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Dernier Carré "Léon Degrelle"

  • Robert Brasillach-"Bardache" ? Léon Degrelle-"Amidon" ?

     

    La différence entre une insulte crapuleuse

    et un sobriquet moqueur

     

     

    La publication sans autre intérêt que nuisible de la traduction des délires d'un évangéliste américain nous a récemment fait réagir dans un bref commentaire. Le doctrinaire pseudo-biblique prétendait en effet établir sa théorie sur les origines sexuelles du nazisme grâce, entre autres, à ce que nous pourrions appeler la Preuve par Degrelle et Brasillach (ce blog au 4 mai 2026 ; merci encore à Xavier pour le renseignement).

     

     

     

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    Même s'il se virent souvent au cours des années 1936-1937, nous ne connaissons pas de photographies montrant ensemble Léon Degrelle et Robert Brasillach. Ce document fictif les réunissant a été réalisé par intelligence artificielle à partir de clichés du Chef de Rex d'octobre 1936 et du rédacteur en chef de Je suis partout de novembre 1941.

     

     

    Dans un message sur son réseau social, le traducteur assurait ainsi avoir découvert « que l'homosexualité et la pédérastie formaient le fil rouge qui permet d'expliquer bien des engagements en faveur du nazisme, y compris de collaborateurs célèbres comme Léon Degrelle ou Robert Brasillach ».

     

    Et d'illustrer son propos par des citations anodines de La Campagne de Russie qu'il voudrait lubriques, Léon Degrelle osant, par exemple, se décrire, lui et ses Légionnaires, « Vigoureux et nus, [...] nageant sans fins [sic] dans la mer chantante »... En ce qui concerne l'auteur de Léon Degrelle et l'avenir de Rex”, il affirme tout aussi gratuitement que « Brassilach [sic] était surnommé Bardache », engageant son lecteur à découvrir (inutilement !) l'étymologie du mot pour bien le comprendre (précisons aussi que, tout à sa foldinguerie, Stanislas Berton ne lit même pas correctement ses sources : c'est Maurice Bardèche qui y est surnommé bardache et non Robert Brasillach, voir ci-après).

     

    Nous avons dit notre ahurissement devant pareilles insanités. Le prétendu surnom –dont nous n'avons jamais trouvé la moindre occurrence dans les nombreuses biographies de Brasillach– n'aurait pas manqué de nous interpeler, vu la proximité avec Bardèche, le nom du beau-frère et ami intime du poète fusillé.

     

     

     

    Suzanne+Bardèche+Brasillach.jpeg

    Suzanne Brasillach et Maurice Bardèche, mariés depuis un an, partagent leurs vacances d'été 1935 dans les Pyrénées Orientales avec Robert, leur frère et beau-frère. Les deux amis, auteurs du premier ouvrage historique consacré au Septième Art, en profiteront pour peaufiner leur Histoire du Cinéma (photo extraite de Bernard George, Robert Brasillach écrivain, Production littéraire, 1992).

     

     

    C'était sans compter sur la vigilance de notre fidèle lectrice Léonie ! Intriguée, elle eut l'heureuse idée de se renseigner sur Internet. Ce qui nous a valu son intéressant commentaire que nous reproduisons ici :

    « En associant les deux mots "bardache" et "Brasillach" sur Google, l'Intelligence Artificielle (!) m'a répondu que c'est l'écrivain René Étiemble qui a donné ce surnom à Brasillach (en même temps d'ailleurs que "Brasillèche", pour Maurice Bardèche).

    Si j'ai bien compris (car l'info était en anglais!), il s'agit d'un jeu de mots sur leurs deux noms pour souligner l'amitié qui les apparentait à un "little couple" (sans rapport donc avec le sens donné par Littré : "Terme obscène signifiant mignon, giton" puisque l'autre surnom ne veut rien dire).

    Etiemble était leur condisciple au Lycée Louis le Grand : je suppose donc qu'il s'agissait d'une blague de potache, comme le surnom "amidon" donné à Léon Degrelle par ses condisciples chez les jésuites de Namur (sans autre connotation non plus!). »

     

    La supposition bienveillante de Léonie rend bien évidemment justice à sa noblesse d'âme. Une recherche complémentaire nous a cependant appris que la blague qu'elle pensait avoir été innocemment imaginée par le potache Étiemble ne date pas des années où il fréquenta Robert Brasillach et Maurice Bardèche au Lycée Louis le Grand. Ces surnoms ont été décernés avec une méchanceté délibérée en 1955 –quelque dix ans après le meurtre légal du jeune écrivain– par cet admirateur forcené de Mao Tsé-Toung. Et il s'agissait bien de salir la réputation de ses cibles impuissantes car on peut être assuré que « Brasil-lèche » veut effectivement faire le pendant explicite de l'obscène « Bardache » !

     

     

    La haine d'Étiemble, dix ans plus tard

     

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    Le « nous », qui ne se veut pas majestatif, constitue de toute évidence une usurpation de pluriel : il est bien clair que jamais personne n'a traité Robert Brasillach de bardache ou brasillèche, à part Étiemble-la-haine, un des plus infâmes individus des Lettres françaises, s'en prenant rageusement, 10 ans après son martyre et par écrit dépité, au poète bouleversant de Mon pays me fait mal et Les noms sur les murs, supplicié le 6 février 1945 au Fort de Monrouge.

     

    Seule, une Alice Kaplan, enseignant la littérature française dans une université américaine, a ramassé ce crachat pour le faire mousser dans son The Collaborator : the trial and execution of Robert Brasillach (Chicago, 2000), alimentant aujourd'hui les délires du maboul évangéliste et de ses disciples.

     

    Kaplan Brasillach.pngEn lui accordant inopinément crédit et visibilité, Kaplan commit surtout, à notre sens, une grave faute académique puisque, faisant semblant de croire que la saleté proférée par Étiemble relevait d'un ragot connu de tout un chacun, elle se donne la peine de décortiquer pour son lecteur anglophone le jeu de mots inusité du calomniateur : « In a postwar essay, schoolmate Etiemble famously dubbed Brasillach and Bardèche brasillèche et bardache (lèche in French means "lick" and bardache means a boy lover or young prostitute) ». Déplorant ensuite qu'on ait pu ignorer ce « témoignage » : « Because of the homophobia and sarcasm of these references, it is tempting to ignore the entire issue. » (p. 7). En fait, le but de la manœuvre de Kaplan était d'apporter des éléments justificatifs au réquisitoire du procureur Reboul qui, en évoquant Oscar Wilde au procès de l'écrivain, avança que l'amour de Brasillach pour l'Allemagne équivalait à une trahison perverse de la France !...

     

    Pour éviter tout risque d'équivoque sexuelle à propos du surnom « Amidon » donné d'emblée à l'encore timide Léon Degrelle par ses condisciples narquois lorsqu'il entra chez les jésuites du Collège Notre-Dame de la Paix à Namur, donnons la parole au principal concerné : « De mon univers de gamin des bois, on me plongeait brusquement dans une lourde casemate, parmi deux cents aristos, à peu près tous garçons des villes, moitié noblesse, moitié grosse bourgeoisie. Je ne connaissais personne. Brusquement, ces hautes murailles grises, ces visages inconnus ! Je me cachais pendant la récréation, pour rester seul.

     

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    À table, je me tenais muet, raide comme un piquet. On m'avait baptisé “amidon”. Surtout je me demandais si je serais capable de suivre les Cours. J'étais entré en Troisième Latine. Les programmes ne correspondaient pas avec ceux de mon Institut. J'étais un an en retard en mathématiques et en grec. Mais les Jésuites sont des maîtres-hommes. Au bout de huit jours, mon professeur m'avait pris en main. Le premier concours était le concours de français, heureusement. Je sortis premier sur trente. Le soir même, le sobriquet amidon disparaissait. » (Degrelle m'a dit, pp. 37-38).

     

     

    La haine d'Étiemble, vingt-cinq ans plus tard

     

    S'il fallait encore se convaincre de la mauvaiseté rancuneuse du crapuleux personnage qu'était Étiemble, voici quelques extraits de sa lettre haineuse publiée dans Le Monde du 14 février 1970. Elle se voulait une réponse vertueuse à la double page que le quotidien avait consacrée au vingt-cinquième anniversaire de l'exécution du malheureux écrivain : « [...] tout ce [que Robert Brasillach] écrivit pour demander la mort des gaullistes, des résistants de toute obédience, des juifs et d'autres criminels, dont six millions au moins, par ses soins diligents, furent très bien massacrés dans les camps hitlériens. [...] Car, enfin, ne biaisons point : Brasillach n'est pas un poète assassiné. Il fut condamné à mort pour avoir obstinément, haineusement, demandé, obtenu la mort de plusieurs millions de ses frères humains. [...] je sais gré au général de Gaulle d'avoir gardé la force d'âme suffisante pour ne pas céder à toutes les illustres signatures qui lui demandaient la vie sauve pour ce pourvoyeur de charniers. [...] »

     

     

    Monde 1970.06.07.jpeg

    La double page d'hommage à Robert Brasillach publiée par Le Monde, le 7 février 1970, telle que reproduite par les Cahiers des Amis de Robert Brasillach (n° 16, intercalaire entre les pages 6 et 7).

     

     

    Cette détestation fanatique trouvait en réalité sa source –le comptable inflationniste des prétendues victimes du poète tient d'ailleurs à le raconter dans cette même lettre– dans une ancienne humiliation que lui auraient infligée des Camelots du Roi à l'occasion d'une conférence où il manifesta sa cuistrerie précoce : « Dès 1929, je lui interdis [à Brasillach] de passer à moins de six pas de moi dans Paris, sous peine de recevoir une paire de gifles, et voici pourquoi : j'avais assisté à une réunion d'Action française, pour m'informer [...]. Comme je refusais de me lever à un moment où la réunion publique tournait à la cérémonie religieuse, le service d'ordre des camelots du roi m'entraîna hors de Bullier et, au nom de l'Action française, quelques coups de poing américains m'écrasèrent le visage et me brisèrent plusieurs dents. Le lendemain matin, mon excellent camarade de khâgne et de Normale, Robert Brasillach, cet homme, nous le savons tous, qui avait le génie de l'amitié, vint me donner le coup de pied de l'âne à un moment où mon état physique ne me permettait pas de lui répliquer comme il le méritait. »

     

    Il est important de noter ici qu'en racontant ce souvenir, le sénile atrabilaire ne faisait que radoter en amplifiant singulièrement (et donc mensongèrement) tous les détails la frustration qu'il évoquait déjà, quinze ans auparavant, dans Littérature dégagée : « Quels salauds, pourtant, dès 1929 ou 1930 ! [...] Un jour que j'avais eu l'occasion d'apprécier de façon moins tolérable encore que d'habitude un trait du caractère de Brasillach [...] je lui interdis de jamais passer dans Paris à moins de trois mètres (était-ce trois pas ?) de moi ! Assez veule pour subir cette injonction, comment plus tard n'eût-il pas collaboré ? » (p. 168). Imprécisions dans les dates et les distances (qui n'existeront plus quinze ans plus tard), mais pas question ici de réunion d'Action française, de camelots du roi, de gifles, de dents cassées, de coups-de-poing américains ou de coups de pied de l'âne. Par contre, en 1970, il ne sera curieusement plus question de surnoms à connotation sexuelle. De même qu'Étiemble se présente alors en malheureuse victime d'un coup bas de Brasillach, tandis qu'en 1955, c'est lui qui aurait humilié le veule froussard dans l'antichambre de la collaboration !...

     

    Monde 1970.06.14.jpeg

     

    Une bassesse aussi turpide n'a évidemment pu susciter qu'un torrent de réactions indignées dont le souvenir a été conservé dans les Cahiers des Amis de Robert Brasillach (n° 16, Été 1971).

     

    Nous y épinglerons le « déculottage » cuisant infligé par Lucien Rebatet dans le Rivarol du 26 février 1970 : « Je dis que c'est une basse et stupide vilenie de la part d'Étiemble que de mettre en doute, en alléguant un obscur incident à Normale, le courage d'un homme qui a reçu la mort aussi héroïquement que Robert. Quand on trépigne de joie sur la tombe d'un adversaire, vingt-cinq ans après sa mort, cela témoigne d'une constance dans la haine que je ne commenterai pas, mais qui disqualifie certainement Étiemble pour le personnage du grand humanitaire qu'il prétend être. » (p. 31).

     

     

    Étiemble, un haineux convulsif !

     

    Et tant qu'à évoquer des incidents personnels, Rebatet a rappelé la méchanceté viscérale du pharisaïque donneur de leçons de morale : « en visite à la N.R.F., je me trouvai dans le bureau de Dominique Aury en même temps qu'Étiemble. Nous nous connaissions de vue, sans nous être jamais adressé la parole. Au bout d'un moment, Dominique Aury, qui me manifestait beaucoup d'amitié, nous dit : Allons, cessez de vous regarder en chiens de faïence. Vous avez l'air idiot. Ayez un geste ! Je n'étais pas chaud pour le geste. Étiemble s'avança. Je fis le reste du chemin. Bref, nous nous serrâmes la main et nous bavardâmes très naturellement de littérature pendant près d'une demi-heure. Comment qualifier le monsieur qui, après avoir accepté de serrer la main d'un adversaire lequel a pratiqué lui-même l'oubli des injures, déplore, dix-huit ans plus tard, que la IVe République l'ait laissé en vie, et s'alarme de lui voir relever son mufle sanglant ? » (p. 31).

     

     

     

    Rebatet Figaro 1946.11.19.png   robert brasillach,maurice bardèce,bardache,amidon,brrasillèche,stanislas berton,association des amis de robert brasillach,arb,suzanne bardèche,rené étiemble,alice kaplan,lucien rebatet,dominique aury,pierre-antoine cousteau,louis védrines,franglouille,sorbonagre,robert faurisson

    Pendant le procès des journalistes de Je suis partout où il sera condamné à mort en compagnie de Pierre-Antoine Cousteau, Lucien Rebatet est scruté par les journalistes : à gauche, photographie publiée dans le quotidien gaulliste Le Figaro du 19 novembre 1946 ; à droite, caricature parue dans Le Franc-tireur, ancienne publication clandestine de la Résistance, du 23 novembre suivant.

     

     

    Il faut dire qu'à la fin de sa diatribe hystérique, Étiemble associa le chroniqueur implacable des Décombres à son aversion pour Brasillach : « Menacée aujourd’hui de toutes parts, la liberté (sur quoi se fondent toute justice, tout amour et toute vérité) ne peut subsister que si non seulement nous savons mourir pour elle sans broncher, mais que si nous acceptons que des lois iniques nous menacent d'être assassinés par ceux des Brasillach qu'on eut tort de gracier (Le Monde du même jour en célèbre un autre, Lucien Rebatet, dont j'ai célébré le chef-d’œuvre : Les Deux Étendards) et qui déjà, relevant leurs mufles sanglants, réclament à nouveau la peau des juifs, des nègres, des Arabes, des libéraux. » (p. 24).

