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paul-henri spaak

  • Nouvelles enchères degrelliennes à Bruxelles

     

    Manuscrit d'un éditorial de Léon Degrelle

    pour Le Pays réel du 10 février 1937

     

     

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    Voilà moins de deux ans, la maison de ventes Arenberg Auctions mettait aux enchères l'important manuscrit de Hitler pour 1000 ans (ce blog au 30 juin 2024) qui s'appelait encore Nous, les fascistes (ce blog au 7 novembre 2025). Aujourd’hui, c'est le manuscrit de l'éditorial La grande bagarre continue, publié dans Le Pays réel du 10 février 1937, qui a été proposé aux amateurs d'autographes historiques ce 27 mars.

     

    La grande bagarre continue PR 1937.02.10.png

     

    Contrairement au manuscrit du livre, abondamment corrigé, raturé, perfectionné (au point qu'il serait quasi impossible d'en collationner les variantes), l'article de tête du Pays réel semble écrit d'un jet, ne comportant que quelques modifications et de rares suppressions dont nous pouvons facilement documenter l'évolution.

     

     

    LA GRANDE BAGARRE CONTINUE [remplace « La grande bagarre commence ! »]

    par Léon DEGRELLE

     

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    Ce fut du joli, mardi [remplace « tout à l'heure »] à la Chambre : pugilats, cheveux arrachés, yeux au beurre noir, députés piétinés, appareils de téléphone démolis, codes voltigeant [« dans » supprimé] comme des obus ! Le public, dans les tribunes, se tenait les côtes. Que ferait-on maintenant encore, devant ce régime qui meurt dans la bagarre de fin de kermesse, sinon [« s'amuser » supprimé] se réjouir en voyant s'effondrer le Zoo [« tapageur » ajouté] des politiciens !

     

    Ils se croyaient tout permis ! Ils pouvaient saboter toute la vie nationale, livrer le pays à des querelles fratricides, nous plonger dans un innommable chaos. On les laissait faire !

     

    Ce temps là est fini !

     

    À chacune des bassesses des partis [remplace « À chacune de leurs bassesses »], REX est là qui monte à l'assaut !

     

    Huysmans avait cru possible d'aller prostituer chez les assassins de Madrid son titre de Président de la Chambre. Ce devait être –il vient de le voir à ses dépens [remplace « il l'a vu mardi »]– sa dernière bravade ! À la séance de mardi, les députés rexistes –que nous félicitons avec chaleur– l'ont botté magnifiquement  , sans répit, avec un cran inébranlable et avec » supprimé].

     

    Il n'a pas pu en sortir. Ce fut une bagarre inouïe. Parfait ! REX [« ne les laissera plus » supprimé] ne tolérera plus une seule vilenie politicienne. Ce sera, chaque fois, la contre-attaque instantanée !

     

    [« Les politiciens » supprimé] Nous sommes dans la place !

     

    La grande bagarre commence 4b.jpg

     

    Et eux, où sont-ils encore ?

     

    La pagaïe est générale. Les catholiques sont effondrés.

     

    De Laveleye a coulé à pic, [« dans la rigolade générale » rajouté]. Le parti socialiste est en train de se casser en deux, comme un arbre mort.

     

    « DEMAIN ON AURA LE VIEUX », disait [« le Ministre » rajouté] De Man, mardi après-midi, dans les couloirs de la Chambre...

     

    « CETTE VIEILLE CANAILLE DE VANDERVELDE », ajoutait le camarade [remplace « notre ami »] Spaak...

     

    La grande bagarre commence 2 2026.03.26.png

     

    Empoignades au Parlement !

     

    Empoignades dans les partis !

     

    Tout craque.

     

    Tout va voler par terre.

     

    Ils sont foutus.

     

     

    Cet éditorial incisif commente l'incroyable pugilat qui transforma effectivement l'hémicycle parlementaire en arène de gladiateurs de carnaval.

     

    Les députés socialo-communistes ne pouvant supporter que les élus rexistes critiquassent Camille Huysmans, président de la Chambre, utilisèrent leurs poings, leurs pieds et tous projectiles possibles en guise d' « arguments frappants » ! Il faut dire que les rexistes avaient osé enjoindre l'huile socialiste de justifier sa présence auprès des Républicains, lors d'un voyage en Espagne, entraînant ainsi tout le Parlement belge dans sa démarche partisane concernant la Guerre civile espagnole.

     

    Cette scène plutôt rare autant qu'inattendue dans l'histoire parlementaire belge suscita l'émotion incrédule de toute la presse qui y consacra ses « unes » dès le lendemain 10 février 1937.

