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Revues

  • Léon Degrelle à la mer ; le drame religieux du national-socialisme ; toute l’actualité degrellienne

    37e Correspondance du Cercle des Amis de Léon Degrelle

     

    Cercle 37.jpegLa livraison de septembre de la publication du Cercle des Amis de Léon Degrelle est ponctuellement tombée dans la boîte aux lettres des abonnés : il s’agit déjà de la trente-septième fournée d’informations degrelliennes précieuses et irremplaçables, car quasi-exhaustives.

    Et cette livraison mérite bien le terme de « fournée », tant elle est abondante. L’éditeur lui avait d’ailleurs donné ce nom, avant de s’aviser malicieusement tomber sous le coup de la censure politiquement correcte des talibans de la justice, des réseaux sociaux et autres aboyeurs de la Toile et reprendre l’intitulé traditionnel de « correspondance privée » : Jean-Marie Le Pen l’avait bien appris à ses dépens naguère.

    Souvenez-vous qu’en 2014, le toujours président d’honneur du Front National et député européen, ayant cloué au pilori les « artistes » attaquant son parti, répondit à la journaliste de son « Carnet de bord » hebdomadaire qui lui faisait remarquer avoir oublié Patrick Bruel « On fera une fournée la prochaine fois » : après sept ans de procédure, il s’est retrouvé, le 1er septembre dernier devant l’incontournable 17e Chambre correctionnelle du tribunal de Paris, mais on attend toujours le jugement prévu, paraît-il, le 29 octobre prochain.

     

    Au Mur de l’Atlantique de la côte belge

    Cet hommage discret au courageux chef historique du Front National introduit la belle photo de couverture de l’héroïque Commandeur de la SS-Sturmbrigade Wallonien : Léon Degrelle est en uniforme –fraîchement décoré par le Führer de la Croix de Chevalier de la Croix de Fer– avec deux de ses enfants, Léon-Marie et Chantal. Comme pour la 36e Correspondance, l’éditeur a recouru à la colorisation, fort réussie dans les tons pastel. Nous regretterons seulement que les documents concernant Léon Degrelle ne soient quasiment jamais référencés.

    Cette photo, par exemple, a été prise au lendemain du défilé triomphal célébrant la percée de Tcherkassy, à Bruxelles, le 1er avril 1944 (ce blog aux 17 février 2017, 15 décembre 2020, 15 et 26 janvier 2021). Alors en permission, le chef de famille bruxellois passa la journée de Pâques à la côte belge, en compagnie de Léon-Marie (5 ans, que l’on voit encapuchonné sur la photo) et Chantal (debout, avec une petite sacoche, devant son Papa), et de son ami Robert Du Welz (ce blog aux 20 mai 2016 et 28 novembre 2017), dont on voit une des filles aux côtés du Commandeur.

    Est-ce pour faciliter ce bref séjour à la mer de ses enfants que Léon Degrelle visita à cette occasion une garnison du mur de l’Atlantique ? C’est possible car approcher les plages devenues domaine militaire était alors interdit : mais pouvait-on refuser quoi que ce soit à celui qui sortait du Quartier Général du Führer l’ayant personnellement honoré de la Croix de Chevalier, et qui venait de vivre un véritable triomphe romain dans la capitale ?

    Cette visite du 9 avril 1944, jour de Pâques, est en tout cas largement documentée par un reportage photographique d’une vingtaine de clichés, où l’on voit le héros de Tcherkassy, accompagné de son fidèle Robert Du Welz, entre-temps SS-Untersturmführer (sous-lieutenant), passer en revue les soldats allemands du mur de l’Atlantique à Coxyde (près de La Panne, non loin de la frontière française) et profiter de l’air iodé de la côte belge.

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    C’est le 9 avril, Dimanche de Pâques 1944, que Léon Degrelle, joignant l’utile à l’agréable, visite une garnison du Mur de l’Atlantique, à Coxyde, en compagnie de ses enfants ainsi que de Robert Du Welz et de sa famille.

    De haut en bas, nous disposons tout d’abord d’une vue générale de la prise d’armes. On voit alors le commandant de la place présenter Léon Degrelle et la SS-Sturmbrigade « Wallonien » à ses hommes, soulignant l’héroïsme de leur engagement dans la percée de Tcherkassy, qui attira sur eux l’attention toute particulière du Führer. Le Commandeur passe ensuite le détachement en revue. Puis, les Allemands présentent les fortifications de Coxyde aux Wallons (Robert Du Welz est à gauche, penché pour écouter les explications d’un officier de la Wehrmacht ; un de ses fils est en culotte de golf).

    Arrive enfin la partie récréative : tout le monde se rend dans les dunes et sur la plage : Robert Du Welz donne la main à deux de ses enfants tandis que le commandant de la place emmène Chantal et Léon-Marie. Les enfants Degrelle et Du Welz posent encore au sommet de la dune où les militaires allemands ont réalisé une belle mosaïque de coquillages, manifestant leur confiance en la justesse de leur combat (pareille décoration pouvait aussi ressortir à l’imprudence et fournir une cible : la veille même de la visite de Léon Degrelle, le Samedi Saint, une vingtaine de bombardiers anglo-américains avaient lâché 250 bombes incendiaires sur la cité balnéaire et son petit aérodrome, causant une trentaine de morts dont de nombreux civils).

    Un an plus tard, le 4 août 1945, alors que l’armée allemande a depuis longtemps quitté l’endroit, un avion de reconnaissance américain a photographié toute la côte belge, de Knocke à La Panne. Ce document exceptionnel livrant un panorama complet du littoral belge vient d’être édité (Birger Stichelbaut, Wouter Gheyle, Jeroen Cornilly et Mathieu De Meyer, De Kust, 4 augustus 1945, De zomer van de vrijheid [La Côte, 4 août 1945, l’été de la liberté], Tijdsbeeld, 2021). Sur un des clichés de Coxyde, nous pouvons aisément reconnaître l’endroit précis de la visite de Léon Degrelle, à Pâques de l’année précédente : la villa ayant servi de mess à la garnison allemande est bien reconnaissable et on distingue parfaitement le mur sur lequel étaient juchés les petits Léon-Marie et Chantal. On devine aussi le camouflage des bunkers visités par le nouveau Chevalier de la Croix de Fer. Ces fortifications ne résisteront pas à l’urbanisation touristique frénétique de l’après-guerre et seront détruites dans les années 70 (comme la plupart des bunkers de la côte, sauf ceux de Raversyde –non loin d'Ostende, dans l’ancienne propriété du prince Charles– appartenant aujourd’hui au splendide musée de plein air Atlantikwall). Par contre, la villa a traversé l’histoire jusqu’à aujourd’hui et, malgré son quasi-enfouissement dans le sable des dunes, un peu à l’écart des immeubles résidentiels contemporains, appartient toujours à d’heureux propriétaires privés.

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    Le drame religieux du national-socialisme

     

    61ryhcgDTHL.jpgCette 37e Correspondance privée du Cercle des Amis de Léon Degrelle  s’ouvre sur un texte de Léon Degrelle expliquant la différence –en ce qui concerne le sentiment religieux– entre rexisme et national-socialisme. Ici aussi, il aurait été intéressant de donner la référence du texte afin de permettre au lecteur de lire la totalité du chapitre (voire le livre entier) dont il est extrait, De Rex à Hitler (sans date, éditions de l’Homme Libre, pp. 241-246).

    Pour Léon Degrelle, le national-socialisme des débuts se caractérisait par un anticléricalisme absolu chez certains de ses dirigeants. C’est ainsi qu’il agrippe le ministre de l’Education populaire et de la Propagande : « Un ministre intelligent comme Goebbels avait été, avant la guerre, possédé par une haine féroce de l’Eglise catholique, tentant de l’affaiblir par d’affreux procès de mœurs. » Le « procès de mœurs » dont il est ici particulièrement question vise le sordide assassinat –en Belgique– d’un jeune garçon par un Frère des Ecoles Chrétiennes qui lui avait fait subir des violences sexuelles. Léon Degrelle reproche au ministre du Reich d’avoir voulu monter ce fait divers en épingle en envoyant à Bruxelles « un avion spécial contenant vingt journalistes berlinois », car il s’agissait d’un « faible d’esprit, médicalement irresponsable ». Dans le Journal 1933-1939 de Joseph Goebbels, on lit à la date du 2 avril 1937 : « Les procès de Coblence [contre des Franciscains pédophiles et violeurs] vont commencer. Là-dessus, en guise d’ouverture, un horrible crime sexuel commis sur un jeune garçon, dans un couvent belge. J’expédie aussitôt de Berlin un envoyé spécial qui part pour Bruxelles et mènera là-bas son enquête. » (p. 404)

    Abbé Moreau Soirées 24.11.1934 b.jpgUn curé défroqué dénommé Moreau avait entrepris une série de conférences dévoilant « Les Secrets de la confession » dans les cercles francs-maçons de Wallonie : Léon Degrelle y apporta systématiquement la contradiction jusqu’à dénoncer publiquement l’obsédé sexuel qu’était le prêtre apostat (photo : Soirées, 24 novembre 1934).

     

    Certains ne pourraient-ils reprocher au chef de Rex d’avoir oublié son marathon de 1934 poursuivant l’abbé défroqué Moreau dans ses conférences des Maisons du Peuple socialistes et franc-maçonnes censées dénoncer « Les Secrets de la confession » ? Le tartuffissime Pol Vandromme ne manqua en tout cas pas de dénoncer les « injures de poubellier » de Léon Degrelle. Allant jusqu’à plaindre l’ex-curé agitant ses apostasies pour le compte du Parti socialiste, il osa écrire : « L’indignité d’un malheureux, que ses faiblesses eussent pu rendre pitoyable, alors que son outrecuidance relevait du mépris, ne valait pas cette cruauté acharnée et spectaculaire. […] Le silence seul était digne » !!! (Paul Vandromme, Le loup au cou de chien, Degrelle au service d’Hitler, 1978, p. 67 ; voir ce blog au 14 avril 2016).

    Quel dommage que ce méchant haineux n’ait jamais trouvé pareille dignité ! Que sont en effet ses commisérations hypocrites et ses récriminations vindicatives face au bon sens degrellien ? « Pour moi, l’essentiel de la vie d’un prêtre, c’est d’être un porteur de sainteté. Il doit être en exclusivité un héraut de la vie spirituelle. […] Un prêtre qui est tourneboulé sans arrêt par des affaires de contestation politique, de syndicalisme, d’avortement, de pédérastie et cent histoires de ce goût-là, pour moi c’est un rebouteux d’église, ce n’est pas un prêtre. » (Persiste et signe, p. 49 ; sur l'affaire de l'abbé Moreau, voir le récit de Léon Degrelle, pp. 88-92). 

    Il existe cependant une différence fondamentale entre la campagne de Joseph Goebbels exploitant le crime d’un religieux et la campagne de Léon Degrelle discréditant la réputation d’un curé défroqué : le premier, en généralisant un cas particulier, voulait attaquer l’Eglise catholique ; le second, en dénonçant les conférences du prêtre excommunié ridiculisant la confession, a ruiné la campagne anticléricale du Parti socialiste.

    On observe donc que, dès le début de son action politique (nous sommes alors en 1934), Léon Degrelle n’a qu’un objectif, la révolution des âmes, c’est-à-dire le renouveau spirituel du peuple, seule assise solide à l’action politique et sociale. Cette conviction inébranlable fut certainement à l’origine de l’affection que lui porta, dès leur première rencontre de 1936, Adolf Hitler, lui qui estimait que « Le combat intérieur doit précéder le combat extérieur » (ce blog au 25 mai 2021).

    Comme on le sait aujourd’hui, les « cas particuliers » que Goebbels attaquait virulemment avec l’aval du Führer ont constitué jusqu’en ce vingt-et-unième siècle le plus grand scandale de l’Eglise, et ce, dans tous les pays, comme le démontrent les innombrables commissions d’enquête qui se multiplient à travers le monde : en ce sens, les quelque 250 procès intentés dans l’Allemagne nationale-socialiste contre des religieux catholiques pour abus sexuels eussent pu mener –si, en décembre 1937, Adolf Hitler n’avait mis un terme au zèle judiciaire de Joseph Goebbels– à une purge salutaire de l’Eglise institutionnelle.

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    Mais ce n’était pas une régénérescence de l’Eglise catholique que visait Goebbels : pour lui, elle ne constituait qu’une institution hégémonique cachant ses ambitions politiques sous des oripeaux religieux : « Nous devons bien comprendre que l’Eglise catholique constitue une internationale et qu’au moment critique, elle sera toujours contre nous. » (Journal 1939-1942, p. 338). Il ne pouvait opérer la distinction entre Eglise institutionnelle et instrument d’élévation spirituelle purifiant l’action politique, distinction que fit toujours Léon Degrelle (ce blog, par exemple, aux 8 avril 2017, 13 mai 2018 ou 25 juin 2020) et que comprenait parfaitement Adolf Hitler (ce blog au 25 mai 2021).

    Ce dernier –souverainement méfiant vis-à-vis de l’institution catholique– s’est en effet exprimé dans le même sens que Léon Degrelle : « Pourquoi détruirions-nous ce merveilleux pouvoir que la plupart des hommes ont d’incarner le sentiment du divin qui est en eux ? » (Libres Propos, 14 octobre 1941).

    Le ministre de l’Education populaire reprendra aussi ce point de vue, mais de manière purement tactique, pour mieux installer la « discipline de l’Etat » dans les territoires de l’Est : « La jeunesse s’est totalement éloignée des Eglises, et même de la religion. Nous devons tout de même tenter de raviver ces besoins, car l’activité religieuse, dans ces territoires, peut au moins être une base de la discipline de l’Etat. Mais c’est très difficile à mettre en œuvre, parce qu’il n’y a ni prêtre, ni popes ; ils ont tous été éliminés. On se retrouve donc dans cette situation absurde où nous, nationaux-socialistes, sommes contraints d’introduire des prêtres dans ces territoires » ! (Journal 1939-1942, p. 363).

    Quel était alors le sens religieux de Joseph Goebbels (excommunié à cause de son mariage, en décembre 1931, avec la protestante Maria Magdalena Ritschel, au surplus divorcée de l’industriel Günther Quandt) ?

    Ces réflexions qu’il confie à son Journal fournissent peut-être des éléments de réponse : « Pourquoi reprocher à l’humanité actuelle de ne plus avoir de foi ? Ne doit-elle pas perdre toute foi ? Ce n’est ni le mal ni le mauvais qui, à eux seuls, amènent le déclin, c’est le mensonge et la fausseté.

    Éliminez le mensonge, le “faire comme si”, alors nous redeviendrons peut-être sains. […]

    Et à quoi donc est-ce que je crois ? J’ai tant perdu de toute cette foi vigoureuse qui déterminait autrefois mes actions et mes pensées. Depuis que, chez moi, les yeux se sont dessillés, je suis devenu sarcastique, ironique, sceptique et relativiste. Cela m’a enlevé une part énorme de la force d’impact et de la puissance de conviction qui étaient les miennes.

    Je ne crois plus qu’à ceci : la vérité finira par être plus forte que le mensonge, je ne crois plus qu’à la victoire finale de la vérité et je ne crois plus qu’en moi-même.

    Cette foi doit poursuivre fermement et solidement sa vie en moi. C’est d’elle que je tirerai toute mon énergie et toute ma qualité. D’ailleurs, peu importe en quoi nous croyons, pourvu que nous croyions. Le peuple qui perd la foi se perd lui-même. Nous pouvons tout prendre au peuple, sauf ce en quoi il croit, qu’il s’agisse du Christ ou de Rome ou de la race ou de la nation ou de que sais-je encore. » (Journal 1923-1933, p. 12).

