Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

simon wiesenthal

  • Léon Degrelle tel que le voyait la presse américaine

     

    En mars 1983, la télévision espagnole a diffusé un débat sur La chasse aux nazis dont les invités principaux étaient Léon Degrelle et Mark Raginski, assistant du procureur général soviétique, le général Iona Nikitchenko, au procès de Nuremberg (moins d'une centaine d'émissions de la série Clave –« La Clef »– sur les 311 diffusées sont disponibles sur internet, mais malheureusement pas celle-là, où intervint le pugnace Léon Degrelle).

     

    Le tribun belge fit naturellement sensation, comme il en témoignera dans un entretien à Rivarol (3 mai 1985) : « mon intervention a laissé pantois l'accusateur. Résultat : en un mois, on m'a demandé deux cents interviews ; et le New York Times a publié un article sur six colonnes » !

     

    new york times,international herald tribune,washington post,john darnton,mark raginski,nuremberg,torreblanca,lion aux bâtons de bourgogne,verres romains,franco,die spinne,simon wiesenthal,hauk bert pattist,willy burgeon,corée du nord,albert guérisse,clave,pueblo,ramirez reina,matilde martinez reina

    Herald LD 25.05.1983.jpg

     

    Voici la traduction de cet article publié le 20 mai 1983, repris par l'International Herald Tribune et le Washington Post, le 25 mai suivant (sous un titre différent : « Sans repentir, le principal collaborateur nazi de Belgique vit au grand jour en Espagne » et sans les déférents « Monsieur » accompagnant le nom de l'exilé belge), et signé par un certain John Darnton, Prix Pulitzer du reportage international en 1982, qui rencontra manifestement Léon Degrelle (le détail de la Croix de Chevalier reposant sur un plat en étain n'a pu s'inventer, non plus que d'autres précisions sur l'appartement de Madrid), mais qui, affectant de prendre la distance de l'objectivité, se range docilement du côté du récit officiel : Léon Degrelle prétend tout ignorer des filières d'évasion de nazis, profite probablement de leur trésor, raconte des calembredaines sur son arrivée en Espagne ou les attentats dont il réchapperait toujours et, ne regrettant rien de son passé qui lui a valu d'être condamné à mort (il pourrait même avoir commis des crimes de guerre, peut-être par procuration), n'hésite pas à mettre le gouvernement de son pays d'origine dans l'embarras...

     

     

    Confortablement installé dans son refuge

    espagnol, le plus important fasciste belge

    célèbre son passé

     

    De ces temps-ci, Léon Degrelle jouit d'une très belle vie et, de prime abord, on pourrait le prendre pour un homme d'affaires à la retraite, un de ces milliers de pensionnés qui descendent du nord de l'Europe pour une vie agréable sous le soleil espagnol.

     

     

     

    LD Cabaña Torreblanca.jpg

    Léon Degrelle dans le jardin de La Cabaña, sa propriété dominant Torreblanca, à mi-chemin entre Málaga et Marbella.

     

     

    Il possède une confortable villa nichée à Torreblanca, sur la Costa del Sol, et un appartement à Madrid avec une terrasse-jardin surplombant un élégant boulevard. Ce dernier est orné d'antiquités romaines provenant du sud de l'Espagne –vases, sculptures, ornements de chars et fioles lacrymales– exposées dans des vitrines.

     

    « Par-dessus tout, je vis pour la beauté », a-t-il déclaré dans une interview sur un ton cultivé et l'air légèrement blasé. Degrelle n'a désormais plus besoin de sa carte d'identité espagnole au nom de Léon José de Ramirez Reina, mais il la garde en souvenir. Âgé de septante-sept ans le mois prochain, il a les cheveux peignés en arrière, un front dégarni et un ventre qui s'arrondit, l'empêchant d'encore entrer dans son uniforme SS, désormais rangé dans un placard.

     

     

     

    Lion LD Croix Bourgogne.jpg

    Dans l'appartement madrilène de Léon Degrelle, le Lion aux bâtons noueux de Bourgogne ornés de feuilles de chêne veille sur les vitrines protégeant sa collection de précieux verres funéraires romains (sur les fouilles archéologiques menées par « Don Juan de la Carlina », voir ce blog au 31 mars 2021).

