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pilar primo de rivera

  • Léon Degrelle et l'Espagne : la Médaille de la « Vieille Garde »

    Un « historien » espagnol élucubre une biographie de Léon Degrelle (2)

     

    Comme nous le disions dans notre article précédent (28 août 2026), il n'y a pas que les relations entre Léon Degrelle et José Antonio que le nouvel historiographe degrellien Pablo Cuevas entend stupidement remettre en cause. La Médaille de la Vieille Garde de la Phalange décernée à Léon Degrelle lui reste également en travers de la gorge !

     

    Dans l'interview de 1969 à ABC déjà citée, le Phalangiste d'honneur belge déclarait en effet : « Je suis le seul étranger au monde qui possède la Médaille de la Vieille Garde. » Et Cuevas de diligenter une enquête à charge contre cette prétention !

     

    Medalla Vieja Guardia 1.jpg« [La] Médaille de la Vieille Garde [est] une décoration que la FET de las JONS [Phalange espagnole traditionaliste des Juntes d'offensive nationale-syndicaliste] décernait à ceux qui pouvaient démontrer qu'ils avaient été affiliés à la Phalange ou à la Communion Traditionaliste avant les élections de février 1936. Cela veut dire que la FET de las JONS confirmait [que Léon Degrelle] avait effectivement appartenu à la Phalange Extérieure, et qu'en outre il aurait été titulaire, selon ses dires, de la carte de membre numéro un. Toutefois, fort nombreux sont les étrangers qui possèdent cette médaille, ainsi que l'ont montré les recherches de Granda Orive [Javier de Granda Orive est un numismate, auteur d'un article sur la Médaille de la Vieille Garde où il cite cinq récipiendaires étrangers autres que Léon Degrelle : Revista numismática OMNI, n° 12, 2018, p. 237]. Et l'actuelle association de la Vieille Garde n'a aucune trace de l'attribution de cette médaille à Degrelle. Elle ne dispose pas d'archives sur les décorés car il s'agissait de quelque chose qui se gérait au niveau provincial. Et on sait aussi que le régime franquiste l'a accordée sans discernement à des gens qui n'ont jamais rien eu à voir avec la Phalange originelle (ou avec la Communion Traditionaliste), comme le ministre Demetrio Carceller [ministre espagnol de l'Industrie et du Commerce entre 1940 et 1945, proche de Ramón Serrano Súñer et, selon Wikipedia, membre de la Phalange, ce qui rend difficilement légitime la remarque de Cuevas !]. Ces distributions se multiplièrent à partir de 1953, assouplissant les critères d'attribution [qui la réservaient] aux membres qui avaient rejoint la FE de las JONS ou la CT jusqu'au 16 juillet 1936. Et [l'attribuant] aussi aux membres de leur famille. De sorte qu'on a fini par décerner 39.125 médailles jusqu'en 1976.

    [En note:] Pour vérifier si Degrelle a reçu la médaille, –ce qui se faisait au cours d'une petite cérémonie–, il serait nécessaire d'étudier les bulletins du Mouvement National de chaque province. » (p. 320)

     

    Mais qu'est-ce que cela peut bien faire si Léon Degrelle pensa toujours avoir été le seul détenteur étranger de la Médaille de la Vieille Garde ? Est-ce une raison pour le traiter de menteur ? Pour ce faire, Cuevas affirme que les détenteurs étrangers furent « fort nombreux » alors que l'historien de la Médaille dont il invoque le travail n'a finalement retrouvé dans ses archives que cinq autres noms, tous plus inconnus les uns que les autres et probablement tous également convaincus d'être les seuls étrangers à la posséder...

     

    LD Falanje Vieja Guardia.jpg

     

    En fait, pour Cuevas qui préfère ne pas se lancer dans l'examen laborieux des archives du Movimiento (expression politique unique rassemblant Phalange, Requetés, syndicats, mouvements de jeunesse, etc.) des différentes provinces espagnoles que put visiter Léon Degrelle, cette difficulté constituerait à elle seule la preuve du mensonge... Comme si Léon Degrelle avait lui-même épluché ces archives avant de prétendre fallacieusement être le seul étranger à s'être vu décerner cette Médaille ! Alors que la vérité toute simple est que Léon Degrelle disposait bien du diplôme officiel de la Médaille de la Vieille Garde, dont il nous reste la photocopie.

     

    Pablo Arredondo.pngCe document officiel daté de 1959 est signé par l'Inspecteur National de la Vieille Garde, Pablo Arredondo (1914-1969), membre, dès leur création en 1931, des JONS de Ramiro Ledesma Ramos et Onésimo Redondo, engagé de la première heure dans la División Azul sur le Front de l'Est dont il revint mutilé de guerre en octobre 1942. Cette figure-clef de la Phalange historique, chargée du contrôle de ses membres et d'accompagner leur influence au sein de la société, authentifie également par sa signature la référence à la carte d'adhésion de Léon Degrelle à la Phalange Extérieure dont il est membre depuis 1934 ainsi que l'atteste ce diplôme.

     

     

    Le voyage de 1939 en « Espagne nationale »

     

    Il est d'autres détails dont s'emberlificote Cuevas, les accumulant pour tenter d'établir l'imposture de Léon Degrelle. Ainsi de son affirmation d'avoir déjà connu l'Espagne avant sa visite des fronts de guerre en février 1939, et ce dès la première interview donnée au quotidien phalangiste de Gijon, Voluntad, le 7 février 1939 : « Je connaissais déjà San Sebastián ; mais aujourd'hui, ce soir, ce premier soir en Espagne Nationale, j'ai vu quelle est la valeur de son arrière-garde sereine, pacifique et travailleuse. »

     

    Et Cuevas de se gausser (sans doute avec une voix caverneuse pour souligner l'opprobre ironique) : « Est-ce qu'il était venu en tant que touriste, jeune avec ses parents ou adulte plus tard ? Une escale dans son voyage vers le Mexique ? Dans la documentation diplomatique qu'on a conservée sur les préparatifs de son voyage, il n'y a aucune donnée ni aucun indice » ! (p. 319) Car on peut être sûr que Cuevas a compilé toute la « documentation diplomatique » relative à ce voyage (en Espagne et/ou au Mexique ?) ! Il nous dira aussi où il l'a trouvée... Peut-être, selon une de ses hypothèses, dans les cales du Rio Panuco (ce blog au 1er mai 2016), le paquebot qui emmena l'envoyé spécial du Vingtième Siècle de Hambourg chez les Cristeros du Mexique (mais il fut « titaniqué » par l'aviation japonaise dans un port australien en 1942) !

     

     

    Rio Panuco Neptuna Darwin 19.02.1942.jpg

    Le Rio Panuco qui emmena Léon Degrelle au Mexique des Cristeros, vendu à un armateur australien et devenu le Neptuna, fut coulé par l'aviation japonaise dans le port de Darwin en Australie, le 19 février 1942 : il transportait une centaine de mines sous-marines qui explosèrent, tuant 36 des 124 membres de l'équipage, dont le capitaine, ainsi qu'une dizaine de dockers (voir aussi Léon Degrelle, Cristeros, p. 245).

     

     

    En attendant, pourquoi le chevaleresque Jean Denis raconterait-il des bobards en écrivant dans son article pour le quotidien phalangiste Unidad, le 6 février 1939 : « Enfin, Léon Degrelle est arrivé en Espagne. Combien de fois déjà celui qui est pour moi depuis plus de quatre ans un chef et un camarade n'avait-il pas manifesté son désir nostalgique de visiter cette Espagne qu'il connaît si bien et qui lui est devenue si fraternelle depuis le 18 juillet 1936. [...] Cependant, ce n'est pas la première fois que Léon Degrelle visite l'Espagne. Il y vint pendant son enfance pour passer quelques vacances et revint encore pendant la Dictature [du père de José Antonio, Miguel Primo de Rivera, avec l'accord du roi Alphonse XIII, parrain de Louise, duchesse de Valence] et sous la République. »

     

     

    PR 1939.02.07b.jpg

    Les premières impressions que Léon Degrelle offrira aux lecteurs du quotidien rexiste sur son voyage historique dans l'Espagne reconquise sur les barbares communistes et anarchistes par les nationalistes de Franco s'ouvrent sur le souvenir de ses précédents voyages. Dans l'Espagne d'alors, les enfants couraient souvent pieds nus, ce qui, malgré même la guerre civile, n'est plus le cas dans la nouvelle Espagne soucieuse de sa jeunesse. (Le Pays réel, 7 février 1939).

     

     

    Du coup, Cuevas balance un nouveau scoop : « Degrelle, invité indésirable ou hôte d'honneur ? » On devinera tout de suite quelle option de l'alternative a la préférence de l'auteur qui n'a de cesse d'essayer de minimiser le périple espagnol : « Il fallait bien le traiter puisque c'étaient, lui et son mouvement, des amis de l'Espagne, mais sans lui accorder trop d'importance, de façon à ce qu'il ne provoque pas de problèmes avec le Gouvernement belge, présidé à ce moment par un socialiste qui, en même temps, était toujours ministre des Affaires étrangères. [...] La presse nationale informera de sa présence en Espagne du 2 au 11 février 1939, non pas avec grande précision ni de manière fort visible, mais largement, presque toujours en pages intérieures. » (pp. 329-330).

