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de gaulle

  • 2026 célèbre les 120 ans de Léon Degrelle

     

    Une abondance de publications

     

    Nous avons relevé, le 15 juin dernier, l'hommage du SoirMag à Léon Degrelle pour son cent-vingtième anniversaire : une évocation feuilletonesque de l'irrésistible ascension politique de Léon Degrelle dans les années 1930. Plus d'une demi-douzaine d'articles piochés dans les volumes sur La Belgique entre-deux-guerres de Pierre Stéphany ont ainsi célébré Léon Degrelle face à la hiérarchie (3 juin), Degrelle [qui] galvanise la Belgique en crise (10 juin), Rex ou l'irrésistible stratégie du balai (17 juin), Rex [qui] triomphe aux élections (24 juin), Degrelle [...] aux portes du pouvoir (1er juillet), Léon Degrelle [qui] subjugue et... inquiète (8 juillet),...

     

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    Nous avons épinglé la méthode de l'auteur, feu Pierre Stéphany (1925-2020) consistant à recycler ce que d'autres ont écrit, sans avoir l'air de trop se poser de questions sur la réalité de l'information récupérée. Mais finalement, il nous faut convenir que cette manière d'écrire n'est pas si inintéressante car ce sont les ragots facilement identifiables et contestables qui permettent de faire passer la véritable histoire de Léon Degrelle. En effet, ces ragots imbéciles donnent l'indispensable vernis politiquement correct sans lequel les bouquins de Stéphany fussent probablement restés sans éditeur !

     

    Quelques exemples.

     

    La nécessité d'un Léon Degrelle et de Rex

     

    Voleurs Banque Nationale.jpgAprès avoir entonné la nécessaire dénonciation de l'imitation des dictateurs (« On avait déjà vu ça en Italie, en Allemagne. Là avec un Duce, là avec un Führer » ; « Il avait aussi compris, à l'exemple de Hitler, l'importance de la propagande et de la publicité ») et de la mégalomanie de Léon Degrelle (« Drapé dans son hypertrophie du moi » ; « Quelqu'un le surnommale camelot du moi » ; « le Rex appeal [...] faisait oublier son ignorance et son manque de véritables vues politiques »), Stéphany ne peut qu'insister sur la nécessité inéluctable de l'action du chef de Rex et du rexisme : « La Belgique touchait le fond de la crise [...], les mécontents pullulaient – et les hommes politiques en place, les chefs des grands partis, semblaient frappés d'impuissance. Quant aux liens qui unissaient la haute finance à certains hommes politiques, dévoilés à l'occasion de quelques déconfitures plus ou moins scandaleuses nées de la crise, ils achevaient de casser ce qui, dans l'opinion, restait de confiance dans les institutions traditionnelles. Les faillites, les grèves, la misère, les erreurs doctrinales du libéralisme, les égarements d'un socialisme fondé sur les sophismes de la lutte des classes avaient profondément perturbé le climat psychologique du pays. Rex fut le catalyseur de tous les mécontentements de l'époque. » (SoirMag, 10 juin 2026, p. 50).

     

    Le programme de Rex

     

    Message de Rex.jpgComme il est routinier de souligner l'absence de programme politique de Rex. Stéphany va décrire « ce qui tenait lieu de programme au Rex de Degrelle ». Et de détailler les mesures proposées par Léon Degrelle (d'ailleurs toujours bien d'actualité dans la Belgique de 2026 !) : « On y met en accusation les sinécures distribuées par le personnel politique à ses créatures, les nominations politiques, l'administration en proie à la gérontocratie. On y prévoit une Force de la Nation gardienne des frontières et un Noviciat du Citoyen effectué à l'occasion du service militaire, qui sera obligatoire pour les jeunes filles aussi. Comme c'est entre 30 et 50 ans que les besoins sont les plus grands, c'est à cette période de la vie que les traitements seront les plus élevés. [...] Une propagande intensive sera faite en faveur de la fécondité des foyers [...]. La femme mariée recevra aussi bien que le mari le droit d'administrer ses biens propres... » (SoirMag, 17 juin 2026, p. 50).