     

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    Un hymen frappé d’anathème par l’Eglise…

    Carte de remerciements pour les vœux de bonheur reçus à l’occasion du mariage du Dr Joseph Goebbels et Mme Magda Ritschel. Les noces furent célébrées le 19 décembre 1931 ; la carte est datée de Noël 1931 et est signée « Votre Dr Goebbels et Madame ».

     

    Plus loin, il écrira aussi, logiquement : « Mon Parti est mon Eglise, et je crois servir le Seigneur au mieux quand j’accomplis sa volonté et que je libère mon peuple opprimé des chaînes de l’esclavage » (p. 291). Et cette « église » politique, libératrice du peuple est bien radicalement opposée au christianisme, « doctrine de la déchéance » professée par les églises institutionnelles catholique ou protestante : « Par toute sa conception et sa structure intellectuelle, notre christianisme sera toujours opposé à une vision nationale forte. C’est que son essence même est entièrement marquée par le judaïsme. […] En réalité, le christianisme est une doctrine de la déchéance. Pour un homme moderne, il ne mérite que le mépris intellectuel. […] Mais dans tous les cas, notre mission actuelle est d’éliminer l’influence politique des églises. Ce qu’elles veulent ou ce qu’elles s’efforcent d’atteindre sur le plan religieux nous indiffère dans la perspective des grandes missions que nous nous sommes données sur cette terre ; mais dès qu’elles se mêlent de la problématique terrestre, il faut les remettre sévèrement à leur place. » (Journal 1939-1942, pp. 446-447).

    Léon Degrelle dira-t-il autre chose en racontant crûment son expérience des élections de 1937 à Jean-Michel Charlier pour son grand documentaire Autoportrait d’un fasciste : « Van Roey [le cardinal primat de Belgique] se mit à envoyer des messages dans tous les sens pour ordonner à ses curés de prendre parti contre moi, affirmant que mon action était contraire à la charité chrétienne. Évidemment, la charité chrétienne eût dû consister à caresser l’échine des voleurs de la politico-finance, au lieu de leur marteler les fesses, comme je le faisais, avec une sainte ardeur ! » (Persiste et signe, p. 108).

     

    L’actualité degrellienne

    C’est certainement en suivant à la trace tout ce qui se publie de et sur Léon Degrelle que la publication du Cercle des Amis de Léon Degrelle illustre au mieux le caractère irremplaçable de son travail pour tous les fidèles de l’auteur de Révolution des âmes.

    C’est ainsi qu’il nous apprend qu’à l’occasion de l’anniversaire du décès de celui qu’elle appelle « le fils adoptif d’Hitler », une section du mouvement de jeunesse des Fratelli d’Italia, –Gioventù Nazionale Verona–, a publié un bref hommage sur son compte Facebook : « Léon Degrelle 15/06/1906 – 31/03/1994. Pour tous ceux qui rêvent encore d’un siècle de chevaliers. »

    C’en fut déjà trop pour le gardien de l’orthodoxie démocratique, de la woke culture et de la doxa migrantifa réunies qu’est le réseau « social » de Zuckenberg (cinquième plus grande fortune du monde) : alerté par les politicards véronais de droite comme de gauche, Facebook a immédiatement censuré cette inconvenante marque de respect, considérée sans doute comme une vile trumperie

    Sur le héros du Front de l’Est, on ne peut décemment publier que de vilaines caricatures ou des contre-vérités certifiées conformes à l’évangile officiel.

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    Ainsi d’un dessin de Riss dans Charlie Hebdo, censé ridiculiser Philippe Vardon, directeur de campagne du candidat Rassemblement National aux dernières élections régionales en Région Sud.

    Ainsi du livre, publié en avril dernier par Jorge Tria Sagnier, l’avocat de Violeta Friedman (qui attaqua Léon Degrelle en justice pour ses opinions), « Violeta Friedman contre Léon Degrelle, un procès singulier contre le négationnisme de l’Holocauste » (Hebraica Ediciones, Madrid, 2021, 105 pages). C’est l’occasion pour le Cercle des Amis de résumer l’affaire en en rappelant l’origine –un article du Tiempo en 1985, « Des chasseurs de nazis viendront en Espagne pour capturer Degrelle », qui donnait la parole à l’exilé– et rappelant ses acquittements successifs avant que le tribunal constitutionnel ne reconnaisse en novembre 1991 à la plaignante son « intérêt légitime » à attaquer les déclarations de Léon Degrelle. Afin d’accélérer l’aboutissement des procédures anti-révisionnistes, en 1995, le code pénal espagnol s’est aligné sur les lois « mémorielles » se multipliant en Europe pour punir les historiens réfractaires.

    Heureusement, nombreuses sont encore les rééditions des œuvres de Léon Degrelle qui continuent à voir régulièrement le jour : passons-les en revue, en fournissant les liens permettant aux collectionneurs de compléter exhaustivement leur bibliothèque (les prix indiqués sont ceux figurant sur les sites, sans les frais d’envoi).

    Moja droga.jpgUne traduction polonaise de Mon chemin de Saint Jacques, aux éditions Agencja Wydawniczo-Reklamowa, Moja droga do Santiago (168 pages, 11,50 euros).

     

    Une traduction bulgare de l’édition allemande de La Campagne de Russie, aux éditions Edelweiss-press, de Bulgarie, Защото омразата умира (254 pages, 10,25 euros). Traduite de la version allemande, cette édition comporte également la préface que Léon Degrelle avait écrite pour elle.

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    la-rivoluzione.pngLa première édition en italien de Révolution des Âmes, aux éditions Passaggio al Bosco, La Rivoluzione delle Anime (124 pages, 12 euros).

    Une nouvelle édition en français des Âmes qui brûlent (180 pages, 21 euros), mais avec un titre qui reprend le sous-titre de la version espagnole de 1954 : « Notes sur la paix, la guerre et l’exil » aux éditions Omnia Veritas, ainsi qu’une nouvelle édition de la traduction espagnole, Almas ardiendo, Notas de paz, de guerra y de exilio (il faut noter cette bizarrerie que le tout premier chapitre « Le feu et les cendres » n’a jamais été traduit en espagnol), chez le même éditeur (172 pages, 21 euros), mais sans le « prologue » du grand académicien espagnol Gregorio Marañón, auquel tenait pourtant beaucoup Léon Degrelle (ce blog au 31 mars 2021) et que les éditions de l’Homme Libre avaient traduit en français pour sa belle réédition de Les Âmes qui brûlent (158 pages, 15 euros). Il faut dire que le Cercle dénonce sans détour le peu de scrupule des éditions Omnia Veritas qui n’ont pas hésité non plus à publier sans autorisation de l’auteur une réédition « en un format ridicule et sur du papier médiocre » du rare et indispensable L’Ordre SS d’Edwige Thibaud.

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    À
    propos des Âmes qui brûlent, précisons également que la citation degrellienne sur laquelle se termine traditionnellement la Correspondance du Cercle des Amis de Léon Degrelle, est, cette fois-ci, précisément extraite de cette œuvre (Deuxième partie « Sources de vie », chapitre IV « La terre originelle ») : «On est l’homme d’un peuple, d’un sol, d’un passé. On peut ne pas le savoir. On peut essayer de l’oublier. Mais les événements se chargent vite de nous ramener aux sources de vie.
     »

     

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    En ce qui concerne les livres parlant de Léon Degrelle, la Correspondance du Cercle mentionne le livre en anglais de Massimiliano Afiero, Belgian Waffen-SS Legions & Brigades, 1941-1944 (Osprey Publishing, 48 pages, en version téléchargeable ou en version papier sur des sites tels Amazon, 14,76 euros, ou Bol.com, 13,19 euros). C’est un des livres de la bibliographie de l’article du même Massimiliano Afiero sur « Les Volontaires wallons dans les forces armées allemandes » de la revue The Axis Forces in World War Two dont nous avons rendu compte sur notre blog le 23 août dernier.

    A ce moment, nous nous sommes contentés –coupablement !– d’évoquer la bibliographie sommaire présentée par Massimiliano Afiero : « trois de ses propres ouvrages consacrés à la Légion, que nous ne connaissons pas : un en anglais et deux en italien » ! Réparons immédiatement cette désinvolture inconvenante en en donnant toutes les coordonnées.

    Le premier, en anglais, dont nous venons de parler bénéficie des remarquables illustrations du dessinateur de presse argentin Ramiro Bujeiro, spécialiste de l’histoire militaire (essentiellement la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi le Vietnam, l’Afghanistan, l’Irak,… : plus d’une cinquantaine d’ouvrages aux éditions Osprey !). Il semble bien que l’article dont nous avons rendu compte sur notre blog soit le résumé de cette brochure qui contient les mêmes petites erreurs et confusions dans un récit au demeurant toujours passionnant et fourmillant de détails techniques singuliers.

    Comme l’a bien observé le Cercle, la couverture s’illustre, à droite, d’un beau portrait en pied de Léon Degrelle. À gauche, on reconnaît le lieutenant Lucien Lippert, futur Commandeur de la Légion, et au centre, le SS-Obersturmführer Léon Gillis, qui, le 30 novembre 1944, jour de la Saint-André, patron des Bourguignons, reçut lors de la prise d’armes rassemblant à Gronau (Hanovre) l’ensemble des troupes de la 28. SS-Freiwilligen-Grenadier-Division « Wallonien », la Croix de Chevalier de la Croix de Fer des mains du Commandeur Léon Degrelle pour s’être héroïquement distingué durant les combats d’Estonie (août 1944) : à la tête de son peloton antichar, il avait empêché la progression soviétique en anéantissant plusieurs blindés russes T34, avant d'être lui-même grièvement blessé.

    L’artiste Ramiro Bujeiro propose encore dans cette brochure de Massimiliano Afiero, parmi sa magnifique et riche iconographie, une aquarelle représentant le Schütze Léon Degrelle : il prononce son serment de fidélité au Führer Adolf Hitler dans le cadre de la guerre contre le bolchevisme, le 22 août 1941, au terme de son instruction au camp Regenwurmlager de Meseritz, à la frontière polonaise.

    Afiero 2-horz.jpgLes deux autres ouvrages de Massimiliano Afiero, en italien, consacrés aux Bourguignons sur le Front de l’Est et à leur Chef, sont Wallonie, I volontari belgi valloni sul fronte dell’Est (Editions Marvia, 346 pages, 2006, 30,40 euros) et Rex vaincra, Leon Degrelle e la Legione Wallonie  (Soldiershop Serie Ritterkreuz, 86 pages, 2018, 24,95 euros).


    Léon Degrelle répond au « Questionnaire de Proust »

    Cedade août 1980.jpegLa 37e Correspondance du Cercle des Amis de Léon Degrelle a également eu la bonne idée de traduire les réponses de l’infatigable exilé rexiste au « Questionnaire de Proust » que lui proposa Eva Muns à l’issue de la conférence  qu’il donna le 30 janvier 1981 à l’occasion du quarante-septième anniversaire de la prise de pouvoir d’Adolf Hitler en Allemagne. Cette conférence avait été donnée dans les locaux du Cercle espagnol des Amis de l’Europe (CEDADE) et avait été l’occasion d’un article de la journaliste militante sur la Révolution totale de Rex dans le numéro d’août suivant de la revue du CEDADE, dont la couverture s’ornait d’une photo de l’orateur pendant sa conférence.

    Eva Muns est une personnalité historique du Cercle espagnol des Amis de l’Europe, animatrice infatigable de sa section féminine, artiste, musicienne, sportive, auteur et coauteur de nombreux articles dont le chapitre consacré à la peinture dans El Arte en el Tercer Reich (Ediciones Wotan, 2 vol., 1981). Après la fin du CEDADE (ce blog au 25 juin 2020), Eva Muns suivit Jorge Mota dans l’aventure wagnérienne de l’Associació Wagneriana de Barcelone dont elle dirige la revue en catalan.


    Voici quelques-unes des réponses-phares de Léon Degrelle au fameux Questionnaire, dans la traduction du Cercle des Amis.

     

    CEDADE : Quelle est votre caractéristique principale ?

    Léon Degrelle : L’esprit de conquête.

     

    C : Qu’appréciez-vous le plus chez un ami ?

    LD : La fidélité.

     

    C : Qui aimeriez-vous être ?

    LD : Celui qui reconstruira l’Europe. 

    Eva.jpegEva Muns joue de la flûte en compagnie de Jordi Mota, à l’occasion d’une excursion dans les montagnes pyrénéennes (photo extraite du numéro spécial de Wagneriana, décembre 2017, en hommage au président de l’Association wagnérienne catalane, Jordi Mota, pour le premier anniversaire de sa disparition : ce blog au 4 février 2017).

    C : Quels sont vos compositeurs préférés ?

    LD : Wagner et Beethoven.

     

    C : Quel est votre vrai héros ?

    LD : Hitler.

     

    C : Quel personnage politique méprisez-vous le plus ?

    LD : Churchill, pour avoir commis le meurtre de l’Europe.

     

    C : Quelle réforme politique admirez-vous le plus ?

    LD : La nationale-socialiste.

     

    C : Quels dons naturels aimeriez-vous posséder ?

    LD : L’amour des autres (don spirituel) et la force de ne jamais se fatiguer (don physique).

     

    C : Quels faits vous inspirent le plus d’indulgence ?

    LD : Les actes d’amour.

     

    Cercle des Amis de Léon Degrelle, adhésion (26 ou 33 euros, selon que vous résidiez en France ou non) et renseignements sur les livres présentés : www.boutique-nationaliste.com

    Adresse : Cercle des Amis de LD, BP 92733, 21027 Dijon Cedex, France. lesamisdeleon.degrelle@gmail.com

     

  • The Axis Forces in World War Two

    Belles illustrations pour une documentation

    souvent lacunaire

     

    The Axis Forces est une revue d’histoire militaire consacrée, comme l’indique son titre, aux troupes de l’Axe Rome-Berlin-Tokyo et à ses alliés. Elle existe depuis janvier 2017 et en est à son dix-huitième numéro, dont la couverture s’illustre du portrait de Léon Degrelle.

    Il s’agit d’une célèbre photographie officielle (ici colorisée, tout comme, notamment, sur le boîtier du film de Jean-Michel Charlier Léon Degrelle, Autoportrait d’un fasciste, exemplaire d'objectivité : ce blog au 1er juillet 2017) qui a été prise en mai 1943 au Regenwurmlager de Pieske (Meseritz), soit peu avant le passage à la Waffen-SS.

    Le jeune soldat de la Légion Wallonie, parti, à trente-cinq ans, au Front de l’Est avec le premier contingent, le 8 août 1941, a déjà pris du galon : il est en uniforme de Leutnant (sous-lieutenant) de la Wehrmacht, porteur des Croix de Fer de Seconde Classe (3 mars 1942) et de Première Classe (21 mai 1942), de l’Ostmedaille (Médaille du Front de l’Est) obtenue le 15 août 1942, au moment de sa création, ainsi que de l’Infanterie Sturmabzeichen (Insigne d’assaut d’Infanterie), décerné le 25 août 1942. Le cartouche du magazine cache le Verwundetenabzeichen (Insigne en bronze des blessés) conquis dès le 23 mars 1942 : il se trouve en effet juste sous la Croix de Fer de Première Classe (elle se distingue bien sur la photo en noir et blanc de la page suivante du magazine où Léon Degrelle est casqué et porte la barrette de l’Ostmedaille au-dessus de la poche de poitrine et non plus son ruban au second bouton de la vareuse sous celui de la Croix de Fer de Seconde Classe). L'examen de cette photo qui nous permet de détailler les décorations militaires que le courage de Léon Degrelle sur le Front de l'Est lui a gagnées en un an à peine met aussi en évidence l'absence totale de leur simple énumération dans les sept colonnes que le malhonnête De Bruyne consacre au fondateur de la Légion Wallonie dans sa prétendue Encyclopédie.

