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Actualité

  • Les cent vingt ans de Léon Degrelle gentiment célébrés par le SoirMag...

     

    ...avec juste les obligatoires allégations politiquement correctes !

     

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    Depuis deux semaines, c'est-à-dire depuis le 3 juin (sans doute pour ne pas avoir trop l'air de commémorer l'anniversaire du 15 juin ?), le SoirMag, héritier du magazine de l'ancien quotidien d'Ordre nouveau, appelé depuis « Le Soir volé », camoufle son hommage traditionnel à Léon Degrelle (ce blog, par exemple, aux 7 juin 2021 et 10 avril 2024) sous des articles officiellement consacrés à La Belgique de l'entre-deux-guerres, mais célébrant la qualité de son action au début des années 1930 : « La montée en puissance du patron de Rex suscite des conflits internes au sein de l'Action Catholique » ; « Degrelle galvanise la Belgique en crise »... Une manière sans doute de rappeler qu'entre le quotidien d'après-guerre et celui dont le directeur Raymond De Becker fut membre du Conseil politique de Rex, la filiation demeure indélébile...

     

     

     

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    Le Soir était sans doute, avec La Libre Belgique, le quotidien belge francophone le mieux distribué en Espagne et Léon Degrelle le lisait régulièrement : il dédicace ici sa photo avec l'exemplaire du 19 janvier 1972 « Aux Belges », en rappelant ironiquement les liens de fidélité l'unissant au journal qui, à partir de 1945, ne manquera jamais de l'éreinter méchamment.

     

     

    Il s'agit, en fait, de la reprise de textes de feu Pierre Stéphany, l'incontinent pisse-copie des onze volumes consacrés à l'histoire de la Belgique, de l'entre-deux-guerres à la fin des années 1950. Nous avons déjà eu l'occasion d'analyser la manière d'écrire de l'ancien chroniqueur TV de La Libre Belgique, consistant essentiellement en citations détournées, emprunts traficotés et autres copiés-collés recyclés dans le politiquement correct (ce blog au 4 février 2025).

     

    Si c'est toujours le cas ici, nous échapperons pourtant aux traditionnelles insinuations et calomnies, l'auteur se contentant de documenter les débuts journalistiques du « bouillant Bouillonnais », les pimentant à peine de quelques ragots. Sans doute, pour en dresser un portrait tout négatif, eût-il alors également dû incriminer Mgr Louis Picard, fondateur de l'Action Catholique de la Jeunesse Belge, qui fut le vrai Pygmalion de Léon Degrelle, l'accueillant chez lui lors de ses études à l'Université Catholique de Louvain, l'associant à toutes ses activités pastorales, le propulsant d'emblée à la direction des Éditions Rex...

     

     

    Le voyage au Mexique

     

    Et donc le premier article commence par le reportage sur la persécution des Cristeros : « Degrelle [...] décida d'aller voir sur place le Mexique, terre de révolutions permanentes et de persécutions religieuses ; personne n'a jamais su si ce voyage fut authentique ou imaginaire ; Degrelle, qu'il y soit allé ou non, n'en ramena pas moins une série d'articles qui parurent dans “Le XXe siècle” côte à côte avec les aventures de “Tintin chez les Soviets” et qui, en volume, valurent aux éditions Rex un beau succès de vente. »

     

    Si le principal mérite de cette évocation est de placer sur le même plan les reportages de Léon Degrelle et les aventures de Tintin, suggérant ainsi opportunément leur parenté (ce blog, entre autres, au 27 janvier 2016 et la série Degrelle-Hergé, même combat, à partir du 21 septembre 2020), Stéphany ne peut s'empêcher de reprendre la mise en doute de la réalité du voyage au Mexique (ce blog, entre autres, au 1er mai 2016).

     

     

     

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    Moment de détente avec des enfants face à des cascades enjambées par la voie ferrée. Comme pourrait dire Saenen-la-vérité : « En voici une [de vérité] : Degrelle est bel et bien allé au Mexique » et il y a même passé de bons moments ! (p. 52). La photo a été publiée dans le vingtième siècle du 10 février 1930 avec la légende : « L'enquête du vingtième au Mexique. L'envoyé spécial du vingtième, notre ami Léon Degrelle, en causette avec de jeunes Mexicains, près de belles cascades. » (la photo sera reprise dans Soirées, le 12 décembre 1931).

     

     

    C'est que la source de son ragot est L'aventure rexiste, de Robert Pfeiffer et Jean Ladrière (Pierre de Meyère, 1966) : « Le Mexique était en proie à des révolutions continuelles. [...] Ces troubles s'accompagnaient de persécutions religieuses [...]. Degrelle décida d'aller voir sur place la situation et s'embarqua pour l'Amérique du Sud (du moins le dit-il, car ce voyage est aujourd'hui encore contesté). Il en rapporta une série d'articles étincelants qui parurent côte à côte avec les aventures de Tintin dans le Vingtième Siècle. » (p. 23).

     

    S'il reprend le ragot, Stéphany en annihile néanmoins la portée puisque « qu'il y soit allé ou non, [Degrelle] n'en ramena pas moins une série d'articles [...] ». Attitude autrement sensée que celle du nouveau biographe de celui qu'il appelle l' « icône de l'extrême droite européenne », célébré, d'une part, par ceux de nos milieux qui n'y connaissent rien (ainsi de Radio-Courtoisie, ce blog au 2 septembre 2025, ou Éléments, ce blog aux 1er et 5 décembre 2025) et, d'autre part, par les affabulateurs de l'histoire officielle, trop heureux de l'aubaine. Le malhonnête Frédéric Saenen essaie même de donner corps au ragot en manipulant sa citation (mais nous savons –ô combien !– il est coutumier du fait : ce blog au 25 mars 2025, à propos des « crimes de guerre » de Léon Degrelle ; au 5 décembre 2025, à propos de son ignorance totale du flamand) : « L'intéressé lui-même a parfois laissé régner le doute [au sujet de la véracité du périple mexicain] : Partir, c'est un grand mot [...]. 17. » (p. 49) !

     

    La référence « 17 » renvoie au premier volume d' Ainsi parla Léon Degrelle... publié par Wim Dannau ; mais en vérité, le défenseur des Cristeros ne laisse évidemment « régner » aucun doute sur la réalité de son voyage ! En disant « Partir, c'est un grand mot », il ne sous-entend pas qu'il s'est contenté de rassembler de la documentation pour rédiger ses réquisitoires en chambre ! Il explique simplement que son départ ne fut pas celui d'un banal voyage touristique, qu'il lui fallut ruser avec les autorités mexicaines lui refusant son visa. C'est tout cela qui se trouve dans les crochets aux points de suspension placés par Saenen pour interrompre la citation et en changer le sens : « Partir, c'est un grand mot ; pour commencer, l'Ambassade du Mexique refuse mon visa. Les communistes étaient très puissants au sein de la coalition révolutionnaire. J'eus quelque mal à convaincre mon Abbé-Directeur de la façon dont j'allais m'y prendre pour arriver en Amérique Centrale, mais son tempérament bouillant l'emporta et en approuvant mon plan, il a dû se dire les voies du Seigneur sont multiples”...

    Mon ami Paul Nanson me prêta pour l'occasion son nom et ses papiers d'identité. Il ira avec une photo de moi demander un passeport, moi j'irai en tant que Nanson à l'Ambassade retirer mon visa. Quelques jours plus tard, Nanson-Degrelle s'embarquait à Hambourg pour le Mexique. » (p. 290-296).

     

     

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    Carte de touriste avec les photos de Léon Degrelle, délivrée par les services de l'immigration mexicaine au nom de Paul Nanson, un ami de la Faculté de Droit de l'Université Catholique de Louvain. Le motif du séjour qui y figure est : l'étude des possibilités d'un voyage en groupe de Belgique au Mexique (et retour !).

     

     

    Parti sur sa lancée sournoise, le fallacieux mystificateur s'en donnera à cœur joie pour déprécier l'enquête de Léon Degrelle au Mexique : « Nul besoin de voir du pays pour rédiger, sinon recopier, de tels pensums », « aucun portrait réaliste, aucune scène puissante », « son niveau d'espagnol est à l'époque très rudimentaire », « sa faconde ajoutée à son charme naturel lui permet [...] de séduire les épouses et les filles de chefs révolutionnaires ». Et de conclure en fulminant sa sanction laconique et définitive: « Degrelle est bel et bien allé au Mexique, mais en touriste curieux davantage qu'en reporter aventureux. » (p. 52).

     

    Le prétendu touriste selon Saenen effectue néanmoins un voyage pour le moins mouvementé (ce blog, entre autres, au 25 décembre 2017) dont les péripéties, les contacts noués, les précieux témoignages récoltés et, de retour en Europe, la poursuite assurée de l'aide aux catholiques mexicains seront regardés avec considération et salués avec reconnaissance par les évêques mexicains, tels Mgr Pascual Díaz, archevêque de Mexico City (Cristeros, p. 219) ou Mgr Jesús Manríquez, évêque de Huejutla (ce blog au 1er décembre 2025,)...

     

     

     

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    Un père jésuite (signature illisible, suivie des lettres « s.j. », Societas Jesu) écrit de Mexico à « Mon très Cher Ami » Léon Degrelle, le 20 mai 1930, s'étonnant de retrouver, oublié chez un ami mexicain, un « plateau indien », offert en cadeau de mariage (s'agit-il du projet de mariage annoncé dans le XXe Siècle le 23 novembre 1928 avec Cécile Van den Bossche ? Mes Aventures au Mexique, publié en 1932, sera dédicacé à sa future épouse Marie-Paule Lemay). Le prêtre poursuit en se réjouissant des suites positives du voyage au Mexique : « On m'a dit que vos articles sont éclatants. Je vous en félicite. Qu'ils fassent du bruit et du bien. En avant ! Dieu le veut. Recevez, mon très cher Léon, mes meilleures salutations et soyez si heureux comme le désire de tout cœur votre ami en Jésus-Christ. »

     

     

     

    Les apparitions de Beauraing

     

    Mais revenons au reprint de pages de Pierre Stéphany dans le SoirMag, avec l'anecdote censée déconsidérer les apparitions mariales de Beauraing : « En 1933, [Degrelle] fit des apparitions de Beauraing une exploitation qui, au moins sur le plan commercial, reste exemplaire. [...] l'on pouvait voir, à Beauraing, le directeur du journal, agenouillé pour la prière, se relever en glissant à l'oreille de son voisin : ça y est, cette fois-ci, nous tirons à 100.000 !... »

     

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    L'anecdote est, cette fois, tirée du pamphlet de Charles d'Ydewalle, Degrelle ou la triple imposture (Pierre de Meyère, 1968) : « Des apparitions mariales eurent lieu à Beauraing, encore une fois en Ardenne. [...] Nous savons simplement que Degrelle les utilisait à des fins purement commerciales, ce qu'un témoin nous a bien raconté. Le futur chef de Rex, agenouillé pendant la prière, se releva ensuite pour glisser à l'oreille de son voisin : ça y est, cette fois-ci nous tirons à 100.000. » (p. 55).

     

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    Mais aucun témoin n'a jamais rien raconté au vindicatif d'Ydewalle : il a seulement recyclé le racontar d'un autre exclu du mouvement Rex, Robert du Bois de Vroylande (ce blog au 27 octobre 2020) : « Matthys et moi-même nous poussions Bluff [= Léon Degrelle] au lancement d'une brochure sur Beauraing. Or chose curieuse, Bluff n'accordait dans les débuts aucune chance de succès à une brochure de ce genre. Quand il eut, toutefois, assisté à l'extase des jeunes visionnaires et constaté que les milliers de pèlerins ne cessaient d'affluer, il changea brusquement d'avis et jura ses grands dieux qu'on allait tirer à cent mille”. » (Quand Rex était petit..., p. 61).

     

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    « Propagande et terreur ! »

     

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    La livraison suivante, du 10 juin 2026, du SoirMag confine presque au dithyrambe, ne fût-ce déjà que par les titre et sous-titre : « Degrelle galvanise la Belgique en crise. Alors que la société belge est minée par une économie moribonde, le beau Léon séduit des milliers d'anonymes avec une propagande moderne et un discours radical » !

     

    Pour tempérer quelque peu l'éloge, Pierre Stéphany va reprendre un ragot que le ministre de l'Intérieur catholique de l'époque, Charles du Bus de Warnaffe, ourdit vainement peu avant les élections de 1936 qui allaient voir le triomphe du mouvement rexiste.

     

    « À un député français, il confiait, quelques semaines avant les élections de mai 1936 : J'aurai vingt élus. Mon groupe refusera toute collaboration avec qui que ce soit et organisera une obstruction systématique. Nous rendrons tout gouvernement impossible. Après deux ou trois ministères par terre, mon tour viendra et je prendrai le pouvoir. Mes élus, je les aurai en main, tous me remettront une lettre de démission en blanc, je les exécuterai s'ils ne marchent pas comme je voudrai. Propagande et terreur, voilà mes moyens. Je terrorise déjà, tout le monde a peur. Quand, dans deux ou trois ans, j'aurai le pouvoir, ce sera aussi la terreur que j'imposerai. Il ne peut plus m'arriver qu'une condamnation des évêques. Je m'en fous. J'ai un dossier terrible contre le Cardinal. Je démontrerai la complicité de 2.100 prêtres démarcheurs appointés du Boerenbond. Dépêchez-vous, en France : il vous manque un homme comme moi ! »

     

     

     

    Jam Bus Warnaffe.jpeg

    En 1935, le gouvernement tombe et un nouveau arrive : le caricaturiste Jam croque le ministre des Communications catholique Charles du Bus de Warnaffe remettant ses compétences (un fusil !) à son remplaçant socialiste Paul-Henri Spaak. Comme on le verra encore aux élections partielles de 1937 (ce blog aux 6 mai 2016 et 14 avril 2017), toutes ces familles politiques interchangeables ont le même dénominateur commun : abattre le rexisme !

     

     

    Pourchassé par la vindicte de Léon Degrelle le dénonçant comme le « défenseur des pourris » du Parti catholique et le « traître de la dévaluation » au profit des banksters, le ministre du Bus de Warnaffe publia, le 23 mars 1936, une lettre ouverte à Léon Degrelle dans les deux principaux journaux catholiques, Le Vingtième Siècle et La Libre Belgique où figuraient des propos outranciers tenus à « une personnalité étrangère de passage à Bruxelles » (nous ignorons d'où Stéphany tire sa version, car les prétendues déclarations du Chef de Rex sont ici encore plus excessives que dans les deux quotidiens où il n'est, par exemple, pas question des 2100 prêtres appointés du Boerenbond, la Ligue des paysans censée défendre les intérêts économiques du monde agricole catholique flamand).

     

    On imagine bien la réaction du principal intéressé face à ces propos ahurissants, estimant que « non seulement ce texte était grotesquement fantaisiste, mais en outre qu'on ne pouvait lui donner comme origine qu'une conversation strictement privée ». C'est ce qu'attendait le ministre pour divulguer le nom de la « personnalité » : le député français conservateur catholique Philippe Henriot (effectuant alors une tournée de conférences en Belgique) qui s'empressa de fermer le piège en publiant à son tour un courrier appuyant le poulet du vertueux ministre belge (il n'est pas anodin de rappeler que dans le premier gouvernement d'après-guerre, le catholique vicomte Charles du Bus de Warnaffe fut un ministre de la Justice qui refusa systématiquement tous les recours en grâce des condamnés à mort de l' « Épuration », soit 34 exécutions en quatre mois, dont Irma Laplasse, l'une des quatre femmes à avoir été passées par les armes entre 1945 et 1950).

     

    LLB 1936.03.05 Portrait Henriot.png

     

    Il n'est que le nouveau soi-disant biographe de Léon Degrelle pour faire ses choux gras de ce pétard mouillé et prétendre que « Degrelle s'insurge à la divulgation de ces phrases, sans pour autant les renier » (p. 88) ! Renie-t-on ce qu'on n'a pas dit ? Le tribun rexiste qui a bien rencontré Henriot s'irrite plutôt que l'animateur de la Fédération Nationale Catholique française extrapole aussi outrancièrement ses propos. Et pourquoi ce dernier se prête-t-il à cette manœuvre ? Très probablement parce qu'il se croit plus proche de l'officiel Parti catholique belge que de celui qui prétend le régénérer.

     

    La Libre Belgique n'avait pourtant pas une meilleure opinion de Philippe Henriot, semble-t-il, que de Léon Degrelle, le décrivant avec autant d'acrimonie : « L'on chercherait en vain, dans [l]es discours [de Philippe Henriot], la générosité de langage et la hauteur de pensée qui caractérise les hommes que je viens de nommer et encore plus leurs devanciers du temps des Berryer et des Montalembert. Aucun de ces anciens ne s'est laissé entraîner –comme M. Philippe Henriot par exemple– à faire de la tribune du Parlement une plateforme pour attaquer exclusivement des personnes, oubliant les doctrines, les idées. » (21 avril 1936).

     

    Après s'être ainsi laissé entraîner aux côtés des officiels catholiques belges contre le chef de Rex, Philippe Henriot, membre honoraire de la Milice, secrétaire d'État à l'Information du maréchal Pétain, évitera soigneusement d'encore croiser le chemin de Léon Degrelle (même lors du grand rassemblement de la Collaboration française au Palais de Chaillot pour le discours-événement du héros de Tcherkassy, le 5 mars 1944) ; il sera assassiné à la mitraillette devant son épouse par un commando de seize terroristes déguisés en miliciens, le 28 juin 1944.

     

     

     

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    On peut certainement estimer regrettable la polémique à laquelle Philippe Henriot crut devoir participer contre Léon Degrelle, emporté sans doute par ses fortes convictions catholiques. Car l'éditorialiste écouté de Radio-Paris fut également un ardent partisan de l'Europe d'Ordre nouveau. Il participa à l'écriture du Manifeste de la fondation, en janvier 1943, de la Milice française, placée sous les ordres de Joseph Darnand dont la nièce Jeanne Brevet fut l'épouse tant aimée de Léon Degrelle.

     

    Ses chroniques radiophoniques constituaient journellement l'événement politique le plus suivi par tous les Français. Le jour où il fut assassiné, le 28 juin 1944, c'est le chef du gouvernement lui-même, Pierre Laval, qui, à 19h40, l'heure de la chronique quotidienne du célèbre tribun, prit la parole pour en prononcer l'éloge funèbre : « Philippe Henriot a été assassiné ce matin au Ministère de l'Information. Il a été abattu à coups de revolver sous les yeux mêmes de sa femme. Cette grande voix française, éloquente, passionnée, n'était indifférente à personne. Elle était aimée ou elle était redoutée. Faute de pouvoir répondre à Philippe Henriot, on l'a fait taire ; faute de pouvoir lui fermer la bouche, on lui a fermé les yeux. »

     

    Philippe Henriot eut droit à des obsèques nationales célébrées dans une formidable ferveur populaire dont le reportage cinématographique est toujours visible dans les archives de l'INA.