     

     

    DH 10.02.1937.png   Soir 10.02.1937a.png

    Nation belge 10.02.1937.png   LLB 10.02.1937 a.png

    De gauche à droite et de haut en bas : La Dernière Heure, Le Soir, La Nation belge et La Libre Belgique.

     

     

    La Libre Belgique consacra même toute une page de reportage à cet événement honteusement vaudevillesque, l'agrémentant de portraits-charges. Mais aucun ne pourra atteindre la rosse cocasserie du dessin de Jam, publié en « une » du Pays réel !

     

       LLB 10.02.1937 b.png

    LLB 10.02.1937 c.png   LLB 10.02.1937 d.png

     

     

    PR Jam 10.02.1937.png

     

    Sur Victor de Laveleye, président du parti libéral, dont le seul programme était « la lutte contre Rex », et qui se ramassa lamentablement face à la rhétorique de Léon Degrelle, voir ce blog au 18 octobre 2024. 

     

    Et lorsque l'éditorialiste du Pays réel évoque la cassure du Parti Ouvrier Belge, il fait allusion aux débats qui l'agitaient alors, le partageant entre deux tendances, celle, traditionnellement marxiste, du vieux ponte Émile Vandervelde et l'autre incarnée par le pragmatique Paul-Henri Spaak. Ce qui justifia peut-être la formulation primitive « notre ami » dans l'éditorial rexiste puisque certains de ses adversaires n'hésitaient pas à lui reprocher une dérive droitiste (Spaak soutiendra plus tard, avec Rex, la politique de neutralité du roi : ce blog au 20 mai 2018).

     

    Ce changement de cap ne pouvait tromper un Léon Degrelle qui dressera, deux jours plus tard, le portrait suivant, tout de pertinence prophétique, du nouvel homme fort du P.O.B. (après guerre, Spaak ayant épuisé les opportunités que pouvait lui offrir le Parti Socialiste Belge, termina sa carrière en ramasseur de voix pour un parti linguistique anti-flamand) : « Si Spaak est un manœuvrier roublard, qui lasse ses adversaires en éternisant les débats, le vieux Vandervelde, par contre, est le seul à garder une influence profonde sur les troupes du P.O.B. [...] On a vu Spaak mettre le P.O.B. à l'extrême limite d'une scission, voilà deux ans, parce qu'il était presque communiste. Aujourd'hui, il recommence le coup en jouant au stagiaire de REX. Cet homme, intelligent, cordial et peu scrupuleux, n'a jamais été, au fond, un démocrate, ni un socialiste,  ni un communiste, ni un "national"; il est SPAAKISTE et ne peut être strictement utilisé que comme tel, dans n'importe quel régime. » (Le Pays réel, 12 février 1937).

     

     

    Joyeux Spaak.png

    La propension de Paul-Henri Spaak à retourner sa veste en fit une des têtes de turc préférées de Jam. Ce ne sont pas les cloches de Pâques qui ramenèrent le volume de Rome : il sortit de presse le 11 juillet 1938. On commémorait ce jour-là la bataille des Éperons d'or et le politicien se rendit à Courtrai pour honorer de sa présence la cérémonie de ce qui deviendra, en 1973, la fête officielle de la Communauté flamande de Belgique.

     

     

    Estimé à 120/150 euros, le manuscrit de Léon Degrelle La grande bagarre commence ! destiné au quotidien de Rex, Le Pays réel du 10 février 1939, a été adjugé à 300 euros (hors frais).

     

     

  • Les mémoires « effilochés » d’Anne Degrelle-Lemay

     

    IV. Des bribes et des morceaux…

     

    1 Anne + Léon Madrid 2.jpg

    Comme elle le précise dans ses mémoires, Anne Degrelle-Lemay n’écoute son père qu’avec un esprit « plus critique que favorable » (p. 128)…

     

    2 Anne Degrelle Couverture.jpgQuand nous avons appris la nouvelle de la publication du petit livre d’Anne Degrelle-Lemay, Degrelle, L’homme qui changea mon destin (ce blog au 29 juin 2022), nous avons réellement cru que nous aurions enfin accès à l’histoire véritable des années d’exil du plus célèbre condamné à mort de Belgique (27 décembre 1944). De celui qui, déchu de la nationalité belge en 1944, vit, par deux fois de son exil heureusement inaccessible à la persécution des « épurateurs » belges, les délais légaux de prescription prolongés expressément pour son seul cas (Lex Degrelliana de 1964, renouvelée en 1974), fut déclaré « étranger indésirable » (1974) et « interdit de séjour » (1984). Et alors que le mausolée de Mussolini ne dérange personne à Predappio, les cendres de Léon Degrelle, dans la foulée de son décès (31 mars 1994) furent immédiatement frappées –fait unique dans l’histoire de la Belgique– d’interdiction d’accès au territoire belge par un arrêté royal spécial pris en urgence par Albert II (18 avril 1994) : en effet, pour les éternels haineux, « la présence sur le territoire belge des restes mortels de Léon Degrelle est incontestablement de nature à provoques des troubles à l’ordre public » (Moniteur belge du 23 avril 1994) !!!