     

    Et Stéphany de préciser la pertinence de la campagne politique de Rex : « La menace rexiste rameutait autour du gouvernement les trois partis traditionnels. On nota que, dans les débats parlementaires, mettant une sourdine à leurs différends, les orateurs prenaient tous grand soin de condamner les abus politico-financiers. »

     

    Bien plus, selon notre inénarrable ami Saenen (ce blog aux 25 mars, 1er et 5 décembre 2025), le nouveau gouvernement tripartite de Van Zeeland piochera sans vergogne dans le non-programme de Rex : « Les rexistes enragent, accusant le gouvernement d'avoir copié et adopté dans l'urgence toutes les mesures qu'eux-mêmes avaient envisagées ! » (p. 98).

     

     

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    Loin de s'en plaindre, les rexistes verront dans la razzia des principaux éléments de leur programme opérée par un gouvernement aux abois dès sa constitution la preuve du bon sens de leurs mesures. Tout en observant que sans la révolution des âmes qui doit l'accompagner, cette opération ne pourra être que cosmétique et vouée à l'échec (ici, Le Pays réel du 11 juin 1936).

     

     

     

    Faire taire Léon Degrelle

     

    Si Stéphany reprend bien l'antienne du Degrelle, bateleur de foire et raconteur de carabistouilles (« Il était indispensable à Degrelle de faire sans cesse parler de lui »), il ne se prive néanmoins pas d'expliquer en détail les violences inouïes et les incroyables coups fourrés de ses ennemis pour le faire taire : « Plus grave, des tireurs s'étaient embusqués sur les quais, canardant le bateau sur le pont duquel le chef, impavide, énonçait les slogans rituels. Il y eut trois blessés par balle. » ; « Léon Degrelle qui, prétendant parler sur le parvis de Sainte-Gudule, se vit emmené par deux agents en casque blanc, tandis que quelques milliers de ses adeptes se colletaient avec les gendarmes » ; « Le gouvernement s'obstinait à lui interdire de parler sur les ondes de la radio nationale ; il se fit entendre par le truchement de Radio-Trieste et de Radio-Turin »... (SoirMag, 8 juillet 2026, p. 42).

     

    L'Église même fut appelée à la rescousse par une coalition catholico-libéralo-socialo-communiste pour faire taire Léon Degrelle à coups de menaces de péché mortel : « Le vendredi 9 avril, deux jours avant le vote, celui que Degrelle appelait le rhinocéros de Malines publiait un communiqué précisant que Rex était bel et bien visé par le document, que l'Église condamnait formellement les méthodes et les principes du mouvement rexiste, que Rex constituait un danger pour le pays et pour l'Église et que les catholiques, loin de se borner à l'abstention, devaient en conscience se prononcer contre le boutefeu. Le coup fut mortel. » (SoirMag, 15 juillet 2026, p. 42).

     

     

     

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    Pour faire taire Léon Degrelle, rien ne manqua, y compris les tentatives d'assassinat. On évoque souvent le mitraillage du bateau que Léon Degrelle loua le 15 septembre 1936 pour tenir, depuis la Meuse dans le centre de Seraing, son meeting interdit  (trois blessés seront hospitalisés).

     

    Mais d'autres attentats menacèrent sa vie, comme celui qui le rata de peu, à l'issue d'un meeting à Hal, le 4 décembre 1936. S'étonnera-t-on de la conclusion de l'enquête de Frédéric Saenen, le Rouletabille qui élucide Léon Degrelle : « Accident ou mise en scène ? Jamais on ne le saura ». C'est que, précise-t-il pour exclure l'attentat, « l'impact aurait été causé par un coup de feu tiré... depuis l'habitacle » (p. 114) ! Sauf que, comme on peut le lire dans Le Pays réel rendant compte de la tentative de meurtre, « La balle, passée juste à hauteur du visage, s'est écrasée sur la vitre de l'auto dans laquelle montait Léon Degrelle à l'issue du meeting » (6 décembre 1936, p. 1). C'est donc lorsque la portière était ouverte pour permettre à l'orateur d'entrer dans la voiture qu'on tira sur lui : « La vitre a été atteinte vers l'intérieur. L'attentat n'a donc pu avoir lieu qu'au moment du départ » (p. 3) !...

