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Revues

  • Degrelle – Hergé, même combat ! (3)

    Les « mensonges » de Degrelle

     

    La démonstration de Tintin mon copain établissant la filiation évidente entre Léon Degrelle et le héros des jeunes de 7 à 77 ans est tellement flagrante et indiscutable que les « exégètes » en ont été réduits à couper les cheveux en quatre pour discréditer l’ouvrage, s’appuyant sur des détails intentionnellement mal interprétés et présentés comme des failles établissant la duperie, mais évitant l’essentiel qui est l’identité de pensée et d’idéal des deux amis. Passons-les en revue : ils ne sont pas nombreux.

     

    1929 : la date polémique

    Le voyage de Degrelle au Mexique (fin 1929-début 1930) n’a pu influencer la création de Tintin, qui date de janvier 1929.

    Donnons donc une petite leçon de chronologie. C’est au tout début de janvier 1929 que Hergé (collaborant au Vingtième Siècle depuis octobre 1927) commença à imaginer le récit Au pays des Soviets, sur base du Moscou sans voiles publié en 1928 par l’ancien consul de Belgique en Russie, Joseph Douillet. Le livre venait de lui être confié par l’abbé Norbert Wallez dans ce but et, d’après Hergé, le canevas fut créé en moins d’une journée (Huibrecht Van Opstal, Tracé Hergé, p. 224 sv.). Léon Degrelle est, quant à lui, engagé en octobre 1928 et ses tout premiers articles concernant la persécution des catholiques mexicains sont déjà publiés dans le Vingtième Siècle les 26, 27, 28 octobre et 16 novembre 1928 (voir aussi sur ce sujet précis ce blog au 7 février 2019). C’est dès cette époque qu’il se lie d’amitié avec Hergé: « Georges Remi, le Hergé débutant, devint instantanément mon ami. » (Tintin, mon copain, p. 12).

     

    ffffffffffffffff.JPGC’est dès le premier numéro de L’Avant-Garde (10 novembre 1927) dirigé par son ami Léon Degrelle, étudiant à l’Université Catholique de Louvain, que Hergé tint à prêter son concours : il donna son dessin La marche triomphale (publié le 30 mars 1924 dans Le Blé qui lève et signé « Remi ») pour illustrer le cortège des étudiants se rendant au meeting de l’Action Catholique de la Jeunesse Belge à Louvain.

     

     

     

    Si donc Hergé a pu prendre Léon comme modèle physique et moral de son héros, ce n’est évidemment pas à cause du voyage au Mexique, mais grâce à une sympathie spontanée, née d’une séduction spirituelle et morale réciproque, renforcée encore par la hardiesse et la générosité des articles sur le Mexique.

     

    Mais il y a plus ! Hergé lui-même donne explicitement raison à Degrelle dans une interview accordée à La Libre Belgique du 30 décembre 1975, citée dans Tintin, mon copain (p. 17): « J’ai découvert la bande dessinée grâce à... Léon Degrelle ! Celui-ci, en effet, était parti comme journaliste au Mexique et il envoyait au Vingtième Siècle, non seulement des chroniques personnelles, mais aussi des journaux locaux (pour situer l’atmosphère) dans lesquels paraissaient des bandes dessinées américaines. J’ai découvert ainsi mes premiers comics. »

     

    Nous laisserons le captieux biographe Benoît Peeters prétendre réduire cette affirmation capitale du créateur de Tintin à une insignifiante « légende alimentée par Hergé » (Benoît Peeters, Hergé fils de Tintin, p. 66), sans d’ailleurs essayer d’en expliciter la cause, d’en préciser les raisons ou d’en justifier l’intérêt pour l’auteur. Nous noterons pour notre part que, pour Hergé, l’événement des bandes dessinées envoyées par Degrelle est tellement essentiel que, bouleversant la chronologie, il le situe même avant la publication de ses premiers dessins dans Le Vingtième Siècle !

     

    C’est ainsi qu’il déclare à Numa Sadoul, dans les entretiens qu’il lui accorda en octobre 1971: « je découvrais –par l’intermédiaire de journaux mexicains !– les comics américains: “Bringing Up Father” (“La famille Illico”) par Geo Mac Manus, “Krazy Kat”, “The Katzenjammer Kids”, et bien d’autres... Pour donner une nouvelle vie à son journal, l’abbé Wallez eut alors l’idée de lancer un supplément hebdomadaire illustré pour enfants [...]. Dès le premier numéro, j’ai commencé à illustrer (de façon déplorable !) un récit fantaisiste mais consternant, œuvre d’un rédacteur du journal: Les aventures de Flup, Nénesse, Poussette et Cochonnet. [...] C’est donc pour éviter d’illustrer un texte que je trouvais mortellement ennuyeux que j’ai créé “Tintin”. Et c’est là que, pour la première fois, comme dans les bandes dessinées américaines, le texte et l’image se sont mutuellement complétés pour former un langage nouveau. Le 10 janvier 1929, Tintin et Milou quittaient Bruxelles (sur le papier) à destination de la Russie bolchevique [...]. » (Numa Sadoul, Tintin et moi, pp. 32-33).

     

    Alors ? Hergé est-il un menteur ? Degrelle n’aurait rien à voir avec la conception nouvelle de la bande dessinée qu’il développe ??? Léon est tellement consubstantiel à Tintin que Hergé n’imagine même pas, cinquante ans plus tard, de les dissocier, même au prix d’un anachronisme !

     

    Le modèle de Milou, c’est le chien d’Adolf Hitler !

    L’affirmation, il est vrai, a de quoi estomaquer ! Non seulement Tintin, c’est Degrelle, mais Milou serait le clebs de Hitler ?!!! Ça, c’est trop fort ! Je dirais même plus, c’est plus fort que du Roquefort !

     

    Mais est-ce tellement extravagant ? Que dit précisément Léon Degrelle ?

     

    « Georges et moi avions déniché, absolument par hasard, sur une vieille photo datant des tranchées de la Première Guerre Mondiale, un gentil quadrupède à l’allure pré-milounesque. Hergé, qui cherchait pour ses B.D. un petit chien ou l’autre parmi des millions d’autres chiens blancs et futés, fut frappé par cette image imprévue. Le petit chien blanc de la photo dressait son nez fureteur aux pieds de quelques soldats allemands, plutôt dépenaillés. C’est à cause d’un de ces soldats que ladite photo avait été publiée, dix ans après, par l’hebdomadaire que nous feuilletions. » (Tintin mon copain, p. 16)

     

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    Il existe trois photos du Gefreiter Hitler, pendant la Première Guerre mondiale, avec son fox-terrier qu’il baptisa fatalement «Foxl», échappé des tranchées anglaises en poursuivant un rat. Ces photos abondamment publiées dès l’entrée en politique de celui qui devint Chancelier d’Allemagne –et probablement dès 1928, voir ci-après–, furent retrouvées avec plaisir par le Führer lors de ses deux visites-pèlerinages au Front des Flandres en juin 1940 : elles avaient été découpées et encadrées par le propriétaire de la maison dans le jardin de laquelle elles avaient été prises, en mai 1916… On reconnaît le soldat de première classe Hitler parmi ses compagnons ; son calot affiche la cocarde bavaroise sur le bandeau et celle du Reich sur le dessus; il porte surtout au troisième bouton de sa vareuse feldgrau le ruban de la Croix de Fer de Seconde classe qu’il obtint dès le 2 décembre 1914 (il recevra la Croix de Fer de Première classe le 4 août 1918).

     

    Que pouvons-nous retenir de ce récit ?

      - Hergé cherche l’inspiration pour un petit chien blanc futé

      - Il feuillette un hebdomadaire

      - Nous sommes « dix ans après » la Première Guerre Mondiale

      - La photo avec « le petit chien blanc » est publiée «à cause d’un de ces soldats »  allemands

     

    Si nous sommes « dix ans après » la Première Guerre Mondiale, nous devons nous situer quelque temps avant le mois de novembre 1928, dixième anniversaire du 11 novembre 1918, marquant l’Armistice de la Première Guerre Mondiale. Hergé ne publiera Tintin chez les Soviets où apparaît nommément Milou qu’à partir du 10 janvier 1929. Or que découvrons-nous dans sa BD précédant immédiatement le premier Tintin ? Des essais de petits chiens dans la série L’extraordinaire aventure de Flup, Nénesse, Poussette et Cochonnet, publiée à partir du 1er novembre 1928 dans Le Petit Vingtième. Nous y voyons dès la deuxième page, deux petits chiens anonymes : un chien de rue (tacheté de noir sur les yeux, le dos, la cuisse et le bout des pattes) et un fox-terrier tout blanc. On les retrouve encore alternativement en pages 3, 4, et 5, mais c’est le fox-terrier qui semble l’emporter par son empathie avec son maître Nénesse (courant et pleurant avec lui, s’interrogeant sur son comportement). C’est bien lui qui a l’air le plus futé.

     

    Le 28 décembre 1928, le choix du petit chien futé semble définitivement arrêté : ce sera un fox-terrier blanc, héros principal de « La Noël du petit enfant sage » publié dans Le Sifflet. Ne portant pas encore de nom, il soliloque, réfléchit, s’invente des excuses et commet l’irréparable en mangeant le pain d’épices du Père Noël et en le remplaçant par son « besoin urgent » ! (les illustrations appuyant ce raisonnement sont visibles dans Huibrecht Van Opstal, Tracé Hergé, pp. 220 et 223).

     

    Foxl, l’inséparable « Milou » d’Adolf Hitler

     

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    « C’est en janvier 1915 que je mis la main sur Foxl. Il était en train de poursuivre un rat qui avait sauté dans notre tranchée. Il s’est débattu, essayant de me mordre, mais je n’ai pas lâché prise. Je l’ai ramené avec moi en arrière. Il tentait constamment de s’enfuir. Avec une patience exemplaire (il ne comprenait pas un mot d’allemand), je l’ai peu à peu habitué à moi. Au début, je ne lui donnais que des biscuits et du chocolat (il avait pris ses habitudes chez les Anglais qui étaient mieux nourris que nous). Puis je me mis à le dresser. Il ne me quittait pas d’une semelle. A ce moment-là, mes camarades ne voulaient pas entendre parler de lui. Non seulement j’avais de la sympathie pour cette bête, mais cela m’intéressait d’étudier ses réactions. J’ai fini par tout lui apprendre : sauter des obstacles, grimper à une échelle, en redescendre. L’essentiel est qu’un chien dorme toujours aux côtés de son maître. Quand je devais monter en ligne et que ça tapait dur, je l’attachais dans la tranchée. Mes camarades me disaient qu’il ne s’intéressait à personne durant mon absence. Même de loin, il me reconnaissait. Quel déchaînement d’enthousiasme en mon honneur ! Sa plus grande joie, c’était la chasse aux rats. Nous l’avions appelé Foxl. Il a fait toute la Somme, la bataille d’Arras. Il n’était pas du tout impressionnable. Lorsque je fus blessé, c’est Karl Lanzhammer qui prit soin de lui. Lors de mon retour, il se jeta sur moi avec frénésie. […]

    C’était une brave bête. Quand je mangeais, il était assis près de moi et suivait des yeux mon manège. Si à la cinquième ou sixième bouchée, je ne lui avais rien donné, il se dressait sur son séant et me regardait avec l’air de dire : Et moi, ne suis-je pas là ? C’est fou ce que j’ai aimé cette bête. Personne ne pouvait me toucher sans qu’aussitôt Foxl ne devînt furieux. Il ne suivait que moi. Quand vint la guerre des gaz, je ne pus continuer à l’emmener en première ligne. Ce sont mes camarades qui lui donnaient à manger. Quand je rentrais après deux jours d’absence, il ne voulait plus me quitter. Tout le monde, dans la tranchée, l’aimait. Pendant les marches, il courait autour de nous, observant tout, ne perdant pas un détail. Je partageais tout avec lui. Le soir, il se couchait près de moi. »

    (Adolf Hitler, Libres propos sur la guerre et la paix, pp. 226-227)

     

    Le chien blanc de l’hebdomadaire feuilleté par hasard en 1928 a attiré l’attention de Léon et de Hergé par sa présence amicale (il « dressait son nez fureteur ») à la limite de l’incongruité (« image imprévue ») parmi des soldats allemands qui faisaient pitié (« plutôt dépenaillés »). Il présentait aussi une petite tache sombre sur l’œil et l’oreille (comme dans Flup, Nénesse,…). Mais c’est un chien immaculé (sorte de compromis entre le chien de la photo de Hitler et les essais de Flup, Nénesse,…) qui est alors prêt à entrer dans l’immortalité des aventures de Tintin.

