergumène, toujours aviné, de la presse socialiste, le nommé Denis Frédéric, rédacteur du Peuple d'avant la guerre et... d'après la guerre [« Une allusion laisse penser que F. Denis est décédé suite à des problèmes d'alcoolisme », Daphné de Marneffe, Entre modernisme et avant-garde, thèse de doctorat, Université de Liège, 2007, p. 157].

    Jusqu'au 10 mai 1940, cet éboueur avait déversé chaque jour des tombereaux d'ordures sur Hitler et sur le national-socialisme. D'une bêtise asine, l'ostrogoth courut se jeter aux pieds des Allemands vainqueurs, les bassinant, leur rompant la cervelle, espérant obtenir d'eux de pouvoir rééditer un Peuple cuisiné à la sauce nationale-socialiste. La Propaganda Staffel l'envoya faire lanlaire.

    C'est le même collaborationniste rembarré –à son grand désespoir alors– qui écrivit d'une plume vengeresse, en 1945, un livre intitulé La Presse au Service de l'Hitlérisme ! Il ne manque à ce livre qu'un chapitre autobiographique. » (La Cohue de 1940, p. 251-252 ; si nous n'avons pas trouvé trace de ce livre, Denis ne mâchait pas ses mots dans sa gazette pour dénoncer les « collaboches », « le traître Poulet » ou justifier l'emprisonnement dans les « camps d'internement des inciviques », de « tout jeunes gens dont on se demande s'ils avaient bien quatorze ou quinze ans lorsque les Allemands occupèrent le pays » car « après tout, ces jeunes gens-là ne sont peut-être pas les moins contaminés par l'idéologie nazie, prêts à recommencer si l'occasion s'en présentait » ! ).

     

    Si les efforts collaborationnistes de Frédéric Denis en 1940 furent vains, ce ne fut pas le cas de la fille de celle qui fut un temps sa compagne, la poétesse Marie de Vivier (voir l'hommage du quotidien Le Soir, le 23 janvier 1980 à l'occasion de la mort de sa chroniqueuse, le 17 janvier précédent). Marguerite Mathieu fut en effet « employée au service de la censure de la Gestapo à Bruxelles » (Benoît Peeters, Hergé, fils de Tintin, p. 426). Son fils (le petit-fils de Marie de Vivier), éternel candidat pour rire de l'Académie française, Olivier Mathieu, accueillera, quant à lui, pour le meilleur de ses livres, Abel Bonnard, une aventure inachevée, une belle Postface de Léon Degrelle !

     

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    Le jeune Olivier Mathieu eut l'occasion de partir, en compagnie du photographe Jacques de Schutter, sur les traces de Léon Degrelle au Mexique, en février 1989, grâce aux relations que le défenseur des Cristeros y avait gardées. Ils y découvrirent une édition mexicaine fantaisiste de l'hebdomadaire ¡Hola! y présentant une interview de Léon Degrelle à un journaliste anglais à qui il aurait annoncé son retour à Bruxelles pour le mois de juin : une nouvelle plaisante mystification...

     

     

    Ne pourrait-il pas s'agir de Frédéric Denis (1892-1952), le plus haineux chroniqueur anti-degrellien de la presse socialiste, quotidiennement dans Le Peuple, régulièrement dans La Wallonie ? Pour documenter ses dénigrements, Frédéric Denis n'hésitait jamais à ramasser n'importe quel ragot de caniveau, ou à reprendre même des accusations condamnées par les tribunaux. Ainsi de la fable de la collaboration avec les Allemands lors de la Première Guerre mondiale, du père de Léon, Édouard Degrelle, pourtant décoré de la Légion d'Honneur pour, entre autres, avoir aidé à la victoire de Verdun par ses renseignements sur les mouvements de troupes allemandes (ce blog aux 30 avril 2016 et 26 mars 2017 ; précisons que, le 1er juin 1926, le tribunal de Neufchâteau condamna à ce propos l'injurieux Fernand Hubert [1889-1947], avocat franc-maçon qui inventa ce bobard) !

     

    Au cours de l'année 1936, Denis écrivit donc pour son journal un véritable feuilleton quotidien, chef-d’œuvre de diffamation de Léon Degrelle, reprenant cette fable de la collaboration de son père avec les Allemands, mais aussi brocardant ses études universitaires inachevées, sa prétendue hypocrisie religieuse, ses supposées magouilles financières, et surtout son voyage au Mexique proclamé fictif (dans une dizaine d'articles à partir du 24 février 1936). Tous thèmes, amplifiés dans le méprisable pamphlet Rex est mort (juillet 1937) et dont on peut retrouver un écho dans l'article de Suarez de mars 1937.

     

     

     

    Mexique Rex illustré 18 03 36.jpg

    Pour répondre à l'imbécile campagne de Frédéric Denis sur le faux voyage de Léon Degrelle au Mexique, l'hebdomadaire Rex illustré (18 mars 1936) se contenta de publier quelques clichés du défenseur des Cristeros photographié sur place.

     

    Ci-dessous, début d'une lettre de quatre pages envoyée de Mexico par Léon Degrelle à ses parents, le 17 décembre 1929.

     

    LD lt Mexique.17.12.1929 a Blog.jpeg

     

     

     

    Ce qui pourrait également nous orienter vers Frédéric Denis, c'est qu'à l'inverse de tous les journaux qui n'ont pu rendre compte de l'article de Suarez que le 31 mars, Le Peuple semble avoir reçu une priorité lui permettant, seul, d'en parler dès le 30. Mais la complicité de Denis n'est certes pas évidente dans la mesure où l'un de ses chevaux de bataille –la collaboration d'Édouard Degrelle– n'est pas reprise par Suarez qui fait par contre ses choux gras du prétendu veuvage de Léon, dont il n'est évidemment jamais question chez Frédéric Denis.

     

    Une telle bourde –qui ruinerait la réputation de tout journaliste d'investigation, mais est opportunément passée sous silence par les journaux belges afin de présenter de manière crédible la diatribe d'un journaliste français connu– devrait sans doute nous orienter vers une source orale plutôt qu'écrite (n'excluant donc pas non plus Frédéric Denis), et sans doute suffisamment sommaire pour que l'ancien ami de Léon Degrelle s'emmêle les pinceaux dans sa précipitation à vouloir régler ses comptes.

     

    Wallonie Chantal 1936.10.28 Blog.pngPeut-être lui a-t-il été signalé que Léon Degrelle suscita l'émotion des rexistes face au tragique accident qui mit en péril la vie de sa fille Chantal (ce blog au 2 septembre 2023) ? Mais Frédéric Denis était encore plus ignoble, dans son reportage (La Wallonie, 28 octobre 1936) sur la manifestation interdite des « 250,000 », reprochant à Léon Degrelle et à son épouse de « quitter le chevet de [leur] fille Chantal », qui pour le meeting, qui pour du shopping).

     

    S'agissant d'un drame familial, Suarez aurait-il compris qu'il s'agissait de la mort de l'épouse du chef de Rex ? Et que cette catastrophe eût pu être mise à profit par la propagande rexiste ?

     

    Toujours est-il que se pose toujours la question de la raison de l'animosité inattendue de Georges Suarez vis-à-vis de celui qu'il appelait « mon ami Léon Degrelle ». Pourquoi injurie-t-il celui en qui il voyait se rejoindre « des soucis égaux de plaire à Dieu en se plaisant à la vie », en brocardant maintenant son « amour du Christ, richement nourri de bonne bière et de gueuletons » ?...

     

    Peut-être pouvons-nous trouver certain élément de réponse dans Le Vingtième Siècle, rendant compte de la philippique écrite par l'auteur de La Belgique vivante publié cinq ans auparavant par les éditions Rex.

     

    Dans l'introduction de son article, l'ancien quotidien de l'abbé Wallez qui y engagea quasi simultanément Léon Degrelle et Hergé, écrit en effet : « M. Georges Suarez est le premier écrivain français dont M. Degrelle ait publié les œuvres. On se souvient du battage effréné fait par Rex autour du bouquin de son poulain. Aujourd'hui, M. Suarez publie dans la revue Demain un portrait terrible du candidat rexiste. Venant d'un homme qui a vu à l’œuvre le chef rexiste, ces lignes sont doublement instructives. »

     

    Rex Suarez Pub 1932.jpg

     

    Or nous n'avons absolument rien retrouvé du « battage effréné fait par Rex autour du bouquin » de Georges Suarez ! C'est tout juste si un bas de page a signalé la publication de La Belgique vivante en 1932...

     

    Rex Tardieu 1.jpg

     

    Mieux même, lorsque le livre sortit de presse, c'est la préface d'André Tardieu qui fut mise en avant, reprise d'ailleurs intégralement en première page de l'hebdomadaire, célébrant cet « Article inédit » de l'ancien Premier ministre français.

