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josé luis jerez riesco

  • Cercle des Amis de Léon Degrelle


    36e Correspondance privée – Avril 2021

     

    La dernière livraison de la Correspondance réservée aux membres du Cercle des Amis de Léon Degrelle nous est parvenue au début de la semaine dernière. Et, comme d’habitude, elle nous a réservé son lot d’informations originales et même souvent surprenantes (mais nous réserverons la meilleure, car méritant à elle seule une communication particulière, à notre prochaine publication).

    La page de couverture s’orne, cette fois, d’un beau portrait colorisé de l’orateur Léon Degrelle dans un meeting en plein air, sans micro : nous sommes dans la petite commune de Daverdisse (Luxembourg belge, à une trentaine de kilomètres de Bouillon), le 21 août 1938. C’est-à-dire un an après le scandale du soutien de l’Eglise institutionnelle de l'hippopotame de Malines (le cardinal Van Roey, voir ce blog au 13 mai 2018) à la coalition, évidemment contre nature, des catholiques, socialistes, libéraux et communistes contre Rex aux élections du 11 avril 1937, suivi de la déconfiture lamentable de leur champion, le « catholique » Premier ministre Paul Van Zeeland, compromis dans le scandale de la cagnotte de la Banque nationale et obligé de démissionner le 25 octobre 1937 (voir ce blog aux 6 mai 2016 et 14 avril 2017). Nous sommes surtout un mois après le congrès triomphal de Rex, ayant rassemblé à Lombeek plus de 60.000 participants, le 10 juillet 1938, et six mois avant l’élection de Léon Degrelle au Parlement, le 2 avril 1939.

    LD Serp.jpgToutes les photographies de Léon Degrelle reproduites dans cette correspondance du Cercle bénéficient de ce traitement colorisé assez convaincant, tel, justement, le fameux cliché du discours enflammé tenu à la tribune du congrès rexiste de Lombeek (qui avait déjà paru tout aussi sémillant sur la pochette du double 33T Léon Degrelle, De Rex au Front de l’Est édité par la SERP de Jean-Marie Le Pen en 1970). Mais il y a aussi ce beau portrait de profil du Chef de Rex.

    Dans son monumental ouvrage sur la Légion Wallonie publié en deux volumes aux éditions Heimdal, André Lienard reproduit des photos signées, censées faire partie d’une série de quatre cartes postales éditées en 1943 « au profit du fond de propagande de Rex ». Ce sont, en fait, des photos d’avant-guerre du Chef de Rex : deux portraits, l’un de face, l’autre de profil; une photo où, vêtu d’une culotte de golf, il enlace sa femme, Marie-Paule, et porte à bras leur première fille, Chantal (voir ce blog au 22 octobre 2019); ainsi qu’une photo où il embrasse sa mère devant la maison familiale de Bouillon (voir ce blog au 15 juin 2020).

    Toutes les cartes portent le même fac-simile d’une signature de Léon Degrelle. Les deux portraits sont revêtus du copyright du studio de photographie « Max », au 14 du boulevard de Waterloo, à Bruxelles.

    André Lienard prétend reproduire l’intégralité de ce « lot de propagande comprenant quatre cartes postales dédicacées représentant Léon Degrelle avant-guerre en tenue civile » à la page 340 de son Légion Wallonie (août 1941-juin 1943), publié en 2015 aux Editions Heimdal.

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    Pour André Lienard, seuls les deux portraits du  haut ont été publiés par le photographe Max pour participer à une série de cartes postales autographiées destinées à la propagande de Rex. Il semble ignorer l’existence de la photo du bas (à gauche, colorisée par le Cercle des Amis de Léon Degrelle) : ne ferait-elle donc pas partie du même ensemble ? Voilà qui paraît assez peu crédible…

    Le problème est que la photo colorisée que le Cercle des Amis de Léon Degrelle reproduit  constitue manifestement un troisième portrait, de profil, appartenant à la même série, ce qui porterait le nombre de cartes postales « de propagande » signées à au moins cinq, car il existe encore une autre photo de Léon Degrelle en culotte de golf avec son épouse et Chantal (portant également toutes deux les mêmes vêtements), prise au même moment que celle reproduite dans l’ouvrage du peu scrupuleux Lienard…


    Décès d’André Lienard

    Il nous faut ici déplorer la disparition de l’auteur de ces deux importants volumes consacrés à la Légion Wallonie publiés aux éditions Heimdal en 2015 et 2019. Un troisième et dernier tome était normalement en préparation. Mais il y a fort à craindre qu’il ne voie désormais jamais le jour…

    Jean-Pierre Pierard André Lienard.jpgAndré Lienard est décédé le 26 mars dernier, à l’âge de 61 ans seulement, dans un hôpital de Charleroi dont il habitait la banlieue. Militaire de carrière, il avait participé, en 1992, à la mission des Casques bleus belges de la FORPRONU (Force de Protection des Nations-Unies) en Yougoslavie. Dès sa mise à la retraite, passionné qu’il était d’histoire militaire, il s’employa à fréquenter assidument les Légionnaires wallons du Front de l’Est dont il acquit progressivement les archives. Une dizaine d’années à peine lui suffirent pour devenir le propriétaire de la collection documentaire la plus étoffée sur la Légion Wallonie. C’est elle qui permit l’exposition remarquable Rex et l’Ordre Nouveau, à l’Abbaye de Stavelot, de novembre 2014 à mars 2015 (voir ce blog au 30 juin 2016) ainsi que l’édition par Heimdal des deux volumes consacrés à la Légion Wallonie (volume 1 : Wallonisches Infanterie-Bataillon 373, août 1941-juin 1943 ; volume 2 : 5. SS-Sturmbrigade « Wallonien », Kampfgruppe Ruelle, 28. SS-Freiwilligen-Grenadier-Division « Wallonien », juin 1943-avril 1945).