     

    Le déclic provoqué par la photo de Hitler est-il donc tellement invraisemblable ?

     

    Cela ressortirait-il à la fabulation qu’un illustré ait publié des photos d’un certain Adolf Hitler n’arrêtant pas de faire parler de lui : auteur du putsch de Munich le 9 novembre 1923 et arrêté le 11, jour du cinquième anniversaire de l’armistice, il est condamné à cinq ans de détention, est libéré de la prison de Landsberg fin décembre 1924, reconstitue la NSDAP en février 1925, réorganise en 1926 la SS et lui confie le « Drapeau du Sang » du Putsch de Munich, en même temps qu’il rassemble la jeunesse dans la Hitlerjugend, enracine les congrès du parti dans la cité médiévale de Nuremberg en 1927 et envoie douze députés au Reichstag le 6 mai 1928…

     

    C’est ainsi, nous dit Léon Degrelle, qu’un hebdomadaire choisit de publier cette photo de soldats allemands pour le dixième anniversaire de la fin de la Première Guerre Mondiale (11 novembre 1918) parce qu’on y reconnaissait Adolf Hitler (« C’est à cause d’un de ces soldats que ladite photo avait été publiée »).

     

    Et c’est aussi ce que nous confirme le journal de Franz Hailer (1886-1969, pilote de reconnaissance aérienne durant la Première Guerre mondiale) qui put accompagner Adolf Hitler le 25 juin 1940 lorsqu’il retrouva ses cantonnements et les champs de bataille des Flandres de 1915-1916.

     

    « A Fournes-en-Weppe, les voitures firent halte dans la rue Faidherbe, où les hommes sortirent et suivirent le Führer vers le bureau de perception. En 1914-1918, ce vaste bâtiment abritait une infirmerie allemande. Selon Franz Hailer, Hitler ouvrit la porte aussi naturellement qu’il le faisait il y a vingt-quatre ans. Après quelque temps, il ressortit avec un large sourire et montra à tout le monde une photo de guerre, qui avait été depuis alors souvent publiée et qui le montre en compagnie de six autres collègues estafettes. Sur le cadre où la photo avait été insérée, trônait en belles lettres capitales françaises : “Cette photo d’Adolf Hitler a été prise le 24 avril 1916 dans notre maison”. Parmi les nombreux clichés de la visite de Hitler à Fournes, il y en a en effet un qui montre la photo en question de l’estafette Hitler. Mais ce n’est pas Hitler qui présente la photo encadrée à l’un des photographes allemands, mais un Français. Cet homme, c’est Louis Guichard, le percepteur local de 1940, et il se trouve à l’arrière de son bureau. » (Siegfried Debaeke, Hitler in Vlaanderen, p. 127).

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    Adolf Hitler se rend dans le jardin du percepteur des impôts de Fournes-en-Weppe, le 26 juin 1940. Par le suite, le percepteur Louis Guichard est tout fier de présenter au photographe Heinrich Hoffmann le témoignage de la présence du Führer chez lui, vingt-quatre ans auparavant !

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    La polémique pour savoir qui sortit « vraiment » cette photo du bureau de perception ne présente aucun intérêt : comme si Adolf Hitler n’aurait pas été heureux de trouver là cette photo et de la montrer à ses anciens compagnons du Front qui l’accompagnaient, parmi lesquels Ernst Schmidt et Anton Bachmann pouvaient se reconnaître. Et comme si le photographe officiel du Führer, Heinrich Hoffmann qui était également présent, n’aurait pas pu demander au propriétaire de la maison de bien vouloir encore lui montrer ce cadre qui avait attiré l’attention du Führer.

     

    Ce que nous retiendrons surtout, c’est que le journal de Franz Hailer auquel Siegfried Debaecke a eu accès confirme que les photos d’Adolf Hitler sur le front de la Première Guerre mondiale ont connu diverses publications, y compris aussi vraisemblablement dans la presse française, permettant à Louis Guichard reconnaissant sa propriété de les découper et de les encadrer. Figuraient-elles dans un magazine français célébrant le dixième anniversaire de l’Armistice ? Le magazine que Léon Degrelle et Hergé ont pu feuilleter en novembre 1928, époque où le dessinateur concevait son héros Tintin et son inséparable compagnon Milou ? Voilà qui n'est certainement pas à exclure.

     

    Et pour prévenir la remarque que le chien de Hitler n’est pas de la « pure » race de Milou qu’on présente comme « fox-terrier », nous évoquerons à nouveau le témoignage de Hergé. Il concéda, en effet, dans l’émission sur les animaux Trente millions d’Amis (diffusée le 29 juillet 1978 sur la première chaîne de la télévision française) :« Milou est d’une race qui est approximativement le fox à poils durs. Un peu bâtard tout de même » (nous soulignons)…

     

    En tout cas, on comprendra maintenant très bien, comme le rappelle Léon Degrelle, qu’après-guerre, lorsqu’on l’interrogeait sur l’origine de Milou, Hergé répondait évasivement (et prudemment !) : « Milou ? Je ne me souviens vraiment plus d’où il est sorti » !... (Tintin mon copain, p. 16)

     

    23 Hitler Culotte Golf +Muck.jpeg« Staubele, notre nouveau chien Schnauzer [espèce de terrier bavarois] que mère avait offert à notre père pour son anniversaire, nous était tout dévoué, nous pouvions le gronder, le chasser, mais il n’aimait pas les étrangers, et il nous fallait veiller sur lui très attentivement lorsque Wahnfried était plein d’invités. Le seul nouveau venu que Staubele admit jamais et auquel il témoigna immédiatement son amitié fut Hitler. La première fois que Wolf [surnom d’Adolf Hitler qu’utilisaient ses intimes] vint nous voir après l’acquisition de Staubele, le chien, dès qu’il l’aperçut, courut à lui, fourra son museau dans ses mains et ne quitta pas Hitler tant que dura la visite du Führer. En cela notre chien ressemblait à tous ceux qui lui succédèrent à Wahnfried. C’étaient de grandes bêtes farouches qui ne s’approchaient jamais de personne en dehors des membres de la famille, mais, tout de suite, ils se prenaient d’affection pour Hitler. » (Friedlind Wagner,  Héritage de feu, pp. 50-51).

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    Cette photo, prise en bordure du petit aérodrome du GQG d’Adolf Hitler en Belgique, illustre parfaitement le récit de la petite-fille de Richard Wagner : qui est ce chien tranquillement étendu sur le banc de repos du Führer qui le couve du regard, pendant que le ministre des Affaires étrangères, Joachim von Ribbentrop, semble se demander s’il n’est pas de trop ? D’après ce que la secrétaire personnelle d’Adolf Hitler, Gerda Christian, confia à René Mathot en 1978, ce fox-terrier avait été oublié ou abandonné par ses propriétaires lors de l’évacuation des 117 habitants de Brûly-de-Pesche ordonnée le 26 mai 1940 et effectuée deux jours plus tard (jour de la capitulation du roi Léopold III). Ce village du sud de la Belgique était destiné à devenir la Wolfsschlucht («Ravin du Loup»), le Grand Quartier Général d’Adolf Hitler pour la campagne de France. René Mathot a ainsi publié une (fort mauvaise) photo (René Mathot, Au Ravin du Loup, p. 164) où l’on aperçoit les secrétaires personnelles Gerda Christian et Christa Schröder face au Führer : à leurs pieds, alerte et les sens en éveil, le chien n’a d’yeux que pour lui, attendant visiblement quelque intervention de sa part : ce Milou, fox terrier belge, est bien le cousin de Foxl, le terrier anglais, de Staubele, le terrier bavarois, et de Muck, le berger allemand !...

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    A suivre

  • Degrelle – Hergé, même combat ! (2)

    Si Tintin n’est donc pas un inspecteur de police à la Maigret, un détective à la Sherlock Holmes ou un Robin-des-Bois à la Arsène Lupin, c’est à Léon Degrelle qu’il doit sa profession de journaliste-globe-trotter et à son exemple de droiture, de dévouement et de générosité, –affirmé dès ses premiers articles sur les martyrs de la guerre religieuse mexicaine (octobre 1928)–, ses activités de redresseur de torts.

     

    C’est ainsi que Tintin, dès sa première aventure chez les Soviets (janvier 1929), est aussi reporter et aventurier que Léon Degrelle –qui, au même moment, est sur le point de se lancer à corps perdu dans un voyage de tous les dangers au Mexique de la révolte des Cristeros–, tout en manifestant les mêmes traits éthiques et moraux le poussant à défendre les causes justes et à venir en aide aux persécutés.

     

    9 Mexique Rex illustré 18 03 36.jpgRépondant à l’attaque du quotidien socialiste Le Peuple qui prétendait que le voyage au Mexique de Léon Degrelle était un mensonge, Rex illustré se contenta, dans son numéro du 18 mars 1936, de reproduire quelques clichés de voyage de Léon Degrelle. Celui-ci en avait pourtant déjà publié plusieurs lors de la publication en feuilletons dans l’hebdomadaire Soirées (du 23 octobre 1931 au 9 avril 1932)…

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    Ce rôle de modèle évident que Léon Degrelle joua dans la genèse de Tintin (qui vit le jour dans Le Petit Vingtième, le 10 janvier 1929) est irréfutablement établi dans nos commentaires de Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin (Editions de l’Homme Libre, 2018).

     

    C’est ainsi que Léon Degrelle documenta pour Le XXe Siècle où les deux amis effectuaient leurs premières armes, l’idéal spirituel, politique et social qui sera celui de Tintin, dans l’émouvante défense des catholiques mexicains acceptant le martyre au cri de « Vive le Christ Roi », ce Christus-Rex qui donnera naissance au mouvement REX ! Léon Degrelle signera ainsi Les fureurs antireligieuses au Mexique ; Comment on assassine au temps de Locarno ! et Comment on meurt pour le Christ-Roi, les 26, 27 et 28 octobre 1928 ; La persécution mexicaine : pourquoi reculeraient-ils devant le sacrifice ?, le 16 novembre 1928. Il ajoutera encore, alors qu’il vient de terminer sa grande enquête sociale sur Les Taudis publiée pendant tout le mois de décembre 1928, Quand les catholiques s’en mêlent, le 27 janvier 1929, soit quelques jours après le départ de Tintin pour le pays des Soviets et quelques mois avant son propre départ pour le Mexique (19 décembre 1929 ; sur les péripéties préparatoires au voyage, voir Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin, p. 65-69).

     

    De plus, l’engagement anticommuniste de Tintin, s’il puisa les anecdotes de ses aventures dans le livre Moscou sans voiles du consul belge de Rostov-sur-le-Don, Joseph Douillet (Editions Spes, 1928), s’inspira surtout du courage, de la détermination, du sens de l’initiative et de l’humour de Léon Degrelle parti saccager l’exposition bolchevique de Bruxelles, le 12 janvier 1928. Tintin doit indubitablement aussi ses traits à cet événement considérable qui ébranla tout le monde politique et médiatique belge. Au point de déterminer la décision du directeur du XXe Siècle, l’abbé Norbert Wallez, d’imposer au responsable du Petit Vingtième, le jeune Hergé, la mission d’envoyer son nouveau héros Tintin combattre les Soviets en « Bolchévie » !

     

    14 Avant-Garde 19_01_1928 Soviets.JPGLéon Degrelle rend compte de l’attaque de l’exposition soviétique à Bruxelles dans son journal estudiantin louvaniste du 19 janvier 1928 : c’est la première fois que la (coûteuse) couleur est utilisée !

     

    Voilà ce que, de prime abord, Léon Degrelle inspira à Hergé pour son personnage Tintin (sans parler ici des évidences matérielles –que sont les culottes de golf, la houppette ou l’ovale parfait du visage– appartenant toutes au turbulent étudiant louvaniste : elles sont abondamment détaillées dans Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin (sur l’origine, le sens et la portée des culottes de golf, on lira avec intérêt « La culotte de golf », pp. 76-82), et ce, d’autant plus naturellement que la même éthique de vie était partagée par les deux amis qui avaient reçu la même éducation catholique et la même formation scoute.