    Henriot funérailles.png   Henriot Affiche.png

     

     

     

    S'étonnera-t-on que Frédéric Saenen n'ait pas un mot pour la mise au point, toute de bon sens, que le Secrétaire général de l'Université Catholique de Louvain, l'historien Léon van der Essen (ce blog aux 6 juillet 2024 et 7 novembre 2025), envoya à l'hebdomadaire Rex (Le Pays réel n'existait pas encore), le 5 avril 1936 ?

     

    « Je sais que certains vous représentent comme un futur dictateur, assoiffé de sang.

    Laissez-moi rire !

    Je vous ai connu à l’Université de Louvain comme un garçon très sympathique et jovial, très attaché à ses devoirs religieux et, par le fait même, gai et plein d’optimisme, entièrement rebelle à certaines théories déliquescentes qui font de nos jeunes gens des “vieux” avant l’âge.

    Vous avez, pendant votre séjour ici, révolutionné la vie estudiantine en organisant des “blagues” de dimension, qui ont laissé à ceux qui en furent les spectateurs une impression de forte et saine gaieté. Je ne puis dès lors pas croire –même si vous l’avez dit vous-même – que vous êtes résolu à mettre la Belgique à feu et à sang. […]

    Si, emporté par la colère ou par la violence de la polémique, vous avez manqué à la justice et à la charité, il importe que vous reconnaissiez votre erreur sur tel point ou concernant telle personne. Une campagne d’assainissement ne peut s’inspirer que de la vérité. Mais ce qui demeure et ce qui est le fait capital : des milliers et des milliers de Belges demandent avec vous la propreté.

    Et à l’échéance de mai prochain, on verra que telle est la volonté inébranlable de tous ceux qui aiment leur pays et qui veulent qu’il soit pur et, par-là, grand et fort. » (Rex, 24 avril 1936).

     

     

    Quid des copyrights ?

     

    Pour illustrer la reprise de l'article de Pierre Stéphany, spécialiste du « copié-collé », le SoirMag, sans doute par contagion, a procédé de même, reprenant sans vergogne les photos des archives en ligne du Cercle du Collectionneur.

     

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    Cercle Collect. Vlan.png   Cercle Collect. Rex.png

     

    Les photos sont créditées « D.R. ». Est-ce à dire « Droits réservés » ? Mais à qui ? Au SoirMag ? À leur légitime propriétaire parfaitement identifiable par le cachet visible sur les photographies « C.H.R.I. DE SCHUTTER » (Centre Historique de Recherche et d'Investigation – Jacques de Schutter) ?

     

    Le magazine qui ne cesse de donner des leçons de morale et d'éthique à tout le monde, en participant notamment aux campagnes permanentes de défense de la presse professionnelle contre la désinformation et les « fake news » n'en a, en réalité, rien à foutre de la déontologie et ne fait que de l'autopromotion à bon marché. Tous ces titres « grand public » –Le Soir, La Libre (ex-Belgique), La Dernière Heure, GrenzEcho,...– prétendent défendre la pluralité de la presse, mais recopient tous consciencieusement les mêmes communiqués politiquement corrects des agences de presse autorisées... Et ne sont pas même capables de sourcer correctement leurs emprunts photographiques ni de créditer leurs propriétaires légitimes.

     

    Et que le SoirMag ne vienne pas dire qu'il ignorait avec qui prendre contact : s'il a pu trouver les documents dans le labyrinthe des collections du site du Collectionneur, il n'a pu passer outre des « Mentions légales » où est expressément publié l'avertissement suivant : « En vous connectant sur ce site, vous acceptez, sans réserves, les présentes modalités », dont celles concernant le copyright.

     

    Cercle Collect. Copyright a.png

     

    Mais en ce jour anniversaire du Géant Léon Degrelle (ce blog au 15 juin 2024), ne boudons pas notre plaisir et savourons sans modération la conclusion de Pierre Stéphany publiée dans le SoirMag, texte qu'on ne se serait plus attendu à pouvoir lire dans un magazine mainstream en 2026 !...

     

    « le battage [que Léon Degrelle] organisait autour [de ses idées], les drapeaux, la musique, la mise en en scène, les supporters frénétiques, avaient de quoi frapper les esprits faibles – et même, quelquefois, les autres. De plus, il était doté d'un talent d'orateur, avec une voix forte et souple, teintée d'un reste d'accent wallon, un ton direct, des gestes amples, le sens des effets, l'art de ménager le plaisant et le sévère. »

     

     

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    Le 20 novembre 1992, jour anniversaire de la mort de José Antonio et du Caudillo Franco, l'Association Pétain-Verdun avait voulu associer le Maréchal Pétain au traditionnel hommage célébré alors par les Espagnols. Un banquet avait été organisé au restaurant El Pardo, dans la banlieue madrilène, où, invité d'honneur, Léon Degrelle prit la parole, une des toutes dernières manifestations de sa fougueuse éloquence.

     

     

     

  • Robert Brasillach-"Bardache" ? Léon Degrelle-"Amidon" ?

     

    La différence entre une insulte crapuleuse

    et un sobriquet moqueur

     

     

    La publication sans autre intérêt que nuisible de la traduction des délires d'un évangéliste américain nous a récemment fait réagir dans un bref commentaire. Le doctrinaire pseudo-biblique prétendait en effet établir sa théorie sur les origines sexuelles du nazisme grâce, entre autres, à ce que nous pourrions appeler la Preuve par Degrelle et Brasillach (ce blog au 4 mai 2026 ; merci encore à Xavier pour le renseignement).

     

     

     

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    Même s'il se virent souvent au cours des années 1936-1937, nous ne connaissons pas de photographies montrant ensemble Léon Degrelle et Robert Brasillach. Ce document fictif les réunissant a été réalisé par intelligence artificielle à partir de clichés du Chef de Rex d'octobre 1936 et du rédacteur en chef de Je suis partout de novembre 1941.

     

     

    Dans un message sur son réseau social, le traducteur assurait ainsi avoir découvert « que l'homosexualité et la pédérastie formaient le fil rouge qui permet d'expliquer bien des engagements en faveur du nazisme, y compris de collaborateurs célèbres comme Léon Degrelle ou Robert Brasillach ».

     

    Et d'illustrer son propos par des citations anodines de La Campagne de Russie qu'il voudrait lubriques, Léon Degrelle osant, par exemple, se décrire, lui et ses Légionnaires, « Vigoureux et nus, [...] nageant sans fins [sic] dans la mer chantante »... En ce qui concerne l'auteur de Léon Degrelle et l'avenir de Rex”, il affirme tout aussi gratuitement que « Brassilach [sic] était surnommé Bardache », engageant son lecteur à découvrir (inutilement !) l'étymologie du mot pour bien le comprendre (précisons aussi que, tout à sa foldinguerie, Stanislas Berton ne lit même pas correctement ses sources : c'est Maurice Bardèche qui y est surnommé bardache et non Robert Brasillach, voir ci-après).

     

    Nous avons dit notre ahurissement devant pareilles insanités. Le prétendu surnom –dont nous n'avons jamais trouvé la moindre occurrence dans les nombreuses biographies de Brasillach– n'aurait pas manqué de nous interpeler, vu la proximité avec Bardèche, le nom du beau-frère et ami intime du poète fusillé.

     

     

     

    Suzanne+Bardèche+Brasillach.jpeg

    Suzanne Brasillach et Maurice Bardèche, mariés depuis un an, partagent leurs vacances d'été 1935 dans les Pyrénées Orientales avec Robert, leur frère et beau-frère. Les deux amis, auteurs du premier ouvrage historique consacré au Septième Art, en profiteront pour peaufiner leur Histoire du Cinéma (photo extraite de Bernard George, Robert Brasillach écrivain, Production littéraire, 1992).

     

     

    C'était sans compter sur la vigilance de notre fidèle lectrice Léonie ! Intriguée, elle eut l'heureuse idée de se renseigner sur Internet. Ce qui nous a valu son intéressant commentaire que nous reproduisons ici :

    « En associant les deux mots "bardache" et "Brasillach" sur Google, l'Intelligence Artificielle (!) m'a répondu que c'est l'écrivain René Étiemble qui a donné ce surnom à Brasillach (en même temps d'ailleurs que "Brasillèche", pour Maurice Bardèche).

    Si j'ai bien compris (car l'info était en anglais!), il s'agit d'un jeu de mots sur leurs deux noms pour souligner l'amitié qui les apparentait à un "little couple" (sans rapport donc avec le sens donné par Littré : "Terme obscène signifiant mignon, giton" puisque l'autre surnom ne veut rien dire).

    Etiemble était leur condisciple au Lycée Louis le Grand : je suppose donc qu'il s'agissait d'une blague de potache, comme le surnom "amidon" donné à Léon Degrelle par ses condisciples chez les jésuites de Namur (sans autre connotation non plus!). »

     

    La supposition bienveillante de Léonie rend bien évidemment justice à sa noblesse d'âme. Une recherche complémentaire nous a cependant appris que la blague qu'elle pensait avoir été innocemment imaginée par le potache Étiemble ne date pas des années où il fréquenta Robert Brasillach et Maurice Bardèche au Lycée Louis le Grand. Ces surnoms ont été décernés avec une méchanceté délibérée en 1955 –quelque dix ans après le meurtre légal du jeune écrivain– par cet admirateur forcené de Mao Tsé-Toung. Et il s'agissait bien de salir la réputation de ses cibles impuissantes car on peut être assuré que « Brasil-lèche » veut effectivement faire le pendant explicite de l'obscène « Bardache » !

     

     

    La haine d'Étiemble, dix ans plus tard

     

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    Le « nous », qui ne se veut pas majestatif, constitue de toute évidence une usurpation de pluriel : il est bien clair que jamais personne n'a traité Robert Brasillach de bardache ou brasillèche, à part Étiemble-la-haine, un des plus infâmes individus des Lettres françaises, s'en prenant rageusement, 10 ans après son martyre et par écrit dépité, au poète bouleversant de Mon pays me fait mal et Les noms sur les murs, supplicié le 6 février 1945 au Fort de Monrouge.

     

    Seule, une Alice Kaplan, enseignant la littérature française dans une université américaine, a ramassé ce crachat pour le faire mousser dans son The Collaborator : the trial and execution of Robert Brasillach (Chicago, 2000), alimentant aujourd'hui les délires du maboul évangéliste et de ses disciples.

     

    Kaplan Brasillach.pngEn lui accordant inopinément crédit et visibilité, Kaplan commit surtout, à notre sens, une grave faute académique puisque, faisant semblant de croire que la saleté proférée par Étiemble relevait d'un ragot connu de tout un chacun, elle se donne la peine de décortiquer pour son lecteur anglophone le jeu de mots inusité du calomniateur : « In a postwar essay, schoolmate Etiemble famously dubbed Brasillach and Bardèche brasillèche et bardache (lèche in French means "lick" and bardache means a boy lover or young prostitute) ». Déplorant ensuite qu'on ait pu ignorer ce « témoignage » : « Because of the homophobia and sarcasm of these references, it is tempting to ignore the entire issue. » (p. 7). En fait, le but de la manœuvre de Kaplan était d'apporter des éléments justificatifs au réquisitoire du procureur Reboul qui, en évoquant Oscar Wilde au procès de l'écrivain, avança que l'amour de Brasillach pour l'Allemagne équivalait à une trahison perverse de la France !...

     

    Pour éviter tout risque d'équivoque sexuelle à propos du surnom « Amidon » donné d'emblée à l'encore timide Léon Degrelle par ses condisciples narquois lorsqu'il entra chez les jésuites du Collège Notre-Dame de la Paix à Namur, donnons la parole au principal concerné : « De mon univers de gamin des bois, on me plongeait brusquement dans une lourde casemate, parmi deux cents aristos, à peu près tous garçons des villes, moitié noblesse, moitié grosse bourgeoisie. Je ne connaissais personne. Brusquement, ces hautes murailles grises, ces visages inconnus ! Je me cachais pendant la récréation, pour rester seul.

     

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    À table, je me tenais muet, raide comme un piquet. On m'avait baptisé “amidon”. Surtout je me demandais si je serais capable de suivre les Cours. J'étais entré en Troisième Latine. Les programmes ne correspondaient pas avec ceux de mon Institut. J'étais un an en retard en mathématiques et en grec. Mais les Jésuites sont des maîtres-hommes. Au bout de huit jours, mon professeur m'avait pris en main. Le premier concours était le concours de français, heureusement. Je sortis premier sur trente. Le soir même, le sobriquet amidon disparaissait. » (Degrelle m'a dit, pp. 37-38).

     

     

    La haine d'Étiemble, vingt-cinq ans plus tard

     

    S'il fallait encore se convaincre de la mauvaiseté rancuneuse du crapuleux personnage qu'était Étiemble, voici quelques extraits de sa lettre haineuse publiée dans Le Monde du 14 février 1970. Elle se voulait une réponse vertueuse à la double page que le quotidien avait consacrée au vingt-cinquième anniversaire de l'exécution du malheureux écrivain : « [...] tout ce [que Robert Brasillach] écrivit pour demander la mort des gaullistes, des résistants de toute obédience, des juifs et d'autres criminels, dont six millions au moins, par ses soins diligents, furent très bien massacrés dans les camps hitlériens. [...] Car, enfin, ne biaisons point : Brasillach n'est pas un poète assassiné. Il fut condamné à mort pour avoir obstinément, haineusement, demandé, obtenu la mort de plusieurs millions de ses frères humains. [...] je sais gré au général de Gaulle d'avoir gardé la force d'âme suffisante pour ne pas céder à toutes les illustres signatures qui lui demandaient la vie sauve pour ce pourvoyeur de charniers. [...] »

     

     

    Monde 1970.06.07.jpeg

    La double page d'hommage à Robert Brasillach publiée par Le Monde, le 7 février 1970, telle que reproduite par les Cahiers des Amis de Robert Brasillach (n° 16, intercalaire entre les pages 6 et 7).

     

     

    Cette détestation fanatique trouvait en réalité sa source –le comptable inflationniste des prétendues victimes du poète tient d'ailleurs à le raconter dans cette même lettre– dans une ancienne humiliation que lui auraient infligée des Camelots du Roi à l'occasion d'une conférence où il manifesta sa cuistrerie précoce : « Dès 1929, je lui interdis [à Brasillach] de passer à moins de six pas de moi dans Paris, sous peine de recevoir une paire de gifles, et voici pourquoi : j'avais assisté à une réunion d'Action française, pour m'informer [...]. Comme je refusais de me lever à un moment où la réunion publique tournait à la cérémonie religieuse, le service d'ordre des camelots du roi m'entraîna hors de Bullier et, au nom de l'Action française, quelques coups de poing américains m'écrasèrent le visage et me brisèrent plusieurs dents. Le lendemain matin, mon excellent camarade de khâgne et de Normale, Robert Brasillach, cet homme, nous le savons tous, qui avait le génie de l'amitié, vint me donner le coup de pied de l'âne à un moment où mon état physique ne me permettait pas de lui répliquer comme il le méritait. »

     

    Il est important de noter ici qu'en racontant ce souvenir, le sénile atrabilaire ne faisait que radoter en amplifiant singulièrement (et donc mensongèrement) tous les détails la frustration qu'il évoquait déjà, quinze ans auparavant, dans Littérature dégagée : « Quels salauds, pourtant, dès 1929 ou 1930 ! [...] Un jour que j'avais eu l'occasion d'apprécier de façon moins tolérable encore que d'habitude un trait du caractère de Brasillach [...] je lui interdis de jamais passer dans Paris à moins de trois mètres (était-ce trois pas ?) de moi ! Assez veule pour subir cette injonction, comment plus tard n'eût-il pas collaboré ? » (p. 168). Imprécisions dans les dates et les distances (qui n'existeront plus quinze ans plus tard), mais pas question ici de réunion d'Action française, de camelots du roi, de gifles, de dents cassées, de coups-de-poing américains ou de coups de pied de l'âne. Par contre, en 1970, il ne sera curieusement plus question de surnoms à connotation sexuelle. De même qu'Étiemble se présente alors en malheureuse victime d'un coup bas de Brasillach, tandis qu'en 1955, c'est lui qui aurait humilié le veule froussard dans l'antichambre de la collaboration !...

     

    Monde 1970.06.14.jpeg

     

    Une bassesse aussi turpide n'a évidemment pu susciter qu'un torrent de réactions indignées dont le souvenir a été conservé dans les Cahiers des Amis de Robert Brasillach (n° 16, Été 1971).

     

    Nous y épinglerons le « déculottage » cuisant infligé par Lucien Rebatet dans le Rivarol du 26 février 1970 : « Je dis que c'est une basse et stupide vilenie de la part d'Étiemble que de mettre en doute, en alléguant un obscur incident à Normale, le courage d'un homme qui a reçu la mort aussi héroïquement que Robert. Quand on trépigne de joie sur la tombe d'un adversaire, vingt-cinq ans après sa mort, cela témoigne d'une constance dans la haine que je ne commenterai pas, mais qui disqualifie certainement Étiemble pour le personnage du grand humanitaire qu'il prétend être. » (p. 31).

     

     

    Étiemble, un haineux convulsif !

     

    Et tant qu'à évoquer des incidents personnels, Rebatet a rappelé la méchanceté viscérale du pharisaïque donneur de leçons de morale : « en visite à la N.R.F., je me trouvai dans le bureau de Dominique Aury en même temps qu'Étiemble. Nous nous connaissions de vue, sans nous être jamais adressé la parole. Au bout d'un moment, Dominique Aury, qui me manifestait beaucoup d'amitié, nous dit : Allons, cessez de vous regarder en chiens de faïence. Vous avez l'air idiot. Ayez un geste ! Je n'étais pas chaud pour le geste. Étiemble s'avança. Je fis le reste du chemin. Bref, nous nous serrâmes la main et nous bavardâmes très naturellement de littérature pendant près d'une demi-heure. Comment qualifier le monsieur qui, après avoir accepté de serrer la main d'un adversaire lequel a pratiqué lui-même l'oubli des injures, déplore, dix-huit ans plus tard, que la IVe République l'ait laissé en vie, et s'alarme de lui voir relever son mufle sanglant ? » (p. 31).