     

    Si vous avez relu ce paragraphe plusieurs fois pour essayer de le comprendre, ce n'est pas parce que nous en avons mal recopié le texte. L'auteur de Souvenirs parisiens, 1940-1944, Louis Védrines, avait également relevé le galimatias dans sa réaction au Monde : « M. Étiemble, dont on n'aurait pas attendu tant d'ingénuité fournit lui-même une réponse [à « sa haine pour la mémoire de Brasillach »], d'abord lorsqu'il parle (imprudemment) de talent et de facilité, c'est-à-dire de ce qui lui est le plus étranger, ensuite lorsqu'il s'abandonne, in fine, à une étonnante démonstration de charabia, particulièrement savoureuse de la part d'un pourfendeur du franglais. » (p. 29).

     

    Raison pour laquelle sans doute, l'Association des Amis de Robert Brasillach lui avait également décerné le sobriquet (gentiment plaisant, celui-là) : Franglouille.

     

    Plus incisif et pointilleux, le Professeur Robert Faurisson avait, quant à lui, emprunté « Sorbonagre » à la verve de François Rabelais pour désigner cette prétentieuse et malfaisante jacasse.

     

     

  • Hitler, Degrelle, Brasillach... tous criminels, car...

     

    ...tous pédés !

     

    Breker Camarades.jpeg   Thorak Licht.png

     

    Que les fantasmes d'homosexuels à la fibre artistique émancipée aient pu s'émoustiller en contemplant l'exaltation du corps masculin (ou féminin pour les lesbiennes) dans la statuaire nationale-socialiste, –on retiendra surtout les œuvres impressionnantes d'Arno Breker (à gauche, Camarades) ou de Josef Thorak (à droite, La Lumière)– ou en parcourant les livres et revues non équivoques (ci-après le célèbre ouvrage de Hans Surén, Homme et Soleil : Esprit olympique aryen, 1936) promouvant les activités nudistes (courantes dans l'Allemagne d'avant, pendant et après le nazisme) est bien connu et n'a jamais dérangé personne.

     

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    Suren Mensch Sonne 41 d.png   Suren Mensch Sonne 41 f.png

     

    Après-guerre, cette séduction s'exprima même sans honte dans les romans d'écrivains au talent littéraire certain, comme Jean Genet ou Roger Peyrefitte, n'hésitant pas à décrire en détail approches séductrices ou ébats passionnels avec les blonds SS au corps d'athlète qui avaient enflammé leur libido hétérodoxe...

     

    Angebert Eros 2.pngCertains, tel Michel Angebert (Éros en chemise brune, 2 vol., 2014), ont même essayé d'en faire profiter le Führer aux « orientations sexuelles encore mal élucidées » ! Mais finalement, toute cette littérature ne pourrait-elle pas, malgré toutes les précautions de langage, donner du national-socialisme une image quelque peu positive ou, pire encore, lui garantir auprès de certains la séduction du fruit défendu ?

     

    Sans doute était-il donc temps de réagir vigoureusement, mais ce que nous ne parvenons pas à bien comprendre, c'est qu'après avoir dénoncé la persécution dont furent victimes nombre d'homosexuels en vertu du fameux Paragraphe 175 du code pénal allemand (issu du 19e siècle et seulement abrogé en 1994 !), on voudrait faire aujourd'hui du IIIe Reich un vaste club gay dont la déviance sexuelle des responsables serait seule responsable du déclenchement de la guerre et de son cortège d'horreurs...

     

    Ce serait en tout cas la thèse du bouquin d'une espèce de fanatique biblique comme seuls les États-Unis peuvent en produire, et qu'un certain Stanislas Berton, probablement converti à son « ministère de la vérité éternelle », a eu la lubie de traduire. Selon Wikipedia (qu'il est parfois intéressant de consulter pour ne pas devoir tout acheter), le bouquin en question –The Pink Swastika– prétend en effet que « les homosexuels [sont] les véritables inventeurs du nazisme et la force motrice derrière de nombreuses atrocités nazies ».

     

    Nous ignorions l'existence de Stanislas Berton qui serait un ingénieur développeur de jeux vidéos reconverti dans la défense de l'identité catholique de la France. Initiative que nous pourrions saluer (il est même diffusé par les éditions de Chiré), mais qui ne nous obligera certes pas à avaliser ses délires wokistes.

     

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    Le scatologue Jonathan Littell (ce blog, entre autres, au 8 février 2018) regrettait, dans ses « travaux » sur la structure de la langue et de la pensée de Léon Degrelle, qu'il ne manquât à celui-ci « pour devenir un être humain, qu'un bon coup de pine au cul ». On dirait bien que Stanislas Berton se fait fort d'établir que c'est fait !

     

    Pour lui, il ne ferait désormais aucun doute que l'engagement au Front de l'Est de Léon Degrelle et de ses Wallons-Bourguignons ne s'explique que par l'homosexualité et la pédérastie. De même d'ailleurs que les sympathies pour le national-socialisme que put nourrir Robert Brasillach, le merveilleux poète foudroyé par la haine gaulliste...

     

    La preuve ? Dans La Campagne de Russie, Léon Degrelle célèbre la pureté et la vigueur de ses jeunes Légionnaires ! Et Robert Brasillach n'aurait-il pas été surnommé « Bardache », substantif dont Berton nous encourage à découvrir l'étymologie certainement sulfureuse (notre dictionnaire, –Trésor de la Langue Française, t. 4, p. 182–, n'indique pourtant qu'une innocente origine italienne signifiant « jeune garçon, fillette, sans valeur péjorative », de provenance arabe pour désigner un « jeune esclave »...).

     

    Qu'ajouter à ces preuves irréfutables ? Nous ne nous souvenons pas avoir jamais lu dans les biographies de l'auteur de Notre Avant-Guerre qu'on lui aurait donné le sobriquet de « bardache ». De plus, Flaubert –l'écrivain utilisant le plus souvent ce mot– l'emploie « tantôt sans signification précise [...], tantôt comme terme d'amitié » (TLF, Ibidem). Mais sans doute voudrait-on nous faire croire que si Robert était « bardache », c'est justement qu'il était tellement proche de son beau-frère Maurice (spécialiste par ailleurs de Gustave Flaubert), dont le nom de famille était... Bardèche ?!!! Pour info, Léon Degrelle avait aussi reçu un surnom dans son adolescence, bien documenté celui-là : « amidon » (Degrelle m'a dit, p. 37). De quoi sûrement faire fantasmer goulûment ces malades de la braguette...

     

    Alimenterions-nous encore les délires imbéciles de ces sectaires malfaisants avec les photographies de ces quelques moments de repos dans l'amitié et la joie de la baignade des Volontaires de la Légion Wallonie ? Nul doute que ces fêlés de la cafetière n'y verront que promiscuité suspecte et partouzes homos !

     

    LD+shorts.JPG

    Légionnaires inconnus.JPG

    Baignade (Prosper Hebbelinck 2ème droite) 914.JPG

     

    Nous remercions vivement notre fidèle et vigilant ami Xavier de nous avoir communiqué copie du message publicitaire de Stanislas Berton trouvé sur son réseau social.

     

  • « Hitler est mort »

     

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    Comment Léon Degrelle vécut la mort

    d'Adolf Hitler

     

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    La route de Lübeck donnait un tableau exact de la situation, le 30 avril 1945. Jusqu'à Schwerin, le fleuve des civils et des armées venant de l'est s'épandait à pleins bords, immense et tumultueux. [...] Sur cinq cents mètres, sur mille mètres, ce n'était qu'un incendie épais, presque opaque, traversé d'explosions. [...]

     

    Le spectacle le plus tragique était celui des soldats blessés. Les hôpitaux de la région évacuaient en hâte. Mais il n'y avait plus une auto ambulance. On avait mis sur les routes des centaines de pauvres garçons aux bras ou au buste plâtrés, à la tête couverte de pansements. [...]

     

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    J'aboutis enfin l'après-midi à Lübeck, à l'État-Major du Grand Amiral Doenitz.

     

    Un des collaborateurs immédiats de celui-ci m'emmena vers un coin du bureau et me fit à mi-voix –c'était le 30 avril 1945, à cinq heures et demie du soir– cette confidence qui me glaça le sang :

     

    Faites attention : demain on annoncera la mort du Führer !

     

    Hitler était-il vraiment mort ?... Essayait-on de gagner du temps avant de publier cette nouvelle terrible ? Ou préparait-on autre chose ?...

     

    En tout cas, un jour entier avant la déclaration historique du Grand Amiral Doenitz : « Aujourd'hui, premier mai, à deux heures et demie de l'après-midi, le Führer est tombé en héros au cours de la lutte de Berlin », la nouvelle du décès de Hitler me fut dite à l'oreille, à l'État-Major même du Grand Amiral. [...]

     

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    Je m'étais installé dans une petite maison de forgeron, sur la chaussée de Mismar. J'avais pris une chaise et m'étais mis sur le pas de la porte, comme je le faisais le soir, près de mes parents, dans ma ville natale, quand j'étais petit. [...]

     

    Mon esprit rêvait. Mes yeux erraient dans le vide, comme si le monde dans lequel j'avais si intensément vécu avait déjà perdu le souffle et s'effilochait en fumées tristes.

     

    La mer Baltique était à une demi-heure de là, au bout de labourés où les blés avrilés pointaient. J'allai, au crépuscule, m'y asseoir sur une grosse pierre brune. Le soir était à peine rose. On n'entendait rien du tumulte inouï des routes. Seul, de temps en temps, un avion allemand longeait la mer, rasait les flots pour rester invisible.

     

    Est-ce que mon rêve mourait, lui aussi, comme ce ciel pâle que la nuit envahissait ?

     

    Je me relevai, revins par les emblaves et m'étendis, tout équipé, dans le noir, près du forgeron immobile.

     

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    À deux heures du matin, un grand fracas ébranla la porte.

    Je courus ouvrir.

    Une bougie éclairait par gros pans la chambre modeste.

     

    Un jeune colonel allemand, envoyé par Himmler, se tenait tout raide devant moi, les traits tirés.

    J'avais compris avant qu'il eût dit un mot.

    Je m'étais mis au garde à vous.

     

    Le Führer est mort, murmura-t-il...

     

    Nous nous tûmes tous les deux. Le forgeron, lui aussi, se taisait.

     

    Puis deux larmes, les larmes des cœurs purs, coulèrent sur ses vieilles joues tannées...

     

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    (Léon Degrelle, La Campagne de Russie, pp. 468-472)

     

     

     

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    Cette évocation poignante de la mort d'Adolf Hitler, où la pudeur le dispute à l'émotion et qui s'insère dans le vaste récit de la recherche opiniâtre de Heinrich Himmler (il s'agissait de lui soutirer d'ultimes décisions pour les Bourguignons engagés dans la croisade pour libérer l'Europe de la menace communiste), constitue en fait une allégorie éloquente de l'état d'âme de Léon Degrelle face à ce basculement de l'Histoire.

     

    Par un heureux hasard, le SS-Obersturmführer Charles Generet, qui fut officier d'ordonnance et chauffeur de Léon Degrelle à partir du 28 avril (Poméranie) jusqu'au 4 mai 1945 (périple danois), a tenu un journal (non publié) à l'intention de son épouse, qui documente précisément ces journées dramatiques.

     

    Il confirme dans les grandes lignes le récit degrellien des péripéties pour retrouver le Reichsführer-SS. C'est ainsi qu'il signale : « l'entourage de Himmler déclarait ouvertement le 30 avril 45 : Demain, la radio annoncera la mort du Führer ». Il s'imagine cependant être celui qui apprend la nouvelle de la mort d'Adolf Hitler à Léon Degrelle, le 2 mai : « À Bad-Segeberg, la nouvelle de la mort du Führer me fit retourner dare-dare  chez Degrelle qui m'attendait avec la plus vive impatience. [...] À mon retour, je signale au Chef la mort du Führer que j'ai apprise la veille. »

     

    En fait, après avoir quitté, dans l'après-midi du 1er mai 1945, le château de Kalkhorst où était établi l'État-Major de la Waffen-SS, Léon Degrelle « décida de se rendre à Klütze pour aller loger chez le major Jacobs. Celui-ci avait déjà mis les voiles vers des régions plus nordiques et plus clémentes. [Le Chef] veut quand même y rester pour la nuit et m'envoie avec la voiture à Bad-Segeberg pour préparer les quartiers [de la Division Wallonien qui doit s'y replier]. »

     

    Si Léon Degrelle place donc sa nuit toute d'accablement mélancolique du 1er au 2 mai dans la demeure d'un forgeron (était-ce vraiment là que s'était installé le major Georges Jacobs ?), c'est que cet endroit lui permettait de se retrouver comme dans la maison bucolique de son enfance, auprès de ses parents aimants et aimés.

     

    C'est là et ainsi qu'il se devait d'apprendre la mort de celui qui l'avait choisi pour fils.

     

    On peut donc se convaincre que « les larmes des cœurs purs » qui coulèrent sur les joues du forgeron furent celles que pleurèrent les yeux de Léon Degrelle, le forgeron que le Führer destinait à façonner la Nouvelle Bourgogne.

     

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    Les illustrations sont extraites du blog « Weltanschauung », consacré à l'art national-socialiste.

    Dans l'ordre : Conrad Hommel, Adolf Hitler (dessin, 1941) ; Hermann Schardt, Combat de rue (aquarelle, 1941) ; Franz Eichhorst, Stalingrad (huile sur toile, 1943) ; Médaille « Le Führer vous remercie » frappée en 1934 par le Winterhilfswerk des Deutschen Volkes (« Secours d'Hiver du Peuple allemand », W.H.W.) ; Sepp Hilz, Prière à table (huile sur toile, 1937) ; Albert Reich, Hommage à Adolf Hitler (huile sur papier, ?) ; Adolf Hitler, Calvaire dans la montagne (aquarelle, 1925) ; Margareth Oechalin-Rogeder (encre, Devenir, Journal de combat de la Communauté européenne, n° 3, avril-mai 1944, p. 8).

     

  • Léon Degrelle tel que le voyait la presse américaine

     

    En mars 1983, la télévision espagnole a diffusé un débat sur La chasse aux nazis dont les invités principaux étaient Léon Degrelle et Mark Raginski, assistant du procureur général soviétique, le général Iona Nikitchenko, au procès de Nuremberg (moins d'une centaine d'émissions de la série Clave –« La Clef »– sur les 311 diffusées sont disponibles sur internet, mais malheureusement pas celle-là, où intervint le pugnace Léon Degrelle).

     

    Le tribun belge fit naturellement sensation, comme il en témoignera dans un entretien à Rivarol (3 mai 1985) : « mon intervention a laissé pantois l'accusateur. Résultat : en un mois, on m'a demandé deux cents interviews ; et le New York Times a publié un article sur six colonnes » !

