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  • Il y a 75 ans : la « libération » de la Belgique.

     

    Récits degrelliens de l’épuration. Appel à témoins !

     

    Nos amis du ‘t Pallieterke s’inquiètent, fort judicieusement, de l’orientation que prendront les célébrations du septante-cinquième anniversaire de la Libération de la Belgique en septembre 1944, craignant qu’aucune cérémonie n’évoque la répression sauvage dont furent victimes, non seulement ceux qui crurent en l’ordre nouveau ou sympathisèrent avec l’Allemagne victorieuse, mais même ceux qui n’eurent pour seul tort que d’être dans le collimateur –pour quelque raison que ce soit– de ceux qui se découvrirent soudainement une vocation de « résistant » épurateur.

     

    Repressieverhalen 1.jpgL’hebdomadaire nationaliste flamand a donc lancé un « appel à témoins » afin de documenter cette face souvent occultée de la « Libération », rappelant d’ailleurs que, voilà 75 ans, ‘t Pallieterke et son rédacteur en chef Bruno De Winter (qui n’appartenait en aucune façon à ceux qu’on désignait par l’expression « les noirs », par référence non pas à la couleur de leur peau mais à celle de leur uniforme) furent les premiers à stigmatiser dans leurs articles l’inhumanité aveugle de la répression. Cet appel à témoins concerne bien évidemment toutes les régions de Flandre, mais également de Wallonie puisqu’une simple recherche sur Google a montré au rédacteur en chef Karl Van Kamp qu’à part une photo de femmes tondues à Charleroi, il n’y a pratiquement rien à trouver sur le net, comme si « ce pan de l’histoire avait été consciencieusement gommé de la mémoire francophone », comme si « du côté wallon, il n’y avait eu que de courageux résistants alors que du côté flamand, il n’y avait que des collabos. Cette fable est tellement ancrée dans les esprits que même en Flandre, on finit par y croire. »

     

    Sans doute est-ce d’ailleurs pourquoi, dans son ultime ouvrage Tintin mon copain, Léon Degrelle consacrera trois chapitres (« Hergé sous les verrous », « L’intolérance absolue », « C’était affreux, affreux ! ») à cette face hideuse et donc bien cachée de la victoire qui va se célébrer sans états d’âme à travers toute l’Europe dans quelques semaines.

     

    Dans cet ouvrage, Léon Degrelle propose en fait un condensé de ce qu’il avait déjà publié dans ses Lettres à mon Cardinal (le primat de Belgique Léon-Joseph Suenens), exemples atroces des exactions subies par les « collaborateurs » ou prétendus tels en Belgique, accompagnés par d’autres exemples venant de France, puisque Tintin mon copain, contrairement aux Lettres, n’intéressait pas que le seul microcosme belge.

     

    Lettres Cardinal.jpegNous reproduisons ici le texte des Lettres à mon Cardinal, publié sans illustrations, accompagné des photographies documentant Tintin mon copain, que les éditeurs voulurent le plus richement illustré pour en corroborer toutes les déclarations et en faire une sorte de vingt-cinquième album des aventures du célèbre reporter.

     

    En effet, comme le souligne l’hebdomadaire flamand ‘t Pallieterke, si les textes concernant la répression de la collaboration en Wallonie sont rares, difficiles d’accès et parfois même falsifiés (il donne l’exemple éclairant des parents de la passionaria socialiste d’origine flamande Laurette Onkelinx dissimulant son passé familial pour le moins « nazi-compatible » sous des délires frénétiquement hystériques –voir ce blog au 18 janvier 2016), les photographies les illustrant sont encore plus rares.

     

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  • Exit Simone Veil

    L'affaire de l' « Autoportrait d'un fasciste »



    Nous avons appris, ce 30 juin 2017, la disparition de Mme Simone Veil, dans sa 90e année.

    L'ancienne présidente du Parlement européen est surtout connue pour avoir, en tant que « ministre de la Santé », fait voter la loi légalisant l'avortement (c'est-à-dire la suppression de la vie des plus faibles d'entre les faibles, les enfants en devenir ne bénéficiant d'aucune protection légale), pour avoir été élue membre de l'Académie française sans avoir jamais écrit un texte ayant quelque valeur littéraire et –ce qui nous concerne davantage– pour être, en tant que ministre du gouvernement de Raymond Barre, à l'origine, en 1978, de la non-diffusion par FR3 du documentaire Léon Degrelle. Autoportrait d'un fasciste, de Jean-Michel Charlier.

    manifprtous.jpg

    Voici comment le génial auteur des « Dossiers Noirs », par ailleurs scénariste prolifique des meilleures BD de l'école « franco-belge » (Buck Danny, Jean Valhardy, La Patrouille des Castors, Blueberry, Tanguy et Laverdure,...), rend compte de ce cas exceptionnel d'autocensure pour crise de « politiquement correctitude » dans Léon Degrelle : Persiste et signe (éd. Jean Picollec, p. 15 sv.).