     

     

     

    Rebatet Figaro 1946.11.19.png   robert brasillach,maurice bardèce,bardache,amidon,brrasillèche,stanislas berton,association des amis de robert brasillach,arb,suzanne bardèche,rené étiemble,alice kaplan,lucien rebatet,dominique aury,pierre-antoine cousteau,louis védrines,franglouille,sorbonagre,robert faurisson

    Pendant le procès des journalistes de Je suis partout où il sera condamné à mort en compagnie de Pierre-Antoine Cousteau, Lucien Rebatet est scruté par les journalistes : à gauche, photographie publiée dans le quotidien gaulliste Le Figaro du 19 novembre 1946 ; à droite, caricature parue dans Le Franc-tireur, ancienne publication clandestine de la Résistance, du 23 novembre suivant.

     

     

    Il faut dire qu'à la fin de sa diatribe hystérique, Étiemble associa le chroniqueur implacable des Décombres à son aversion pour Brasillach : « Menacée aujourd’hui de toutes parts, la liberté (sur quoi se fondent toute justice, tout amour et toute vérité) ne peut subsister que si non seulement nous savons mourir pour elle sans broncher, mais que si nous acceptons que des lois iniques nous menacent d'être assassinés par ceux des Brasillach qu'on eut tort de gracier (Le Monde du même jour en célèbre un autre, Lucien Rebatet, dont j'ai célébré le chef-d’œuvre : Les Deux Étendards) et qui déjà, relevant leurs mufles sanglants, réclament à nouveau la peau des juifs, des nègres, des Arabes, des libéraux. » (p. 24).

     

    Si vous avez relu ce paragraphe plusieurs fois pour essayer de le comprendre, ce n'est pas parce que nous en avons mal recopié le texte. L'auteur de Souvenirs parisiens, 1940-1944, Louis Védrines, avait également relevé le galimatias dans sa réaction au Monde : « M. Étiemble, dont on n'aurait pas attendu tant d'ingénuité fournit lui-même une réponse [à « sa haine pour la mémoire de Brasillach »], d'abord lorsqu'il parle (imprudemment) de talent et de facilité, c'est-à-dire de ce qui lui est le plus étranger, ensuite lorsqu'il s'abandonne, in fine, à une étonnante démonstration de charabia, particulièrement savoureuse de la part d'un pourfendeur du franglais. » (p. 29).

     

    Raison pour laquelle sans doute, l'Association des Amis de Robert Brasillach lui avait également décerné le sobriquet (gentiment plaisant, celui-là) : Franglouille.

     

    Plus incisif et pointilleux, le Professeur Robert Faurisson avait, quant à lui, emprunté « Sorbonagre » à la verve de François Rabelais pour désigner cette prétentieuse et malfaisante jacasse.

     

     

  • Hitler, Degrelle, Brasillach... tous criminels, car...

     

    ...tous pédés !

     

    Breker Camarades.jpeg   Thorak Licht.png

     

    Que les fantasmes d'homosexuels à la fibre artistique émancipée aient pu s'émoustiller en contemplant l'exaltation du corps masculin (ou féminin pour les lesbiennes) dans la statuaire nationale-socialiste, –on retiendra surtout les œuvres impressionnantes d'Arno Breker (à gauche, Camarades) ou de Josef Thorak (à droite, La Lumière)– ou en parcourant les livres et revues non équivoques (ci-après le célèbre ouvrage de Hans Surén, Homme et Soleil : Esprit olympique aryen, 1936) promouvant les activités nudistes (courantes dans l'Allemagne d'avant, pendant et après le nazisme) est bien connu et n'a jamais dérangé personne.

     

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    Suren Mensch Sonne 41 d.png   Suren Mensch Sonne 41 f.png

     

    Après-guerre, cette séduction s'exprima même sans honte dans les romans d'écrivains au talent littéraire certain, comme Jean Genet ou Roger Peyrefitte, n'hésitant pas à décrire en détail approches séductrices ou ébats passionnels avec les blonds SS au corps d'athlète qui avaient enflammé leur libido hétérodoxe...

     

    Angebert Eros 2.pngCertains, tel Michel Angebert (Éros en chemise brune, 2 vol., 2014), ont même essayé d'en faire profiter le Führer aux « orientations sexuelles encore mal élucidées » ! Mais finalement, toute cette littérature ne pourrait-elle pas, malgré toutes les précautions de langage, donner du national-socialisme une image quelque peu positive ou, pire encore, lui garantir auprès de certains la séduction du fruit défendu ?

     

    Sans doute était-il donc temps de réagir vigoureusement, mais ce que nous ne parvenons pas à bien comprendre, c'est qu'après avoir dénoncé la persécution dont furent victimes nombre d'homosexuels en vertu du fameux Paragraphe 175 du code pénal allemand (issu du 19e siècle et seulement abrogé en 1994 !), on voudrait faire aujourd'hui du IIIe Reich un vaste club gay dont la déviance sexuelle des responsables serait seule responsable du déclenchement de la guerre et de son cortège d'horreurs...

     

    Ce serait en tout cas la thèse du bouquin d'une espèce de fanatique biblique comme seuls les États-Unis peuvent en produire, et qu'un certain Stanislas Berton, probablement converti à son « ministère de la vérité éternelle », a eu la lubie de traduire. Selon Wikipedia (qu'il est parfois intéressant de consulter pour ne pas devoir tout acheter), le bouquin en question –The Pink Swastika– prétend en effet que « les homosexuels [sont] les véritables inventeurs du nazisme et la force motrice derrière de nombreuses atrocités nazies ».

     

    Nous ignorions l'existence de Stanislas Berton qui serait un ingénieur développeur de jeux vidéos reconverti dans la défense de l'identité catholique de la France. Initiative que nous pourrions saluer (il est même diffusé par les éditions de Chiré), mais qui ne nous obligera certes pas à avaliser ses délires wokistes.

     

    Berton Instagram.jpg

     

    Le scatologue Jonathan Littell (ce blog, entre autres, au 8 février 2018) regrettait, dans ses « travaux » sur la structure de la langue et de la pensée de Léon Degrelle, qu'il ne manquât à celui-ci « pour devenir un être humain, qu'un bon coup de pine au cul ». On dirait bien que Stanislas Berton se fait fort d'établir que c'est fait !

     

    Pour lui, il ne ferait désormais aucun doute que l'engagement au Front de l'Est de Léon Degrelle et de ses Wallons-Bourguignons ne s'explique que par l'homosexualité et la pédérastie. De même d'ailleurs que les sympathies pour le national-socialisme que put nourrir Robert Brasillach, le merveilleux poète foudroyé par la haine gaulliste...

     

    La preuve ? Dans La Campagne de Russie, Léon Degrelle célèbre la pureté et la vigueur de ses jeunes Légionnaires ! Et Robert Brasillach n'aurait-il pas été surnommé « Bardache », substantif dont Berton nous encourage à découvrir l'étymologie certainement sulfureuse (notre dictionnaire, –Trésor de la Langue Française, t. 4, p. 182–, n'indique pourtant qu'une innocente origine italienne signifiant « jeune garçon, fillette, sans valeur péjorative », de provenance arabe pour désigner un « jeune esclave »...).

     

    Qu'ajouter à ces preuves irréfutables ? Nous ne nous souvenons pas avoir jamais lu dans les biographies de l'auteur de Notre Avant-Guerre qu'on lui aurait donné le sobriquet de « bardache ». De plus, Flaubert –l'écrivain utilisant le plus souvent ce mot– l'emploie « tantôt sans signification précise [...], tantôt comme terme d'amitié » (TLF, Ibidem). Mais sans doute voudrait-on nous faire croire que si Robert était « bardache », c'est justement qu'il était tellement proche de son beau-frère Maurice (spécialiste par ailleurs de Gustave Flaubert), dont le nom de famille était... Bardèche ?!!! Pour info, Léon Degrelle avait aussi reçu un surnom dans son adolescence, bien documenté celui-là : « amidon » (Degrelle m'a dit, p. 37). De quoi sûrement faire fantasmer goulûment ces malades de la braguette...

     

    Alimenterions-nous encore les délires imbéciles de ces sectaires malfaisants avec les photographies de ces quelques moments de repos dans l'amitié et la joie de la baignade des Volontaires de la Légion Wallonie ? Nul doute que ces fêlés de la cafetière n'y verront que promiscuité suspecte et partouzes homos !

     

    LD+shorts.JPG

    Légionnaires inconnus.JPG

    Baignade (Prosper Hebbelinck 2ème droite) 914.JPG

     

    Nous remercions vivement notre fidèle et vigilant ami Xavier de nous avoir communiqué copie du message publicitaire de Stanislas Berton trouvé sur son réseau social.

     

  • Léon Degrelle, 31 mars 1994 - 31 mars 2026. Etsi mortuus urit !

     

     

    Le plaidoyer d'un père éternellement aimant,

    d'un poète impénitent, d'un lutteur toujours

    pugnace...

     

     

     

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    Le 27 octobre 1957, Léon Degrelle écrit, pour la première fois depuis douze ans, à sa fille Chantal. Il a reçu son adresse par son fils Léon-Marie qui l'a rejoint le mois précédent, lui a appris le mariage de sa fille aînée et donné des nouvelles de toute la fratrie, notamment d'Anne, fort remontée contre son père...

     

     

    Pour le trente-deuxième anniversaire de la disparition de l'auteur de Les Âmes qui brûlent, nous avons choisi de vous donner accès à un extraordinaire document, la lettre-fleuve de Léon Degrelle à l'aînée de ses enfants, Chantal avec qui il essayait de reprendre contact après plus d'une décennie d'absence (ce blog au 2 septembre 2023).

     

    Ce long courrier, au lyrisme passionné, destiné à renouer avec ses proches dont il était coupé par les manœuvres de sa belle-famille (ce blog au 5 novembre 2022), est un émouvant témoignage de l'amour d'un père injustement privé de ses enfants, en même temps qu'une encore discrète justification de son combat politique. Il nous éclaire aussi sur la précocité de l'inimitié atavique d'Anne qui éclatera avec une étonnante crudité dans ses récents mémoires (ce blog à partir du 23 octobre 2022). Si cette appréciation toute négative d'Anne à son propos est connue de Léon Degrelle, c'est que son fils Léon-Marie l'a rejoint depuis le mois de septembre 1957 et l'a renseigné sur les sentiments de toute la famille : ils sont à la base de ce courrier bien circonstancié à l'adresse de sa fille aînée Chantal (sur les premières impressions de Léon-Marie concernant sa nouvelle vie en Espagne, voir ce blog au 26 février 2016).

     

     

    LD Anne+LM+Chantal+God.jpg

     

    Léon Degrelle (en uniforme de la Wehrmacht et non de la Waffen SS qu'il ne rejoindra qu'en juin 1943) avec toute sa famille : de gauche à droite, Anne (née le 27 juillet 1936, ce blog au 13 mars 2023), Léon-Marie (né le 4 mai 1939) dans les bras de son Papa, Chantal (née le 13 février 1934) entre son Papa et sa Maman, Marie-Paule Lemay, qui enlace, debout sur le muret, Godelieve (née le 14 avril 1938, ce blog au 17 avril 2023) à qui son Papa donne également la main. Il ne manque donc que Marie-Christine, qui viendra au monde le 1er août 1944 : cette photo fut prise dans la propriété familiale de la Drève de Lorraine probablement au moment des funérailles à Bruxelles, le 17 avril 1943, de Paul Colin, le directeur du Nouveau Journal, assassiné trois jours auparavant (ce qui expliquerait les tenues de deuil de la Maman et de ses deux aînées).

     

     

    Un document passionnant, nous éclairant sur la vraie personnalité de Léon Degrelle, empreinte de compassion et de charité, tout autant que de foi et de justice.

     

    [Documentation © Jacques de Schutter]

     

     

    Le 27 Octobre 1957.

     

    Ma belle grande Chantal,

    Mon cher Roland,

     

    Me voici installé dans un jardin, écrivant sur une table d'osier qui tremble. Un grand soleil d'or, sur un immense ciel bleu appuyé sur des montagnes violettes ! Quelques vieux arbres jaunissants, coiffés de grands corbeaux noirs qui essayent de comprendre, par-dessus mon épaule, ce que j'écris bien !

     

    « J'écris à ma fille, vieux grands corbeaux ! à ma fille dont vous voyez la photo près de moi. Regardez-la sagement. Voyez comme elle est jolie, et comme elle regarde la vie d'un œil affectueux et futé. »

     

    Visiblement, les corbeaux admirent. Moi aussi. Car tu es une jolie fille, ma grande Chantalinette (je peux encore t'appeler ainsi ?). D'ailleurs, petite, tu étais déjà si gentille, avec une fougue, une passion qui me ravissaient et m'effrayaient !

     

    Tu avais des yeux profonds, avec des brusques lueurs qui entraient comme des flèches. Il y avait en toi de grands élans, où tu te donnais toute. Je me souviens, en 1944, on avait fait de moi une très belle photo en couleur (c'était les débuts) et je te l'avais offerte. Quelques mois plus tard, vous arriviez vous réfugier en Allemagne. Et que tenais-tu contre toi, après dix jours d'aventures et de campings ? Ma photo dans un bel encadrement de cuir qui t'avait coûté toute ta fortune ! Tu avais laissé tes poupées, tes jouets, tous tes petits biens, tu n'avais pas laissé ton papa...

     

     

    LD souriant Frentz.jpeg   LD sérieux Frentz.jpg   

     

    À l'issue de sa rencontre, le 20 février 1944, avec le Führer qui lui remit la cravate de Chevalier de la Croix de Fer récompensant son action décisive dans la percée de Tcherkassy, le Commandeur Hauptsturmführer Léon Degrelle effectua la traditionnelle séance de pose dans l'atelier de Walter Frenz, le photographe officiel installé au QG de Rastenburg. Il existe cinq portraits différents de cette séance, auxquels s'ajouteront, le 27 août 1944, cinq autres quadrichromies également réalisées par Walter Frenz.

    chantal degrelle,roland autenheimer,léon-marie,anne lemay,godelieve,marie-christine,paul colin,walter frenz,eyliac,jeanne caton,ramón serrano súñer,raimundo fernández cuesta,josé antonio girón,marie-catherine boever,édouard degrelle,crucifix,robert du welz,marie-paule lemay,poliomyélite,boudiquet,mayalde,josé finat escrivá de romaní,división azul,josé maría cernuda,drapeau rouge,jean-robert debbaudt,yvonne ransy-leroy,teodoro pérez de eulate,jean-louis urraca,hélène cornettePour saluer son engagement héroïque lors des combats d'Estonie, Adolf Hitler voulut alors agrafer, une nouvelle fois personnellement, les Feuilles de Chêne à la Croix de Chevalier de celui qu'il eût aimé avoir pour fils (deux des photographies prises à cette occasion montrent le Sturmbannführer Léon Degrelle portant le calot, non pas légèrement incliné à droite, mais résolument à gauche).

    Gageons que c'est la photo où il est tout sourire que le nouveau Chevalier de la Croix de Fer offrit à son aînée Chantal.

     

     

     

     

    Te souviens-tu encore de ce temps-là ? De nos adieux ? Avec Annette, Godelieve et Léon-Marie, vous faisiez la chaîne autour de moi, chantant : « Ce n'est qu'un au revoir, papa, ce n'est qu'un au revoir ! » Et vrai, ce ne sera qu'un au revoir, puisque j'ai revu Léon-Marie déjà, et que je vais te revoir et que je reverrai les autres, un jour aussi.

     

    Mais qu'il fut long, ce chemin d'angoisse avant de pouvoir jeter à nouveau –comme aux grimpeurs en montagne– cette corde de tendresse qui ne flottait plus que comme une pointe d'étoile lointaine dans mes souvenirs...

     

    Tu ne sais pas tout ce que j'ai fait pour essayer de vous atteindre ! Dès l'automne de 1945, déjà, je faisais écrire à ta grand'mère d'Eyliac. Tout était prêt, à cette époque-là, déjà, pour vous recevoir ici. Après, dix fois, j'ai relancé, fait relancer ta grand'mère, puis ta maman ; j'ai envoyé du monde, j'ai écrit à l'avocat, j'ai même enregistré 1/2 heure de conversation avec vous ! Mes livres, on les brûlait à l'arrivée. Mes messages, on vous les laissait ignorer. Deux ministres ont offert d'aller vous chercher, tous [probablement ses fidèles amis phalangistes Ramón Serrano Súñer, ministre des Affaires étrangères pendant la guerre, et Raimundo Fernández Cuesta, ancien ministre de la Justice et secrétaire général du Movimiento : ce blog au 1er septembre 2024 ; tous deux participèrent à l'évasion de Léon Degrelle de l'hôpital Mola à San Sebastián, le 21 août 1946 ; tous deux compteront également parmi les témoins officiels du mariage, le 9 octobre 1969, de sa cadette, Marie-Christine, avec le fils d'un haut magistrat espagnol, président de la cour d'appel de La Corogne. Mais Léon Degrelle pourrait également faire allusion à son autre ami phalangiste, José Antonio Girón (1911-1995), jusque-là ministre du Travail, ce blog au 15 mars 2025]. On vous eût accueillis comme des rois (comme Léon-Marie l'a été, partout où je l'ai présenté).

     

    Pourquoi donc a-t-on fabriqué cette séparation atroce ? Parce que j'étais vaincu ? Mais ce serait trop facile que de n'être unis qu'aux beaux jours ! C'est dans la peine, l'épreuve, la persécution que les cœurs doivent s'aimer le plus, être le plus unis...

     

    Le mien, en tout cas, vous est resté uni, à tous, à ta maman aussi, tu peux le lui répéter n'ayant d'autre désir, après toutes ses épreuves que de lui donner un peu de douceur, d'affection et de paix... Maintenant encore, je ne comprends rien à cette histoire atroce. À la fin de la guerre, elle m'envoyait (je l'ai toujours) une lettre débordante de tendresse et de promesses. Sans doute le poids de la prison lui a-t-il écrasé le moral, a-t-il converti sa vie passée en une sorte de cauchemar dont elle a voulu chasser le spectre (et c'est moi, le spectre !) ? Peut-être, avec le temps, cela se calmera-t-il ? Qu'elle sache, en tout cas, que mes sentiments sont restés les mêmes, que je ne conserve de rancœur de rien, et que si certains (ou certaines) m'ont voulu du mal, je ne veux ni le retenir, ni même le savoir.

     

    Mais, Bon Dieu ! pourquoi s'empoisonnent-ils la vie, quand elle est si belle, quand il y a tant de lumière dans les cieux, tant de beauté dans les choses et tant de refuges de tendresse dans les cœurs ! Oui, la vie est belle, magnifiquement belle, toujours, elle peut même l'être dans la douleur supportée avec force et noblesse. Il n'y a –quand on le veut– rien de petit, rien de médiocre. Même un brin d'herbe est beau, même le chant d'un modeste moineau, même une simple goutte d'eau qui tombe d'une source. Il faut tout regarder avec des yeux frais et vainqueurs, avec l'appétit de vivre, avec la volonté de prendre ; et non en vaincu, l’œil vague, les reins rompus.