     

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    Voici la traduction de cet article publié le 20 mai 1983, repris par l'International Herald Tribune et le Washington Post, le 25 mai suivant (sous un titre différent : « Sans repentir, le principal collaborateur nazi de Belgique vit au grand jour en Espagne » et sans les déférents « Monsieur » accompagnant le nom de l'exilé belge), et signé par un certain John Darnton, Prix Pulitzer du reportage international en 1982, qui rencontra manifestement Léon Degrelle (le détail de la Croix de Chevalier reposant sur un plat en étain n'a pu s'inventer, non plus que d'autres précisions sur l'appartement de Madrid), mais qui, affectant de prendre la distance de l'objectivité, se range docilement du côté du récit officiel : Léon Degrelle prétend tout ignorer des filières d'évasion de nazis, profite probablement de leur trésor, raconte des calembredaines sur son arrivée en Espagne ou les attentats dont il réchapperait toujours et, ne regrettant rien de son passé qui lui a valu d'être condamné à mort (il pourrait même avoir commis des crimes de guerre, peut-être par procuration), n'hésite pas à mettre le gouvernement de son pays d'origine dans l'embarras...

     

     

    Confortablement installé dans son refuge

    espagnol, le plus important fasciste belge

    célèbre son passé

     

    De ces temps-ci, Léon Degrelle jouit d'une très belle vie et, de prime abord, on pourrait le prendre pour un homme d'affaires à la retraite, un de ces milliers de pensionnés qui descendent du nord de l'Europe pour une vie agréable sous le soleil espagnol.

     

     

     

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    Léon Degrelle dans le jardin de La Cabaña, sa propriété dominant Torreblanca, à mi-chemin entre Málaga et Marbella.

     

     

    Il possède une confortable villa nichée à Torreblanca, sur la Costa del Sol, et un appartement à Madrid avec une terrasse-jardin surplombant un élégant boulevard. Ce dernier est orné d'antiquités romaines provenant du sud de l'Espagne –vases, sculptures, ornements de chars et fioles lacrymales– exposées dans des vitrines.

     

    « Par-dessus tout, je vis pour la beauté », a-t-il déclaré dans une interview sur un ton cultivé et l'air légèrement blasé. Degrelle n'a désormais plus besoin de sa carte d'identité espagnole au nom de Léon José de Ramirez Reina, mais il la garde en souvenir. Âgé de septante-sept ans le mois prochain, il a les cheveux peignés en arrière, un front dégarni et un ventre qui s'arrondit, l'empêchant d'encore entrer dans son uniforme SS, désormais rangé dans un placard.

     

     

     

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    Dans l'appartement madrilène de Léon Degrelle, le Lion aux bâtons noueux de Bourgogne ornés de feuilles de chêne veille sur les vitrines protégeant sa collection de précieux verres funéraires romains (sur les fouilles archéologiques menées par « Don Juan de la Carlina », voir ce blog au 31 mars 2021).

     

     

    M. Degrelle a fondé le parti fasciste Rex en Belgique dans les années 1930 et fut le plus éminent collaborateur de Hitler dans son pays. Il commanda une brigade de Waffen-SS non-Allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale.

     

    Condamné à mort

     

    Une des premières actions de la Belgique libérée fut de le condamner à mort par contumace pour trahison. Mais il réussit à s'envoler de Norvège en Espagne le 7 mai 1945, en réquisitionnant l'avion d'Albert Speer, le ministre allemand de l'Armement. Depuis lors, il est resté là, déjouant les tentatives d'extradition sous la protection de Francisco Franco et échappant, selon son propre décompte, à six tentatives d'enlèvement.

     

    Aujourd'hui, le délai de prescription de ses crimes [sic] a été atteint dans son pays, de sorte qu'il n'est plus passible de poursuites. Et depuis la mort en 1975 de Franco, avec lequel il avait convenu de rester discret, il s'est senti libre d'utiliser son propre nom, de fréquenter les cercles de droite et même de donner occasionnellement une interview pour célébrer le génie militaire de Hitler, cet homme si « gentil ».

     

     

     

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    Le 27 août 1944, Adolf Hitler reçoit pour la dernière fois, comme s'ils étaient seuls au monde, celui à qui il confiera son regret de ne pas l'avoir pour fils. Léon Degrelle restera fidèle jusqu'à son dernier souffle au héraut de la révolution nationale-socialiste.

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    Comme il le dit, « J'utilise ma liberté d'expression dans le cadre de la nouvelle démocratie ». M. Degrelle est un anticommuniste résolu. Il rechigne à parler de l'origine de ses revenus [ce blog aux 23 octobre 2022 et 3 décembre 2024]. Il dit qu'il est religieux –« Je prie toutes les nuits » [ce blog aux 6 mars 2016 et 31 mars 2019]– et qu'il n'était pas au courant des camps de concentration, malgré sa proximité avec les principaux chefs du Troisième Reich [voir à ce sujet ce blog au 25 mai 2016]. Il affirme ne rien connaître d'une organisation clandestine à laquelle il est souvent associé, Die Spinne [« L'Araignée »], supposée aider les ex-nazis. « Il n'existe pas d'organisation pareille – malheureusement », dit-il.

     

    La présence en Espagne de nombre d'anciens nazis et de sympathisants –dont certains, comme M. Degrelle, sans aucun remords– est un héritage du régime de Franco auquel le nouveau gouvernement socialiste commence à faire face. Pour beaucoup, l'Espagne constitua la porte de sortie dans leur fuite vers l'Amérique du sud. Certains sont restés, s'installant dans des endroits tels que l'île d'Ibiza.

     

     

    Un ancien officier extradé

     

    « L'Espagne est formidable », disait Simon Wiesenthal, le chasseur de nazis basé à Vienne. « Elle a donné asile à quelque 25.000 Juifs pendant la guerre et a refusé de les extrader. Et après la guerre, elle a également donné asile à des milliers de nazis. La seule différence était que les Juifs n'avaient rien fait et que les nazis étaient coupables. »

     

    La semaine dernière, un tribunal espagnol a ordonné que Hauke Bert Pattist, un ancien officier SS de 62 ans accusé de crimes de guerre, soit extradé aux Pays-Bas d'où il était originaire. M. Pattist, qui dirigeait une école de langues dans la ville d'Oviedo au nord-ouest du pays, vivait en Espagne depuis 32 ans et avait obtenu la nationalité espagnole. Ce serait la première fois qu'un tribunal espagnol autorise de livrer une personne accusée de crimes de guerre à un autre pays [Auke Bert Pattist (1920, Pays-Bas, - 2001, Espagne), n'a jamais été extradé].

     

    L'affaire Pattist a encouragé Willy Burgeon, un élu socialiste du Parlement belge, à demander le mois dernier à son gouvernement de réclamer l'extradition de M. Degrelle. Cela lui a été refusé au prétexte, dit-il, que M. Degrelle avait acquis la nationalité espagnole.

     

     

     

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    La livraison de Klaus Barbie à la France par la Bolivie le 5 février 1983 a donné l'idée au député socialiste wallon Willy Burgeon d'invoquer l'événement comme un précédent permettant d'exiger des autorités espagnoles la livraison de Léon Degrelle à la Belgique (communiqué de l'agence Belga sur la Proposition de résolution demandant l’extradition de Léon Degrelle déposée le 10 février 1983 à la Chambre belge des Représentants par ce socialiste pharisaïque surtout connu en Belgique pour l'idolâtrie qui serait comique si elle n'était aussi effarante qu'il ne se prive pas de manifester pour le régime nord-coréen)...

     

     

    Les jeunes doivent apprendre

     

    « Le problème n'est pas résolu », affirme M. Burgeon. « Le cas du Néerlandais renforce mon argumentation. Degrelle n'a pas payé pour les crimes qu'il a commis. Il a été accusé de crimes contre l'État, mais nous pensons qu'il est également coupable de crimes contre l'humanité, soit directement, soit par l'intermédiaire de ses hommes. »

     

    « Il n'est pas question de vengeance, dit-il, je suis trop jeune pour cela –je suis né en 1940. C'est comme Barbie en France. La jeunesse doit apprendre ce qu'est le fascisme, tout particulièrement lorsque les groupes d'extrême droite deviennent actifs. »

     

    Néanmoins, d'autres Belges ont des doutes, à la fois sur la légalité et sur la sagesse d'une telle démarche.

     

     

    « C'est un traître »

     

    « À cet homme, la meilleure chose qui aurait pu lui arriver, c'est qu'il eût été abattu après la guerre », dit le Général Albert Guérisse [1911-1989, docteur en médecine], un responsable de la Résistance qui fut capturé et envoyé à Dachau.

     

    « C'est un traître. Il a mérité sa condamnation. Mais même lorsque l'extradition était légalement possible, la Belgique n'a jamais fait de véritables efforts. Il y avait beaucoup trop de raisons politiques à cela – il en connaissait trop sur certaines personnalités politiques. »

     

    « Maintenant, cette personne ne m'intéresse plus. Ce ne serait pas bien pour la Belgique, compte tenu de la situation politique où nous nous trouvons aujourd'hui. » Il [précision de l'International Herald Tribune: « Degrelle lui-même »] partage l'avis selon lequel certaines autorités en Belgique étaient réticentes à le voir revenir et laisse entendre qu'elles sont intervenues de temps à autre pour l'empêcher.

     

     

     

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    Après le tumulte provoqué par Clave, la populaire émission de la télévision espagnole, le quotidien madrilène Pueblo publia d'abord l'interview du procureur soviétique, puis, le 15 mars 1983, celle de Léon Degrelle. En titres : « Léon Degrelle, l'homme à propos duquel Hitler déclara : J'aimerais avoir un fils comme lui”. » ; « S'il y a des procès, qu'il y en ait pour tous » ; « Le moins que les Russes puissent faire, c'est de se taire » ; « Celui qui fut le chef des SS belges durant la Deuxième Guerre mondiale rejette les accusations de celui qui fut procureur soviétique à Nuremberg » ; « Je reviendrais en Belgique si on me garantissait un véritable procès ».

     

     

    L'aide de Franco

     

    M. Degrelle raconte l'histoire de sa fuite d'Oslo et divers épisodes sur de prétendus ravisseurs avec un tel plaisir et un tel luxe de détails qu'il est difficile de savoir quel crédit lui accorder.

     

    Il dit que l'avion qui l'emmena le jour où la guerre s'est terminée a volé sans carte jusqu'à la côte de San Sebastián où il est tombé en panne d'essence et s'est écrasé sur la plage [ce blog aux 20 mai 2016, 18 juin 2020 et 19 septembre 2024].

     

    Ses blessures, qui ont nécessité une hospitalisation de 15 mois, l'ont sauvé d'une extradition immédiate, d'après ce qu'il dit. Alors, Franco –qu'il avait rencontré lors d'une visite de trois semaines pendant la Guerre civile espagnole– vint à son secours. « Il ordonna mon expulsion, mais il m'avait prévenu. Il me donna de faux papiers pour me cacher ainsi que 25.000 pesetas » [ce blog aux 31 mars 2021 et 2 septembre 2025].

     

    « Finalement, l'ambassadeur américain, qui était le plus insistant, a demandé à le voir. Franco lui dit : Comment osez-vous ? L'honneur de l'Espagne est en jeu, aucun Espagnol ne trahit. Il suggéra alors à l'ambassadeur de jeter un regard dans mon dossier sur son bureau, quand il aurait le dos tourné. Tout s'y trouvait, y compris un faux document selon lequel j'avais été déporté au Portugal. Pendant des semaines, les Américains ont fouillé les navires venant du Portugal alors que je me trouvais à Madrid. »

     

    La loi selon laquelle M. Degrelle pouvait être inculpé a expiré en Belgique en 1964 et a été prolongée de 10 ans, spécialement pour lui. Il a reçu la nationalité espagnole après avoir été adopté par une femme âgée.

     

     

     

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    Une carte d'identité espagnole sera délivrée à Léon Degrelle après son adoption par Matilde Martínez Reina en 1954 (ce blog aux 25 mai 2019 et 3 janvier 2023). C'est également le nom repris avec celui, hispanisé, de son Papa, comme étant celui de sa Maman. Il est également réputé marié, écrivain et de groupe sanguin B (carte d'identité de 1971 : Léon Degrelle est domicilié Paseo de los Jesuitas, son adresse depuis 1963, voir ce blog au 26 décembre 2024).

     

     

    Pendant la guerre, au cours de laquelle il a commandé une unité flamande [sic] pour combattre sur le front soviétique, il fut nommé Sturmbannführer de la SS et plus tard Volksführer de Belgique, et a été récompensé, entre autres décorations, de la Croix de Fer. Elle se trouve aujourd'hui sur un plateau en étain à l'entrée de son salon.

     

    La conclusion de l'article de l'International Herald Tribune diffère heureusement de celle du New York Times que l'auteur a eu l'occasion de corriger :

     

    Le réseau de relations avec des personnalités politiques phalangistes de premier plan l'a sauvé à de nombreuses autres occasions, dit-il, notamment lors d'une tentative d'enlèvement « par un Juif », à la suite de l'arrestation d'Adolf Eichmann [ce blog au 3 janvier 2023].

     

    La citation que préfère Degrelle de Hitler, qu'il a connu personnellement et qu'il appelle « le génie du siècle », est la phrase que, selon lui, Hitler lui a adressée : « Si j'avais un fils, j'aimerais qu'il soit tout comme vous. »

     

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  • Léon Degrelle, 31 mars 1994 - 31 mars 2026. Etsi mortuus urit !

     

     

    Le plaidoyer d'un père éternellement aimant,

    d'un poète impénitent, d'un lutteur toujours

    pugnace...

     

     

     

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    Le 27 octobre 1957, Léon Degrelle écrit, pour la première fois depuis douze ans, à sa fille Chantal. Il a reçu son adresse par son fils Léon-Marie qui l'a rejoint le mois précédent, lui a appris le mariage de sa fille aînée et donné des nouvelles de toute la fratrie, notamment d'Anne, fort remontée contre son père...

     

     

    Pour le trente-deuxième anniversaire de la disparition de l'auteur de Les Âmes qui brûlent, nous avons choisi de vous donner accès à un extraordinaire document, la lettre-fleuve de Léon Degrelle à l'aînée de ses enfants, Chantal avec qui il essayait de reprendre contact après plus d'une décennie d'absence (ce blog au 2 septembre 2023).