     

     

    M. Degrelle a fondé le parti fasciste Rex en Belgique dans les années 1930 et fut le plus éminent collaborateur de Hitler dans son pays. Il commanda une brigade de Waffen-SS non-Allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale.

     

    Condamné à mort

     

    Une des premières actions de la Belgique libérée fut de le condamner à mort par contumace pour trahison. Mais il réussit à s'envoler de Norvège en Espagne le 7 mai 1945, en réquisitionnant l'avion d'Albert Speer, le ministre allemand de l'Armement. Depuis lors, il est resté là, déjouant les tentatives d'extradition sous la protection de Francisco Franco et échappant, selon son propre décompte, à six tentatives d'enlèvement.

     

    Aujourd'hui, le délai de prescription de ses crimes [sic] a été atteint dans son pays, de sorte qu'il n'est plus passible de poursuites. Et depuis la mort en 1975 de Franco, avec lequel il avait convenu de rester discret, il s'est senti libre d'utiliser son propre nom, de fréquenter les cercles de droite et même de donner occasionnellement une interview pour célébrer le génie militaire de Hitler, cet homme si « gentil ».

     

     

     

    1944 08 27 AH+LD seuls.jpg

    Le 27 août 1944, Adolf Hitler reçoit pour la dernière fois, comme s'ils étaient seuls au monde, celui à qui il confiera son regret de ne pas l'avoir pour fils. Léon Degrelle restera fidèle jusqu'à son dernier souffle au héraut de la révolution nationale-socialiste.

    LD Photo AH.jpg

     

     

    Comme il le dit, « J'utilise ma liberté d'expression dans le cadre de la nouvelle démocratie ». M. Degrelle est un anticommuniste résolu. Il rechigne à parler de l'origine de ses revenus [ce blog aux 23 octobre 2022 et 3 décembre 2024]. Il dit qu'il est religieux –« Je prie toutes les nuits » [ce blog aux 6 mars 2016 et 31 mars 2019]– et qu'il n'était pas au courant des camps de concentration, malgré sa proximité avec les principaux chefs du Troisième Reich [voir à ce sujet ce blog au 25 mai 2016]. Il affirme ne rien connaître d'une organisation clandestine à laquelle il est souvent associé, Die Spinne [« L'Araignée »], supposée aider les ex-nazis. « Il n'existe pas d'organisation pareille – malheureusement », dit-il.

     

    La présence en Espagne de nombre d'anciens nazis et de sympathisants –dont certains, comme M. Degrelle, sans aucun remords– est un héritage du régime de Franco auquel le nouveau gouvernement socialiste commence à faire face. Pour beaucoup, l'Espagne constitua la porte de sortie dans leur fuite vers l'Amérique du sud. Certains sont restés, s'installant dans des endroits tels que l'île d'Ibiza.

     

     

    Un ancien officier extradé

     

    « L'Espagne est formidable », disait Simon Wiesenthal, le chasseur de nazis basé à Vienne. « Elle a donné asile à quelque 25.000 Juifs pendant la guerre et a refusé de les extrader. Et après la guerre, elle a également donné asile à des milliers de nazis. La seule différence était que les Juifs n'avaient rien fait et que les nazis étaient coupables. »

     

    La semaine dernière, un tribunal espagnol a ordonné que Hauke Bert Pattist, un ancien officier SS de 62 ans accusé de crimes de guerre, soit extradé aux Pays-Bas d'où il était originaire. M. Pattist, qui dirigeait une école de langues dans la ville d'Oviedo au nord-ouest du pays, vivait en Espagne depuis 32 ans et avait obtenu la nationalité espagnole. Ce serait la première fois qu'un tribunal espagnol autorise de livrer une personne accusée de crimes de guerre à un autre pays [Auke Bert Pattist (1920, Pays-Bas, - 2001, Espagne), n'a jamais été extradé].

     

    L'affaire Pattist a encouragé Willy Burgeon, un élu socialiste du Parlement belge, à demander le mois dernier à son gouvernement de réclamer l'extradition de M. Degrelle. Cela lui a été refusé au prétexte, dit-il, que M. Degrelle avait acquis la nationalité espagnole.