     

     

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    Emprisonnée (sans jamais avoir été condamnée par quelque tribunal) dans un hospice bruxellois surveillé par la gendarmerie et géré par des religieuses, Marie-Catherine Boever, la Maman de Léon Degrelle, rend l'âme, le 23 octobre 1947. Anéantie par la nouvelle de la condamnation sévère de son mari Édouard Degrelle, le 10 octobre précédent, elle était seulement coupable –comme lui– d'avoir donné le vie à Léon Degrelle ! Sur sa poitrine repose le crucifix que son fils avait réussi à lui faire parvenir, en même temps que ses vers de La Chanson Ardennaise (ce blog aux 20 mars et 15 juin 2020) : ses sœurs pourront lui rendre cette relique sacrale, via la famille de Robert Du Welz, en même temps qu'elles lui enverront une mèche des cheveux de leur Maman et quelques-unes des roses disposées sur le lit mortuaire.

     

     

    Crois-tu que moi aussi, je n'ai pas eu ma part de peines ? traqué par mes persécuteurs, sali par mes calomniateurs, recevant, coup sur coup, les nouvelles les plus affreuses (maman morte en prison ; papa mort en prison ; ta maman qui se renfermait, comme une huître, dans son éloignement ; vous autres perdus, dont j'ignorais même si vous viviez). Alors quoi ! il me fallait me recroqueviller dans un abîme de mélancolie ou de mauvaise humeur ? abreuver les autres du fiel que je ne pouvais plus avaler ? Mais non ! Quand la vie fait la garce, il faut l'attraper par le peau du dos et lui dire « Toi, ma vieille, si tu te figures que tu vas m'impressionner ! » Je lui ai ricané en pleine figure et j'ai continué ma route en sifflotant, en saluant, –l’œil clair–, les fleurs, les nuages, les étoiles ! La vie est un cadeau de Dieu, merveilleux si nous en découvrons les dons et les secrets. Tiens ! voilà une seconde, m'est dégringolée sur le bras une grosse gousse de châtaigne. Bien, si tu es pessimiste, tu peux t'écrier : « Zut, comme c'est piquant, quelle saloperie ! » Et c'est vrai, ça m'a heurté un bon coup, et ça pique. Mais si tu es optimiste (comme ton père !), tu peux dire aussi : « Chic, quelles merveilleuses châtaignes me tombent tout d'un coup du ciel ! » Et c'est vrai aussi ! Et tu les croques, ravie !

     

    Dieu les envoie. Mais on peut ne pas les voir, ou ne voir que la carapace désagréable qui, souvent, enrobe les bienfaits à découvrir.

     

    Vois notre cas. Vous seriez venus me retrouver, vous auriez vécu dans un pays merveilleux, ta maman aurait retrouvé la paix, la douceur de vivre, sans devoir ni s'éreinter, ni pester, ni lutter, ni souffrir, ni se détraquer le foie et la bile ! Bien, non elle en est restée à se piquer les doigts à l'écorce de la châtaigne !

     

    (Tu vas me dire : « Eh moi alors, chez tes Andalous, comment est-ce que j'aurais découvert mon Roland ? » Ça, c'est vrai ! Surtout qu'il a l'air si chic type ! Alors ça valait que j'attende quelques années de plus pour te revoir ! Je te l'accorde !)

     

    Mais cet optimisme-là, cette foi en la vie, ta chère maman l'aura-t-elle jamais ? Je le voudrais tant pour elle. Mais on est comme on est. Jadis, quand elle avait tout, elle pouvait déjà rester des heures et des heures à regarder par la fenêtre, dans le vide, comme happée par un monde étrange qui ne lui donnait rien et qui la rongeait. Je lui disais : « Mais joue avec tes enfants ! ou lis ! et vis ! » Elle laissait filer le bonheur sans même voir qu'il était . Quand, deux ou trois fois, elle a cru qu'il arrivait, elle s'est trompée et s'est brûlé les doigts. Elle était hantée par des fantasmes, se perdait dans des brumes sans fin et ne se doutait ni de la couleur, ni de la chaleur du soleil qui était près d'elle. Il y aurait un roman hallucinant à écrire sur elle, intelligente, fière, noble, mais inapte au bonheur, les yeux ouverts mais ne voyant pas, une amertume invisible dans les dents, ne remarquant, dans l'éblouissement de la lumière, que son ombre, à chaque pas, triste et sans couleurs.

     

     

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    Marie-Paule Degrelle « avait un tempérament plutôt pessimiste, avec des complexes à la Mauriac. Et puis, la foule qui attirait, étreignait tellement son mari, était la rivale, la dangereuse rivale, qui lui happait son bien propre. Quand on la conduisait à un grand meeting, elle en revenait les dents serrées, avec quelque chose de hagard, d'irrité. Léon Degrelle comprenait ce drame secret. [...] Même ses enfants ne la distrayaient guère. Souvent, elle errait près d'eux comme un fantôme. [...] En 1945, [...] elle courut se faire coincer à la frontière suisse, toujours poussée vers le malheur par un sort inexorable. » (Duchesse de Valence, Degrelle m'a dit, p. 105).

     

     

    Tu sais, souvent, j'ai de la peine pour elle, comme jadis, déjà, j'en avais tant de fois ! Quand j'étais là, mon optimisme arrivait à balayer ses fantasmes, à la replacer dans la santé de l'esprit, dans une possession saine de la vie. Je la ramenais sur la berge. Mais ces années de l'après-guerre l'ont rejetée au fil de l'eau. Je voudrais tant la ramener sur la douceur des rires... Dis-lui que je le désire, qu'elle ne doit pas avoir peur de moi. Je ne veux que son bonheur, d'ailleurs, avec moi, sans moi, hors de moi. C'est elle qui choisit. Mais si je peux encore lui donner un peu de douceur, je suis encore là, je serai toujours là, après quoi que ce soit.

     

     

    Et les autres ?

     

    Toi, te voilà rayonnante, heureuse d'aimer et d'être aimée ! Tu sais, tu as été vaillante et courageuse, et d'autres se seraient effrayées en ton cas. Mais tu as montré qu'il y avait en toi de l'élan, du don (on ne vaut que dans la mesure où on se donne. J'ai écrit tout un livre là-dessus, dernièrement Les Âmes qui brûlent). Il faut brûler, se consumer dans un don qui ennoblit, qui nous soulève au-dessus de tout ce qu'il y a, en nous, de médiocre. Tu as choisi une route difficile. Mais c'est, souvent, d'en haut des monts les plus abrupts qu'on a les plus beaux paysages.

     

    L'épreuve qui a atteint Roland a pu, aussi, lui donner une vie intérieure, une volonté, un désir de faire mieux autrement, capables de t'accorder des joies supérieures que les autres n'éprouveront pas. J'imagine ce qu'a dû être son drame intérieur et comment, alors, il a dû se dire : « On me fauche ces possibilités-là et ces joies-là, j'en créerai d'autres, plus étonnantes et plus belles ! »

     

    La vie a cela de bon qu'on peut toujours la vaincre, tant que l'esprit ne capitule point. Le corps est un détail (parfois détail merveilleux, grandiose), mais il n'est quand même pas l'essentiel : l'essentiel, c'est notre cerveau, notre cœur, notre âme qui le portent. Eux, peuvent tout.

     

     

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    À vingt-quatre ans, Chantal, l'aînée des enfants de Léon Degrelle, s'était déjà mariée en 1956 avec le Français d'origine suisse, Roland Autenheimer (ce blog au 2 septembre 2023). C'est Léon-Marie qui, en reprenant contact avec son père en 1957, lui décrivit la situation de toute la famille, lui apprenant le mariage de Chantal ainsi que la poliomyélite dont est atteint son mari. Même si Léon-Marie présente sympathiquement Roland, les détails qu'il fournit ne laisse pas d'inquiéter le Papa (et effectivement, le mariage se terminera quelque temps plus tard par une séparation tumultueuse) qui, dans sa réponse à son fils, analyse avec son implacable bon sens les renseignements fournis par Roland sur les origines de sa polio...

     

    « J'attendrai donc Chantal et son mari, pour le plus longtemps possible. À te parler franchement, cette nouvelle du mariage a été pour moi un coup terrible. Toi, tu parles avec ton bon cœur, ta naïveté ; et peut-être as-tu raison ?...

    Mais enfin, ce que tu me dis est bien inquiétant. On peut avoir beaucoup de courage et d'énergie, mais il n'empêche qu'être ainsi paralysé des deux jambes est un grand handicap qui a, tôt ou tard, ses répercussions sur le caractère. [...]

    Je veux bien croire que Roland soit très sympathique et je brûle de le recevoir ici pour le connaître (après !), moi qui n'ai rien pu savoir, apprécier et conseiller à temps. En attendant, ces histoires de résistance me paraissent assez confuses. Suisse, à quoi résistait-il ? Et à cet âge-là ? (car il devait avoir, s'il a 30 ans maintenant, 12 ans au début de la guerre (1939) et 17 à la libération ? Cette fabrication (à 15 ou 16 ans) de conserves de rats crevés me paraît aussi bizarre. Les Allemands possédaient toutes les principales fabriques d'Europe et ne manquèrent de rien. Et puis, ces boîtes, remises dans le marché, eussent donné la polio de nombreuses années plus tard ? (puisqu'il a eu la polio à 25 ans, donc vers 1952). Enfin, je veux croire qu'il y a des explications que j'ignore, mais je suis inquiet. » (Lettre à Léon-Marie, le 17 juillet 1957).

     

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    Alors, voilà, vous n'aurez pas une vie banale. Tu n'as pas eu peur en te donnant ! En avant ! Je suis content, grande Chantal, que tu aies eu de la force de caractère en bravant les apparences. Et vous, cher Roland, vous avez été fort en dominant une carcasse humaine qui ne peut rien contre celui qui veut ! Pensez à Roosevelt, quel combat de la volonté fut le sien. Je connais dix cas semblables. Plus encore que d'autres, Chantal et vous, aurez des joies intenses à vaincre l'obstacle, à être maîtres de votre destin. En tout cas, pour ce qui me concerne, je vous soutiendrai, je vous aiderai de toutes mes forces. J'aime les destins hors série.

     

     

    Mais j'en reviens à la question : les autres ?

     

    Il paraît qu'Annette n'a guère envie de fraterniser avec son pauvre vieux père ! Dis-lui bien, surtout, que je ne lui en veux pas ! Évidemment, on a dit tant de choses sur moi qu'elle peut, fort bien, me considérer comme un type étrange, voire même pas intéressant du tout ! Au diable, le père impossible !

     

    Tu sais ce que je voudrais : c'est qu'elle tâte tout de même un peu de ce père coriace ! Elle ne se cassera pas les dents dessus ! Qu'elle vienne le voir : « Tiens, il est comme ça ? Il n'est pas si vieux que je ne pensais ! Et au fond, il est, quand même à moitié comestible » !

     

     

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    Dans ses mémoires récemment publiés (ce blog à partir du 23 octobre 2022), Anne, la fille puînée de Léon Degrelle, tout en manifestant une réelle affection pour son père, s'en déclare le « principal inquisiteur » (p. 93), ajoutant à propos de ses oncles et cousins Degrelle « je dois reconnaître que je ne les ai jamais considérés comme ma famille. [...] Ma véritable famille fut toujours la famille Lemay » (p. 162) ! Elle prétendra de même à son Papa que jamais « je n'ai entendu de la bouche de ma grand-mère ou de n'importe lequel de mes oncles [Lemay] la moindre parole négative sur mon père. » (p. 42), tout en publiant cette photo que les Lemay mutilèrent pour l'en faire disparaître (p. 43) !... (voir ce blog au 5 novembre 2022).

     

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    LDàChantal 27.10.1957 kk.jpgLe dira-t-elle ? Ne le dira-t-elle pas ? Moi, je lui propose de faire l'essai. Qu'elle vienne en vacances voir l'illustrissime Boudiquet [voir ci-après]. On ne dira même pas qu'elle est ma fille, si elle préfère l'incognito ! Et elle se rendra compte par elle-même de la monstruosité ou de la gentillesse de ce phénomène paternel qu'on lui a dépeint avec plus ou moins de bonne volonté. Elle peut passer à notre propriété quelques semaines de vacances splendides. Je lui paie, évidemment, le voyage : billet d'avion aller-et-retour si ça lui chante. Boudiquet lui fera les honneurs des lieux (il est déjà fort à son affaire !). Titre du reportage : « Autopsie d'un père inconnu ». Viens voir, Annette ! Crois-tu que soit vraiment un bonhomme à repousser sans examen ni explication ce papa qui t'a tant aimée ? Tu l'as oublié, mais c'était ainsi, cependant. Et tu l'aimais, toi aussi ! Alors, dis, fais un effort, honnêtement, pour voir clair. Quinze jours en quinze ans, crois-tu que ce serait tant ? Tu pourras faire tout ce que tu voudras. Me regarder comme une bête curieuse, ne pas être gentille, m'envoyer bouler aux cinq cent mille diables, mais fais l'effort, essaie de juger, en toute justice. Je ne te demande que cela, Annette chérie, viens, regarde, interroge, et la conclusion, c'est toi seule qui la tirera. Te défileras-tu ? Ou auras-tu de l'estomac ? Tu as du sang dans les veines, quoi ! Balaye les préventions, tu es intelligente, tu dois juger par toi-même. Et puis, Annette chérie, ce n'est pas nécessairement mauvais et méprisable un papa... Viens, ma grande fille, tu verras.

     

    Surtout qu'on n'imagine pas que je veuille enlever qui que ce soit –ni Annette, ni Godelieve que j'invite exactement comme son aînée, ni la ravissante petite Marie-Christine que j'attends avec tant d'impatience. Non ! Venez en vacances. Si Léon-Marie est venu pour de bon, c'est parce qu'il la voulu. Mais soyez sans crainte, je ne le confisquerai pas, comme vous autres, on vous confisquait ! Je l'enverrai en vacances à Paris et à Eyliac vous voir tous et redire, tout spécialement à sa chère maman la tendresse qu'il a pour elle. En vous aimant, je ne veux diminuer en rien l'amour des autres. Ce qui serait doux, c'est qu'Annette, Godelieve et, après, « Cri-cri », viennent, de temps en temps, faire un séjour. Et qui sait, avec le temps, il se pourrait que tout cela redevienne plus naturel dans le cœur d'une maman que la vie a trop meurtrie et que, du passé, rejaillisse des rameaux nouveaux ? Cela peut être votre œuvre, à vous aussi, mes grandes filles chéries ! Votre maman est souvent malheureuse parce qu'elle ne veut pas être heureuse. En me donnant du bonheur peut-être la ramènerez-vous, elle aussi, vers des joies qui ne meurent que lorsque, volontairement, on les tue.

     

     

     

    Léon-Marie prairie.jpgEt Léon-Marie, maintenant !

     

    Eh bien, ça va ! Nous sommes tout deux à l'école : lui, pour apprendre ce que c'est un père. Et moi, pour ré-apprendre ce qu'est un fils ! Ce n'est pas si simple qu'on le pense !

     

    Évidemment, outre la grande joie qu'a Léon-Marie à fraterniser avec moi, il y a eu aussi le désir bien naturel d'une gigantesque « grande vacance » ! Au début, ce fut assez compliqué : il ne voulait –afin d'étudier– ni vivre, durant la semaine, dans une résidence universitaire (vie pourtant fort libre et réservée à des garçons inscrits à une Faculté : « Je ne veux pas de curés ! » expliquait-il). Il ne voulait pas non plus vivre chez des amis (j'en ai des collections, et charmants) du lundi au samedi ; non, il lui fallait un petit appartement où être son maître pendant la semaine. Il a vite vu, lui-même, que ce n'était pas pratique (et il n'y eût rien étudié : le 1er juin, je suis venu l'y surprendre : à 11h du matin, il était encore dans ses plumes !).

     

    Par-dessus le marché, on a déclenché, après son arrivée (et je ne sais à l'instigation de qui) une campagne violente pour exiger une fois de plus mon extradition, bagarre sans importance, comme il y en a eu dix autres, mais qui m'a obligé d'aller vivre à l'écart pendant plusieurs semaines dans une propriété de plusieurs milliers d'hectares, d'un Duc très fameux, grand ami à moi.

     

     

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    Le « Duc très fameux, grand ami à moi » est en fait José Finat Escrivá de Romaní, XVIIe comte de Mayalde (1904-1995, ce blog au 26 décembre 2024 ; son épouse était Casilda de Bustos, duchesse de Pastrana : c'est dans la voiture du couple Mayalde que Léon Degrelle s'enfuit de l'Hôpital Mola de San Sebastián) ; on voit ici le comte de Mayalde, le 15 décembre 1954, lors d'un hommage à la División Azul à l'hôtel de ville au cours duquel il conféra la Médaille de Madrid en argent à huit Légionnaires du Front de l'Est enfin libérés des goulags russes (ABC, 16 décembre 1954, p. 8). La présence de « l'homme politique belge Léon Degrelle » parmi les invités fut révélée par l'agence de presse EFE, provoquant une violente crise diplomatique entre la Belgique et l'Espagne alors que Madrid venait d'envoyer à Bruxelles son premier ambassadeur depuis la guerre).

    La « propriété de plusieurs milliers d'hectares » où Léon Degrelle dut se cacher pendant trois mois en 1957 alors que son fils était à Séville chez son ami José María Cernuda (ce blog au 26 février 2016) est la Finca El Atillo que possédait l'alcalde de Madrid, à El Espinar, dans la province de Ségovie, à près de 70 km de la capitale (y sont toujours élevés les Toros bravos –taureaux de combat parmi les plus offensifs d'Espagne).

     

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     Le Peuple, 4 octobre 1957, première page.

     

    La « campagne violente pour exiger une fois de plus mon extradition » fut la conséquence de la diffusion par l'agence Belga de photos ramenées d'Espagne par Jean-Robert Debbaudt (ce blog au 26 février 2016), de messages et d'enregistrements destinés à sa famille, mais aussi aux fidèles Bourguignons. Voici ce qu'écrivait Le Drapeau rouge à l'époque, établissant on ne peut mieux la duplicité des gouvernements belges successifs et leurs prétendues demandes d'extradition.