     

    Ce long courrier, au lyrisme passionné, destiné à renouer avec ses proches dont il était coupé par les manœuvres de sa belle-famille (ce blog au 5 novembre 2022), est un émouvant témoignage de l'amour d'un père injustement privé de ses enfants, en même temps qu'une encore discrète justification de son combat politique. Il nous éclaire aussi sur la précocité de l'inimitié atavique d'Anne qui éclatera avec une étonnante crudité dans ses récents mémoires (ce blog à partir du 23 octobre 2022). Si cette appréciation toute négative d'Anne à son propos est connue de Léon Degrelle, c'est que son fils Léon-Marie l'a rejoint depuis le mois de septembre 1957 et l'a renseigné sur les sentiments de toute la famille : ils sont à la base de ce courrier bien circonstancié à l'adresse de sa fille aînée Chantal (sur les premières impressions de Léon-Marie concernant sa nouvelle vie en Espagne, voir ce blog au 26 février 2016).

     

     

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    Léon Degrelle (en uniforme de la Wehrmacht et non de la Waffen SS qu'il ne rejoindra qu'en juin 1943) avec toute sa famille : de gauche à droite, Anne (née le 27 juillet 1936, ce blog au 13 mars 2023), Léon-Marie (né le 4 mai 1939) dans les bras de son Papa, Chantal (née le 13 février 1934) entre son Papa et sa Maman, Marie-Paule Lemay, qui enlace, debout sur le muret, Godelieve (née le 14 avril 1938, ce blog au 17 avril 2023) à qui son Papa donne également la main. Il ne manque donc que Marie-Christine, qui viendra au monde le 1er août 1944 : cette photo fut prise dans la propriété familiale de la Drève de Lorraine probablement au moment des funérailles à Bruxelles, le 17 avril 1943, de Paul Colin, le directeur du Nouveau Journal, assassiné trois jours auparavant (ce qui expliquerait les tenues de deuil de la Maman et de ses deux aînées).

     

     

    Un document passionnant, nous éclairant sur la vraie personnalité de Léon Degrelle, empreinte de compassion et de charité, tout autant que de foi et de justice.

     

    [Documentation © Jacques de Schutter]

     

     

    Le 27 Octobre 1957.

     

    Ma belle grande Chantal,

    Mon cher Roland,

     

    Me voici installé dans un jardin, écrivant sur une table d'osier qui tremble. Un grand soleil d'or, sur un immense ciel bleu appuyé sur des montagnes violettes ! Quelques vieux arbres jaunissants, coiffés de grands corbeaux noirs qui essayent de comprendre, par-dessus mon épaule, ce que j'écris bien !

     

    « J'écris à ma fille, vieux grands corbeaux ! à ma fille dont vous voyez la photo près de moi. Regardez-la sagement. Voyez comme elle est jolie, et comme elle regarde la vie d'un œil affectueux et futé. »

     

    Visiblement, les corbeaux admirent. Moi aussi. Car tu es une jolie fille, ma grande Chantalinette (je peux encore t'appeler ainsi ?). D'ailleurs, petite, tu étais déjà si gentille, avec une fougue, une passion qui me ravissaient et m'effrayaient !

     

    Tu avais des yeux profonds, avec des brusques lueurs qui entraient comme des flèches. Il y avait en toi de grands élans, où tu te donnais toute. Je me souviens, en 1944, on avait fait de moi une très belle photo en couleur (c'était les débuts) et je te l'avais offerte. Quelques mois plus tard, vous arriviez vous réfugier en Allemagne. Et que tenais-tu contre toi, après dix jours d'aventures et de campings ? Ma photo dans un bel encadrement de cuir qui t'avait coûté toute ta fortune ! Tu avais laissé tes poupées, tes jouets, tous tes petits biens, tu n'avais pas laissé ton papa...

     

     

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    À l'issue de sa rencontre, le 20 février 1944, avec le Führer qui lui remit la cravate de Chevalier de la Croix de Fer récompensant son action décisive dans la percée de Tcherkassy, le Commandeur Hauptsturmführer Léon Degrelle effectua la traditionnelle séance de pose dans l'atelier de Walter Frenz, le photographe officiel installé au QG de Rastenburg. Il existe cinq portraits différents de cette séance, auxquels s'ajouteront, le 27 août 1944, cinq autres quadrichromies également réalisées par Walter Frenz.

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    Gageons que c'est la photo où il est tout sourire que le nouveau Chevalier de la Croix de Fer offrit à son aînée Chantal.

     

     

     

     

    Te souviens-tu encore de ce temps-là ? De nos adieux ? Avec Annette, Godelieve et Léon-Marie, vous faisiez la chaîne autour de moi, chantant : « Ce n'est qu'un au revoir, papa, ce n'est qu'un au revoir ! » Et vrai, ce ne sera qu'un au revoir, puisque j'ai revu Léon-Marie déjà, et que je vais te revoir et que je reverrai les autres, un jour aussi.

     

    Mais qu'il fut long, ce chemin d'angoisse avant de pouvoir jeter à nouveau –comme aux grimpeurs en montagne– cette corde de tendresse qui ne flottait plus que comme une pointe d'étoile lointaine dans mes souvenirs...

     

    Tu ne sais pas tout ce que j'ai fait pour essayer de vous atteindre ! Dès l'automne de 1945, déjà, je faisais écrire à ta grand'mère d'Eyliac. Tout était prêt, à cette époque-là, déjà, pour vous recevoir ici. Après, dix fois, j'ai relancé, fait relancer ta grand'mère, puis ta maman ; j'ai envoyé du monde, j'ai écrit à l'avocat, j'ai même enregistré 1/2 heure de conversation avec vous ! Mes livres, on les brûlait à l'arrivée. Mes messages, on vous les laissait ignorer. Deux ministres ont offert d'aller vous chercher, tous [probablement ses fidèles amis phalangistes Ramón Serrano Súñer, ministre des Affaires étrangères pendant la guerre, et Raimundo Fernández Cuesta, ancien ministre de la Justice et secrétaire général du Movimiento : ce blog au 1er septembre 2024 ; tous deux participèrent à l'évasion de Léon Degrelle de l'hôpital Mola à San Sebastián, le 21 août 1946 ; tous deux compteront également parmi les témoins officiels du mariage, le 9 octobre 1969, de sa cadette, Marie-Christine, avec le fils d'un haut magistrat espagnol, président de la cour d'appel de La Corogne. Mais Léon Degrelle pourrait également faire allusion à son autre ami phalangiste, José Antonio Girón (1911-1995), jusque-là ministre du Travail, ce blog au 15 mars 2025]. On vous eût accueillis comme des rois (comme Léon-Marie l'a été, partout où je l'ai présenté).

     

    Pourquoi donc a-t-on fabriqué cette séparation atroce ? Parce que j'étais vaincu ? Mais ce serait trop facile que de n'être unis qu'aux beaux jours ! C'est dans la peine, l'épreuve, la persécution que les cœurs doivent s'aimer le plus, être le plus unis...

     

    Le mien, en tout cas, vous est resté uni, à tous, à ta maman aussi, tu peux le lui répéter n'ayant d'autre désir, après toutes ses épreuves que de lui donner un peu de douceur, d'affection et de paix... Maintenant encore, je ne comprends rien à cette histoire atroce. À la fin de la guerre, elle m'envoyait (je l'ai toujours) une lettre débordante de tendresse et de promesses. Sans doute le poids de la prison lui a-t-il écrasé le moral, a-t-il converti sa vie passée en une sorte de cauchemar dont elle a voulu chasser le spectre (et c'est moi, le spectre !) ? Peut-être, avec le temps, cela se calmera-t-il ? Qu'elle sache, en tout cas, que mes sentiments sont restés les mêmes, que je ne conserve de rancœur de rien, et que si certains (ou certaines) m'ont voulu du mal, je ne veux ni le retenir, ni même le savoir.

     

    Mais, Bon Dieu ! pourquoi s'empoisonnent-ils la vie, quand elle est si belle, quand il y a tant de lumière dans les cieux, tant de beauté dans les choses et tant de refuges de tendresse dans les cœurs ! Oui, la vie est belle, magnifiquement belle, toujours, elle peut même l'être dans la douleur supportée avec force et noblesse. Il n'y a –quand on le veut– rien de petit, rien de médiocre. Même un brin d'herbe est beau, même le chant d'un modeste moineau, même une simple goutte d'eau qui tombe d'une source. Il faut tout regarder avec des yeux frais et vainqueurs, avec l'appétit de vivre, avec la volonté de prendre ; et non en vaincu, l’œil vague, les reins rompus.

     

     

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    Emprisonnée (sans jamais avoir été condamnée par quelque tribunal) dans un hospice bruxellois surveillé par la gendarmerie et géré par des religieuses, Marie-Catherine Boever, la Maman de Léon Degrelle, rend l'âme, le 23 octobre 1947. Anéantie par la nouvelle de la condamnation sévère de son mari Édouard Degrelle, le 10 octobre précédent, elle était seulement coupable –comme lui– d'avoir donné le vie à Léon Degrelle ! Sur sa poitrine repose le crucifix que son fils avait réussi à lui faire parvenir, en même temps que ses vers de La Chanson Ardennaise (ce blog aux 20 mars et 15 juin 2020) : ses sœurs pourront lui rendre cette relique sacrale, via la famille de Robert Du Welz, en même temps qu'elles lui enverront une mèche des cheveux de leur Maman et quelques-unes des roses disposées sur le lit mortuaire.

     

     

    Crois-tu que moi aussi, je n'ai pas eu ma part de peines ? traqué par mes persécuteurs, sali par mes calomniateurs, recevant, coup sur coup, les nouvelles les plus affreuses (maman morte en prison ; papa mort en prison ; ta maman qui se renfermait, comme une huître, dans son éloignement ; vous autres perdus, dont j'ignorais même si vous viviez). Alors quoi ! il me fallait me recroqueviller dans un abîme de mélancolie ou de mauvaise humeur ? abreuver les autres du fiel que je ne pouvais plus avaler ? Mais non ! Quand la vie fait la garce, il faut l'attraper par le peau du dos et lui dire « Toi, ma vieille, si tu te figures que tu vas m'impressionner ! » Je lui ai ricané en pleine figure et j'ai continué ma route en sifflotant, en saluant, –l’œil clair–, les fleurs, les nuages, les étoiles ! La vie est un cadeau de Dieu, merveilleux si nous en découvrons les dons et les secrets. Tiens ! voilà une seconde, m'est dégringolée sur le bras une grosse gousse de châtaigne. Bien, si tu es pessimiste, tu peux t'écrier : « Zut, comme c'est piquant, quelle saloperie ! » Et c'est vrai, ça m'a heurté un bon coup, et ça pique. Mais si tu es optimiste (comme ton père !), tu peux dire aussi : « Chic, quelles merveilleuses châtaignes me tombent tout d'un coup du ciel ! » Et c'est vrai aussi ! Et tu les croques, ravie !

     

    Dieu les envoie. Mais on peut ne pas les voir, ou ne voir que la carapace désagréable qui, souvent, enrobe les bienfaits à découvrir.

     

    Vois notre cas. Vous seriez venus me retrouver, vous auriez vécu dans un pays merveilleux, ta maman aurait retrouvé la paix, la douceur de vivre, sans devoir ni s'éreinter, ni pester, ni lutter, ni souffrir, ni se détraquer le foie et la bile ! Bien, non elle en est restée à se piquer les doigts à l'écorce de la châtaigne !

     

    (Tu vas me dire : « Eh moi alors, chez tes Andalous, comment est-ce que j'aurais découvert mon Roland ? » Ça, c'est vrai ! Surtout qu'il a l'air si chic type ! Alors ça valait que j'attende quelques années de plus pour te revoir ! Je te l'accorde !)

     

    Mais cet optimisme-là, cette foi en la vie, ta chère maman l'aura-t-elle jamais ? Je le voudrais tant pour elle. Mais on est comme on est. Jadis, quand elle avait tout, elle pouvait déjà rester des heures et des heures à regarder par la fenêtre, dans le vide, comme happée par un monde étrange qui ne lui donnait rien et qui la rongeait. Je lui disais : « Mais joue avec tes enfants ! ou lis ! et vis ! » Elle laissait filer le bonheur sans même voir qu'il était . Quand, deux ou trois fois, elle a cru qu'il arrivait, elle s'est trompée et s'est brûlé les doigts. Elle était hantée par des fantasmes, se perdait dans des brumes sans fin et ne se doutait ni de la couleur, ni de la chaleur du soleil qui était près d'elle. Il y aurait un roman hallucinant à écrire sur elle, intelligente, fière, noble, mais inapte au bonheur, les yeux ouverts mais ne voyant pas, une amertume invisible dans les dents, ne remarquant, dans l'éblouissement de la lumière, que son ombre, à chaque pas, triste et sans couleurs.

     

     

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    Marie-Paule Degrelle « avait un tempérament plutôt pessimiste, avec des complexes à la Mauriac. Et puis, la foule qui attirait, étreignait tellement son mari, était la rivale, la dangereuse rivale, qui lui happait son bien propre. Quand on la conduisait à un grand meeting, elle en revenait les dents serrées, avec quelque chose de hagard, d'irrité. Léon Degrelle comprenait ce drame secret. [...] Même ses enfants ne la distrayaient guère. Souvent, elle errait près d'eux comme un fantôme. [...] En 1945, [...] elle courut se faire coincer à la frontière suisse, toujours poussée vers le malheur par un sort inexorable. » (Duchesse de Valence, Degrelle m'a dit, p. 105).

     

     

    Tu sais, souvent, j'ai de la peine pour elle, comme jadis, déjà, j'en avais tant de fois ! Quand j'étais là, mon optimisme arrivait à balayer ses fantasmes, à la replacer dans la santé de l'esprit, dans une possession saine de la vie. Je la ramenais sur la berge. Mais ces années de l'après-guerre l'ont rejetée au fil de l'eau. Je voudrais tant la ramener sur la douceur des rires... Dis-lui que je le désire, qu'elle ne doit pas avoir peur de moi. Je ne veux que son bonheur, d'ailleurs, avec moi, sans moi, hors de moi. C'est elle qui choisit. Mais si je peux encore lui donner un peu de douceur, je suis encore là, je serai toujours là, après quoi que ce soit.

     

     

    Et les autres ?

     

    Toi, te voilà rayonnante, heureuse d'aimer et d'être aimée ! Tu sais, tu as été vaillante et courageuse, et d'autres se seraient effrayées en ton cas. Mais tu as montré qu'il y avait en toi de l'élan, du don (on ne vaut que dans la mesure où on se donne. J'ai écrit tout un livre là-dessus, dernièrement Les Âmes qui brûlent). Il faut brûler, se consumer dans un don qui ennoblit, qui nous soulève au-dessus de tout ce qu'il y a, en nous, de médiocre. Tu as choisi une route difficile. Mais c'est, souvent, d'en haut des monts les plus abrupts qu'on a les plus beaux paysages.