    Axis Forces LD NB 1942.JPGLa casquette du sous-officier s’orne également de l’Edelweiss des Chasseurs de montagne que le Général Ernst Rupp a permis aux Wallons de porter après qu’ils eurent héroïquement servi au sein de sa 97. Jäger-Division (« Partout où marchera et combattra le bataillon wallon, ses héros morts marcheront et combattront en esprit avec lui. […] Que mes meilleurs vœux et ceux de toute la division accompagnent le bataillon et chacun de ses membres. » Generalleutnant Ernst Rupp, Ordre du jour de la Division du 18 novembre 1942 ; ce blog au 30 décembre 2019).

     

     La couverture de ce numéro 18 d’Axis Forces met en lumière l’article-phare, signé par le rédacteur en chef, Massimiliano Afiero, Walloon volunteers in the German armed forces (« Les volontaires wallons dans les forces armées allemandes »). Il est également richement illustré (notamment par quelques photos qui avaient été demandées au « Dernier Carré »), mais comporte aussi quelques erreurs qu’il eût été facile d’éviter avec un minimum de recherche ou en proposant l’article à une simple relecture (pour notre part, nous sommes toujours heureux de pouvoir compter sur l’expertise bienveillante d’un amateur éclairé !).

    Il faut dire que la bibliographie de l’auteur est plutôt sommaire : à part trois de ses propres ouvrages consacrés à la Légion (que nous ne connaissons pas : un en anglais et deux en italien), elle ne renseigne qu’un méchant De Bruyne (For Rex and for Belgium, 2004) ainsi que, –heureusement !–, Léon Degrelle (La Campagne de Russie, dans la traduction italienne de 1981) et Jean Mabire (Légion Wallonie au front de l’est, 1987). Mais aujourd’hui, est-il encore possible d’ignorer Théo Verlaine, La Légion Wallonie en photos et documents (2005), André Lienard, Légion Wallonie (Heimdal, 2 vol., 2015 et 2019, pour les nombreux documents originaux publiés : ce blog au 3 mai 2021), ni surtout, précisément sur le même sujet que veut traiter Massimiliano Afiero, Thibault Daoût, Un Corps Franc de volontaires belges contre le Bolchevisme (deux importants articles in La Belgique en guerre, Editions De Krijger, n° 1, 2014 et n° 2, 2018).

    Axis Forces 15.JPGContrairement à ce que dit la légende de la photo du haut, nous n’assistons pas à un engagement dans les combats de Gromowaja-Balka, mais à un exercice de tir à Blagodatch où la Légion a établi ses quartiers après la sanglante bataille de « Gromo ». L’Adjudant Léon Degrelle porte fièrement les pattes d’épaule d’Oberfeldwebel qu’il y a gagnées (bord argenté avec deux étoiles). Le Commandeur Pierre Pauly est l’officier portant lunettes, un genou en terre, près du Légionnaire participant à l’exercice, en arrière-plan de Léon Degrelle.

    Car The Axis Forces commence fort, en voulant brosser un rapide aperçu de la situation politique de la Belgique : l’auteur prétend décrire l’irréductible opposition entre des Flamands protestants et des Wallons catholiques : « Dans la Belgique occupée par les forces armées allemandes en mai 1940, cohabitaient toujours deux peuples différents par la religion et la langue : les Wallons au sud, catholiques et francophones, et les Flamands au nord, protestants et germanophones. »

    C’est télescoper un siècle d’histoire : l’actuelle Belgique –unie par la religion, mais divisée par la langue– n’est que le résultat de la désolante partition du prospère Royaume Uni des Pays-Bas –qui avait quelque peu ressuscité les florissantes XVII Provinces bourguignonnes (le fabuleux Leo Belgicus : voir ce blog aux 8 août 2017 et 17 octobre 2018)– initiée par la révolte insurrectionnelle bruxelloise de 1830. Ces émeutes qui aboutirent à la scission des Pays-Bas se déclenchèrent, notamment, pour des raisons religieuses (les provinces du Nord et le roi Guillaume d’Orange étant protestants, contrairement à la Flandre et à la Wallonie catholiques) et linguistiques (les Wallons francophones refusant le néerlandais officiel tout comme la bourgeoisie flamande essentiellement francophone, alors que le peuple utilisait les différents parlers régionaux, ne pratiquant pas le néerlandais « standard » qu’il ne comprenait guère).

    C’est aussi ignorer la volonté politique des authentiques nationalistes que furent Léon Degrelle et Joris Van Severen, soucieux du destin de nos régions : en rétablissant l’unité des XVII Provinces sous le nom de « Bourgogne » ou de « Dietschland » (Pays thiois) sans distinction linguistique, ils eussent permis de retrouver l’âge d’or qui irradia les règnes de Philippe le Hardi à Charles-Quint, où tous les citoyens partageant cette même aire historique et culturelle profitèrent de la même prospérité économique et de la même opulence artistique (ce blog au 7 mai 2019).

    Mais revenons à l’article d’Axis Forces, tout en précisant bien qu’il n’est pas question dans cette présentation d’établir un « corrigé » du texte (qui fourmille d’approximations factuelles et d’erreurs, de dates notamment) : notre seul but est d’en redresser les principales inexactitudes et de replacer les événements dans leur contexte politique.

    « Pour des raisons évidemment raciales, les Allemands acceptèrent immédiatement les volontaires flamands dans les rangs de leurs formations de Waffen-SS […]. En ce qui concerne les Wallons par contre, la collaboration ne vint que plus tard, grâce surtout à l’action de Léon Degrelle. »

    Plutôt que de « raisons évidemment raciales », nous parlerions surtout de reprise aveugle de la Flamenpolitik (politique favorisant la Flandre au détriment de la partie francophone du pays) déjà pratiquée pendant la Première Guerre mondiale. Conjuguée à la réputation de sélection et d’excellence physiques de la SS, cette stratégie fut menée avec succès par l’administration militaire allemande, dirigée par le hobereau prussien Alexander von Falkenhausen, pour ruiner les rêves d’indépendance des Flamands et précipiter leur assimilation dans le Reich.

    Capture2.JPGEn Chine communiste, Alexander von Falkenhausen est considéré comme un héros pour avoir aidé la résistance chinoise contre l’invasion japonaise de 1930 à 1938, même si c’était en tant que conseiller militaire du nationaliste Tchang-Kaï-chek. Son buste a récemment été inauguré (2016) sur la Place des Volontaires étrangers défenseurs de la Chine, du Jianchuan Museum Cluster de Sichuan, musée privé consacré, entre autres, à la guerre sino-japonaise. On l’aperçoit ici entre les bustes de Minnie Vautrin (missionnaire américaine à Nankin) et Bernhard Arp Sindberg (avec la toque : ce jeune Danois travaillant dans une importante cimenterie à Nankin organisa l’inviolabilité du site accueillant des milliers de réfugiés chinois en hissant… le drapeau allemand à croix gammée).

    C’est pour lutter efficacement contre cette politique délétère pour le pays que Léon Degrelle, sciemment ignoré par les autorités allemandes, saisira l’opportunité de la guerre à l’Est et saura, par son courage et ses hauts-faits militaires, contourner l’obstacle de la Militärverwaltung, parvenant à traiter directement avec Adolf Hitler en personne. Seule façon à son point de vue de ruiner les manœuvres des réactionnaires allemands de Bruxelles et de lui permettre de parvenir à ses fins politiques, c’est-à-dire assurer à son pays une place honorable au sein de l’Europe nouvelle (ce blog au 28 juin 2017).

    Léon Degrelle ne manquera pas de déplorer amèrement les mauvais choix des nationalistes flamands, mettant en évidence leur précipitation, mauvaise conseillère : « Non seulement les Flamands avaient décidé tout de suite de s’engager mais ils l’avaient malheureusement fait d’une façon assez maladroite. La maladresse de leur politique m’a désespéré pendant toute la guerre. Ils s’étaient, en juin 1940, jetés trop vite dans les bras des Allemands. Ils avaient reçu des embrassades, mais pas de garanties. Ils se sont lancés de la même façon dans l’aventure du front de l’Est, s’alignant dans les rangs de la Waffen S.S. sans avoir obtenu la moindre promesse politique, sans que même leur soit reconnu le droit à être commandés dans leur langue et par des hommes de leur peuple. Jusqu’au dernier jour de la guerre, leur commandeur serait un Allemand. Eux qui avaient répété pendant des années leur slogan “In Vlaanderen Vlaamsch” admettraient –on ne leur avait même pas demandé leur avis– de laisser tomber en Russie leur vieille langue chargée de civilisation et de n’utiliser que l’allemand pour leur commandement ! […]

    Ces impérialistes [annexionnistes allemands] s’employaient à nous manœuvrer pour nous séparer. Ils jetèrent les Flamands en août 1941 dans les bras de la Waffen S.S., où les risques étaient gros d’être malaxés. La Waffen S.S. était une puissance, mais une puissance dangereuse : il ne fallait entrer là qu’en force. Nous, les Wallons, par contre, on nous avait catapultés tactiquement parmi les unités de la Wehrmacht, l’armée ancienne, opposée en de nombreux points à la Waffen S.S. Alors que nous partions précisément pour constituer une unité politique supérieure, l’Europe, certains Allemands nous coupaient dès avant le départ en deux tronçons, Wallons d’un côté, Flamands de l’autre ! […]

    Nous sentions que la situation de notre pays était désespérée, qu’il était menacé de séparation et d’absorption, que seulement en atteignant une situation d’égaux, nous pourrions, peut-être, un jour, acquérir la position de force qui nous permettrait de traiter avec les Allemands en hommes respectés. […] Que nous servait en effet d’imaginer une Europe s’étendant jusqu’à Vladivostok si notre petit pays, au lieu de pouvoir s’exalter à la pensée de refleurir au sein d’une grande unité européenne, ne parvenait même pas à conserver sa minuscule personnalité ! » (Léon Degrelle : Persiste et signe, pp. 265-267).

     

    Plus loin, Massimiliano Afiero écrit : « Le 2 novembre 1935, Degrelle fonda le Parti Populaire de Rex, qui, en 1936, obtint 34 sièges au Sénat. »

    Meulenijzer Coup de Courtrai.jpgLe 2 novembre 1935, c’est la date de ce qui fut appelé le « Coup de Courtrai », la remise en cause par Léon Degrelle et trois cents jeunes rexistes (c’est-à-dire des militants organisant la propagande du journal Rex) de la direction du Parti Catholique qu’ils veulent régénérer, à l’occasion du Congrès des Cercles et Associations catholiques. Cette action de rupture fut ainsi saluée par Robert Brasillach : « C’est le 2 novembre 1935 que Rex vint véritablement au monde » (Léon Degrelle et l’avenir de Rex, p. 36). Sans doute est-ce là l’origine du renseignement de M. Afiero, car c’est en réalité le 23 février 1936, lorsque le Parti Catholique proclama sa rupture définitive avec Rex en interdisant à ses membres d’encore y collaborer que Léon Degrelle annonça l’intention du « Front populaire de Rex » de se présenter seul aux élections (ce blog au 8 avril 2017).

    En aucun cas, Léon Degrelle, allergique au mot même, n’établit quelque parti politique sur le mode traditionnel : il fonda le Mouvement populaire de Rex, comme il l’explique très précisément : « Je n’avais rien à voir avec les vieillards pourris du Parti catholique [qui me condamnèrent]. […] Ce geste, au lieu de me blesser, me libérait. C’est grâce à lui qu’en quelques mois, avant les grandes élections de 1936, je pus créer un Rex national, en dehors et au-dessus des ukases de l’Eglise politique et des vieux partis. Rex serait ouvert à tous les Belges [aux non-catholiques comme aux catholiques]. Nous somme devenus de la sorte le Mouvement Rexiste. Pas le parti rexiste. Je n’ai jamais admis le mot parti. Parti signifie quelque chose de séparé. C’est se couper d’une partie des gens. Mouvement, c’est ce qui avance. » (Léon Degrelle : Persiste et signe, p. 109).

     

    Autre précision nécessaire à la vérité historique, le résultat des élections législatives du 24 mai 1936 n’est pas de 34 sénateurs rexistes, mais de 21 députés et 8 sénateurs.


    Axis Forces : « Dans les années précédant immédiatement le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le parti de Degrelle observa une attitude pacifiste, exprimant la volonté de maintenir la Belgique hors de la guerre et à distance de l’alliance franco-anglaise. Cette ligne politique a été mal interprétée, comme une sorte de soutien, quoique indirect, à la politique expansionniste allemande ».

    Même si la presse fit semblant de croire que le neutralisme de Rex manifestait son soutien à la politique allemande, il est important de souligner que cette politique avait été définie par le Roi Léopold III lui-même dès le 14 octobre 1936 et appliquée et défendue officiellement par le gouvernement belge. Il est tout aussi important d’observer que si Léon Degrelle et Rex défendirent avec une ferme honnêteté la neutralité absolue de la Belgique, ce ne fut pas le cas du Roi et de son gouvernement qui favorisèrent outrageusement les anciens alliés de 14-18, allant jusqu’à accepter la présence permanente auprès de Léopold III du Général Edouard Laurent, représentant du Général Gamelin, chef d’Etat-Major de la Défense nationale française ! (ce blog aux 28 juin 2017 et 22 juin 2021).

     

    Axis Forces : « Le Conseil général du mouvement rexiste a lancé la constitution d’une nouvelle unité paramilitaire sur le modèle de la SS allemande, les Formations de Combat. Cette unité était chargée de protéger les chefs et les réunions du mouvement et de collaborer avec la police locale et les autorités allemandes afin de maintenir l’ordre dans le pays. »

    SS Hugo Boss.jpgC’est le couturier national-socialiste Hugo Boss, spécialisé dans les uniformes militaires, qui, à la demande d’Adolf Hitler en 1932, dessina les uniformes de la SS. Dès que le Washington Post leva le lièvre en 1997, les « ayants droit » n’ont pas manqué de réclamer des compensations sonnantes et trébuchantes au désormais « leader » (Führer, en anglais et en franglais) du prêt-à-porter masculin…

     

    En créant, le 9 juillet 1940, les Formations de combat, d’inspiration évidemment paramilitaire, Léon Degrelle entendait reconstituer le « Service d’ordre et de sécurité » de Rex, dissous par la loi « anti-milices privées » du 4 mai 1936. Et si leur uniforme était noir, sa coupe n’avait rien à voir avec l’élégance de celui de la SS allemande : aucune référence n’a jamais été faite avec l’ « Ordre noir », même si la troupe d’élite rexiste entendait bien représenter l’ « avant-garde des bâtisseurs de l’ordre nouveau » (Pays réel, 11 octobre 1940). Constituant un des principaux viviers de recrutement pour la Légion Wallonie, les Formations de combat ne furent d’aucune utilité pour « collaborer […] avec les autorités allemandes afin de maintenir l’ordre dans le pays. » Probablement l’auteur confond-il ces unités avec les Gardes wallonnes, créées en juillet 1941 par Léon Degrelle reprenant le nom des légendaires troupes de Charles-Quint (ce blog au 30 décembre 2019), qui seront placées sous l’autorité de la Wehrmacht et seront chargées de la surveillance et de la protection d’installations militaires, de lignes de chemin de fer, de ponts, etc. (ce blog au 9 juillet 2017).