    « [...] Comment ces photos sont-elles parvenues à l'agence Belga qui les a diffusées ? [...] Plutôt que d'essayer de répondre à ces questions, il nous a paru plus intéressant de savoir comment ces photos sont arrivées en Belgique et nous avons découvert pas mal de choses. Nous espérons que les polices du royaume, autrement outillées que nous n'auront pas attendu la sortie de ce numéro du Drapeau Rouge pour dénicher ces détails. Mais nous ne sommes pas sûrs du tout que les policiers, qui sont payés pour cela, les connaissent... [...] En juillet dernier, l'ancien SS Jean-Robert Debaudt, un individu qui a fait partie de la Légion Wallonie, partait en vacances en Espagne. [...] Sitôt arrivé, il n'eut rien de plus pressé que de se rendre à Constantina. Le rendez-vous était d'ailleurs arrangé, car Debaudt avait été contacté précédemment [...] par un messager (belge) de Léon Degrelle, [...] le père d'un ancien légionnaire du front de l'Est et en même temps un intime du chef de Rex, à qui la mère dudit légionnaire sert d'ailleurs de gouvernante [Yvonne Ransy-Leroy, ce blog au 12 mai 2025]. C'est Debaudt qui a ramené en Belgique les photos de Degrelle avec qui il a eu des entretiens à Constantina. [...]

     

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    Stèle funéraire d'Yvonne Ransy, née Leroy, au cimetière de Constantina. L'anecdote pittoresque rapportée par Le Drapeau rouge accrédite que la source du quotidien communiste ne peut être qu'un Bourguignon tout émoustillé par sa rencontre avec l'introuvable exilé et pressé d'en établir la réalité par son fâcheux bavardage : « [Léon Degrelle] lit La Libre Belgique mais se plaint de ce que sa gouvernante (c'est elle qui semble avoir pris l'abonnement à son nom) découpe, avant de lui céder le journal, le feuilleton –ce qui oblige le grand homme à lire un exemplaire mutilé... » (Le Drapeau rouge, 7 octobre 1957, p. 2).

     

    Degrelle, qui adore toujours hurler, a spécialement enregistré deux bandes à l'intention du dernier carré de rexistes vivant en Belgique, bandes que Debaudt a introduites à son retour au pays en même temps qu'un appareil enregistreur. [...] Notre ministre des Affaires étrangères, a reçu samedi l'ambassadeur d'Espagne à Bruxelles, le comte de Casa-Miranda, pour le prier de rappeler au gouvernement espagnol son engagement de livrer Degrelle aux autorités belges si celui-ci se trouvait en Espagne”. La démarche de Victor Larock est une bonne chose. Mais l'opinion de notre pays ne comprendrait pas que le ministre socialiste ne pousse pas plus avant sa demande et n'exige pas, très sérieusement, l'extradition immédiate du criminel de guerre. » (Le Drapeau rouge, 7 octobre 1957, pp. 1-2).

     

     

     

    Léon-Marie va venir en avion, après-demain, me retrouver pour quelques jours ; mais entretemps, il vit chez un colonel d'État-major, autre ami très dévoué [le colonel Teodoro Pérez de Eulate y Vida, chef du service des transmissions et de la protection des vols dans le centre de l'Espagne]. Il est là comme un coq en pâte, peut-être même trop bien.

     

     

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    Le colonel Teodoro Pérez de Eulate (entretemps général de brigade de l'Armée de l'air) en conversation avec Léon Degrelle dont il est un ami proche, le 9 octobre 1969, à l'occasion des noces de sa fille cadette, Marie-Christine, dont il fut –tout comme le comte de Mayalde et les ministres Serrano Súner et Fernandez Cuesta– un des témoins de mariage (Kwik, 18 octobre 1969; il avait déjà été, le 9 janvier 1960, un des témoins au mariage de Godelieve, troisième fille du châtelain de Constantina). Ami proche de Léon Degrelle, il accueillit son fils en 1957 en même temps qu'il facilita l'incorporation de Jean-Louis Urraca, le fils de son amie Hélène Cornette, parmi les conscrits de la base aérienne de Séville (ce blog au 12 mai 2025). Teodoro Pérez de Eulate sera également le président du conseil d'administration de la société immobilière Inmuebles Andaluces, fondée en 1958 par Léon Degrelle pour la construction des maisons qui devaient favoriser le tourisme social de Constantina et qui s'avéreront un gouffre financier précipitant sa faillite en 1963.

     

     

    J'ai toujours pensé qu'il ne fiche rien. Il a beaucoup de bonne volonté mais peu de volonté. Il désire faire bien, le promet, mais se replonge dans sa nonchalance, les pieds en l'air, des disques au côté, une cigarette faisant du cent à l'heure au bout des lèvres. Car c'est cela qui est drôle : il est, à la fois, mou et super-nerveux ! Ses cigarettes, non seulement l'empoisonnent, mais m'empoisonnent ! Il n'est pas très costaud, se plaint (parfois exagérément : au plus petit bobo, il entre en état pré-agonique !), se plaint donc de douleurs dans le dos et à la gorge. Je l'ai fait examiner par un excellent médecin qui lui a interdit formellement de fumer plus de 4 cigarettes par jour. N'empêche que malgré mille promesses, il continue à fumer comme un sapeur. Au moindre accès de nervosité, les cigarettes filent, montent, disparaissent comme dans un exercice de prestidigitation ! Maintenant, je crois qu'il en est encore plus ou moins aux 12 à 15 par jour, et les plus chères qui existent au marché noir ! Son tabac coûte exactement autant qu'une femme à journée du matin au soir ! Quand vous lui écrirez, tannez-le avec cette histoire de cigarettes. C'est son bien, somme toute.

     

     

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    C'est Chantal qui donna son sobriquet « Boudiquet » à Léon-Marie : il signe avec son surnom la carte de vœux pour 1958 qu'il envoie à sa sœur aînée.

     

     

    Mais enfin, c'est un détail ; son état de santé –en général– est bon, dit le médecin. Et il est le plus gentil garçon de la terre, affectueux comme tout, vif d'intelligence, pittoresque dans ses propos. Nous sommes devenus des camarades épatants (même quand je le chahute pour son tabac ou quand il est mauviette, chichiteur –que de mots bizarres !– bref, quand il est encore petite fille !). Mais à côté de cela (et ces contradictions sont normales : à son âge, dans l'être humain, il y a de tout !), il a beaucoup de décision et d'ambition : il fût venu à pied ici s'il l'eût fallu. C'est pour cela que j'espère, tout de même, qu'il réussira son bacho. Il est très regrettable qu'avant de partir en Septembre, il ne se soit pas représenté à son examen de Commerce, surtout s'il n'avait échoué, en Juillet, que pour l'orthographe seulement. Ici, ce diplôme l'eût fort aidé. Mais enfin, je fais l'impossible pour le bien préparer à son bachot avec des professeurs particuliers (une jeune Française, notamment, fort intelligente, de l'Institut français de Séville). Ces trucs-là coûtent les yeux de la tête, beaucoup plus, évidemment, qu'un collège normal. Mais je veux tout faire pour l'épauler. Vraiment (en dehors de la chance, car il y a de la chance ou de la malchance parfois, rarement d'ailleurs), cela ne dépendra que de lui, de sa volonté de bloquer, de laisser parfois les disques de côté, de ne pas être « jouette », toujours à la recherche d'une distraction ou d'un aimable minois.

     

    Léon-Marie scooter.jpgPour le distraire, je lui ai payé le scooter de ses rêves, une « Lambretta », cadeau –à l'avance !– pour son Bac ! Ainsi il peut faire facilement la navette avec la Carlina. S'il réussit, je lui offrirai à l'été un beau voyage, avec crochet pour vous revoir tous, bien entendu.

     

    Il était terriblement emballé d'une Anglaise. A voir la photo, il n'y a pas de quoi, vraiment, se taper le derrière par terre. Mais enfin, c'était le grand amour (il vomit les romantiques !) de notre frétillant Boudiquet, avec lettres et cartes (de lui) à tout bout de champ, allusion à chaque quart d'heure, photo sur la table de nuit, etc. ! Puis il a reçu une lettre qui l'a réfrigéré : il l'avait déjà invitée à la Carlina, et elle se défilait. Bref, maintenant, il n'en parle plus. Mais enfin, ça le chipotait, d'autant plus que les Espagnoles, gaies mais fières, et avec qui on ne flirte pas, n'étaient pas le genre accessible à tout venant qu'il avait rencontré chez les filles aux grands pieds de la mère Albion.

     

    Nous allons maintenant, Léon-Marie et moi, passer une bonne semaine ensemble ; j'essaierai de voir ce qu'il a fichu de bon, de le stimuler (avec diplomatie et affection, soyez tranquilles, car il ne faut pas le brusquer, c'est tout un changement pour lui, et Paris est Paris : tout, après cela, lui paraît de second ordre, villes et gens). Je l'oriente avec un maximum de prudence et d'affection. Il a une nature magnifique et je suis sûr qu'il arrivera à quelque chose d'original et de grand. Vous verrez ça !

     

     

    LDàChantal 27.10.1957 rr.jpg

     

    Moi ? Ça va. Ça ira mieux quand je vous aurai revues toutes, mais ça va. Je prépare quelques nouveaux bouquins. J'ai tant de choses à écrire, de révélations à faire, d'hommes et de faits à expliquer ! Pour tout cela, aussi, je serai ravi de connaître Roland, pour recevoir ses réactions, organiser des confrontations. Déjà avec Léon-Marie, qui a des idées claires et des vues personnelles, nous avons du plaisir sur ma montagne !

     

    Tu verras, toi aussi, grande Chantal chérie, ce qu'il y fait bon ! Si ça vous fatigue l'auto, je vous offre l'avion, c'est comme vous voulez : ce qu'il y a, c'est qu'avec votre auto, nous pourrions plus facilement rayonner : Séville et Cordoue sont des villes épatantes à visiter. N'oubliez pas qu'il y a, à cette époque, deux choses épatantes à contempler : la Semaine Sainte de Séville, spectacle religieux prodigieux et la « Feria », spectacle païen prodigieux aussi, à deux semaines d'intervalle.

     

    Alors, Chantal chérie et cher Roland, envoyez-moi de vos nouvelles de temps à autre. Évangélisez et chapitrez Annette ! Partagez avec elle, avec Godelieve, Marie-Christine, et avec leur maman –mais oui, leur maman– les baisers affectueux que vous envoie

     

          votre

                               Papa

                                                     (c'est moi qui signe comme cela !)

     

     

    Ci-joint, quelques photos de Boudiquet avec son général de Père ! Il m'a vraiment obligé à me mettre en uniforme, pour certaines.

     

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  • Nouvelles enchères degrelliennes à Bruxelles

     

    Manuscrit d'un éditorial de Léon Degrelle

    pour Le Pays réel du 10 février 1937

     

     

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    Voilà moins de deux ans, la maison de ventes Arenberg Auctions mettait aux enchères l'important manuscrit de Hitler pour 1000 ans (ce blog au 30 juin 2024) qui s'appelait encore Nous, les fascistes (ce blog au 7 novembre 2025). Aujourd’hui, c'est le manuscrit de l'éditorial La grande bagarre continue, publié dans Le Pays réel du 10 février 1937, qui a été proposé aux amateurs d'autographes historiques ce 27 mars.

     

    La grande bagarre continue PR 1937.02.10.png

     

    Contrairement au manuscrit du livre, abondamment corrigé, raturé, perfectionné (au point qu'il serait quasi impossible d'en collationner les variantes), l'article de tête du Pays réel semble écrit d'un jet, ne comportant que quelques modifications et de rares suppressions dont nous pouvons facilement documenter l'évolution.

     

     

    LA GRANDE BAGARRE CONTINUE [remplace « La grande bagarre commence ! »]

    par Léon DEGRELLE

     

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    Ce fut du joli, mardi [remplace « tout à l'heure »] à la Chambre : pugilats, cheveux arrachés, yeux au beurre noir, députés piétinés, appareils de téléphone démolis, codes voltigeant [« dans » supprimé] comme des obus ! Le public, dans les tribunes, se tenait les côtes. Que ferait-on maintenant encore, devant ce régime qui meurt dans la bagarre de fin de kermesse, sinon [« s'amuser » supprimé] se réjouir en voyant s'effondrer le Zoo [« tapageur » ajouté] des politiciens !

     

    Ils se croyaient tout permis ! Ils pouvaient saboter toute la vie nationale, livrer le pays à des querelles fratricides, nous plonger dans un innommable chaos. On les laissait faire !

     

    Ce temps là est fini !

     

    À chacune des bassesses des partis [remplace « À chacune de leurs bassesses »], REX est là qui monte à l'assaut !

     

    Huysmans avait cru possible d'aller prostituer chez les assassins de Madrid son titre de Président de la Chambre. Ce devait être –il vient de le voir à ses dépens [remplace « il l'a vu mardi »]– sa dernière bravade ! À la séance de mardi, les députés rexistes –que nous félicitons avec chaleur– l'ont botté magnifiquement  , sans répit, avec un cran inébranlable et avec » supprimé].

     

    Il n'a pas pu en sortir. Ce fut une bagarre inouïe. Parfait ! REX [« ne les laissera plus » supprimé] ne tolérera plus une seule vilenie politicienne. Ce sera, chaque fois, la contre-attaque instantanée !

     

    [« Les politiciens » supprimé] Nous sommes dans la place !

     

    La grande bagarre commence 4b.jpg

     

    Et eux, où sont-ils encore ?

     

    La pagaïe est générale. Les catholiques sont effondrés.

     

    De Laveleye a coulé à pic, [« dans la rigolade générale » rajouté]. Le parti socialiste est en train de se casser en deux, comme un arbre mort.

     

    « DEMAIN ON AURA LE VIEUX », disait [« le Ministre » rajouté] De Man, mardi après-midi, dans les couloirs de la Chambre...

     

    « CETTE VIEILLE CANAILLE DE VANDERVELDE », ajoutait le camarade [remplace « notre ami »] Spaak...

     

    La grande bagarre commence 2 2026.03.26.png

     

    Empoignades au Parlement !

     

    Empoignades dans les partis !

     

    Tout craque.

     

    Tout va voler par terre.

     

    Ils sont foutus.

     

     

    Cet éditorial incisif commente l'incroyable pugilat qui transforma effectivement l'hémicycle parlementaire en arène de gladiateurs de carnaval.

     

    Les députés socialo-communistes ne pouvant supporter que les élus rexistes critiquassent Camille Huysmans, président de la Chambre, utilisèrent leurs poings, leurs pieds et tous projectiles possibles en guise d' « arguments frappants » ! Il faut dire que les rexistes avaient osé enjoindre l'huile socialiste de justifier sa présence auprès des Républicains, lors d'un voyage en Espagne, entraînant ainsi tout le Parlement belge dans sa démarche partisane concernant la Guerre civile espagnole.

     

    Cette scène plutôt rare autant qu'inattendue dans l'histoire parlementaire belge suscita l'émotion incrédule de toute la presse qui y consacra ses « unes » dès le lendemain 10 février 1937.

     

     

    DH 10.02.1937.png   Soir 10.02.1937a.png

    Nation belge 10.02.1937.png   LLB 10.02.1937 a.png

    De gauche à droite et de haut en bas : La Dernière Heure, Le Soir, La Nation belge et La Libre Belgique.

     

     

    La Libre Belgique consacra même toute une page de reportage à cet événement honteusement vaudevillesque, l'agrémentant de portraits-charges. Mais aucun ne pourra atteindre la rosse cocasserie du dessin de Jam, publié en « une » du Pays réel !

     

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    LLB 10.02.1937 c.png   LLB 10.02.1937 d.png

     

     

    PR Jam 10.02.1937.png

     

    Sur Victor de Laveleye, président du parti libéral, dont le seul programme était « la lutte contre Rex », et qui se ramassa lamentablement face à la rhétorique de Léon Degrelle, voir ce blog au 18 octobre 2024. 

     

    Et lorsque l'éditorialiste du Pays réel évoque la cassure du Parti Ouvrier Belge, il fait allusion aux débats qui l'agitaient alors, le partageant entre deux tendances, celle, traditionnellement marxiste, du vieux ponte Émile Vandervelde et l'autre incarnée par le pragmatique Paul-Henri Spaak. Ce qui justifia peut-être la formulation primitive « notre ami » dans l'éditorial rexiste puisque certains de ses adversaires n'hésitaient pas à lui reprocher une dérive droitiste (Spaak soutiendra plus tard, avec Rex, la politique de neutralité du roi : ce blog au 20 mai 2018).

     

    Ce changement de cap ne pouvait tromper un Léon Degrelle qui dressera, deux jours plus tard, le portrait suivant, tout de pertinence prophétique, du nouvel homme fort du P.O.B. (après guerre, Spaak ayant épuisé les opportunités que pouvait lui offrir le Parti Socialiste Belge, termina sa carrière en ramasseur de voix pour un parti linguistique anti-flamand) : « Si Spaak est un manœuvrier roublard, qui lasse ses adversaires en éternisant les débats, le vieux Vandervelde, par contre, est le seul à garder une influence profonde sur les troupes du P.O.B. [...] On a vu Spaak mettre le P.O.B. à l'extrême limite d'une scission, voilà deux ans, parce qu'il était presque communiste. Aujourd'hui, il recommence le coup en jouant au stagiaire de REX. Cet homme, intelligent, cordial et peu scrupuleux, n'a jamais été, au fond, un démocrate, ni un socialiste,  ni un communiste, ni un "national"; il est SPAAKISTE et ne peut être strictement utilisé que comme tel, dans n'importe quel régime. » (Le Pays réel, 12 février 1937).

     

     

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    La propension de Paul-Henri Spaak à retourner sa veste en fit une des têtes de turc préférées de Jam. Ce ne sont pas les cloches de Pâques qui ramenèrent le volume de Rome : il sortit de presse le 11 juillet 1938. On commémorait ce jour-là la bataille des Éperons d'or et le politicien se rendit à Courtrai pour honorer de sa présence la cérémonie de ce qui deviendra, en 1973, la fête officielle de la Communauté flamande de Belgique.

     

     

    Estimé à 120/150 euros, le manuscrit de Léon Degrelle La grande bagarre commence ! destiné au quotidien de Rex, Le Pays réel du 10 février 1939, a été adjugé à 300 euros (hors frais).

     

     

  • Rivarol pour 1000 ans !

     

    L'hebdomadaire de l'opposition nationale et

    européenne fête son 75e anniversaire !

     

    Rivarol Jubilé.png

     

    Exemple unique de longévité pour un organe de presse nationaliste, Rivarol a traversé 75 ans de combats incessants contre le mensonge protégé par des lois mortifères, contre la corruption de la classe politique et le règne des puissances d'argent, contre l'inversion de toutes les valeurs et la subversion des esprits et donc, pour la vérité historique, pour la liberté de pensée et d'expression, pour la défense de ce qui fit la grandeur et la puissance de notre civilisation ainsi que la beauté et la séduction de notre culture.

     

    À travers tant de vicissitudes qui ne cessent encore de s'amplifier aujourd'hui –preuve que le Système sait reconnaître ses ennemis les plus redoutables car les plus déterminés– Rivarol se présente plus que jamais comme l'exceptionnelle et indispensable référence journalistique pour la loyauté de ses informations, l'intransigeance de ses principes, la sincérité de son engagement pour la justice sociale et l'identité nationale, la fidélité à son idéal de révolution des âmes indispensable à l'authentique régénération morale et politique de nos peuples.