     

    L'épreuve qui a atteint Roland a pu, aussi, lui donner une vie intérieure, une volonté, un désir de faire mieux autrement, capables de t'accorder des joies supérieures que les autres n'éprouveront pas. J'imagine ce qu'a dû être son drame intérieur et comment, alors, il a dû se dire : « On me fauche ces possibilités-là et ces joies-là, j'en créerai d'autres, plus étonnantes et plus belles ! »

     

    La vie a cela de bon qu'on peut toujours la vaincre, tant que l'esprit ne capitule point. Le corps est un détail (parfois détail merveilleux, grandiose), mais il n'est quand même pas l'essentiel : l'essentiel, c'est notre cerveau, notre cœur, notre âme qui le portent. Eux, peuvent tout.

     

     

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    À vingt-quatre ans, Chantal, l'aînée des enfants de Léon Degrelle, s'était déjà mariée en 1956 avec le Français d'origine suisse, Roland Autenheimer (ce blog au 2 septembre 2023). C'est Léon-Marie qui, en reprenant contact avec son père en 1957, lui décrivit la situation de toute la famille, lui apprenant le mariage de Chantal ainsi que la poliomyélite dont est atteint son mari. Même si Léon-Marie présente sympathiquement Roland, les détails qu'il fournit ne laisse pas d'inquiéter le Papa (et effectivement, le mariage se terminera quelque temps plus tard par une séparation tumultueuse) qui, dans sa réponse à son fils, analyse avec son implacable bon sens les renseignements fournis par Roland sur les origines de sa polio...

     

    « J'attendrai donc Chantal et son mari, pour le plus longtemps possible. À te parler franchement, cette nouvelle du mariage a été pour moi un coup terrible. Toi, tu parles avec ton bon cœur, ta naïveté ; et peut-être as-tu raison ?...

    Mais enfin, ce que tu me dis est bien inquiétant. On peut avoir beaucoup de courage et d'énergie, mais il n'empêche qu'être ainsi paralysé des deux jambes est un grand handicap qui a, tôt ou tard, ses répercussions sur le caractère. [...]

    Je veux bien croire que Roland soit très sympathique et je brûle de le recevoir ici pour le connaître (après !), moi qui n'ai rien pu savoir, apprécier et conseiller à temps. En attendant, ces histoires de résistance me paraissent assez confuses. Suisse, à quoi résistait-il ? Et à cet âge-là ? (car il devait avoir, s'il a 30 ans maintenant, 12 ans au début de la guerre (1939) et 17 à la libération ? Cette fabrication (à 15 ou 16 ans) de conserves de rats crevés me paraît aussi bizarre. Les Allemands possédaient toutes les principales fabriques d'Europe et ne manquèrent de rien. Et puis, ces boîtes, remises dans le marché, eussent donné la polio de nombreuses années plus tard ? (puisqu'il a eu la polio à 25 ans, donc vers 1952). Enfin, je veux croire qu'il y a des explications que j'ignore, mais je suis inquiet. » (Lettre à Léon-Marie, le 17 juillet 1957).

     

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    Alors, voilà, vous n'aurez pas une vie banale. Tu n'as pas eu peur en te donnant ! En avant ! Je suis content, grande Chantal, que tu aies eu de la force de caractère en bravant les apparences. Et vous, cher Roland, vous avez été fort en dominant une carcasse humaine qui ne peut rien contre celui qui veut ! Pensez à Roosevelt, quel combat de la volonté fut le sien. Je connais dix cas semblables. Plus encore que d'autres, Chantal et vous, aurez des joies intenses à vaincre l'obstacle, à être maîtres de votre destin. En tout cas, pour ce qui me concerne, je vous soutiendrai, je vous aiderai de toutes mes forces. J'aime les destins hors série.

     

     

    Mais j'en reviens à la question : les autres ?

     

    Il paraît qu'Annette n'a guère envie de fraterniser avec son pauvre vieux père ! Dis-lui bien, surtout, que je ne lui en veux pas ! Évidemment, on a dit tant de choses sur moi qu'elle peut, fort bien, me considérer comme un type étrange, voire même pas intéressant du tout ! Au diable, le père impossible !

     

    Tu sais ce que je voudrais : c'est qu'elle tâte tout de même un peu de ce père coriace ! Elle ne se cassera pas les dents dessus ! Qu'elle vienne le voir : « Tiens, il est comme ça ? Il n'est pas si vieux que je ne pensais ! Et au fond, il est, quand même à moitié comestible » !

     

     

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    Dans ses mémoires récemment publiés (ce blog à partir du 23 octobre 2022), Anne, la fille puînée de Léon Degrelle, tout en manifestant une réelle affection pour son père, s'en déclare le « principal inquisiteur » (p. 93), ajoutant à propos de ses oncles et cousins Degrelle « je dois reconnaître que je ne les ai jamais considérés comme ma famille. [...] Ma véritable famille fut toujours la famille Lemay » (p. 162) ! Elle prétendra de même à son Papa que jamais « je n'ai entendu de la bouche de ma grand-mère ou de n'importe lequel de mes oncles [Lemay] la moindre parole négative sur mon père. » (p. 42), tout en publiant cette photo que les Lemay mutilèrent pour l'en faire disparaître (p. 43) !... (voir ce blog au 5 novembre 2022).

     

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    LDàChantal 27.10.1957 kk.jpgLe dira-t-elle ? Ne le dira-t-elle pas ? Moi, je lui propose de faire l'essai. Qu'elle vienne en vacances voir l'illustrissime Boudiquet [voir ci-après]. On ne dira même pas qu'elle est ma fille, si elle préfère l'incognito ! Et elle se rendra compte par elle-même de la monstruosité ou de la gentillesse de ce phénomène paternel qu'on lui a dépeint avec plus ou moins de bonne volonté. Elle peut passer à notre propriété quelques semaines de vacances splendides. Je lui paie, évidemment, le voyage : billet d'avion aller-et-retour si ça lui chante. Boudiquet lui fera les honneurs des lieux (il est déjà fort à son affaire !). Titre du reportage : « Autopsie d'un père inconnu ». Viens voir, Annette ! Crois-tu que soit vraiment un bonhomme à repousser sans examen ni explication ce papa qui t'a tant aimée ? Tu l'as oublié, mais c'était ainsi, cependant. Et tu l'aimais, toi aussi ! Alors, dis, fais un effort, honnêtement, pour voir clair. Quinze jours en quinze ans, crois-tu que ce serait tant ? Tu pourras faire tout ce que tu voudras. Me regarder comme une bête curieuse, ne pas être gentille, m'envoyer bouler aux cinq cent mille diables, mais fais l'effort, essaie de juger, en toute justice. Je ne te demande que cela, Annette chérie, viens, regarde, interroge, et la conclusion, c'est toi seule qui la tirera. Te défileras-tu ? Ou auras-tu de l'estomac ? Tu as du sang dans les veines, quoi ! Balaye les préventions, tu es intelligente, tu dois juger par toi-même. Et puis, Annette chérie, ce n'est pas nécessairement mauvais et méprisable un papa... Viens, ma grande fille, tu verras.

     

    Surtout qu'on n'imagine pas que je veuille enlever qui que ce soit –ni Annette, ni Godelieve que j'invite exactement comme son aînée, ni la ravissante petite Marie-Christine que j'attends avec tant d'impatience. Non ! Venez en vacances. Si Léon-Marie est venu pour de bon, c'est parce qu'il la voulu. Mais soyez sans crainte, je ne le confisquerai pas, comme vous autres, on vous confisquait ! Je l'enverrai en vacances à Paris et à Eyliac vous voir tous et redire, tout spécialement à sa chère maman la tendresse qu'il a pour elle. En vous aimant, je ne veux diminuer en rien l'amour des autres. Ce qui serait doux, c'est qu'Annette, Godelieve et, après, « Cri-cri », viennent, de temps en temps, faire un séjour. Et qui sait, avec le temps, il se pourrait que tout cela redevienne plus naturel dans le cœur d'une maman que la vie a trop meurtrie et que, du passé, rejaillisse des rameaux nouveaux ? Cela peut être votre œuvre, à vous aussi, mes grandes filles chéries ! Votre maman est souvent malheureuse parce qu'elle ne veut pas être heureuse. En me donnant du bonheur peut-être la ramènerez-vous, elle aussi, vers des joies qui ne meurent que lorsque, volontairement, on les tue.

     

     

     

    Léon-Marie prairie.jpgEt Léon-Marie, maintenant !

     

    Eh bien, ça va ! Nous sommes tout deux à l'école : lui, pour apprendre ce que c'est un père. Et moi, pour ré-apprendre ce qu'est un fils ! Ce n'est pas si simple qu'on le pense !

     

    Évidemment, outre la grande joie qu'a Léon-Marie à fraterniser avec moi, il y a eu aussi le désir bien naturel d'une gigantesque « grande vacance » ! Au début, ce fut assez compliqué : il ne voulait –afin d'étudier– ni vivre, durant la semaine, dans une résidence universitaire (vie pourtant fort libre et réservée à des garçons inscrits à une Faculté : « Je ne veux pas de curés ! » expliquait-il). Il ne voulait pas non plus vivre chez des amis (j'en ai des collections, et charmants) du lundi au samedi ; non, il lui fallait un petit appartement où être son maître pendant la semaine. Il a vite vu, lui-même, que ce n'était pas pratique (et il n'y eût rien étudié : le 1er juin, je suis venu l'y surprendre : à 11h du matin, il était encore dans ses plumes !).

     

    Par-dessus le marché, on a déclenché, après son arrivée (et je ne sais à l'instigation de qui) une campagne violente pour exiger une fois de plus mon extradition, bagarre sans importance, comme il y en a eu dix autres, mais qui m'a obligé d'aller vivre à l'écart pendant plusieurs semaines dans une propriété de plusieurs milliers d'hectares, d'un Duc très fameux, grand ami à moi.

     

     

    ABC 16.12.1954.png

     

    Le « Duc très fameux, grand ami à moi » est en fait José Finat Escrivá de Romaní, XVIIe comte de Mayalde (1904-1995, ce blog au 26 décembre 2024 ; son épouse était Casilda de Bustos, duchesse de Pastrana : c'est dans la voiture du couple Mayalde que Léon Degrelle s'enfuit de l'Hôpital Mola de San Sebastián) ; on voit ici le comte de Mayalde, le 15 décembre 1954, lors d'un hommage à la División Azul à l'hôtel de ville au cours duquel il conféra la Médaille de Madrid en argent à huit Légionnaires du Front de l'Est enfin libérés des goulags russes (ABC, 16 décembre 1954, p. 8). La présence de « l'homme politique belge Léon Degrelle » parmi les invités fut révélée par l'agence de presse EFE, provoquant une violente crise diplomatique entre la Belgique et l'Espagne alors que Madrid venait d'envoyer à Bruxelles son premier ambassadeur depuis la guerre).

    La « propriété de plusieurs milliers d'hectares » où Léon Degrelle dut se cacher pendant trois mois en 1957 alors que son fils était à Séville chez son ami José María Cernuda (ce blog au 26 février 2016) est la Finca El Atillo que possédait l'alcalde de Madrid, à El Espinar, dans la province de Ségovie, à près de 70 km de la capitale (y sont toujours élevés les Toros bravos –taureaux de combat parmi les plus offensifs d'Espagne).

     

    Peuple 04.10.1957 Photos LD.png

     Le Peuple, 4 octobre 1957, première page.

     

    La « campagne violente pour exiger une fois de plus mon extradition » fut la conséquence de la diffusion par l'agence Belga de photos ramenées d'Espagne par Jean-Robert Debbaudt (ce blog au 26 février 2016), de messages et d'enregistrements destinés à sa famille, mais aussi aux fidèles Bourguignons. Voici ce qu'écrivait Le Drapeau rouge à l'époque, établissant on ne peut mieux la duplicité des gouvernements belges successifs et leurs prétendues demandes d'extradition.

    « [...] Comment ces photos sont-elles parvenues à l'agence Belga qui les a diffusées ? [...] Plutôt que d'essayer de répondre à ces questions, il nous a paru plus intéressant de savoir comment ces photos sont arrivées en Belgique et nous avons découvert pas mal de choses. Nous espérons que les polices du royaume, autrement outillées que nous n'auront pas attendu la sortie de ce numéro du Drapeau Rouge pour dénicher ces détails. Mais nous ne sommes pas sûrs du tout que les policiers, qui sont payés pour cela, les connaissent... [...] En juillet dernier, l'ancien SS Jean-Robert Debaudt, un individu qui a fait partie de la Légion Wallonie, partait en vacances en Espagne. [...] Sitôt arrivé, il n'eut rien de plus pressé que de se rendre à Constantina. Le rendez-vous était d'ailleurs arrangé, car Debaudt avait été contacté précédemment [...] par un messager (belge) de Léon Degrelle, [...] le père d'un ancien légionnaire du front de l'Est et en même temps un intime du chef de Rex, à qui la mère dudit légionnaire sert d'ailleurs de gouvernante [Yvonne Ransy-Leroy, ce blog au 12 mai 2025]. C'est Debaudt qui a ramené en Belgique les photos de Degrelle avec qui il a eu des entretiens à Constantina. [...]

     

    Yvonne Leroy.jpg   Yvonne Leroy Tombe Constantina.jpg

    Stèle funéraire d'Yvonne Ransy, née Leroy, au cimetière de Constantina. L'anecdote pittoresque rapportée par Le Drapeau rouge accrédite que la source du quotidien communiste ne peut être qu'un Bourguignon tout émoustillé par sa rencontre avec l'introuvable exilé et pressé d'en établir la réalité par son fâcheux bavardage : « [Léon Degrelle] lit La Libre Belgique mais se plaint de ce que sa gouvernante (c'est elle qui semble avoir pris l'abonnement à son nom) découpe, avant de lui céder le journal, le feuilleton –ce qui oblige le grand homme à lire un exemplaire mutilé... » (Le Drapeau rouge, 7 octobre 1957, p. 2).

     

    Degrelle, qui adore toujours hurler, a spécialement enregistré deux bandes à l'intention du dernier carré de rexistes vivant en Belgique, bandes que Debaudt a introduites à son retour au pays en même temps qu'un appareil enregistreur. [...] Notre ministre des Affaires étrangères, a reçu samedi l'ambassadeur d'Espagne à Bruxelles, le comte de Casa-Miranda, pour le prier de rappeler au gouvernement espagnol son engagement de livrer Degrelle aux autorités belges si celui-ci se trouvait en Espagne”. La démarche de Victor Larock est une bonne chose. Mais l'opinion de notre pays ne comprendrait pas que le ministre socialiste ne pousse pas plus avant sa demande et n'exige pas, très sérieusement, l'extradition immédiate du criminel de guerre. » (Le Drapeau rouge, 7 octobre 1957, pp. 1-2).

     

     

     

    Léon-Marie va venir en avion, après-demain, me retrouver pour quelques jours ; mais entretemps, il vit chez un colonel d'État-major, autre ami très dévoué [le colonel Teodoro Pérez de Eulate y Vida, chef du service des transmissions et de la protection des vols dans le centre de l'Espagne]. Il est là comme un coq en pâte, peut-être même trop bien.