     

    C'est que le nouveau gouvernement espagnol des désormais vainqueurs de la Cruzada aurait nourri « l'espoir que ce voyage n'entrave pas la possibilité que Spaak veuille établir des relations complètes avec Burgos, tout en acceptant les réticences des diplomates espagnols de Bruxelles à propos [de Degrelle] » (p. 329). On nous permettra de bien rigoler face à pareille embrouille invraisemblable : nous aurions donc un gouvernement espagnol qui s'obligerait à recevoir fastueusement, alors qu'en réalité il serait tout incommodé par sa visite, un ressortissant d'un tout petit pays avec lequel il voudrait absolument nouer de bonnes relations diplomatiques, alors qu'au même moment, il snobe la prestigieuse délégation d'un grand pays comme la France, faisant antichambre pour établir de semblables bonnes relations diplomatiques (voir ci-après) !...

     

    Voici en tout cas ce que dit la Duchesse de Valence sur la manière dont elle apprit la visite de l' « invité indésirable » : « Un soir, une haute personnalité se présenta au palais de mes parents [aujourd'hui annexe du musée du Prado à Ávila] : « – Le chef des Rexistes belges, Léon Degrelle, va venir en Espagne pour trois semaines, comme invité d'honneur de l'État. On vous prie de bien vouloir lui donner l'hospitalité. [...] » (Degrelle m'a dit, p. 13).

     

     

     

    LD ABC 04.02.1939 p15b.jpgQuant à l'édition de Séville du plus important quotidien espagnol, ABC, il écrit en date du 4 février 1939 (avec un portrait-charge de Léon Degrelle et la photographie de sa dédicace : « Notre salut fraternel à la presse espagnole, défenseur de la civilisation, de la vérité et de la Patrie. Léon Degrelle », photo archives ABC) :

    « Léon Degrelle, le chef du parti rexiste belge [...] est l'hôte de l'Espagne de Franco. [...] Quand le jeune fondateur lança sa consigne inébranlable Rex vaincra, l'Espagne était très loin de la rédemption dans la plénitude de laquelle elle se trouve aujourd'hui qu'arrive sur notre territoire pour être son hôte d'honneur Léon Degrelle. » (p. 15).

     

    Alors ? « invité indésirable », vraiment ? Il est tout de même difficile de faire davantage « hôte d'honneur » !... Et quand la presse espagnole rend « largement » (« extensamente ») compte des activités de Léon Degrelle, c'est-à-dire sur des pages entières, même intérieures, cela veut-il vraiment dire « non pas avec grande précision ni de manière fort visible » ???

     

    Mais, insiste Cuevas, plus troglodyte que jamais, « ce qui est certain, c'est qu'on ne l'a pas laissé parler en public comme il le voulait et, à tout instant, il était soumis au bon vouloir de ses hôtes » (p. 331) !

     

     

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    Ce qui est certain, c'est que Léon Degrelle put parler en public comme il le voulait lors de son voyage en Espagne de février 1939 (voir plus loin encore à propos de sa conférence académique à San Sebastián ; on sait également –ce blog au 25 mars 2025– que la barrière de la langue ne constitua jamais un obstacle pour l'orateur : voir Cristeros, p. 300 ; Degrelle m'a dit, pp. 92-93).

     

    Et donc, en dépit des affirmations péremptoires mais fausses de l' « historien » Pablo Cuestas,  Léon Degrelle prit la parole à Barcelone au micro de Radio Nacional, le 9 février 1939 à 23h (première page du quotidien El Correo de Zamora, 10 février 1939 ; nous exprimons notre plus vive reconnaissance aux services de la Biblioteca pública del Estado de Zamora pour leur aide précieuse).

     

    Si Léon Degrelle partagea le micro avec une délégation officielle française venue explorer les possibilités de renouer des relations diplomatiques, seul son nom semble digne d'être mentionné aux lecteurs de l'important quotidien catholique régional El Correo de Zamora (qui, après quelque 130 ans d'existence, poursuit toujours aujourd'hui sa publication ; remarquons que Cuevas ne cite pas ce journal dans la quinzaine de titres dont il signale qu'ils couvrent le voyage du chef rexiste, pp. 330-331). La délégation française était pourtant composée de l'ancien ministre de la Justice, Léon Bérard, de l'évêque de Chartres et de sept députés, parmi lesquels Xavier Vallat, qui sera le premier Commissaire général aux Affaires juives dans le gouvernement de Vichy (1941-1942), avant de céder son poste à Louis Darquier de Pellepoix.

     

    Le Pays réel, à propos cette fois de l'audience accordée par Francisco Franco à Léon Degrelle plutôt qu'aux Français, a bien exprimé la préférence qui fut systématiquement accordée au chef de Rex : « Tandis que [...] la délégation des parlementaires nationaux français ne [réussissait] pas à forcer la porte du général Franco, pris tout entier par son travail d'État-Major, le caudillo a bien voulu recevoir Léon Degrelle avec lequel il s'est entretenu longuement de Rex et de la Belgique. » (13 février 1939).

     

     

    Ce qui est surtout certain –à en reprendre la liste dressée par Cuevas– c'est que la totalité (ou peu s'en faut) des souhaits exprimés par Léon Degrelle fut indiscutablement exaucée : « Il demande de visiter le front [Léon Degrelle visitera, les 5 et 6 février, le front de Madrid et Tolède en compagnie de Miguel Primo de Rivera, frère de José Antonio, puis celui de Catalogne et Barcelone récemment libérée en compagnie de Joaquín Rodríguez de Gortázar, secrétaire national du Service extérieur de la Phalange, de Pilar Primo de Rivera, la sœur de José Antonio, et de Sancho Dávila, son cousin] et veut donner des conférences dans un centre universitaire [...] et contacter des historiens spécialistes des règnes de Philippe le Bel, Charles-Quint et Philippe II [Léon Degrelle prononcera effectivement une conférence intitulée « La domination espagnole sur les Pays-Bas » à San Sebastián, le 11 février 1939 ; il semble même qu'il répéta sa conférence chez le Caudillo, lors de sa rencontre du 7 février : c'est d'ailleurs Franco lui-même –apparemment expert en la matière– qui lança le sujet, voir ci-après]. Il insiste pour parler à la radio de manière à pouvoir être entendu en Belgique [Léon Degrelle est effectivement intervenu sur les ondes de Radio nacional, le 9 février au soir, depuis Barcelone, la capitale catalane] ; il voudrait également visiter le Maroc espagnol [ce seul point n'a pu se réaliser]. Il voudrait par-dessus tout présenter ses respects à Son Excellence le Chef de l'État. » (p. 329).

     

     

    PR 1939.02.09 LD Franco.jpg

    Le Pays réel du jeudi 9 février 1939 rapporte que le mardi précédent, 7 février, le Général Franco a accordé une rare et précieuse audience toute de cordialité à son hôte d'État Léon Degrelle (voir aussi ce blog aux 29 août 2026 et 1er septembre 2024).

     

    Le caractère tout à fait exceptionnel de cette entrevue est illustré par le fait qu'au même moment, une délégation française visitait l'Espagne nationaliste, composée de parlementaires emmenés par le sénateur et académicien Léon Bérard et Mgr Raoul Harscouët, évêque de Chartres, afin de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays : elle ne fut pas reçue par Franco.

     

    Résumant la réception de Léon Degrelle au Grand Quartier Général de Franco, Pablo-des-Cavernes prétend ainsi ravaler le Chef de Rex dans son terrier : « Degrelle [fut] un visiteur et un admirateur de plus parmi beaucoup d'autres. Il ne se produisit aucun événement digne d'intérêt. » « Ce voyage obtint quelque résonance [...] mais uniquement dans sa niche [sic]. » (p. 332) !

     

     

    Léon Degrelle sera en réalité le seul étranger à avoir été reçu dans le Quartier général du Généralissime Franco, une ferme appelée le « Terminus », un endroit gardé secret dans la région de Saragosse.

     

    Léon Degrelle en fera la pittoresque description dans l'article Au front avec Franco qu'il confiera à l'hebdomadaire français Gringoire du 19 février 1939, –repris quelques jours plus tard dans Le Pays réel sous le titre Dans l'intimité de Franco–, en réservant à son quotidien l'exclusivité de la photo personnalisée du Caudillo.

     

    « J'étais arrivé à deux heures du matin à Saragosse, par des routes aux platanes écaillés. Les nids de poules faisaient éclater les pneus comme des ballonnets près d'une cigarette. Mais à quoi bon se plaindre, puisque j'allais avoir le privilège de voir Franco à l'endroit – jalousement tenu secret – où, voilà six semaines, avait été déclenchée l'offensive qui a libéré la Catalogne.

    Aucun journaliste n'avait pu y rencontrer le généralissime vainqueur. Ni aucun homme politique. Nul ne sait même où se trouve ce bourg campagnard. En Espagne, chacun vous parle à l'oreille du “Terminus”. On croirait lire le finis terrarum des vieux atlas. Le Terminus est l'endroit, sacré pour tout Espagnol, où Franco, dans un isolement quasi absolu, travaille sur ses cartes et dirige les combats.

    C'est là que j'allai le rejoindre, par de jolis chemins agrestes, bordés de longs roseaux jaunes. Je ne trahirai aucun secret. Je n'ai pas voulu demander aux officiers venus à ma rencontre le nom des villages en crépi rose ou ocre par lesquels nos autos passaient. »

     

     

    DH 1939.02.06.png

    La mauvaise foi stalagmitique de Pablo Cuevas s'apparente résolument aux diatribes et caricatures de la presse belge relatant le voyage de la délégation rexiste en Espagne. Ci-dessus, caricature du journal libéral La Dernière Heure du 6 février 1939 ; ci-dessous, des articles du communiste Drapeau rouge (2 février 1939), du socialiste Le Peuple (9 février 1939) et du catholique Vers l'Avenir (5 février 1939).