     

    Rex Tardieu 3.jpg

     

    La seule présentation importante, illustrée qui plus est par la belle photo de l'auteur dédicacée au chef de Rex, ne fut même pas publiée dans la presse rexiste, mais... dans Échos, la gazette confidentielle des Chanoines Prémontrés de l'abbaye d'Averbode ! Il s'agissait certainement d'un échange de bons procédés car les Pères Norbertins allaient, trois mois plus tard, se charger de la publication des revues rexistes (Soirées va d'ailleurs absorber Échos en juillet 1933)...

     

    Cette absence de tout « battage effréné » causa-t-elle la déception, voire un sentiment de trahison, chez Georges Suarez ? Fut-elle à l'origine du « contre-article » de 1937, qui aurait alors fonctionné comme une froide vengeance ?

     

    Nous ne savons donc rien avec certitude concernant le pourquoi de ce malheureux renversement des relations entre Georges Suarez et Léon Degrelle. Mais cette attaque personnelle gratuite blessera profondément et durablement ce dernier. C'est d'ailleurs tout ce qu'il retiendra de l'auteur de La Belgique vivante : « On publia sur Degrelle des attaques inouïes. [...] Un chroniqueur important comme Georges Suarez le décrivit comme portant avec ostentation le poids d'un veuvage prématuré alors que sa jeune femme était dans un état de santé florissant et allait lui donner encore un fils et trois filles ! » (Duchesse de Valence, Degrelle m'a dit..., 1961, p. 312).

     

    Le journaliste parisien évoluera néanmoins dans un sens résolument national-socialiste, célébrant par exemple dans son quotidien pétainiste Aujourd'hui, le discours prophétique qu'Adolf Hitler prononça au Sportpalast de Berlin le 30 septembre 1942. Le Pays réel, qui a alors tourné la page de l'acrimonie, rapporte : « Le Fuehrer, écrit Georges Suarez dans Aujourd'hui”, a procédé à une rigoureuse revision, non seulement des événements militaires et politiques mais aussi des positions idéologiques réciproques. Et il a constaté que les ennemis promettent au monde, pour l'avenir, à peu près ce que nous avons déjà donné au peuple allemand et pour quoi ils nous ont fait la guerre”. Et le journaliste de remarquer : Si l'on se résigne aujourd'hui, en Angleterre et aux États-Unis, à faire la part du peuple qui, lui, n'a pas voulu cette guerre, mais sera seul à la payer, c'est qu'on a besoin de lui pour durer et pour tenir. Sans cette guerre, le mineur gallois serait demeuré un paria et le manœuvre d'Amérique un ilote. Les armées allemandes sont sur la Volga et sur l'Atlantique. Mais le national-socialisme a déjà franchi l'Atlantique et conquis le Nouveau Monde. Il émancipe les travailleurs comme il libère les peuples. » (Le Pays réel, 7 octobre 1942).

     

    Des paroles que ne pardonna pas l'épuration démocratique : Georges Suarez sera le tout premier écrivain à être passé par les armes, victime de la haine institutionnalisée, le 9 novembre 1944. Et ce, malgré l'intervention de son ami Joseph Kessel, juif, résistant, gaulliste, coauteur du Chant des Partisans. Suarez ne sera pas le dernier écrivain sacrifié : cet « honneur » sera réservé à Robert Brasillach, le 6 février 1945, malgré aussi tous les efforts de François Mauriac pour obtenir sa grâce. 

     

     

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    La presse vengeresse des nouveaux maîtres de la France célèbre la condamnation à mort de Georges Suarez. À gauche, Ce soir, le quotidien communiste de Louis Aragon (qui cessera de paraître en 1953), le 25 octobre 1944 ; à droite, France libre (originellement sous-titré « Organe de Ceux de la Libération-Vengeance », publié entre 1944 et 1948), le 24 octobre 1944.

     

     

     

  • Le meilleur fils de nos vieilles terres bourguignonnes est né voilà 119 ans !

     

     

    Léon Degrelle

    15 juin 1906 - 15 juin 2025

     

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    À l'occasion de cet anniversaire, notre fidèle lectrice et amie Léonie, pariant que nous ne le connaissions pas–, nous a fait parvenir un livre que nous n'avions effectivement jamais lu, publié aux Éditions Rex en décembre 1932, La Belgique vivante, par Georges Suarez, avec une préface d'André Tardieu (1876-1945) écrite alors qu'il était président du Conseil (Premier ministre) et ministre des Affaires étrangères du gouvernement français.

     

    Envoyé spécial de L'Écho de Paris pour une série de reportages sur la Belgique, Georges Suarez (1890-1944) publia, du 28 octobre au 9 novembre 1931, une douzaine d'articles célébrant le plat pays à travers ses activités et réalisations littéraires, culturelles, universitaires, sociales, coloniales,...

     

    L'Echo Paris 1931.11.09 Belgique vivante.png

    georges suarez,andré tardieu,l'écho de paris,paul van zeeland,mgr picardC'est dans le cadre de cette enquête qu'on peut trouver un court et sympathique portrait de Léon Degrelle, que Georges Suarez présente comme « un Wallon pur sang, mon ami Léon Degrelle, qui est bien le plus prodigieux mélange de mysticisme, d'ingénuité, de malice, de calcul, de spontanéité et de goût à la vie que j'aie jamais rencontré chez un garçon de cet âge » (p. 22 ; L'Écho de Paris, 29 octobre 1931, p. 2).

     

    Effectivement tombé sous le charme du jeune tribun rexiste, à l'instar d'un Robert Brasillach (ce blog au 12 novembre 2020), Georges Suarez retournera pourtant sa veste sans vergogne, contrairement à l'auteur de Léon Degrelle et l'avenir de Rex, prenant résolument et bruyamment parti pour le Premier ministre Paul Van Zeeland, candidat unique de tous les partis du régime (en ce compris les communistes !) contre Léon Degrelle aux élections partielles bruxelloises du 11 avril 1937 (ce blog aux 6 mai 2016 et 14 avril 2017).

     

    Nous reviendrons plus tard sur ce désamour. Pour le moment, savourons plutôt, à l'occasion de son anniversaire, le portrait amicalement positif que trace encore Georges Suarez de l'auteur de Mon pays me fait mal et Les Grandes Farces de Louvain.

     

    LD Années 30.jpg« Auprès de [Mgr Picard (ce blog au 5 avril 2017),] apparaît la silhouette narquoise du bon poète Léon Degrelle ; j'ai déjà eu l'occasion de présenter en liberté cet infatigable boute-en-train en qui se rejoignent des soucis égaux de plaire à Dieu en se plaisant à la vie ; il y a en lui une sorte de Villon ingénu dont la fantaisie ne s'arrête qu'aux mystères sacrés.

     

    Dans sa vie impétueuse, on le découvre aussi fervent de la messe que de la bonne chère : il dirige une revue, Soirées. Il écrit des livres pleins de verve ; il rime avec bonheur. Il a le génie de l'épigramme gaie ; et ses farces font à Louvain la joie des veillées trop longues, dans les brumes de l'hiver. Il est aimé ; il possède la gaieté vraie, celle qui n'a besoin pour assaisonnement du chagrin de personne.

     

    LD Soirées 1932.02.13.jpgSous cette truculence désinvolte, fleurit un beau courage d'apôtre. Pendant les persécutions contre les catholiques au Mexique, il partit un beau jour, un petit sac à la main, fit le voyage dans la cale d'un paquebot, et débarqua à Mexico, sous un nom d'emprunt, malgré la police qui le recherchait ; traqué par les agents du gouvernement, il fit cependant une enquête complète qui a paru récemment aux Éditions Rex.

     

    Nul mieux que lui ne pouvait apporter à Mgr Picard cette collaboration sentimentale et intellectuelle sur laquelle repose la direction de l'Association catholique. »

    (pp. 65-66 ; L'Écho de Paris, 3 novembre 1931, p. 2).

     

     

  • Cercle des Amis de Léon Degrelle

     

     

    40e Correspondance privée – février 2024

     

    Pour marquer la quarantième parution de sa Correspondance privée, le Cercle des Amis de Léon Degrelle a réalisé un judicieux montage dynamique de trois photographies emblématiques de la vie de Léon Degrelle, illustrant son combat permanent et indispensable à la révolution des âmes.

    Rassemblés sous le ciel de feu des Âmes qui brûlent, les trois clichés, en même temps qu’ils célèbrent trois moments importants de la vie militante de Léon Degrelle, mettent en lumière trois piliers de l’idéal solaire de ce vrai chef de peuple, tribun visionnaire et champion de l’élévation spirituelle de sa communauté, de la défense de celle-ci, de sa force et de sa liberté.