     

    Légion Heimdal 1-horz.jpg

     

    Si l’exposition de Stavelot bénéficiait des notices historiques irréprochables de l’historien Mathieu Simons, méticuleux et intègre, on ne peut malheureusement pas en dire autant des textes publiés chez Heimdal, du seul cru d’André Liénard qui, après l’avoir sollicitée, avait refusé toute relecture par des spécialistes de la Légion Wallonie et de Léon Degrelle. Du coup, non seulement le style, la grammaire et l’orthographe de ces livres sont déplorables, mais leur contenu s’efforce surtout de singer le politiquement correct des sectateurs du CEGESOMA afin, probablement, de prétendre à quelque légitimité d’historien (les commentaires sur Léon Degrelle, tout au long des deux volumes, sont particulièrement affligeants).

    Nous nous contenterons de renvoyer au compte rendu sévère publié par le Dernier Carré dans sa Correspondance n° 99 (décembre 2019), tout en en reprenant la nécessaire conclusion : « Toutes ces critiques ne doivent pourtant pas empêcher d’acquérir ces volumes car leur richesse iconographique absolument exceptionnelle rachète beaucoup. » (69 euros le volume, à commander sur https://www.editions-heimdal.fr/fr/).


    Degrelliana

    De nouvelles éditions d’œuvres de Léon Degrelle en langues étrangères continuent de manifester l’actualité de l’auteur de Révolution des Âmes et l’intérêt constant que lui portent toujours le public, justifiant amplement ces publications.

    Nous avons déjà signalé l’édition italienne de l’indispensable ouvrage Léon Degrelle : Persiste et signe. Interviews recueillies pour la télévision française par Jean-Michel Charlier, sous le titre Parla Degrelle ! (voir ce blog au 2 mars 2021).

    En Espagne, c’est une nouvelle édition de Mon Chemin de Saint-Jacques qui vient de sortir aux éditions Fides : Mi Camino de Santiago, dans une traduction de José Luis Jerez Riesco qui en signe également la préface (16 euros, sur https://edicionesfides.wordpress.com/2021/03/01/mi-camino-de-santiago-de-leon-degrelle/).

    Camino Fides.jpgJosé Luis Jerez Riesco est le président de l’Asociación cultural « Amigos de Léon Degrelle », auteur notamment d’un important Degrelle en el exilio. 1945-1994 (voir ce blog aux 28 mai 2016 et 19 avril 2019).

    On notera avec intérêt que ce livre écrit en 1951, étranger aux préoccupations historiques et politiques de son auteur puisqu’il retrace l’expérience mystique et spirituelle de son pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, compte sans doute –avec la traduction espagnole de Révolution des Âmes (voir ce blog au 31 mars 2021)– parmi les œuvres qui ont connu le plus grand nombre d’éditions dans le monde hispanique, ce qui en dit assez sur la nature essentielle de l’attraction exercée par Léon Degrelle sur la jeunesse européenne : ce n’est pas tant le récit de la vie du héros du Front de l’Est qui est le plus fascinant (et pourtant !), mais ce sont bien les motivations spirituelles et morales qui le fondent, la révolution de l’âme qui a postulé cet engagement vital, irrépressible et définitif.

    José Luis Jerez Riesco fit d’abord paraître ce récit en espagnol, en 1996, aux éditions Barbarroja, de Madrid, avec, en couverture, un dessin original de Léon Degrelle représentant un pèlerin accompagné du texte « C’est l’air, c’est la lumière des sommets qui t’appellent… »

    Il faut souligner que cette traduction est la toute première manifestation de l’existence de ce texte tout d’introspection : les éditions de l’Homme libre n’en publieront l’original français d’après le manuscrit que trois ans plus tard, accompagné –politesse toute naturelle – de la traduction de la préface de José Luis Jerez Riesco. Cette édition est toujours disponible sur https://editions-hommelibre.fr/ au prix de 15 euros.

     

    Camino Barbarroja-horz.jpg

     

    Une seconde édition a vu le jour en 2003, aux éditions Ojeda, de Barcelone ; une troisième (autorisée ?), en Argentine, aux éditions Sieghels, spécialisées dans les publications nationales-socialistes, en 2014 ; une quatrième (pirate ?), au Mexique, disponible à la Libreria Vigente la Derrota Mundial, dans la collection « Editorial prohibida » (on y trouve aussi pas moins de vingt-cinq ouvrages sur le soulèvement des Cristeros)…

     


    Hommage à Léon Degrelle

    Le Cercle des Amis de Léon Degrelle nous apprend également l’existence d’un mouvement et d’une revue nationaliste espagnole, Movimiento Disidente, activement soutenue par la FET y de las JONS (Phalange Espagnole Traditionnaliste et des Comités d’Offensive Nationale-Syndicaliste), qui a rendu hommage au dernier Commandeur de la Légion Wallonie pour le vingt-septième anniversaire de sa mort. Le but de ce mouvement prônant la « révolte immédiate » est de permettre la renaissance et la diffusion des idéaux nationalistes, s’inscrivant dans la ligne de Blas Piñar, l’ancien chef charismatique de Fuerza Nueva, –qui fut longtemps la providence de Léon Degrelle (voir ce blog au 25 mai 2019)– : « pour en finir avec la lâcheté et la peur et pour faire front, vigoureusement, face à ceux qui bafouent l’unité de la patrie ».

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    Sous un titre –Léon Degrelle por mil años– s’inspirant de l’Hitler pour mille ans publié en 1969 aux prestigieuses éditions de La Table Ronde, Carlos Sampedro signe un hommage de sept pages à Léon Degrelle, avec de belles illustrations. Certes, les données biographiques sont quelque peu hésitantes, mais la communion du cœur et de l’esprit compensent largement les quelques approximations historiques. En voici la conclusion :

    « Durant le franquisme, je ne sais s’il s’est impliqué dans des activités politiques, mais après la mort de Franco, quand il les a reprises, il devint un véritable mythe et la référence pour des milliers de jeunes qui attendaient de pouvoir se déplacer à Madrid ou Barcelone pour l’écouter.