     Drapeau rouge 1939.02.02.png  Peuple 1939.02.09.png  Vers l'avenir 1939.02.05.png

     

     

    Tout ce que l'article du prétendu « invité indésirable » suscite chez le nouveau biographe de Léon Degrelle, c'est un dédain narquois pour ce texte décrété « pompeux, flagorneur et plutôt creux » qui ne ressortirait qu'à la récupération politique : « À part l'intérêt obsessionnel de Degrelle pour le paysage, les ormes, les olives, les soldats cueillant du mimosa dans un jardin sauvage[s'il n'est pas, comme l’œillet, la fleur emblématique de Saragosse, le mimosa orne à profusion ses parcs, jardins et grandes avenues], Degrelle met dans la bouche de Franco son intérêt primordial pour la mobilisation de la jeunesse, l'unique chose qui puisse changer l'Espagne... et, bien entendu, la Belgique. » (pp. 332-333).

     

    Nous publierons prochainement l'intégralité de cet article documentant la probablement unique mais capitale rencontre personnelle entre Francisco Franco et Léon Degrelle. Car l'entretien accordé par le Caudillo, scellant une amitié indéfectible entre les deux hommes, ne se limita aucunement à la guerre de reconquête de l'Espagne ou à la politique sociale et économique à mener pour son développement, mais permit également d'évoquer quelques grands noms communs à l'histoire de nos deux pays, Léon Degrelle développant sans doute aussi la substance de la conférence qu'il devait donner quatre jours plus tard à San Sebastián sur La domination espagnole sur les Pays-Bas : « Vous l'avez vue, la jeunesse espagnole ! me dit [Franco] en me prenant fraternellement le bras. [...] Ces enfants sont devenus des hommes. Ils sont mûrs pour faire de l'Espagne un grand pays qui pourra reprendre sa mission impériale à travers le monde et, comme au temps d'Isabelle la Catholique, de Charles-Quint et de Philippe II, redevenir un bastion de l'ordre et de la foi parmi le désordre de l'Europe matérialiste. À ce mot de Philippe II, le visage de Franco s'est relevé, flamboyant.

    Oui, lui dis-je, celui-là, au moins, a eu le courage de la vérité, il a fait face à l'erreur avec l'intransigeance qu'elle mérite. Et, en face de la poussée barbare d'alors, il a sauvé la civilisation et l'âme de l'Europe. »

     

     

    PR 1939.02.19ab.jpg

    À l'issue de la visite du Chef de Rex en son Quartier général, le général Franco ne manqua pas d'offrir à son hôte une photo avec une dédicace manifestant sa confiance en l'avenir du jeune tribun belge et de son mouvement : « À Léon Degrelle, avec mes meilleurs vœux pour le Mouvement qu'il dirige pour le salut de la Nation belge. » (Le Pays réel, 19 février 1939). Pour Franco (qui, selon son hôte, « parle un français chantant, cocasse et intime »), il ne s'agissait certes pas d'un compliment de circonstance car, comme il le faisait déjà savoir en 1936 en exprimant le souhait de rencontrer Léon Degrelle, il connaissait fort bien Rex (ce blog au 1er septembre 2024).

     

    Il est d'ailleurs révélateur que Cuevas n'ait pas inclus Francisco Franco dans la liste des « amitiés pour la vie » que se créa Léon Degrelle sur le front de la nouvelle Croisade contre le communisme : « cette visite permet à Degrelle de nouer des amitiés qui dureront toute la vie : Luisa Narváez, future duchesse rouge, Juan Manuel Fanjul, Eugenio Espinosa de los Monteros, Serrano Suñer... » (p. 333) C'est pourtant cette amitié-là qui sera la première et seule décisive pour la vie d'exil de Léon Degrelle en Espagne (ce blog aux 31 mars 2021 et 2 septembre 2025).

     

    Néanmoins, le point de vue de Franco n'intéresse pas Cuevas : il va privilégier une interview de Léon Degrelle, Franco, jefe de Estado dont il ne donne pas la référence sinon qu'elle daterait « d'après la mort de Franco », précisant seulement qu'il ne faut pas la « confondre avec son livre Franco Chef d'État, Editions du Baucens, 1976 ». Ce qui est archi-faux : la malheureuse citation relative à Serrano Súñer, « véritable Chef de l'État espagnol » provient bien de sa page 11; celle comparant Franco à « du silex », de la page 10 !

     

    Pourquoi donc nous faire tout un plat de ce texte ? Mais pour mettre à nouveau perfidement en doute la pertinence de ce que raconte Léon Degrelle : « Dans cette interview, il prétend que l'entrevue de 1939 se tint à son Grand Quartier général [de Franco], dans sa modeste maison familiale près de Saragosse. Mais sans doute mélange-t-il ses souvenirs avec Serrano Suñer qui, lui, possédait une maison dans la capitale aragonaise ? » (p. 333). Si ses parents possédaient un immeuble dans une des plus prestigieuses avenues de Saragosse (Paseo de Sagaste, certes guère « modeste »), Ramón Serrano Súñer habita, de 1937 à 1939, avec toute la famille de Franco dont il était le beau-frère, au premier étage du Palacio de la Isla, à Burgos ; à partir d'octobre 1939, sa résidence familiale sera transférée à Madrid, au numéro 36 de la calle Príncipe de Vargara.

     

    À part mettre en évidence l'animosité obstinée de Cuevas pour Léon Degrelle, à quoi peut bien rimer tout ce tralala anachronique à propos du Terminus d'après 1975, « modeste maison familiale », quand il était proprement présenté en 1939 comme « une vieille ferme-château » ?  De toute façon, Cuevas cite incorrectement et de manière évidemment malintentionnée le texte original de Franco Chef d'État : si Léon Degrelle a bien écrit « à son G.Q.G. », il n'a pas écrit « dans sa modeste maison familiale », mais « dans une modeste gentilhommière », ce qui ne trahit nullement le texte de 1939 !...

     

     

    (À suivre)

     

     

  • Hélène Cornette, une maîtresse cachée de Léon Degrelle ? [1]

     

    Sous le manteau du Caudillo [6]

     

     

    Bajo el manto.pngPour documenter la relation qui s'établira entre Hélène Cornette et Léon Degrelle, nous disposons essentiellement de la documentation publiée par José Luis Rodríguez Jiménez et reçue du fils d'Hélène (des dédicaces de livres de Léon Degrelle, des photos prises à La Carlina et son témoignage) ainsi que du livre de Gemma Aguilera, Agent 447 dont la traduction espagnole de 2013 mit la puce à l'oreille de Rodríguez (ce blog au 15 mars 2025).

     

    L'auteur du recueil de ragots Bajo el manto del Caudillo rapporte la dédicace de son livre de poèmes L'Ombre des soirs, que Léon Degrelle offrit à Hélène Cornette, datée de 1953. Nous pensons qu'il s'agit bien là de la date de leur première rencontre. Cette quarantaine de pages de poésies avaient été composées à l'Hôpital Mola avant d'être publiées en 1952. Et l'hommage que Léon Degrelle y appose est tout à fait semblable à ceux qu'il rédige habituellement pour le visiteur occasionnel qui suscite sa sympathie : chaleureux et empressé. « A ma chère et belle amie Hélène Rendueles, avec l'affectueux souvenir de L. Degrelle » (p. 235).

     

     

     

    Ombre Soirs.jpeg

     

    Page de garde du livre. S'il n'est pas le premier ouvrage de Léon Degrelle à avoir été publié après la guerre (ce sera La Cohue de 1940, édité en 1949), L'Ombre des Soirs est la première œuvre à avoir été écrite pendant la convalescence du blessé à l'Hôpital Mola et daté « Saint-Sébastien, juillet 1945 » (p. 45).

     

    Le recueil est composé de trois cycles de poèmes : Les Vies Brèves ; Beauté, o ma béatitude et Je devrais. Cette luxueuse édition sur papier vergé, limitée à 675 exemplaires, est censée avoir été réalisée par le maître-imprimeur Jean Pons à Paris (en réalité Juan Pons Sastre, chef des ateliers d'impression artisanale Imprenta Becerra à Lora del Rio) pour les éditions A la Feuille de Chêne (allusion à la distinction ajoutée à la Croix de Chevalier de la Croix de Fer de Léon Degrelle par Adolf Hitler, le 27 août 1944 : ce blog au 24 janvier 2023) : « L'impression, commencée le 19 Mars 1952, a été terminée le 11 Avril de la même année. » (p. 47).

     

     

    Nous noterons qu'à cette occasion, la visiteuse renseigna à son hôte le nom de la mère de son mari, –Rendueles–, selon le faux passeport de celui-ci (sur son propre faux passeport, Hélène Cornette portait le nom du second mari de sa mère, Stoffel : voir Gemma Aguilera, p. 129). Elle n'a donc pas donné son propre nom –Cornette–, ni celui de son faux passeport, mais s'est présentée à Léon Degrelle comme l'épouse de Pedro Rendueles. Loin d'une relation intime, nous en sommes donc bien au tout début de leurs rapports, sans doute encore méfiants.