     

    Capture.PNG« FR3 avait programmé les deux émission d' ''Autoportrait d'un fasciste'' [...] quand, subitement, la Chaîne décida d'ajourner sine die leur diffusion. La raison ? Un invraisemblable concours de circonstances.
     

    D'abord, une interpellation au Parlement français [Assemblée nationale, 2e séance du 25 octobre 1978] du député communiste [Guy] Ducoloné, accusant une autre émission consacrée à Eva Braun, maîtresse puis épouse d'Hitler, de banaliser le nazisme. C'était faux. Mais l'ire des communistes avait été déchaînée par deux faits rapportés dans ce film : le rappel de l'agression de l'Union soviétique contre la Pologne en 1939, peu après que les nazis l'eurent envahie. Et l'évocation par le colonel SS Schultz, aide de camp de Ribbentrop, des rapports cordiaux qu'il avait personnellement entretenus avec Staline, Molotov et Béria, lors de la signature du pacte germano-soviétique dont il avait été le témoin oculaire, en août 1939, pacte qui garantissait au Reich la fourniture de flots de pétrole russe, pour son offensive à l'Ouest, quelques mois plus tard.

     

    Simone Veil [ministre de la Santé et de la Famille] représentait le gouvernement au Parlement [en l'absence de Jean-Philippe Lecat, ministre de la Culture et de la Communication], le jour de l'intervention de Ducoloné. Elle n'avait pas vu l'émission sur Eva Braun. Elle n'eut jamais la simple honnêteté de se la faire projeter. Emportée par la douloureuse et légitime passion qui la saisit immanquablement au souvenir des années noires du nazisme, dont elle a subi personnellement et tragiquement les méfaits, elle préféra souscrire aveuglément aux accusations des communistes, condamna une émission dont elle ne savait rien. Et Raymond Barre, alors Premier ministre, sans s'informer davantage et sans savoir lui non plus de quoi il retournait, lui emboîta le pas.

     

    Détail savoureux : cet incident détermina la Télévision française, qui s'y était énergiquement refusée jusque-là, à acheter et à diffuser précipitamment la série américaine ''Holocauste'', consacrée au massacre des Juifs.

     Alidor 8 novembre 1978 Autoportrait d'un fasciste.jpgA cette première circonstance, s'ajoute une autre coïncidence : la publication par Paris Match d'une interview visant manifestement à produire un effet de scandale et arrachée à la démence sénile de Darquier de Pellepoix, commissaire du gouvernement de Vichy aux Affaires juives, réfugié en Espagne, par un journaliste avide de sensationnel à tout prix [Jean-Michel Charlier se trompe ici : ce n'est pas Paris-Match, mais L'Express du 28 octobre 1978 qui publia la première interview de Louis Darquier de Pellepoix réfugié à Madrid, par Philippe Garnier-Raymond, sous le titre « A Auschwitz, on n'a gazé que les poux », pp. 164-199]. Dans cette interview, Darquier – qui devait mourir gâteux peu de temps après [c'est-à-dire moins de deux ans plus tard, le 29 août 1980]– faisait l'apologie des mesures racistes qu'il avait édictées, durant son passage au commissariat aux Affaires juives.

     

    Cet ensemble d'incidents extérieurs fut fatal à la programmation de mon ''Autoportrait d'un fasciste''. FR3 préféra en reporter la diffusion. Pourtant, il s'agissait d'un travail qui m'avait été expressément commandé par contrat et que la Chaîne avait financé entièrement, en parfaite connaissance de cause, et bien que j'eusse à maintes reprises attiré son attention sur les risques de l'affaire. J'avais soigneusement veillé, par instinct de conservation personnelle, à la maintenir strictement informée, étape par étape, du déroulement de ma préparation, de mon tournage et du montage, ainsi que du contenu des interviews que j'avais recueillies auprès des différents protagonistes rencontrés. A aucun moment, d'ailleurs, aucun des responsables de FR3 n'émit la moindre critique, ni même la moindre réticence sur le résultat de mon travail. De plus, mes émissions furent vendues et projetées à l'étranger, et notamment deux fois par la télévision canadienne. [...]

     

    N'ayant pas commis l'ombre d'une faute professionnelle dans toute cette affaire, je n'encourus pas le moindre blâme officiel, la moindre remarque. Bien qu'il eût suivi et approuvé la réalisation de mes deux émissions, du début à la fin, le président de la Chaîne se contenta de me ''mettre au placard''. Un placard dont me tira aussitôt Jean-Louis Guillaud, alors grand patron de TF1, mais qui, jadis, avait présidé à la naissance de mes ''Dossiers Noirs'' sur FR3. Il m'offrit de poursuivre ma série, sur sa Chaîne et sous un nouveau titre : ''Les Grandes Enquêtes de TF1'', ce que j'acceptai aussitôt.