    En ce qui concerne son travail d’écrivain, nombreuses sont ses œuvres fondamentales : Mémoires d’un fasciste, Les Âmes qui brûlent ou La Campagne de Russie, entre autres. Des livres capables d’exalter, mais aussi d’émouvoir. Dans le journal de son pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, il nous raconte ce qui fut pour lui un « repas divin » : des tranches de pain dur trempées dans l’eau d’un ruisseau. Voilà l’étoffe dont était fait Léon Degrelle.

    De convictions profondément chrétiennes qu’il transmit à Rex, il évolua durant la guerre à des positions proches du national-socialisme, mais il n’abandonna jamais sa foi. C’est dans cette foi que la mort le surprit, le 31 mars 1994, à l’Hôpital Parque San Antonio de Malaga, sur les rives méditerranéennes qu’il aima toujours.

    Son corps fut incinéré et ses cendres furent dispersées dans son pays natal de Bouillon ainsi que dans les montagnes de l’Obersalzberg, en Bavière. »

    Rappelons que vous pouvez retrouver les endroits précis où ont été répandues les cendres de Léon Degrelle grâce aux données de géolocalisation publiées sur notre blog au 31 mars 2019.

    Les revues Movimiento Disidente ne se vendent pas en kiosque, mais se téléchargent gratuitement sur : https://movimientodisidente.blogspot.com/


    Thomas Ferrier, un « spécialiste des fascismes » ?

    Un enfumeur auquel le Cercle des Amis de Léon Degrelle rive son clou !

    Le Cercle des Amis de Léon Degrelle nous apprend que l’opuscule Fascismes d’Europe de Thomas Ferrier paru en août 2019 dans la collection « Idées » de Synthèse Nationale (148 pages, 23 euros, port compris sur http://lesbouquinsdesynthesenationale.hautetfort.com/) constitue en fait une nouvelle version de Fascisme, fascismes, national-socialisme, de Thomas Stahler, paru en 2004 chez Ars Magna et qui ne comportait que 33 pages. Par la même occasion, il nous apprend que Ferrier effectue une sorte de coming out en abandonnant Stahler et en reprenant son espèce d’opus magnum définitivement à son compte.

    Ferrier Fascismes d'Europe.jpgLa « Note de l’auteur » (de Thomas Ferrier, donc) que Synthèse Nationale publie pour présenter ce produit qu’il reprend déplorablement à son compte se conclut par cette phrase : « On ne saurait comprendre l’Europe d’aujourd’hui sans comprendre les égarements d’hier ».

    Devons-nous comprendre que l’époque merveilleuse que nous vivons s’est heureusement libérée des « égarements d’hier », c’est-à-dire de ces « fascismes d’Europe » qui ont tenté de libérer nos pays des matérialismes du capital apatride et du communisme dogmatique ?

     

    Sans aucun doute, car la première phrase expose déjà la prémisse qui faussera l’analyse : « Le fascisme a été, avec le communisme, le principal phénomène politique du XXe siècle » ! Sauf que ce n’est pas au fascisme qu’il faut associer ou comparer le communisme, mais bien au capitalisme, son éternel complice (et ses avatars politiques : conservatisme pseudo-chrétien ou non, libéralisme ou socialisme francs-maçons et internationalistes, etc. : les mêmes qui s’allièrent contre Rex en 1937, voir ci-avant).

    Et c’est ce que Jeff Davis, le critique du Cercle, nous confirme tout au long d’une dizaine de chapitres, redressant autant de bobards et de contre-vérités (à propos, surtout, d’Adolf Hitler) propagés dans ce libelle. C’est que, en effet, « Ferrier a une fâcheuse tendance à baser sa théorie sur des sources tendancieuses et à procéder à des raccourcis simplistes. »

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    Thomas Ferrier, tel qu’il apparaît dans la vidéo de Daniel Conversano (sur laquelle nous reviendrons plus en détail dans notre prochain article) en tant que « spécialiste des fascismes d’Europe » : une réelle imposture…

     

    On lira avec profit particulièrement le chapitre « Hitler et l’Europe » pour saisir tout le sel de la prestation de Thomas Ferrier invité par un certain Daniel Conversano dans une de ses vidéos en ligne de Vive l’Europe (à visionner sur YouTube : nous y reviendrons longuement dans notre prochain article). Jeff Davis y rappelle opportunément les propos du comte Richard von Coudenhove-Kalergi, véritable prophète du messianisme juif et du métissage obligatoire de l’Europe, pour opposer l’Europe du Führer à la catastrophe d’aujourd’hui.

    Ce comte a donné son nom à une Fondation octroyant tous les deux ans un prix fort recherché à « une personnalité ayant contribué de manière exceptionnelle au processus de construction européenne » (parmi les lauréats : Helmut Kohl, Franz-Josef Strauss, Juan Carlos d’Espagne, Ronald Reagan [!], Angela Merkel, Hermann Van Rompuy, Jean-Claude Juncker,…). Mais ses livres demeurent difficilement accessibles. Le principal, Idéalisme pratique (Editions Paneuropa, 1925), a néanmoins de bénéficié, en 2014, d’une traduction française et est accessible en ligne sur www.profusif.eu/wp-content/uploads/2017/05/COUDENHOVE-KALERGI_Idealisme_Pratique_1925.pdf.