     

    Mais c’est là aussi ce qui était absolument insupportable pour l’historiographie politiquement correcte, accusant Léon Degrelle de se forger une légende à coups de mensonges, d’exagérations, de récupérations, de travestissements de la réalité…

     

    Même un critique comme Francis Bergeron, auteur d’un Dictionnaire du collectionneur politiquement incorrect et d’un Dictionnaire commenté de livres politiquement incorrects, que l’on pourrait donc croire immunisé contre tout conformisme, s’est laissé contaminer par cette paresse intellectuelle pour entonner –mais s’en rend-il seulement compte ?– les décevants refrains du politiquement correct : « Tintin mon copain […] ! Il faut en prendre et en laisser, comme souvent chez Degrelle », « L’album sent la récupération », « Redevenons sérieux »,… (Francis Bergeron, Georges Remi dit Hergé, Pardès, Qui suis-je ?, 2011, pp. 118, 36)

     

    Mais ce qui est bien réellement sérieux, c’est que toute la vie de Léon Degrelle est faite de chapitres absolument incroyables, exactement à l’image des aventures de Tintin (que Robert Poulet décrit justement comme « des histoires impossibles mais réelles », in Rivarol, 18 mars 1983) !

     

    Depuis sa périlleuse expédition au Mexique jusqu’aux tentatives d’enlèvement et d’assassinat en Espagne fomentées par des juges et des résistants belges ou les services secrets israéliens et français, en passant par sa campagne fulgurante contre les banksters de la politique belge, les héroïques combats du Front de l’Est (Croix de Fer de Seconde et Première Classe, Agrafe en or des Combats au Corps à Corps, Insigne en or des Blessés, Croix de Chevalier de la Croix de Fer avec Feuilles de Chêne, etc.) et ses promotions militaires au seul mérite personnel ­de simple soldat à commandeur de division et Volksführer (détenteur des pouvoirs civils et militaires) des Wallons (voir ce blog au 5 mars 2018), ses liens inimaginablement privilégiés avec Adolf Hitler (« Si j’avais un fils, je voudrais qu’il fût comme vous », voir ce blog aux 21 juin et 20 juillet 2018) ou son projet de rétablissement du Duché de Bourgogne approuvé par Hitler et confirmé par Himmler (voir ce blog au 28 juin 2017), tout, absolument tout, dans la vie de Léon Degrelle relève de l’invraisemblable et de la fiction. Et pourtant, tout est vérifiable et a toujours fini par se vérifier.

     

    Aujourd’hui, ce sont ses détracteurs qui passent pour des affabulateurs ou des historiens peu scrupuleux. Par exemple, à propos des mensonges insanes d’un Eddy De Bruyne, voir ce blog : 15 publications à partir du 23 mars 2017 ; sur les obsessions fantasmagoriques et les postulats délirants du pseudo-historien de l’Université de Liège, Francis Balace, tout confit en servilité politiquement correcte, voir ce blog, entre autres, au 9 juillet 2017, note 1, ainsi qu’aux 30 juin 2016, 12 mars et surtout 6 juillet 2019 !...

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    Tant que les tailleurs en ont proposé, Léon Degrelle est toujours resté fidèle aux culottes de golf que Hergé lui emprunta pour en faire le vêtement emblématique de Tintin : à gauche, au début des années 30 ; à droite, dans l’Espagne des années 50.

     

    Léon Degrelle était à ce point conscient de son destin super-tintinesque qu’il prend plaisir à le souligner dans Tintin mon copain !

     

    « Avoir aidé Hergé à faire de Tintin un personnage qui, avec le temps, porterait à travers la planète la culotte de golf décrochée de ma garde-robe et la houppette cueillie sur ma boîte crânienne, ne serait qu’un incident merveilleux à travers ma vie haute en couleur. […] C’est dire que Tintin ne serait qu’un épisode, charmant, de ma geste multiforme, où abondent des événements hors du commun : la conquête d’un million de Belges en 1936, par un jeune garçon de vingt-neuf ans, mes quatre ans de combat de chef de guerre au Front de l’Est, ma Ritterkreuz et mes Feuilles de Chêne me hissant en tête des créateurs de l’Europe en gestation. […] Hergé lui-même le savait qui, modeste, parfois même effacé ou effaré, vivrait personnellement, on le verra, chacun des heurts et malheurs de mon épopée. Au long de ceux-ci, c’est vrai, resurgiraient cent fois des réminiscences et des coïncidences de l’esprit, de l’ingéniosité, de la débrouillardise et de l’humour du Tintin de notre jeunesse. » (p. 21)

     

    C’est donc par l’intermédiaire de son personnage de fiction que Hergé vivra les aventures qu’écrira dans la réalité, avec son courage et son abnégation, l’ami Degrelle : « Tintin, c’est moi quand j’aimerais être héroïque, parfait » confiait Hergé à Numa Sadoul (Tintin et moi, Entretiens avec Hergé, p. 45). Et ce, même si, dans ses aventures, Tintin ne revêtira jamais l’uniforme que revêtit Léon Degrelle pour empêcher que l’Europe ne fût anéantie par le bolchevisme (dénoncé dès Tintin au Pays des Soviets) et le matérialisme capitaliste (pourfendu dans tous les autres albums).

     

    Néanmoins, si Hergé ne lui fit jamais porter dans ses aventures l’uniforme de son modèle parti au Front de l’Est, il ne rechignera nullement à le lui faire porter « pour information ». De même que celui de tous ceux qui en portaient dans le IIIe Reich ! A telle enseigne qu’en un fameux clin d’œil à son modèle degrellien, dans la série de vignettes sur l’aviation de 1939 à 1945 (L’aviation, Guerre 1939-1945, Collection « Voir et Savoir », Dargaud, 1953), Hergé prend un plaisir manifeste –en 1953 ! huit ans à peine après la fin de la guerre et alors que la répression des « inciviques » était toujours d’actualité !– à revêtir Tintin de tous les uniformes militaires possibles, en ce compris et avec la même évidente sympathie, les tenues nazies ornées de toutes les croix gammées nécessaires ? Quel dommage que les éditeurs de Tintin mon copain aient oublié ces précieux témoignages de la totale absence d’allergie de Hergé pour la symbolique nationale-socialiste !

     

    Aujourd’hui, on peut être sûr que le « politiquement correct » ne permettrait plus que soit évoquées aussi favorablement « les heures les plus sombres de notre histoire » ! On peut ainsi surprendre Tintin en « Pimpf » de la Hitlerjugend, le boy-scout national-socialiste, ou revêtu de l’uniforme de la Wehrmacht, celui-là même que porta Léon Degrelle jusqu’au Caucase dans les premières années de la Légion Wallonie. Mais il y a aussi le marin de la Kriegsmarine, l’officier de la Luftwaffe, etc.

    De quoi nuancer d’importance l’affirmation péremptoire de Francis Bergeron critiquant la couverture de Tintin mon copain qui s’orne des « portraits de Tintin et de Degrelle, l’un et l’autre en uniforme allemand (mais seul Degrelle l’a réellement porté !) » (Georges Remi dit Hergé, p. 35).

     

    17 Tintin SS-vert.jpg

    Le vingtième chromo de L’aviation, Guerre 1939-1945 est consacré au célèbre, maniable et sûr Fieseler Storch dont est rappelé le plus fameux exploit : la délivrance de Mussolini de sa prison dans le Massif des Apennins, à 1800 mètres d’altitude, par les troupes SS aéroportées du colonel Otto Skorzeny. Hergé eût également pu rappeler que c’est le Fieseler Storch personnel d’Adolf Hitler qui, fait absolument unique dans les annales du IIIe Reich, alla chercher, à deux reprises, Léon Degrelle sur le Front de l’Est pour l’amener au Grand-Quartier Général et y recevoir des mains mêmes du commandant suprême de toutes les forces armées du Reich la Croix de Chevalier de la Croix de Fer (20 février 1944) ainsi que les Feuilles de Chêne, la Croix Allemande en or et l’Agrafe en or des Combats rapprochés (25 août 1944).

    C’est alors que, profondément ému, le Führer confia à celui qui avait su gagner son estime, sa confiance, son amitié et son affection : « Si j’avais un fils, j’aimerais qu’il fût comme vous ! »

    Pour illustrer ce chromo, Hergé a choisi de revêtir Tintin de l’uniforme noir du tankiste d’une division blindée de la SS : il porte le grade de Scharführer (sergent) et est décoré de la Croix de Fer de seconde classe.

    (L’aviation, Guerre 1939-1945, Collection « Voir et Savoir », Dargaud, 1953).

     

     

     

    A suivre

     

  • Degrelle – Hergé, même combat ! (1)

    Annoncée en avril dernier, la réédition du premier numéro des Cahiers d’Histoire du Nationalisme consacré à Léon Degrelle (collection « Documents et Témoignages » du bimestriel Synthèse nationale) est sortie de presse : http://synthesenationale.hautetfort.com/media/02/02/3252292810.pdf

     

    1 LD Cahiers Georgy.jpgRappelons que ce Cahier réalisé sous la direction de Christophe Georgy, président de l’Association (française) des Amis de Léon Degrelle fut publié en 2014 pour le vingtième anniversaire de la disparition de Léon Degrelle et qu’il fut présenté en détail dans un des tout premiers articles de notre blog, le 22 janvier 2016.

     

    Il était initialement prévu que soient incluses dans cet hommage au Chef de Rex et héros de Tcherkassy, des contributions d’Armand Gérard, l’un des animateurs du « Dernier Carré – Léon Degrelle », et de Michael Hemday, auteur de cinq volumes d’Indiscrétions (2004 à 2019) relatives à l’histoire du national-socialisme et de la Seconde Guerre mondiale. Il est également l’auteur –d’où l’invitation– d’un précieux Léon Degrelle, une page d’exil, paru en 2006 et reprenant de nombreux extraits de correspondance d’après-guerre permettant de mieux connaître le Degrelle condamné à l’exil espagnol.

     

    Nous ignorons les raisons qui écartèrent la contribution de Michael Hemday du premier Cahier d’Histoire du Nationalisme consacré à Léon Degrelle, mais nous avons reçu à l’époque l’explication de la suppression de l’article d’Armand Gérard : non seulement il faisait double emploi avec celui de Francis Bergeron (Hergé et Degrelle : histoire d’un copinage), mais il exposait, sous le titre Degrelle-Hergé, même combat, une thèse parfaitement opposée et incompatible. A savoir que, pour notre ami Armand Gérard, « la communauté spirituelle entre Léon Degrelle et Hergé » ne fait aucun doute. Et d’établir, au fil d’une démonstration d’une trentaine de pages, que « c’est à Léon Degrelle que Tintin doit sa profession de journaliste-globe-trotter et à son exemple de droiture, de dévouement et de générosité, ses activités de redresseur de torts ».

     

    2 Tintin mon copain.jpegAux antipodes de cette évidence, Francis Bergeron qui, malgré son Degrelle, Qui suis-je ?, présenté comme un simple « ouvrage de commande » (p. 8), n'a guère d'atomes crochus avec Léon Degrelle (voir ce blog au 20 février 2020), prétendait, quant à lui, en six pages plutôt cancanières, que «Tintin est le contraire de Degrelle», affirmant également contre toute vérité historique à propos des relations entre Hergé et Léon Degrelle, que « les circonstances vont éloigner les deux hommes », et ce, dès que « Degrelle se lance dans la politique », avant de conclure par ce paradoxe tape-à-l’œil, mais sans portée ni intérêt : « En fin de compte, Hergé et Degrelle étaient deux hommes que tout aurait dû séparer, mais qui se sont rencontrés » !...

     

    Sans doute était-il alors difficile pour l’éditeur de publier ensemble deux articles aussi divergents sur le même sujet sans mise au point, ni explication. Le choix qui l’emporta ne fut malheureusement pas inspiré par le contenu, mais bien par le nom de l’auteur, Francis Bergeron, bien connu dans le milieu militant et journalistique du nationalisme français, écrivain à la notoriété établie et directeur du prestigieux quotidien catholique Présent.

     

    L’affaire eût pu en rester là puisque le directeur de Synthèse nationale, Roland Hélie, eut l’élégance de publier dans le numéro de mai-juin 2014 de Synthèse nationale l’article qui avait été refusé dans le Cahier un mois plus tôt.