     

    Chapeau bas !

     

    Ayant rappelé la nécessaire révolution des âmes, comment n'évoquerions nous pas Léon Degrelle qui fut toujours salué dans les pages de Rivarol comme un héraut de ces valeurs universelles par ses meilleures plumes, telles que, par exemple, Lucien Rebatet, Robert Poulet, Camille Galic ou Robert Spieler ?

     

    L'hebdomadaire publia d'ailleurs Les vœux de Léon Degrelle à Rivarol pour 1986 où l'auteur de la Lettre au Pape [Jean-Paul II] à propos d'Auschwitz [ce blog au 25 juillet 2020] écrivait : « Nous menons, parmi les plus grandes difficultés, un combat similaire. Votre solidarité m’a particulièrement réconforté au cours de ces mois où je suis plus traqué que je ne l’ai jamais été. » (Rivarol, 24 janvier 1986).

     

    Aussi était-il naturel que Christophe Georgy, le président du Cercle des Amis de Léon Degrelle, envoie ce vibrant hommage à l'héroïque hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne qui le publie dans son numéro spécial du 21 janvier dernier consacré à son Jubilé de diamant (1951-2026 ; plus d'une trentaine de personnalités ont joint leur voix à la célébration de cet anniversaire exceptionnel, dont l'avocat Eric Delcroix, célèbre pour son inlassable combat contre la police de la pensée, Bruno Gollnisch, le directeur de Jeune Nation Yvan Benedetti [ce blog au 6 février 2021], Yvonne, la sœur du Professeur Faurisson, Pierre Gillieth, de Réfléchir&Agir [ce blog au 23 juillet 2021], Roberto Fiorini, de Terre&Peuple, Pascal Junod, président de l'Association des Amis de Robert Brasillach, le directeur du Bulletin célinien Marc Laudelout, l'humoriste Dieudonné, l'historien révisionniste Vincent Reynouard [ce blog au 18 octobre 2024], les écrivains Hervé Ryssen et Alain Soral, le rédacteur en chef de Lectures françaises Mickaël Savigny, la présidente du Cercle franco-hispanique Hélène Grimaldi, Roland Hélie, infatigable animateur de Synthèse nationale,...).

     

     

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    Dessin de Projet KO pour les 75 ans de Rivarol

     

     

    RIVAROL a 75 ans.

     

    Un bon anniversaire et une bonne santé (financière) ! Voilà ce que l'on peut souhaiter à RIVAROL, à son directeur Jérôme Bourbon et à ses collaborateurs qui, chaque semaine, nous informent, nous éclairent et nous « régalent ».

     

    Pour ma part, les premières lectures de notre journal préféré ne datent que de la fin des années 1980. Dès mon engagement dans le nationalisme, parallèlement et même à dire vrai complémentairement à celui au Front National, on m'a mis entre les mains RIVAROL. À l'époque, il y en avait des journaux à disposition et que nous lisions aussi : National-Hebdo, Minute, Aspects de la France et aussi quelques mensuels très intéressants et souvent très politisés et très formateurs : Tribune nationaliste, Le Soleil [Ces deux titres ont subi un arrêté d'interdiction : en janvier 1991 pour le premier qui était le journal du Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE) de feu Claude Cornilleau, en novembre 1990 pour le second qui, lui, était l'organe de l'Œuvre française de feu Pierre Sidos], Le Flambeau, Notre Europe combattante, Militant et puis aussi, plus « people », Le Choc du Mois, etc. Tous ces titres ont disparu.

     

     

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    Dessin de Chard pour les 75 ans de Rivarol

     

     

    Et depuis cette époque, c'est l'attente de la réception de RIVAROL dans la boîte aux lettres, le mercredi. Et la « rage » contre la Poste quand il arrive avec plusieurs jours de retard, ce qui se produit régulièrement ! Il me semble me souvenir qu'auparavant, c'était le vendredi que RIVAROL paraissait.

     

    « La politique n'est pas un métier, c'est une croisade » disait Léon Degrelle. Depuis la création de l'hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne, comme l'indique le bandeau sous le titre, la direction et les collaborateurs du journal ont changé. Les grandes signatures de l'après-défaite de 1945 sont parties rejoindre le Père. Le talent est resté, il a été adroitement bien transmis. La ligne, elle, est admirablement toujours à la pointe du combat de la défense du vrai, du beau et du bien commun, et de notre France, celle du « Pays réel » et de notre Europe, celle des nations.

     

    La presque totalité des grands titres et des plus petits ont disparu, comme je le disais plus haut. Il faut soutenir ceux qui nous restent. RIVAROL bien sûr, qui est le « navire amiral » de nos idéaux, mais aussi de plus petits vaisseaux tels que Réfléchir&Agir, le Courrier du continent, Lectures françaises, Synthèse nationale, ainsi que des bulletins d'associations diverses : Robert Brasillach, Jean Mabire, Henri Béraud, Cercle Franco-Hispanique, et bien d'autres encore que j'oublie bien involontairement. Nous avons encore de quoi lire, de quoi nous informer et surtout de quoi nous former !

     

     

    Rivarol Miège.jpeg

    Dessin de Miège pour les 75 ans de Rivarol

     

     

    La répression, les attaques de lobbys et de groupes de pression frappent de plus en plus régulièrement et de plus en plus durement RIVAROL et ses collaborateurs. Jérôme Bourbon nous fait part régulièrement de ces péripéties ; je ne rentrerai donc pas dans le détail. Mais ce sont les mêmes qui s'attaquent depuis quelques années au Cercle des Amis de Léon Degrelle –nos adhérents savent de quoi il en retourne. Les mêmes, toujours, qui dernièrement, en novembre 2025, ont fait pression pour interdire une simple messe pour José Antonio Primo de Rivera démandée –comme chaque année– par le Cercle Franco-Hispanique à « Parisalem » (c'est ainsi que Marcel Bucard nommait la capitale). Pression aussi pour la messe pour le Maréchal le 15 novembre dernier, à Verdun. « Ils » interdisent les spectacles de Dieudonné ou de nombreuses manifestations de notre camp. Pour rappel, le dernier Forum de la Nation et les derniers « BBR » datent de 2022 !

     

    « On nous a appris à ne pas discuter la Vérité, mais à la servir » disait aussi Léon Degrelle.

     

    C'est pourquoi nous avons besoin de cette OASis –pardonnez-moi ce jeu de mot– de Liberté et de Vérité, de ce journal, véritable arme de combat, arme de destruction massive de ce système abominable et de l'anti-France.

     

    Lire et faire lire, dans un monde qui ne lit plus ; s'informer intelligemment dans un monde surinformé et manipulé, voilà une « mission » et un devoir qui nous sont indispensables et que remplit parfaitement RIVAROL !

     

    « Il faut toujours prier comme si l'action était inutile et agir comme si la prière était insuffisante » nous enseigne Sainte Thérèse de Lisieux. Tous, nous devons nous mobiliser pour soutenir et maintenir cet hebdomadaire qui est le dernier qui reste encore dans notre camp. Ce projet, ambitieux mais essentiel, me semble finalement, avec volonté, courage, espérance et fermeté sur les principes, à notre portée !

     

    Pour finir, je paraphraserai le titre d'un des ouvrages de Léon Degrelle et demanderai, simplement, à la manière d'une brève prière :

     

    « RIVAROL pour mille ans » !

     

     

    Rivarol 24.06.1994.jpeg

    C'est un appel solennel au respect des dernières volontés de Léon Degrelle que lança Rivarol, le 24 juin 1994, trois mois après la disparition du tribun de la révolution des âmes et la publication de l'ignoble arrêté royal interdisant le retour en Belgique des « restes mortels de Léon Degrelle » (ce blog au 31 mars 2019).

     

    Il fallut attendre encore quelque douze ans pour que l'année du centenaire de sa naissance vît la réalisation de ce vœu, donnant tout son sens au patronyme de ce lieu-dit de Bouillon, dans les Ardennes belges, devenu pour l'éternité le Tombeau du Géant Léon Degrelle (ce blog, entre autres, aux 21 janvier 2016, 31 mars 2019 et 15 juin 2024).

     

    Tombeau Géant Jean DC.png

     

     

     

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  • Y aurait-il enfin du nouveau sur Léon Degrelle ?

     

    L'homme qui tomba du ciel.

    Les années espagnoles de Léon Degrelle, 1945-1994

     

     

    LD Govaerts Couv..jpegNous vous avons parlé naguère de la toute récente publication de ce livre en néerlandais de Bert Govaerts sur les années d'exil agitées de Léon Degrelle en Espagne, De man die uit de lucht viel  L'homme qui tomba du ciel »). Et nous regrettons sincèrement de l'avoir fait de manière vraiment trop « soupe au lait », réagissant avec véhémence à l'introduction, toute de conformisme, nous avait-il semblé, dans le dénigrement obligatoire de l'homme politique belge, incontestablement le plus important du XXe siècle (ce blog au 11 juillet 2025).

     

    Mais, –il nous faut bien désormais en convenir–, comment pouvoir encore se faire publier aujourd'hui sans se montrer un minimum « politiquement correct » ? Et pourtant, nous avons affaire ici à l'exact contraire de la « correctitude » d'un Frédéric Saenen dont le pensum non seulement ne nous apprend rien, mais ne constitue qu'un lamentable pamphlet sans originalité (ce blog au 25 mars 2025). S'il fallait encore vous convaincre des (in)compétences du pseudo-historien, infligez-vous l'émission que Radio Courtoisie lui a consacrée. Un fidèle lecteur, M. T. B., nous a en effet signalé que Pascal Lassalle lui avait consacré son Libre Journal du 9 août dernier. Vous y apprendrez ainsi, par exemple, parmi les longs et radiogéniques « Heuuuuummmmmmhh......... » de ce « tribunitien » radiophonique, que, lors de la tuerie d'Abbeville, « au petit matin, [les prisonniers] sont tous passés par les armes, je crois qu'il y a une septantaine, heu, soixante-dix personnes plus ou moins qui sont exécutées » !!! (sur les vingt et un martyrs d'Abbeville, voir, entre autres, ce blog au 6 mai 2017).

     

    Radio Courtoisie Saenen.png

     

    Mais revenons à l'ouvrage de Bert Govaerts dont l'importance se mesure à l'heureuse opportunité qu'il sut saisir de consulter les dossiers concernant Léon Degrelle dans les archives du Ministère des Affaires étrangères de Belgique, ainsi que dans celles, espagnoles, du Ministerio del Interior, et de l'Archivo General de la Administración. Toutes sources qui nous semblent avoir été exploitées pour la toute première fois avec un incontestable professionnalisme, ce qui souligne assez l'intérêt insigne des informations qu'y puise l'auteur.

     

    Si donc, nous n'avons rien à retirer à nos commentaires sur certaines erreurs ou faiblesses que nous avons hâtivement relevées chez le chroniqueur (la relation avec Hergé, l'avion de Speer, Jean-Marie Le Pen, Jean-Paul II, la réalité des conversations entre Adolf Hitler et Léon Degrelle –l'un possède le français, l'autre finit par comprendre l'allemand–, l'authenticité de la phrase « Si j'avais un fils, je voudrais qu'il fût tel que vous »,...) –car il ne s'agit que d'appréciations personnelles de Bert Govaerts–, nous saluons par contre volontiers la qualité de son travail lorsqu'il étudie les sources inédites auxquelles il a eu accès.

     

    Les indispensables du sac de voyage de Léon Degrelle

    Le tout premier document inédit que Bert Govaerts publie est le rapport détaillé de tout ce que possédait Léon Degrelle lors de son admission à l'Hôpital militaire Général Mola et qui avait pu être récupéré de l'avion écrasé dans la baie de San Sebastián. En effet, à peu près tout ce qui pouvait facilement s'emporter fut pillé : l'équipage perdit d'ailleurs ainsi l'ensemble de ses bagages (p. 14, voir aussi plus loin). Seuls Léon Degrelle et son aide de camp Robert Du Welz réussirent à conserver leur sac de voyage.

     

     

    Mola Sac 1 LD.jpeg

    Lors de son arrivée à l'Hôpital militaire Général Mola de San Sebastián, Léon Degrelle ne possédait plus, en tout et pour tout, qu'un sac à dos contenant ses effets personnels. Le contenu en a été très précisément inventorié par les services d'admission de l'hôpital (« Description des objets trouvés dans les sacs à dos ») :

     

    « Sac n° 1.- [de Léon Degrelle ; suit l'inventaire d'un « Sac n° 2 » appartenant à Robert Du Welz, que nous ne traduisons pas]

    Un nécessaire de toilette en cuir avec fermeture éclair.

    Scho-Ka-Kola.png6 boîtes contenant autant de portions de Scho-ta-tola -11/44 [erreur de lecture de la marque de chocolat riche en caféine Scho-Ka-Kola (Schokolade-Kaffee-Kolanuss) dont le nom était imprimé en lettres gothiques sur la boîte à destination de la Wehrmacht avec, dans un cercle central, soit l'aigle à croix gammée, soit la date de production]

    une petite boîte, un demi-pot, contenant du café concentré.

    1 pot de mortadelle

    1 pot de Maplet leat, Cheese [probablement le fromage américain Maple Leaf Cheese].

    7 paquets d'aliment concentré.

    1 paquet de biscuits Craquers

    1 boîte contenant des tablettes du produit Domino Cane Sugar [marque américaine de sucre, conditionné en tablettes d'environ 5,5 g, faisant partie de la ration alimentaire quotidienne des troupes américaines]

    4 tablettes de chocolat

    des mégots de cigarettes

    1 volume, de l'Histoire Générale de l'Art de Max Rooses Flandre

    Max Rooses LD 1944.png1 peigne avec son étui en cuir

    1 costume bleu marine

    1 bouteille de cognac ouverte [élément barré : il se retrouvera dans l'inventaire des affaires de Robert Du Welz]

    1 paire de bretelles

    1 cravate

    3 paires de chaussettes de laine

    8 mouchoirs

    2 caleçons neufs

    1 chemisette en maille

    1 chemise bleue neuve

    1 pyjama gris

    1 faux col

    1 serviette

    1 gant de toilette

    1 chemise homme de couleur verte en soie

    1 chemise homme de couleur grise »

     

    Commentaire judicieux de Bert Govaerts : « Dans les bagages de Degrelle figurait également un vieux livre de Max Rooses, le premier conservateur du Musée Plantin-Moretus d'Anvers : Flandre, le volume consacré à la Flandre d'une collection internationale sur l'histoire de l'art. L'intérêt de Degrelle pour l'art et l'histoire de l'art était manifestement si grand qu'il estimait un livre spécialisé de 332 pages aussi vital que de la mousse à raser ou des sous-vêtements. » (p. 14-15. L'édition originale de cet ouvrage de référence publié chez Hachette date de 1913 ; ici, une réédition de 1944).

     

     

    On constatera immédiatement que, dans ce rapport exhaustif, il n'est nullement question de bijoux volés à Bruxelles et dont l'ineffable faussaire que l'Université de Liège employa hélas comme professeur prétendit qu'ils permirent au rescapé du crash de vivre « de la vente de [ces] bijoux pendant les premiers temps de son exil espagnol... » (Francis Balace, La nuit la plus courte... La libération de Bruxelles, in Jours de guerre, t. 19, « Jours libérés I », 1995, p. 59.). Le prétendu historien prétendra alors étayer sa scélératesse par une source confortablement invérifiable : « selon des agents américains de l'O.S.S. qui le surveillaient »... Et d'essayer de crédibiliser cette crapuleuse calomnie en divaguant une histoire du trésor : « Degrelle [...] se fait remettre bijoux et lingots, dans l'intention, dira-t-il, de les renvoyer en Belgique. Cette restitution n'aura jamais lieu. »

     

     

     

    Histoire tous HS 11a.jpeg

    Comme pour tous les crimes dont on l'a accusé, Léon Degrelle a bien sûr réagi à la rumeur qui le faisait vivre du butin d'exactions criminelles commises par des rexistes dévoyés. C'était dans le numéro spécial n° 11 d'Histoire pour tous, daté de mars-avril 1979. À l'époque, c'est un certain Yves Naud qui s'était chargé de la calomnie.

     

    Chose qui n'existerait plus aujourd'hui, la revue communiqua l'article-réquisitoire à l'accusé avant publication afin de lui permettre de se défendre. C'est ce que fit vigoureusement et avec rigueur Léon Degrelle dans sa Réponse à mes accusateurs.

     

    Histoire tous HS 11b.jpeg

     

    Dans son ultime Réponse à Léon Degrelle, le prétendu historien emberlificota encore la légitimité de ses accusations dans des considérations à nouveau tout à fait étrangères à Léon Degrelle et à la Légion Wallonie : « Le nettoyage du ghetto de Varsovie, les exécutions sommaires à l'Est et à l'Ouest : autant de crimes qu'il est impossible de passer sous silence. » Et de justifier (tout en prétendant le regretter) l'exploitation de prétendues sources devant obligatoirement rester secrètes : « Nous espérons vivement qu'une réforme rapide [sic] de ces lois permettra un jour [sic] aux historiens de travailler dans de meilleures conditions et d'être, ainsi [sic], à l'abri de pareilles accusations » !

     

    Seize ans plus tard, en 1995, un an après le décès de l'éternel proscrit, la situation n'avait, semble-t-il, toujours pas évolué : un « professeur » de l'envergure d'une Besace (ainsi le surnommait Léon Degrelle au vu de ses tsunamis d'affabulations) se cache encore derrière d'introuvables « agents américains de l'O.S.S. » pour recycler le mensonge du recel lucratif. À nouveau seize ans plus tard, en 2011, pourquoi le « chercheur » se priverait-il d'un trucage aussi commode ? Il sollicitera alors une source clandestine pour affirmer que le Chef de Rex se serait vu refuser une promotion au demeurant jamais sollicitée (ce blog au 31 juillet 2017).