     

     

    Et s'il est de bon ton d'avoir toujours les yeux de Chimène pour les communistes (Degrelle est un « démagogue » entretenant une « psychose anticommuniste »), il est édifiant de connaître les fondements de la prétendue démagogie  : « Jouant habilement de la peur des bourgeois au spectacle des atrocités de la guerre d'Espagne, dont des photos montraient les rouges, dans les ruines des églises incendiées, buvant dans les calices après avoir fusillé les curés, les rexistes puisaient également dans l'expérience du Front Populaire en France de quoi entretenir la psychose anticommuniste répandue par le démagogue. » (SoirMag, 8 juillet 2026, p. 43).

     

    Ne quittons pas le SoirMag sans épingler ce poncif de l'historiographie de la Deuxième Guerre mondiale, à savoir le génie anticipatif du général De Gaulle sur la guerre moderne : « De Gaulle sentait monter le danger, mais personne ne l'écoutait... [...] Depuis sa garnison de Metz, le colonel de Gaulle réclamait, dans le désert, une armée de mouvement, une armée mécanique”. C'est justement ce que l'Allemagne était en train de se donner. » (SoirMag, 22 juillet 2026, p. 43).

     

     

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    A gauche, le SoirMag nous présente le conventionnel De Gaulle prophétique ; à droite, la rectification de Rivarol : De Gaulle ressemble plutôt à un parfait faussaire (les deux revues ont été publiées le 22 juillet 2026).

     

     

    Il est piquant de noter que l'hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne, Rivarol, dénonce la supercherie sous la plume sans concession d'Hannibal, justement à la même date ! « Mais le plus inadmissible est la falsification de l'édition de 1944 de Vers l'armée de métier. Rappelant que l'ouvrage a été publié pour la première fois en 1934, De Gaulle rectifie discrètement certains passages afin de se faire passer pour prophète. Quelques mots bien choisis modifient profondément le rôle dévolu à l'aviation, et cette phrase est benoîtement rajoutée : Mais surtout, en frappant elle-même à vue directe et profondément, l'aviation devient par excellence l'arme dont les effets foudroyants se combinent le mieux avec les vertus de rupture et d'exploitation des grandes unités mécaniques”. Le grand art de faussaire est tout simple. » (Rivarol, 22 juillet 2026, p. 12).

     

     

    XLVe Correspondance privée du Cercle des Amis de Léon Degrelle

     

    Cercle XLV.jpeg

     

    C'est sans évoquer le cent-vingtième anniversaire du Commandeur de la Légion Wallonie que le Cercle des Amis de Léon Degrelle publie sa quarante-cinquième Correspondance privée, devenue quelque peu irrégulière depuis les persécutions qui frappent l'association et son président (ce blog au 18 octobre 2024).

     

    En exergue, le bel éditorial du Pays réel du 3 novembre 1940 saluant les premiers pas de la « Révolution nationale » mise en œuvre par le Maréchal Pétain, entreprenant le nécessaire nettoyage des écuries d'Augias de la défunte IIIe République.

     

    Tout comme nous avions utilisé l'intelligence artificielle pour réunir Léon Degrelle et Robert Brasillach (ce blog au 20 mai 2026), le Cercle a artificiellement réuni le Commandeur des Bourguignons et le vieux Maréchal. Pour rendre le cliché plus crédible, il aurait sans doute fallu un Degrelle portant les Feuilles de Chêne à sa croix de Chevalier de la Croix de Fer pour sa visite au chef de l'État français à Sigmaringen en novembre 1944.

     

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    Encore que le Maréchal Pétain n'accéda malheureusement pas à la demande d'audience du Sturmbannführer wallon envisageant de prendre le commandement d'une nouvelle division SS englobant Wallonien, Langemarck et Charlemagne. Comme il le fit savoir, « Depuis qu'il a dû quitter la France, le Maréchal s'est fixé comme règle de ne recevoir aucune visite. » La sollicitation, toute « apolitique » et personnellement désintéressée de Léon Degrelle, était pourtant empreinte du respect le plus profond :

     

    « Monsieur le Maréchal,

    De passage à Sigmaringen, je regarde avec émotion ces murs derrière lesquels vous, le grand vainqueur solitaire, vous attendez les jours de la résurrection de la France.

    Soldat, je voudrais avoir l'honneur et la joie de vous saluer un instant.