     

     

    1936 : Révolution des âmes dans les élections

     

    LD Palais sports 1936.05.17.png« Les partis prétendent maintenir leurs privilèges ; ils sont l’exaspération des intérêts de clans. C’est pourquoi ils accusent Rex de vouloir la dictature. Les rexistes ne veulent à aucun prix de la dictature. [Ovation] Les partis agitent cet épouvantail, alors qu’aujourd’hui, ils nous imposent la dictature des banksters que Rex est le seul à combattre. Les rexistes ne prendront le pouvoir que le jour où le peuple le leur aura donné. [Applaudissements]. »

    (Extrait du discours de Léon Degrelle, citation du compte rendu du meeting rexiste dans Le Soir, 19 mai 1936).

     

    Le premier instantané, à l'arrière-plan de gauche, a été pris lors du discours enflammé de Léon Degrelle au Palais des Sports de Bruxelles, le 17 mai 1936 (à propos de cette photo, voir ce blog au 9 avril 2019). Ce meeting rassemblant plus de 17.000 personnes fut la manifestation la plus spectaculaire de la vigoureuse et déterminante campagne électorale de Rex contre les « banksters ». Malgré l’hostilité générale de tous les milieux politiques, médiatiques, intellectuels et même religieux, elle devait amener, le 24 mai suivant, l’élection triomphale de 21 députés et de 8 sénateurs rexistes.

     

    PR 1936.05.06.png

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    Le Pays réel –quotidien nouvellement créé le 1er mai 1936– est le journal de combat de Rex (le titre en a même été dessiné par l'ami fidèle Hergé : ce blog au 20 octobre 2020). Il cloue au pilori les banksters de tous bords : catholiques, le 6 mai ; socialistes, le 8 mai ; libéraux, le 13 mai…

     

    Le soir même des élections, ce dimanche 24 mai qui marquait le triomphe de Rex sur la particratie affairiste, dans un sobre communiqué de victoire, Léon Degrelle rappelait le sens spirituel du combat rexiste : « Tous les partis ont subi une dure défaite parce qu’ils avaient méprisé tout un peuple. […] À tous, nous disons : Venez, Rex est un mouvement fraternel ouvert à tous les Belges. […] Rex n’a jamais voulu appuyer son influence sur la force, mais sur un immense courant des cœurs. Nous sommes forts parce que nous nous aimons. […] Pour nous, il n’existe plus qu’un seul parti, celui du pays et du peuple. Nous sommes la jeunesse. Notre passion, c’est la pureté du pays. » (Le Soir, 24 mai 1936).

     

     

    1938 : Révolution des âmes par la communion populaire

     

    LD Lombeek 1938.jpg« Nous voulons rendre à notre peuple sa pureté et sa noblesse. Nous voulons lui rendre la passion du foyer, lui rendre la foi dans les grandes valeurs morales. Nous sauverons la Patrie en rendant au peuple le sens de la grandeur et en renouant avec nos traditions de fierté et d'héroïsme. [...] Il y a des intérêts moraux et spirituels à sauvegarder au-delà de la politique et nous les plaçons au-dessus d'elle. » (Discours de Léon Degrelle à Lombeek, le 10 juillet 1938, in 60.000, Congrès national Lombeek 10-7-38).

     

    La deuxième photographie du montage, à l'arrière-plan de droite, est sans doute la photo la plus connue de Léon Degrelle-orateur. Elle a été prise lors du discours de clôture aux grandioses Journées rexistes de Lombeek, organisées en 1938 dans cette petite bourgade du Brabant flamand, située à une petite vingtaine de kilomètres à l'ouest de Bruxelles et dirigée par le député-bourgmestre rexiste Robert Motteux (qui fut révoqué de son mandat communal quatre jours plus tard pour avoir accueilli le congrès en « uniforme rexiste » ceint de l'écharpe mayorale).

    Lombeek LD+Motteux.pngLe Bourgmestre Robert Motteux, à la gauche de Léon Degrelle, porte la chemise et la cravate des gardes rexistes ainsi qu'à la taille, l'emblème de sa fonction : l'écharpe tricolore aux glands d'or. Pour révoquer Robert Motteux le 14 juillet 1938, le ministre de l'Intérieur invoquera son « inconduite grave », notamment le port d'un uniforme contrevenant à la loi de 1934 sur les milices privées. Mais le bourgmestre sera aussi reconnu coupable « d'avoir fait arborer l'étendard d'un parti politique (le drapeau rexiste) à la façade de la maison communale », « d'avoir permis à M. Degrelle de prononcer du haut du perron de la maison communale de Lombeek un discours politique » et d'avoir effectué « à plusieurs reprises le salut hitlérien » ! Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage... À noter que, dès le surlendemain, le nouveau bourgmestre, en compagnie de Léon Degrelle à l'hôtel de ville, rendra un solennel hommage à son prédécesseur, en portant chemise bleue et cravate rouge ainsi que l'écharpe mayorale. Et en effectuant le salut rexiste ! En toute impunité, cette fois.

     

    Réunis en congrès national du 8 au 10 juillet, plus de 60.000 rexistes exprimèrent, en une manifestation triomphale, l'intensité de leur foi dans le renouveau politique et social promis par l'idéal rexiste de révolution des âmes.

     

    Il appartiendra à Jean Denis (voir ce blog aux 15 juin 2017 et 15 juin 2022), docteur en philosophie et lettres et auteur de Principes rexistes et Bases doctrinales de Rex, de tirer la leçon de ce congrès historique, plaçant résolument le message degrellien dans la perspective de José Antonio Primo de Rivera, le fondateur de la Phalange espagnole fusillé par les Républicains dans la cour de la prison d'Alicante le 20 novembre 1936.

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    Médaille commémorative (tirée à 50.000 exemplaires) du Congrès national de Rex à Lombeek-Notre-Dame, dont l'apothéose fut le rassemblement général de quelque 60.000 adhérents, sympathisants et leur famille, le 10 juillet 1938. Ci-après, cliché à la « une » du Pays réel, le 11 juillet 1938.

    PR 1938.07.11.png

     

     

    Fasciné par la figure de José Antonio qu'il rapproche de celle de Léon Degrelle, Jean Denis l'était tout autant par la doctrine sociale de la Phalange lui paraissant répondre aux mêmes principes spirituels à la base du combat rexiste. Il publiera d'ailleurs une présentation des Vingt-sept points de la Phalange dans un petit ouvrage publié la même année que le Congrès de Lombeek, Une révolution dans la guerre. Préface à l'étude de la tragédie hispanique (Renaix, Centre d'Etudes hispaniques, 1938). Il accompagnera aussi plus tard le chef de Rex dans son voyage à travers l'Espagne nationaliste du 2 au 14 février 1939.

     

    Jean Denis écrit donc en conclusion du Congrès de Rex :

    « Le vieillard et l'adolescent, l'homme et la femme, le travailleur calleux et l'intellectuel raffiné : il apparaissait qu'à tous, le masque de la vie quotidienne était tombé ; et chaque visage n'était plus que la lumière d'un regard, la même lumière toujours, faite d'allégresse et de gravité qui, dans la pénombre de l'arc de triomphe, faisait de chacun d'eux tous un archange levant la main en signe de foi, d'espérance et d'amour. Des milliers d'âmes transformées pour toujours.

    Lombeek Arc triomphe.jpeg

     

    L'on songeait à la parole de Léon Degrelle, au message ineffable qu'il a porté partout et qu'il portera jusqu'à son dernier souffle. Lui aussi poète et prophète.

    Sa parole dont il ne faut rien extraire et citer parce qu'elle se trouve vivante en chacun de nos cœurs et que nous savons bien, nous tous, ce que c'est que sa Révolution des Âmes, puisqu'il l'a faite en chacun de nous jusqu'au plus secret de nous-mêmes. Lui qui, seul parmi tous, nous a rendu notre unité de destin dans l'univers. Et qui, brisant les barrières des enclos maudits, nous conduit –et conduit dès à présent notre peuple– vers d'autres horizons, vers d'autres pâturages où traçant des voies d'empire –qu'importe la souffrance quand on sait la pérennité de son œuvre–, il nous rend notre place, à l'air libre, sous les étoiles
    . »

    Lombeek Voiture.jpg

    Lombeek Tribune.jpg

     

     

    1942 : Révolution des âmes dans la Croisade européenne

    La photo de premier plan dans le montage du Cercle, montre le soldat Léon Degrelle, chef spirituel de la Légion mais pas encore son Commandeur, arborant cependant les pattes de col de lieutenant, grade dont il refusa le privilège (ce blog au 31 juillet 2017), mais qu'il gagna dans les combats de Gromowaja-Balka en février 1942 (à propos de cette photo, voir ce blog au 23 août 2021). Sa casquette s'orne aussi de l'Edelweiss dont s'enorgueilliront toujours les Wallons qui servirent sous les ordres du Général Ernst Rupp, commandant la 97e Division de Chasseurs de montagne à laquelle fut rattachée la Légion à la veille des combats du Donetz, en février 1942, et ce, jusqu'après la Vormarsch (plus de 1200 kilomètres à pied pour contourner la mer d'Azov, de Slaviansk à Maïkop), et les combats du Caucase, d'août à novembre 1942.