     

     

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    Le colonel Teodoro Pérez de Eulate (entretemps général de brigade de l'Armée de l'air) en conversation avec Léon Degrelle dont il est un ami proche, le 9 octobre 1969, à l'occasion des noces de sa fille cadette, Marie-Christine, dont il fut –tout comme le comte de Mayalde et les ministres Serrano Súner et Fernandez Cuesta– un des témoins de mariage (Kwik, 18 octobre 1969; il avait déjà été, le 9 janvier 1960, un des témoins au mariage de Godelieve, troisième fille du châtelain de Constantina). Ami proche de Léon Degrelle, il accueillit son fils en 1957 en même temps qu'il facilita l'incorporation de Jean-Louis Urraca, le fils de son amie Hélène Cornette, parmi les conscrits de la base aérienne de Séville (ce blog au 12 mai 2025). Teodoro Pérez de Eulate sera également le président du conseil d'administration de la société immobilière Inmuebles Andaluces, fondée en 1958 par Léon Degrelle pour la construction des maisons qui devaient favoriser le tourisme social de Constantina et qui s'avéreront un gouffre financier précipitant sa faillite en 1963.

     

     

    J'ai toujours pensé qu'il ne fiche rien. Il a beaucoup de bonne volonté mais peu de volonté. Il désire faire bien, le promet, mais se replonge dans sa nonchalance, les pieds en l'air, des disques au côté, une cigarette faisant du cent à l'heure au bout des lèvres. Car c'est cela qui est drôle : il est, à la fois, mou et super-nerveux ! Ses cigarettes, non seulement l'empoisonnent, mais m'empoisonnent ! Il n'est pas très costaud, se plaint (parfois exagérément : au plus petit bobo, il entre en état pré-agonique !), se plaint donc de douleurs dans le dos et à la gorge. Je l'ai fait examiner par un excellent médecin qui lui a interdit formellement de fumer plus de 4 cigarettes par jour. N'empêche que malgré mille promesses, il continue à fumer comme un sapeur. Au moindre accès de nervosité, les cigarettes filent, montent, disparaissent comme dans un exercice de prestidigitation ! Maintenant, je crois qu'il en est encore plus ou moins aux 12 à 15 par jour, et les plus chères qui existent au marché noir ! Son tabac coûte exactement autant qu'une femme à journée du matin au soir ! Quand vous lui écrirez, tannez-le avec cette histoire de cigarettes. C'est son bien, somme toute.

     

     

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    C'est Chantal qui donna son sobriquet « Boudiquet » à Léon-Marie : il signe avec son surnom la carte de vœux pour 1958 qu'il envoie à sa sœur aînée.

     

     

    Mais enfin, c'est un détail ; son état de santé –en général– est bon, dit le médecin. Et il est le plus gentil garçon de la terre, affectueux comme tout, vif d'intelligence, pittoresque dans ses propos. Nous sommes devenus des camarades épatants (même quand je le chahute pour son tabac ou quand il est mauviette, chichiteur –que de mots bizarres !– bref, quand il est encore petite fille !). Mais à côté de cela (et ces contradictions sont normales : à son âge, dans l'être humain, il y a de tout !), il a beaucoup de décision et d'ambition : il fût venu à pied ici s'il l'eût fallu. C'est pour cela que j'espère, tout de même, qu'il réussira son bacho. Il est très regrettable qu'avant de partir en Septembre, il ne se soit pas représenté à son examen de Commerce, surtout s'il n'avait échoué, en Juillet, que pour l'orthographe seulement. Ici, ce diplôme l'eût fort aidé. Mais enfin, je fais l'impossible pour le bien préparer à son bachot avec des professeurs particuliers (une jeune Française, notamment, fort intelligente, de l'Institut français de Séville). Ces trucs-là coûtent les yeux de la tête, beaucoup plus, évidemment, qu'un collège normal. Mais je veux tout faire pour l'épauler. Vraiment (en dehors de la chance, car il y a de la chance ou de la malchance parfois, rarement d'ailleurs), cela ne dépendra que de lui, de sa volonté de bloquer, de laisser parfois les disques de côté, de ne pas être « jouette », toujours à la recherche d'une distraction ou d'un aimable minois.

     

    Léon-Marie scooter.jpgPour le distraire, je lui ai payé le scooter de ses rêves, une « Lambretta », cadeau –à l'avance !– pour son Bac ! Ainsi il peut faire facilement la navette avec la Carlina. S'il réussit, je lui offrirai à l'été un beau voyage, avec crochet pour vous revoir tous, bien entendu.

     

    Il était terriblement emballé d'une Anglaise. A voir la photo, il n'y a pas de quoi, vraiment, se taper le derrière par terre. Mais enfin, c'était le grand amour (il vomit les romantiques !) de notre frétillant Boudiquet, avec lettres et cartes (de lui) à tout bout de champ, allusion à chaque quart d'heure, photo sur la table de nuit, etc. ! Puis il a reçu une lettre qui l'a réfrigéré : il l'avait déjà invitée à la Carlina, et elle se défilait. Bref, maintenant, il n'en parle plus. Mais enfin, ça le chipotait, d'autant plus que les Espagnoles, gaies mais fières, et avec qui on ne flirte pas, n'étaient pas le genre accessible à tout venant qu'il avait rencontré chez les filles aux grands pieds de la mère Albion.

     

    Nous allons maintenant, Léon-Marie et moi, passer une bonne semaine ensemble ; j'essaierai de voir ce qu'il a fichu de bon, de le stimuler (avec diplomatie et affection, soyez tranquilles, car il ne faut pas le brusquer, c'est tout un changement pour lui, et Paris est Paris : tout, après cela, lui paraît de second ordre, villes et gens). Je l'oriente avec un maximum de prudence et d'affection. Il a une nature magnifique et je suis sûr qu'il arrivera à quelque chose d'original et de grand. Vous verrez ça !

     

     

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    Moi ? Ça va. Ça ira mieux quand je vous aurai revues toutes, mais ça va. Je prépare quelques nouveaux bouquins. J'ai tant de choses à écrire, de révélations à faire, d'hommes et de faits à expliquer ! Pour tout cela, aussi, je serai ravi de connaître Roland, pour recevoir ses réactions, organiser des confrontations. Déjà avec Léon-Marie, qui a des idées claires et des vues personnelles, nous avons du plaisir sur ma montagne !

     

    Tu verras, toi aussi, grande Chantal chérie, ce qu'il y fait bon ! Si ça vous fatigue l'auto, je vous offre l'avion, c'est comme vous voulez : ce qu'il y a, c'est qu'avec votre auto, nous pourrions plus facilement rayonner : Séville et Cordoue sont des villes épatantes à visiter. N'oubliez pas qu'il y a, à cette époque, deux choses épatantes à contempler : la Semaine Sainte de Séville, spectacle religieux prodigieux et la « Feria », spectacle païen prodigieux aussi, à deux semaines d'intervalle.

     

    Alors, Chantal chérie et cher Roland, envoyez-moi de vos nouvelles de temps à autre. Évangélisez et chapitrez Annette ! Partagez avec elle, avec Godelieve, Marie-Christine, et avec leur maman –mais oui, leur maman– les baisers affectueux que vous envoie

     

          votre

                               Papa

                                                     (c'est moi qui signe comme cela !)

     

     

    Ci-joint, quelques photos de Boudiquet avec son général de Père ! Il m'a vraiment obligé à me mettre en uniforme, pour certaines.

     

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  • Nouvelles enchères degrelliennes à Bruxelles

     

    Manuscrit d'un éditorial de Léon Degrelle

    pour Le Pays réel du 10 février 1937

     

     

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    Voilà moins de deux ans, la maison de ventes Arenberg Auctions mettait aux enchères l'important manuscrit de Hitler pour 1000 ans (ce blog au 30 juin 2024) qui s'appelait encore Nous, les fascistes (ce blog au 7 novembre 2025). Aujourd’hui, c'est le manuscrit de l'éditorial La grande bagarre continue, publié dans Le Pays réel du 10 février 1937, qui a été proposé aux amateurs d'autographes historiques ce 27 mars.

     

    La grande bagarre continue PR 1937.02.10.png

     

    Contrairement au manuscrit du livre, abondamment corrigé, raturé, perfectionné (au point qu'il serait quasi impossible d'en collationner les variantes), l'article de tête du Pays réel semble écrit d'un jet, ne comportant que quelques modifications et de rares suppressions dont nous pouvons facilement documenter l'évolution.

     

     

    LA GRANDE BAGARRE CONTINUE [remplace « La grande bagarre commence ! »]

    par Léon DEGRELLE

     

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    Ce fut du joli, mardi [remplace « tout à l'heure »] à la Chambre : pugilats, cheveux arrachés, yeux au beurre noir, députés piétinés, appareils de téléphone démolis, codes voltigeant [« dans » supprimé] comme des obus ! Le public, dans les tribunes, se tenait les côtes. Que ferait-on maintenant encore, devant ce régime qui meurt dans la bagarre de fin de kermesse, sinon [« s'amuser » supprimé] se réjouir en voyant s'effondrer le Zoo [« tapageur » ajouté] des politiciens !

     

    Ils se croyaient tout permis ! Ils pouvaient saboter toute la vie nationale, livrer le pays à des querelles fratricides, nous plonger dans un innommable chaos. On les laissait faire !

     

    Ce temps là est fini !

     

    À chacune des bassesses des partis [remplace « À chacune de leurs bassesses »], REX est là qui monte à l'assaut !

     

    Huysmans avait cru possible d'aller prostituer chez les assassins de Madrid son titre de Président de la Chambre. Ce devait être –il vient de le voir à ses dépens [remplace « il l'a vu mardi »]– sa dernière bravade ! À la séance de mardi, les députés rexistes –que nous félicitons avec chaleur– l'ont botté magnifiquement  , sans répit, avec un cran inébranlable et avec » supprimé].

     

    Il n'a pas pu en sortir. Ce fut une bagarre inouïe. Parfait ! REX [« ne les laissera plus » supprimé] ne tolérera plus une seule vilenie politicienne. Ce sera, chaque fois, la contre-attaque instantanée !

     

    [« Les politiciens » supprimé] Nous sommes dans la place !

     

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    Et eux, où sont-ils encore ?

     

    La pagaïe est générale. Les catholiques sont effondrés.

     

    De Laveleye a coulé à pic, [« dans la rigolade générale » rajouté]. Le parti socialiste est en train de se casser en deux, comme un arbre mort.

     

    « DEMAIN ON AURA LE VIEUX », disait [« le Ministre » rajouté] De Man, mardi après-midi, dans les couloirs de la Chambre...

     

    « CETTE VIEILLE CANAILLE DE VANDERVELDE », ajoutait le camarade [remplace « notre ami »] Spaak...

     

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    Empoignades au Parlement !

     

    Empoignades dans les partis !

     

    Tout craque.

     

    Tout va voler par terre.

     

    Ils sont foutus.

     

     

    Cet éditorial incisif commente l'incroyable pugilat qui transforma effectivement l'hémicycle parlementaire en arène de gladiateurs de carnaval.

     

    Les députés socialo-communistes ne pouvant supporter que les élus rexistes critiquassent Camille Huysmans, président de la Chambre, utilisèrent leurs poings, leurs pieds et tous projectiles possibles en guise d' « arguments frappants » ! Il faut dire que les rexistes avaient osé enjoindre l'huile socialiste de justifier sa présence auprès des Républicains, lors d'un voyage en Espagne, entraînant ainsi tout le Parlement belge dans sa démarche partisane concernant la Guerre civile espagnole.

     

    Cette scène plutôt rare autant qu'inattendue dans l'histoire parlementaire belge suscita l'émotion incrédule de toute la presse qui y consacra ses « unes » dès le lendemain 10 février 1937.

     

     

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    Nation belge 10.02.1937.png   LLB 10.02.1937 a.png

    De gauche à droite et de haut en bas : La Dernière Heure, Le Soir, La Nation belge et La Libre Belgique.

     

     

    La Libre Belgique consacra même toute une page de reportage à cet événement honteusement vaudevillesque, l'agrémentant de portraits-charges. Mais aucun ne pourra atteindre la rosse cocasserie du dessin de Jam, publié en « une » du Pays réel !

     

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    LLB 10.02.1937 c.png   LLB 10.02.1937 d.png

     

     

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    Sur Victor de Laveleye, président du parti libéral, dont le seul programme était « la lutte contre Rex », et qui se ramassa lamentablement face à la rhétorique de Léon Degrelle, voir ce blog au 18 octobre 2024. 

     

    Et lorsque l'éditorialiste du Pays réel évoque la cassure du Parti Ouvrier Belge, il fait allusion aux débats qui l'agitaient alors, le partageant entre deux tendances, celle, traditionnellement marxiste, du vieux ponte Émile Vandervelde et l'autre incarnée par le pragmatique Paul-Henri Spaak. Ce qui justifia peut-être la formulation primitive « notre ami » dans l'éditorial rexiste puisque certains de ses adversaires n'hésitaient pas à lui reprocher une dérive droitiste (Spaak soutiendra plus tard, avec Rex, la politique de neutralité du roi : ce blog au 20 mai 2018).

     

    Ce changement de cap ne pouvait tromper un Léon Degrelle qui dressera, deux jours plus tard, le portrait suivant, tout de pertinence prophétique, du nouvel homme fort du P.O.B. (après guerre, Spaak ayant épuisé les opportunités que pouvait lui offrir le Parti Socialiste Belge, termina sa carrière en ramasseur de voix pour un parti linguistique anti-flamand) : « Si Spaak est un manœuvrier roublard, qui lasse ses adversaires en éternisant les débats, le vieux Vandervelde, par contre, est le seul à garder une influence profonde sur les troupes du P.O.B. [...] On a vu Spaak mettre le P.O.B. à l'extrême limite d'une scission, voilà deux ans, parce qu'il était presque communiste. Aujourd'hui, il recommence le coup en jouant au stagiaire de REX. Cet homme, intelligent, cordial et peu scrupuleux, n'a jamais été, au fond, un démocrate, ni un socialiste,  ni un communiste, ni un "national"; il est SPAAKISTE et ne peut être strictement utilisé que comme tel, dans n'importe quel régime. » (Le Pays réel, 12 février 1937).

     

     

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    La propension de Paul-Henri Spaak à retourner sa veste en fit une des têtes de turc préférées de Jam. Ce ne sont pas les cloches de Pâques qui ramenèrent le volume de Rome : il sortit de presse le 11 juillet 1938. On commémorait ce jour-là la bataille des Éperons d'or et le politicien se rendit à Courtrai pour honorer de sa présence la cérémonie de ce qui deviendra, en 1973, la fête officielle de la Communauté flamande de Belgique.