     

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    On y retrouvera les sources permettant à Jeff Davis d’affirmer que « Ce n’est pas Hitler qui est responsable de la destruction de l’Europe et de sa submersion actuelle par un raz-de-marée allogène mais la politique cosmopolite belliciste de ses ennemis » :


    « L’humain du lointain futur sera un métis. […] La race du futur, négroïdo-eurasienne, d’apparence semblable à celle de l’Égypte ancienne [???], remplacera la multiplicité des peuples par une multiplicité des personnalités. » (p.18)

    « Les émissaires principaux de la noblesse cérébrale : du capitalisme, du journalisme, de la littérature, qu’elle soit corrompue ou intègre, sont des Juifs. La supériorité de leur esprit les prédestine à devenir l’un des éléments les plus importants de la noblesse du futur. En regardant dans l’histoire du peuple juif, on est éclairé quant à son avance dans le combat pour le leadership de l’humanité. » (p. 41)

    « à peine un siècle après sa libération, ce petit peuple se tient aujourd’hui à la pointe de la science moderne avec Einstein, à la pointe de la musique moderne avec Mahler, à la pointe de la philosophie moderne avec Bergson, à la pointe de la politique moderne avec Trotsky [sic !]. Le judaïsme ne doit la place prééminente qu’il occupe à ce jour qu’à sa seule supériorité spirituelle […] » (p. 43)


    Personalia

    Dans le même ordre d’idées, le Cercle donne des nouvelles des persécutés pour délit d’opinion (ou de blasphème, c’est selon), c’est-à-dire essentiellement pour crime de révisionnisme : qu’ils soient exilés comme Vincent Reynouard ou emprisonnés comme Johan Livernette, écrivain catholique contre-révolutionnaire (auteur de l’éclairante brochure Synthèse du mouvement révolutionnaire mondial : 8 euros sur https://johanlivernette.wordpress.com/) et Hervé Ryssen, entretemps –et provisoirement ?– libéré après plus de sept mois d’incarcération qu’on s’efforça bien de rendre des plus pénibles.

    Et concernant les anciens combattants de la Croisade antibolchevique, les nouvelles ne peuvent qu’être désolantes, nous informant progressivement de leur disparition… Ce que ne manque pas de communiquer le Cercle lorsqu’elles lui parviennent.

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    Iwan Fialka, héros du Front de l’Est

     

    Aujourd’hui, c’est de l’Ukrainien Iwan Fialka qu’il s’agit.

    Il n’a pas vingt ans lorsqu’apprenant la création de la Division SS Galicie, en avril 1943, il s’y enrôle. Il sera l’un des héros de la deuxième bataille de Brody, au nord de l’Ukraine, en juillet 1944 (la première, victorieuse, eut lieu au début de l’opération Barbarossa, en juin 1941). Appartenant à une unité de défense antiaérienne (Flak), Iwan Fialka se distingua en détruisant un char et en abattant deux avions soviétiques. Malgré l’anéantissement de leur Division Galicie, nombreux furent les Ukrainiens à rejoindre l’Armée Insurrectionnelle Ukrainienne (UPA, branche militaire de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens, OUN) qui mena jusque dans les années cinquante des opérations de guérilla contre l’Armée Rouge. Iwan Fialka fut capturé par les Russes et ne fut libéré de leurs camps qu’en 1954. Les drapeaux de la Division Galicie ainsi que ceux de l’OUN et de l’UPA honorèrent ses funérailles.

    Terminons cette présentation de la nouvelle Correspondance du Cercle des Amis de Léon Degrelle en saluant les cinq pages de recension des meilleures publications pouvant nous intéresser, qu’elles soient historiques, doctrinales ou littéraires : souvent éditées par des maisons n’ayant pas pignon sur rue, toutes sont néanmoins disponibles sur le site de la boutique du Cercle, transformant celui-ci en référence indispensable pour se constituer la bibliothèque idéale du nationaliste identitaire !

    Ne manquez surtout pas de vous rendre sur www.boutique-nationaliste.com pour y commander vos ouvrages de référence et y régulariser votre nécessaire adhésion (26 ou 33 euros, selon que vous résidiez en France ou non).

    Adresse : Cercle des Amis de LD, BP 92733, 21027 Dijon Cedex, France. lesamisdeleon.degrelle@gmail.com

  • Degrelle – Hergé, même combat ! (4)

    Hergé antinazi ?

    Il y aurait de nombreux éléments démontrant la volonté de Hergé de couper les ponts avec Léon Degrelle et tout ce qu’il représente : le rexisme, le nazisme, la collaboration…

     

    L’affaire de « l’affiche »

    C’est un des prétendus « docteurs es tintineries » qui a brandi l’anecdote comme s’il avait découvert le pot-aux-roses des prétentions degrelliennes : si vous voulez vous farcir les élucubrations qu’il élabore sur la « rupture » entre Hergé et Degrelle à partir des documents de première main dont il a pu disposer, lisez Philippe Goddin, Hergé, Lignes de vie, pp. 181 sv. Nous verrons plus loin que le biaisement de l’histoire est une constante chez ce fonctionnaire de la justement universellement décriée Fondation Hergé. Pour le moment, contentons nous de décrypter les faits bruts qui se limitent à une histoire de sous.

     

    En novembre 1932, la Belgique doit renouveler son parlement. Léon Degrelle qui prépare les élections pour le parti catholique (« Rex » n’est pas encore un parti, seulement une maison d’édition relevant de l’Action catholique) rencontre un camarade de l’Université Catholique de Louvain qui avait participé à l’expédition contre l’exposition soviétique de 1928, le baron Adelin van Ypersele de Strihou (dont le neveu Jacques deviendra chef de cabinet des rois Baudouin et Albert II), actif dans le domaine publicitaire (il vient de fonder son agence Vanypeco qui deviendra fameuse après-guerre). Adelin lui aurait vendu (plus tard, il se félicitera d’avoir réalisé là sa toute première opération commerciale) un projet d’affiche de Hergé dont il avait pensé se servir pour l’Union Civique Belge, un mouvement anticommuniste dont il s’occupe. Elle représente « un masque à gaz suggérant une tête de mort, livide, sur fond noir ». Degrelle se montre intéressé, d’autant qu’il connaît « très bien Hergé ».