     

    Mais force nous est de constater que tout au long de ses écrits concernant Léon Degrelle et Hergé ou Tintin, Francis Bergeron tape toujours sur le même clou, niant ou minimisant l’influence de l’apôtre de la Révolution des âmes sur l’auteur des Aventures de Tintin : que ce soit dans son Georges Remi, dit Hergé (2011), Hergé, le voyageur immobile (2015) ou son interview dans Rivarol (8 octobre 2015 : pour ces trois références, voir ce blog au 1er février 2016), mais aussi et surtout son Degrelle, Qui suis-je ? (2016, voir ce blog au 30 avril 2016 et la vingtaine d’articles consécutifs).

     

    Ajoutons que la contribution de Bergeron non seulement prenait le contrepied de la vérité hergéenne, mais affirmait également le contraire de ce que rappelaient pratiquement tous les autres collaborateurs de ce livre-hommage qu’il transforme en persiflage…

     

    C’est ainsi qu’à propos de Tintin mon copain, il évoquait « l’ouvrage signé Degrelle (mais est-il bien de sa plume ?) » alors qu’Alberto Torresano confiait ses souvenirs on ne peut plus précis dans les pages suivantes : « Sur la table de [la] chambre [de Léon Degrelle] à la clinique San Antonio de Malaga, se trouvait le manuscrit de son dernier livre, Tintin mon copain ». De même Francis Bergeron osait-il prétendre que « Tintin est le contraire de Degrelle quant au caractère » pendant qu’Edwige Thibaut rappelait son « amour immodéré pour la justice »… Il décrivait aussi Léon Degrelle comme un « vantard » et un « m’as-tu-vu indifférent aux conséquences de ses actes », alors que Jean-Yves Dufour décryptait « des qualités nécessaires aux hommes d’Etat », que Pierre Gillieth exaltait celui « qui n’a jamais renié sa foi politique » et Yvan Benedetti le « modèle absolu pour les militants dans la lutte, les épreuves, la douleur »…

     

    Alors, aujourd’hui que reparaît tel quel ce Léon Degrelle, Documents et témoignages, toujours affligé de l’article de celui qui présente l’amitié entre Hergé et Léon Degrelle comme un « copinage », nous ne pouvions que rendre à nouveau accessible au plus grand nombre l’indispensable correctif d’Armand Gérard sur la parfaite coïncidence politique de Léon Degrelle et Georges Remi, alias Hergé.

     

    Degrelle – Hergé, même combat ! a donc été revu, augmenté et abondamment illustré afin d’établir et documenter la réalité et la profondeur de l’engagement politique du jeune Georges Remi/Hergé, mais aussi sa fidélité totale et sa loyauté constante à cet engagement qui s’exprima à travers toute sa vie et son œuvre, et ce, jusqu’à la fin.

     

    3 Cristeros.jpegCette illustration des idées de Hergé, de son éthique, des valeurs et de la conception du monde qu’il partageait avec Léon Degrelle complète et confirme l’introduction du même Armand Gérard à la compilation de tous les articles degrelliens concernant les Cristeros, retraçant de la manière la plus précise la genèse authentique du personnage de Tintin : Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin, Editions de l’Homme Libre, 2018, (voir ce blog au 7 février 2019 ainsi que https://editions-hommelibre.fr/achat/produit_details.php?id=198)

     

     

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    Degrelle – Hergé, même combat !

    par Armand Gérard

    (article originellement publié dans Synthèse nationale n° 36, mai-juin 2014,

    aujourd’hui revu, augmenté et illustré)

     

    2 Tintin mon copain.jpeg

     

    En écrivant, en 1990, son ouvrage autobiographique Tintin mon copain en hommage à son ami décédé le 3 mars 1983, Léon Degrelle, qui, narrait notamment comment ses débuts journalistiques avaient été fraternellement liés à la naissance de la vocation de dessinateur de Hergé –et à la naissance tout simplement de Tintin–, ne se doutait pas de l’énormité du pavé qu’il allait lancer dans le marigot du « politiquement correct », créant la sensation, mais éclaboussant aussi d’importance tous les spécialistes autoproclamés de l’exégèse hergéenne.

     

    Il fut rapidement fixé ! En octobre 1991, l’hebdomadaire satirique belge Pan apprit que le plus grand collectionneur de l’œuvre de Hergé, l’humoriste Stéphane Steeman, avait répondu à l’invitation de Léon Degrelle de se rendre chez lui, à Malaga. Il s’agissait, pour le spécialiste par excellence de Hergé, de relire le manuscrit de Degrelle et de l’éclairer sur quelques points de détail. Le hourvari médiatique absolument sidérant que provoqua Pan fut encore accru par le succès colossal de la plus formidable exposition sur le père de Tintin, Tout Hergé qui, depuis juin 1990, avait drainé vers la petite commune belge de Welkenraedt plus de 250.000 visiteurs. Cette campagne de haine torpilla la tournée prévue pour l’exposition et précipita la retraite artistique de Steeman qui, dégoûté, finit par vendre ses richissimes collections à la Fondation Hergé.

     

    4 Pan Steeman TmC.jpegDès que fut connue la visite à Léon Degrelle de l’humoriste Stéphane Steeman, grand collectionneur de Hergé, la presse se déchaîna à travers toute l’Europe. L’auteur de Tintin mon copain ajouta alors un nouveau chapitre à son livre pour rendre compte du scandale provoqué par la presse belge. Mais il aurait aussi pu parler des articles espagnols, néerlandais, allemands ou portugais qui s’ensuivirent. L’hebdomadaire lusitanien O Independente (26 juin 1992) publia ainsi, sous le titre provocateur Moi, Tintin le SS, l’interview, réalisée par une agressive et malveillante Sarah Adamopoulos, annonçant dès la première page de couverture : « Tintin était-il fasciste ? Une interview fatale ». Mais Léon Degrelle ne se démonta pas et en profita pour préciser le rôle exact de Steeman tout en précisant le but de son livre : « Ce n’est vraiment pas dans mes habitudes de me laisser intimider. Mais, par ailleurs, j’ai le souci de l’exactitude. J’ai proposé mon manuscrit au meilleur connaisseur de Hergé et de Tintin sur terre, M. Stéphane Steeman. Nous ne nous connaissions pas. Mais Steeman est une personne adorable. Il a fait le voyage en avion (ce qu’il déteste) de Bruxelles à Malaga afin de relire mon manuscrit avec moi. Nous avons passé trois jours absolument magnifiques car Steeman est quelqu’un de très drôle qui a beaucoup d’humour et un cœur d’or. C’est vrai qu’il a trouvé l’une ou l’autre inexactitude, l’une ou l’autre date inexacte, l’une ou l’autre imprécision dans mon récit. De petites choses. […] J’ai demandé l’avis de Steeman afin de ne pas publier d’erreurs, aussi minimes soient-elles. Nous avons peaufiné mon texte ensemble, sur ma terrasse ensoleillée face à la vaste étendue de la mer. Nous avons dégusté ensemble, dans un climat de grande cordialité, de délicieux et savoureux plats, arrosés des vieux vins de ma cave. »

     

    5 O Independente 26 janvier 1992.jpg

     

    Et de conclure : « Mon livre Tintin mon copain est l’histoire conjuguée du créateur d’une personnalité imaginaire et d’un homme d’action, toujours vivant, et bien vivant, qui ont voulu créer ensemble cette Europe qui eût pu être sauvée il y a cinquante ans. Un jour viendra sans doute où nous regretterons amèrement qu’en 1945 nos drapeaux n’aient pas triomphé ! »

    6 Steeman Malaga Café.jpeg

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    Du coup, la publication de Tintin mon copain fut postposée afin de pouvoir se faire l’écho des manifestations hystériques de ces vestales de l’orthodoxie tintinesque : ce sera le trente-sixième chapitre, « Les derniers crachats »…

     

    Dès avant la publication de son ouvrage, Léon Degrelle eut donc une idée de l’accueil qui lui serait réservé. Mais ce retard eut également des répercussions sur la composition typographique, la recherche iconographique ainsi que sur la confection de la maquette de son livre.

     

    Les graves problèmes de santé de Léon Degrelle et son décès dans la nuit du jeudi saint 31 mars 1994 portèrent un coup fatal à l’entreprise et il fallut attendre l’année symbolique 2000 pour qu’une publication posthume et clandestine voie enfin le jour, s’efforçant de respecter à la lettre tous les desiderata de l’auteur (format, maquette, typographie se rapprochant au maximum des albums Tintin)… Publication « clandestine », car éditée en Syldavie, afin d’éviter autant que faire se pouvait la répression inquisitoriale des héritiers affairistes du malheureux créateur de Tintin (voir ce blog au 23 mai 2016).

     

     

    L’insupportable équation

     

    Mais dès la sortie des quelque mille exemplaires de Tintin mon copain –vendus sous le manteau !–, les hyènes médiatiques se déchaînèrent, éreintant systématiquement le livre (souvent sans même l’avoir lu !) et dénonçant la prétention « grotesque » de son auteur d’avoir quelque réelle importance dans la genèse d’un des mythes emblématiques de la culture belgicaine…

     

    « Mensonges ! » « Récupération ! » « Pas crédible ! » « Sans intérêt ! » « Pamphlet douteux ! » ou même « Ouvrage apocryphe ! » : tels sont les termes utilisés par la plupart des journaleux et autres écrivaillons censés présenter l’ouvrage à leurs lecteurs.

     

    C’est que les éditeurs n’avaient pas hésité à souligner l’évidence aveuglante des faits historiques et de la communauté spirituelle entre Léon Degrelle et Hergé, appuyant le doigt sur une réalité qui fait fort mal au tabou de la bien-pensance : « Il ne s’agit pas seulement des indéniables ressemblances physiques ou des évidents clins d’œil d’un dessinateur à son turbulent et généreux ami : ce qui est surtout mis en lumière, au fil de ces souvenirs pour la première fois rendus publics, c’est la communauté de destin –nullement gratuite !– entre le fils que Hitler aurait voulu avoir et que la jeunesse la plus pure de Belgique suivit dans sa croisade héroïque contre le communisme menaçant l’Europe, et le personnage de papier sorti de la plume de Hergé et auquel la jeunesse du monde entier ne cesse depuis de s’identifier. Ce que de nombreux auteurs soupçonnaient déjà est maintenant irréfutablement établi : si l’idéal de générosité allant jusqu’au don de soi, de fidélité en amitié, de lutte sans concession contre la méchanceté qui avilit le monde irradie bien tous les albums de Tintin, il est consubstantiel à l’engagement degrellien pour une société de justice et de fraternité, encadrée et animée par des chefs responsables et désintéressés. » (page 4 de couverture)

     

    8 LD Gommer.jpegAu début des années 90, la rumeur sur la filiation Degrelle-Tintin enfle : Hergé est mort en 1983. En 1985, Jean Mabire interroge Léon Degrelle sur son rôle dans la genèse de Tintin (voir ce blog au 27 janvier 2016 et Armand Gérard, Léon Degrelle était bien Tintin, L’intuition première de Jean Mabire, Magazine des Amis de Jean Mabire n° 45, Solstice d’été 2015). Après avoir longtemps tu cette filiation, même si la confidence lui avait parfois échappé (notamment auprès de Jean-Michel Charlier en 1976 : voir ce blog au 1er février 2016 ainsi que Jean-Michel Charlier, Léon Degrelle: persiste et signe, Editions Jean Picollec, 1985, p. 71), Léon Degrelle s’avise que raconter les tenants et aboutissants de cette aventure sera une belle manière de rendre hommage à son ami. Désireux de publier son nouvel ouvrage dans la foulée de la formidable exposition Tout Hergé de Stéphane Steeman (8 juin-15 septembre 1991), Léon Degrelle poussa le scrupule jusqu’à demander au célèbre collectionneur de relire son manuscrit, ce que ce dernier fit à Malaga dans les premiers jours d’octobre 1991, provoquant un immense scandale médiatique (voir ce blog au 17 janvier 2016). C’est dans la foulée de ce scandale qu’Olivier Mathieu prononça sa conférence De Léon Degrelle à Tintin dans les locaux du Parti des Forces Nouvelles (PFN) de Bruxelles le 26 octobre 1990.