     

    Et certes, nous pouvons donc adopter l'argumentation de Léon Degrelle qui, elle aussi, est toujours d'actualité : « M. Besace se garde bien de présenter les preuves dont il parle. Le dilemme est pourtant net : ou elles existent ou elles n'existent pas. Si elles n'existent pas, et que Besace en fait état, que signifie cette pantalonnade ? Et si elles existent, qui empêche Besace de la communiquer à ses lecteurs ? Chacun, vous comme moi, est en droit de lui demander de sortir son document. »

     

     

    C'est très sereinement que Bert Govaerts va rétablir la vérité : « Selon l'historien liégeois Francis Balace des agents secrets américains rapportent à cette époque que Degrelle vit de la vente de bijoux », précisant en note : « Degrelle a confirmé dans la longue interview à Maurice de Wilde [pour sa série L'Ordre Nouveau diffusée par la télévision flamande à partir de 1982] qu'il avait eu connaissance des vols de bijoux par des rexistes mais qu'il leur avait confisqué le butin, du volume d' « une boîte en carton » et renvoyé en Belgique. Pierre Dengis, le chef du service de sécurité interne de Rex, a raconté au même De Wilde qu'il avait retrouvé le butin, selon lui cinq coffres, mais que les Allemands les avaient saisis et mis en sécurité dans une banque de Hanovre. Après la guerre les propriétaires légitimes auraient pu récupérer les bijoux grâce à ses indications. » (pp. 46 et 261, note 59 ; seule petite confusion de la part de Bert Govaerts, ce n'est pas dans l'article Les hoquets de la liberté, publié dans le vol. 20 de Jours de guerre, mais dans l'article sur La libération de Bruxelles que le menteur académique a publié ses insanités. Sur ce qu'il faut penser du traitement fallacieux de l'histoire opéré par ce professeur charlatanesque, voir ce blog, entre autres, aux 30 juin 2016, 6 juillet et 8 novembre 2019).

     

    En l'absence de sources irréfutables et de faits établis concernant l'implication de Léon Degrelle dans cette affaire des bijoux bruxellois, Bert Govaerts donne également une leçon de bon sens à l'usurpateur qui déhonore l'université : « Les bagages de Degrellle ont été minutieusement fouillés dès son arrivée à San Sebastián. Dans les documents disponibles, il n'est aucunement question d'or ou de bijoux. Mais l'ombre d'un petit doute plane néanmoins sur ces rapports. Il est question de dix coffres de voyage qui ont “disparu”. Cela semble beaucoup, mais ces coffres n'appartenaient évidemment pas au seul Degrelle. Leur contenu est décrit : meilleurs uniformes militaires, vêtements civils, meilleurs sous-vêtements, jumelles, décorations... Est-ce qu'à ce moment, Degrelle, gravement blessé, aurait pu mettre aussitôt en place une combine pour garder son trésor de guerre loin des regards ? Cela paraît tout de même fort improbable. Il pourrait aussi avoir été volé. En tout cas, au moment de sa prétendue expulsion [vers le Portugal, le 21 août 1946], il était tellement nécessiteux que Franco jugea nécessaire de lui faire remettre une somme importante [20.000 pesetas : ce blog au 31 mars 2021]. » (p. 46).

     

     

    Handelsblad 1946.09.17 Franco LD Serviteur.png

    Avoir involontairement provoqué la mort de Pierre Laval en autorisant son extradition blessa douloureusement la Hidalguía (esprit chevaleresque espagnol) de Franco et lui servit d'amère leçon : il ne livrera pas Léon Degrelle à la Belgique en pleine fureur d'épuration. Mieux même, au vu de son dénuement total, le Caudillo lui octroya un secours de 20.000 pesetas pour subvenir aux premiers besoins de son exil. Et ce ne fut aucunement en faisant du persécuté son maître d'hôtel, comme le suggère le journal économique flamand Het Handelsblad (17 septembre 1946) : « OÙ EST DEGRELLE ? Franco : Laissons-les seulement chercher, Léon. En Pedro, mon majordome, ils reconnaîtront difficilement l'ancien Chef de Rex”. »

     

     

    Bert Govaerts ajoutera encore, –in cauda venenum !–, à propos des commentaires des agents secrets américains sur les sources de revenus de Léon Degrelle : « Des agents de la CIA écrivent également, au début des années cinquante, qu'il retirait des émoluments royaux de ses publications. Ce qui est tout de même quelque chose de plus vraisemblable. » (p. 46). Et, contrairement au docte imposteur ex cathedra, de préciser ses sources, extraites d'Internet Archive (p. 261, n. 61), d'en publier la copie (p. 76, avec une malheureuse faute de frappe dans la légende explicative du rapport, le datant de 1954 au lieu de 1953) et d'en donner la traduction (p. 246).

     

    C'était d'ailleurs déjà la conclusion de Jean-Marie Frérotte (Le dernier fasciste, Legrain, 1987) à qui Léon Degrelle avait apparemment fait quelques confidences lors de ses rencontres de 1982 et 1983 (p. 5) ; « Pas mal de chefs nazis [...] sont partis, cousus d'or [...]. De là à dire que le Heinkel 111 était rempli d'or, c'est plus facile à dire que de franchir les Pyrénées. De l'or, [Léon Degrelle] en avait : un petit bâton d'environ 300 grammes, vendu 16.000 pesetas à l'arrivée à San Sebastián : pas de quoi bronzer bien longtemps. De quoi put-il vivre pendant 40 ans ? Essentiellement de sa plume. Jamais il n'a cessé d'écrire et ses papiers se vendent pas mal. » (p. 220).

     

    Difficile de croire que l'évadé d'Oslo aurait avoué à Frérotte quelque implication dans les pillages criminels de bijouteries bruxelloises. On sait que Léon Degrelle possédait de la fortune, dont il donna l'essentiel à son épouse lors de son transfert en Westphalie, le 31 août 1944 (ce blog au 20 octobre 2023). Comment ce lingotin d'or de probablement 250 grammes se retrouva-t-il en Espagne ? Son propriétaire l'avait-il sur lui (probablement ne fut-il pas personnellement fouillé car l'agenda qui se trouvait dans une des poches de son uniforme échappa également à l'inventaire : « Les Espagnols ne le remarquèrent probablement pas », p. 50) ou put-il se le faire envoyer de Belgique ? Bert Govaerts sait en tout cas que  « Degrelle avait donc réussi à sauver certains effets des mains de la justice et même à les faire parvenir en Espagne. » (p. 265, n. 142). La somme obtenue par la vente de cet or, même bradé, donne quand même une idée de l'importance du viatique de 20.000 pesetas que le Caudillo fit parvenir à son protégé encombrant.

     

     

    Mola Photo LD Consulat.jpeg

    Dans les dossiers du Ministère des Affaires étrangères, Bert Govaerts a également trouvé quelques photographies assez floues de Léon Degrelle soigné à l'Hospital Militar General Mola. Leur intérêt est qu'elles furent prises clandestinement à partir du consulat honoraire de Belgique à San Sebastián, peut-être par le consul lui-même, Pierre de San (directeur de la succursale espagnole de la firme Remy, leader mondial dans la production d'amidon de riz) ou par le vice-consul Luis Lizarriturri, ancien agent de la Sûreté de l'État belge, également impliqué dans la toute première tentative d'enlèvement de Léon Degrelle (pp. 18-20 ; ce blog au 3 janvier 2023). Le consulat devait probablement se trouver dans un bâtiment en face de l'hôpital, près du croisement entre le Paseo del Duque de Mandas et la Calle Aldakonea. D'après Bert Govaerts, les photos ont été prises à l'été 1945 et montreraient Léon Degrelle en compagnie de ses gardiens militaires sur une terrasse de l'hôpital (voir aussi ce blog au 16 septembre 2022).

     

     

    Une tentative d'enlèvement inconnue

    Voici quelque temps déjà, nous avons passé en revue les multiples tentatives d'enlèvement et d'assassinat qui ont visé Léon Degrelle tout au long de son exil (ce blog au 3 janvier 2023). Nous en avions dénombré pas moins de treize !

     

     

     

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    L'hebdomadaire flamand 't Pallieterke : « Degrelle ne doit d'être devenu plus célèbre qu'à l'interdiction qui pesait sur lui. » (21 août 2025).

     

     

    Dans sa récente interview à l'hebdomadaire flamand 't Pallieterke (21 août 2025), Bert Govaerts ne croit pas vraiment fondées ces tentatives de kidnapping de Léon Degrelle. Tout au plus en recense-t-il cinq, et encore met-il en doute l'entreprise du colonel Georges de Lovinfosse : « Il faut le croire sur parole », estime-t-il. Les autres sont pour lui encore plus suspectes car « seul Degrelle en a fait mention ».

     

    Cela n'est pas très exact car l'ordre de mission, signé par le Premier ministre Achille Van Acker, dont pouvait se prévaloir Lovinfosse fut publié dans La Libre Belgique le 18 décembre 1974 et le colonel n'agissait pas seul ; il existe des témoignages (Me Paul Stasse, André Hautain, William Ugeux...) qui doivent être disponibles dans les archives du Cegesoma.

     

    Quant à la tentative d'enlèvement par des bras cassés communistes recrutés par les services secrets israéliens, fin 1964, elle doit bien avoir été documentée quelque part puisque la Sûreté espagnole arrêta les auteurs qui furent condamnés à de lourdes peines de prison en février 1965. De même que la tentative d'assassinat organisée en juin 1969 par le Belge Oscar Herman et déjouée encore par la Sûreté espagnole...

     

    Toujours est-il que Bert Govaerts nous en sert une nouvelle – et inédite–, de tentative d'enlèvement. Une quatorzième donc ; et la troisième à placer dans l'ordre chronologique de notre liste des « tentatives criminelles contre Léon Degrelle » (ce blog au 3 janvier 2023). Même si, à nouveau, elle relève de l'amateurisme loufoque. Mais laissons parler l'auteur.

     

    « Un fonctionnaire des Affaires étrangères à Bruxelles, le secrétaire d'ambassade de première classe, Marcel Houtman, s'amène avec un nouveau plan. Il n'y a pas qu'à la Duchesse de Valence que Léon Degrelle fasse tourner la tête. Houtman veut lui tendre un piège. Le mythe Degrelle intègre désormais également l'histoire selon laquelle il connaîtrait de noirs secrets du gouvernement qu'il pourrait révéler à l'occasion d'un nouveau procès. Ce qui pourrait fournir une explication à l'intransigeance de Spaak. Houtman veut réagir à cela. Il veut faire croire à Degrelle que le gouvernement belge a peur de ses révélations, ce pourquoi il lui propose un passeport argentin en échange de son silence. Ce passeport devrait lui être délivré par des diplomates belges, qui lui proposeraient en même temps de le conduire au port de Bordeaux d'où partirait son bateau pour Buenos Aires. Mais au lieu d'aller à Bordeaux, ils rouleraient simplement vers Bruxelles. À l'ambassade de Belgique à Madrid, quelqu'un fait remarquer que ce plan puéril a été conçu par un collègue devenu diplomate sans passer aucun examen. Il est naturellement irréalisable pour des raisons pratiques, mais aussi éthiques : C'est porter atteinte à la dignité du gouvernement belge de tromper quelqu'un aussi grossièrement, même s'il s'agit d'une canaille comme Degrelle”. » (pp. 35-36 ; le document exploité par Bert Govaerts date du 17 août 1946).

     

     

    Nation belge 1946.09.21 Spaak LD.png

    Les « noirs secrets » de Léon Degrelle concernant Spaak et ses offres de service à l'Allemagne après la capitulation de la Belgique relèveraient-ils vraiment du « mythe Degrelle » ? Ici, la « Une » de La Nation belge du 21 septembre 1946 (voir aussi ce blog aux 11 octobre 2016 et 7 juin 2018).

     

     

    L'avocat Marcel Houtman (1910-1948), secrétaire général de l'Association libérale d'Ixelles, à l'origine d'une ligue antirexiste et témoin à charge cité par le ministre libéral Marcel-Henri Jaspar dans son procès contre Léon Degrelle en 1937 (ce blog au 3 mai 2024), ne nous est quand même pas tout à fait inconnu.

     

    Paul Sérant, ancien résistant français, historien de l'épuration en Europe occidentale à la fin de la Seconde Guerre mondiale, a épinglé la haine fanatique de l'ancien résistant belge appelant de ses vœux « une épuration ayant le caractère implacable de l'hitlérisme » ! Et de conclure avec raison le portrait de l'aspirant Fouquier-Tinville de la répression aveugle par cette évidence : « peut-on vraiment cimenter le moral d'une nation en exaltant la haine des citoyens contre les hommes qui sont, qu'on le veuille ou non, leurs compatriotes ? » (Les Vaincus de la Libération, Robert Laffont, 1964, pp. 383-384).

     

     

    Marcel Houtman DH 1948.01.25.pngLa Dernière Heure, 25 janvier 1948.

     

    La haine d'Houtman semble s'être particulièrement focalisée sur Léon Degrelle qu'il tient pour responsable de ses déboires carcéraux, ainsi qu'il le détaille dans Après quatre ans d'occupation..., rabâchage de ses ressentiments publié dans la foulée de la Libération (Ferdinand Larcier, 1945) : « Pour ma part, je me rappelais mes écrits, ma propagande anti-naziste d'avant-guerre, ma lutte acharnée contre le parti rexiste, la création du mouvement Belgique-Toujours opposé à Rex, mes interventions dans le procès intenté à Degrelle, tout ce que, pour avoir eu mille fois raison, je payais aujourd'hui de la paille humide du cachot. » (p. 54). Léon Degrelle qu'il compte d'ailleurs stupidement parmi les voleurs et profiteurs de la Collaboration (c'est un leitmotiv cher aussi aux historiens à la Francis Balace, voir ci-avant) : « Il est certain que des traîtres en vedette ont pris des précautions, pendant la guerre, pour mettre leurs biens en sécurité. C'est ainsi que, dès avril 1943, Degrelle se préoccupait de liquider ses biens en Belgique. Au lendemain même d'un discours au Palais des Beaux Arts où il annonçait la certitude de la victoire allemande, Degrelle hypothéquait tous ses immeubles, notamment sa villa de la drève de Lorraine, à Bruxelles, et chargeait le notaire Moulin –qu'il fit arrêter dans la suite– de lui acquérir pour plusieurs millions de terrains (le rexisme rapporte) dans l'Estérel. [...] Il importe d'atteindre tous ces biens, fussent-ils réfugiés au delà des frontières. » (p, 154).

     

    On ne s'étonnera donc pas que ce patriote à la vengeance boulonnée au crâne ait tout fait pour traîner au poteau d'exécution celui qui cristallisait sa furieuse rancœur. Bert Govaerts nous prévient d'ailleurs qu'il ne devait qu'à sa qualité d'ancien résistant d'avoir été pistonné dans le cadre diplomatique (« sur base d'une mesure exceptionnelle », p. 259, n. 40). Ce qui ne put qu'indisposer tous ceux dont la carrière n'existait et ne se développait que par l'examen sélectif de leurs compétences.

     

    Aussi les collègues frustrés s'empressèrent-ils de torpiller joyeusement l'infantile machination élucubrée par ce fonctionnaire dont le poste ne servait sans doute qu'à assouvir sa vengeance.

     

    À suivre

     

     

     

  • Le meilleur fils de nos vieilles terres bourguignonnes est né voilà 119 ans !

     

     

    Léon Degrelle

    15 juin 1906 - 15 juin 2025

     

    LD Retiro.jpg

     

    À l'occasion de cet anniversaire, notre fidèle lectrice et amie Léonie, pariant que nous ne le connaissions pas–, nous a fait parvenir un livre que nous n'avions effectivement jamais lu, publié aux Éditions Rex en décembre 1932, La Belgique vivante, par Georges Suarez, avec une préface d'André Tardieu (1876-1945) écrite alors qu'il était président du Conseil (Premier ministre) et ministre des Affaires étrangères du gouvernement français.

     

    Envoyé spécial de L'Écho de Paris pour une série de reportages sur la Belgique, Georges Suarez (1890-1944) publia, du 28 octobre au 9 novembre 1931, une douzaine d'articles célébrant le plat pays à travers ses activités et réalisations littéraires, culturelles, universitaires, sociales, coloniales,...

     

    L'Echo Paris 1931.11.09 Belgique vivante.png

    georges suarez,andré tardieu,l'écho de paris,paul van zeeland,mgr picardC'est dans le cadre de cette enquête qu'on peut trouver un court et sympathique portrait de Léon Degrelle, que Georges Suarez présente comme « un Wallon pur sang, mon ami Léon Degrelle, qui est bien le plus prodigieux mélange de mysticisme, d'ingénuité, de malice, de calcul, de spontanéité et de goût à la vie que j'aie jamais rencontré chez un garçon de cet âge » (p. 22 ; L'Écho de Paris, 29 octobre 1931, p. 2).

     

    Effectivement tombé sous le charme du jeune tribun rexiste, à l'instar d'un Robert Brasillach (ce blog au 12 novembre 2020), Georges Suarez retournera pourtant sa veste sans vergogne, contrairement à l'auteur de Léon Degrelle et l'avenir de Rex, prenant résolument et bruyamment parti pour le Premier ministre Paul Van Zeeland, candidat unique de tous les partis du régime (en ce compris les communistes !) contre Léon Degrelle aux élections partielles bruxelloises du 11 avril 1937 (ce blog aux 6 mai 2016 et 14 avril 2017).

     

    Nous reviendrons plus tard sur ce désamour. Pour le moment, savourons plutôt, à l'occasion de son anniversaire, le portrait amicalement positif que trace encore Georges Suarez de l'auteur de Mon pays me fait mal et Les Grandes Farces de Louvain.

     

    LD Années 30.jpg« Auprès de [Mgr Picard (ce blog au 5 avril 2017),] apparaît la silhouette narquoise du bon poète Léon Degrelle ; j'ai déjà eu l'occasion de présenter en liberté cet infatigable boute-en-train en qui se rejoignent des soucis égaux de plaire à Dieu en se plaisant à la vie ; il y a en lui une sorte de Villon ingénu dont la fantaisie ne s'arrête qu'aux mystères sacrés.

     

    Dans sa vie impétueuse, on le découvre aussi fervent de la messe que de la bonne chère : il dirige une revue, Soirées. Il écrit des livres pleins de verve ; il rime avec bonheur. Il a le génie de l'épigramme gaie ; et ses farces font à Louvain la joie des veillées trop longues, dans les brumes de l'hiver. Il est aimé ; il possède la gaieté vraie, celle qui n'a besoin pour assaisonnement du chagrin de personne.

     

    LD Soirées 1932.02.13.jpgSous cette truculence désinvolte, fleurit un beau courage d'apôtre. Pendant les persécutions contre les catholiques au Mexique, il partit un beau jour, un petit sac à la main, fit le voyage dans la cale d'un paquebot, et débarqua à Mexico, sous un nom d'emprunt, malgré la police qui le recherchait ; traqué par les agents du gouvernement, il fit cependant une enquête complète qui a paru récemment aux Éditions Rex.

     

    Nul mieux que lui ne pouvait apporter à Mgr Picard cette collaboration sentimentale et intellectuelle sur laquelle repose la direction de l'Association catholique. »

    (pp. 65-66 ; L'Écho de Paris, 3 novembre 1931, p. 2).

     

     

  • Un "copié-collé" traficoté du livre de la Duchesse de Valence !