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    Voici l’affiche que Léon Degrelle donna au Parti Catholique pour les élections législatives de 1932: Hergé souhaitait la retravailler.

     

    Apprenant par hasard cette transaction, Hergé envoie d’urgence une lettre recommandée aux éditions Rex, non pour condamner une utilisation politique à laquelle il serait opposé, mais pour y mettre la seule condition de ne pas l’éditer « sans avoir été revue, achevée et mise au point par moi ». Ce qui ne témoigne d’aucune hostilité envers Léon Degrelle, mais au contraire d’un louable scrupule d’artiste et d’une juste volonté de voir ses droits d’auteur respectés. Pris dans l’urgence des élections, Degrelle ne réagit pas jusqu’au moment où Hergé, vexé, confie l’affaire à son avocat, qui ne proteste auprès des éditions Rex que… huit jours calendrier après les élections ! Degrelle répond immédiatement, par retour de courrier, pour essayer de clarifier la situation : « Nous nous sommes simplement servis d’un projet d’affiche non signé, dont on nous avait fait don » ; la protestation de Hergé est « parvenue trop tard alors que l’exécution du travail était en cours. » Hergé –qui n’a perçu aucune rémunération– résumera la situation comme suit « “M. van Ypersele de Strihou a commis un abus de confiance et c’est contre lui que vous devez vous retourner. Nous, nous nous en lavons les mains” dit M. Degrelle en empochant les bénéfices réalisés par la vente de ces affiches [par les éditions Rex au Parti catholique]. » Finalement (en juin 1933), les éditions Rex verseront une indemnité au Syndicat de la Propriété Artistique, mettant ainsi un terme au litige.

     

    On le voit : pas de quoi prétendre que les ponts sont définitivement coupés entre Hergé et Léon Degrelle, ni surtout d’affirmer qu’il s’agit d’une rupture politique puisqu’il se fût alors agi d’un divorce d’avec le parti catholique (dont Hergé est l’employé via le Vingtième Siècle) ! Il y avait d’ailleurs si peu de rupture politique entre Léon Degrelle et Hergé que, à peine quelques mois plus tard, ce dernier dessinera le titre du « Quotidien rexiste de combat et d’informations » de la maison d’édition Rex devenue mouvement politique : Le Pays réel !

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    Pour revenir encore à cette histoire d’affiche, nous devrons enfin reconnaître, si l’on en croit Numa Sadoul, que Hergé tenait suffisamment à tout ce qui l’avait uni à Léon Degrelle pour conserver en permanence près de lui les reliques de ses relations avec l’auteur de La Guerre scolaire, y compris probablement la fameuse affiche de 1932 : « Une autre nuit, dans l’un des tiroirs privés du secrétariat de Georges, j’ouvris un dossier résumant ses correspondances avec Léon Degrelle et le mouvement fasciste Rex. Il y avait même là un projet d’affiche électorale réalisé par Hergé: un projet assez avancé mais que l’on avait eu la sagesse de renoncer à exécuter. » (Sadoul, p. 15).

     

    Et s’il ne s’agit pas de cette affiche, mais d’un projet plus tardif pour une vraie campagne du mouvement Rex, voilà qui serait encore plus prodigieusement intéressant pour établir les véritables sympathies politiques de celui qui allait rejoindre sans états d’âme l’équipe de ses amis qui devait ressusciter Le Soir.

     

    Rupture Hergé-Degrelle ?

    D’ailleurs, après la guerre, Hergé ne manqua jamais, comme nous l’avons vu, de reconnaître sa dette envers Léon en ce qui concerne l’évolution de sa conception de la BD. Tout comme, nous le verrons plus loin, il rendit un hommage vibrant au courage militaire du Commandeur de la Légion Wallonie.

     

    Aussi coupons immédiatement les ailes au canard de l’aversion hergéenne au rexisme. Tous les biographes ont repris les termes de cette lettre de 1969 à un doctorant de la Sorbonne, Dominique Labesse, où le créateur de Tintin –qui n’est pas, nous l’avons rappelé, sans exprimer sa reconnaissance à Léon Degrelle pour les bandes dessinées envoyées du Mexique– écrit : « Quant à moi, je n’ai jamais “adhéré” ni sentimentalement ni de quelque autre manière au rexisme, que j’ai toujours eu en aversion. »

     

    C’est oublier un peu vite le contexte de cette déclaration faite à un étudiant écrivant une thèse de doctorat sur sa vie et son œuvre (Hergé, étude biographique et littéraire), où l’auteur n’allait tout de même pas se présenter sous les traits on ne peut plus honnis de l’infâme collaborateur. Il suffit d’ailleurs de lire les phrases précédant la profession antirexiste pour se rendre compte que Hergé est en train d’arranger quelque peu l’histoire à son avantage :

    « L’équipe du Soir de guerre dirigé par Raymond de Becker n’était en aucune façon un “groupement rexiste”. De Becker était un antirexiste convaincu, entouré d’antirexistes ou de non-rexistes. Le seul “rexiste” venu au Soir fut le théoricien de ce mouvement, José Streel, précisément au moment de sa rupture avec Le Pays réel, organe du rexisme. Quant à moi… »

     