     

     

     

    Belga février 1983.jpg

    La livraison de Klaus Barbie à la France par la Bolivie le 5 février 1983 a donné l'idée au député socialiste wallon Willy Burgeon d'invoquer l'événement comme un précédent permettant d'exiger des autorités espagnoles la livraison de Léon Degrelle à la Belgique (communiqué de l'agence Belga sur la Proposition de résolution demandant l’extradition de Léon Degrelle déposée le 10 février 1983 à la Chambre belge des Représentants par ce socialiste pharisaïque surtout connu en Belgique pour l'idolâtrie qui serait comique si elle n'était aussi effarante qu'il ne se prive pas de manifester pour le régime nord-coréen)...

     

     

    Les jeunes doivent apprendre

     

    « Le problème n'est pas résolu », affirme M. Burgeon. « Le cas du Néerlandais renforce mon argumentation. Degrelle n'a pas payé pour les crimes qu'il a commis. Il a été accusé de crimes contre l'État, mais nous pensons qu'il est également coupable de crimes contre l'humanité, soit directement, soit par l'intermédiaire de ses hommes. »

     

    « Il n'est pas question de vengeance, dit-il, je suis trop jeune pour cela –je suis né en 1940. C'est comme Barbie en France. La jeunesse doit apprendre ce qu'est le fascisme, tout particulièrement lorsque les groupes d'extrême droite deviennent actifs. »

     

    Néanmoins, d'autres Belges ont des doutes, à la fois sur la légalité et sur la sagesse d'une telle démarche.

     

     

    « C'est un traître »

     

    « À cet homme, la meilleure chose qui aurait pu lui arriver, c'est qu'il eût été abattu après la guerre », dit le Général Albert Guérisse [1911-1989, docteur en médecine], un responsable de la Résistance qui fut capturé et envoyé à Dachau.

     

    « C'est un traître. Il a mérité sa condamnation. Mais même lorsque l'extradition était légalement possible, la Belgique n'a jamais fait de véritables efforts. Il y avait beaucoup trop de raisons politiques à cela – il en connaissait trop sur certaines personnalités politiques. »

     

    « Maintenant, cette personne ne m'intéresse plus. Ce ne serait pas bien pour la Belgique, compte tenu de la situation politique où nous nous trouvons aujourd'hui. » Il [précision de l'International Herald Tribune: « Degrelle lui-même »] partage l'avis selon lequel certaines autorités en Belgique étaient réticentes à le voir revenir et laisse entendre qu'elles sont intervenues de temps à autre pour l'empêcher.

     

     

     

    Pueblo 15.03.1983.jpg

    Après le tumulte provoqué par Clave, la populaire émission de la télévision espagnole, le quotidien madrilène Pueblo publia d'abord l'interview du procureur soviétique, puis, le 15 mars 1983, celle de Léon Degrelle. En titres : « Léon Degrelle, l'homme à propos duquel Hitler déclara : J'aimerais avoir un fils comme lui”. » ; « S'il y a des procès, qu'il y en ait pour tous » ; « Le moins que les Russes puissent faire, c'est de se taire » ; « Celui qui fut le chef des SS belges durant la Deuxième Guerre mondiale rejette les accusations de celui qui fut procureur soviétique à Nuremberg » ; « Je reviendrais en Belgique si on me garantissait un véritable procès ».

     

     

    L'aide de Franco

     

    M. Degrelle raconte l'histoire de sa fuite d'Oslo et divers épisodes sur de prétendus ravisseurs avec un tel plaisir et un tel luxe de détails qu'il est difficile de savoir quel crédit lui accorder.

     

    Il dit que l'avion qui l'emmena le jour où la guerre s'est terminée a volé sans carte jusqu'à la côte de San Sebastián où il est tombé en panne d'essence et s'est écrasé sur la plage [ce blog aux 20 mai 2016, 18 juin 2020 et 19 septembre 2024].

     

    Ses blessures, qui ont nécessité une hospitalisation de 15 mois, l'ont sauvé d'une extradition immédiate, d'après ce qu'il dit. Alors, Franco –qu'il avait rencontré lors d'une visite de trois semaines pendant la Guerre civile espagnole– vint à son secours. « Il ordonna mon expulsion, mais il m'avait prévenu. Il me donna de faux papiers pour me cacher ainsi que 25.000 pesetas » [ce blog aux 31 mars 2021 et 2 septembre 2025].