     

    Le portrait médisant de Léon Degrelle,

    dans le SoirMag

     

    Feu Jean-Paul Chayrigues, marquis de Olmetta, a livré, dans ses Portraits anecdotiques, de Jean Gabin à Jany Le Pen, des souvenirs sur Léon Degrelle, parfois embellis par une mémoire –noblesse oblige– plutôt encline à l'idéalisation qu'au dénigrement (ce blog au 23 janvier 2025).

     

    Rien de tout cela, bien au contraire, chez le très politiquement correct SoirMag ! Voilà plusieurs semaines qu'il publie quelques « bonnes pages » d'un vieux bouquin de 2017 sur la Belgique de l'entre-deux-guerres commis par Pierre Stéphany (1925-2020).

     

    Concernant la Belgique des années 30, il fallait bien qu'on en arrivât à parler de Léon Degrelle. Et c'est ce qui est arrivé cette semaine. Mais sans la moindre empathie pour son sujet, ni même la distanciation que l'objectivité eût dû apporter à l'écriture.

     

     

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    Le SoirMag veut nous parler du Léon Degrelle des années 1920-1930 (il est alors âgé d'entre 14 et 24 ans), mais pour illustrer son propos, rien de tel que des photos anachroniques de la maturité : le congrès refondateur de Lombeek, le 10 juillet 1938 (ce blog au 15 mars 2024 ; Léon Degrelle a 32 ans !) ou, mieux car il y a des croix gammées, le discours au Palais de Chaillot, à Paris, le 5 mars 1944 (Léon Degrelle a 37 ans !)...

     

     

    Mais si chez les gens bien nés, le bon sang ne peut mentir, chez les pisse-copies de l'histoire officielle, c'est la course aux affirmations gratuites, aux travestissements, aux mensonges délibérés, aux insultes... Plus le temps passe d'ailleurs, moins il y a de retenue : la surenchère aux affabulations les plus délirantes est seule admise. Tant, faut-il croire, il est important –essentiel !– de laver le cerveau de nos contemporains et d'y boulonner le postulat du on sait où ça a mené ! Et du plus jamais ça !...

     

    Rien de positif ne peut plus être dit sur Léon Degrelle et ça commence donc dès avant sa naissance : « dans ce jardin [de l'Association Catholique de la Jeunesse Belge] apparut un jour, par un de ces accidents qu'en botanique on appelle aberration, une fleur phénoménale et bientôt monstrueuse »: Léon Degrelle, « le saltimbanque dépourvu du sens des réalités à cause de qui des milliers d'hommes connurent la mort et le déshonneur » !

     

    Après une telle « mise en bouche » outrancière et extravagante, nous voilà prévenus : tout ce qui sera dit sur Léon Degrelle, même les choses les plus anodines, sera au moins placé dans un contexte négatif.

     

    Ce traitement résolument hostile est d'autant plus spectaculaire que tous les renseignements sur l'enfant de Bouillon consisteront en simples copiés-collés traficotés de la biographie publiée par la Duchesse de Valence, Degrelle m'a dit, mais bien sûr sans jamais le dire, comme si les infos provenaient de recherches personnelles !

     

     

    Une famille catholique

    Pour éclairer son engagement de « meneur d'âmes », la Duchesse de Valence écrit : « Léon Degrelle eut trois oncles jésuites. Son père en avait eu trois, lui aussi. Un autre oncle de Léon Degrelle était curé de campagne ». Et de conclure logiquement : « Au fond, je crois, le grand rêve de sa vie eût été d'être un meneur d'âmes. [...] Pendant des années, il ne fut, au fond de lui-même que cela : un croyant qui voulait projeter sa foi dans la vie des autres. » (p. 29).

     

    Dans le SoirMag, cela devient : « Léon Degrelle avait à lui seul trois oncles jésuites et un autre curé. » Mais la conclusion est autre car la religion ne peut évidemment avoir aucune prise sur lui : « On le mit en pension à Namur dans un collège dont le nom lui convenait mal : Notre-Dame-de-la-Paix. »

     

    Léon Degrelle n'est-il pas en effet qu'un homme cherchant la bagarre, les disputes, l'affrontement ?...

     

     

     

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    Une famille unie dans la foi : l'enfant de chœur Léon Degrelle (à gauche, dix ans) lors de la Communion solennelle, en 1916, de sa sœur aînée Madeleine, douze ans (ce blog au 20 mars 2020) ; à droite, son petit frère Édouard, huit ans, également enfant de chœur, qui sera assassiné dans sa pharmacie, le 8 juillet 1944 ; à l'avant-plan Louise-Marie, neuf ans, et Suzanne, la petite dernière, née quelque quatre ans plus tôt. Le petit Léon servira ponctuellement la messe du matin du curé de Bouillon : « Comme tous les Degrelle, il posséda dès son enfance une foi vive, priant avec passion, partant, dès l'âge de huit ans, chaque matin, à cinq heures et demie, à travers l'ombre, la neige, les pluies de l'hiver ardennais, à l'église de sa paroisse. » (Degrelle m'a dit, p. 29).

     

     

     

    Le surnom

    Interrogé par la Duchesse de Valence, Léon Degrelle a raconté la brutalité du changement que représenta dans sa vie son entrée au pensionnat des jésuites namurois : « De mon univers de gamin des bois, on me plongeait brusquement dans une lourde casemate, parmi deux cents “aristos”, à peu près tous garçons des villes, moitié noblesse, moitié grosse bourgeoisie. Je ne connaissais personne. Brusquement, ces hautes murailles grises, ces visages inconnus ! Je me cachais pendant la récréation, pour rester seul. À table, je me tenais muet, raide comme un piquet. On m'avait baptisé “amidon”. » (Degrelle m'a dit, p. 37).

     

    Dans le SoirMag, cette expérience de harcèlement qui eût pu être traumatisante, devient au contraire la manifestation hautaine du mépris qu'avait l'adolescent déraciné pour ses condisciples: « Péremptoire, l'oeil noir impérieux, le nez en avant et les cheveux collés au Bakerfix, il impressionnait ses condisciples, qui le surnommèrent “l'amidon” ».

     

    Nous sommes ici dans une pure fabulation : Léon Degrelle vient d'expliquer l'origine du surnom par son maintien « raide comme un piquet », mais l'antirexiste de service prétend plutôt y voir la dénonciation de son attitude prétentieuse, « les cheveux collés au Bakerfix » ! Rappelons-nous que nous sommes en 1921 et que Léon Degrelle vient d'avoir quinze ans. Nous pourrons alors difficilement nous imaginer le gamin exilé sortir du dortoir du pensionnat jésuite les cheveux consciencieusement gominés ! D'autant plus que la brillantine Bakerfit promotionnée par la sulfureuse Joséphine Baker n'arriva en Belgique que dans les années... 1930 !

     

     

     

    Bakerfix LLB 08.04.1931.png

    La première apparition publicitaire de la marque Bakerfix dont Stéphany se gargarise en voulant se moquer de la coquetterie supposée du jeune Léon Degrelle en 1921 ne se retrouve que dans le quotidien catholique bruxellois La Libre Belgique du 8 avril 1931. Ci-dessous : publicités explicitant le nom de la marque par celui de l'artiste (Le Soir, 3 avril 1933 ; La Dernière Heure, 12 octobre 1933).

    Bakerfix Soir 03.04.1933.png   Bakerfix DH 12.10.1933.png

     

     

    Pourtant Léon Degrelle a bien expliqué comment il a pu se débarrasser intelligemment de ce surnom : « Les programmes des Jésuites ne correspondaient pas avec ceux de mon “Institut”. J'étais d'un an en retard en mathématiques et en grec. Mais les Jésuites sont des maîtres-hommes. Au bout de huit jours, mon professeur m'avait pris en main. Le premier concours était le concours de français, heureusement. Je sortis premier sur trente. Le soir même, le sobriquet “amidon” disparaissait. Oui, j'ai pioché. Dès la fin du trimestre, j'avais rattrapé la classe en mathématiques et en grec, et j'obtenais dans ces deux branches les huit dixièmes des points. » (p. 38)

     

    Mais le chroniqueur de l'entre-deux-guerres, apprenant cette faiblesse momentanée en mathématiques, va la traiter bien différemment : « En mathématiques, il apprit juste de quoi pouvoir plus tard bricoler des lettres de change et trafiquer des comptes afin d'éteindre une dette en en faisant une autre » !

     

    Léon Degrelle n'est-il pas en effet qu'un escroc ?

     

     

    Gabriele d'Annunzio

    Neuf pages plus loin, la Duchesse de Valence explique comment Léon Degrelle connut par la presse« le coup de Fiume » de Gabriele D'Annunzio et « la marche sur Rome » des Chemises Noires (ce blog au 3 mai 2024) : « Au moment du coup de force sur la ville adriatique de Fiume [par le grand poète et condottiere italien Gabriele d'Annunzio], Léon Degrelle, âgé alors d'une douzaine d'années, était en vacances de Noël chez un cousin, curé de village et humaniste. Cet intellectuel était abonné à quatre journaux, ce qui avait paru au petit Léon Degrelle une magnificence absolument fantastique. » (p. 47)

     

     

     

    LD 12 ans.pngLéon Degrelle a douze ans lorsqu'il s'enthousiasme pour le Condottiere à l'extravagance poétique, Gabriele d'Annunzio.

     

     

     

    Pour le SoirMag, il s'agit là de l'origine fasciste du personnage et de sa prétendue obsession du pouvoir : « un jour, en vacance chez l'oncle curé, Léon constata que celui-ci était abonné à quatre journaux. Le garçon les dévorait tous. C'est là qu'il apprit l'aventure de Mussolini et découvrit d'Annunzio, le poète condottière –“Giovinezza, primera di Belleza...”– dont les vers poussaient les jeunes à rejoindre les Chemises noires. L'idée fixe du pouvoir » !

     

    Léon Degrelle n'est-il pas en effet qu'un fasciste avide de puissance despotique ?

     

    Il nous faudra tout de même apprendre à la gazette –nous voulons croire qu'elle n'a pas été capable de recopier le texte original– que l'hymne fasciste n'est pas « Jeunesse, première de Beauté », mais « Jeunesse, Printemps de Beauté » : Primavera et non Primera ! À l'évidence, les collaborateurs du SoirMag n'ont malheureusement jamais pris plaisir à chanter cet hymne, à la mélodie entraînante et plutôt grisante.

     

     

    Bertrand de Jouvenel

    Ces contresens présentés comme des évidences constituent le fonds de commerce de l'échotier acquis au wokisme, comme on dit maintenant. Il poursuit donc sa démonstration en faisant semblant de se placer sous l'autorité d'un écrivain français qui aurait percé son contemporain à jour : « Ainsi se préparait “un dictateur pour cour de récréation”, comme devait dire Bertrand de Jouvenel, qui l'interviewa en 1936. » Mais l'imposteur n'a, pour sûr, pas lu le texte original (il aurait d'ailleurs été bien en peine de citer le titre du journal de 1936 ! il ne s'agit d'ailleurs pas d'une interview, mais d'un article comme le disent tous ceux qui en parlent en connaissance de cause). Sans doute seulement, comme pour tout son article, n'a-t-il lu que l'évocation de la Duchesse de Valence expliquant la parfaite bienveillance de l'écrivain qui, à son avis, se trompait en utilisant cette expression de manière conjecturale : « J'ai relu, dans un journal parisien, un article de Bertrand de Jouvenel, dépeignant Degrelle en 1936 avec une grande sympathie, écrivant qu'il avait dû, au collège, être un dictateur des cours de récréation. Je n'en crois absolument rien. Toutes les confidences que Degrelle m'a faites sur ces années de collège me donnent, au contraire, la certitude qu'il vivait, comme il a toujours vécu, en marge des autres ; distant (c'est-à-dire replié dans la compagnie de ses pensées), il devait être peu liant et peu lié. » (p. 52).

     

    Nous n'avons pas retrouvé le journal parisien où a paru l'article de Bertrand de Jouvenel (qui, en 1936 toujours, publia dans Paris-Midi une interview fracassante d'Adolf Hitler : ce blog au 7 septembre 2021). Sans doute cet article doit-il exister car Le Pays réel du 14 mars 1938 s'en souvenait encore : « Bertrand de Jouvenel, journaliste de grande classe, est un des rares esprits d'outre-Quiévrain qui se soient penchés avec intérêt et sympathie sur le mouvement rexiste, totalement incompréhensible pour la majorité des Français. »

     

     

     

    Paris-Midi 22.03.1936 LD.png

    C'est dans le Paris-Midi du 28 février 1936 que Bertrand de Jouvenel publia, en exclusivité, une interview sensationnelle du Chancelier allemand Adolf Hitler. Un mois plus tard, le 22 mars, le même journal publiait un portrait en demi-teinte de Léon Degrelle, mais d'une autre illustre signature. C'était le premier volet d'une série Trois candidats dictateurs se disputent la Belgique (le second concernait Joris Van Severen, raciste et chef des “Dinasos” ; le troisième, Paul Hoornaert, fasciste et chef de la “Légion Nationale”). Ces reportages étaient l’œuvre de Jacques Ploncard (d'Assac, 1910-2005), condamné à mort en 1947, réfugié au Portugal où il sera conseiller du Premier ministre Salazar ; auteur reconnu de nombreux ouvrages sur le corporatisme, le nationalisme, la franc-maçonnerie, le communisme,...

     

     

    Mais le tout premier à évoquer la bienveillante curiosité de Bertrand de Jouvenel pour Léon Degrelle est Robert Brasillach, dans son opuscule Léon Degrelle et l'avenir de “Rex” (ce blog au 12 novembre 2020). C'est d'ailleurs lui qui est à l'origine des références postérieures.

     

    Robert Brasillach cite le mot, mais en le commentant abondamment, pour bien préciser le sens tout positif à donner à l'expression insolite utilisée par Jouvenel : « A son sujet [Léon Degrelle], Bertrand de Jouvenel évoquait un jour ces garçons autour de qui, dans les lycées et les collèges, on se range naturellement, qui font la loi dans la classe, que l'on aime et que l'on admire. Et, bien que la plupart du temps, ces admirations ne survivent pas à l'âge d'homme, il déclarait trouver en Léon Degrelle comme un souvenir du “dictateur des cours de récréation” qu'il avait dû être. Je ne pense pas qu'on doive se fâcher de ce mot, et Léon Degrelle moins que quiconque. Car il met bien l'accent sur la jeunesse extraordinaire de ce mouvement, et sur la vertu de cette jeunesse, malgré les railleries des gens de bon sens. Il est aisé de voir que c'est à Louvain que s'est formé le dictateur des cours de récréation. Non que des proccupations plus sérieuses n'aient pas, à cet instant, déjà conquis Léon Degrelle et ses amis. Mais on s'en voudrait d'oublier cette chaude atmosphère de gaieté, de brasseries, de chahuts d'étudiants, de passion joueuse, qui donne aux abstractions (la jeunesse aime toujours les abstractions) une couleur vivante. » (p. 14).

     

     

     

    LD ACJB+Nothomb.jpg

    L'étudiant Léon Degrelle vu par Alidor (Jam, au Pays réel), face à l'un des pisse-vinaigre qui deviendra un ponte du Parti Catholique, le sénateur Pierre Nothomb (qui, à la demande de Léon Degrelle, écrira néanmoins en quelques jours pour les éditions Rex, Le Roi Albert, au lendemain de l'accident mortel du souverain, le 17 février 1934).

     

     

    Singulière, l'expression le fut assurément, qui connut une fortune telle que c'est généralement tout ce qu'on retient de Jouvenel quand on parle du rexisme. Mais c'est le plus souvent en maquillant son propos. C'est ainsi que Stéphany fait de « dictateur des cours de récréation », « dictateur pour cour de récréation ». Ce qui signifie que le dictateur qu'aurait aspiré à être Léon Degrelle n'était tout juste bon qu'à exercer ses abus de pouvoir dans les cours de récréation des écoles. Alors que Jouvenel, supputant la biographie de Léon Degrelle, voulait dire –comme le souligne Brasillach– que le jeune collégien jouissait d'une telle autorité naturelle dans son école qu'il avait sûrement dû être le dictateur de ses cours de récréation. On verra aussi pareil travestissement non anodin chez le vieux méchant atrabilaire Pol Vandromme prétendant citer Jouvenel, mais écrivant « dictateur de cour de récréation » (Le loup au cou de chien, p. 19 ; ce blog au 14 avril 2016) : le passage du pluriel au singulier marque aussi un changement de sens. Il entend ridiculiser le prétendu apprenti-dictateur, en raillant jusqu'à sa dénomination par son déterminant : un dictateur de cour de récréation, c'est un dictateur pour rire, un dictateur de carnaval !...

     

    Le décor sournoisement calomnieux étant planté, Pierre Stéphany peut désormais mettre allègrement ses pas dans les poncifs injurieux des pseudo-historiens officiels (ce blog, entre autres, au 18 mars 2016) : c'est ainsi que l'étudiant des jésuites qui, en 1925, se fit avec succès le champion de Charles Maurras auprès des jeunes catholiques belges (ce blog aux 29 mars 2017 et 2 mars 2021) n'est qu'un « démagogue dont l'égocentrisme agité allait sous peu tourner à la paranoïa », « l'hurluberlu qui avait été le boutefeu » de la condamnation par l'Eglise de l'Action française...

     

     

     

    Pays réel 03.11.1936 Maurras.pngLa condamnation du Vatican en 1926 n'empêche pas Charles Maurras de poursuivre son combat politique. Ses articles virulents contre Léon Blum le feront condamner dix ans plus tard à la prison ferme pour « complicité de provocation au meurtre ». Il purgera sa peine à la prison de la Santé du 29 octobre 1936 au 6 juillet 1937. Le Pays réel publie cet écho le 3 novembre 1936.

     

     

    L'auteur de ce pensum inutile et sans intérêt est décédé depuis quelque cinq ans. Sa longévité rédactionnelle vient certainement de son talent manifeste de raconteur d'histoires : ce fut un prolifique scénariste de bandes dessinées pour l'hebdomadaire Tintin des années 50 à 80, avant de se faire le ragoteur singulier d'affaires criminelles piquantes ou d'épisodes de guerre romancés de manière insolite.

     

    Un des sommets de son art de potins de commère est sans doute son gros bouquin (350 pages) sur Le monde de Pan, l'hebdomadaire satirique bruxellois animé par Alidor, l'ancien Jam de Rex. Là aussi, sa petite vingtaine d'évocations de Léon Degrelle seront prisonnières des clichés obligatoires pour se faire publier... Ainsi de son talent oratoire : il fallait « écouter l'aspirant dictateur lors des meetings délirants qu'il donnait au Palais des Sports à Bruxelles dans le plus pur style hitlérien [...] avec lequel le comédien fanatisait les foules. » (p. 175)