     

    Mais les relations vont rapidement s'intensifier, même si on n'est pas obligé de suivre Rodríguez dans ses supputations salaces : « Léon offrit également à Hélène un exemplaire de La Campagne de Russie, avec une dédicace plus longue qui, bien qu'il omît le mot amour, n'éviterait pas les soupçons de Pedro Urraca : Pour toi, chère Hélène, dont le prénom poétique et fameux a mû et inspiré tant de glorieux guerriers. En souvenir de temps grandioses qui ont ajouté quelque chose au patrimoine de gloire, de grandeur et de beauté des Hommes ; pour te dire l'admiration, l'attachement et l'affection qu'éprouve pour toi [Léon Degrelle] » (p. 235).

     

    On le voit, pour l'historien des conjectures, apparemment hermétique aux évocations poético-mythologiques provoquées par le seul prénom d'Hélène et étranger également aux compliments galants qu'elles permettent, une telle dédicace ne peut qu'exprimer la passion d'un amour adultère.

     

    Il n'en reste pas moins qu'à partir de ce moment les visites se renouvelèrent régulièrement : « Quant à Hélène Cornette, il existe des photographies d'elle à La Carlina, prises en juillet et septembre 1954 et en juillet et août 1955, ce qui veut dire qu'elle passa là plusieurs semaines pendant ces étés. Et cela se répéterait car les printemps se passaient entre Bruxelles et Madrid comme l'indique la lettre de Pilar Primo de Rivera à Hélène, le 19 janvier 1956 : Nous te verrons certainement par ici lors de ta visite de printemps”. » (p. 245).

     

    Les dates avancées par Rodríguez ne correspondent déjà pas tout à fait avec l'illustration qu'il publie d'une enveloppe Kodak contenant le développement du film d'un séjour d'Hélène à La Carlina qui s'avère légèrement antérieur puisqu'elle est datée du 15 juin 1954. En légende, Rodríguez explique que ces clichés constituaient le cadeau d'Hélène à Léon Degrelle pour son quarante-huitième anniversaire (p. 245). Nous corrigerons cependant encore notre fin limier car il ne s'est apparemment pas rendu compte que l'écriture de la date est de Léon Degrelle lui-même et pas d'Hélène Cornette.

     

     

    Pochette Kodak 1.jpeg

     

    Cette pochette contenant des photographies développées par Kodak est archivée de la main de Léon Degrelle : « Anniversaire 15 Juin 1954 » : il a sélectionné certaines photos pour lui et rend les autres à son amie Hélène Cornette en souvenir de la journée de son 48e anniversaire passée ensemble à La Carlina.

     

    Commentaires de Rodríguez : « Enveloppe du développement à Madrid de quelques photographies prises à La Carlina, au nom de Mme Rendueles (utilisant le second nom de son mari, prenant soin de ne pas laisser de trace des endroits où elle passe), avec une note indiquant Anniversaire 15 juin 1954 (date du 48e anniversaire de Degrelle). Elles étaient un cadeau pour lui. »

     

    Cette note manuscrite –de la main de Léon Degrelle– manifeste qu'il s'agit plutôt d'un cadeau réciproque.

     

     

    Ce qui veut dire que si cette enveloppe avec cette référence s'est retrouvée parmi les documents d'Hélène, c'est que Léon Degrelle lui en a fait cadeau en retour, voulant partager avec elle les souvenirs de joie, de soleil et de baignades, de ce jour de juin tout spécial qu'il ne manque pas de rappeler sur la pochette Kodak.

     

    La preuve en est que la plupart des photos fournies par Jean-Louis Urraca, le fils d'Hélène, à Rodríguez ont aussi été retrouvées dans les papiers de Léon Degrelle. Il ne manque que celles où figure Hélène, probablement rendues en souvenir par le jubilaire ou écartées plus tard par Jeanne, la sourcilleuse et exclusive épouse aimante de Léon Degrelle...

     

    Parmi elles probablement, les deux clichés où Hélène Cornette apparaît en maillot de bain (p. 236 –nous en avons repris un détail : ce blog au 1er septembre 2024–, et p. 247 où l'on voit également Léon Degrelle nager dans la petite piscine aux rochers) ainsi que celui de la première couverture : c'est là le seul vrai scoop de Rodríguez car c'est bien la toute première fois qu'est publiée une photo coquine de Léon Degrelle en maillot de bain, tapotant les fesses d'une statue de naïade !... Il s'agit d'un marbre du sulpteur florentin Guglielmo Pugi (1850-1915), connu pour ses diverses Vénus accroupie.

     

    Peut-être qu'appartiennent aussi à cette série de photos Kodak, celle de la grande piscine (p. 243), celle où Léon Degrelle lit dans le patio à côté de la grande jarre armoriée (p. 233) ainsi que celle où il pose dans les champs, avec La Carlina en arrière-plan (p. 240) : ces deux derniers clichés ont de toute évidence été pris le même jour car l'hôte de la finca porte en effet les mêmes vêtements. Les deux dernières photos publiées par Rodríguez ne proviennent certainement pas de cette série : l'une présente le fils d'Hélène, Jean-Louis Urraca, à cheval (p. 249), mais il est arrivé plus tard à La Carlina, en 1956 ; et l'autre est prise au cimetière de Constantina, montrant la tombe de Léon-Marie (p. 260, ce blog au 1er septembre 2024), mais le fils unique de Léon Degrelle mourut à Séville le 22 février 1958.

     

     

     

    LD Naïade.jpg

     

    La photo de couverture de Bajo el manto del Caudillo montre pour la toute première fois un Léon Degrelle en maillot de bain, assis sur le bord de la grande piscine de La Carlina. Il semble vouloir tapoter gaillardement le popotin de la statue d'une baigneuse qui en couronne le sommet (Nu accroupi, de Guglielmo Pugi) : une photo toute privée marquant la complicité entre le (la) photographe et le photographié. La scène amusait d'autant plus les protagonistes que plusieurs clichés en furent pris : celui du livre de José Luis Rodríguez Jiménez appartient aux papiers d'Hélène Cornette.

     

    En voici un second, légèrement différent (inclinaison opposée de la tête, main gauche sur la fesse de la nymphe dénudée, main droite plus en avant sur le socle de la statue) sorti des archives de Léon Degrelle (Documentation © Jacques de Schutter). Il établit bien notre hypothèse d'un partage des souvenirs immortalisés sur la pellicule de cette journée du 15 juin 1954.

     

     

    À la fin de cette même année 1954, parut la seconde édition d'Almas Ardiendo (la première, au tirage limité sur papier vergé, avait été réalisée en 1952, en même temps que L'Ombre des Soirs, par le maître-imprimeur Juan Pons, à Lora del Rio, voir ce blog au 24 janvier 2024). C'est cette nouvelle édition, au format de poche et tirée à plusieurs milliers d'exemplaires vendus une quarantaine de pesetas pièce, qui fut dédicacée à Hélène Cornette.

     

    « À toi, chère et belle Hélène, alma ardiendo ! car Dieu sait la force et la pureté du feu qui brûle en toi. Avec l'admiration et le souvenir plein d'affection de L. Degrelle. En exil, le 15 Décembre 1954. » (p. 238)

     

    À nouveau, une dédicace flatteuse dont l'auteur des Âmes qui brûlent est coutumier, identifiant ici la dédicataire au titre du livre et lui délivrant ainsi le certificat d'idéal qui doit nécessairement animer celle qui est devenue une amie. Il s'agit d'ailleurs de la dernière dédicace qui nous soit communiquée par Rodríguez, qui ne manque pas d'y reconnaître de quasi-déclarations d'amour.

     

    Nous ignorons bien sûr tout de la nature précise des relations entretenues par Hélène Cornette et son hôte puisque nous n'avons appris son existence que par ce livre. Aussi nous semble-t-il avant tout important de nous attacher aux textes authentiques qu'il nous fournit plutôt qu'aux interprétations de leur découvreur trop tenté, nous semble-t-il, d'y projeter ses propres lubies...

     

     

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    Il semble que la fonction première de la Vénus au bain de la grande piscine de La Carlina soit de recevoir de gentilles tapettes sur les fesses ! Derrière Léon Degrelle, un porche ouvre sur le panorama de Constantina. Ironiquement sans doute en l'occurrence, les azulejos qui le décorent chantent les vers de Federico García Lorca « Aire de Roma Andaluza le doraba la cabeza » (« Un air de Rome andalouse lui dorait la tête », Chant funèbre pour [le matador] Ignacio Sánchez Mejías) !...

    À noter surtout que la scénette où d'autres personnes semblent présentes ne peut certes plus évoquer quelque connivence coupable entre Léon et son photographe (pour autant que ce fût bien Hélène qui photographiait Léon en maillot de bain).

    (Documentation © Jacques de Schutter)

     

     

     

    Concernant justement les dédicaces, observons qu'il n'y en a que trois : la première (pour L'Ombre des Soirs) est on ne peut plus anodine, ne permettant aucunement de déduire quelque intimité entre l'auteur et la dédicataire. Les deux autres, au contraire, manifestent clairement une plus grande proximité entre les deux personnes. Mais au lieu d'y voir une manifestation d' « imprudence » (pour Almas Ardiendo) ou un aveu de relations coupables (pour La Campagne de Russie) devant inévitablement déboucher sur « les soupçons de Pedro Urraca », le mari d'Hélène, nous n'y voyons qu'artifices littéraires d'auteur cherchant à impliquer personnellement la dédicataire dans l’œuvre qu'il lui offre.

     

    Ainsi de la geste héroïque des Légionnaires wallons sur le Front de l'Est, La Campagne de Russie : Léon Degrelle se sert du prénom d'Hélène pour renvoyer à cette autre geste héroïque que fut la guerre de Troie et, en même temps, justifier l'affection qu'il lui porte.