    En effet, si des liens se détendirent entre Léon Degrelle et l’équipe du Soir et si des ponts furent coupés, ce ne fut jamais qu’après l’incompréhension qui accueillit le fameux discours du 17 janvier 1943 où Léon Degrelle réaffirma la germanité des Wallons (voir ce blog aux 12 mai 2016 et 10 décembre 2017). Hergé n’évoque là qu’une guerre de chapelles, mais prétendre que la rédaction du Soir fût opposée aux thèses rexistes ou, après janvier 1943, eût tourné le dos à l’Ordre nouveau est contraire à la vérité. Rappelons que Raymond de Becker était membre du Conseil politique de Rex, que Jam, le caricaturiste rexiste, dessinait à temps plein pour Le Soir, et que parmi les principaux collaborateurs « rexistes » du quotidien, on pouvait relever Pierre De Ligne, Max Hodeige (ancien journaliste du Pays réel, qui remplaça d’ailleurs à la direction du Soir De Becker après sa démission en 1943) et même Jacques van Melkebeke qui collaborait aussi à l’hebdomadaire rexiste Voilà… (sur la position du Soir pendant la guerre, voir Els De Bens, La Presse quotidienne belge sous la censure allemande (en néerlandais), pp. 333 sv.).

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    C’est le dimanche 17 janvier 1943 que Léon Degrelle prononça son fameux discours où il exalta la « germanité des Wallons ». Il ne faisait en fait que rappeler une thèse qu’il défendait depuis longtemps (notamment lors du discours de départ de la Légion, le 8 août 1941 : voir ce blog aux 10 décembre 2017 et 17 octobre 2018). On voit ici Léon Degrelle à la tribune et une cohorte de Légionnaires faisant son entrée dans le Palais des Sports de Bruxelles, tout auréolés de la gloire de leurs premiers combats (Samara, Gromowaja-Balka, Charkow, Tcherjakov,…).

     

    En fait, l’aversion au rexisme affichée par Hergé ne tient pas tant aux idées, qu’à leur expression dans de grandes manifestations de masse. C’est ce qu’il explique aux journalistes de Humo :

    « – Prendre fait et cause pour une idéologie est à l’opposé de ce que je suis. J’ai vu Degrelle, et les masses qui hurlaient avec enthousiasme. Qu’on ne vienne plus me parler d’idéologie et de grands meneurs de peuples.

    – Vous avez bien connu Degrelle ?

    – Assez bien. Il passait régulièrement au journal pour faire la réclame de Rex. Un homme ambitieux mais par ailleurs fort sympathique. Ce n’est pas pour autant que j’étais rexiste. Je n’aime pas ces grands mouvements populaires. » (Humo, p. 24).

     

    Quand Hergé déclare « Qu’on ne vienne plus me parler d’idéologie et de grands meneurs de peuples », l’expression « Qu’on ne vienne plus me parler… » traduit sa déception face à ce qui a constitué pour lui des évidences lumineuses et des personnages d’importance. Si, aujourd’hui, il ne faut plus lui en parler c’est qu’il leur avait accordé auparavant, au moment de leur crédit populaire, une totale adhésion… qui n’a pu qu’être déçue par leur échec historique et le mépris qui les entoure désormais. Depuis la défaite de 1945, le rexisme est en effet considéré comme un épouvantail et son tribun Léon Degrelle n’est plus qu’un condamné à mort que toute la presse conspue… Hergé doit donc prendre ses distances. Mais il le fait en gardant toujours de la nuance : si Léon Degrelle était « un homme ambitieux », ce qui est somme toute normal pour un politique, il demeurait « par ailleurs assez amusant », ce qui est sans doute le plus important aux yeux du créateur de Tintin, originellement inspiré par le jeune aventurier avec qui il s’était lié au XXe Siècle

     

    Et s’il « n’aime pas ces grands mouvements populaires »« les masses hurlent avec enthousiasme », cela ressortit aussi à son refus de l’embrigadement qui sera sa ligne de conduite dès après la guerre, comme il l’explique à des journalistes néerlandais : « [A propos d’opinions politiques,] je ne pense absolument rien. Je vis dans ce monde, je connais l’histoire, […] Je suis un homme de bonne volonté et je cherche la vérité, mais je ne l’ai pas encore trouvée. Et si, en tant que dessinateur de bandes dessinées, j’ai jamais émis un point de vue politique, comme dans Tintin au pays des Soviets ou Le Lotus bleu, alors je l’ai fait parce qu’à ce moment-là, j’y croyais. Aujourd’hui, je vois bien que j’ai commis des erreurs. Par orgueil peut-être. Maintenant, il me serait fort difficile de devoir prendre position. J’en sais plus et, ça c’est sûr, je ne me laisserai plus jamais embrigader. » (Elsevier, p. 154-155).

     

    Cette prudence venue de l’expérience, cette sagesse circonspecte, cette philosophie égocentrée, culminera, nous le verrons plus loin, dans Tintin et les Picaros

     

    Mais c’est dès la fin de la guerre qu’enrichi par les pénibles expériences qu’il dut vivre, il adoptera cette position au-dessus de la mêlée. Il déclarera ainsi à son ami le dessinateur Pierre Ickx dans une lettre de 1946 : « Quant à moi, j’appartiens au bord de ceux qui pratiquent leur métier avec le plus de conscience possible, et je salue toutes les victimes de la guerre, à quelque bord qu’elles appartiennent. » (Pierre Assouline, Hergé, p. 203).

     

    Léon Degrelle ne s’exprimera pas autrement lorsqu’il dira : « Nous respectons tous les idéalistes qui offrent leur vie pour leurs idées. Il y eut des héros authentiques à la Brigade londonienne Piron. » (De Rex à Hitler, p. 417) et qu’il répétera dans son ultime message à ses derniers « Bourguignons » : « Dans le monde pourri d’aujourd’hui, seules brillent encore les vertus des héros ! Demain, ce sont eux –et les héros d’en face !– qui, réunis dans la gloire, feront le 21e siècle ! » (voir ce blog au 31 mars 2019).