    Loin de la politique, je mène au front un dur combat. J'aurais été heureux de voir, dans son exil, le grand soldat que vous êtes resté pour tous ceux qui croient à l'honneur des armes et à la joie du devoir.

    En 1937, vous aviez eu la bonté, Monsieur le Maréchal, de m'écrire lorsque j'avais publié un livre intitulé : Révolution des Âmes.

     

     

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    Léon Degrelle se trompe en évoquant le courrier du Maréchal le félicitant pour la publication de Révolution des Âmes : ce n'est pas en 1937, mais au milieu de l'année 1938 que l'ouvrage sortit aux Éditions de France. Le Pays réel du 25 juin 1938 documente quelques réactions l'ayant accueilli : le Maréchal Pétain, le Général Mordacq, Robert Brasillach...

     

     

    C'est en me souvenant de la sympathie que vous avez bien voulu me témoigner alors, que je me permets de vous demander un bref instant d'audience.

    Ce n'est pas un journaliste qui vous fait cette demande, Monsieur le Maréchal, ni un homme politique : c'est un soldat du front qui voudrait voir le plus glorieux soldat du front de la Grande Guerre.

    J'espère, Monsieur le Maréchal, que vous voudrez bien, dans votre solitude, faire cette exception. Et je vous prie de croire au profond respect de

    Degrelle,

    Commandeur de la Division Wallonie »

    (Louis Noguères, La dernière étape, Sigmaringen, Fayard, 1956, pp. 195-196).

     

    Léon Degrelle eût également pu rappeler leur toute première rencontre à Bouillon lorsque le Maréchal vint, le 20 décembre 1918, annoncer l'octroi de la Légion d'Honneur à son père et traversa toute la cité en gardant dans la sienne la main du petit Léon (ce blog au 26 mars 2017). Si le quotidien local, L'Avenir du Luxembourg, avait délégué ses journalistes à cette occasion, il eût pu publier un cliché semblable à celui qu'a généré pour nous l'intelligence artificielle (mais également peu crédible puisqu'il associe un Léon de 1918 à un Pétain de... 1944 !).

     

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    Léon Degrelle toujours en butte aux pseudo-historiens

     

    Recensant toute l'actualité degrellienne (dont une belle réédition de Degrelle m'a dit, chez Deterna et disponible au prix de 39€ à la Boutique nationaliste), le Cercle des Amis de Léon Degrelle parcourt aussi Internet, non pour documenter les recherches et mises au point de blogs comme le nôtre, mais pour épingler les ventes de Degrelliana souvent pour des sommes extravagantes, comme cet exemplaire de Mon Combat (affiché à 500€).

     

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    Le Cercle dévoile que ce sont Jean-Robert Debbaudt et le FELD (Fonds Européen Léon Degrelle) qui furent à l'origine de cette édition privée pour les proches de Léon Degrelle à l'occasion du cinquième anniversaire de son décès et non destinée à la vente ou à quelque autre diffusion. Nous ajouterons qu'Armand Gérard rédigea l'Avant-propos et que les superbes aquarelles qui illustrent délicatement l'ouvrage (silhouette de Léon Degrelle avec son chien Dogo contemplant de son exil andalou le mirage de Bouillon, en première couverture ; le château de Bouillon où flotte l'étendard bourguignon, après la page 20 ; des Légionnaires wallons en patrouille sur le Front de l'Est, après la page 218) sont l’œuvre du merveilleux artiste que fut le Hauptscharführer René Henrotay (1921-2010 ; ce blog au 15 juin 2023).

     

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    Par contre, signalant la rare publication en espagnol d'une biographie consacrée à celui qui passa plus de la moitié de son existence dans la patrie de José Antonio, le Cercle s'abstient de tout commentaire sur Léon Degrelle, Du catholicisme politique au nazisme : l'apogée du rexisme, l'alliance avec Hitler et l'ultime échappée vers l'Espagne de Franco. L'auteur, Pablo Cuevas (à ne pas confondre avec le champion uruguayen de tennis), posséderait une maîtrise en « Histoire militaire des guerres contemporaines » et est l'auteur, notamment, d'un livre sur les combats pour la prise du port d'Anvers par les Alliés (dénonçant du coup l'utilisation par l'Allemagne des V1 et V2) et les projets d'invasion de la péninsule ibérique aussi bien par les Alliés que par les Allemands.