    LD Leutnant Pieske.jpgC'est donc dans cet uniforme que Léon Degrelle négocia directement avec Heinrich Himmler dans son train spécial stationné au Grand Quartier général de Hitler, le passage de la Légion Wallonie à la Waffen SS (ce blog au 20 octobre 2023).

     

    Et que, dans la foulée, il l'accompagna, le 24 mai 1943, au camp d'entraînement de Pieske, après avoir convaincu le Reichsführer SS de faire la connaissance de ses « Bourguignons ».

     

     

     

    LD Lippert Himmler (dos) Pieske.jpg

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    Léon Degrelle et Lucien Lippert accompagnent Heinrich Himmler –ici, de dos, saluant– dans sa BMW 335 lors de sa visite des Légionnaires wallons à Pieske, le 24 mai 1943 (une autre photo est à voir sur ce blog au 30 avril 2020). C'est une visite en toute décontraction qu'effectue le « terrible » Reichsführer SS, saluant à tout-va, heureux de découvrir en ces Bourguignons des soldats alertes, espiègles, consciencieux, intelligents, fidèles, efficaces (ce blog au 24 janvier 2020 ; Saint-Loup, Les SS de la Toison d'Or, pp. 339-340).

    LD Discours Berlin 1943 01 07.jpgPhoto de presse de l'agence SIPHO (Service International Photographique) datée du 10 février 1943 et légendée : « Léon Degrelle pendant son discours à Berlin le 7 janvier [erreur pour « février »] 1943. Dans la salle coupole du Reichsportfeld à Berlin, Léon Degrelle a parlé aux ouvriers wallons et aux volontaires wallons contre le Bolchevisme. »

    C'est dans cette tenue aussi que, pour la dernière fois avant de revêtir l'uniforme SS du soldat politique, Léon Degrelle parla à Berlin, le 7 février 1943, devant plus de deux mille soldats et ouvriers wallons, pour rappeler le sens de cette guerre de civilisation. Nous avons déjà publié l'essentiel de ce discours (ce blog au 16 janvier 2016) : un an plus tard, après avoir été appelé en son Grand Quartier général du Front de l'Est par le Führer Adolf Hitler qui le fit Chevalier de la Croix de Fer, Léon Degrelle redisait à nouveau aux milliers de Français venus l'écouter, le 7 mars 1944 au Palais de Chaillot, la nécessité de la révolution sociale et spirituelle :

    « Ce qui nous intéresse le plus dans la guerre, c'est la révolution qui suivra, c 'est de rendre à des millions de familles la joie de vivre, c'est que les travailleurs européens se sentent des hommes libres, fiers, respectés, c'est que dans toute l'Europe, le capital cesse d'être un instrument de domination des peuples et soit mis au service du bonheur des peuples. La guerre ne peut s'achever sans cette révolution socialiste qui sauvera le travailleur des usines et le travailleur des champs. Nous ne sommes pas des anarchistes. Nous voulons rétablir la justice sociale alors que pendant l'avant-guerre et même pendant la guerre, chez les pays capitalistes, c'est le peuple qui paie, c'est le peuple qui souffre, c'est le peuple qui est écrasé. »

     

    LD Chaillot 1944.03.05.jpg

    « Organisée par la Waffen SS française, la Légion des Volontaires français contre le bolchevisme et la milice française, la manifestation qui s'est déroulée dans le cadre grandiose du Palais de Chaillot, réunissait plusieurs milliers de Parisiens qui ne ménagèrent pas leurs applaudissements enthousiastes au Chef. Jamais peut-être il n'a été donné à un public français d'entendre de plus rudes vérités que celles que le Chef a dites sur le ton amical et franc que nous lui connaissons. » (Le Pays réel, 7 mars 1944).

     

     

    « Nous qui sommes Peuple »

     

    Illustrant parfaitement le montage photographique de la première page, le texte de Léon Degrelle choisi par le Cercle des Amis (extrait de l'éditorial de l'hebdomadaire Rex du 21 juin 1935) explique la raison d'être du mouvement populaire représenté par Rex en même temps qu'il éclaire le sens de son action.

     

    Rex 1935.06.21.png

     

    «  Ce que nous voulons, c'est rassembler les grandes masses populaires, les organiser, les stimuler, rendre agissante leur vertu. [...] Rex est essentiellement un mouvement populaire. Nous somme peuple, nous ne somme pas avec le peuple, nous ne venons pas au peuple : nous sommes le peuple lui-même qui se réveille et qui regarde avec audace et confiance l'avenir, parce qu'il veut vivre. [...] Entre le politicien et le peuple, il n'y a que de froides relations juridiques, un contrat dont chacune des parties redoute toujours que l'autre ne le viole. Nous voulons, nous, entre l'homme d’État et son peuple : courant de confiance, d'abandon et, disons le mot, d'amour. La vraie souveraineté populaire, c'est celle-là : des chefs qui commandent avec autorité, mais qui, par le contact direct et fréquent avec leur peuple se sentent en constante communion d'idées et de volonté avec tout ce qu'il y a de sain dans le pays. »

     

     

    Degrelliana

    Comme toujours, la Correspondance du Cercle donne accès à une véritable bibliothèque d'ouvrages indispensables au bagage intellectuel de tout nationaliste identitaire, qu'ils relèvent de l'histoire (par exemple, le premier volume de biographies de recrues de La Légion des Volontaires français contre le bolchevisme, d'Eric Le Clanche), de la culture (comme Germanica, d'Alain de Benoist), de la littérature (Les Chiens de paille, de Pierre Drieu la Rochelle ou Lettres à une provinciale, de Robert Brasillach), tous ouvrages disponibles à la Boutique nationaliste.

     

    Mais ce sont surtout les informations concernant Léon Degrelle qui nous intéresseront, tant elles relèvent de la quasi-exhaustivité.

     

     

    Miège

     

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    Ce qui nous a fait un tout particulier plaisir est sans conteste le charmant dessin, poétiquement évocateur, de Miège, qui est désormais, aux côtés de Chard, le dessinateur attitré de Rivarol.

    Miège a choisi de représenter Léon Degrelle « à l'air libre, dans la nuit claire, sous les étoiles », comme le préconisait José Antonio (discours du 29 décembre 1933 ; voir aussi Jean Denis, cité ci-avant). Il porte la houppette de Tintin –personnage qu'il a inspiré comme en témoigne son opus ultimum Tintin mon copain coincé sous le bras–, mais avec les cheveux que le Chef de Rex avait naturellement foncés, ce qui lui donne aussi une ressemblance avec Quick, le ketje de Bruxelles. D'autant plus appropriée qu'il est justement en arrêt devant l'enseigne du restaurant Chez Léon de Bruxelles, spécialiste du « moules-frites » national : ayant développé une chaîne de restaurants populaires couvrant toute la France, Chez Léon de Bruxelles, raccourci aujourd'hui en Léon, est ainsi devenu le point de rendez-vous idéal (un stamcafé comme on désigne à Bruxelles son bistrot préféré) de tous les degrelliens français !

    En une silhouette suggestive, Miège a réussi à rassembler toutes les étapes de la vie intrépide et généreuse de Léon Degrelle, amalgamant les valeurs altruistes du scoutisme tintinesque à la révolution des âmes de Rex (dont il porte la boutonnière) et l'héroïsme du Légionnaire de la Croisade pour l'Europe Nouvelle libérée de l'exploitation capitaliste et de la menace bolchevique : le poète-soldat, la tête dans les étoiles, porte sa Croix de Chevalier et ses énormes godillots sont bien ceux que le Führer a fourrés de Völkischer Beobachter (voir J.-M. Charlier, Léon Degrelle : persiste et signe, p. 332) !

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    Pour mieux connaître Miège, nous vous conseillons vivement de lire le dernier numéro de Réfléchir&Agir (et de vous abonner à cet excellent trimestriel: 35 ou 40 € numéro hors-série compris–, selon que vous habitiez la France ou non): une réjouissante interview, fort instructive, du dessinateur vous y attend.

     

    Le dernier recueil de ses dessins –En traits libres, Editions Dualpha, préfacé par Francis Bergeron– est également disponible sur le site de la Boutique nationaliste.