    Le dessinateur Gommer (alias notre ami Korbo) a dessiné la couverture du mensuel du PFN saluant l’identité retrouvée de Tintin : il ne s’agit plus seulement de bande dessinée, mais d’histoire dessillée !… Ajoutons que, du coup, aussi bien Gommer qu’Olivier Mathieu trouvèrent une place de choix dans Tintin mon copain !

     

     

    A suivre

     

  • Adolf Hitler, 1945-2020

     Le SOIRmag commémore le 75e anniversaire de la
    disparition du Führer !

     

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    Certes, en ces temps de confinement, la page de couverture est toute occupée par le coronavirus, mais ce ne sont pas moins de quatre pages intérieures que le SOIRmag consacre à commémorer cet anniversaire !

     

    Mais pas de panique, c’est sous le titre La fin d’un monstre et inspiré d’ «historiens» bien en cour, le Cegesomesque Alain Colignon et Jean Lopez, auteur d’un déjà ancien Les cent derniers jours d’Hitler, que paraît cette évocation inattendue et… incongrue. C’est signé par un certain Pierre De Vuyst dont l’employeur parle en ces termes : « il peut écrire à peu près sur tout et parfois n’importe quoi » (https://soirmag.lesoir.be/index/ journalistes). Cet amateurisme désinvolte –et insupportable en la matière– se vérifie largement ici.

     

    Car quel crédit accorder à ce récit inspiré par ce falsificateur de Lopez, capable de déglutir 434 pages sur la bataille de Tcherkassy sans pratiquement citer la Division Wallonie et en réduisant l’exigence historique d’Adolf Hitler de recevoir personnellement les artisans de la percée salvatrice (les généraux Theo Lieb et Herbert Gille ainsi que l’Hauptsturmführer Léon Degrelle) à une séance anodine de photographies publicitaires dont il n'y a guère à dire, sauf –diffame l’infect Lopetz– que «Degrelle [est] littéralement ébaubi par son Führer » (Le Chaudron de Tcherkassy-Korsun, p. 404)…

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    C’est ainsi que la commémoration du SOIRmag s’ouvre sur la contre-vérité de la destitution et de la sanction du SS-Reichsführer Heinrich Himmler.

     

    « Tout a commencé dans l’après-midi, avec l’annonce par des radios alliées, dont la BBC, que le Reichsführer-SS Himmler –son bras droit !– avait donné ordre de capituler. Que Göring le vaniteux ait choisi de se donner un rôle de premier plan, c’était prévisible. Mais pas le “fidèle Heirich” [sic], à qui il aurait donné sa vie ! “La nouvelle assomme littéralement Hitler qui pleura tout d’abord comme un enfant, puis se mit à rugir comme un possédé. Il chasse Himmler du parti et le déclare traître”, explique le journaliste et historien Jean Lopez dans [son livre]. L’amiral Dönitz, commandant la kriegsmarine [sic], devra s’assurer que Himmler reçoit le châtiment qu’il mérite. »

     

    Outre que le pigiste du SOIRmag  a sans doute voulu dire que c’est Heinrich Himmler qui eût donné sa vie pour son chef Adolf Hitler, on lui conseillera de recouper les lieux communs de Lopetz concernant la « trahison » du Reichsführer avant de les recopier (ce que nos lecteurs savent depuis ce blog au 28 novembre 2017) :

    1. On aimerait connaître la référence « académique » sur laquelle s'appuie Lopez pour affirmer qu'à l'annonce de la prétendue trahison de Himmler, le Führer « pleura tout d'abord comme un enfant »... Car, de toute évidence, il s'agit-là d'un véritable scoop !

     

    2. « L’annonce par des radios alliées, dont la BBC» (en fait une dépêche de l’agence Reuters relayée par Radio-Stockholm) ne concernait nullement un « ordre de capituler » donné par Himmler aux armées allemandes, mais une demande d’ouvrir des négociations de paix.

    3. Si « Göring le vaniteux» envoya, le 23 avril 1945, son malheureux télégramme au Führerbunker, ce n’était certes pas pour « se donner un rôle de premier plan », mais parce qu’il crut de bonne foi Hitler hors d’état d’agir : « Il s’estima donc tenu de le remplacer, conformément à la déclaration faite au Reichstag qui n’avait jamais été annulée » (Walter Lüdde-Neurath (aide de camp du grand-amiral Doenitz), Les derniers jours du Troisième Reich, p. 49). Son épouse Emmy, témoignera de son chagrin et de son désespoir après avoir appris la mort du Führer : « Désormais, je ne pourrai plus jamais me justifier, lui crier en face que je lui suis toujours demeuré fidèle ! » (Goering, p. 185).

    4. Jamais personne ne fut au courant de la disgrâce du Reichsführer, seulement enregistrée dans le testament politique du chef de l’Etat, dicté dans la nuit du 28 au 29 avril 1945, et jamais parvenu à ses destinataires, dont l’amiral Dönitz, nouveau chef de l’Etat allemand, qui ne put en prendre connaissance qu’en 1946, dans sa cellule de la prison de Nuremberg…

    5. Karl Dönitz ne frappa donc jamais Himmler du « châtiment qu’il mérite» puisque non seulement il ignora tout de la décision du Führer, mais il crut même que la dépêche de Reuters qui la justifiait était fausse. C’est ce qu’il rapporte dans ses mémoires : « Était-il vrai, lui demandé-je [à Himmler], qu’il eût tenté d’entrer en liaison avec les Alliés par l’intermédiaire du comte Bernadotte ? Il le nia […]. Nous nous séparâmes en bons termes. […] Peu après la capitulation, j’appris qu’il m’avait menti en niant ses négociations. […] Pendant l’hiver [1946-47], j’eus connaissance du testament de Hitler dans lequel il réclamait la continuation de la lutte. » (Dix ans et vingt jours, pp. 350-352)

    Pieske LD+Lippert+Himmler+Légende.jpg


    Q
    ue voilà de nombreuses erreurs dans ce seul premier paragraphe du contempteur par procuration De Vuyst, tout en servile correctitude politique (pour tous détails sur ce dossier, voir ce blog au 28 novembre 2017).

     

    Contrastant avec cette histoire biaisée, combien Léon Degrelle reflète plus sûrement la vérité historique dans ses souvenirs des derniers moments du IIIe Reich. Lui aussi apprit par la radio la tentative d’ouverture de négociations entre Himmler et les alliés anglo-américains. Mais il ne conclut pas hâtivement à une trahison. Et n’intima pas à son supérieur de justifier ses actes ! Heinrich Himmler est demeuré de toute évidence, même et surtout après l’annonce de la mort du Führer, son chef et Befehlshaber dont il s’efforce d’obtenir les ordres nécessaires pour les Volontaires européens au Front de l'Est dans ces nouvelles circonstances.

     

    En ce jour d’anniversaire funeste, c’est le récit degrellien que nous privilégierons sans la moindre hésitation, authentique dans son réalisme et son émotion, prémonitoire sinon prophétique dans le portrait que lui permet son expérience personnelle et tellement juste dans son analyse intuitive.

     

    Le 30 avril 1945 au matin, à huit heures, j’appris, par Radio-Londres, une nouvelle stupéfiante : « Himmler négociait un armistice ! » Les pourparlers avaient lieu, paraît-il, dans les environs de Lubeck. […] J’étais décidé à voir Himmler coûte que coûte, à obtenir de lui des ordres nets pour ma Division et la Division Flandre, à lui rappeler l’existence de dizaines de milliers de Volontaires étrangers, vaillants parmi les plus vaillants. Se souvenait-on encore d’eux, dans les débats de Lubeck ? Allait-on les laisser sombrer dans un gouffre ? Tant qu’il restait une possibilité de sauver mes garçons, je voulais la saisir. Et, coupant à travers les campagnes, doublant impétueusement tout ce qui était devant moi, je lançai ma Volkswagen vers Lubeck et vers Himmler. […]

    J’absorbai chiquet à chiquet les kilomètres et aboutis enfin l’après-midi à Lubeck, à l’État-major du Grand Amiral Dœnitz. Un des collaborateurs immédiats de celui-ci m’emmena vers un coin du bureau et me fit à mi-voix –c’était le 30 avril 1945, à cinq heures et demie du soir– cette confidence qui me glaça le sang :

    – Faites attention : demain on annoncera la mort du Führer !

    Hitler était-il vraiment mort ?... Essayait-on de gagner du temps avant de publier cette nouvelle terrible ? Ou préparait-on autre chose ?...

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    Léon Degrelle appelle la jeunesse européenne au combat vital pour l'Ordre nouveau sous la figure emblématique d’Adolf Hitler.

     

    En tout cas, un jour entier avant la déclaration historique du Grand Amiral Dœnitz : « Aujourd’hui, premier mai, à deux heures et demie de l’après-midi, le Führer est tombé en héros au cours de la lutte de Berlin », la nouvelle du décès de Hitler me fut dite à l’oreille, à l’État-major même du Grand Amiral.

    Je fus plus convaincu encore de l’approche du dénouement quand j’atteignis, au nord de Lubeck, au bord du golfe rayé par la pluie, les bureaux de l’État-major des Waffen SS : « Hâtez-vous de voir Himmler, me dit-on, ce n’est plus qu’une question d’heures ! » Mais nul ne savait exactement où se trouvait le Reichsführer SS. […]

    Il réapparut le matin, en coup de vent. Mais il ne s’arrêta que pour quelques minutes. Nous n’eûmes même pas le temps de le voir. Quand nous arrivâmes à l’escalier, il était déjà reparti, blafard, non rasé. Nous aperçûmes seulement trois autos qui cahotaient dans le chemin de sable. Himmler avait, toutefois, signé sans déport, tel que je l’avais fait préparer la nuit même, l’ordre de repli de la Division Wallonie et de la Division Flandre vers Bad-Sedeberg, localité du Schleswig-Holstein, au nord-ouest de Lubeck. Il avait déclaré qu’il désirait me voir. Je devais chercher un logement dans les parages et attendre son retour. […]

    Je m’étais installé dans une petite maison de forgeron, sur la chaussée de Wismar. J’avais pris une chaise et m’étais mis sur le pas de la porte, comme je le faisais le soir, près de mes parents, dans ma ville natale, quand j’étais petit.

    Les camions passaient par centaines. Plus que jamais, les Tipfliegers [chasseurs bombardiers américains] dominaient les chemins. Les rafales crépitaient à l’est, au nord, à l’ouest, au-dessus d’interminables files de brasiers rouges et gris.

    Mon esprit rêvait. Mes yeux erraient dans le vide, comme si le monde dans lequel j’avais si intensément vécu avait déjà perdu le souffle et s’effilochait en fumées tristes.

    soirmag,pierre de vuyst,jean lopez,alain colignon,adolf hitler,tcherkassy,himmler,goering,dönitzLa mer Baltique était à une demi-heure de là, au bout de labourés où les blés avrillés pointaient. J’allai, au crépuscule, m’y asseoir sur une grosse pierre brune. Le soir était à peine rose. On n’entendait rien du tumulte inouï des routes. Seul, de temps en temps, un avion allemand longeait la mer, rasait les flots, pour rester invisible.

    Est-ce que mon rêve mourait, lui aussi, comme ce ciel pâle que la nuit envahissait ?

    Je me relevai, revins par les emblaves et m’étendis, tout équipé, dans le noir, près du forgeron immobile.

    A deux heures du matin, un grand fracas ébranla la porte.

    Je courus ouvrir.

    Une bougie éclairait par gros pans la chambre modeste.

    Un jeune colonel allemand, envoyé par Himmler, se tenait tout raide devant moi, les traits tirés.

    J’avais compris avant qu’il eût dit un mot.

    Je m’étais mis au garde à vous.

    – Le Führer est mort, murmura-t-il…

    Nous nous tûmes tous les deux. Le forgeron, lui aussi, se taisait.

    Puis deux larmes, les larmes des cœurs purs, coulèrent sur ses vieilles joues tannées… […]

    Je passai le reste de la nuit à penser à Hitler.

    J’ignorais les termes de la déclaration de l’Amiral Dœnitz, matériellement fausse. Aucun doute sur la mort du Führer n’eût donc pu m’effleurer alors.

    Je le revoyais, si simple, le cœur sensible, grondant de génie et de puissance. Son peuple l’avait aimé et suivi jusqu’à la fin. Pas une secousse n’avait ébranlé, durant toute la guerre, l’admirable fidélité des masses allemandes pour l’homme dont elles connaissaient le désintéressement, l’honnêteté, l’esprit social, le sens de la grandeur germanique.