     

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    Il va sans dire que tous ces ouvrages sont parfaitement « corrects » au point de vue politique, la nouvelle biographie de Léon Degrelle ne faisant pas exception à la règle (et n'apportant rien à la connaissance des années d'exil : seules une cinquantaine de pages sur plus de quatre cents les résument sans rien fournir d'inédit). Il ne faut d'ailleurs pas lire le bouquin (et ne surtout pas l'acheter) pour s'en rendre compte : le Cercle renseigne également (sans la commenter) l'interview de Cuevas publiée le 9 janvier 2026 dans le quotidien El Mundo, accessible gratuitement en ligne (titre : « Les nombreuses vies de Léon Degrelle, opportuniste, voyou, imposteur et fanatiquement nazi » ; chapeau : « Le collaborateur le plus haï du Reich a vécu 49 ans en Espagne malgré sa jactance sur son action au service d'Hitler. Une biographie met en lumière ce sombre personnage).

     

    Quelques extraits significatifs de cette réécriture moralinesque de l'histoire.

     

    « À lire sa biographie, il y a des moments où Degrelle ressemble à un charmant escroc qui, au lieu de se livrer à de petites arnaques, finit en uniforme des SS à la suite de circonstances tragiques. D'autres fois, il a l'air d'un vrai nazi, d'un fanatique et d'un assassin. La réalité ? Je crois qu'il fut les deux à la fois, dit Pablo Cuevas. »

    « En réalité, Degrelle ne fut jamais journaliste. C'était un propagandiste, en tout cas un propagandiste de lui-même. [...] Et tous ses échecs, il les a vendus comme des succès, raconte son biographe. »

    « Petit à petit, il apprit à se comporter au front et, finalement, lorsque ses troupes aidèrent la Wehrmacht à sauver les meubles lors de la fuite de Stalingrad [sic !], l'ancien charlatan devint un héros du mal et un sinistre personnage. »

    « Il racontait qu'on a essayé de l'enlever à de nombreuses reprises. Quant à moi, j'en doute fort. Une fois, ses amis franquistes l'ont caché, mais ce n'était pas pour le protéger de ses ennemis mais pour qu'il ne commette pas de gaffe à un moment délicat pour le régime face à l'Europe. »

    « L'Espagne avait livré le collaborateur Pierre Laval à la France pour qu'il soit fusillé, mais la France ne fit rien pour la réhabilitation de l'Espagne en Europe. Et elle ne remercia jamais le Gouvernement de Madrid, de sorte que Franco perdit toute envie de livrer ses nazis à l'Europe et préféra attendre le moment où ces cartes auraient plus de valeur. Et c'est ainsi que Degrelle a été sauvé. »

     

    Sur la criminalisation des Volontaires du Front de l'Est, voir ce blog, entre autres, au 30 novembre 2019 ; sur Léon Degrelle journaliste, voir ce blog, par exemple, au 22 janvier 2016 ; sur Léon Degrelle, héros de Tcherkassy (et non de Stalingrad !), voir ce blog, entre autres, au 5 mars 2018; sur les tentatives criminelles contre Léon Degrelle, voir ce blog au 3 janvier 2023 ; sur la tragédie de l'extradition de Pierre Laval, voir ce blog au 16 septembre 2022.

     

     

    Léon Degrelle, héros de bande dessinée

     

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    Il n'y a pas de raisons pour que les calembredaines racontées par tous les nouveaux pseudo-historiens ne soient pas rendues accessibles aux analphabètes que rebute la lecture d'un livre de plus d'une page : la bande dessinée se devait donc de s'y mettre aussi.

     

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    Alors, pour célébrer le 120e anniversaire de Léon Degrelle tout en flétrissant sa mémoire, Patrick Weber, le « chroniqueur royal » de RTL, passé entretemps à la RTBF, a pondu un scénario pour le dessin (assez « ligne claire ») de Baudouin Deville, où toutes les fantasmagories sur les anciens nazis, les néo-nazis, les méchants-par-principe seront apparemment permises.