     

     

     

     

     

    Editions degrelliennes

     

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    Le Cercle signale une nouvelle édition de Mes aventures au Mexique en espagnol par une maison d'édition mexicaine appelée Lina Delir. Ce nom était utilisé par les Cristeros pour signer leurs communiqués et tracts clandestins pendant la Cristiada, nom du soulèvement des catholiques mexicains contre l'intolérance religieuse du gouvernement franc-maçon entre 1926 et 1930 : il est l'acronyme de « Ligue nationale de fense de la liberté religieuse » (ce blog, entre autres, aux 2 avril et 25 décembre 2017).

    Il s'agit en réalité de la traduction espagnole des récits et documents sur la persécution des catholiques au Mexique, rassemblés et présentés par Mgr Louis Picard, aumônier-général de l'Action Catholique de la Jeunesse Belge (ACJB) et Giovanni Hoyois, son président, sous le titre La Tragédie Mexicaine. Jusqu'au Sang... (Editions de la Jeunesse Catholique, Louvain, 1928). Rappelons que Mgr Picard fut le mentor de Léon Degrelle (ce blog, entre autres, au 5 avril 2017 et 20 février 2019) qui occupait d'ailleurs un « kot » (logement étudiant) chez lui, à Louvain, et à qui il confia les Editions Rex, appelées à devenir le vecteur essentiel de la Révolution des Âmes (tous les détails sont à retrouver dans Léon Degrelle, Cristeros, Editions de l'Homme libre). Il était donc naturel de compléter cet ouvrage par Mes aventures au Mexique qu'écrivit Léon Degrelle dans la foulée de ses reportages sur la persécution des Cristeros pour le vingtième siècle (octobre 1928-janvier 1929, ce blog au 7 février 2019). Regrettons seulement que cette édition mexicaine rassemblant les deux livres n'associe le nom de Léon Degrelle qu'à celui de G. Hoyois, –qui, en 1945, éreinta lamentablement le proscrit condamné à mort dans son L'Ardenne dans la tourmente–, faisant l'impasse sur Mgr Picard qui fut pourtant l'âme de la défense des Cristeros en Belgique et qui associa étroitement Léon Degrelle à son action (voir Léon Degrelle, Cristeros, pp. 19-34).

     

    Mexico Riesco.jpgIl semble que, pour obtenir cet ouvrage (400 pages, 45 euros, frais d'envoi compris), il faille s'adresser à luzdealbania@gmail.com. La version espagnole de Mes Aventures au Mexique a cependant déjà connu une édition indépendante dès 2006, avec une introduction de José Luis Jerez Riesco (à qui l'on doit l'indispensable Léon Degrelle en Exil: ce blog au 19 avril 2019). Publiée par l'éditeur espagnol Nueva Republica, elle est toujours disponible au prix d'à peine 12 euros, sur le site de Fides Ediciones Mundial.

     

    Une autre publication mexicaine a retenu l'attention du compilateur d'informations degrelliennes du Cercle : Elbruz Altus Vexilum. Un nom singulier associant le nom de la plus haute montagne du Caucase, aux confins de l'Europe, l'Elbrouz, aux deux pics jumeaux où fut enchaîné Prométhée, et la traduction latine –Altus Vexilum– du titre de l'hymne national-socialiste, Die Fahne hoch ! (« Drapeau levé ! »).

    Cercle Elbruz Zorrilla.jpeg

     

    Le Cercle se réfère au site français VoxNR qui, le 5 août 2023, a mis sur son site la traduction du récit donné par l'écrivain Juan Guerrero Zorrilla de sa rencontre avec Léon Degrelle à Madrid, le 20 avril 1989, à l'occasion du centenaire d'Adolf Hitler. Cet article provient de la revue mexicaine Elbruz Altus Vexilum qui l'aurait publié dans son numéro 6 de septembre 2013.

     

    Elbruz 8 p. 1.pngUne collection de la plupart des premiers numéros de la revue Elbruz Altus Vexilum est disponible sur Internet (du n° 0 au n° 16, mais sans les numéros 2, 8 et 12), mais ces souvenirs de Juan Guerrero Zorrilla ne se trouvent en tout cas pas dans la sixième publication (l'erreur vient peut-être de ce que ce texte fut d'abord publié avec cette référence par l'association culturelle mexicaine Robert Brasillach, le 28 juillet 2023). Plus probablement cet article a-t-il été publié dans le numéro 8 (printemps 2014) dont nous ne connaissons que la couverture justement consacrée à Léon Degrelle (« Le dernier gentilhomme »).

     

     

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    Reproduisons pour l'anecdote la publication pour le moins inattendue, dans le 13e numéro d'Elbruz Altus Vexilum (p, 40), d'une photo de la famille royale belge en illustration d'un article sur la nécessité en Europe de faire de nombreux enfants pour contrer « la décadence de l'Occident due à la défaite de l'Axe à l'issue de la Deuxième Guerre mondiale » !...

     

    L'écrivain mexicain Juan Guerrero Zorrilla est né en 1942 à Tampico, principal port industriel de l’État mexicain de Tamaulipas, située à l'embouchure du Rio Pánuco sur le Golfe du Mexique. Coïncidence extraordinaire, le paquebot qui emmena Léon Degrelle de Hambourg à Veracruz s'appelait justement Rio Panuco ! Construit par les chantiers navals de Kiel en 1924, il assurait la traversée de l'Atlantique pour la compagnie allemande Ozean Linie. Revendu en 1934 à un armateur australien, il fut coulé par l'aviation japonaise en 1942 dans le port de Darwin (voir ce blog au 1er mai 2016 et Léon Degrelle, Cristeros, pp. 245-248).

     

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    Léon Degrelle à bord du Rio Panuco l'emmenant au Mexique. Il écrit à ses parents une lettre qui, destinée à les rassurer, donne aussi de précieux renseignements sur la vie à bord du navire :

    À bord du Rio Panuco, le 8 décembre 1929.

    Mes bien chers tous,
    Nous sommes entrés hier dans les mers américaines. À midi, nous avons aperçu, éclatante sous le soleil, la première des îles Bahamas, celles que découvrit d'abord Christophe Colomb. Je dois dire que nous étions moins émus que lui, puisque nous prenions joyeusement un bain de mer ! À l'avant du bateau, un bassin est aménagé où pénètre et s'écoule sans cesse la bonne eau tiède. Et c'est très amusant, en plein Décembre, alors que vous vous calfeutrez dans les maisons, de prendre ici, en face de la Floride, des bains de mer deux et trois fois par jour ! J'ai décrit à Cécile [van den Bossche, d'Ostende, avec qui Léon Degrelle s'était fiancé en novembre 1928], qui vous communiquera ma lettre, les tempêtes effrayantes qui nous en ont fait voir de toutes les couleurs pendant la 1ère semaine dans l'Atlantique. Cela nous a valu, en plus d'impressions poétiques, lyriques et... parfois plus prosaïques, trois jours de retard, si bien que nous ne débarquerons que le 11 ou le 12 à Vera Cruz.

    Depuis les îles Açores, d'où je vous ai envoyé une lettre-télégramme, nous avons eu un temps magnifique. Soleil éblouissant, torride depuis quelques jours. Dans les flots, de gros dauphins qui dansent. Au fil de l'eau, des troupes argentées de poissons-volants. Des soirées chaudes, placardées d'étoiles, avec des clairs de lune qui blanchissent la mer.

    Et avec cela une santé splendide. On est d'ailleurs très bien nourri, quoique la cuisine allemande diffère parfois très fort de la nôtre. J'ai d'épatants compagnons de route avec lesquels le temps passe comme un éclair. Puis, il y a des concerts à bord, des visites de St Nicolas, des bals, une grande fête de travestis. Bref, impossible de s'ennuyer. Au contraire !

    Et puis une grande fraternité internationale. On est en rapport ici avec des représentants de tous les peuples d'Europe et je vous avoue que c'est bien formateur de vivre dans cette tour de Babel.

    LD Rio Panuco Passagers.jpgDemain, nous faisons escale à La Havane où j'irai passer quelques heures. Puis, trois jours après, le pied gaillard, je foulerai le sol mexicain, prêt à de nouvelles et magnifiques aventures.

    Ah ! Vraiment, je suis heureux d'avoir entrepris une pareille randonnée. Et mille fois encore, je vous remercie de m'y avoir aidé avec tant d'affection et de générosité. Ce sera dans ma jeunesse, le plus beau, le plus impérissable des souvenirs.

    Il fait à présent une chaleur formidable qui nous aplatit tous comme des omelettes ! Ce que cela ferait du bien à notre chère maman ! C'est ici, tout le long du pont, grands bains de soleil !