     

    Ainsi de l'ouvrage célébrant les porteurs d'idéal, Almas ardiendo : Léon Degrelle affirme que Dieu a voulu qu'Hélène soit aussi une âme qui brûle.

     

    Remarquons enfin la conclusion de ces deux dernières dédicaces où nous retrouvons les mêmes mots : « te dire l'admiration, l'attachement et l'affection qu'éprouve pour toi [signature] » et «  Avec l'admiration et le souvenir plein d'affection de L. Degrelle ». La reprise des mêmes termes cordiaux dans la dédicace montre assez qu'ils appartiennent au registre de l'hommage certes tout personnel, mais pas à l'expression camouflée de sentiments où ne manquerait que « le mot amour » !

     

    On voit que Rodríguez fait tout son possible pour déduire des hommages à Hélène que signe Léon Degrelle dans les livres qu'il lui offre, des relations extra-conjugales. Mais, comme on le constate, rien dans les dédicaces à son amie ne nous oriente résolument dans cette direction, à moins d'adopter les a priori de Rodríguez et de solliciter les textes avec insistance !

     

    Mais, à part les trois autographes de 1953-1954, possède-t-on d'autres documents ? L' « historien » nous indique qu' « En ce qui concerne Hélène Cornette, on dispose de photographies d'elle à La Carlina prises en juillet et septembre 1954 et en juillet et août 1955, ce qui prouve qu'elle a passé là plusieurs semaines pendant ces étés. » (p. 245). Au passage, nous remarquerons qu'il n'y a en tout et pour tout que quatre visites vraiment documentées. L'auteur insinue néanmoins, en s'appuyant sur une lettre de la sœur de José Antonio à son amie espérant sa visite au printemps 1956, qu'Hélène aurait pu en profiter pour se rendre chez Léon. Nous verrons plus loin que c'est plutôt à l'été 1956 qu'elle fit le voyage, mais pour une tout autre raison qu'une visite à Pilar Primo de Rivera.

     

    Parmi toutes les photos dont nous parle Rodríguez, une seule semble avoir été dédicacée à Hélène. Mais elle n'est pas reprise dans son ouvrage ; nous la trouverons dans un article de trois pages que Gemma Aguilera a publié le 12 mars 2013 dans El Temps, hebdomadaire politico-culturel de gauche en catalan, intitulé Le charme dangereux du nazi Léon Degrelle.

     

     

     

    El Temps 12.03.2013 LD Hélène+Gemma.png

     

    Selon la journaliste Gemma Aguilera (en bas à droite, photo couleurs) que l'on serait tenté de croire sur parole tant ses reportages reçoivent d'honneurs (notamment un prix de la ville de Barcelone en 2007), « Léon Degrelle et Hélène Cornette, l'épouse de Pedro Urraca Rendueles, étaient amants. » Comment le sait-elle ? En donne-t-elle la preuve ? Non, elle reprend simplement « une rumeur déjà fort répandue », mais qu'elle n'établit par aucune référence.

     

    Sa traduction de la dédicace de Léon Degrelle n'est pas mieux inspirée : « Du plus haut de l'éloquence –musicale– chère Hélène, en pensant affectueusement à toi. La Carlina, 1954. » Non seulement elle omet la signature Juan, mais elle rate la métaphore de la lyre inspirée par la ferronnerie du balcon : cette lyre n'appartient pas à la musique, mais, comme le souligne Léon Degrelle, à l'éloquence, celle par exemple d'un autre Jean, le Chrysostome (« Bouche d'or ») que l'office byzantin de sa fête célèbre comme « la lyre éloquente [...] qui fait retentir par toute la terre les dogmes du salut ». Éloquence ressortissant, plus certainement aussi, à ses propres talents d'orateur, conférencier apprécié de Constantina. Léon Degrelle y avait d'ailleurs déjà fait allusion auprès de Jean-Louis, le fils d'Hélène Cornette, qui a conté l'anecdote à Rodríguez : « la maison avait, sur la terrasse principale, un petit balcon en fer forgé d'où l'on dominait la route d'accès à La Carlina ; et Léon disait que cet endroit était parfait pour haranguer le peuple ! » (pp. 248-249).

     

     

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    À gauche, le balcon de la terrasse dominant le grand jardin en surplomb de la route menant au Leo Belgicus du portail d'entrée de La Carlina ; à droite, la vue aérienne de La Carlina permet de situer tous ces éléments : le balcon à la lyre d'éloquence est signalé par un cadre rouge ; la Vénus accroupie, par un cadre jaune. (Documentation © Jacques de Schutter)

     

    Dans son article, Gemma Aguilera n'a pas plus de chance en commentant la photo d'un dîner d'une petite trentaine de personnes autour d'une longue table dans un restaurant de Constantina (les autres clients dînent ou prennent un verre à d'autres petites tables de la taverne) : « Banquet de noces d'une des filles de Degrelle, avec de nombreux voisins de Constantina. » Seules Godelieve (en 1960) et Anne (en 1961) se marièrent à Constantina et, comme nous le verrons, jamais Hélène n'assistera aux noces. Il s'agit certes ici d'un petit banquet, mais ne concernant en rien les filles de Léon Degrelle (seul Jean-Louis Urraca pourrait préciser les circonstances de ce repas).

     

    La photo montre à l'avant-plan la famille d'Hélène Cornette : de gauche à droite, probablement son fils Jean-Louis Urraca, un inconnu qui semble le chevalier servant de la grand-mère Jeanne Compveut assise à côté de sa fille Hélène la couvant du regard. Suivent deux personnes en l'honneur de qui le repas est peut-être offert puisqu'elles se trouvent au centre de la tablée. Ce n'est que deux places plus loin qu'on reconnaît Léon Degrelle, loin donc de sa maîtresse de prétendue notoriété publique.

     

    Ci-dessous, des fragments des deux premières pages de l'article Le charme dangereux du nazi Léon Degrelle, paru dans El Temps, le 12 mars 2013.

       

    El Temps 12.03.2013 a1.png   El Temps 12.03.2013 b2.png

     

     

    La photo montre Léon Degrelle, en pantalon de golf et chaussettes blanches à la Tintin, accoudé à un balcon au sommet d'un promontoire. La dédicace, à nouveau, semble bien innocente : « Du haut de la lyre de l'éloquence, chère Hélène, en pensant affectueusement à toi, Juan, La Carlina, 1954. »

     

     

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    (Documentation © Jacques de Schutter)

     

    Un Rodríguez s'empresserait peut-être d'utiliser cette photo pour étayer sa thèse des relations amoureuses, en relevant le mot « affectueusement », combien plus personnel qu'un formel « cordialement » (mais présent dans toutes les dédicaces), et surtout la signature « Juan » qui ne pourrait, évidemment, que renvoyer à Don Juan, le séducteur impénitent de la gent féminine !

     

    Mais une telle référence serait-elle vraiment opportune ? Ne relèverait-elle pas plutôt de la muflerie la plus crasse, ravalant son éventuelle amante au rang de vulgaire numéro à enregistrer dans son interminable catalogue de conquêtes ?

     

    Ce serait oublier surtout que depuis qu'il put se réfugier dans la propriété de l'ami du ministre du Travail José Antonio Girón, Léon Degrelle s'est justement fait connaître comme « Don Juan de Majalimar ». C'est sous ce nom en effet qu'il commença à donner ses conférences historiques à succès et même à les publier, comme le rapporte d'ailleurs l'auteur de Bajo el manto del Caudillo : « Degrelle, passionné d'histoire locale, commença à écrire dans les bulletins municipaux et à donner des conférences dans les cinémas et les théâtres des villages voisins, où il mélangeait son mauvais espagnol au français, et il fit traduire en espagnol au moins un des textes de ses conférences. Il s'agit d'une brochure assez curieuse car Lora del Río, il y a 2000 ans, éditée sans date à 120 exemplaires numérotés [...] est signée par Juan de Majalimar » (p. 231). Plus tard, si le nom changea en fonction du déménagement de l'intéressé, le prénom Juan, lui, demeura inchangé : « Le 5 juillet [1956], [l'organe du parti socialiste espagnol en France] El Socialista, dans son édition de Toulouse, a fait état de trois conférences données par Degrelle les 3, 7 et 10 décembre 1955, à 19h30, au cinéma Cervantès de Constantina [...]. On indiquait également que le nom de Degrelle n'apparaissait pas dans le programme et que les conférences seraient données par la haute personnalité que nous connaissons tous sous le nom de Don Juan de la Carlinga [sic, pour Carlina]. » (p. 251).

     

     

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    (Documentation © Jacques de Schutter)

     

     

    Mais pourquoi « Juan » ? Simplement parce que depuis 1950, Léon Degrelle possède un permis de travail au nom de Don Juan Sanchis Dupré, journaliste correspondant de l'hebdomadaire phalangiste d'information politique et sociale Afan (L'Effort).

     

    C'est le phalangiste Victor de la Serna, responsable de la section « Presse » au Ministère du Travail et par ailleurs rédacteur en chef d'Afan qui signe obligeamment ce permis de travail d'autant plus original que l'hebdomadaire en question avait cessé de paraître depuis une dizaine d'années (son dernier numéro sortit en décembre 1940, après trois ans et demi d'existence).

     

    Victor de la Serna (1896-1958), qui avait également été directeur du quotidien pro-allemand Informaciones pendant la guerre, était un ami d'Otto Skorzeny (il fut témoin de son mariage avec la néerlandaise Ilse Lüthje à Madrid en mars 1954) et de Clara Stauffer (ce blog au 3 janvier 2023). Il noua des liens d'amité avec Léon Degrelle lorsqu'il fut question de l'aider à rejoindre Pierre Daye en Argentine en 1948 (ce blog au 4 mai 2016) et lui procura alors passeport, carnet d'ancien combattant ainsi que ce permis de travail.