    LD Formation de combat.jpgLéon Degrelle en uniforme des Formations de combat.

    Le 8 août 1941, Léon Degrelle et ses amis se rendront au Palais des Beaux-Arts pour la cérémonie de départ du premier contingent de Volontaires de la Légion Wallonie en uniforme des Formations de combat, affichant les bâtons noueux rouges de la croix de Bourgogne sur la poche de poitrine droite –signe évident de la volonté politique qui les animaient de rendre la Belgique aux XVII Provinces bourguignonnes– et non pas avec celui des Gardes wallonnes, troupes auxiliaires de police, coiffées d’ailleurs du casque de la gendarmerie.

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    Les Gardes wallonnes portent le casque des forces de l’ordre, modèle Adrian, du nom de l’ingénieur français qui les imagina au début de la Première Guerre mondiale : au constat de l’efficacité de la protection qu’il assurait, le ministre de la Guerre, Charles de Broqueville, le fit adopter par l’armée belge en octobre 1915.

    Quel dommage, une fois encore, que Massimiliano Afiero n’ait pas confié son texte à une relecture. Il aurait sûrement évité la mauvaise retranscription du nom du chef de la Première Croisade, Godefroid de Bouillon, roi de Jérusalem –ou plus précisément, « Avoué du Saint-Sépulcre » : « Le 8 août 1941, 860 volontaires wallons quittèrent la gare de Bruxelles. Mais avant le départ, une grande manifestation fut organisée, tout d’abord au Palais des Beaux-Arts, puis sur la Place Royale, face à la statue de Geoffrey du Boulogne [sic], l’inspirateur de la première croisade contre les infidèles » !

    Il n’y eut pas de manifestation sur la Place Royale, le 8 août 1941, seulement le défilé des Légionnaires qui, en quittant le Palais des Beaux-Arts, remontèrent vers la Place Royale pour traverser la Place des Palais, face au Palais royal, emprunter le boulevard Botanique et arriver à la place Rogier et à la gare du Nord. La petite histoire veut qu’en défilant devant la statue de Godefroid de Bouillon, érigée au centre de la Place Royale, un Volontaire s’écria « Godefroid ! Voici les nouveaux croisés ! » Le symbole était d’autant plus frappant que le Chef, Léon Degrelle, originaire de Bouillon, avait vécu toute son enfance à l’ombre du château de Godefroid, enflammé par les récits de la Première Croisade.

    Précisons aussi que ce n’est qu’en septembre 1941 qu’arrivèrent les écussons aux trois couleurs belges, sommés du nom « Wallonie » : il s’agissait de calmer les remous parmi certains Volontaires choqués de devoir revêtir l’uniforme feldgrau (ce blog au 2 février 2021).

     

     

    Axis Forces : « Le Hauptmann René Dupré, commandant de la quatrième compagnie, fut tué en marchant sur une mine. Ce fut le premier mort de la Légion. »

    Gustave Adam Pays réel.jpeg
    Il n’est pas possible de passer sous silence le destin du Légionnaire Gustave Adam, qui fut malheureusement la première et toute jeune victime de la Légion : il n’avait que dix-neuf ans lorsque, le 13 novembre 1941, il trouva la mort en participant, sous les ordres du capitaine René Duprés, aux combats contre un camp de partisans dans une forêt le long de la rivière Samara. Le Pays réel a célébré son sacrifice en ces termes : « Gustave Adam fut le premier mort de la Légion Wallonie.  Né le 14 février 1922, il était bien jeune quand il participa, dès le début de Rex, à l’action de notre Mouvement. […] Son désintéressement, sa sincérité, sa loyauté lui attiraient le respect même de la part de nos adversaires politiques qui reconnaissaient en lui : un pur ! […] Gustave Adam repose aujourd’hui dans les terres de l’Est, il laisse le souvenir d’un cœur généreux, d’une âme dévouée, assoiffée d’idéal. »

    Si le capitaine (Hauptmann) René Duprés ne fut pas le premier Bourguignon à laisser la vie au Front de l’Est, il fut néanmoins le premier officier à succomber au cours du terrible hiver 1941 en s’aventurant à cheval, aveuglé par le blizzard, dans un champ de mines. C’était dans les neiges de Grichino, à l’ouest du Donetz, le 1er décembre 1941 (l’encyclopédiste De Bruyne renseigne inexplicablement dans son opus magnum à prendre avec des pincettes –ce blog au 23 mars 2017– le… 3 novembre 1942 ! C'est néanmoins lui aussi qui affirme que le Capitaine René Duprés « est le premier mort d'une très longue liste de légionnaires », d'où sans doute l'erreur de Massimiliano Afiero).

    Dans sa Campagne de Russie, Léon Degrelle a retracé avec émotion les derniers moments de l’héroïque officier de trente-deux ans : « Egarée parmi ces rafales qui tourbillonnaient jusqu’à trois mètres de hauteur, une de nos compagnies s’engagea dans une des zones minées. Le commandant avançait en tête, à cheval. C’était un jeune capitaine de l’armée belge. Il portait le beau nom campagnard de Dupré. Sa bête cogna sur un de ces engins terribles. Le cheval monta tout droit à deux mètres de hauteur, retomba, les intestins épars, tandis que le cavalier gisait dans la neige rouge, les jambes déchiquetées. La steppe criait, sifflait, miaulait sa victoire. Nos soldats durent, avec deux morceaux de bois, fixer les membres tailladés et transporter ainsi sur des branches de sapin leur infortuné capitaine. Après quelques kilomètres, ils atteignirent une isba déserte.

    Il fallut vingt-six heures avant qu’une ambulance tout terrain pût arriver au secours du mourant. Il avait onze fractures. Il fumait par petits coups secs. Il fit ses adieux à ses garçons. De grosses gouttes de sueur descendaient le long de son visage, tellement la souffrance le torturait. Il succomba, sans un mot de regret, en tirant une dernière fois sur sa cigarette… » (pp. 44-45).

    On le voit, les détails anecdotiques ou les précisions politiques ne sont pas la priorité de l’auteur qui se concentre essentiellement sur l’organisation du Bataillon wallon d’Infanterie 373 (constitué « conformément à l'ordre n° 3680/41 du commandement allemand ») et ses engagements militaires. Ce qui est évidemment important pour savoir qui fait quoi et à quel moment, mais prive le lecteur des nécessaires informations expliquant certaines réactions humaines ou certains aménagements de l’organigramme.

    1941, 22 août. Prestation de Serment 2 (Soir).jpgLe 22 août 1941, en tant que Commandeur de la Légion Wallonie, le Major Georges Jacobs prête solennellement serment d’ « obéissance au haut commandement de l’armée allemande et à son chef suprême Adolf Hitler » sur le sabre du General der Kavallerie (général de corps d’armée) Franz Freiherr von Dalwigk zu Lichtenfels, répétant la formule dictée en français par l’officier de liaison, le Lieutenant Leppin, qui en précise la portée : « Dans le combat contre le bolchevisme ». Léon Degrelle y insistera dans son discours : « [Notre serment au Chef des Armées antisoviétiques] sera limité dans le temps : sa portée sera exactement circonscrite par la durée de la guerre contre le Bolchevisme. »

    C’est ainsi, par exemple, que tous les bouleversements survenus dans les premiers mois de l’histoire de la Légion sont énumérés sans la moindre explication : « Le Hauptmann Jacobs, jugé inapte à commander une unité militaire sur le champ de bataille, fut remplacé par l’ancien officier de l’armée belge, le Hauptmann Pierre Pauly. L’officier de liaison allemand, le lieutenant Leppin, fut également renvoyé à la demande expresse de Degrelle. Pour le remplacer, arriva un officier de réserve, le Hauptmann Erich von Lehe. […] En raison des pertes sévères et du manque de personnel, le commandeur Pauly décida de dissoudre la deuxième compagnie, en en répartissant les survivants parmi les autres compagnies. […] Le Hauptmann Pauly fut rapatrié, officiellement pour raisons de santé. »

    Il eût été plus exact de dire que le Major Georges Jacobs, âgé de près de 50 ans, vétéran de la Guerre de 14-18, fut victime –comme soixante-six autres Légionnaires, dont six officiers– des effroyables conditions climatiques de ce premier hiver de guerre. Il fut démobilisé le 20 décembre 1941 (demeurant en poste jusqu’à l’arrivée de son successeur), ce qui ne l’empêcha pas de revenir courageusement au Front à la fin de la guerre : après avoir dirigé le Service Légionnaire (entraide et protection des familles de Légionnaires, des Gardes Wallonnes, etc.), puis le Département de la Discipline intérieure de Rex, l’ex-Commandeur Georges Jacobs reprit du service en septembre 1944 à la Division Wallonie avec le grade de SS-Sturmbannführer. Le Major Jacobs aurait également été victime de la raillerie de Légionnaires qui l’auraient surnommé « PPM », c’est-à-dire « Pauvre Petit Major ». Un sobriquet que ne manquent jamais de reprendre les chroniqueurs d’après-guerre (dont le mange-ragots De Bruyne), mais que Léon Degrelle a dénoncé comme provenant de Jean Vermeire. Ce détail est d’autant plus piquant que ce dernier avait quant à lui usurpé son grade de lieutenant en mentant sur sa situation dans l’armée belge lors de son engagement dans la Légion : il n’était donc lui-même qu’un PPM, « Pauvre Petit Menteur » !

    Saint-Loup annoté LD Jacobs-Vermeire.jpegEn lisant Les SS de la Toison d’Or de Saint-Loup (1975), Léon Degrelle découvre l’anecdote sur le prétendu surnom donné par les Légionnaires au Commandeur Jacobs : il manifeste son scepticisme et identifie spontanément la « source » de Saint-Loup, qu’il discrédite par une annotation manuscrite réprobatrice.

     

    Léon Degrelle tenait Georges Jacobs en grande estime. C’est à lui qu’il confia son testament et les archives de la Wallonie, mais dans la débâcle des derniers jours de la guerre, le Major Jacobs ne put garder ces dernières (qui devraient donc probablement toujours se trouver aujourd’hui chez les Russes). Fait prisonnier le 27 mai 1945 à Bohmstedt (au nord de l’Allemagne, en bordure de la mer du Nord) par les Britanniques, il est rapidement remis aux autorités belges, rapatrié, jugé et condamné à la peine de mort. C’est Saint-Loup qui donne le détail ignoble de la répression haineuse de son pays : « En 1946, prisonnier en Belgique, ce grand bourgeois riche et cultivé fut frappé d’une amende de trois millions qu’il ne put solder intégralement malgré la vente de tous ses biens. Malade, presque mourant à l’infirmerie de la prison de Saint-Gilles, il vit arriver un huissier qui, dans l’espoir de parfaire la somme due à l’Etat, pratiqua la saisie des biens encore disponibles, c’est-à-dire une paire de chaussettes de rechange et s’en fut avec. » (Les SS de la Toison d’Or, p. 100). Réfugié en Espagne après la commutation de sa peine et sa libération anticipée, Georges Jacobs décédera le 14 février 1964 à Constantina, le village andalou où Léon Degrelle s’était installé (ce blog au 15 décembre 2020).

    Cimetière Constantina.jpgC’est dans le petit village  de Constantina, dans la province de Séville, que le Major Georges Jacobs trouva refuge, non loin de La Carlina, le somptueux domaine édifié par son chef Léon Degrelle (ce blog au 28 mai 2016) : il repose auprès de Léon-Marie Degrelle dans le cimetière municipal (ce blog au 26 février 2016).

    Si Léon Degrelle –appuyé par le nouveau Commandeur Pierre Pauly qui arrive à la Légion le 30 décembre 1941– demanda expressément le renvoi du Lieutenant Leppin, l’officier de liaison allemand entre la Légion et les autorités militaires allemandes, avocat prussien, protestant et particulièrement arrogant, c’est qu’il sut se rendre tellement odieux aux Wallons –allant jusqu’à les traiter d’Untermenschen– que son maintien auprès de la Légion était devenu impossible. Léon Degrelle exigea donc son départ et son remplacement par un officier connaissant bien le français. Ce remplacement fut effectué au début de l’année 1942 et est mentionné dans une note datée du 15 février 1942 du Major Baumann (Kommandostab Z, section de l’administration militaire allemande chargée des liaisons avec les formations militaires et paramilitaires belges). Le nouvel officier de liaison sera le Hauptmann Erich von Lehe, 47 ans, un aristocrate de Hambourg parlant parfaitement la langue des Bourguignons et qui saura nouer des relations amicales avec Léon Degrelle et ses hommes. Docteur en philosophie et lettres, spécialiste en paléographie et histoire régionale, il appliquera sa science de la critique historique à la constitution de ses convictions politiques et raciales. Il restera en poste jusqu’en juin 1942. Après avoir été renvoyé en Allemagne pour cause de maladie, il sera transféré à l'Etat-Major du Général von Falkenhausen à Bruxelles où il s'occupera des affaires des Légionnaires wallons jusqu'à l'évacuation du pays par les Allemands. Selon son petit-fils, Klaus Vogel (cofondateur de SOS-Méditerranée), il conservera intacte jusqu'à sa mort, le 23 avril 1983, son amitié pour Léon Degrelle (Tous sont vivants, Les Arènes, 2017).

    LD+Von Lehe.jpeg

    Le 15 juin 1942, trente-sixième anniversaire de Léon Degrelle, John Hagemans organisa une cérémonie pour l’accueil des jeunes du contingent du 10 mars qui renouvelèrent leur serment de fidélité au Chef. Dans son discours exaltant la jeunesse nationale-socialiste de Rex, Léon Degrelle rappela clairement le but de leur engagement : « refaire les XVII Provinces au sein de la Germanité ». A cette occasion, l'officier de liaison Erich von Lehe qui, l'avant-veille, avait fêté ses 48 ans reçut l’insigne de Rex des mains de Léon Degrelle.

    Quant au capitaine Breveté d’Etat-Major Pierre Pauly, trente-sept ans, qui succéda au quinquagénaire Georges Jacobs, si son action de reprise en mains des troupes wallonnes porta incontestablement ses fruits, ses sautes d’humeur et ses accès de colère donnèrent bien du fil à retordre à Léon Degrelle : c’est ainsi qu’il dut sauver deux Légionnaires, soupçonnés de vol dans le magasin de ravitaillement, du conseil de guerre ou l’aumônier Joseph Sales du peloton d’exécution pour abandon de poste face à l’ennemi… Le Commandeur ne resta en fonction qu’à peu près quatre mois, du 15 décembre 1941 au 8 avril 1942.

    Pauly Croix Fer 2e classe.jpegAprès les durs combats de Gromowaja-Balka, le Generalmajor Werner Sanne, Commandeur de la 100. leichte Infanterie-Division, récompensa l’héroïsme des Wallons de trente-sept Croix de Fer de Seconde Classe, –fait exceptionnel pour un seul bataillon !–,  lors d’une prise d’armes, le 13 mars 1942. Le Commandeur Pierre Pauly fut le premier à la recevoir.