    C’était un fait quasi unique dans l’histoire du monde : meurtri, broyé, livré aux souffrances les plus affreuses qu’un peuple ait jamais dû subir, ce peuple n’avait pas eu un murmure contre le chef qui l’avait engagé et maintenu dans cette voie terrible.

    Dans chaque maison, dans chaque charrette sur les routes, j’en étais sûr, on pleurait à cette heure ou on priait. Mais nul, j’en étais certain, n’avait un mot de reproche. Nul ne se plaignait. C’est lui qu’on plaignait.

    Il disparaissait dans l’apothéose des dieux vaincus, parmi des fracas de fin du monde qui semblaient jaillir de chœurs de Wagner. S’en aller ainsi, c’était déjà ressusciter, avec une intensité surhumaine, dans l’imagination des peuples, projeté dans une épopée qui ne s’éteindrait plus.

    (La Campagne de Russie, pp. 466 sv.)

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    Léon Degrelle dans son bureau de Malaga, près du portrait dédicacé d’Adolf Hitler.

  • Cercle des Amis de Léon Degrelle

    33e correspondance privée – Octobre 2019

     

    Les vingt copieuses pages d’informations degrelliennes de la nouvelle publication du Cercle des Amis de Léon Degrelle s’ouvrent sur un pénétrant portrait du roi Léopold III et la signification de la « politique de neutralité » officielle de la Belgique, également défendue par un Léon Degrelle soucieux d’éviter à tout prix une guerre suicidaire à son pays et à l’Europe. On ne peut que constater, aujourd’hui, combien les arguments qu’il présenta au roi étaient pertinents et visionnaires (pages extraites du premier chapitre « Un soir avec Léopold III », de La Cohue de 1940).

     

    cercle des amis de léon degrelle, Outre l’annonce de la publication en anglais de Hitler pour 1000 ans (aux éditions Ostara Publications, 17 euros) et la présentation des Légions de la croisade contre le bolchevisme dans le Hors-Série n° 36 du bimestriel Ligne de Front (une dizaine de pages consacrées à la Légion Wallonie et Léon Degrelle; en 2012, le Hors-Série n° 17 proposait déjà Les Légions maudites du IIIe Reich; 14,5 euros l’exemplaire), cette nouvelle correspondance publie la probablement ultime interview de Léon Degrelle, accordée à la revue Hyperborea, en son domicile de Malaga, le 20 novembre 1993 (soit quatre mois avant sa disparition ; nous regretterons seulement que la traduction soit quelque peu hésitante).

     

     

    cercle des amis de léon degrelle

    Dans cette première partie (la seconde sera publiée dans la correspondance de février prochain), Léon Degrelle réaffirme son admiration totale pour Adolf Hitler, « le génie absolu » entreprenant non seulement de réorganiser une grande Allemagne mais de projeter celle-ci dans une Europe nouvelle où l’individu s’inscrit dans la communauté des peuples et s’épanouit socialement et spirituellement dans un projet unique de civilisation.

     

    Un bref article intitulé « Himmler et Degrelle », complètement hors de propos, prétend raconter comment, « à partir du 02 Mai 1945 », « Himmler une dernière fois rencontra Degrelle ».

     

    Nous ignorons où l’auteur a puisé ses renseignements, mais visiblement pas aux bonnes sources puisqu’il ose écrire « Il semble que [Himmler] n’a guère d’estime pour ces étrangers [les SS wallons] ».

    cercle des amis de léon degrelle

    Le Reichsführer SS Heinrich Himmler assiste à un entraînement des futurs SS wallons, le 24 mai 1943, au camp de Pieske.

     

    Pour se faire une idée de la piètre estime en laquelle le Reichsführer SS tenait ses SS wallons, il suffit de relire La Campagne de Russie de Léon Degrelle (p. 479; nous sommes le 2 mai 1945) :

     « Lui [Heinrich Himmler], toujours si sec et si discret dans ses sentiments, me prit avec force les mains : "Vous avez été des fidèles, vous et vos Wallons, me dit-il, vous êtes restés les derniers à nos côtés dans le combat et dans le malheur". »

     

    Le chroniqueur des « Amis » poursuit : « Pourtant, Himmler fait savoir à Degrelle qu’il accepte de joindre les Belges à sa propre garde. » Faut-il penser que la version de Léon Degrelle est apocryphe, lui qui ne parle aucunement de servir la garde personnelle du Reichsführer : « « Nul n’avait pu me dire quand Himmler reviendrait [en son quartier-général, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Lubeck]. Il réapparut le matin, en coup de vent. Mais il ne s’arrêta que pour quelques minutes. Nous n’eûmes même pas le temps de le voir. […] Himmler avait, toutefois, signé sans déport, tel que je l’avais fait préparer la nuit même, l’ordre de repli de la Division Wallonie et de la Division Flandre vers Bad-Sedeberg, localité du Schleswig-Holstein, au nord-ouest de Lubeck. » (p. 471)

     

    Mais « Bad-Sedeberg, lui aussi, était tombé ! […] J’espérais, malgré tout, retrouver au Danemark une partie de mes garçons. Deux cents de nos hommes avaient été envoyés à temps à Rostock. De là, certainement, ils avaient pu prendre la mer. D’autres, qui n’avaient pu gagner à temps Lubeck, avaient dû, eux aussi, atteindre la côte. Mes hommes étaient les rois des débrouillards. Où personne ne passait, eux passaient toujours. » (p. 477)

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    Heinrich Himmler, accompagné du futur Commandeur de la SS-Sturmbrigade Wallonie, Lucien Lippert,  sympathise avec les Légionnaires wallons. Selon Saint-Loup (Les SS de la Toison d'Or), c’est lors de sa visite à Pieske qu’à son grand amusement, le Reichsführer fut appelé « Rechnungsführer » (chef-comptable) par le Feldwebel Marcel Bonniver, tout confus ! « On n’a jamais autant rigolé que ce jour-là ! » aimait-il rappeler après la guerre. Décoré de la Croix de Fer de Deuxième et de Première Classe, porteur de l’Agrafe en argent des Combats rapprochés, de l’Insigne en argent des Blessés et de l’Insigne en argent des combats d’infanterie, le Hauptsturmführer Bonniver participa aux derniers combats de Poméranie jusqu’au 3 mai 1945 quand, commandeur du bataillon « ‘t Serclaes de Tilly », il rendit les armes aux Américains.

     

    Pour le chroniqueur des « Amis », cependant, le chemin du Danemark passe par la désertion : « Entre temps, les fameuses troupes de la Légion Wallonie ont fondu comme neige au soleil. Là, beaucoup de volontaires ont préféré se débarrasser de leur uniforme et passer la frontière danoise. » Ce qui ne correspond pas non plus à la version, que nous considérerons quand même comme plus autorisée, de Léon Degrelle : « Mes calculs s’étaient révélés exacts. Déjà tout un groupe de soldats wallons, arrivés par la mer, se trouvaient à Copenhague ! Nous nous retrouvâmes avec de grands cris de joie. Il fut entendu, avec le général Panke, commandant la SS au Danemark, que nos hommes, au fur et à mesure de leur arrivée, seraient envoyés en Norvège, où nous nous regrouperions et ferions face aux événements. Là-bas se trouvait le dernier front antibolcheviste. Les trois cents mille soldats allemands qui y étaient massés étaient parfaitement armés et ravitaillés. Ils pouvaient résister longtemps. » (p. 482)

     

    Mais brisons là : ainsi donc Himmler n’aimait pas les Wallons… qui finirent par déserter ! La prochaine étape sera-t-elle celle du CEGESOMA les accusant de génocide (voir ce blog au 30 novembre 2019) ?…

     

    Nous avons eu l’occasion de chroniquer les relations entre Heinrich Himmler et Léon Degrelle à partir de sources vérifiées et recoupées (voir ce blog, notamment aux 25 janvier 2016, 28 novembre 2017, 20 juillet 2018, etc.).

    cercle des amis de léon degrelle

    Les dernière paroles du Reichsführer SS au Standartenführer Léon Degrelle : « Degrelle, vous serez nécessaire un jour. Tout changera vite. Gagnez six mois. Vous devez vivre ! »

     On finirait quand même par se demander à quoi sert de se décarcasser comme des Ducros sisyphiens pour dégager Léon Degrelle et ses Légionnaires des calembredaines des menteurs officiels en constatant que même les « Amis » préfèrent débiter les ragots de sous-De Bruyne…

     

    Cercle des Amis de Léon Degrelle

    Adhésion (valant abonnement à la Correspondance privée): 25 euros (France) - 32 euros (autres pays).

    BP 92733 - 21027 Dijon Cedex (France)

    lesamisdeleon.degrelle@gmail.com

     

  • Cercle des Amis de Léon Degrelle

     

    Numéro de mai 2019 : un gros 20 pages d’infos

    degrelliennes !

     

     

    C’est avec grand plaisir que nous avons reçu la dernière publication du Cercle des Amis de Léon Degrelle, un copieux numéro puisqu’il compte 20 pages d’informations toujours passionnantes.

     

    S’ouvrant sur le beau texte « Flottille d’âmes » issu de Révolution des âmes (« Là est la vraie révolution : apporter un peu de lumière dans ces esprits, le redressement dans ces âmes ; moins douter de soi ; dompter l’imparfait ; se relever vers le meilleur, et vers le beau, et vers les autres ; respirer enfin son âme »), cette 32e Correspondance privée offre à nouveau une foultitude de précieux renseignements sur l’actualité et les publications degrelliennes.

     

    cercle des amis de léon degrelleRetenons le magnifique blason « Rex » sculpté en noyer : pour le commander, se renseigner à l’adresse de l’artiste perig.kerys@orange.fr.  Relevons aussi les éditions de Revolución de las Almas (éditions Esparta, 15€, avec une préface de José Luis Jerez Riesco –l’auteur de León Degrelle en el exilio (voir ce blog au 28 mai 2016)– et une introduction de Xosé Carlos Ríos –docteur en Histoire médiévale, spécialiste du monde celtique et chrétien, de l’histoire de la musique et du drame wagnérien) et El Dr. Leuchter y el fascinante Hitler (éditions Sieghels Libreria Argentina, 15€).

     

    cercle des amis de léon degrelle

     

    Ce livre avait déjà connu une édition à la Libreria Europa de Barcelone en 1992, ainsi qu’une édition française sous le titre Le Fascinant Hitler !, qui, pour les raisons de sécurité que l’on peut imaginer après la lourde condamnation, dans la Belgique de 1980-1981, des éditeurs de la Lettre au Pape à propos d’Auschwitz, ne comporte aucune indication d’éditeur, de date ni de lieu autre que « Imprimé dans la Communauté européenne », ce qui en rendit la distribution excessivement difficile et aléatoire !

     

    cercle des amis de léon degrelle

     

    Mais la revue du Cercle des Amis de Léon Degrelle recense également près de quatre pages de livres qui ne peuvent qu’intéresser tout degrellien, tels De l’Hostilité, de l’écrivain-poète Kurt Eggers, volontaire à la SS-Panzergrenadier Division Wiking à laquelle appartiendra également la SS-Sturmbrigade Wallonie (traduction de notre amie Edwige Thibaut qui publia l’indispensable L’Ordre SS. Ethique et Idéologie, ainsi que le précieux Heinrich Himmler, esquisse d’une vie : voir ce blog au 22 janvier 2016, ainsi que le blog « Dernier Carré – Weltanschauung » au 3 janvier 2017) ; Reflets de l’âme fasciste : ce recueil de textes d’Augusto Turati, secrétaire général du Partito Nazionale Fascista, avec une préface de Mussolini, est réédité avec une postface de Gabriele Adinolfi (incontournable théoricien de la mouvance nationaliste révolutionnaire européenne, voir https://www.eurhopethinktank.eu/fr) ou Le Jeune Hitlérien Quex, de Karl Aloys Schenzinger, médecin-écrivain, qui paiera l’immense succès de son roman (à l’origine de Hitlerjunge Quex, l’un des films les plus populaires du cinéma national-socialiste) d’un emprisonnement dans un camp américain et de l’interdiction de publication.