    28 LD+Jamin Jesuitas années 70.jpg

    A la fin des années soixante, Léon Degrelle, obligé d’abandonner sa Carlina (voir ce blog au 17 octobre 2018), put se réfugier dans un petit appartement social de la municipalité madrilène, grâce à l’amitié du comte de Mayalde, maire de la capitale. C’est là qu’il reçoit alors, autour d’une simple et revigorante soupe de lentilles, ail et chorizo, son ami Paul Jamin, alias Jam, venu avec son humour ravageur et son inextinguible bonne humeur lui donner des nouvelles du fidèle Hergé et, bien sûr, lui apporter les nouveaux albums de Tintin.

     

    De toute façon, Hergé entretint un contact indirect constant avec Léon via leur grand ami commun Paul Jamin, servant en quelque sorte d’ « agent de liaison ».

     

    29 Guerre scolaire.jpegLe Jam du rexiste Pays réel et de la Brüsseler Zeitung de l’occupant, était devenu l’incontournable Alidor de Pan et, après sa rupture en 1990 d’avec cet hebdomadaire, de Père Ubu : pour les politiciens belges, être croqués par l’ancien « incivique » condamné à mort marquait la concrétisation de leur notoriété politique, surtout si, parmi les « figurants » les encadrant dans ses féroces dessins, figuraient à la fois Léon Degrelle et Tintin ! Des ministres allaient jusqu’à le payer pour cela (« 7000 francs ! », Le Soir, 30 juillet 2010). Le ministre de la Justice de l’époque, Jean Gol (né Golstein), se précipitera d’ailleurs pour préfacer, en 1990, son recueil Touche pas à mon roi ! C’est également grâce à Paul Jamin que Stéphane Steeman entreprit une belle collection « Léon Degrelle », dont un fleuron est certainement l’exemplaire de La Guerre scolaire signé à la fois –véritable incunable !– par Hergé et Léon Degrelle (Tintin mon copain, p. 26).

     

    Mais les relations entre les deux anciens boy-scouts qui avaient fait leurs premières armes au Vingtième Siècle ne se limitaient pas à des signatures de livres pour collectionneurs. Il s’agissait de véritables relations personnelles où les deux amis se tenaient au courant des aléas de leur situation et entretenaient leur attachement fraternel non seulement par des lettres, mais aussi par des cadeaux, des invitations, des recommandations, d’affectueux conseils…

     

    C’est ce qui ressort clairement de ces quelques lettres de Léon Degrelle à Paul Jamin que nous avons retrouvées (nous n’avons évidemment pas accès aux archives privées de Hergé !)…

     

    « Merci aussi au cher Georges de ses quatre bouquins, merveilleux (comme toute la série).

    Dis-lui que je serais très heureux de le voir se détendre ici. Si ça leur plaît, qu’ils viennent faire un séjour ici, s’inspirer dans une atmosphère très naturelle. Sa femme serait dans un très beau site, nous l’aiderions à se retaper à force d’air pur, de bons plats, et d’affection !

    Dis leur que c’est de tout cœur que je les invite, comme vieux amis, en dehors de tout fatras politique. »

    (Lettre de Léon Degrelle, le 21 septembre 1959).

     

    « J’ai passé deux semaines au lit, avec ma blessure à l’estomac ouverte. Depuis un mois, je vis de jus de citron et de compote de pommes. J’ai maigri de 7 kilos. Bref, je retrouve ma ligne et ne pourrai plus battre Monseigneur sur ce terrain-là si ça continue !

    Mais, en fait, ça paraît cicatrisé et voilà quelques jours que ça ne saigne plus. Je vais retourner pour 15 jours à ma terrasse, si on m’y laisse tranquille.

    Mes affaires en sont toujours au même point. Rien d’arrangé. Et un tas de sales bipèdes acharnés à m’étrangler. Vois un peu si Monsieur Tintin n’a pas besoin d’un beau palais andalou. Il serait à lui à bon compte, et sur-le-champ. »

    (Lettre de Léon Degrelle, le 28 janvier 1961).

     

    « Je t’envoie, en insistant beaucoup là-dessus, une preuve du talent de l’artiste de Lyon dont je t’avais parlé et que je te demande de recommander à notre bon vieil Hergé (un fuerte abrazo !).

    Tu peux le voir, c’est bien dessiné et c’est drôle. J’avais une pile d’épreuves. J’espère que celle-ci suffira pour décider Hergé, au moins à ce que ce garçon soit convoqué par une huile de la maison. A l’intérieur, tu trouveras la fiche d’identité du “candidat” écrite de ma main.

    Il connaît le métier, a un genre à lui, a un âge recommandable. Décide Hergé à lui faire une offre intéressante. Il me ferait grand plaisir. »

    (Lettre de Léon Degrelle, le 3 janvier 1967).

     

    « Je te vois toujours à ta soupente du XXe Siècle, faisant des petits culs-de-lampe près d’Hergé. Je revois Georgette et ses petites pantoufles à pompons près du bureau de l’Abbé Wallez. […] On était quand même sacrément heureux, foutant en l’air un monde grotesque, sûrs de gagner ! […] On a fait sauter dans tous les sens des millions de crétins, épouvanté des milliers de salauds, on a fendu l’espace comme de formidables poulains sauvages. Et par-dessus le marché, on apportait aux hommes une formule de vie autrement saine, puissante, joyeuse que les pataugeages d’eunuques que leur ont offerts nos successeurs ! »

    (Lettre de Léon Degrelle, le 9 avril 1977)

     

    30 LD Secret Licorne.jpg

     

    Mais Paul Jamin n’était pas le seul « agent de liaison » entre Hergé et Léon. Son épouse Germaine Kieckens rendit également visite à son ami Léon dans son exil andalou : « La chère et belle Germaine […] m’apportant le salut ému et les derniers albums de Hergé, son mari ! Quelles retrouvailles ! Pendant quinze jours, tout en lampant joyeusement le vin doré de mes vignes, nous avons revécu les années délurées de notre jeunesse. » (Tintin mon copain, p. 169). Degrelle semble placer cette visite au moment de la tentative de rapt par le Mossad israélien, soit juillet 1961.