    J'ai une collection splendide de photos de bord qui vous amusera bien à mon retour. Cela fait un album très vivant.
    Je crois qu'il est prudent que, déjà, je vous souhaite... la nouvelle année ! En effet, c'est à peu près alors que ma lettre vous parviendra. Pour vous, mes bien chers papa et maman, je renouvelle tous les vœux que chaque jour et très tendrement je forme pour vous et confie au Bon Dieu. Vous êtes les plus chers exemples de dévouement, d'abnégation et d'amour. Il n'est point de souhaits assez ardents et assez complets que je puisse former pour mon cher papa et ma chère maman.

    Bonne année aussi à tous mes chers frère et sœurs ainsi qu'à leur descendance ! D'ailleurs, je rentrerai en janvier et serai à temps au pays encore pour dire à chacun à cette occasion tout ce que je lui souhaite particulièrement.

    Bien des choses de ma part aussi à tous les oncles, tantes, cousins, cousines et amis les meilleurs.

    Mais pour vous, mes bien chers tous, par delà les 8000 km qui déjà nous séparent, j'envoie les plus affectueux, les plus ardents, les plus... tropicaux baisers de votre grand explorateur.

    L.

     

     

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    Juan Guerrero Zorrilla est surtout connu pour ses contes fantastiques et récits de science-fiction pour lesquels il reçut plusieurs récompenses littéraires de même que, tout récemment le 10 août 2023, l'hommage officiel de l'université de l'Etat mexicain de Tamaulipas.

     

     

    Cedade 1989.pngLe récit de sa rencontre avec Léon Degrelle que l'écrivain a confié à la revue Elbruz Altus Vexilum témoigne de ses profondes convictions nationales-socialistes puisque c'est pour participer à l'hommage rendu par le CEDADE (Cercle Espagnol Des Amis De l'Europe, ce blog, notamment, au 4 février 2017) à Adolf Hitler pour le centième anniversaire de sa naissance qu'il traversa l'Atlantique pour Madrid. Son témoignage est cependant fort restreint, essentiellement à cause de la vive émotion qui l'étreignit pendant cette soirée, mais aussi parce qu'il ne parlait ni le français, ni l'allemand qui furent surtout pratiqués à cette occasion. Extrayons-en ces précisions (nous retraduisons d'après l'original publié par l'Asociación Cultural Robert Brasillach : notons, au passage, qu'elles établissent à nouveau la capacité de Léon Degrelle de s'exprimer en allemand : ce blog, entre autres, au 26 mai 2022) :

    « Le restaurant, pas très grand, était plein : c'est là que se produisit la rencontre avec le Général Degrelle, l'homme le plus important que j'aie connu dans ma vie. [...] Puis la causerie a commencé. En fait, je n'ai pratiquement rien compris : il parla d'abord en français, puis en allemand ; mais j'étais en compagnie de bons camarades [...] et je m'assis à côté du seul Espagnol qui se trouvait là. »

     

    LD Madrid Christophersen+Tonningen 1989 04 20.jpgC'est dans un petit restaurant populaire de Madrid qu'en toute discrétion Léon Degrelle célébra, le 20 avril 1989, le centenaire d'Adolf Hitler en compagnie d'une petite trentaine d'amis européens qui eurent l'exceptionnelle bonne fortune de fêter cet événement en compagnie de celui que le Führer se fût choisi pour fils.

    À la droite de Léon Degrelle, on reconnaît l'Allemand Thies Christophersen (1918-1997), auteur en 1970 du fameux rapport Le mensonge d'Auschwitz, et Florentine Heubel (1914-2007) qui, épousant, le 21 décembre 1940, Meinoud Rost van Tonningen, le chef du Mouvement National-Socialiste de son pays (qui deviendra, peu de temps après, le président de la banque des Pays-Bas), fut la première Néerlandaise à se marier selon le cérémonial SS : sa bague runique de mariage qu'elle eut l'occasion de présenter au baise-main du Führer devint sa plus précieuse relique.

    À la gauche du Commandeur de la Sturmbrigade Wallonien, se trouve, en fin de banquette, l'Allemand Ewald Althans (né en 1966) promu alors par le Generalmajor Otto Ernst Remer à la direction des jeunes de son Deutsche Freiheitsbewegung (Mouvement allemand pour la Liberté). La 40e Correspondance du Cercle propose justement la première partie d'un entretien-témoignage du plus haut intérêt du Général Remer à propos des mensonges répandus sur la réalité du Front de l'Est : de quoi largement démonétiser les récentes tentatives injustifiées de criminalisation des Légionnaires wallons par le CEGESOMA (ce blog, entre autres, au 30 novembre 2019 et 11 mars 2022).

    Assis à gauche de Léon Degrelle, le Phalangiste Alberto Torresano (1934-2023) est probablement le « seul Espagnol qui se trouvait là » dont parle Juan Guerrero Zorrilla.

    C'est à lui, parfait francophone, que Léon Degrelle dédicaça cette photo historique, datée symboliquement du 20 avril 1989. Proche de Léon Degrelle, Alberto Torresano compta parmi les dernières personnes à pouvoir lui rendre visite à l'hôpital de Malaga où il devait décéder (ce blog au 5 août 2023).

     

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    Alberto Torresano, en visite à Bruxelles en 1990 avec son épouse Paloma, tenait à voir la maison de Léon Degrelle, Drève de Lorraine, en lisière du Bois de la Cambre. La photo a été prise à l'arrière de la villa, devant la grille ouvrant sur l'étroite Drève du Caporal.


    Dans l'attachant ouvrage
    Léon Degrelle. Documents et Témoignages, publié en 2014 dans la collection des Cahiers d'Histoire du Nationalisme de Synthèse nationale sous la direction de Christophe Georgy, il signa un familier et sincère Léon mon Ami ! (ce blog au 22 janvier 2016).

    Alberto Torresano était connu dans tous les milieux nationalistes européens pour sa fidélité absolue au message politique et social de la Phalange historique et à la figure de José Antonio, son chef charismatique. Il était surtout apprécié par tous ceux qui l'ont connu et qui sont immanquablement devenus ses amis pour sa gentillesse envahissante, son humour bon enfant et son entregent tenace. Aussi est-ce avec émotion que nous avons appris, par l'In memoriam reconnaissant du Cercle des Amis de Léon Degrelle, son décès survenu le 14 septembre dernier, dans sa nonantième année. Un important dossier d'hommage a été publié par la Lettre des Amitiés Franco-Espagnoles n° 115, Automne 2023, du Cercle Franco-Hispanique (adhésion : 25 €. Ecrire à cfh.grimaldi@free.fr).

     

    Tout serait à présenter et commenter dans cette XXXXe Correspondance privée du Cercle des Amis de Léon Degrelle. Reprenons seulement pour conclure le communiqué du Dernier Carré expliquant comment la cessation de ses activités ne signifie nullement la disparition de l'idéal solaire qui inspira nos héroïques Anciens et justifia son existence.

     

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    Cercle des Amis de Léon Degrelle, adhésion (30 ou 37 euros, selon que vous résidiez en France ou non) et renseignements sur les livres présentés : www.boutique-nationaliste.com.

     

    Adresse : Cercle des Amis de LD, BP 92733, 21027 Dijon Cedex, France.

    lesamisdeleon.degrelle@gmail.com

     

     

  • Il y a 80 ans, le 36e anniversaire de Léon Degrelle

     

    C’est aujourd’hui l’anniversaire de la naissance de Léon Degrelle. Le cent-seizième.

    Il y a 80 ans, c’est de manière particulière que se fêta son 36e anniversaire –l’âge de l’accomplissement du destin terrestre de Jésus, assurant la gloire du Christ-Roi–, par la publication d’un éditorial dans Le Pays réel du dimanche 14 juin 1942 (le journal ne paraissait pas le lundi) : c’est, à notre connaissance, le seul article célébrant l’anniversaire du tribun bourguignon jamais publié dans la presse rexiste.

    Cet anniversaire emblématique fut également célébré de manière grandiose sur le Front du Donetz où se trouvaient alors Léon Degrelle et ses Légionnaires, grâce au Prévôt de la Jeunesse, John Hagemans, et son génie scénographique, qui emmenait le Second Contingent de Volontaires, celui, bouillonnant d’héroïsme, de la Jeunesse rexiste.

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    Cet éditorial du Pays réel, le quotidien du « Front intérieur »,  était signé « J.D. », c’est-à-dire Jean Denis (1902-1992) qui, alternant la fonction avec le rédacteur en chef José Streel, allait prendre sa place d’éditorialiste pendant deux semaines, du 12 au 25 juin.