     

    cercle des amis de léon degrelle

     

    Tous ces livres –comme la plupart de ceux présentés dans cette Correspondance– sont disponibles sur https://bnat-france.com/

     

     

    cercle des amis de léon degrelleMais la revue s’enrichit également de textes originaux, tel celui présentant le hongrois Ferenc Szalasi, théoricien du Plan d’organisation de l’état Magyar, à l’origine du Parti de la Volonté Nationale qui deviendra finalement le Parti des Croix Fléchées. Devenu « Guide de la Nation » après la trahison du régent Horthy, Ferenc Szalasi put mettre en œuvre son programme social, en même temps qu’il leva une dizaine de divisions pour lutter contre le bolchevisme.

     

    Parmi les autres importantes contributions, il faut signaler la seconde partie de la transcription intégrale de l’entretien que Louis Pauwels et André Brissaud eurent avec Céline en 1959 (filmé pour la télévision française, mais aussitôt interdit), ainsi que la première partie d’un parallèle entre Rainer Maria Rilke et Robert Brasillach.

     

    Mais la contribution qui nous intéressera le plus est sans conteste l’évocation par Blas Piñar de Léon Degrelle, mon ami.

     

    cercle des amis de léon degrelleAvant d’être le tribun charismatique et le Caudillo incontesté des nationalistes espagnols rassemblés dans le mouvement Fuerza Nueva, le notaire Blas Piñar fut directeur de l’Institut de Culture hispanique, destiné à resserrer les liens entre l’Espagne et les pays hispano-américains (son successeur fut le Docteur Gregorio Marañón, membre de l'Académie Royale Espagnole et préfacier de Léon Degrelle).

     

    Blas Piñar se sentit toujours concerné par le sort de Léon Degrelle, participant activement à sa protection physique, économique, politique :

    « Mes contacts avec Léon Degrelle sont devenus plus intenses à partir d’un article que j’ai publié dans Fuerza Nueva, le 21 février 1970 (n°162) Il portait le titre « Ceux qui ne pardonnent pas » [il s’agit en fait du numéro 163, dont la virulence du propos provoqua, entre autres, la première saisie, chez l’imprimeur, du bimensuel Fuerza Nueva, pourtant réputé issu du « bunker franquiste », par la Direction générale de la Presse, sur ordre du ministre de l’Information et du Tourisme, Alfredo Sánchez Bella, membre de l’Opus Dei bien décidée à se débarrasser de l’encombrant Léon Degrelle]. Je protestais dans cet article contre l’ordre de perquisition et de saisie qui, à la demande du gouvernement belge, avait été dicté par le ministre des Affaires étrangères, Gregorio López Bravo [également membre de l’Opus Dei]. Si Léon Degrelle était capturé, il serait transféré dans son pays pour appliquer la peine de mort à celui qui avait été reconnu coupable d’un crime dont le délai de prescription avait été prolongé [le député Blas Piñar n’hésita pas à relayer cette position courageuse aux Cortès, dans son discours du 20 février 1970, dénonçant le marché sordide que le nouveau gouvernement de Franco (le douzième, d’octobre 1969 à juin 1973, emmené par Luis Carrero Blanco et faisant la part belle aux technocrates de l’Opus Dei) semblait prêt à accepter : « Le prétexte donné pour lancer le mandat d’amener contre Léon Degrelle est bien mince. Le gouvernement espagnol a voulu amadouer le gouvernement belge, qui boycotte l’entrée de l’Espagne dans le Marché commun, en lui livrant Degrelle ! »]. […]

    cercle des amis de léon degrelle

    Blas Piñar en meeting dans les arènes monumentales combles de Madrid (plus de 30.000 personnes !) en 1979. Le drapeau à croix de Bourgogne n’est pas hissé en l’honneur de Léon Degrelle : il représente les « Requetés » carlistes espagnols, un des piliers du mouvement franquiste. C’est l’empereur Charles-Quint, également duc de Bourgogne, qui emmena ce symbole en Espagne où il figura naturellement sur les étendards militaires jusqu’au XIXe siècle. Il orne toujours le drapeau historique de la Garde royale.

     

    La vie de Léon Degrelle n’était pas facile en Espagne. J’ai rejoint le groupe qui l’a aidé, non seulement pour le sauver des difficultés économiques qui l’assaillaient, mais aussi pour sa propre sécurité.

    Ses ennemis, à l’affût, voulaient le tuer et son statut d’exilé politique ne suffisait pas pour jouir de la protection généreuse du gouvernement espagnol. Des difficultés économiques, il a pu les surmonter. Mais il ne pouvait pas échapper à la persécution. Des gens venaient de l’étranger, périodiquement, dans le but de lui prendre sa vie.

    Une fois, pour l’éviter, on lui chercha un refuge dans un monastère [l’abbaye bénédictine du Valle de los Caídos] ; une autre, il a été admis à l’hôpital [la « Ciudad Sanitaria Francisco Franco » de Madrid (aujourd'hui Hospital Gregorio Marañón) où Léon Degrelle dut se faire opérer sous l'identité du Capitaine Fernando Sáenz chez qui il se cachait] et une autre, il a été caché dans une ville de la province de Ciudad Real [l’ordre de « recherche et capture » de Léon Degrelle donné en février 1970 par le gouvernement d’Opus Dei obligea Léon Degrelle à entrer à nouveau, 25 ans après son arrivée en Espagne, dans une pénible clandestinité de deux ans, changeant onze fois de refuge].

    Pour le protéger, il a été adopté par Matilde Martínez Reina, a changé son nom et a été rebaptisé León Ramírez Reina. J’ai rédigé, en tant que notaire, l’acte d’adoption. »

    (Sur les relations entre Blas Piñar et Léon Degrelle, outre l’ouvrage déjà cité León Degrelle en el exilio, on se reportera surtout aux mémoires de Blas Piñar lui-même, La Pura Verdad).

     

    cercle des amis de léon degrelle

    Meeting de Blas Piñar et Fuerza Nueva, en 1977, seuls à pouvoir remplir « Las Ventas », les formidables arènes de Madrid : au premier rang de l’assistance, Léon Degrelle et son épouse Jeanne Degrelle-Brevet, se sachant observés par la presse, s’abstiennent de lever le bras pour le salut franquiste lors de l’exécution des hymnes patriotiques espagnols.

     

    Pour pouvoir avoir accès aux mines d’informations précieuses du Cercle des Amis de Léon Degrelle, il est indispensable d’adhérer au Cercle (25 euros pour la France ; 32 euros pour l’Europe). En France, il est toujours possible d’envoyer un chèque à l’ordre du Cercle des Amis de Léon Degrelle (BP 92733, 21027 Dijon Cedex). Mais en Belgique, par exemple, où l’usage des chèques a disparu, il faut utiliser le paiement Paypal.

     

    Le Cercle n’est cependant pas à l’abri des persécutions, même mesquines, du Système :

    « Le groupe Paypal a supprimé par trois fois le compte du Cercle : aucun motif n’a été avancé. Aucune explication ne nous a été donnée et la seule réponse que nous avons reçue à nos multiples appels et courriels a été de nous dire que : “Nous avons définitivement restreint [sic] votre compte”. Le solde positif que nous avions sur ce compte est bloqué durant 180 jours !!!

    Nous avons donc créé un nouveau compte pour le règlement Paypal :

    cercleamisdeld@gmail.com »

     

  • Joris van Severen et Léon Degrelle

    Léon Degrelle s’engagea au Front de l’Est.

    Joris van Severen aurait-il franchi ce pas ?

     

    Suite à un article paru dans le courrier trimestriel du Centre d’Etudes Joris van Severen (« Un camarade de tranchée de Joris van Severen sur le front de l’Yser, officier sur le Front de l’Est ? »), nous nous sommes intéressé à l’histoire du colonel Jules Frankignoul, officier de l’armée belge prisonnier à l’Oflag de Prenzlau, qui, en 1944, se porta volontaire pour rejoindre la Division Wallonie au Front de l’Est avant d’y renoncer sur pression de son entourage (voir ce blog au 23 janvier 2019).

     

    Nous avions écrit que nous ne pouvions « souscrire à la conclusion de Maurits Cailliau, sentant par trop son politiquement correct contemporain » car nous avions interprété qu’il se réjouissait que l’ami de Joris van Severen ne se soit pas compromis au Front de l’Est.

     

    Nous posant la question de savoir en quoi la qualité d’ami de Joris van Severen eût pu paraître incompatible avec un engagement au Front de l’Est, nous ajoutions : « Il n’est évidemment pas question pour nous d’imaginer ce que l’histoire du Verdinaso, du mouvement flamand et de la collaboration fût devenue si Joris van Severen n’avait pas été assassiné le 20 mai 1940. Mais peut-on exclure qu’il eût pu entrevoir de nouvelles possibilités pour le Dietschland après la victoire allemande ? qu’il eût d’ailleurs pu s’y voir encouragé par l’entourage royal ? qu’à l’instar de Léon Degrelle, il se fût engagé contre le communisme, aussi patriotiquement que tant d’autres Flamands ? qu’il eût pu se montrer fier de l’engagement de son ami Frankignoul dans les rangs de ceux qui voulaient bâtir une nouvelle Europe libérée des banksters, authentiquement nationale et sociale ? »

     

    Joris vitrail.jpegC’est à cela qu’entend répondre M. Maurits Cailliau dans le nouveau courrier (2e trimestre 2019, pp. 19-20) du Studiecentrum Joris van Severen.

     

    Entretemps, il nous est prêté, en tant que rédacteur de notre Courrier, un excès de « political correctness » –accusation que, par ailleurs, nous rejetons avec force. Elle se fonde sur le soupçon que nous aurions voulu innocenter celui qui fut l’ami de Joris van Severen au temps du Front de l’Yser d’un possible engagement au Front de l’Est. Nous savons tous en effet que nombre de disciples de Joris van Severen –et sûrement pas parmi les plus modestes d’entre eux – ont résolument franchi ce pas.

    En ce qui nous concerne, nous nous garderons bien d’écrire l’histoire avec des « et si… » à propos de ce que Joris van Severen aurait pu faire s’il n’avait pas été assassiné à Abbeville en mai 1940. Toutefois, et après avoir étudié de nombreux documents allemands ainsi que les notes du journal de Joris van Severen lui-même, nous avons bien peur de devoir penser qu’il aurait plutôt partagé le sort d’un Paul Hoornaert, le chef de la Légion Nationale, qui mourut dans un camp de concentration allemand [certains parlent de Sonnenburg, aujourd’hui en Pologne, sur l’Oder, réservé à des opposants politiques des pays occupés ; d’autres du Fort de Breendonk, près d’Anvers] (nous avons rassemblé nos conclusions dans un essai intitulé « Les soupçons légitimes des Allemands sur le Verdinaso » qui sera publié dans le 23e Annuaire Joris van Severen qui paraîtra en mai prochain).

     

    Nous regrettons d’avoir heurté M. Cailliau à propos de ce que nous avons compris à tort comme une tentation de « politiquement correct » et nous ne polémiquerons pas sur le fait de savoir qui écrit le plus d’histoire-fiction en évoquant la possibilité de réaliser le rêve thiois au sein du IIIe Reich ou celle d’aller mourir dans un de ses camps de concentration puisque, malheureusement, Joris van Severen n’a eu la possibilité d’effectuer aucun de ces choix après son assassinat à Abbeville, le 24 mai 1940.

     

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  • « 25 ans sans Léon Degrelle »

     

    Commémoration du 31 mars à Valence (Espagne)

     

    A l’occasion du 25e anniversaire de la disparition de Léon Degrelle, Devenir Europeo et l’Association Culturelle des Amis de Léon Degrelle ont organisé, le 6 avril dernier à Valencia une émouvante réunion d’hommage à la mémoire de Léon Degrelle (ce blog au 5 avril 2019).

     

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    Voici les textes des principaux orateurs, au premier rang desquels José Luis Jerez Riesco, fondateur de l’Association, Ramón Bau, ancien secrétaire général du Cercle Espagnol des Amis de l’Europe (CEDADE) ainsi qu’une importante interview d’Eduardo Núñez, actuel président de l’Asociación Cultural Amigos de León Degrelle.

     

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  • Cercle des Amis de Léon Degrelle

     

    Nouvelle parution du Degreller Beobachter !