     

    Ordre jour Wehrmacht.pngAfiero donne précisément le bilan des héroïques combats de Gromowaja-Balka (28 février-1er mars 1942) se soldant par soixante-cinq morts et cent dix blessés et récompensant la Légion de trente-sept Croix de Fer de Seconde Classe et d’une citation à l’ordre du jour de la 100e Division d’Infanterie légère du général Werner Sanne (en réalité à l’ordre du jour de la Wehrmacht, dans le communiqué du Haut Commandement des Forces armées, rédigé au Quartier Général du Führer, le 5 mars 1942), Léon Degrelle, étant, quant à lui, promu directement au grade d’Oberfeldwebel, adjudant, pour bravoure au feu (sans passer donc par le grade de Feldwebel, sergent, contrairement à ce qu'affirme De Bruyne dans sa soi-disant Encyclopédie qui donne le grade de Feldwebel au 22 mars 1942, alors que le Soldbuch de Léon Degrelle renseigne directement Oberfeldwebel au 28 février 1942 –voir ce blog aux 28 novembre 2017 et 21 mai 2016).

    A la suite de ces événements, les traits caractériels du capitaine Pauly ne firent que s’aggraver : il accusera publiquement nombre de ses hommes de lâcheté face à l’ennemi et giflera une quinzaine de Légionnaires, dont certains venaient d’être décorés par le général Sanne. Et ce, non seulement en présence de Léon Degrelle, mais aussi de l’officier de liaison von Lehe qui rédigea une plainte auprès de la justice militaire ! Pierre Pauly passa donc devant le conseil de guerre où il fut considéré comme irresponsable de ses actes grâce à un certificat médical du médecin de la Légion, le Dr Silvère Miesse.

    LD Pauly Sanne.jpeg

    C’est un Commandeur Pauly souriant de satisfaction qui regarde le Général Sanne féliciter Léon Degrelle qui vient de recevoir la Croix de Fer de Seconde Classe et de se voir promu adjudant et proposé pour le grade d’officier. En effet, si Léon Degrelle était incontestablement le chef spirituel de la Légion, lui insufflant en permanence la foi en l’idéal, il n’en était pas moins pénétré de réelles valeurs militaires : courage et esprit de sacrifice, intelligence de la situation sur le terrain et sens de l’initiative, exemplarité de la conduite entraînant la confiance des hommes et stimulant leur ardeur au combat.

    Démobilisé, il passa un an et demi dans un centre médical allemand avant de rentrer en Belgique. Il restera néanmoins toujours fidèle à Rex. Léon Degrelle a d'ailleurs souligné, dans La Campagne de Russie, cette fidélité fanatique à Rex, en rapportant l'héroïque engagement de la dernière chance du Commandeur dans les combats acharnés de Gromowaja-Balka : « Le commandeur, capitaine Pauly, rassembla les débris de toutes les Compagnies et, une grenade à la main, se jeta le premier à la contre-attaque en poussant notre vieux cri : "Rex vaincra !" Tout ce qui restait de valide au Bataillon le suivit, y compris les armuriers, les cuisiniers, les estafettes, les charretiers. Ce fut une mêlée frénétique. » (p. 83)

     

    Pierre Pauly occupera donc diverses fonctions administratives et journalistiques (Radio Bruxelles, L’Avenir) avant d’intégrer la Formation B (chargée notamment de la protection des autorités rexistes). C’est ainsi qu’il participera aux représailles consécutives à l’assassinat du bourgmestre de Charleroi, Oswald Englebin (ce blog au 7 juin 2018), avant d’être évacué en Allemagne en septembre 1944. Il se rend alors aux troupes alliées avant d’être transféré aux autorités belges. Il devra alors vivre une véritable saga judiciaire, jugé tout d’abord par le Conseil de guerre de Tournai qui le condamne à mort pour trahison, le 6 juillet 1945. En appel, le 11 décembre, la Cour militaire confirme la sentence. Dans le cadre de la tuerie de Courcelles, le Conseil de guerre de Charleroi le condamne à nouveau à la peine de mort, le 3 août 1946. Les conclusions circonstanciées de son avocat pour établir son déséquilibre mental firent qu’en appel, son cas fut disjoint des autres accusés par la Cour militaire qui décida de le placer en observation médico-mentale. Dès lors, l’ancien commandeur de la Wallonie n’eut de cesse d’être fusillé à son tour, envoyant même une supplique en ce sens au Régent, le Prince Charles : il sera passé par les armes à Tournai, le 21 juin 1948, sept mois après ses vingt-sept co-inculpés, exécutés en représailles de Courcelles.

    1942. von Lehe+LD+Pauly (Sado).jpgCélèbre photographie de l’agence de presse SADO (Service Auxiliaire de DOcumentation) mettant en scène une réunion au PC de la Légion Wallonie sur le Front de l’Est : devant la carte militaire, le Capitaine Erich von Lehe et le Commandeur Pierre Pauly suivent attentivement les commentaires de l’Adjudant Léon Degrelle.

    La seconde partie de l’article de Massimiliano Afiero chroniquant l’action des Volontaires wallons dans les forces armées allemandes, paraîtra dans la prochaine livraison (n° 19 de novembre 2021) du magazine The Axis Forces. Certes, un tel article laissera sans doute quelque peu dubitatifs les amis et la famille des Anciens Légionnaires du Front de l’Est. Néanmoins, tel quel, certes imparfait, il pourra susciter l’attention et la curiosité chez ses lecteurs anglophones ignorant tout de l’épopée bourguignonne et les amèneront –pouvons-nous espérer– à continuer à se renseigner aux bonnes sources bibliographiques (sans oublier les blogs informatiques comme celui du Dernier Carré !).

    Exercice Cie Bonniver.JPG

    Pour vous abonner à cette revue d’histoire militaire non conformiste au format pdf (ainsi qu’à la revue sœur Fronti di Guerra, paraissant, elle, en italien), il vous suffit de faire un don de (minimum !) 10 euros au compte de l’association culturelle Ritterkreuz : IBAN: IT70 K076 0103 4000 0009 3983 450.

     

    Ce versement (surtout s’il peut se montrer un peu plus généreux) est indispensable pour soutenir les auteurs dans leurs recherches (et nous savons combien elles sont indispensables !) afin de traquer le plus opiniâtrement possible la vérité historique dans un domaine livré chaque jour un peu plus aux fantasmes haineux des pseudo-historiens spécialisés en réécriture du passé et des médias devenus outils de rééducation sociétale.

  • Un Panthéon nationaliste…

    …pour réfléchir & agir !

     

    Réflechir-horz.jpg

     

    S’il est une revue que nous attendons avec impatience dans notre boîte aux lettres (dame ! elle ne paraît qu’une fois… toutes les saisons !), c’est bien Réfléchir&Agir, tant ses analyses sont d’une pertinence sans faille, son humour décapant, l’éventail de ses préoccupations exhaustif, n’oubliant surtout pas l’histoire ni la culture.

    Divine surprise ! Le numéro d’été est accompagné d’un Hors-Série consacré aux « Aventuriers, Soldats et Héros » devant animer le Panthéon du militant nationaliste-révolutionnaire.

    Le sens d’une telle publication ? Nous rappeler ces exemples constituant autant de repères. Nous rendre courage aussi, si besoin en est. Avant tout, surtout, nous exhorter au respect des vertus de notre race et de ses valeurs spirituelles, des mythes fondateurs de notre culture et de notre civilisation sans pareilles. Nous pousser à exalter toujours et partout notre histoire et ses hauts faits. à cultiver nos traditions ancestrales. À toujours demeurer fidèles à l’exemple, la force d’âme et l’enseignement de nos immortels Anciens. Surtout à cette heure où nous ne pouvons plus nous reconnaître dans le monde actuel.

    Comment résister à citer ces extraits de l’édito qui nous fouettent la fermeté et la hardiesse, la constance et la volonté, la fidélité et l’honneur.

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    « Nous vivons aujourd’hui dans un monde vétuste et sans joie. Un monde que nous ne reconnaissons pas, qui nous agresse au quotidien : nomade, fluide, métissé, transgenre, dégénéré. Être un militant nationaliste-révolutionnaire dans ce contexte peut souvent être la source d’un immense découragement, d’une grande lassitude devant l’écroulement accéléré de tous les grands murs porteurs de notre civilisation. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin chaque jour d’avoir à nos côtés ces cohortes silencieuses de nos héros morts ou vivants, hommes de guerre, aventuriers, explorateurs dont le courage a fait la grandeur et l’immensité mais beaucoup plus encore : ils ont accepté de sa battre et de mourir, de mettre leur vie dans la balance quand d’autres se contentaient simplement de vivre. […]

    Au quotidien, les soirs de fatigue, lorsque nous pensons que tout est perdu, pensons simplement à nos héros, raccrochons-nous à leur épopée et à leur exemple car eux n’ont jamais failli. […]

    Le culte de notre mémoire qui autrefois faisait partie intégrante de notre calendrier mémoriel quotidien est aujourd’hui contrôlé, contesté voire condamné car il dérange les tenants du Nouvel Ordre Mondial qui veulent réécrire l’histoire après l’avoir déconstruite. À l’homme vertical d’hier qui a écrit les plus belles pages de gloire de la civilisation européenne se substituent peu à peu d’autres idoles frelatées habilement fabriquées par les nouveaux marchands de sommeil que sont les médias et les financiers cosmopolites qui mènent le monde […].

    Les voilà les nouveaux héros du monde moderne promus par l’Occident dégénéré que nous ne pourrons demain purifier que par un grand feu de joie… Avant que ne revive le souvenir de nos grands Prétoriens dont la figure et la geste seules seront enseignées à nos enfants, ne serait-ce que parce que nos Anciens ne communiaient qu’à la seule religion valable et authentiquement nôtre : celle du courage et de l’honneur. A travers les âges, ce sont ces exemples qui parlent à notre âme et à notre cœur, ces héros qui sont les derniers purs dans ce monde de canailles et qui demeurent nos derniers repères, nos ultimes boussoles. »

    Plus de soixante figures d’exception sont proposées à notre respect et à notre méditation. Ce choix est évidemment arbitraire et limité, car c’est un volume de plusieurs centaines de pages qui eût été nécessaire. Mais nous est néanmoins proposée une magnifique galerie d’exemples d’héroïsme, de pureté, de sagesse, de générosité, de distinction…

    Et parmi ces figures, Léon Degrelle trouve naturellement sa place.

    Réflechir  Degrelle.jpeg

    Très beau texte présentant Léon Degrelle : il ne pèche que par excès de lyrisme car écrit avec la seule mémoire du cœur et non à coups de références livresques.

    Aussi, nous consacrant depuis des années à servir la vérité historique concernant l’auteur de Révolution des Âmes, chantre jusqu’à la mort du national-socialisme qui incarna souverainement cette renaissance, et de son Chef Adolf Hitler dont il sut s’attirer respect et affection, nous appartiendra-t-il de rectifier ces détails véniels.

    Ce n’est pas en 1938, mais après les élections de mai 1936 que Léon Degrelle « arrive aux portes du pouvoir » en faisant élire 21 députés et 8 sénateurs : le commandant des Chasseurs Ardennais lui propose alors, en vain, de prendre le pouvoir par un coup de force mené avec ses troupes d’élite (ce blog au 14 avril 2017).

    C’est en juin 1943 que les Wallons intègrent la Waffen-SS (et non en 1944). Et ce, au terme d’âpres négociations menées directement avec le Reichsführer Heinrich Himmler lui-même. Cela se passait au Quartier-Général d’Adolf Hitler avec qui Himmler était en contact téléphonique permanent : nul doute que cela permit le succès des demandes de Léon Degrelle (commandement belge autonome, utilisation courante de la langue française, maintien de l’aumônier catholique,… : voir ce blog au 20 juillet 2018).

    Enfin, Léon Degrelle a reçu la Croix de Chevalier de la Croix de Fer avec Feuilles de Chêne, mais pas les Epées et les Diamants (son ami Sepp Dietrich –ce blog au 12 janvier 2021– en était titulaire, tout comme le général Ferdinand Schoerner, qui le recommanda pour les « Feuilles de Chêne », les obtiendra dans les dernières semaines de la guerre : ce blog au 5 mars 2018).

    Par contre, il eût valu la peine de préciser que c'est à deux reprises (20 février et 27 août 1944) qu'Adolf Hitler fit emmener dans son avion personnel Léon Degrelle à son Quartier-Général pour le décorer personnellement et que c'est lorsqu'il lui remit les Feuilles de Chêne (en même temps que la Croix allemande en Or et l'Agrafe en Or des Combats rapprochés) qu'il lui confia: « Si j'avais un fils, je voudrais qu'il soit comme vous »... (ce blog, entre autres, aux 18 juin 2018 et 5 novembre 2020).

    Nous savons qu’il est de bon ton de « déconstruire » cette histoire-là aussi et que des auteurs de chez nous, s’improvisant biographes de Degrelle, osèrent même s’y compromettre (ce blog, notamment, au 12 mai 2016).

    Mais, outre qu’après avoir établi l’exceptionnelle proximité spirituelle entre Adolf Hitler et Léon Degrelle (ce blog, par exemple, au 25 mai 2021), nous avons prouvé la parfaite vraisemblance de cette reconnaissance (ce blog au 21 juin 2018), nous pensons également fermement que cette proximité avérée par le Führer appartient définitivement au « mythe » degrellien.

    AH+LD.jpgExceptionnel document : nous sommes le 27 août 1944, un mois à peine après l’inimaginable attentat du 20 juillet impliquant un nombre effarant d’officiers supérieurs et visant, en pleine guerre, à éliminer le chef suprême des armées.

     

    Adolf Hitler y échappe par miracle, mais quelle confiance accorder encore à sa hiérarchie militaire ? Quelques semaines plus tard, il ordonne que revienne à lui ce soldat étranger qui depuis longtemps déjà retient son attention par son intelligence politique aussi bien que par son courage indomptable, et a su toucher son cœur par la fidélité inconditionnelle au serment le liant à sa personne.

     

    Comme le montre la photo, Adolf Hitler rayonne alors d’une joie irrépressible en étreignant la main de Léon Degrelle.

     

    C’est à l’issue de leur rencontre, au moment de se quitter, qu’il lui confie cette marque d’affection qui déterminera à jamais la vie du national-socialiste belge : « Si j’avais un fils, je voudrais qu’il soit comme vous… »

     

    Ne manquez surtout pas de vous abonner à l’indispensable Réfléchir&Agir : les formules d’abonnement aux prix relevant du symbolique font de ce magazine un bienfaiteur de l’humanité nationaliste-révolutionnaire (l’abonnement compte un numéro par saison, soit quatre numéros par an) :

    - Abonnement simple : 26 euros

    - Abonnement hors de France métropolitaine : 40 euros

    Il vous est quand même loisible de souscrire un abonnement de soutien à un prix supérieur laissé à votre discrétion !

    Rendez-vous sur le site www.reflechiretagir.com

  • Cercle des Amis de Léon Degrelle


    35e Correspondance privée – Décembre 2020

     

    Annoncé pour juin dernier, nous l’attendions avec impatience, ce magazine que le Cercle des Amis de Léon Degrelle publie régulièrement en France. C’est que, particulièrement au courant de tout ce qui se publie sur Léon Degrelle, la publication du Cercle fonctionne véritablement –avons-nous dit un jour– comme un Degreller Beobachter et ses informations inédites nous sont toujours précieuses.

    Capture.JPGNous rappelons ce mot car un ami nous a transmis jouissivement la copie qu’il a découverte du « tweet » d’un quidam –un certain Maxime, faisant preuve, en l’occurrence de la maximale imbécillité–, qui est un jour tombé sur notre blog et a voulu partager son indignation sans doute « citoyenne » : « L’association, qui s'appelle "Dernier carré" produit également une lettre confidentielle pour ses membres qui s'intitule le "Degreller Beobachter". Pour mémoire le journal du NSDAP s’appelait le "Völkischer Beobachter". La référence est évidente » !...