    Proclamé Docteur en Philosophie et Lettres de l’Université Catholique de Louvain en 1926, Jean Denis milita à l’Association Catholique de la Jeunesse Belge (ACJB) de Mgr Louis Picard dont il était le secrétaire et chez qui Léon Degrelle avait installé son « kot » (logement d’étudiant : ce blog au 5 avril 2017).

    C’est donc auprès de Mgr Picard promouvant inlassablement le culte du Christ-Roi défini par le pape Pie XI dans l’encyclique Quas Primas (1925) et qui donnerait son nom au mouvement de révolution des âmes de Léon Degrelle (ce blog aux 2 avril et 25 décembre 2017 ; Mgr Picard écrira un de ses livres les plus importants, Le Christ-Roi, pour les éditions Rex en 1929) que les deux jeunes gens nouèrent leurs premiers liens d’amitié.

    Dès lors, Jean Denis demeurera d’une fidélité irrévocable à son engagement auprès de celui qu’il regardera toujours comme son « chef, c’est-à-dire le dépositaire de notre volonté collective » (dédicace de son ouvrage doctrinal Principes rexistes, 1936) : rédacteur en chef de l’hebdomadaire Soirées (1931), journaliste au Pays réel (1936), il sera élu député rexiste de Namur aux élections du 24 mai 1936.

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    Une des rares photos de Jean Denis que nous avons pu retrouver : publiée dans le « numéro spécial consacré à Rex » de Soirées (25 août 1933), elle montre le rédacteur en chef de ce magazine, fier d’avoir compris « le langage poétique de l’image » recherchant en permanence« la simple conjonction des textes et des documents photographiques ».

     

    Durant la guerre, celui que Léon Degrelle considérait comme l’ « un des premiers et des plus purs militants du rexisme » sera responsable du Département culturel de l’Etat-major du Chef de Rex (1941), tout en poursuivant son œuvre d’éditorialiste au Pays réel, de journaliste à Radio-Bruxelles et de chroniqueur au National-socialisme, l’ « Organe mensuel du mouvement rexiste », dès son lancement en décembre 1942. Il sera également nommé par le commandant de la Gendarmerie nationale, le colonel Adrien Van Coppenolle, professeur à l’école de Tervuren de la Police générale du Royaume.

    Avec José Streel (1911-1946, ce blog au 30 juin 2016), auteur, en 1941, de La Révolution du Vingtième Siècle (œuvre majeure qui vient de reparaître aux éditions de L’Æncre), Jean Denis est considéré comme l’idéologue du rexisme. Le destin des deux hommes, s’il fut quelque peu parallèle, ne connut cependant pas une identique fin funeste.

    Après avoir voulu mettre les leurs à l’abri en Allemagne en 1944 (Jean Denis était le papa de quatre jeunes enfants ; José Streel, de trois), ils seront vite rattrapés par la « justice » belge.

    Déjà condamné à mort par contumace le 17 janvier 1945, José Streel fut arrêté à Bruxelles le 3 mai et, après une parodie de procès, fusillé le 21 février 1946 ; tandis que Jean Denis, arrêté en Allemagne le 2 mai 1945, convaincu de « trahison » en sa qualité de lieutenant de réserve, fut également condamné à mort par le Conseil de Guerre de Bruxelles pour « ses causeries à la radio où il reprenait toutes les théories de Degrelle » (Le Soir, 6 janvier 1946). Le Ministère public les avait pourtant méprisées en décrétant ces billets « bêtes à faire pleurer, faits de ragots et de racontars farcis de fautes de français » (Le Soir, 29 novembre 1945) ! À cela s’ajouta également l’extravagante amende de deux millions de francs belges (près d’un million d’euros d’aujourd’hui !). La peine fut néanmoins commuée et après cinq ans d’un emprisonnement dans les conditions les plus dégradantes, Jean Denis fut libéré en 1951.

    Pays réel 1936.05.29 Jean Denis b.JPGPhotographie de Jean Denis publiée dans Le Pays réel, le 29 mai 1936, pour saluer son élection à la Chambre des Représentants parmi les 21 députés rexistes.

    Ruiné et profondément meurtri par la haine bestiale d’une justice prétendant avoir ainsi « épuré » la société, Jean Denis, refusant désormais d’encore s’exprimer, put se retirer dans une paisible bourgade rurale du Brabant wallon, mais à l’écart de Chastre, son village natal, dont le curé (le bien nommé abbé Maton) témoigna méchamment et stupidement à son procès, le dénonçant comme un « suppôt de l’hitlérisme », car il se serait prétendu « chrétien mais nazi » (La Libre Belgique, 4 décembre 1945)...

     

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    L’anniversaire du Chef de Rex

     

    Demain, quinze juin, Léon Degrelle entrera dans sa trente-septième année.

    Chaque année, cette date du 15 juin est célébrée par tous les rexistes avec une ferveur d’un caractère familial. A pareille époque, depuis deux lustres déjà, les lettres et les télégrammes de congratulation affluaient et des fleurs par brassées étaient adressées à celui qui fut vraiment pour nous tous le messager de Dieu et qui, à l’instant même où notre génération sacrifiée allait sombrer dans le désespoir, suscita en elle d’inépuisables énergies de rédemption.

    Marie-Paule Lemay Secours Légionnaire.jpgMarie-Paule Degrelle préside une réunion de Solidarité Légionnaire dont elle est la présidente.

     

    Aujourd’hui, nous aurons tous une pensée pour le Chef qui se trouve éloigné de nous de plus de trois mille kilomètres, et nos hommages iront à Madame Degrelle qui demeure l’admirable gardienne d’un foyer qui nous est cher à tous.

    Voici un an, tandis que nous fêtions les 35 ans du Chef, il y avait dans nos hommages une sorte de tendresse affectueuse. Léon Degrelle, en effet, était à peine remis des souffrances indescriptibles qu’il avait endurées dans les prisons françaises et en nous souvenant du fait qu’un an auparavant, au moment où il entrait dans sa 35e année, il était prisonnier condamné à mort, nous appréciions mieux l’incalculable bienfait de la Providence qui, au terme d’une si longue épreuve, nous l’avait rendu, physiquement affaibli, mais moralement plus fort, plus grand et plus énergique que jamais.

    Pub Guerre en prison LD Pays réel 42.05.01.JPGLéon Degrelle vient de publier ses douloureux souvenirs de prison : arrêté par la Sûreté belge en dépit de son immunité parlementaire à l’aube du 10 mai 1940, il fut livré, avec une vingtaine d’autres Belges, au mépris de toute disposition légale, aux forces de police françaises et balloté de prisons en bagnes et en camps d’internement où il fut battu et torturé (voir ce blog au 6 mai 2017 ; publicité parue dans Le Pays réel, le 1er mai 1942).

     

    En ces instants où nous considérions un passé si récent et si douloureux avec une émotion que nous ne pouvions point cacher, nous ne soupçonnions pas que, huit jours plus tard, allait se produire en Europe un événement capital qui serait pour notre pays l’occasion de s’affirmer à nouveau dans le monde et, pour Léon Degrelle, le point de départ d’une nouvelle action et de nouveaux sacrifices, auprès desquels pâliraient tous ceux d’un passé pourtant chargé de luttes dramatiques.

    Le jour même où s’ouvraient les hostilités contre la barbarie bolcheviste, la Légion naissait dans la volonté du Chef de REX. Sans la Légion, nous ne serions aujourd’hui nulle part, non pas seulement nous, membres du mouvement rexiste, mais nous, Belges.

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    Défilé de Volontaires de la Légion Wallonie dans la croisade contre le bolchevisme, à Bruxelles, place Royale, devant la statue du premier Croisé, Godefroid de Bouillon (mai 1943).

     

    Avec la Légion, nous sommes maintenant partout chez nous en Europe. Et cela, c’est à Léon Degrelle, et à lui seul, que nous le devons. Il eut ce mouvement spontané du cœur, qui était en même temps un trait de génie, par lequel une occasion unique, une occasion qui ne se représente pas deux fois dans un siècle d’histoire, fut saisie fermement, instantanément, avec une irrésistible pugnacité.

    Pays réel 1942 06 10 Citation Légion.JPGÀ la Une du Pays réel du 10 juin 1942 : la Légion Wallonie entre dans la gloire des armées engagées sur le Front de l’Est.

     

    Telle doit être notre pensée dominante en ce jour anniversaire de Léon Degrelle et ce n’est plus au martyr persécuté, mais au héros légionnaire que doivent aller nos hommages affectueux.

    Plus que jamais nous devons être orgueilleux de notre Chef qui, par sa vaillance, a su imposer le prestige de notre nom à l’Europe entière.

    Nous n’avons pas à refaire aujourd’hui toute l’histoire de la Légion. Cette histoire est tellement chargée d’événements héroïques qu’il ne nous serait pas possible de les évoquer même schématiquement au cours d’un bref article.