     

    Couverture Cercle 31.jpegLa 31e Correspondance privée du Degreller Beobachter nous est parvenue ! Nous voulons bien entendu parler de la Lettre du Cercle des Amis de Léon Degrelle, qui demeure un véritable observatoire de l’actualité degrellienne et de tout ce qui touche à l’épopée des héros qui crurent en l’Europe nouvelle.

     

    Ce courrier est illustré par la belle photo colorisée de Léon Degrelle et Otto Skorzeny: l'Obersturmbannführer Skorzeny est en civil, mais Léon Degrelle porte son uniforme de Standartenführer (voir ce blog au 28 novembre 2017) ainsi que toutes ses décorations.

     

    La trente et unième livraison du courrier du Cercle s'ouvre sur un texte fort intéressant de Léon Degrelle publié dans L’Avant-Garde du 19 mars 1928 et intitulé « Que font à Liège les jeunes ? » : il y rendait compte de l’action des étudiants catholiques de cette université d’Etat (seule l’université de Louvain est catholique, appartenant à l’Eglise et administrée par les évêques de Belgique).

     

    Ces étudiants catholiques –qui publiaient un magazine estudiantin Le Vaillant– n’acceptèrent pas la condamnation de Charles Maurras et de l’Action Française (5 septembre 1926) et osèrent « croiser le fer, plume contre crosse, avec Pie XI ». C’était surtout le pot de terre contre le pot de fer, mais lorsque ces étudiants à qui la hiérarchie avait enlevé leur moyen d’expression publièrent un nouveau magazine, Le Quartier latin, ils ne firent que s’attirer davantage encore de persécutions, au point de rendre leur publication et l’existence même de leur groupe impossibles.

     

    Cette histoire touche évidemment de près Léon Degrelle puisqu’il est le grand responsable de la condamnation de l’Action Française par Pie XI : c’est lui qui parvint, en mai 1925, à faire élire par les étudiants belges Charles Maurras « maître à penser de la jeunesse belge » au terme d’une enquête des Cahiers de la Jeunesse Catholique (voir ce blog au 29 mars 2017)

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    Aussi ne cache-t-il pas son amicale sympathie pour ses condisciples de la « Cité ardente » : « On les désavouait de tous côtés mais cependant on leur conservait dans un petit coin très fraternel du cœur, une très vive sympathie. Car leur geste de révolte était dicté seulement par un ardent patriotisme et par l’amour de la civilisation qui fait le charme et la douceur de leur ville natale. Ils étaient aveugles, mais avaient le cœur droit. » En concluant toutefois que « la cause de ces Liégeois était impossible à défendre », Léon Degrelle ne peut que leur opposer sa position et celle des étudiants catholiques de l’université de Louvain : « nous qui avons abandonné le drapeau de L’Action Française, auprès duquel nous avions tous bataillé jadis[, nous] sommes partis pour ce seul motif : parce que nous avions vu que nous avions tort. »

     

    Et comment Léon Degrelle et ses compagnons virent-ils qu’ils avaient tort ? « Nous avons, un jour, été trouver Mgr Picard ; nous avons eu chez lui de véhémentes discussions ; finalement il a déchiré de haut en bas le voile sombre : nous avons vu clair. Nous avons plié les genoux. […] Les Liégeois n’ont pas trouvé sur leur route, un apôtre à la Picard. Ils ont voulu pousser leur soc à travers les rochers puisqu’on les chassait des terres grasses : le soc s’est brisé… »

     

    Mais qui était Mgr Picard (voir ce blog au 5 avril 2017) pour obtenir pareille sublime soumission de la part du fougueux meneur d’hommes qui venait d’organiser –le 12 janvier précédent– le sac de l’exposition bolchevique de Bruxelles ?

     

    Laissons parler Léon Degrelle qui se remémore, en 1976 : « Tout en étant étudiant, j’ai […] vécu sous son toit. Mgr Picard […] était le prêtre le plus extraordinaire que j’ai connu dans ma vie. C’était un saint. Et pour moi, l’essentiel de la vie d’un prêtre, c’est d’être un porteur de sainteté. Il doit être en exclusivité un héraut de la vie spirituelle. […] Mgr Picard, lui, était le saint complet. Je lui servais la messe tous les matins à six heures, car souvent, la nuit, nous trimions encore ensemble, ou revenions fourbus, en troisième classe, d’une conférence à un bout ou l’autre du pays. » (Jean-Michel Charlier, Léon Degrelle Persiste et signe, p. 49)

     

    Capture.PNGMais la sympathie de Léon Degrelle ne va pas spontanément –loin de là !– à ceux que l’Eglise officielle a remis en selle pour remplacer les étudiants maurrassiens de Liège : s’il ne critique pas avec sa férocité coutumière la reparution de la revue officielle Le Vaillant, il compare néanmoins son directeur à sa bête noire louvaniste, l’étudiant en droit Yvan Lenain qu’il va écrabouiller un an plus tard dans son Avant-Garde en montant le canular de son arrestation par la Sûreté de l’Etat ! Yvan Lenain était directeur du mensuel Nouvelle Equipe dont Léon Degrelle fut secrétaire de rédaction (il y publia, l’année précédente, son célèbre poème Mon Pays me fait mal, qui marqua profondément Robert Brasillach), mais qu’il quitta pour fuir son solennel ennui : « Moureau, c’est Lenain. Lui aussi prend de petits airs philosophiques. Mais avec cette différence que parfois on le comprend : Lenain, jamais. […] Les rédacteurs du Vaillant ne laissent rien prévoir encore. Ils ont bien essayé d’aligner des pâquerettes entre les doigts de pieds des muses mais ce n’était pas brillant ! Le brave Moureau ne m’a pas encore convaincu de son génie poétique à ce jour ! »

     

    Pour en savoir plus sur Mgr Picard (p. 19 sv.), le sac de l’exposition bolchevique (p. 39 sv.) ou Yvan Lenain (p. 98 sv.), nous renvoyons le lecteur à l’indispensable Cristeros que les Editions de l’Homme Libre viennent de sortir, rassemblant tous les écrits de Léon Degrelle sur ce mouvement de résistance catholique (voir ce blog aux 10 janvier et 7 février 2019).

     

    Un itinéraire rexiste ?

     

    Il faudrait tout citer dans ce que propose cette 31e Correspondance, tant sa lecture est passionnante, mais en nous concentrant sur l’actualité degrellienne, nous pensons bien mettre suffisamment l’eau à la bouche de nos lecteurs.

     

    Un premier article fait écho au compte rendu de la communication d’un historien local –Jean-Michel Bodelet, auteur notamment d’un Sur les traces de Godefroid de Bouillon– au colloque de l’asbl Saint-Hubert d’Ardenne, le 24 novembre 2017 : « Jean H., itinéraire d’un rexiste borquin (1936-1945) » (ndlr : « Borquin » est le nom donné aux habitants de Saint-Hubert, évoquant sa spécialité de saucisson de porc fumé et cuit à la vapeur). Ce compte rendu est publié sur le site L’avenir.net de l’ancien journal L’Avenir du Luxembourg (qui accueillit, le 5 novembre 1922, le tout premier poème de Léon Degrelle !). Le site présente ainsi la contribution de J.-M. Bodelet : « l’histoire d’un Borquin, traître à la patrie, qui avait été séduit par le discours ravageur de Degrelle au milieu des années 1930, poussant cette fascination à l’extrême en s’engageant aux côtés des nazis. » Mais il termine paradoxalement par ces derniers mots du conférencier « Jean H. est tout sauf un nazi » !

     

    Les 17 pages du texte intégral de l’article de Jean-Michel Bedelet est publié dans le Tome XII des Cahiers d’Histoire de Saint-Hubert d’Ardenne (368 p., 35€+10€ de frais d’envoi, quand même !). Nous aurons sans doute l’occasion d’y revenir.

     

    L’abbé Norbert Wallez

     

    S’il existait quelques rares articles concernant Norbert Wallez –l’ancien directeur du quotidien catholique Le XXe Siècle, découvreur des talents de Hergé et Léon Degrelle–, un certain Marcel Wilmet, ancien employé des Studios Hergé, vient de commettre une première biographie de ce fameux abbé (auquel l’Abbaye d’Aulne doit d’être l’attraction touristique d’aujourd’hui, mais de ça, l’auteur n’en a cure) : L’Abbé Wallez, l’éminence noire de Degrelle et Hergé. Le titre même montre le parti-pris politiquement correct de l’auteur : cet abbé est pire qu’une traditionnelle éminence grise, son éminence est carrément noire ! Comme son âme, certainement !

     

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    Le Cercle des Amis de Léon Degrelle ne manque d’ailleurs pas de souligner le postulat de départ de M. Wilmet : « Au travers de cette biographie, l’auteur veut faire connaître ce religieux pour dévoiler l’influence –selon lui– “néfaste” qu’il a exercée sur le jeune dessinateur Hergé, mais également sur Léon Degrelle qui travaillait à l’époque à la rédaction du quotidien catholique Le Vingtième Siècle… » Et de constater : « Malgré les nombreuses photographies et documents, le livre tourne au règlement de compte politique et aux ragots ».

     

    Le scoop de l’auteur, c’est que l’abbé aurait été le véritable idéologue de Rex à travers son influence sur Léon Degrelle ! Et qu’il serait aussi seul responsable des quelques dérives antisémites décelables dans l’œuvre de Hergé !! La différence entre les deux jeunes gens ? Léon Degrelle est un méchant qui a pris les armes aux côtés des Allemands. Hergé, lui, est un gentil, qui a toujours refusé quelque engagement dans un parti et ne fut finalement influencé par l’abbé démoniaque qu’à l’insu de son plein gré !

     

    Nous aurons aussi l’occasion de revenir sur cette monographie tellement bien orientée qu’elle ne reçoit que des éloges de la part de la grande presse nous protégeant des « fake news » (voir ce blog au 28 novembre 2018) : c’est ainsi que le Cercle ne manque pas d’épingler le titre de l’inénarrable Soir du 4 décembre dernier : Norbert Wallez, le saint-esprit du fascisme belge et sulfureux ami d’Hergé !

     

    Editions pirates (?) de Léon Degrelle

     

    Le Cercle ne manque pas non plus de recenser les nouvelles éditions (pirates ou non ?) des œuvres de Léon Degrelle. La réédition de Tintin mon copain est sans aucun doute une édition non autorisée car elle ne respecte en rien les volontés de son auteur qui avait écrit cet ouvrage pour rendre hommage à son ami Hergé décédé en 1983 : c’est Jean Mabire qui, à cette occasion, lui en donna sans doute l’idée (voir ce blog au 27 janvier 2016).

     

    Léon Degrelle avait expressément désiré une édition au format des Aventures de Tintin, abondamment illustrée et utilisant, si possible, la même typographie, le même procédé de numérotation ainsi que des pages de garde rappelant les dessins épars des pages « bleues » ouvrant et fermant les albums Tintin. Rien de tout cela, ici : le format fait 15x23, compte du coup 410 pages et coûte 30€ (+frais d’envoi). L’édition originale de Tintin mon copain (Editions Pélican d’Or, Klow, Syldavie, 2000) étant aujourd’hui quasiment introuvable, il reste au degrellien tintinophile la possibilité d’y avoir accès en version pdf via de nombreux sites internet…

     

    Degrelliana.jpegDeux autres parutions d’œuvres de Léon Degrelle en allemand sont présentées dans ce courrier :

    - Im Kerker, qui avait été publié, parallèlement à sa version française La guerre en prison (1941), sous le titre Ich war gefangener (Kerkertagebuch aus Belgien und Frankreich) en 1944. Cette nouvelle édition (Winkelried Verlag, 304 pages) coûte 19 euros (+3€ de frais de port)

    - Meine Abenteuer in Mexiko est la traduction allemande (par Charlotte Demmig, qui était une chroniqueuse littéraire et cinématographique catholique) parue en 1937, de Mes Aventures au Mexique, publié en 1933. La jaquette de couverture était illustrée par le dessinateur Hermann Müller, spécialisé dans les illustrations de romans d’aventures pour la jeunesse. Cette nouvelle édition (Winkelried Verlag, 112 pages) coûte 14 euros (+3€ de frais de port).

     

    Les (nécessaires !) adhésions (25 euros pour la France; 32 euros pour l’Europe) au Cercle des Amis de Léon Degrelle sont à souscrire sur www.boutique-nationaliste.com où vous trouverez certainement aussi de quoi alimenter votre fringale de « degrelliana » au sens le plus large !