     

    L'héroïne (on est en 2026, que diable : vive Tintine !) est chargée d' « amadouer Léon Degrelle » pour déjouer « un projet d'action spectaculaire visant la Belgique, alors que le pays s'apprête à accueillir le siège de l'OTAN ». Ceux qui fomentent pareille infamie sont « les réseaux belges liés à Léon Degrelle, figure majeure de la collaboration réfugiée sous la protection du régime franquiste. » D'anciens rexistes donc, qui « entretiennent toujours des contacts actifs avec certains milieux politiques européens »...

     

    Nous ne connaissons évidemment rien de plus de l'histoire, mais on se doute bien qu'après l'évocation biographique que nous avons reprise du site de l'éditeur, les auteurs ne vont pas tresser des lauriers à celui qui « accordait des entretiens à des journalistes, au cours desquels il défendait des thèses révisionnistes, notamment sur l'ampleur de l'Holocauste... »

     

     

     

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    Les auteurs de la nouvelle BD mettant en scène Léon Degrelle en sa Carlina, la magnifique propriété qu'il se fit construire à Constantina (ce blog aux 27 octobre 2018 et 23 octobre 2022), n'ont pas fait preuve de beaucoup de professionnalisme dans leur recherche de documentation (sans doute ne connaissent-ils malheureusement pas notre blog infréquentable).

     

    Leur héroïne est en effet accueillie par les gardes du corps du terrible chef occulte des méchants néo-nazis... à l'entrée de l'actuel cloître des Sœurs Hiéronymites du Couvent Notre-Dame des Anges (ce blog, entre autres, aux 28 mai 2016 et 30 septembre 2025) !

     

    Le bâtiment au toit en pente, à la droite des cyprès, est la chapelle du nouveau monastère, construite en 2007 par l'architecte mexicain Luis Pérez-Tennessa de Block et consacrée le 17 avril 2009 par le Cardinal Carlos Amigo Vallejo (1934-2022), archevêque de Séville. Le dessinateur s'est visiblement inspiré de la page conseillant la visite de l'endroit sur le site de promotion du Tourisme de la province de Séville, reproduisant tous les détails de la photo d'une entrée qui n'existait pas au temps de la Carlina degrellienne.

     

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    Phénomène à la mode aujourd'hui pour éviter les risques liés aux emprunts bancaires, la mise en place d'un crowdfunding. Pareil « financement participatif » a été choisi afin « de payer à leur juste valeur le travail des auteurs » qui a été estimé à environ 25.000 euros (plus 10.000 euros pour les frais d'impression, sans compter les actions de promotion de l'album). Au moment où nous écrivons ces lignes, la tirelire a déjà collecté plus de 30.000 euros auprès de plusieurs centaines de contributeurs (dont notre petit doigt nous affirme qu'il ne s'agit pas tous d'opposants à Léon Degrelle, loin de là !).

     

    Quant au principal concerné, que penserait-il de ses nouvelles aventures romanesques ? S'offusquerait-il de pareilles affabulations ? Nous pensons bien que non et même qu'il s'en amuserait plutôt !

     

     

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    En 1988 parut en effet un Front de l'Est, dessiné par Werner (Fabrice Van Wauwenbergh), qui se veut d'un réalisme plus proche de Jijé (Jerry Spring) ou Jean Giraud (Blueberry), et scénarisé par notre camarade Serge Algoet (par ailleurs courageux candidat Vlaams Belang à Bruxelles). Ce n'était certes pas une hagiographie de Léon Degrelle et des Volontaires du Front de l'Est (il raconte les aventures de Jean/Jan Dartois, un engagé –imaginaire– du 8 août 1941), mais les auteurs s'efforçaient de « maintenir l'église au milieu du village », comme on dit, renvoyant dos à dos les criminels de guerre des deux camps.

     

    Front Est 2.jpegLeur seul tort (mais eurent-ils le choix, le préfacier étant rédac'chef de l'hebdomadaire BD Spirou ?) fut tout de même de laisser un grossier personnage étaler ses contre-sens historiques et sa vulgarité crasse dans une intro outrageante : « Ce hâbleur dépassé par les événements est devenu, après ses authentiques prouesses de guerre, un bouffon dérisoire dont les interviews brumeuses masquent le combat de milliers de jeunes idéalistes ayant choisi, pour leur part, de combattre à l'Est plutôt que de rester les bras croisés dans un pays vaincu. »

     

     

    Léon Degrelle ne ramassa pas l'insulte imbécile mais s'amusa plutôt à découvrir ces « petits Mickeys », dédicaçant volontiers notre exemplaire avec l'humour dont il ne se départait jamais (la date du dépôt légal indique 1988, mais c'est bien le 3 décembre 1987 que cet album fut signé, proposé auparavant en avant-première au Dernier Carré, l'association de soutien aux Anciens Bourguignons et leur famille)...