    Mais rendons à César ce qui lui appartient et au Cercle sa Correspondance privée et empressons-nous de la présenter !

    Comme le plus souvent, la couverture s’orne d’un portrait original de Léon Degrelle. Il s’agit cette fois de la célèbre encre de Chine de Korbo (mais ce n’est pas mentionné : voir ce blog au 1er décembre 2020) reproduit sur bois découpé à la forme du visage et artistement accompagné de l’emblème de Rex. C’est Vincent Florian qui en est l’auteur et ses réalisations sont visibles sur Instagram (Auboisdecheznous) où l’on peut également lui proposer la réalisation de projets personnels.

    Lire la suite

  • Yvan Benedetti, vrai degrellien

     

    Révolution des Âmes !

     

    Capture-vert.jpgLe 28 janvier dernier, le site de Synthèse nationale (http://synthesenationale.hautetfort.com/) nous apprenait que « le chef des Nationalistes et directeur de Jeune Nation, Yvan Benedetti [avait été placé] en garde à vue pour “agression en bande organisée” » deux jours plus tôt. Cette arrestation faisait « suite à la manifestation anti PMA [procréation médicalement assistée] d’octobre 2019, au cours de laquelle les antifas du Quotidien [sur la chaîne de télévision TMC] avaient été remis à leur place par des militants nationalistes. »

     

    Cette détention provisoire pour des faits aussi futiles et anciens nous a bien sûr interpellé car s’il est un militant nationaliste à non seulement se revendiquer de l’héritage de Léon Degrelle, mais surtout à le faire vivre et à le répandre parmi la jeunesse avide d’idéal, c’est bien Yvan Benedetti.

    Arrestation LD.jpg

    Ce en quoi le Système a toujours excellé :
    faire
    taire les opposants qui ont la capacité
    et l’audace
    de mettre ses mensonges et ses
                         turpitudes
    en pleine lumière (ici, Léon Degrelle,
                         arrêté,
    en 1936, en pleine campagne contre les
                         banksters).

     

    Souvenez-vous : c’était lui qui avait écrit l’un des plus beaux hommages au Chef de Peuple européen dans le premier des Cahiers d’Histoire du Nationalisme. Pour le vingtième anniversaire de la disparition de Léon Degrelle, Christophe Georgy, président de l’Association des Amis de Léon Degrelle en France, avait rassemblé une douzaine de témoignages, à la demande de Synthèse nationale (voir ce blog au 22 janvier 2016). Yvan Benedetti y saluait le « modèle absolu pour les militants dans la lutte, les épreuves, la douleur ».

     

    Et c’est toujours ce message d’élévation spirituelle de chacun par la « Révolution des âmes » qu’il répand tout autour de lui en amenant ses militants à se dépasser en vivant pour leur idéal identitaire et communautaire.

     

    Nous le vérifiions encore dans le petit article que nous consacrions aux Caryatides, dans le dernier numéro de la correspondance privée des membres du « Dernier Carré », reprenant l’information de Rivarol (30 septembre 2020) :

    Caryatides.jpeg« Le 19 septembre dernier, à l’initiative des Caryatides, groupe de femme nationalistes, une trentaine de militants venus des quatre coins de France, armés de la plus puissante des volontés et pétris de l’idéal le plus pur, ont gravi près de 1800 mètres de dénivelé cumulé sur plus de 17 kilomètres. Refusant à l’ennemi le droit de s’attaquer aux symboles de notre peuple, de notre foi et de notre civilisation, bravant le froid, la pluie, le vent et la fatigue, ces cœurs vaillants se sont lancés à la conquête du Tossal Colomer de 2673m d’altitude dans les Pyrénées-Orientales, en contrebas du Carlit, le pic culminant, où la croix sommitale avait été arrachée. »

    C’est ainsi que le rédacteur en chef de Rivarol, Jérôme Bourbon, racontait l’exploit de ces jeunes filles et jeunes garçons partis réparer l’outrage blasphématoire perpétré par "l’Anti-France", ces malfaiteurs acharnés à la destruction de notre culture et de notre identité, toujours encouragés par le Pouvoir car jamais empêchés ni punis.


    Mais pourquoi ne pas s’être facilité la tâche en utilisant les moyens de la technique moderne, comme, par exemple, un hélicoptère ?

    Réponse toute degrellienne du porte-parole des Caryatides : « Si la valeur symbolique de l’érection de cette Croix est indéniable, et que cette action est évidemment un moyen de montrer notre détermination à nos ennemis, c’est dans nos cœurs autant qu’au sommet du Tossal Colomer que le quintal et demi d’acier pèsera pour toujours. Ce sont nos âmes que nous voulons révolutionner » !

    Et comment s’étonner d’un tel engagement, quand nous apprenons que l’événement coïncidait avec le 55e anniversaire d’Yvan Benedetti, l’infatigable et courageux militant nationaliste dont toute l’action est irriguée par la figure, l’exemple, les valeurs et la foi de Léon Degrelle ?

     

    A preuve, cette illustration qu’il nous donne encore de la pensée degrellienne à laquelle il communie intimement : « On connaît Léon Degrelle quand on connaît ses idéaux. Toute sa vie a été conduite par une boussole d’excellence, d’exigence, de droiture. Chez lui, tout est politique ; c’est ce que son existence nous enseigne, de la naissance à la mort, lui qui a fait don de sa personne, avec une dévotion naturelle qui ne laisse pas même supposer un effort ou un sacrifice. Il est cette âme qui brûle sans jamais se consumer, ce feu qui se propage à qui le touche ou l’effleure du bout de la pensée. »

    Aujourd’hui et dans l’attente de son procès le 18 mai prochain, Yvan Benedetti a été libéré et raconte dans une vidéo l’arbitraire des procédures, la saleté des cellules, la promiscuité avec les autres détenus (tous de nouvelles « chances » pour la France et tous des dealers de drogue), mais aussi le soleil que furent les riches conversations qu’il put avoir avec Hervé Ryssen, cet autre prisonnier d’opinion au pays des Droits de l’Homme et de la liberté d’expression, jusqu’au blasphème (mais à l’exclusion de l’Histoire !)… 

    Yvan Benedetti maillot Ryssen.jpgComme il y insiste, ce qu’Yvan Benedetti retirera surtout de cette expérience, ce sera une nouvelle leçon d’élévation par l’épreuve et la souffrance (voir le film de sa réaction sur http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2021/01/30/yvan-benedetti-revient-sur-sa-garde-a-vue-6294200.html) :

    « Cette période de garde à vue, ça vous maintient en révolution. Que vaut un idéal si vous n’êtes pas prêt à sacrifier votre liberté ? D’autres ont sacrifié leur vie à une autre époque. Cela nous conforte dans notre volonté de nous engager. »

     

    Pour aider Yvan Benedetti et ses militants nationalistes, degrelliens exemplaires, il est possible de participer aux frais d’avocats et de justice par un don via Paypal : (paypal.me/assoclan).

  • Dernier Carré – Communauté des Anciens du Front de l’Est

    Centième numéro de la Feuille de Contact
    entre les Membres et Amis

     

    C’est un historique centième numéro que la communauté des Anciens du Front de l’Est « Dernier Carré » vient de publier à l'intention de ses membres.

     

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    Ce numéro spécial de trente-deux pages est placé sous le mot d’ordre :

    « Gloire et Honneur aux Légionnaires wallons

    et à leur Chef Léon Degrelle ! »

     

    Aujourd’hui, en effet, que tout scrupule scientifique est désormais absent des récits et chroniques les concernant, prétendument historiques ou biographiques, il nous semblait nécessaire d’affirmer haut et fort la noblesse et l’héroïsme de ceux qui offrirent leurs forces, leur sang et jusqu'à leur vie pour que puisse vivre dans la dignité, la justice et la liberté une Europe menacée par la ploutocratie et le communisme.

    Leur épopée ne fut ni imaginaire ni absurde mais marqua l’histoire et suscita l’enthousiasme, comme le montre la photo de couverture, prise à Bruxelles, le 1er avril 1944, à l’occasion de la glorieuse manifestation célébrant la victoire de la percée de Tcherkassy.

    Ce défilé triomphal, le seul qu’une unité de Volontaires européens put jamais organiser au cours de la guerre dans son pays d’origine, marqua une étape décisive dans le parcours aventureux que s’imposa Léon Degrelle s’engageant dans la croisade antibolchevique lancée par le Troisième Reich.

    Se retrouvant simple soldat parmi les autres Légionnaires du pays vaincu qu’était la Belgique, il avait voulu gagner, par son héroïsme militaire et celui de ses Bourguignons, le respect des anciens vainqueurs en même temps que le droit et l’honneur d’assurer l’avenir de son peuple dans l’Europe nouvelle. Ce droit, Léon Degrelle, devenu Commandeur de la Division Wallonie, couverte de la gloire des combats au Front de l’Est, et décoré lui-même, deux semaines auparavant par le Führer en personne, de la Croix de Chevalier de la Croix de Fer, ce droit, il le manifestait et l’imposait par cette apothéose au milieu de son peuple enthousiaste. Adolf Hitler avait déjà annoncé à Himmler qu’il voulait Léon Degrelle comme chancelier d’une Belgique retrouvant ses dimensions bourguignonnes (voir ce blog au 20 mai 2018) : cinq mois plus tard, il le recevrait à nouveau en son quartier général pour accrocher les Feuilles de Chêne à sa croix de Chevalier de la Croix de Fer et lui adresser son émouvante confidence historique « Si j’avais un fils, j’aimerais qu’il soit comme vous » ! (voir ce blog, entre autres, aux 21 juin et 20 juillet 2018)

    Que nous reste-t-il aujourd'hui de cette épopée fracassée ? de cette croisade contre le communisme menaçant d’anéantissement notre civilisation ? de cet ultime sursaut vital contre les matérialismes délétères ?

    Il nous en reste l’essentiel si nous nous détournons des mensonges officiels: l'idéal de vie. La nécessité de l’amour des autres, l’exemple du don de soi pour sa famille, ses proches et sa communauté, l’engagement pour une société de justice et de responsabilité.

    Dur et Pur !

    Révolution des âmes !

     

    Au sommaire de cette feuille de contact :

    - Editorial : Wenn alle untreu werden… nous resterons toujours fidèles

    - Calendrier 2021 : Dur et Pur ! Pour la Révolution des âmes !

    - Degrelle-Hergé, même combat !

    - La fin de guerre de Marie-Paule Degrelle

    - Parcours d’un jeune Volontaire, à la fin de la guerre

    - Récit d’un Volontaire wallon, ancien travailleur dans les usines du Reich

    - Lectures décapantes :

    - Olivier Pigoreau, Son âme au diable, Jean-Marie Balestre
    - Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Ainsi finissent les salauds
    - Jean-Marc Berlière, François Le Goarant de Tromelin, Liaisons dangereuses
    - Xavier Laroudie, Un seul châtiment pour les traîtres

    - A travers la presse :

             - Fernand Kaisergruber (Moustique)
             - La séduction d’un fasciste, par Dieter Vandenbroucke
               (Joris Van Severen)
             - Les collabos belges (SoirMag)
             - Les Caryatides (Rivarol)
    - A propos de deux rééditions de Léon Degrelle et l’avenir de “Rex”, de Robert Brasillach

     

    Feuille de contact des membres du Dernier Carré.

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  • Une nouvelle farce du CEGESOMA et du SoirMag !

    Sacré Degrelle ! il est allé se faire voir chez les SS au Front de l’Est !...

     

    Soir .mag. 1.jpegNouvelle opération "récup de lecteurs" avec photo de Léon Degrelle en couverture : le 14 octobre dernier, le SoirMag a prétexté le 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale pour un improbable "dossier" sur Les collabos belges.

    Le clou de cet article ? La publication d'une photo du défilé célébrant à Bruxelles, le 1er avril 1944, la percée victorieuse de Tcherkassy avec une légende prétendant que Léon Degrelle, en grand uniforme de SS-Sturmbannführer (major et non capitaine !), arborant toutes ses décorations, dont la cravate de Chevalier de la Croix de Fer reçue des mains mêmes d’Adolf Hitler, saluerait le départ des Légionnaires wallons… pour la Waffen SS, le 8 août 1941 !!!

     

    Rappelons, pour ceux qui l’ignoreraient encore, que Léon Degrelle, refusant tout grade de complaisance (les chefs politiques flamands et français s’engageant dans la Croisade antibolchevique furent nommés "officiers assimilés"), est parti avec ses Légionnaires comme simple soldat et n’a dû ses promotions et décorations militaires qu’à son courage et ses actions d’éclat dans les combats du Front de l’Est (le passage à la SS date du 1er juin 1943).

     

    Pourtant, l’article bénéficiait de la collaboration (si l’on ose dire) du toujours sérieux et compétent CEGESOMA… Le fleuron de cette société qui remplace allègrement le scrupule historique par le politiquement correct, Alain Colignon, y va d’ailleurs à son tour d’une "analyse" tout aussi farce (mais qui sera sans doute gobée telle quelle par les lecteurs crédules et confiants) : « se faire bien voir des Allemands, espérant se faire récompenser après la guerre, en se voyant installés au pouvoir à la tête de notre pays. Ça, c’est la posture de Degrelle. »

     

    A la place de Léon, s'il ne s'agissait que de se "faire bien voir", on n’aurait sans doute pas choisi d’aller se promener là où on risquait d’être tué à tout moment (la baraka n'était tout de même pas un droit acquis !). Quitte à ne pas voir sa "posture" sur la cheminée de la Chancellerie...

    (Pour ceux qui ne parlent pas le "belge", une posture est une petite statue, une figurine décorative pour le buffet ou la cheminée du salon).

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  • Degrelle – Hergé, même combat ! (3)

    Les « mensonges » de Degrelle

     

    La démonstration de Tintin mon copain établissant la filiation évidente entre Léon Degrelle et le héros des jeunes de 7 à 77 ans est tellement flagrante et indiscutable que les « exégètes » en ont été réduits à couper les cheveux en quatre pour discréditer l’ouvrage, s’appuyant sur des détails intentionnellement mal interprétés et présentés comme des failles établissant la duperie, mais évitant l’essentiel qui est l’identité de pensée et d’idéal des deux amis. Passons-les en revue : ils ne sont pas nombreux.

     

    1929 : la date polémique

    Le voyage de Degrelle au Mexique (fin 1929-début 1930) n’a pu influencer la création de Tintin, qui date de janvier 1929.

    Donnons donc une petite leçon de chronologie. C’est au tout début de janvier 1929 que Hergé (collaborant au Vingtième Siècle depuis octobre 1927) commença à imaginer le récit Au pays des Soviets, sur base du Moscou sans voiles publié en 1928 par l’ancien consul de Belgique en Russie, Joseph Douillet. Le livre venait de lui être confié par l’abbé Norbert Wallez dans ce but et, d’après Hergé, le canevas fut créé en moins d’une journée (Huibrecht Van Opstal, Tracé Hergé, p. 224 sv.). Léon Degrelle est, quant à lui, engagé en octobre 1928 et ses tout premiers articles concernant la persécution des catholiques mexicains sont déjà publiés dans le Vingtième Siècle les 26, 27, 28 octobre et 16 novembre 1928 (voir aussi sur ce sujet précis ce blog au 7 février 2019). C’est dès cette époque qu’il se lie d’amitié avec Hergé: « Georges Remi, le Hergé débutant, devint instantanément mon ami. » (Tintin, mon copain, p. 12).