     

    3 Moniteur 18 avril 1994 Cendres LD.jpeg

     

    Cette multiplication des artifices juridiques pour persécuter Léon Degrelle n’est cependant rien face à l’acharnement des autorités politiques et judiciaires belges pour obtenir son extradition –c’est-à-dire l’exécution de sa condamnation à mort– et, accessoirement, pour empoisonner son existence en exil.

     

    Mais des conditions de vie de son père, malheureusement, Anne Degrelle ne souffle pratiquement pas mot. Sauf, nous l’avons vu (ce blog au 23 octobre 2020), pour rendre inutilement suspecte l’origine des fonds nécessaires à son train de vie et à la construction de la Carlina. Elle ne peut pourtant pas avoir ignoré toutes les entreprises de son père pour gagner sa vie. C’est ainsi qu’après avoir été obligé de quitter son domaine de Constantina, il constitua, au fil des ans, diverses sociétés commerciales plus ou moins éphémères et rentables, dont, par exemple, Madrid Europa SA, s’occupant de matériel agricole et industriel ainsi que d’édition. Les statuts en furent déposés en 1963 devant le notaire Blas Piñar, de Madrid, Le directeur de l’entreprise portait désormais le nom de Léon José de Ramírez Reina alors que, parmi les trois actionnaires, se trouvait le beau-frère d’Anne, Antonio de la Rosa, le mari de sa sœur Godelieve…

     

    C’est qu’Anne n’a pas l’air non plus d’être plus précisément au courant d’autres événements capitaux de la vie d’exilé de son père. Concernant, par exemple, les circonstances de son adoption devant mener à l’obtention de la nationalité espagnole dont elle semble mettre en doute la version pourtant avérée donnée par le principal intéressé.

     

    « Dans sa chère Andalousie, tout le monde le regardait comme un monsieur étrange qui parlait un espagnol des plus bizarres, qui était très beau, amusant et familier. A cette époque, il était “Don Juan Sanchís de La Carlina”. Lorsque je suis arrivée en 1958, il disposait déjà de ses papiers officiels espagnols. Je ne suis jamais vraiment parvenue à savoir comment il avait obtenu le nom de famille Ramírez Reina figurant sur sa carte d’identité espagnole. D’après ce qu’il m’a raconté, une dame de Constantina l’avait adopté, lui donnant ainsi son nom. » (p. 130)

     

    4 CI Leon Jose de Ramirez Reina 1-vert.jpg

    De validité limitée, les cartes d’identité espagnoles devaient être remplacées tous les cinq ans : voici celle, obtenue en 1971, de Léon Degrelle, devenu León José de Ramírez Reina. (Documentation © Jacques de Schutter).

    6 Juan Ramirez Filosia2.jpgL’alcalde de Constantina, le Dr Juan Ramírez Filosía, de par ses liens familiaux avec Matilde Ramírez Reina qui adopta Léon Degrelle, deviendra un cousin par alliance du Commandeur de la Légion Wallonie !

     

    À nouveau, du mystère et des soupçons où il n’y en a pas. On a d’ailleurs peine à croire qu’Anne qui a vécu cinq ans à Constantina n’ait jamais, sinon rencontré, du moins entendu parler de Matilde Ramírez Reina, veuve de 72 ans, habitant 13 calle Pozuelo, et qui tint longtemps commerce dans la petite ville. Elle était de la famille de l’alcalde (bourgmestre), le docteur Juan Ramírez Filosía, responsable provincial du Movimiento et ami proche de Léon Degrelle : c’est d’ailleurs dans sa maison que fut dressée la chapelle ardente où fut veillé toute la nuit du 22 au 23 février 1958, jour des funérailles, le corps de Léon-Marie Degrelle (ce blog au 26 février 2016). Matilde Ramírez Reina était également la tante de l’ancien propriétaire de la Carlina, Manuel Amaya. Ce sont ces deux proches, Juan Ramírez Filosía et Manuel Amaya, qui seront les témoins de son acte d’adoption, le 24 décembre 1954. Tous les détails sont dans Degrelle en el exilio (de José Luis Jerez Riesco, aux éditions Wandervögel, 2000, p. 228). Blas Piñar, président du parti nationaliste Fuerza Nueva, explique dans ses mémoires que c’est lui qui, en tant que notaire, assura la légalité de l’acte d’adoption, le 17 septembre 1955 (La pura Verdad, Fuerza Nueva, 2002, p. 307).

     

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