     

     

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    Victor de la Serna, premier à gauche, est reçu, le 20 janvier 1943, dans les salons du chef de la Presse du Reich, le Dr Otto Dietrich (au centre, en uniforme de général de l'Algemeine SS), où trône le buste d'Adolf Hitler par Bernhard Bleeker (1881-1968 ; fasciné par son modèle, le sculpteur munichois en réalisa plus de vingt différents jusqu'à la fin de la guerre) ; à sa gauche, le rédacteur en chef du quotidien Arriba et à sa droite, le vice-secrétaire à l'Education populaire. Cette délégation de la presse espagnole en visite officielle auprès de ses homologues allemands était conduite par José Luis Arrese, le ministre du mouvement national FET de la JONS (qui n'apparaît pas sur la photo).

     

     

    Mais si ni les dédicaces des livres offerts, ni celle de la seule photo signée à avoir été dévoilée, célébrant l'orateur Degrelle, ne peuvent accréditer incontestablement les relations amoureuses entre le mari délaissé de Marie-Paule Lemay et l'épouse émancipée de Pedro Urraca, sur quoi peuvent alors se baser, et la journaliste, et le prof d'unif, pour établir leur scoop sur la vie sentimentale à rebondissements de Léon Degrelle ?

     

    Il reste encore le témoignage du fils d'Hélène Cornette, Jean-Louis Urraca, qu'ont rencontré nos deux bonimenteurs romanesques. Mais à nouveau, nous verrons comment la Barbara Cartland catalane et l'inspecteur Clouseau castillan ferraillent pour rendre leur histoire la plus croustillante possible...

     

     

    À suivre

     

     

  • Hélène Cornette, l'amie inconnue de Léon Degrelle

     

    Sous le manteau du Caudillo [5]

     

     

    Bajo el manto.pngDepuis sa publication, nous avons passé pas mal de temps à démonter les carabistouilles présentées comme des faits historiques par le singulier prof d'unif José Luis Rodríguez Jiménez dans son bouquin Bajo el manto del Caudillo Sous le manteau du Caudillo », ce blog à partir du 1er septembre 2024).

     

    Venons-en finalement à la seule information inédite –et encore, pas tout à fait : voir ci-après !– qu'il nous présente, à savoir l'existence d'Hélène Cornette, l'épouse d'un agent secret espagnol sur la tête duquel Léon Degrelle aurait planté d'autres petites cornes.

     

    Mais qui est cette femme dont le nom évocateur ne fut, à notre connaissance, jamais prononcé par qui que ce soit dans l'entourage de Léon Degrelle ?

     

    Hélène Cornette (1908-1999) est une Française qui épousa à Paris, le 13 octobre 1930, Pedro Urraca Rendueles (1904-1989), policier espagnol. Leur fils unique, Jean-Louis, naquit le 27 juillet 1936, très tôt rejeté par son père : « Durant ces mois [de 1939-40], Hélène faisait des allers-retours à Sèvres pour voir sa mère, Jeanne, et son fils Jean-Louis qui vivait quasi en permanence avec sa grand-mère. Son père a toujours voulu éloigner son fils de lui et de sa femme, ou plutôt il n'a jamais voulu de lui. » (p. 25). Le détail du rejet du père est important car il expliquera la présence de l'adolescent chez Léon Degrelle.

     

     

    Gemma Catalan.jpegCe policier doit toute sa (relative) notoriété à son action d'agent secret en France où il parvint à arrêter l'ancien président de la Généralité de Catalogne, Lluis Companys. Celui-ci, lors d'un coup d’État en avril 1934, avait proclamé la république catalane et, après la victoire des nationalistes en 1939, s'était réfugié en France. Livré par Pedro Urraca à la justice espagnole, il fut condamné pour haute trahison et passé par les armes.

     

    Pour en savoir davantage sur ce policier et sa famille et leur rapport avec Léon Degrelle, nous ne nous référerons pas au seul Rodríguez, car ce n'est évidemment pas lui qui a découvert cette relation inédite.

     

    La journaliste catalane Gemma Aguilera a consacré, il y a une douzaine d'années, une biographie à ce policier, Agent 447, L'home que va detenir el president Companys L'Agent 447, l'homme qui a arrêté le président Companys », en catalan en 2011 ; en espagnol en 2013). Dans ce livre, l'apparition de Léon Degrelle relève plutôt de l'anecdote, ce qui la fit sans doute passer inaperçue dans la sphère degrellienne.

     

    L'auteur y dresse ce portrait assez extravagant de Léon Degrelle : « Hélène surprend son mari avec cette proposition : confier Jean-Louis aux mains d'un bon ami à elle afin qu'il le corrige comme il le mérite et qu'il l'oriente vers la carrière militaire. Il s'agit de Léon Degrelle, ex-officier de la Waffen SS condamné à mort pour crimes de guerre et alors protégé par le régime de Franco ; Hélène l'a connu à Madrid en 1946 par des amis communs. Il vit confortablement installé dans un grand domaine, La Carlina, où il s'est fait construire un manoir et quelques résidences annexes qu'il a lui-même conçues. [...] Cet homme, qui mesure 2,03 mètres et est maigre comme un clou, se présente à Jean-Louis comme un héros de guerre, bien qu'il lui ait caché que peu de jours avant la chute de l'Allemagne, il avait déjà abandonné le champ de bataille et s'était enfui loin de la progression du front allié. » (pp. 143-144 de l'édition espagnole).

     

     

     

    Affiche jugement LD Fr+Nl.png   Affiche jugement LD.jpg

     

    Léon Degrelle, « condamné à mort pour crimes de guerre » ? C'est ce qu'il se colporte gratuitement depuis toujours. Rien de plus normal qu'un criminel de guerre soit condamné à mort ! Sauf que Léon Degrelle ne l'a jamais été. Ni criminel de guerre, ni condamné de ce chef, comme le montre le placard affiché le 30 janvier 1945 sur la Grand-Place de Bruxelles : il n'y est aucunement question de quelque crime ou violence à l'égard de civils, de prisonniers ou de blessés, constitutifs de crimes de guerre selon les conventions de Genève.

     

    Léon Degrelle, un homme « qui mesure 2,03 mètres et est maigre comme un clou » ? Même le géant Otto Skorzeny, qui faisait une quinzaine de centimètres de plus que Léon Degrelle, ne mesurait « que » 1,93m (l'avis de recherche lancé par les Alliés en 1945 renseigne une taille de 6 feet 4 inches : ci-dessous à droite). Si Léon Degrelle apparaît beaucoup plus maigre qu'à l'habitude sur la photo prise dans la finca de Majalimar en 1950 en compagnie d'Otto Skorzeny (voir aussi ce blog au 3 décembre 2024), c'est qu'il avait subi, quelque temps auparavant, une grave opération de l'estomac (voir ci-après). D'après le passeport fourni par Alain Delon (ce blog au 19 août 2024), Léon Degrelle mesurait 1,78m.

     

    Sur la protection de Franco, voir ce blog au 31 mars 2021 ; sur l'évasion de Norvège à bord du Heinkel d'Albert Speer, voir ce blog aux 18 juin 2020 et 19 septembre 2024).

     

    LD Skorzeny Carlina.jpg   Wanted Skorzeny 1.jpeg

     

     

     

     

    C'est donc ce bouquin qui permit à Rodríguez d'apprendre que l'épouse du policier qui traqua l'éphémère président de Catalogne, devint une amie du nazi Degrelle. Si le peu scrupuleux historien reconnaît quand même sa dette dans ses Références archivistiques [!], le nom de la journaliste –pourtant bien marquée à gauche aussi– n'apparaît jamais dans l'Index onomastique, ni son livre dans la Bibliographie...

     

    Rodríguez portera évidemment sur ces personnes compromises dans la collaboration franco-allemande et avec le régime franquiste un regard fort négatif, –ce qui n'étonnera personne–, mais qu'il assortira de sa touche personnelle et habituelle : le flou (la mère d'Hélène est peut-être coupable de vol) et la généralisation abusive (le pillage est une habitude chez certains Français et Espagnols) qui font les bons ragots.

     

    Les jeunes gens, Hélène et Pedro, « s'étaient connus trois ans avant [leur mariage] à Biarritz, dans le sud-ouest de la France, pendant les vacances de leurs parents respectifs » (p. 23). Hélène Cornette était la fille d'un premier mariage de sa mère, Jeanne Compveut (Rodríguez qui, on le sait depuis notre premier article –ce blog au 1er septembre 2024–, est un spécialiste de l'onomastique, nous explique qu' « à cette époque, les Français ne portaient que le nom du père » !), qui s'était remariée avec un veuf dont l'entreprise d'accessoires de mode avait fait faillite. Le détail est important pour la mauvaise réputation de la famille car, suite à cette faillite, les ateliers du mari avaient été transformés en appartements, dont l'un était loué à une artiste-peintre juive. Celle-ci aurait été dénoncée par Jeanne et dévalisée grâce à son gendre Pedro Urraca : « Peu après le début de l'Occupation, et avec la complicité de sa fille et de son gendre, Jeanne Compveut se servit de l'ascendance juive de Sachs et de ses amitiés de gauche pour la dénoncer à la police allemande, pénétrer dans son appartement qu'elle louait rue de l'Université et le réserver à son propre usage, après en avoir retiré le mobilier de l'artiste-peintre et, peut-être, avoir volé une partie des objets de valeur que cette dernière n'avait pas pu emporter. La pratique du pillage des biens des personnes en fuite était une habitude chez une partie des Français et du personnel allemand dans la France occupée. C'était la même chose pendant et après la guerre espagnole. Ceci fut la première, mais non la dernière action de pillage commise par Jeanne Compveut et son gendre sur des personnes craignant pour leur vie. Urraca créa un groupe –ou du moins en fit partie– destiné à spolier les familles juives qui tentaient de fuir la persécution nazie. » (p. 27).