     

    « Finalement, l'ambassadeur américain, qui était le plus insistant, a demandé à le voir. Franco lui dit : Comment osez-vous ? L'honneur de l'Espagne est en jeu, aucun Espagnol ne trahit. Il suggéra alors à l'ambassadeur de jeter un regard dans mon dossier sur son bureau, quand il aurait le dos tourné. Tout s'y trouvait, y compris un faux document selon lequel j'avais été déporté au Portugal. Pendant des semaines, les Américains ont fouillé les navires venant du Portugal alors que je me trouvais à Madrid. »

     

    La loi selon laquelle M. Degrelle pouvait être inculpé a expiré en Belgique en 1964 et a été prolongée de 10 ans, spécialement pour lui. Il a reçu la nationalité espagnole après avoir été adopté par une femme âgée.

     

     

     

    CI Leon Jose de Ramirez Reina R.jpg

    CI Leon Jose de Ramirez Reina V.jpg

    Une carte d'identité espagnole sera délivrée à Léon Degrelle après son adoption par Matilde Martínez Reina en 1954 (ce blog aux 25 mai 2019 et 3 janvier 2023). C'est également le nom repris avec celui, hispanisé, de son Papa, comme étant celui de sa Maman. Il est également réputé marié, écrivain et de groupe sanguin B (carte d'identité de 1971 : Léon Degrelle est domicilié Paseo de los Jesuitas, son adresse depuis 1963, voir ce blog au 26 décembre 2024).

     

     

    Pendant la guerre, au cours de laquelle il a commandé une unité flamande [sic] pour combattre sur le front soviétique, il fut nommé Sturmbannführer de la SS et plus tard Volksführer de Belgique, et a été récompensé, entre autres décorations, de la Croix de Fer. Elle se trouve aujourd'hui sur un plateau en étain à l'entrée de son salon.

     

    La conclusion de l'article de l'International Herald Tribune diffère heureusement de celle du New York Times que l'auteur a eu l'occasion de corriger :

     

    Le réseau de relations avec des personnalités politiques phalangistes de premier plan l'a sauvé à de nombreuses autres occasions, dit-il, notamment lors d'une tentative d'enlèvement « par un Juif », à la suite de l'arrestation d'Adolf Eichmann [ce blog au 3 janvier 2023].

     

    La citation que préfère Degrelle de Hitler, qu'il a connu personnellement et qu'il appelle « le génie du siècle », est la phrase que, selon lui, Hitler lui a adressée : « Si j'avais un fils, j'aimerais qu'il soit tout comme vous. »

     

    Croix Chevalier Plateau étain.jpeg

     

     

  • Les mémoires « effilochés » d’Anne Degrelle-Lemay

     

    IV. Des bribes et des morceaux…

     

    1 Anne + Léon Madrid 2.jpg

    Comme elle le précise dans ses mémoires, Anne Degrelle-Lemay n’écoute son père qu’avec un esprit « plus critique que favorable » (p. 128)…

     

    2 Anne Degrelle Couverture.jpgQuand nous avons appris la nouvelle de la publication du petit livre d’Anne Degrelle-Lemay, Degrelle, L’homme qui changea mon destin (ce blog au 29 juin 2022), nous avons réellement cru que nous aurions enfin accès à l’histoire véritable des années d’exil du plus célèbre condamné à mort de Belgique (27 décembre 1944). De celui qui, déchu de la nationalité belge en 1944, vit, par deux fois de son exil heureusement inaccessible à la persécution des « épurateurs » belges, les délais légaux de prescription prolongés expressément pour son seul cas (Lex Degrelliana de 1964, renouvelée en 1974), fut déclaré « étranger indésirable » (1974) et « interdit de séjour » (1984). Et alors que le mausolée de Mussolini ne dérange personne à Predappio, les cendres de Léon Degrelle, dans la foulée de son décès (31 mars 1994) furent immédiatement frappées –fait unique dans l’histoire de la Belgique– d’interdiction d’accès au territoire belge par un arrêté royal spécial pris en urgence par Albert II (18 avril 1994) : en effet, pour les éternels haineux, « la présence sur le territoire belge des restes mortels de Léon Degrelle est incontestablement de nature à provoques des troubles à l’ordre public » (Moniteur belge du 23 avril 1994) !!!