    Degrelle espagne.jpgJe ne compte plus les innombrables projections privées qu'il me fallut organiser pour satisfaire tous ceux qu'intéressait mon ''Autoportrait d'un fasciste'', tant en Belgique qu'en France. Mes deux émissions furent projetées en Hollande et au Québec. Avec un tel succès que la télévision canadienne les programma presque aussitôt une seconde fois et que des vidéo-cassettes piratées au Canada firent bientôt leur apparition en Belgique où l'on se les disputait au prix de 7 à 8000 francs belges [environ 170 à 200 euros]  ! »

     

    Depuis lors, la situation n'a guère changé. Un moment diffusé par les éditions de Chiré (Diffusion de la Pensée française), le DVD est désormais signalé « épuisé » au catalogue.

     

    Le documentaire peut néanmoins se visionner sur « World News » : https://wn.com/léon_degrelle_–_autoportrait_d’un_fasciste_(j._m._charlier,_1978)_%7C_les_dossiers_noirs

    Egalement via ce lien "YouTube":
    https://www.youtube.com/watch?v=dZeIcx92FKo



  • Degrelle. Qui suis-je ? Par Francis Bergeron, éditions Pardès, 2016, 125 pages

    XVIII. Cinquante ans d’exil espagnol : une vie banale ?

    « Les cinquante années suivantes de son existence furent plutôt banales. […] Quinze années à vivre comme un lion. Cinquante années à raconter ces quinze années-là. Peut-on le lui reprocher ? » (Bergeron, pp. 103-104).

    Sans doute les cinquante années d’exil espagnol furent-elles moins exaltantes et sont de toute façon moins connues que les vingt flamboyantes années de combat (plutôt que quinze : nous ferions effectivement commencer les années vécues « comme un lion » lorsque le jeune Léon entreprend ses études universitaires et provoque, à son corps défendant, la condamnation par l’Eglise de Charles Maurras et de l’Action française !). Mais les ramener à cinquante années de radotage est à l’évidence outrancièrement réducteur alors qu’elles pourraient fournir le scénario à cinquante aventures de Tintin !


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    C’est déjà ce qu’écrivait en substance Lucien Rebatet dans Rivarol en rendant compte du livre signé par la Duchesse de Valence (12 octobre 1961) : « un pareil livre dans lequel se chevauchent dix romans et quinze films mais tous vécus – ou peu s’en faut ! – défie n’importe quelle forme de compte rendu ». L’avocat madrilène José Luis Jerez Riesco ne s’y est d’ailleurs pas trompé non plus en consacrant aux seules années d’exil un fort volume de 617 pages, Degrelle en el exilio. 1945-1994 (publié en Argentine aux éditions Wandervögel, 2000).

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  • Degrelle. Qui suis-je ? Par Francis Bergeron, éditions Pardès, 2016, 125 pages

    XIV. La rencontre Stéphane Steeman-Léon Degrelle

    « [Stéphane Steeman] apprend que Degrelle envisage d’écrire un livre consacré à Hergé, Tintin mon copain. Steeman part en Espagne pour le rencontrer. […] L’humoriste belge se sent investi d’une mission importante : convaincre Degrelle de ne pas écrire n’importe quoi. Il veut simplement dire à Degrelle : n’en rajoutez pas. Ne faites pas d’Hergé un militant, ce qu’il ne fut jamais. » (Bergeron, p. 92)

    La rencontre entre Léon Degrelle et Stéphane Steeman ne s’est en aucun cas produite à l’initiative de l’humoriste belge. À l’occasion du décès de ce dernier, la Communauté « Le Dernier Carré » des Anciens du Front de l’Est de la Légion Wallonie a publié un hommage détaillant fidèlement les tenants et aboutissants de cette visite (voir sur ce blog à la date du 17 janvier 2016).

    gggg.jpgEn résumé, c’est à l’invitation personnelle de Léon Degrelle que Steeman se rendit à Malaga en octobre 1991, afin de relire le manuscrit de Tintin mon copain, dont il corrigea certaines fautes d’inattention. Ce n’est que pris de court par le scandale médiatique accompagnant son voyage qu’il s’imagina un rôle de redresseur de torts : « je n'ai jamais défendu Degrelle, je suis allé le voir pour faire supprimer des passages qui récupèrent Tintin… Je voulais lui faire supprimer des inexactitudes et, si possible, le dissuader de publier ces écrits... Mon passé irréprochable, mes sketches, mes parodies n’ont-ils pas prouvé, depuis 35 ans, que je suis un démocrate ?.... » (Le Soir, 19 octobre 1991).

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