     

     

     

    Gemma Espagnol.jpegL'édition catalane du livre de Gemma Aguilera (ci-avant) affiche le portrait de Pedro Urraca en couverture puisque c'est à lui qu'est consacrée cette biographie. Mais la traduction espagnole produit la photographie d'une foule anonyme : il s'agit de personnes regardant le cortège funèbre d'un anarchiste mort dans l'assaut d'une caserne à Barcelone en 1936 : le président de la Généralité de Catalogne, Lluís Companys, est le civil de droite (avec une pochette blanche). Vengeance posthume ourdie par la biographe de Pedro Urraca ? Sa victime lui vole en tout cas la vedette en couverture de sa propre biographie...

     

     

    « L'année 1948 commença très mal pour Urraca et sa famille. Lui-même, son épouse et sa belle-mère avaient été jugés par contumace et la Cour d'Appel de Paris avait rendu son jugement le 5 janvier, condamnant Pedro Urraca à mort pour intelligence avec l'ennemi dans la persécution de Français et lui confisquant tous ses biens. Hélène Cornette fut condamnée à cinq ans de prison, une amende de 100.000 francs, la confiscation de ses biens présents et à venir au bénéfice de la nation et l'indignité nationale, ce qui impliquait la perte de la nationalité, pour commission d'actes nuisibles à la défense nationale, en ce compris l'aide à son époux dans la collaboration avec l'ennemi et sa participation au réseau de persécution d'Espagnols et de Français. [La mère d'Hélène,] Jeanne Compveut [...] fut condamnée pour commission d'actes nuisibles à la défense nationale à deux années de prison, une amende de 100.000 francs et l'indignité nationale. Comme elle ne paya pas son amende, ses deux maisons en France [...] furent confisquées. » (p. 234).

     

    Voilà donc de bien peu recommandables personnages qui seraient entrés dans la vie d'un Léon Degrelle qui, pour avoir subi des préjudices semblables (mais sans avoir jamais été soupçonné d'avoir dépouillé qui que ce soit), ne s'en effarouchera certes pas. Selon Rodríguez, ils sont de toute façon à mettre dans le même sac, même si la Belgique ne pouvait représenter pour Hélène Cornette la même chose que pour Léon Degrelle et que les opinions géopolitiques que lui prête Rodríguez relèvent d'une évidente spéculation : « Ils partageaient un passé semblable, avec le souvenir de la Seconde Guerre mondiale, leurs expériences de vaincus et de condamnés, ainsi que les liens avec la Belgique. Ils partageaient aussi le diagnostic politique sur le danger que représentait l'Union soviétique. » (p. 235).

     

    Mais comment se sont-ils rencontrés ?

     

    Rodríguez va en faire le récit assorti de ses habituelles insinuations malveillantes (notamment quant à l'endroit où Hélène et sa famille auraient caché le produit de leurs brigandages) : « Pendant ces années [d'après-guerre], aussi bien le policier que sa famille conservèrent l'immunité diplomatique et leurs passeports aux fausses identités afin de voyager dans différents pays, y compris peut-être celui où ils avaient déposé une partie de leurs biens d'origine suspecte. Ils se rendraient également à Madrid. Ce sera surtout le cas d'Hélène qui alternait des séjours de plusieurs semaines une ou plusieurs fois par an, parfois seule avec son fils, et d'autres fois avec sa mère pour visiter ou recevoir leurs amis. C'est à cette époque qu'elle connut Pilar Primo de Rivera et Clarita Stauffer et il est fort probable que ce fut cette dernière qui présenta Hélène à Degrelle, entre lesquels se serait développée une histoire d'amour. » (p. 235). Gemma Aguilera n'est guère mieux inspirée en précisant que c'est « Léon Degrelle, ex-officier des Waffen SS condamné à mort pour crimes de guerre et alors protégé par le régime de Franco qu'Hélène connut à Madrid en 1946 grâce à des amis communs. » (p. 143)

     

    Cela nous semble pratiquement impossible car après son évasion de l'Hôpital Mola, le 21 août 1946, Léon Degrelle vécut, grâce au Cuñadisimo Ramón Serrano Suñer (ce blog au 5 août 2023), en sécurité mais strictement enfermé pendant plus d'un an dans une chambre de bonnes, Calle Goya à Madrid, chez un couple de vieux retraités ignorant son identité et ne parlant pas le français. « Le Chef de Rex [...] n'en sortit jamais une fois pendant les mois qu'il y passa. Il ne reçut aucune visite. C'était la claustration totale, car ainsi seulement sa sécurité était assurée. » (Mon Combat, p. 251).

     

     

     

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    Depuis sa disparition de l'Hôpital Mola de San Sebastián, la presse voit Léon Degrelle n'importe où : qui dans une meule de foin au pays basque (AFP, 23 août 1946), qui sur un bateau argentin (Daily Telegraph, 26 août 1946), qui en Irlande (La Libre Belgique, 6 septembre 1946), en Equateur (Le Monde, 21 septembre 1946), ou au Brésil (AFP, 18 novembre 1946)...

    Reprenant une « information » du Daily Telegraph, le quotidien flamand De Nieuwe Standaard publie une caricature de Léon Degrelle en route vers (ou revenant de) « Beunos Ayres » par le célèbre dessinateur flamand Marc Sleen (auteur de la populaire série Les Aventures de Néron et Cie, publiée dans les quotidiens belges catholiques de gauche Het Volk et La Cité). À gauche, « Le Daily Telegraph communique que, selon un rapport de Madrid, Léon Degrelle se trouve à bord du navire espagnol Monta Ayala de 2.955 tonnes affrété pour Buenos-Aires. Le navire a quitté Bilbao jeudi, jour où fut communiquée la disparition de Degrelle. » (De Nieuwe Standaard, 27 août 1946) ; à droite, l'illustration de Marc Sleen dans De Nieuwe Standaard, le 28 août 1946.

    Les 2 et 10 octobre 1947, La Dernière Heure, reprenant des informations de la presse italienne, révèle que Léon Degrelle serait le chef d'orchestre du Jazzband de l'Hôtel Rivadaria, à San Sebastián (dessin de Marcel Antoine, 1897-1959, chansonnier-dessinateur célèbre avant-guerre pour son personnage de Slache, héros caricatural bruxellois) : le Ministère des Affaires étrangères belge ne manquera pas de diligenter une enquête et son chargé d'affaires à Madrid lui enverra ses conclusions judicieuses : « L'Hôtel Rivadaria n'existe pas. [...] Je suis persuadé que Degrelle ne songerait pas à se produire dans un lieu aussi public qu'un restaurant connu de Saint-Sébastien. »

    DH 1947.10.02 LD chef orchestre.JPG   DH 1947.10.10 LD orchestre Marcel Antoine.JPG

     

     

     

    Ce n'est qu'à la fin de l'année 1947, quand purent s'assouplir ses conditions de vie que Léon Degrelle fit la connaissance de Clara Stauffer, par l'intermédiaire d'amis phalangistes, anciens de la Légion Azul, qui l'aidaient à correspondre avec sa famille de Bruxelles grâce à la valise diplomatique. Très impliquée dans l'aide aux réfugiés allemands pour gagner l'Amérique latine, elle connaît aussi Pierre Daye qui essaie alors de convaincre son ami Léon Degrelle de le rejoindre en Argentine.

     

    Est-ce au même moment qu'une rencontre avec Hélène Cornette eut lieu ? Nous en doutons également car, d'une part, Léon Degrelle envisageant sérieusement de s'installer à Buenos Aires ne développe alors de vie sociale qu'utile et profitable, évitant tout comportement imprudent ou périlleux. D'autre part, depuis mai 1946, Hélène Cornette et toute sa famille (mari, fils, mère) habitent, comme le souligne Gemma Aguilera, un appartement à Bruxelles et, par ailleurs, tout au long de l'année 1947, elle « accompagne son mari dans tous ses voyages en Hollande, au Luxembourg et en Suisse, alors que sa mère et le petit Jean-Louis poursuivent une vie normale dans la capitale. » (p. 128-129).

     

    L'année 1948 est, nous l'avons vu, celle où le couple fut lourdement condamné par la justice française et Pedro Urraca, promu inspecteur de première classe travaille alors au consulat général d'Espagne à Anvers et Bruxelles, chargé de la surveillance du Parti communiste espagnol en exil. Un poste qui le confine dans la sécurité des locaux de l'ambassade.

     

    Quant à Léon Degrelle, 1948 lui fut également une année des plus pénibles : il vit caché à Torremolinos dans un isolement quasi complet et apprend la mort en prison de son père et de son beau-frère Charles Raty. Sa blessure au ventre provoquée par l'explosion d'un obus sur le front du Caucase en 1942 s'infecte à nouveau, provoquant des hémorragies internes qui nécessitent une opération d'urgence. Elle se pratiquera en septembre, suivie d'une longue convalescence où il perdra une trentaine de kilos (une nouvelle opération chirurgicale sera nécessaire en octobre 1950).