     

    3 Moniteur 18 avril 1994 Cendres LD.jpeg

     

    Cette multiplication des artifices juridiques pour persécuter Léon Degrelle n’est cependant rien face à l’acharnement des autorités politiques et judiciaires belges pour obtenir son extradition –c’est-à-dire l’exécution de sa condamnation à mort– et, accessoirement, pour empoisonner son existence en exil.

     

    Mais des conditions de vie de son père, malheureusement, Anne Degrelle ne souffle pratiquement pas mot. Sauf, nous l’avons vu (ce blog au 23 octobre 2020), pour rendre inutilement suspecte l’origine des fonds nécessaires à son train de vie et à la construction de la Carlina. Elle ne peut pourtant pas avoir ignoré toutes les entreprises de son père pour gagner sa vie. C’est ainsi qu’après avoir été obligé de quitter son domaine de Constantina, il constitua, au fil des ans, diverses sociétés commerciales plus ou moins éphémères et rentables, dont, par exemple, Madrid Europa SA, s’occupant de matériel agricole et industriel ainsi que d’édition. Les statuts en furent déposés en 1963 devant le notaire Blas Piñar, de Madrid, Le directeur de l’entreprise portait désormais le nom de Léon José de Ramírez Reina alors que, parmi les trois actionnaires, se trouvait le beau-frère d’Anne, Antonio de la Rosa, le mari de sa sœur Godelieve…

     

    C’est qu’Anne n’a pas l’air non plus d’être plus précisément au courant d’autres événements capitaux de la vie d’exilé de son père. Concernant, par exemple, les circonstances de son adoption devant mener à l’obtention de la nationalité espagnole dont elle semble mettre en doute la version pourtant avérée donnée par le principal intéressé.

     

    « Dans sa chère Andalousie, tout le monde le regardait comme un monsieur étrange qui parlait un espagnol des plus bizarres, qui était très beau, amusant et familier. A cette époque, il était “Don Juan Sanchís de La Carlina”. Lorsque je suis arrivée en 1958, il disposait déjà de ses papiers officiels espagnols. Je ne suis jamais vraiment parvenue à savoir comment il avait obtenu le nom de famille Ramírez Reina figurant sur sa carte d’identité espagnole. D’après ce qu’il m’a raconté, une dame de Constantina l’avait adopté, lui donnant ainsi son nom. » (p. 130)

     

    4 CI Leon Jose de Ramirez Reina 1-vert.jpg

    De validité limitée, les cartes d’identité espagnoles devaient être remplacées tous les cinq ans : voici celle, obtenue en 1971, de Léon Degrelle, devenu León José de Ramírez Reina. (Documentation © Jacques de Schutter).

    6 Juan Ramirez Filosia2.jpgL’alcalde de Constantina, le Dr Juan Ramírez Filosía, de par ses liens familiaux avec Matilde Ramírez Reina qui adopta Léon Degrelle, deviendra un cousin par alliance du Commandeur de la Légion Wallonie !

     

    À nouveau, du mystère et des soupçons où il n’y en a pas. On a d’ailleurs peine à croire qu’Anne qui a vécu cinq ans à Constantina n’ait jamais, sinon rencontré, du moins entendu parler de Matilde Ramírez Reina, veuve de 72 ans, habitant 13 calle Pozuelo, et qui tint longtemps commerce dans la petite ville. Elle était de la famille de l’alcalde (bourgmestre), le docteur Juan Ramírez Filosía, responsable provincial du Movimiento et ami proche de Léon Degrelle : c’est d’ailleurs dans sa maison que fut dressée la chapelle ardente où fut veillé toute la nuit du 22 au 23 février 1958, jour des funérailles, le corps de Léon-Marie Degrelle (ce blog au 26 février 2016). Matilde Ramírez Reina était également la tante de l’ancien propriétaire de la Carlina, Manuel Amaya. Ce sont ces deux proches, Juan Ramírez Filosía et Manuel Amaya, qui seront les témoins de son acte d’adoption, le 24 décembre 1954. Tous les détails sont dans Degrelle en el exilio (de José Luis Jerez Riesco, aux éditions Wandervögel, 2000, p. 228). Blas Piñar, président du parti nationaliste Fuerza Nueva, explique dans ses mémoires que c’est lui qui, en tant que notaire, assura la légalité de l’acte d’adoption, le 17 septembre 1955 (La pura Verdad, Fuerza Nueva, 2002, p. 307).

     

    Lire la suite