     

    A cette époque, Germaine et Hergé étaient séparés depuis un an, bien que l’auteur de Tintin lui rendît tous les lundis une fidèle et affectueuse visite dans sa demeure de Céroux-Mousty. Selon José Luis Jerez Riesco, avocat madrilène, président de l’Asociación Cultural de Amigos de León Degrelle, cette rencontre se situerait plutôt vers 1957, peu avant l’accident de circulation qui coûtera la vie au fils du proscrit (José Luis Jerez Riesco, Degrelle en el exilio, 1945-1994, pp. 244-245).

     

    31 Tél. Germaine.jpgEn tout cas, si on peut croire la confidence de Germaine Kieckens au jeune tintinophile Hervé Springael (auteur, en 1987, d’un Avant Tintin, Dialogue sur Hergé autoédité), selon laquelle Hergé « avait même interdit à Germaine d’assister aux meetings de Léon Degrelle » (anecdote présentée négativement par Philippe Goddin, Hergé, Lignes de vie, p. 262), nous savons (voir ci-avant) que cette défense trouve son origine dans sa phobie des manifestations de masse. De toute façon, manifestement, l’interdiction de Hergé –si elle avait jamais concerné la personne de Léon Degrelle !– a bien été levée pour autoriser les voyages chez l’ami exilé en Espagne !

    Mais qu’importe : quoi que prétendent les pseudo-spécialistes du maître de la « ligne claire », Léon Degrelle fait bien partie des amis qui comptent pour Hergé !

     

    A suivre

     

     

  • « 25 ans sans Léon Degrelle »

     

    Commémoration du 31 mars à Valence (Espagne)

     

    A l’occasion du 25e anniversaire de la disparition de Léon Degrelle, Devenir Europeo et l’Association Culturelle des Amis de Léon Degrelle ont organisé, le 6 avril dernier à Valencia une émouvante réunion d’hommage à la mémoire de Léon Degrelle (ce blog au 5 avril 2019).

     

    Devenir Europeo Logo.png

     

    Voici les textes des principaux orateurs, au premier rang desquels José Luis Jerez Riesco, fondateur de l’Association, Ramón Bau, ancien secrétaire général du Cercle Espagnol des Amis de l’Europe (CEDADE) ainsi qu’une importante interview d’Eduardo Núñez, actuel président de l’Asociación Cultural Amigos de León Degrelle.

     

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  • L’Espagne n’oublie pas Léon Degrelle

     

    « 25 ans sans Léon Degrelle »

     

    Peut-être ne s’en rend-on pas toujours compte, mais Léon Degrelle a vécu plus de la moitié de sa vie dans l’Espagne catholique et nationaliste du Général Franco, puis dans celle de la dégénérescence post-franquiste.

     

    Il n’empêche qu’après environ cinquante ans de vie tumultueuse, aventureuse, mais également heureuse en terre ibérique du dernier Commandeur de la Légion Wallonie, les meilleurs des Espagnols qui l’ont généreusement accueilli ne l’oublient pas.

     

    C’est ainsi que l’association culturelle Devenir Europeo organise, ce samedi 6 avril à 18h, en son siège de Valence, une conférence à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de la disparition de Léon Degrelle.

     

    C’est l’actuel président de l’Association espagnole des Amis de Léon Degrelle, Eduardo Núñez qui prendra la parole à cette occasion.

     

    Rappelons qu’Eduardo Núñez a signé, dans la collection « Nos Héros » de Devenir Europeo, un magnifique opuscule consacré à León Degrelle, en compagnie de José Luis Jerez Riesco, fondateur et premier président de l’Asociación Amigos León Degrelle et auteur de l’ouvrage de référence León Degrelle en el exilio, 1945-1994 (voir ce blog au 28 mai 2016).

     

    Ce petit livre de 56 pages (3 euros) résume tout d’abord, sous la plume d’Eduardo Núñez, la vie aussi bien personnelle que militante de Léon Degrelle, soulignant parfaitement l’éthique qui gouverna toute son existence. José Luis Jerez Riesco s’attache ensuite à éclairer "Le long exil", toujours méconnu des historiens et pourtant presque aussi périlleux que le temps de guerre : Léon Degrelle dut y manifester autant de courage et d’esprit d’initiative qu’au front !...

     

    Voici la traduction de la présentation de cette conférence.

     

    LD Conférence Devenir Europeo.JPG

     

    Présenter la figure de Léon Degrelle est toujours une histoire passionnante.

    Fondateur de REX, mouvement belge révolutionnaire, chrétien et social, Léon Degrelle s’engagea plus tard comme simple soldat pour combattre le communisme et devint général de la Waffen SS, obtenant tous ses grades pour mérite militaire.

    La personnalité de l’homme dont on dit qu’il inspira Hergé dans la création de Tintin et à propos duquel Hitler déclara que s’il avait un fils, il aimerait qu’il fût tel que lui, est protéiforme, présentant de nombreuses facettes parfois peu connues.

    Léon Degrelle mourut à Malaga, après s’être imposé un long exil espagnol, le 31 mars 1994, voilà donc aujourd’hui 25 ans. Et quoi qu’on puisse en dire, certains parvinrent à rendre ses cendres à sa patrie. Cendres qui, souhaitons-le, se transformeront en Phénix afin de permettre la renaissance d’une nouvelle Europe.

     

    Pour assister à cette conférence qui se tiendra à Valence, ce samedi 6 avril à 18h, il suffit de se mettre en contact avec l’association : info@devenireuropeo.com (les publications de Devenir Europeo y seront disponibles).