     

     

    Le trente-sixième anniversaire de Léon Degrelle au Front de l’Est

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    A l'occasion du trente-sixième anniversaire de Léon Degrelle, le Prévôt de la Jeunesse, John Hagemans, qui vient d’arriver au Front avec le Contingent du 10 mars, issu principalement des « Serments de la Jeunesse » du mouvement rexiste, organise la présentation des nouveaux étendards de la Légion qu’il a dessinés personnellement, ainsi qu’une solennelle prestation de serment de fidélité des jeunes légionnaires rexistes au Chef.

     

    Il en laissera cette relation :

    « Il y a eu ici une cérémonie admirable le 15 juin [1942], pour l’anniversaire du Chef. Prestation de serment en sa présence, avec tous les participants (c’est certainement la première fois que ça arrive, hein, ça !) en feldgrau ! Casques d’acier, etc. Ce fut très simple, mais d’une grandeur vraiment extraordinaire. Après le serment, dont les paroles de renoncement prenaient une valeur particulière dans notre état militaire, le Chef fit un speech où les vieux partisans “thiois” comme nous eurent une indicible joie à l’entendre parler pour la première fois depuis que la Jeunesse Nationale-Socialiste combat avec ce thème bien précis de “cette Jeunesse thioise qui refera l’Empire, le Saint Empire d’Occident…”

    Voilà enfin une reconnaissance de fait qui nous passe bien de toutes les autres, n’est-ce pas ! Le thème général de son discours fut : “Refaire les Dix-Sept Provinces” et ce, au sein de la Germanité, avec le génie éclairé d’Adolf Hitler au sommet de ce tout admirable que sera le Grand Empire Germanique reconstitué. “Dans cet Empire, dit-il aussi, nous inscrirons comme aux plus beaux âges la splendeur de notre civilisation, de cette civilisation des Dix-Sept Provinces, la fleur de la culture germanique”, etc., etc. »

    (John Hagemans, Prévôt de la Jeunesse, 1914-1942, Edition de la Jeunesse Légionnaire, 1943, pp. 74-75).

     

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    John Hagemans a reconnu en Léon Degrelle son Chef naturel, tel qu’il le présente dans la Charte de la Jeunesse : « Seule la valeur personnelle d’un Chef pourra faire de lui un aide sérieux au point de vue moral. Le Chef veillera à être toujours de bonne humeur dans l’effort. S’il a bon caractère, il a gagné l’amitié de son équipe et s’il se montre courageux, dévoué, il gagnera rapidement son respect et sa considération. Le Chef doit être pour tous l’exemple vivant. »

    Sur ce cliché, John Hagemans et Léon Degrelle sont parmi les jeunes Légionnaires : « Le Chef communique sa bonne humeur. »

     

    Contentons-nous de donner à nos lecteurs quelques détails complémentaires au sujet des récentes distinctions dont fut honoré le Chef de REX. Ces renseignements, que les précédentes correspondances ne nous avaient pas fournis, nous ont été apportés par des légionnaires en permission.

    La nomination de Léon Degrelle au grade d’officier est un événement historique en ce sens que c’est la première nomination faite par Adolf Hitler, en tant que Chef des armées d’Europe. C’est la première fois que le Chancelier Hitler a nommé un officier étranger dans une armée d’étrangers, soumis à ses ordres pour la Croisade antibolcheviste. Cette nomination a été faite au Grand Quartier Général, au Front. Elle a été signée par le Fuehrer lui-même, et contresignée par le général Keitel. Enfin signalons encore que le document officiel indique que Léon Degrelle a été nommé officier « pour sa bravoure exceptionnelle au combat ». L’importance de ces quelques détails n’échappera certainement pas à nos militants et il est absolument inutile de la commenter.

    Pays réel 1942 05 10 LD Lieutenant Epée d'or.JPGDans l’euphorie suscitée par les honneurs récompensant l’héroïsme de Léon Degrelle, Victor Matthys, chef a.i. de Rex, lança une souscription pour offrir une épée en or au nouvel officier, gravée des noms des Légionnaires tombés au champ d’honneur. Quelques jours plus tard, Léon Degrelle fit savoir qu’il refusait pareil hommage et demanda d’offrir l’argent récolté à Solidarité légionnaire pour les familles des victimes du Front de l’Est.

    Pays réel 1942 05 20 LD refuse Epée d'or 2.jpg

     

    Quant à la Croix de Fer de 1ère classe, celle-ci a été donnée au Chef de REX pendant les combats mêmes, à l’improviste, sans diplôme, à la lisière d’un petit bois où le Général de division avait rejoint la Légion. C’est donc une fois encore en reconnaissance des témoignages les plus évidents et les plus indiscutables d’une bravoure exceptionnelle que cette distinction a été décernée au Chef de REX. Il convient de noter à ce propos que l’attribution de la Croix de Fer de première classe est un fait extrêmement rare. Dans un secteur assez vaste du front où combat la Légion, Léon Degrelle est le seul titulaire de cette haute distinction.

    Pays réel 1942 06 09 Croix Fer 1Cl. LD.JPG


    I
    l y a, dans la vie, d’étranges concordances et d’émouvantes coïncidences. Les circonstances dans lesquelles fut attribuée au Chef la Croix de Fer de 1ère classe sont, à ce propos, particulièrement évocatrices.

    C’était, comme nous l’avons dit, à la lisière d’un petit bois, vers la fin de la matinée, le 21 mai dernier, au moment précis où toutes les hiérarchies du mouvement, des centaines de militants rexistes et de parents de légionnaires se trouvaient réunis dans la cour de la Caserne des Grenadiers à Bruxelles, pour la cérémonie religieuse de commémoration des Héros tombés dans le combat.

    Pays réel 1942 05 22 Hommage martyrs rexistes.JPG

    L’impressionnante cérémonie d’hommage aux « martyrs du Mouvement rexiste », –ceux d'avant-guerre, de la Légion au Front de l'Est ainsi que du « Front intérieur », auxquels étaient également associés le Chef du Verdinaso (mouvement national-solidariste thiois) Joris Van Severen et les vingt autres victimes d’Abbeville, assassinés deux ans auparavant, le 20 mai 1940–, fut organisée à la Caserne des Grenadiers, sise rue des Petits Carmes, derrière le Petit Sablon. Après-guerre, cette caserne fut connue sous le nom de « Caserne Prince Albert » (abritant le « Club Prince Albert », le mess des officiers de la garnison de Bruxelles). Il ne faut donc pas la confondre avec l’autre Caserne des Grenadiers située près du Parc royal de Laeken, qui abrita après-guerre l’Ecole des Cadets et accueille aujourd’hui la quatrième Ecole européenne de Bruxelles. Dans son ouvrage sur la Légion Wallonie (Heimdal, 2015), André Lienard situe, lui, l’événement dans une « Caserne Saint-Jean » inexistante et le date de 1943 (vol. 1, p. 401) !

    (Première page du Pays réel du 22 mai 1942)

    C’était au moment même où, des marches de l’autel, le prêtre officiant exaltait les vertus d’énergie, de courage et de volonté.

    Deux ans auparavant, jour pour jour, heure pour heure, Léon Degrelle, enchaîné, torturé par des bourreaux infâmes, passait à Abbeville, non loin du kiosque tragique et n’échappait à la mort que par un hasard miraculeux.

    Ainsi se manifeste à nous, jusque dans des détails visibles et troublants, le rythme d’une vie d’homme : la vie d’un homme qui est notre vie, parce que cet homme est notre Chef.

    Vers lui vont aujourd’hui toutes nos pensées. A lui vont toutes nos énergies. Et à la veille de cet anniversaire qui nous est si cher, nous ne pouvons mieux faire que de répéter le cri de guerre et de ralliement de nos Jeunesses :

    – Au Chef !

    LD 1942 c.jpg

  • L’Encyclopédie de De Bruyne : mensonges et perfidie (5)

     

    léon degrelle,mgr picard

    Léon Degrelle et Mgr Picard : une amitié indéfectible

     
    « En décembre 1933, [Mgr PICARD] le met devant le choix entre ses intérêts politiques et l’A.C.J.B., les deux étant incompatibles. »

    À nouveau, la réalité est biaisée : tout est exprimé comme s’il y avait une rupture définitive entre Mgr Picard et Léon Degrelle, ce qui ne fut jamais le cas, les deux hommes se conservant mutuellement la plus grande estime et la plus profonde sympathie.

    C’est en effet le secrétariat général d’Action catholique (dirigé par Giovanni Hoyois) qui, le 22 décembre, envoie cette « lettre de rupture » et non Mgr Picard.

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