     

    ffffffffffffffff.JPGC’est dès le premier numéro de L’Avant-Garde (10 novembre 1927) dirigé par son ami Léon Degrelle, étudiant à l’Université Catholique de Louvain, que Hergé tint à prêter son concours : il donna son dessin La marche triomphale (publié le 30 mars 1924 dans Le Blé qui lève et signé « Remi ») pour illustrer le cortège des étudiants se rendant au meeting de l’Action Catholique de la Jeunesse Belge à Louvain.

     

     

     

    Si donc Hergé a pu prendre Léon comme modèle physique et moral de son héros, ce n’est évidemment pas à cause du voyage au Mexique, mais grâce à une sympathie spontanée, née d’une séduction spirituelle et morale réciproque, renforcée encore par la hardiesse et la générosité des articles sur le Mexique.

     

    Mais il y a plus ! Hergé lui-même donne explicitement raison à Degrelle dans une interview accordée à La Libre Belgique du 30 décembre 1975, citée dans Tintin, mon copain (p. 17): « J’ai découvert la bande dessinée grâce à... Léon Degrelle ! Celui-ci, en effet, était parti comme journaliste au Mexique et il envoyait au Vingtième Siècle, non seulement des chroniques personnelles, mais aussi des journaux locaux (pour situer l’atmosphère) dans lesquels paraissaient des bandes dessinées américaines. J’ai découvert ainsi mes premiers comics. »

     

    Nous laisserons le captieux biographe Benoît Peeters prétendre réduire cette affirmation capitale du créateur de Tintin à une insignifiante « légende alimentée par Hergé » (Benoît Peeters, Hergé fils de Tintin, p. 66), sans d’ailleurs essayer d’en expliciter la cause, d’en préciser les raisons ou d’en justifier l’intérêt pour l’auteur. Nous noterons pour notre part que, pour Hergé, l’événement des bandes dessinées envoyées par Degrelle est tellement essentiel que, bouleversant la chronologie, il le situe même avant la publication de ses premiers dessins dans Le Vingtième Siècle !

     

    C’est ainsi qu’il déclare à Numa Sadoul, dans les entretiens qu’il lui accorda en octobre 1971: « je découvrais –par l’intermédiaire de journaux mexicains !– les comics américains: “Bringing Up Father” (“La famille Illico”) par Geo Mac Manus, “Krazy Kat”, “The Katzenjammer Kids”, et bien d’autres... Pour donner une nouvelle vie à son journal, l’abbé Wallez eut alors l’idée de lancer un supplément hebdomadaire illustré pour enfants [...]. Dès le premier numéro, j’ai commencé à illustrer (de façon déplorable !) un récit fantaisiste mais consternant, œuvre d’un rédacteur du journal: Les aventures de Flup, Nénesse, Poussette et Cochonnet. [...] C’est donc pour éviter d’illustrer un texte que je trouvais mortellement ennuyeux que j’ai créé “Tintin”. Et c’est là que, pour la première fois, comme dans les bandes dessinées américaines, le texte et l’image se sont mutuellement complétés pour former un langage nouveau. Le 10 janvier 1929, Tintin et Milou quittaient Bruxelles (sur le papier) à destination de la Russie bolchevique [...]. » (Numa Sadoul, Tintin et moi, pp. 32-33).

     

    Alors ? Hergé est-il un menteur ? Degrelle n’aurait rien à voir avec la conception nouvelle de la bande dessinée qu’il développe ??? Léon est tellement consubstantiel à Tintin que Hergé n’imagine même pas, cinquante ans plus tard, de les dissocier, même au prix d’un anachronisme !

     

    Le modèle de Milou, c’est le chien d’Adolf Hitler !

    L’affirmation, il est vrai, a de quoi estomaquer ! Non seulement Tintin, c’est Degrelle, mais Milou serait le clebs de Hitler ?!!! Ça, c’est trop fort ! Je dirais même plus, c’est plus fort que du Roquefort !

     

    Mais est-ce tellement extravagant ? Que dit précisément Léon Degrelle ?

     

    « Georges et moi avions déniché, absolument par hasard, sur une vieille photo datant des tranchées de la Première Guerre Mondiale, un gentil quadrupède à l’allure pré-milounesque. Hergé, qui cherchait pour ses B.D. un petit chien ou l’autre parmi des millions d’autres chiens blancs et futés, fut frappé par cette image imprévue. Le petit chien blanc de la photo dressait son nez fureteur aux pieds de quelques soldats allemands, plutôt dépenaillés. C’est à cause d’un de ces soldats que ladite photo avait été publiée, dix ans après, par l’hebdomadaire que nous feuilletions. » (Tintin mon copain, p. 16)

     

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    Il existe trois photos du Gefreiter Hitler, pendant la Première Guerre mondiale, avec son fox-terrier qu’il baptisa fatalement «Foxl», échappé des tranchées anglaises en poursuivant un rat. Ces photos abondamment publiées dès l’entrée en politique de celui qui devint Chancelier d’Allemagne –et probablement dès 1928, voir ci-après–, furent retrouvées avec plaisir par le Führer lors de ses deux visites-pèlerinages au Front des Flandres en juin 1940 : elles avaient été découpées et encadrées par le propriétaire de la maison dans le jardin de laquelle elles avaient été prises, en mai 1916… On reconnaît le soldat de première classe Hitler parmi ses compagnons ; son calot affiche la cocarde bavaroise sur le bandeau et celle du Reich sur le dessus; il porte surtout au troisième bouton de sa vareuse feldgrau le ruban de la Croix de Fer de Seconde classe qu’il obtint dès le 2 décembre 1914 (il recevra la Croix de Fer de Première classe le 4 août 1918).

     

    Que pouvons-nous retenir de ce récit ?

      - Hergé cherche l’inspiration pour un petit chien blanc futé

      - Il feuillette un hebdomadaire

      - Nous sommes « dix ans après » la Première Guerre Mondiale

      - La photo avec « le petit chien blanc » est publiée «à cause d’un de ces soldats »  allemands

     

    Si nous sommes « dix ans après » la Première Guerre Mondiale, nous devons nous situer quelque temps avant le mois de novembre 1928, dixième anniversaire du 11 novembre 1918, marquant l’Armistice de la Première Guerre Mondiale. Hergé ne publiera Tintin chez les Soviets où apparaît nommément Milou qu’à partir du 10 janvier 1929. Or que découvrons-nous dans sa BD précédant immédiatement le premier Tintin ? Des essais de petits chiens dans la série L’extraordinaire aventure de Flup, Nénesse, Poussette et Cochonnet, publiée à partir du 1er novembre 1928 dans Le Petit Vingtième. Nous y voyons dès la deuxième page, deux petits chiens anonymes : un chien de rue (tacheté de noir sur les yeux, le dos, la cuisse et le bout des pattes) et un fox-terrier tout blanc. On les retrouve encore alternativement en pages 3, 4, et 5, mais c’est le fox-terrier qui semble l’emporter par son empathie avec son maître Nénesse (courant et pleurant avec lui, s’interrogeant sur son comportement). C’est bien lui qui a l’air le plus futé.

     

    Le 28 décembre 1928, le choix du petit chien futé semble définitivement arrêté : ce sera un fox-terrier blanc, héros principal de « La Noël du petit enfant sage » publié dans Le Sifflet. Ne portant pas encore de nom, il soliloque, réfléchit, s’invente des excuses et commet l’irréparable en mangeant le pain d’épices du Père Noël et en le remplaçant par son « besoin urgent » ! (les illustrations appuyant ce raisonnement sont visibles dans Huibrecht Van Opstal, Tracé Hergé, pp. 220 et 223).

     

    Foxl, l’inséparable « Milou » d’Adolf Hitler

     

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    « C’est en janvier 1915 que je mis la main sur Foxl. Il était en train de poursuivre un rat qui avait sauté dans notre tranchée. Il s’est débattu, essayant de me mordre, mais je n’ai pas lâché prise. Je l’ai ramené avec moi en arrière. Il tentait constamment de s’enfuir. Avec une patience exemplaire (il ne comprenait pas un mot d’allemand), je l’ai peu à peu habitué à moi. Au début, je ne lui donnais que des biscuits et du chocolat (il avait pris ses habitudes chez les Anglais qui étaient mieux nourris que nous). Puis je me mis à le dresser. Il ne me quittait pas d’une semelle. A ce moment-là, mes camarades ne voulaient pas entendre parler de lui. Non seulement j’avais de la sympathie pour cette bête, mais cela m’intéressait d’étudier ses réactions. J’ai fini par tout lui apprendre : sauter des obstacles, grimper à une échelle, en redescendre. L’essentiel est qu’un chien dorme toujours aux côtés de son maître. Quand je devais monter en ligne et que ça tapait dur, je l’attachais dans la tranchée. Mes camarades me disaient qu’il ne s’intéressait à personne durant mon absence. Même de loin, il me reconnaissait. Quel déchaînement d’enthousiasme en mon honneur ! Sa plus grande joie, c’était la chasse aux rats. Nous l’avions appelé Foxl. Il a fait toute la Somme, la bataille d’Arras. Il n’était pas du tout impressionnable. Lorsque je fus blessé, c’est Karl Lanzhammer qui prit soin de lui. Lors de mon retour, il se jeta sur moi avec frénésie. […]

    C’était une brave bête. Quand je mangeais, il était assis près de moi et suivait des yeux mon manège. Si à la cinquième ou sixième bouchée, je ne lui avais rien donné, il se dressait sur son séant et me regardait avec l’air de dire : Et moi, ne suis-je pas là ? C’est fou ce que j’ai aimé cette bête. Personne ne pouvait me toucher sans qu’aussitôt Foxl ne devînt furieux. Il ne suivait que moi. Quand vint la guerre des gaz, je ne pus continuer à l’emmener en première ligne. Ce sont mes camarades qui lui donnaient à manger. Quand je rentrais après deux jours d’absence, il ne voulait plus me quitter. Tout le monde, dans la tranchée, l’aimait. Pendant les marches, il courait autour de nous, observant tout, ne perdant pas un détail. Je partageais tout avec lui. Le soir, il se couchait près de moi. »

    (Adolf Hitler, Libres propos sur la guerre et la paix, pp. 226-227)

     

    Le chien blanc de l’hebdomadaire feuilleté par hasard en 1928 a attiré l’attention de Léon et de Hergé par sa présence amicale (il « dressait son nez fureteur ») à la limite de l’incongruité (« image imprévue ») parmi des soldats allemands qui faisaient pitié (« plutôt dépenaillés »). Il présentait aussi une petite tache sombre sur l’œil et l’oreille (comme dans Flup, Nénesse,…). Mais c’est un chien immaculé (sorte de compromis entre le chien de la photo de Hitler et les essais de Flup, Nénesse,…) qui est alors prêt à entrer dans l’immortalité des aventures de Tintin.

     

    Le déclic provoqué par la photo de Hitler est-il donc tellement invraisemblable ?

     

    Cela ressortirait-il à la fabulation qu’un illustré ait publié des photos d’un certain Adolf Hitler n’arrêtant pas de faire parler de lui : auteur du putsch de Munich le 9 novembre 1923 et arrêté le 11, jour du cinquième anniversaire de l’armistice, il est condamné à cinq ans de détention, est libéré de la prison de Landsberg fin décembre 1924, reconstitue la NSDAP en février 1925, réorganise en 1926 la SS et lui confie le « Drapeau du Sang » du Putsch de Munich, en même temps qu’il rassemble la jeunesse dans la Hitlerjugend, enracine les congrès du parti dans la cité médiévale de Nuremberg en 1927 et envoie douze députés au Reichstag le 6 mai 1928…

     

    C’est ainsi, nous dit Léon Degrelle, qu’un hebdomadaire choisit de publier cette photo de soldats allemands pour le dixième anniversaire de la fin de la Première Guerre Mondiale (11 novembre 1918) parce qu’on y reconnaissait Adolf Hitler (« C’est à cause d’un de ces soldats que ladite photo avait été publiée »).

     

    Et c’est aussi ce que nous confirme le journal de Franz Hailer (1886-1969, pilote de reconnaissance aérienne durant la Première Guerre mondiale) qui put accompagner Adolf Hitler le 25 juin 1940 lorsqu’il retrouva ses cantonnements et les champs de bataille des Flandres de 1915-1916.

     

    « A Fournes-en-Weppe, les voitures firent halte dans la rue Faidherbe, où les hommes sortirent et suivirent le Führer vers le bureau de perception. En 1914-1918, ce vaste bâtiment abritait une infirmerie allemande. Selon Franz Hailer, Hitler ouvrit la porte aussi naturellement qu’il le faisait il y a vingt-quatre ans. Après quelque temps, il ressortit avec un large sourire et montra à tout le monde une photo de guerre, qui avait été depuis alors souvent publiée et qui le montre en compagnie de six autres collègues estafettes. Sur le cadre où la photo avait été insérée, trônait en belles lettres capitales françaises : “Cette photo d’Adolf Hitler a été prise le 24 avril 1916 dans notre maison”. Parmi les nombreux clichés de la visite de Hitler à Fournes, il y en a en effet un qui montre la photo en question de l’estafette Hitler. Mais ce n’est pas Hitler qui présente la photo encadrée à l’un des photographes allemands, mais un Français. Cet homme, c’est Louis Guichard, le percepteur local de 1940, et il se trouve à l’arrière de son bureau. » (Siegfried Debaeke, Hitler in Vlaanderen, p. 127).

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    Adolf Hitler se rend dans le jardin du percepteur des impôts de Fournes-en-Weppe, le 26 juin 1940. Par le suite, le percepteur Louis Guichard est tout fier de présenter au photographe Heinrich Hoffmann le témoignage de la présence du Führer chez lui, vingt-quatre ans auparavant !

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    La polémique pour savoir qui sortit « vraiment » cette photo du bureau de perception ne présente aucun intérêt : comme si Adolf Hitler n’aurait pas été heureux de trouver là cette photo et de la montrer à ses anciens compagnons du Front qui l’accompagnaient, parmi lesquels Ernst Schmidt et Anton Bachmann pouvaient se reconnaître. Et comme si le photographe officiel du Führer, Heinrich Hoffmann qui était également présent, n’aurait pas pu demander au propriétaire de la maison de bien vouloir encore lui montrer ce cadre qui avait attiré l’attention du Führer.

     

    Ce que nous retiendrons surtout, c’est que le journal de Franz Hailer auquel Siegfried Debaecke a eu accès confirme que les photos d’Adolf Hitler sur le front de la Première Guerre mondiale ont connu diverses publications, y compris aussi vraisemblablement dans la presse française, permettant à Louis Guichard reconnaissant sa propriété de les découper et de les encadrer. Figuraient-elles dans un magazine français célébrant le dixième anniversaire de l’Armistice ? Le magazine que Léon Degrelle et Hergé ont pu feuilleter en novembre 1928, époque où le dessinateur concevait son héros Tintin et son inséparable compagnon Milou ? Voilà qui n'est certainement pas à exclure.