     

    Ce n'est qu'au printemps 1949 que, grâce à son ami le ministre du Travail José Antonio Girón, il pourra trouver un logement sûr dans la grande finca sévillane de Majalimar où il demeurera jusqu'en 1954. Il y écrira son grand récit autobiographique Mon Combat (voir ci-avant), le poème Les Îles blanches resté inédit, le roman La Grande Bagarre (ce blog au 26 mai 2016) et Les Âmes qui brûlent, ouvrage, selon son traducteur espagnol, l'éminent académicien Gregorio Marañon, « étincelant comme une flamme, [...] d'une beauté impossible à surpasser », ce blog au 24 janvier 2023). C'est également de Majalimar qu'il se lancera dans ses premières affaires commerciales et industrielles (ce blog au 3 décembre 2024) lui permettant d'acquérir en 1952 un ancien vignoble dans le village de Constantina et d'y construire son vaste domaine de La Carlina où il emménagera définitivement en avril 1954, à la mort du propriétaire de Majalimar, emporté par un cancer de l'estomac.

     

     

     

    Majalimar Entrée Finca.jpg

    Majalimar Pavillon LD 1949a.jpg

    Au-dessus, l'entrée principale de la finca Majalimar (photographie contemporaine) ; au-dessous, le pavillon où résida Léon Degrelle de 1949 à 1954. Ce vaste domaine agricole de 1200 ha appartenait au plus important industriel lainier de la région de Salamanque, Leandro Cascón Pablos (1883-1954), ami proche du ministre du Travail José Antonio Girón. Le pavillon occupé par Léon Degrelle, construit sur un promontoire dominant la finca, était protégé par une vaste clôture de fer forgé. L'entrée, décorée par des azulejos religieux, exprime le fervent catholicisme du propriétaire qui, tout comme Léon Degrelle (ce blog aux 2 septembre 2023 et 18 octobre 2024), effectuait fréquemment des pèlerinages, notamment en Terre Sainte. La faïence placée à droite de la porte de chêne ouvragé sous le portique d'entrée invoque la Vierge (« Ave Maria »). Au-dessus, un azulejo plus grand représentant le Christ qui désigne son cœur marqué par les stigmates de la Passion place l'habitation sous la protection du Sacré-Cœur : « Je bénirai les maisons où l'image de mon cœur sera exposée et adorée. Les personnes qui propagent cette dévotion auront leur nom gravé dans mon cœur et il n'en sera jamais effacé. »

    La tradition de consacrer sa demeure au Sacré-Cœur de Jésus remonte aux visions de Marguerite-Marie Alacoque qui, au XVIIe siècle, se vit chargée de propager le culte du Sacré-Cœur, ainsi qu'à l'institution officielle de sa fête par le pape Pie IX, deux siècles plus tard. Cette dévotion connaîtra un regain de popularité lors du Congrès eucharistique de Lourdes en août 1914 liant son culte à l'établissement de la royauté du Christ dans le monde. Comment le défenseur des Cristeros (ce blog, entre autres, au 7 février 2019), fondateur du mouvement Rex prêchant la révolution des âmes en l'honneur du Christ-Roi, n'y aurait-il pas été sensible ?

    Ci-dessous, à gauche, l'entrée du pavillon de Léon Degrelle (photographie contemporaine) ; à droite, Léon Degrelle amaigri par ses graves opérations de 1948 et 1950.

     

    Majalimar Pavillon LD Entrée1.jpg   Majalimar LD amaigri 1.jpg

     

     

     

    À suivre

     

     

  • Les mémoires « effilochés » d’Anne Degrelle-Lemay

     

    IV. Des bribes et des morceaux…

     

    1 Anne + Léon Madrid 2.jpg

    Comme elle le précise dans ses mémoires, Anne Degrelle-Lemay n’écoute son père qu’avec un esprit « plus critique que favorable » (p. 128)…

     

    2 Anne Degrelle Couverture.jpgQuand nous avons appris la nouvelle de la publication du petit livre d’Anne Degrelle-Lemay, Degrelle, L’homme qui changea mon destin (ce blog au 29 juin 2022), nous avons réellement cru que nous aurions enfin accès à l’histoire véritable des années d’exil du plus célèbre condamné à mort de Belgique (27 décembre 1944). De celui qui, déchu de la nationalité belge en 1944, vit, par deux fois de son exil heureusement inaccessible à la persécution des « épurateurs » belges, les délais légaux de prescription prolongés expressément pour son seul cas (Lex Degrelliana de 1964, renouvelée en 1974), fut déclaré « étranger indésirable » (1974) et « interdit de séjour » (1984). Et alors que le mausolée de Mussolini ne dérange personne à Predappio, les cendres de Léon Degrelle, dans la foulée de son décès (31 mars 1994) furent immédiatement frappées –fait unique dans l’histoire de la Belgique– d’interdiction d’accès au territoire belge par un arrêté royal spécial pris en urgence par Albert II (18 avril 1994) : en effet, pour les éternels haineux, « la présence sur le territoire belge des restes mortels de Léon Degrelle est incontestablement de nature à provoques des troubles à l’ordre public » (Moniteur belge du 23 avril 1994) !!!

     

    3 Moniteur 18 avril 1994 Cendres LD.jpeg

     

    Cette multiplication des artifices juridiques pour persécuter Léon Degrelle n’est cependant rien face à l’acharnement des autorités politiques et judiciaires belges pour obtenir son extradition –c’est-à-dire l’exécution de sa condamnation à mort– et, accessoirement, pour empoisonner son existence en exil.

     

    Mais des conditions de vie de son père, malheureusement, Anne Degrelle ne souffle pratiquement pas mot. Sauf, nous l’avons vu (ce blog au 23 octobre 2020), pour rendre inutilement suspecte l’origine des fonds nécessaires à son train de vie et à la construction de la Carlina. Elle ne peut pourtant pas avoir ignoré toutes les entreprises de son père pour gagner sa vie. C’est ainsi qu’après avoir été obligé de quitter son domaine de Constantina, il constitua, au fil des ans, diverses sociétés commerciales plus ou moins éphémères et rentables, dont, par exemple, Madrid Europa SA, s’occupant de matériel agricole et industriel ainsi que d’édition. Les statuts en furent déposés en 1963 devant le notaire Blas Piñar, de Madrid, Le directeur de l’entreprise portait désormais le nom de Léon José de Ramírez Reina alors que, parmi les trois actionnaires, se trouvait le beau-frère d’Anne, Antonio de la Rosa, le mari de sa sœur Godelieve…

     

    C’est qu’Anne n’a pas l’air non plus d’être plus précisément au courant d’autres événements capitaux de la vie d’exilé de son père. Concernant, par exemple, les circonstances de son adoption devant mener à l’obtention de la nationalité espagnole dont elle semble mettre en doute la version pourtant avérée donnée par le principal intéressé.

     

    « Dans sa chère Andalousie, tout le monde le regardait comme un monsieur étrange qui parlait un espagnol des plus bizarres, qui était très beau, amusant et familier. A cette époque, il était “Don Juan Sanchís de La Carlina”. Lorsque je suis arrivée en 1958, il disposait déjà de ses papiers officiels espagnols. Je ne suis jamais vraiment parvenue à savoir comment il avait obtenu le nom de famille Ramírez Reina figurant sur sa carte d’identité espagnole. D’après ce qu’il m’a raconté, une dame de Constantina l’avait adopté, lui donnant ainsi son nom. » (p. 130)

     

    4 CI Leon Jose de Ramirez Reina 1-vert.jpg

    De validité limitée, les cartes d’identité espagnoles devaient être remplacées tous les cinq ans : voici celle, obtenue en 1971, de Léon Degrelle, devenu León José de Ramírez Reina. (Documentation © Jacques de Schutter).

    6 Juan Ramirez Filosia2.jpgL’alcalde de Constantina, le Dr Juan Ramírez Filosía, de par ses liens familiaux avec Matilde Ramírez Reina qui adopta Léon Degrelle, deviendra un cousin par alliance du Commandeur de la Légion Wallonie !

     

    À nouveau, du mystère et des soupçons où il n’y en a pas. On a d’ailleurs peine à croire qu’Anne qui a vécu cinq ans à Constantina n’ait jamais, sinon rencontré, du moins entendu parler de Matilde Ramírez Reina, veuve de 72 ans, habitant 13 calle Pozuelo, et qui tint longtemps commerce dans la petite ville. Elle était de la famille de l’alcalde (bourgmestre), le docteur Juan Ramírez Filosía, responsable provincial du Movimiento et ami proche de Léon Degrelle : c’est d’ailleurs dans sa maison que fut dressée la chapelle ardente où fut veillé toute la nuit du 22 au 23 février 1958, jour des funérailles, le corps de Léon-Marie Degrelle (ce blog au 26 février 2016). Matilde Ramírez Reina était également la tante de l’ancien propriétaire de la Carlina, Manuel Amaya. Ce sont ces deux proches, Juan Ramírez Filosía et Manuel Amaya, qui seront les témoins de son acte d’adoption, le 24 décembre 1954. Tous les détails sont dans Degrelle en el exilio (de José Luis Jerez Riesco, aux éditions Wandervögel, 2000, p. 228). Blas Piñar, président du parti nationaliste Fuerza Nueva, explique dans ses mémoires que c’est lui qui, en tant que notaire, assura la légalité de l’acte d’adoption, le 17 septembre 1955 (La pura Verdad, Fuerza Nueva, 2002, p. 307).

     

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