     

     

    Estimé à 120/150 euros, le manuscrit de Léon Degrelle La grande bagarre commence ! destiné au quotidien de Rex, Le Pays réel du 10 février 1939, a été adjugé à 300 euros (hors frais).

     

     

  • Le « Père Jambon », chevalier de la Légion d'honneur

     

     

    À propos d'Édouard, le Papa de Léon Degrelle

     

    En consultant nos archives rivaroliennes pour le 75e anniversaire de l'hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne (ce blog au 30 janvier 2026), nous avons retrouvé le tout premier courrier que nous lui avons adressé : c'était en février 2010 ! À cette époque, Rivarol publiait une rubrique « La cuisine de notre Europe » tenue par Franck Nicolle, auteur d'ouvrages consacrés aux cuisines régionales et – surtout !– chef d'un fameux petit restaurant vosgien remarqué et recommandé par tous les guides gastronomiques.

     

    Rivarol 2010.01.29.jpeg

     

    Nous réagissions à la chronique du 29 janvier 2010 « Un gai luron des Flandres, s'en va en Wallonie », truffée de références degrelliennes, issues notamment du livre sans doute le plus difficile à trouver de Léon Degrelle, Tintin mon copain, comme en témoigne le portrait tintinesque du jeune Léon extrait des dessins de la quatrième page de couverture, ainsi que l’évocation de Christian Simenon (le « frère de », Volontaire du Front de l’Est engagé à la Légion Étrangère et tombé en Indochine) évoqué en fin d'article et qui fait l'objet du trente-cinquième chapitre de l'ouvrage posthume du Commandeur de la Légion Wallonie.

     

    LD Tintin verso.jpeg

     

    Nous souhaitions en fait corriger et préciser les quelques détails donnés à propos d'Édouard, le Papa de Léon Degrelle que Rivarol résumera dans le courrier des lecteurs (le fameux « Droit aux lettres »), le 12 mars sous le titre « Précisions sur le père de Léon Degrelle ».

     

    Ainsi Franck Nicolle racontait-il l'origine de la présence d'Édouard Degrelle en Belgique : « son père était brasseur en France avant de s'expatrier en Belgique en 1901, fuyant la répression anticatholique ».

     

    S’il est vrai qu’Édouard Degrelle, né en 1872 à Solre-le-Château (France, ce blog au 24 janvier 2023), fut brasseur, il n’exerça son métier qu’à Bouillon et ce, bien avant 1901. Et si les lois anticléricales françaises obligèrent effectivement les communautés religieuses enseignantes à s’expatrier, elles n'eurent aucun effet sur la vie des Degrelle qui se partagent depuis (presque) toujours entre les deux pays. Même les trois frères jésuites d’Édouard (Henri, Louis et Célestin, ordonnés prêtre respectivement en 1888, 1890 et 1899) n'exercèrent leur sacerdoce qu'en Belgique, Édouard lui-même effectuant ses études (comme d'ailleurs plus tard, son fils Léon) au Collège jésuite Notre-Dame de la Paix de Namur, puis à l’Université Catholique de Louvain où il obtint son diplôme d’ingénieur agronome et brasseur en 1894.

     

     

    Généal. Degrelle.jpg

    Quand les Degrelle vont de France en Belgique, on ne peut vraiment parler d'expatriation, car la nombreuse famille dont Chantal Degrelle (ce blog au 2 septembre 2023) dressa l'arbre généalogique à partir du Livre de Raison hérité de son Papa (ce blog au 24 janvier 2023) se partagea dans une zone géographique située de part et d'autre de l'actuelle frontière séparant la France de la Belgique (le nom des bourgades où s'établirent les Degrelle est écrit à l'encre rouge ; documentation © Jacques de Schutter). Pour Léon Degrelle, « l'Ardenne est coupée par la frontière belgo-française, ligne arbitraire, souvent modifiée, région pleine de simplicité et de noblesse. » (Mon Combat, s.l., s.d., p. 20).

     

     

    C’est alors qu’il effectuait un stage de régisseur au château de Leignon qu’il tomba amoureux de Marie-Catherine Boever qu’il épousa le 23 juin 1895.

     

    Un an plus tard, le couple s’installait à Bouillon où Édouard avait racheté l’une des trois brasseries actives dans la cité ardennaise. Il demanda immédiatement la nationalité belge : c'est un arrêté royal du 14 octobre 1899 qui lui accorda la grande naturalisation (publication au Moniteur belge, le 1er novembre 1899).

     

    Pourquoi Bouillon ? « Car la jeune madame Degrelle [originaire de La Roche, à une bonne soixantaine de kilomètres] souhaite ne pas trop s’éloigner de sa famille et plus rien n’attire le jeune brasseur en France ». (Jean-Marie Frérotte, Léon Degrelle, le dernier fasciste, p. 9). Ajoutons que le bourgmestre de la petite ville ardennaise, le notaire François Marquet (1862-1936), était un cousin de la mère de son épouse.

     

    Brasseur à Bouillon, Édouard ne produisit cependant jamais –malgré l'affirmation de Franck Nicolle– de gueuze, dont l’élaboration est réservée à la vallée de la Senne bruxelloise dont l’air est, paraît-il, le seul à bénéficier des indispensables ferments Brettanomyces bruxellensis...

     

     

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    C'est le 17 juin 1896 qu'Édouard Degrelle acquit la Brasserie Rogissart, la plus ancienne des trois que comptait Bouillon. Il en conserva le personnel, dont le vieux maître-brasseur de 75 ans, Jules Willaume, qui signera en tant que témoin le registre de la naissance de Léon Degrelle (ce blog au 15 juin 2023).

     

    L'en-tête de ses factures montre qu'Édouard Degrelle ne brassait pas seulement les bières, mais faisait également commerce d'alcool. Malgré que le Comte de Flandre, le prince Philippe, frère cadet de Léopold II et père du futur Albert Ier, fût décédé depuis le 17 novembre 1905, la brasserie d'Édouard Degrelle continua d'utiliser la qualité de fournisseur breveté de sa maison (le titre de comte de Flandre sera attribué une dernière fois, en 1910, à Charles, frère du futur Léopold III et lui-même futur régent du Royaume, ce blog aux 15 août 2021 et 22 mai 2023).

     

    On sera peut-être surpris de voir cette facture de boissons alcoolisées adressée aux Sœurs Visitandines du couvent des Abys, à Paliseul : elles se fournissaient d'une bière légère, à faible degré d'alcool et riche en nutriments.

     

    Soeur Marie Degrelle.jpgAyant préféré quitter l'Allemagne suite au Kulturkampf de Bismarck entendant soumettre le clergé à l'État, des religieuses de l'Ordre de la Visitation de Sainte Marie ouvrirent, en 1874, un pensionnat au château des Abys près de Paliseul, non loin de Bouillon : Marie, Jeanne et Madeleine, les sœurs aînées de Léon Degrelle y firent leurs classes secondaires. Mais Marie poursuivit ses études à la maison-mère de Coblence, ce qui décida probablement de sa vocation : elle rejoindra le monastère des Abys le 7 décembre 1921 et prononcera ses vœux définitifs le 28 décembre 1925 (ce blog au 15 juin 2021).

     

     

    Sans doute n'est-il pas inutile de rappeler qui fut vraiment Édouard, le Papa de Léon Degrelle. Élu dès 1904 conseiller communal de Bouillon, il fut également conseiller provincial du Luxembourg, puis, en 1921, député permanent, poste qu’il garda jusqu’à la guerre lui permettant d'exercer occasionnellement la fonction de gouverneur de la province de Luxembourg. Il sera également élu député du Parti catholique jusqu’en 1936, année où il siégea désormais en tant que député rexiste.

     

     

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    Le 11 juin 1904, le quotidien catholique L'Avenir du Luxembourg –fondé par le père de son épouse, le Dr Jules Boever (1857-1916)– rend naturellement compte des manifestations saluant l'éclatante victoire d'Édouard Degrelle aux élections provinciales du 5 juin 1904.

     

     

    Ajoutons également que suite à ses activités patriotiques au cours de la Grande Guerre, Édouard Degrelle se vit octroyer la Légion d’honneur en 1925 : dès après l’armistice cependant, le 20 décembre 1918, le maréchal Pétain vint en personne à Bouillon lui annoncer cette nouvelle, rencontrant ainsi pour la première fois le petit Léon âgé de douze ans, dont il tint la main dans la sienne durant toute sa triomphale traversée pédestre de Bouillon (ce blog au 30 avril 2016).

     

    C’est dire qu’Édouard Degrelle fut un personnage important de la vie politique de Bouillon.

     

     

     

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    L'Avenir du Luxembourg détaille, dans ses éditions du 21 mars 1925, les motifs qui firent d'Édouard Degrelle un chevalier de la Légion d'honneur. Les services exceptionnels rendus par le « Père Jambon » furent tellement décisifs pour la victoire de Verdun que le maréchal Pétain vint annoncer en personne cet honneur au récipiendaire et, en hommage spectaculaire à la petite bourgade qu'habitait le tranquille héros, confia à Bouillon deux canons pris à l'ennemi. Ces pièces d'artillerie allemandes offertes par le vainqueur de Verdun furent longtemps exposées dans la cour d'honneur de la forteresse de Godefroid de Bouillon (ce blog au 30 avril 2016).

     

    Bouillon Canons Pétain.jpeg

     

     

    Aussi, le plus dérangeant dans l'article du gastronome rivarolien sur le père de Léon Degrelle est certainement la reprise inconsidérée du commérage d’un « résistant ». Il s'agit d'un certain Albert Millard, s'épanchant dans Le Soir du 28 février 2009, à l'occasion de la présentation du film Léon Degrelle ou la Führer de vivre, diffusé le 5 mars suivant en « prime time » par la télévision belge (ce blog, entre autres, au 2 septembre 2023), puis, dans une version sensiblement différente par FR3, deux ans plus tard, le 5 septembre 2011 à minuit (si tard, probablement pour en réduire encore l'impact).

     

    La gazette bruxelloise présentait ce vieux Bouillonnais comme un témoin de la vie de la cité ardennaise d'avant-guerre d'autant plus crédible qu'il aurait été l'innocente victime d'un Léon Degrelle ivre de vengeance après l'assassinat de son frère, alors que lui-même ne serait que bienveillance et réconciliation, Le Soir saluant ainsi son exemplaire « absence de rancœur » : « Albert Millard, qui a pourtant fait partie en 1944 des otages dont la mort fut exigée en vain par Léon Degrelle, préfère l’anecdote à l’anathème. [...] Albert Millard ne connaît pas la haine. Faut regarder vers le futur » (p. 13).

     

    Et pourtant le ragot de ce bonimenteur trop gentil pour être désintéressé vaut son pesant de règlement de comptes, trop complaisamment cité in extenso : « Le père Degrelle, on l'appelait le Père d'Jambon. En échange d’un service, quelqu’un [...] avait fait croire [à Édouard Degrelle] qu’il allait recevoir un jambon via le tram. Et chaque jour, il montait tout là-haut pour aller chercher son jambon qui n’est bien sûr jamais arrivé. On s’amusait beaucoup en le voyant passer » (Le Soir, 28/02/2009, p. 13 ; Rivarol, 29/01/2010, p. 13). Cette fabulation revient à prétendre qu’Édouard Degrelle n’était qu’un cupide imbécile avec les pieds duquel il était facile et amusant de jouer.

     

    P.Jambon Meuse 1994.04.02.jpegLe don d'un jambon en rétribution d'un service rendu par le député est néanmoins avéré –et salué– par d'autres témoins. C'est ainsi qu'à l'occasion de la disparition du plus célèbre Bouillonnais (avec Godefroid, le chef de le première Croisade), le quotidien liégeois La Meuse envoya son reporter quêter quelque information négative dans sa ville natale. Mais c'est à peine si les souvenirs récoltés exprimèrent l'antipathie sollicitée : « Les anciens se rappellent davantage du [sic] père, député. On l'appelait le père Jambon. Pour les services rendus, il demandait toujours un jambon. Pas un mauvais bougre, le père Degrelle. » (La Meuse, 2 avril 1994, p. 10).

     

    De même l'historien régional Arthur Mousty, par ailleurs ancien Chasseur Ardennais et résistant : « [Le père de Léon Degrelle] occupait diverses fonctions au gouvernement provincial. Les requêtes présentées à ce parlementaire influent recevaient généralement un favorable aboutissement. L'offrande discrète d'un gros jambon témoignait de la reconnaissance du solliciteur. C'était connu et admis. Le geste était d'autant mieux apprécié que la famille comptait 8 enfants. » (« Une dernière page sur Léon Degrelle », in Feuillet d'informations du Cercle d'histoire et de folklore « Terres d'Herbeumont à Orchimont » n° 56, Printemps-Été 2004. Précisons que la famille Degrelle comptait en réalité sept enfants, le second (et premier fils), Édouard –7 mars 1901-12 novembre 1902–, ayant été emporté par une méningite à l'âge de vingt mois : ce blog au 15 juin 2020).

     

     

    Bouillon Tram Tunnel.jpeg

    Dès son arrivée à Bouillon, Édouard Degrelle s'impliqua dans la vie économique, politique et sociale locale, et plus particulièrement dans la Société nationale des chemins de fer vicinaux, s'efforçant de désenclaver le petit bourg, notamment par l'ouverture, en 1910, d'une ligne la reliant, au sud, à la plus proche ville (française), Sedan. Pour ce faire, il fallut creuser un tunnel de 90 mètres sous le château-fort pour relier Bouillon à Corbion. Édouard Degrelle travailla également à l'ouverture d'une ligne vers l'ouest reliant Corbion à Pussemange (sur la frontière), Gespunsart et Nouzonville (en France), qui fut ouverte en 1925. La menterie sur l'origine du surnom d'Édouard élaborée par le trop prévenant Millard voulait-elle brocarder à la fois son amour du bon jambon et son dévouement pour le développement du tram vicinal ?...

     

     

    Est-ce pour cette habitude bien connue de récompenser d'un jambon les services rendus qu'un autre historien de Bouillon, Jean-Marie Frérotte, soulignait, dans sa biographie de 1987, l'importance des réserves de jambon chez les Degrelle ? « Le jambon ! Chez Degrelle, on dépassait parfois la vingtaine de jambons en réserve. On le consommait très sec et le temps ne faisait que l’améliorer. Un jour, la ficelle d’attache de l’un d’eux ayant rendu l’âme au crochet du plafond, madame Degrelle s’en tira avec une épaule cassée... » (Frérotte, p. 14).

     

    Mais les Degrelle élevaient eux-mêmes leurs animaux de ferme et la préparation des cochonnailles et des fameux jambons donnait lieu à des réjouissances dont la crudité ne serait sans doute plus de mise aujourd'hui !

     

    « Mais le cochon était le roi, le roi auguste

    Dont chaque grognement était vrai, noble, juste.