     

    Et pour prévenir la remarque que le chien de Hitler n’est pas de la « pure » race de Milou qu’on présente comme « fox-terrier », nous évoquerons à nouveau le témoignage de Hergé. Il concéda, en effet, dans l’émission sur les animaux Trente millions d’Amis (diffusée le 29 juillet 1978 sur la première chaîne de la télévision française) :« Milou est d’une race qui est approximativement le fox à poils durs. Un peu bâtard tout de même » (nous soulignons)…

     

    En tout cas, on comprendra maintenant très bien, comme le rappelle Léon Degrelle, qu’après-guerre, lorsqu’on l’interrogeait sur l’origine de Milou, Hergé répondait évasivement (et prudemment !) : « Milou ? Je ne me souviens vraiment plus d’où il est sorti » !... (Tintin mon copain, p. 16)

     

    23 Hitler Culotte Golf +Muck.jpeg« Staubele, notre nouveau chien Schnauzer [espèce de terrier bavarois] que mère avait offert à notre père pour son anniversaire, nous était tout dévoué, nous pouvions le gronder, le chasser, mais il n’aimait pas les étrangers, et il nous fallait veiller sur lui très attentivement lorsque Wahnfried était plein d’invités. Le seul nouveau venu que Staubele admit jamais et auquel il témoigna immédiatement son amitié fut Hitler. La première fois que Wolf [surnom d’Adolf Hitler qu’utilisaient ses intimes] vint nous voir après l’acquisition de Staubele, le chien, dès qu’il l’aperçut, courut à lui, fourra son museau dans ses mains et ne quitta pas Hitler tant que dura la visite du Führer. En cela notre chien ressemblait à tous ceux qui lui succédèrent à Wahnfried. C’étaient de grandes bêtes farouches qui ne s’approchaient jamais de personne en dehors des membres de la famille, mais, tout de suite, ils se prenaient d’affection pour Hitler. » (Friedlind Wagner,  Héritage de feu, pp. 50-51).

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    Cette photo, prise en bordure du petit aérodrome du GQG d’Adolf Hitler en Belgique, illustre parfaitement le récit de la petite-fille de Richard Wagner : qui est ce chien tranquillement étendu sur le banc de repos du Führer qui le couve du regard, pendant que le ministre des Affaires étrangères, Joachim von Ribbentrop, semble se demander s’il n’est pas de trop ? D’après ce que la secrétaire personnelle d’Adolf Hitler, Gerda Christian, confia à René Mathot en 1978, ce fox-terrier avait été oublié ou abandonné par ses propriétaires lors de l’évacuation des 117 habitants de Brûly-de-Pesche ordonnée le 26 mai 1940 et effectuée deux jours plus tard (jour de la capitulation du roi Léopold III). Ce village du sud de la Belgique était destiné à devenir la Wolfsschlucht («Ravin du Loup»), le Grand Quartier Général d’Adolf Hitler pour la campagne de France. René Mathot a ainsi publié une (fort mauvaise) photo (René Mathot, Au Ravin du Loup, p. 164) où l’on aperçoit les secrétaires personnelles Gerda Christian et Christa Schröder face au Führer : à leurs pieds, alerte et les sens en éveil, le chien n’a d’yeux que pour lui, attendant visiblement quelque intervention de sa part : ce Milou, fox terrier belge, est bien le cousin de Foxl, le terrier anglais, de Staubele, le terrier bavarois, et de Muck, le berger allemand !...

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    A suivre

  • Degrelle – Hergé, même combat ! (2)

    Si Tintin n’est donc pas un inspecteur de police à la Maigret, un détective à la Sherlock Holmes ou un Robin-des-Bois à la Arsène Lupin, c’est à Léon Degrelle qu’il doit sa profession de journaliste-globe-trotter et à son exemple de droiture, de dévouement et de générosité, –affirmé dès ses premiers articles sur les martyrs de la guerre religieuse mexicaine (octobre 1928)–, ses activités de redresseur de torts.

     

    C’est ainsi que Tintin, dès sa première aventure chez les Soviets (janvier 1929), est aussi reporter et aventurier que Léon Degrelle –qui, au même moment, est sur le point de se lancer à corps perdu dans un voyage de tous les dangers au Mexique de la révolte des Cristeros–, tout en manifestant les mêmes traits éthiques et moraux le poussant à défendre les causes justes et à venir en aide aux persécutés.

     

    9 Mexique Rex illustré 18 03 36.jpgRépondant à l’attaque du quotidien socialiste Le Peuple qui prétendait que le voyage au Mexique de Léon Degrelle était un mensonge, Rex illustré se contenta, dans son numéro du 18 mars 1936, de reproduire quelques clichés de voyage de Léon Degrelle. Celui-ci en avait pourtant déjà publié plusieurs lors de la publication en feuilletons dans l’hebdomadaire Soirées (du 23 octobre 1931 au 9 avril 1932)…

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    Ce rôle de modèle évident que Léon Degrelle joua dans la genèse de Tintin (qui vit le jour dans Le Petit Vingtième, le 10 janvier 1929) est irréfutablement établi dans nos commentaires de Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin (Editions de l’Homme Libre, 2018).

     

    C’est ainsi que Léon Degrelle documenta pour Le XXe Siècle où les deux amis effectuaient leurs premières armes, l’idéal spirituel, politique et social qui sera celui de Tintin, dans l’émouvante défense des catholiques mexicains acceptant le martyre au cri de « Vive le Christ Roi », ce Christus-Rex qui donnera naissance au mouvement REX ! Léon Degrelle signera ainsi Les fureurs antireligieuses au Mexique ; Comment on assassine au temps de Locarno ! et Comment on meurt pour le Christ-Roi, les 26, 27 et 28 octobre 1928 ; La persécution mexicaine : pourquoi reculeraient-ils devant le sacrifice ?, le 16 novembre 1928. Il ajoutera encore, alors qu’il vient de terminer sa grande enquête sociale sur Les Taudis publiée pendant tout le mois de décembre 1928, Quand les catholiques s’en mêlent, le 27 janvier 1929, soit quelques jours après le départ de Tintin pour le pays des Soviets et quelques mois avant son propre départ pour le Mexique (19 décembre 1929 ; sur les péripéties préparatoires au voyage, voir Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin, p. 65-69).

     

    De plus, l’engagement anticommuniste de Tintin, s’il puisa les anecdotes de ses aventures dans le livre Moscou sans voiles du consul belge de Rostov-sur-le-Don, Joseph Douillet (Editions Spes, 1928), s’inspira surtout du courage, de la détermination, du sens de l’initiative et de l’humour de Léon Degrelle parti saccager l’exposition bolchevique de Bruxelles, le 12 janvier 1928. Tintin doit indubitablement aussi ses traits à cet événement considérable qui ébranla tout le monde politique et médiatique belge. Au point de déterminer la décision du directeur du XXe Siècle, l’abbé Norbert Wallez, d’imposer au responsable du Petit Vingtième, le jeune Hergé, la mission d’envoyer son nouveau héros Tintin combattre les Soviets en « Bolchévie » !

     

    14 Avant-Garde 19_01_1928 Soviets.JPGLéon Degrelle rend compte de l’attaque de l’exposition soviétique à Bruxelles dans son journal estudiantin louvaniste du 19 janvier 1928 : c’est la première fois que la (coûteuse) couleur est utilisée !

     

    Voilà ce que, de prime abord, Léon Degrelle inspira à Hergé pour son personnage Tintin (sans parler ici des évidences matérielles –que sont les culottes de golf, la houppette ou l’ovale parfait du visage– appartenant toutes au turbulent étudiant louvaniste : elles sont abondamment détaillées dans Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin (sur l’origine, le sens et la portée des culottes de golf, on lira avec intérêt « La culotte de golf », pp. 76-82), et ce, d’autant plus naturellement que la même éthique de vie était partagée par les deux amis qui avaient reçu la même éducation catholique et la même formation scoute.

     

    Mais c’est là aussi ce qui était absolument insupportable pour l’historiographie politiquement correcte, accusant Léon Degrelle de se forger une légende à coups de mensonges, d’exagérations, de récupérations, de travestissements de la réalité…

     

    Même un critique comme Francis Bergeron, auteur d’un Dictionnaire du collectionneur politiquement incorrect et d’un Dictionnaire commenté de livres politiquement incorrects, que l’on pourrait donc croire immunisé contre tout conformisme, s’est laissé contaminer par cette paresse intellectuelle pour entonner –mais s’en rend-il seulement compte ?– les décevants refrains du politiquement correct : « Tintin mon copain […] ! Il faut en prendre et en laisser, comme souvent chez Degrelle », « L’album sent la récupération », « Redevenons sérieux »,… (Francis Bergeron, Georges Remi dit Hergé, Pardès, Qui suis-je ?, 2011, pp. 118, 36)

     

    Mais ce qui est bien réellement sérieux, c’est que toute la vie de Léon Degrelle est faite de chapitres absolument incroyables, exactement à l’image des aventures de Tintin (que Robert Poulet décrit justement comme « des histoires impossibles mais réelles », in Rivarol, 18 mars 1983) !

     

    Depuis sa périlleuse expédition au Mexique jusqu’aux tentatives d’enlèvement et d’assassinat en Espagne fomentées par des juges et des résistants belges ou les services secrets israéliens et français, en passant par sa campagne fulgurante contre les banksters de la politique belge, les héroïques combats du Front de l’Est (Croix de Fer de Seconde et Première Classe, Agrafe en or des Combats au Corps à Corps, Insigne en or des Blessés, Croix de Chevalier de la Croix de Fer avec Feuilles de Chêne, etc.) et ses promotions militaires au seul mérite personnel ­de simple soldat à commandeur de division et Volksführer (détenteur des pouvoirs civils et militaires) des Wallons (voir ce blog au 5 mars 2018), ses liens inimaginablement privilégiés avec Adolf Hitler (« Si j’avais un fils, je voudrais qu’il fût comme vous », voir ce blog aux 21 juin et 20 juillet 2018) ou son projet de rétablissement du Duché de Bourgogne approuvé par Hitler et confirmé par Himmler (voir ce blog au 28 juin 2017), tout, absolument tout, dans la vie de Léon Degrelle relève de l’invraisemblable et de la fiction. Et pourtant, tout est vérifiable et a toujours fini par se vérifier.

     

    Aujourd’hui, ce sont ses détracteurs qui passent pour des affabulateurs ou des historiens peu scrupuleux. Par exemple, à propos des mensonges insanes d’un Eddy De Bruyne, voir ce blog : 15 publications à partir du 23 mars 2017 ; sur les obsessions fantasmagoriques et les postulats délirants du pseudo-historien de l’Université de Liège, Francis Balace, tout confit en servilité politiquement correcte, voir ce blog, entre autres, au 9 juillet 2017, note 1, ainsi qu’aux 30 juin 2016, 12 mars et surtout 6 juillet 2019 !...

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    Tant que les tailleurs en ont proposé, Léon Degrelle est toujours resté fidèle aux culottes de golf que Hergé lui emprunta pour en faire le vêtement emblématique de Tintin : à gauche, au début des années 30 ; à droite, dans l’Espagne des années 50.

     

    Léon Degrelle était à ce point conscient de son destin super-tintinesque qu’il prend plaisir à le souligner dans Tintin mon copain !

     

    « Avoir aidé Hergé à faire de Tintin un personnage qui, avec le temps, porterait à travers la planète la culotte de golf décrochée de ma garde-robe et la houppette cueillie sur ma boîte crânienne, ne serait qu’un incident merveilleux à travers ma vie haute en couleur. […] C’est dire que Tintin ne serait qu’un épisode, charmant, de ma geste multiforme, où abondent des événements hors du commun : la conquête d’un million de Belges en 1936, par un jeune garçon de vingt-neuf ans, mes quatre ans de combat de chef de guerre au Front de l’Est, ma Ritterkreuz et mes Feuilles de Chêne me hissant en tête des créateurs de l’Europe en gestation. […] Hergé lui-même le savait qui, modeste, parfois même effacé ou effaré, vivrait personnellement, on le verra, chacun des heurts et malheurs de mon épopée. Au long de ceux-ci, c’est vrai, resurgiraient cent fois des réminiscences et des coïncidences de l’esprit, de l’ingéniosité, de la débrouillardise et de l’humour du Tintin de notre jeunesse. » (p. 21)

     

    C’est donc par l’intermédiaire de son personnage de fiction que Hergé vivra les aventures qu’écrira dans la réalité, avec son courage et son abnégation, l’ami Degrelle : « Tintin, c’est moi quand j’aimerais être héroïque, parfait » confiait Hergé à Numa Sadoul (Tintin et moi, Entretiens avec Hergé, p. 45). Et ce, même si, dans ses aventures, Tintin ne revêtira jamais l’uniforme que revêtit Léon Degrelle pour empêcher que l’Europe ne fût anéantie par le bolchevisme (dénoncé dès Tintin au Pays des Soviets) et le matérialisme capitaliste (pourfendu dans tous les autres albums).

     

    Néanmoins, si Hergé ne lui fit jamais porter dans ses aventures l’uniforme de son modèle parti au Front de l’Est, il ne rechignera nullement à le lui faire porter « pour information ». De même que celui de tous ceux qui en portaient dans le IIIe Reich ! A telle enseigne qu’en un fameux clin d’œil à son modèle degrellien, dans la série de vignettes sur l’aviation de 1939 à 1945 (L’aviation, Guerre 1939-1945, Collection « Voir et Savoir », Dargaud, 1953), Hergé prend un plaisir manifeste –en 1953 ! huit ans à peine après la fin de la guerre et alors que la répression des « inciviques » était toujours d’actualité !– à revêtir Tintin de tous les uniformes militaires possibles, en ce compris et avec la même évidente sympathie, les tenues nazies ornées de toutes les croix gammées nécessaires ? Quel dommage que les éditeurs de Tintin mon copain aient oublié ces précieux témoignages de la totale absence d’allergie de Hergé pour la symbolique nationale-socialiste !

     

    Aujourd’hui, on peut être sûr que le « politiquement correct » ne permettrait plus que soit évoquées aussi favorablement « les heures les plus sombres de notre histoire » ! On peut ainsi surprendre Tintin en « Pimpf » de la Hitlerjugend, le boy-scout national-socialiste, ou revêtu de l’uniforme de la Wehrmacht, celui-là même que porta Léon Degrelle jusqu’au Caucase dans les premières années de la Légion Wallonie. Mais il y a aussi le marin de la Kriegsmarine, l’officier de la Luftwaffe, etc.

    De quoi nuancer d’importance l’affirmation péremptoire de Francis Bergeron critiquant la couverture de Tintin mon copain qui s’orne des « portraits de Tintin et de Degrelle, l’un et l’autre en uniforme allemand (mais seul Degrelle l’a réellement porté !) » (Georges Remi dit Hergé, p. 35).

     

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    Le vingtième chromo de L’aviation, Guerre 1939-1945 est consacré au célèbre, maniable et sûr Fieseler Storch dont est rappelé le plus fameux exploit : la délivrance de Mussolini de sa prison dans le Massif des Apennins, à 1800 mètres d’altitude, par les troupes SS aéroportées du colonel Otto Skorzeny. Hergé eût également pu rappeler que c’est le Fieseler Storch personnel d’Adolf Hitler qui, fait absolument unique dans les annales du IIIe Reich, alla chercher, à deux reprises, Léon Degrelle sur le Front de l’Est pour l’amener au Grand-Quartier Général et y recevoir des mains mêmes du commandant suprême de toutes les forces armées du Reich la Croix de Chevalier de la Croix de Fer (20 février 1944) ainsi que les Feuilles de Chêne, la Croix Allemande en or et l’Agrafe en or des Combats rapprochés (25 août 1944).

    C’est alors que, profondément ému, le Führer confia à celui qui avait su gagner son estime, sa confiance, son amitié et son affection : « Si j’avais un fils, j’aimerais qu’il fût comme vous ! »

    Pour illustrer ce chromo, Hergé a choisi de revêtir Tintin de l’uniforme noir du tankiste d’une division blindée de la SS : il porte le grade de Scharführer (sergent) et est décoré de la Croix de Fer de seconde classe.

    (L’aviation, Guerre 1939-1945, Collection « Voir et Savoir », Dargaud, 1953).

     

     

     

    A suivre