    Pendant des mois, on l’avait engraissé de son

    Gluant et des déchets de toute la maison.

    Il sentait bon le chaud, le purin vert des flaques.

    On lui donnait sur le fessard de larges claques,

    En vieil ami, et un peu aussi pour savoir

    Jusqu’où pouvait monter nos calculs, nos espoirs !

    Il agitait son nez tout mouillé de mangeaille,

    Bougonnait, regardait d’un œil chassieux, canaille.

    On l’aimait bien, pour le présent, pour le futur

    Surtout, où ses jambons pendraient, fumés et durs !

    Décembre le voyait conduit, apoplectique,

    À dix pas : les derniers avant l'assaut fatal.

    On s'abattait à cinq ou six sur l'animal.

    Il hurlait. Le sang chaud jaillissait, magnifique,

    Qui revivrait tantôt dans les boudins luisants.

    Le cochon s'agitait. On appelait à l'aide.

    Il fallait s'étendre sur lui, énorme et raide.

    Nous courions, affolés et ravis, entassant

    La paille qui purifierait son poil rebelle.

    Puis on sortait, des flancs mouillés, ouverts, béants,

    Des tripes qui glissaient, des organes fumants,

    De la graisse aux festons pareils à des dentelles.

    Les grandes émotions, demain, pourraient venir :

    Tout était prêt pour, puissamment, les accueillir ! »

    (La Chanson ardennaise, à la Feuille de Chêne, 1951, p. 190).

     

     

     

    Bouillon Panorama.jpeg

    Les rails du tram vicinal venant de Paliseul dominaient Bouillon, avant d'arriver à la gare, rue de la Station, en léger surplomb de la rue du Collège où se trouvait la brasserie Degrelle. On voudrait aujourd'hui nous faire croire qu'Édouard Degrelle aurait gagné son surnom de Père Jambon par sa crédule niaiserie l'obligeant à gravir quotidiennement ces quelques mètres pour un jambon fantôme promis par un solliciteur indélicat. Comme si un débiteur de l'influent député catholique se fût permis pareil affront. Seul un antidegrellien à la rancune retorse a pu –longtemps après que la soi-disant Épuration eut anéanti le vieil homme pour cause de paternité– imaginer cette mauvaise fable sans moralité.

     

     

    On ne peut que constater que le si bienveillant témoin du Soir est bien seul à dévaluer l'aide concrète fournie par le député à ses concitoyens en ridiculisant son surnom. Car « Père Jambon » n'est a priori aucunement péjoratif, sauf à y ajouter un commentaire sournoisement négatif (s'il s'était agi d'éreinter le penchant d'Édouard pour le bon jambon, la rosserie populaire n'avait que l'embarras du choix : « grippe-jambon », « tire-jambon », « jambonnard », « jambonneux », etc.).

     

    Jean-Marie Frérotte déjà cité commence d'ailleurs sa biographie de Léon Degrelle en rappelant cette innocente coutume patronymique (consistant souvent aussi à préciser simplement le prénom par l'article défini : ce blog au 25 décembre 2016) : « C’est une habitude ancestrale, dans le Luxembourg et particulièrement en Ardenne Bouillonnaise, d’attribuer à chacun , parfois de lui infliger, un surnom ou un sobriquet qu’il gardera toute la vie. C’est souvent un reflet de la malice publique, et cela correspond à l’une ou l’autre des particularités du porteur. » (p. 7).

     

    Et Léon Degrelle lui-même avait plaisir à expliquer l'origine du surnom paternel, comme le détailla notre courrier à Rivarol, en réponse à l'article de Franck Nicolle : « Léon Degrelle, au détour d’une conversation, nous confia que son père était parfois appelé affectueusement Père Jambon. Son père, député permanent, était fréquemment sollicité par ses concitoyens pour de multiples services. Un jour qu’un brave homme sans fortune lui demandait comment il pourrait le remercier, il lui répondit: Tu n’as qu’à me donner un jambon à l’occasion. Sans doute l’histoire s’est-elle vite répandue que le député se contentait pour les services qu’il pouvait rendre d’un simple jambon fumé dont Bouillon s’est fait une spécialité, car depuis lors, nombreux furent ceux qui, le sollicitant, venaient chez lui automatiquement avec un jambon. D’où le surnom de Père Jambon ».

     

    Ce souvenir personnel n'est attesté par aucun document ni enregistrement, mais vaudra certainement, pour tout honnête homme raisonnable, cultivé, averti, autant sinon davantage que le racontar dudit Millard (de carabistouilles) !...

     

     

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    « Rien n'empêche un brasseur d'aimer le vin : la cave dorlotait en permanence six à sept mille bouteilles d'un vin qui adorait vieillir. Chaque année [...], se décidaient les acquisitions de bourgogne. » (Frérotte, p. 14). Papa Degrelle –Père Jambon– sert son vieux bourgogne à la tablée familiale qu'en cette fête mariale du 15 août, ses enfants ont rejointe pour célébrer leur Maman. Autour de la table, nous croyons reconnaître (de g. à dr.) Marie-Paule Lemay, l'épouse de Léon Degrelle qui tient près de lui les deux charmantes petites filles de sa sœur Louise-Marie (dont Ghislaine, qui permit à son jeune cousin Léon-Marie de retrouver son Papa en 1958 : ce blog au 5 novembre 2022) ; ses sœurs Madeleine (ce blog au 20 mars 2020) et Suzanne ; son frère Édouard et Ghislaine Marchand, son épouse ; Charles Raty (ce blog au 13 mars 2023) et sa femme Jeanne, sœur aînée de Léon.

     

    Gageons que figurait au menu le goûteux jambon de Bouillon, délicatement séché dans le fumoir aux senteurs des forêts ardennaises.

     

     

     

  • Rivarol pour 1000 ans !

     

    L'hebdomadaire de l'opposition nationale et

    européenne fête son 75e anniversaire !

     

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    Exemple unique de longévité pour un organe de presse nationaliste, Rivarol a traversé 75 ans de combats incessants contre le mensonge protégé par des lois mortifères, contre la corruption de la classe politique et le règne des puissances d'argent, contre l'inversion de toutes les valeurs et la subversion des esprits et donc, pour la vérité historique, pour la liberté de pensée et d'expression, pour la défense de ce qui fit la grandeur et la puissance de notre civilisation ainsi que la beauté et la séduction de notre culture.

     

    À travers tant de vicissitudes qui ne cessent encore de s'amplifier aujourd'hui –preuve que le Système sait reconnaître ses ennemis les plus redoutables car les plus déterminés– Rivarol se présente plus que jamais comme l'exceptionnelle et indispensable référence journalistique pour la loyauté de ses informations, l'intransigeance de ses principes, la sincérité de son engagement pour la justice sociale et l'identité nationale, la fidélité à son idéal de révolution des âmes indispensable à l'authentique régénération morale et politique de nos peuples.

     

    Chapeau bas !

     

    Ayant rappelé la nécessaire révolution des âmes, comment n'évoquerions nous pas Léon Degrelle qui fut toujours salué dans les pages de Rivarol comme un héraut de ces valeurs universelles par ses meilleures plumes, telles que, par exemple, Lucien Rebatet, Robert Poulet, Camille Galic ou Robert Spieler ?

     

    L'hebdomadaire publia d'ailleurs Les vœux de Léon Degrelle à Rivarol pour 1986 où l'auteur de la Lettre au Pape [Jean-Paul II] à propos d'Auschwitz [ce blog au 25 juillet 2020] écrivait : « Nous menons, parmi les plus grandes difficultés, un combat similaire. Votre solidarité m’a particulièrement réconforté au cours de ces mois où je suis plus traqué que je ne l’ai jamais été. » (Rivarol, 24 janvier 1986).

     

    Aussi était-il naturel que Christophe Georgy, le président du Cercle des Amis de Léon Degrelle, envoie ce vibrant hommage à l'héroïque hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne qui le publie dans son numéro spécial du 21 janvier dernier consacré à son Jubilé de diamant (1951-2026 ; plus d'une trentaine de personnalités ont joint leur voix à la célébration de cet anniversaire exceptionnel, dont l'avocat Eric Delcroix, célèbre pour son inlassable combat contre la police de la pensée, Bruno Gollnisch, le directeur de Jeune Nation Yvan Benedetti [ce blog au 6 février 2021], Yvonne, la sœur du Professeur Faurisson, Pierre Gillieth, de Réfléchir&Agir [ce blog au 23 juillet 2021], Roberto Fiorini, de Terre&Peuple, Pascal Junod, président de l'Association des Amis de Robert Brasillach, le directeur du Bulletin célinien Marc Laudelout, l'humoriste Dieudonné, l'historien révisionniste Vincent Reynouard [ce blog au 18 octobre 2024], les écrivains Hervé Ryssen et Alain Soral, le rédacteur en chef de Lectures françaises Mickaël Savigny, la présidente du Cercle franco-hispanique Hélène Grimaldi, Roland Hélie, infatigable animateur de Synthèse nationale,...).

     

     

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    Dessin de Projet KO pour les 75 ans de Rivarol

     

     

    RIVAROL a 75 ans.

     

    Un bon anniversaire et une bonne santé (financière) ! Voilà ce que l'on peut souhaiter à RIVAROL, à son directeur Jérôme Bourbon et à ses collaborateurs qui, chaque semaine, nous informent, nous éclairent et nous « régalent ».

     

    Pour ma part, les premières lectures de notre journal préféré ne datent que de la fin des années 1980. Dès mon engagement dans le nationalisme, parallèlement et même à dire vrai complémentairement à celui au Front National, on m'a mis entre les mains RIVAROL. À l'époque, il y en avait des journaux à disposition et que nous lisions aussi : National-Hebdo, Minute, Aspects de la France et aussi quelques mensuels très intéressants et souvent très politisés et très formateurs : Tribune nationaliste, Le Soleil [Ces deux titres ont subi un arrêté d'interdiction : en janvier 1991 pour le premier qui était le journal du Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE) de feu Claude Cornilleau, en novembre 1990 pour le second qui, lui, était l'organe de l'Œuvre française de feu Pierre Sidos], Le Flambeau, Notre Europe combattante, Militant et puis aussi, plus « people », Le Choc du Mois, etc. Tous ces titres ont disparu.

     

     

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    Dessin de Chard pour les 75 ans de Rivarol

     

     

    Et depuis cette époque, c'est l'attente de la réception de RIVAROL dans la boîte aux lettres, le mercredi. Et la « rage » contre la Poste quand il arrive avec plusieurs jours de retard, ce qui se produit régulièrement ! Il me semble me souvenir qu'auparavant, c'était le vendredi que RIVAROL paraissait.

     

    « La politique n'est pas un métier, c'est une croisade » disait Léon Degrelle. Depuis la création de l'hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne, comme l'indique le bandeau sous le titre, la direction et les collaborateurs du journal ont changé. Les grandes signatures de l'après-défaite de 1945 sont parties rejoindre le Père. Le talent est resté, il a été adroitement bien transmis. La ligne, elle, est admirablement toujours à la pointe du combat de la défense du vrai, du beau et du bien commun, et de notre France, celle du « Pays réel » et de notre Europe, celle des nations.

     

    La presque totalité des grands titres et des plus petits ont disparu, comme je le disais plus haut. Il faut soutenir ceux qui nous restent. RIVAROL bien sûr, qui est le « navire amiral » de nos idéaux, mais aussi de plus petits vaisseaux tels que Réfléchir&Agir, le Courrier du continent, Lectures françaises, Synthèse nationale, ainsi que des bulletins d'associations diverses : Robert Brasillach, Jean Mabire, Henri Béraud, Cercle Franco-Hispanique, et bien d'autres encore que j'oublie bien involontairement. Nous avons encore de quoi lire, de quoi nous informer et surtout de quoi nous former !

     

     

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    Dessin de Miège pour les 75 ans de Rivarol

     

     

    La répression, les attaques de lobbys et de groupes de pression frappent de plus en plus régulièrement et de plus en plus durement RIVAROL et ses collaborateurs. Jérôme Bourbon nous fait part régulièrement de ces péripéties ; je ne rentrerai donc pas dans le détail. Mais ce sont les mêmes qui s'attaquent depuis quelques années au Cercle des Amis de Léon Degrelle –nos adhérents savent de quoi il en retourne. Les mêmes, toujours, qui dernièrement, en novembre 2025, ont fait pression pour interdire une simple messe pour José Antonio Primo de Rivera démandée –comme chaque année– par le Cercle Franco-Hispanique à « Parisalem » (c'est ainsi que Marcel Bucard nommait la capitale). Pression aussi pour la messe pour le Maréchal le 15 novembre dernier, à Verdun. « Ils » interdisent les spectacles de Dieudonné ou de nombreuses manifestations de notre camp. Pour rappel, le dernier Forum de la Nation et les derniers « BBR » datent de 2022 !

     

    « On nous a appris à ne pas discuter la Vérité, mais à la servir » disait aussi Léon Degrelle.

     

    C'est pourquoi nous avons besoin de cette OASis –pardonnez-moi ce jeu de mot– de Liberté et de Vérité, de ce journal, véritable arme de combat, arme de destruction massive de ce système abominable et de l'anti-France.

     

    Lire et faire lire, dans un monde qui ne lit plus ; s'informer intelligemment dans un monde surinformé et manipulé, voilà une « mission » et un devoir qui nous sont indispensables et que remplit parfaitement RIVAROL !

     

    « Il faut toujours prier comme si l'action était inutile et agir comme si la prière était insuffisante » nous enseigne Sainte Thérèse de Lisieux. Tous, nous devons nous mobiliser pour soutenir et maintenir cet hebdomadaire qui est le dernier qui reste encore dans notre camp. Ce projet, ambitieux mais essentiel, me semble finalement, avec volonté, courage, espérance et fermeté sur les principes, à notre portée !

     

    Pour finir, je paraphraserai le titre d'un des ouvrages de Léon Degrelle et demanderai, simplement, à la manière d'une brève prière :

     

    « RIVAROL pour mille ans » !

     

     

    Rivarol 24.06.1994.jpeg

    C'est un appel solennel au respect des dernières volontés de Léon Degrelle que lança Rivarol, le 24 juin 1994, trois mois après la disparition du tribun de la révolution des âmes et la publication de l'ignoble arrêté royal interdisant le retour en Belgique des « restes mortels de Léon Degrelle » (ce blog au 31 mars 2019).

     

    Il fallut attendre encore quelque douze ans pour que l'année du centenaire de sa naissance vît la réalisation de ce vœu, donnant tout son sens au patronyme de ce lieu-dit de Bouillon, dans les Ardennes belges, devenu pour l'éternité le Tombeau du Géant Léon Degrelle (ce blog, entre autres, aux 21 janvier 2016, 31 mars 2019 et 15 juin 2024).

     

    Tombeau Géant Jean DC.png

     

     

     

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