     

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  • Alain Delon (1935-2024)

     

    Disparition d'un ami de Léon Degrelle

     

    A 88 ans, Alain Delon vient de nous quitter, à peine plus âgé que son ami Léon Degrelle.

     

    Zorro Affiche.jpgC'est en 1974, lors du tournage en Espagne du film Zorro, réalisé par Duccio Tessari que les deux hommes se rencontrèrent pour la première fois. Tessari est un réalisateur italien qui quitta le genre Péplum pour le Western. Zorro est probablement le film qui, grâce à Alain Delon, permettra à son nom de laisser une trace dans l'histoire du cinéma.

     

    Le directeur d'une entreprise de robots de cuisine, en relation d'affaires avec le dernier Commandeur de la Légion Wallonie, l'invita à assister à une séance de tournage du film à Colmenar Viejo, non loin de Madrid, ouvrant sur la Sierra de Guadarrama dont les paysages sauvages ont fourni le décor de tous les western-spaghetti.

     

    La rencontre entre les deux hommes orchestrée par ce riche industriel basque (ce blog au 23 octobre 2022) suscita dans l'instant une amitié qui ne demanda qu'à s'approfondir. Et ce qui ne devait être qu'une visite anecdotique se prolongea durant trois jours entiers où Léon Degrelle devint l'inséparable compagnon d'Alain Delon. C'était comme si, retrouvant la fougue de son adolescence, le pugnace exilé redevenait Tintin face à celui qui incarnait Zorro, le nouveau héros proposé à la jeunesse européenne !

     

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    L'acteur –admirateur déclaré du Général De Gaulle– fut alors l'hôte du Général Degrelle dans son appartement de la rue García Morato où il eut tout loisir de connaître les savoureuses péripéties de sa vie politique d'avant-guerre, ses exploits au Front de l'Est, lui gagnant les plus hautes distinctions militaires en même temps que l'affection particulière du Führer. Sans oublier, bien évidemment, les multiples alarmes de sa vie d'exilé, dont une tentative d'enlèvement suscitée en août 1964 par le Général De Gaulle lui-même ! (ce blog au 3 janvier 2023).

     

    Fusilier marin dont les actions pendant la guerre d'Indochine ne brillèrent pas d'un éclat particulièrement héroïque (il aurait été renvoyé de l'armée pour avoir « emprunté » une jeep qu'il accidenta), Alain Delon ne fut néanmoins pas qu'un Zorro de cinéma. Il aurait ainsi décidé d'aider très concrètement son ami menacé et persécuté en permanence depuis son arrivée en Espagne. Selon des proches de Léon Degrelle, c'est l'artiste qui lui aurait obtenu (grâce à ses relations avec les services de police de Marseille ?) un faux vrai passeport français. Jeanne Brevet, la compagne de Léon Degrelle, aurait été le chercher personnellement chez l'acteur, à Paris, en décembre 1976. Rentrant en Espagne par la côte catalane de la Méditerranée, elle retrouva son futur époux à Portbou où le passeport reçut son premier tampon officiel des services policiers de la Dirección General de Seguridad. Et le dernier car, citoyen espagnol par adoption officialisée en 1955 (ce blog au 3 janvier 2023), Léon Degrelle ne quitta jamais l'Espagne et ne se servit jamais de ce document (qu'il ne signa d'ailleurs pas).

     

     

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    Le faux passeport de Léon Degrelle est libellé au nom de « Martin de Gonrieux ». Martin est le nom du plus lointain ancêtre connu de Léon Degrelle, habitant à Gonrieux, petit village belge tout proche de la frontière française (ce blog au 15 juin 2023). Si le lieu de naissance (Tourcoing) est fantaisiste, la date de naissance (15 juin 1906) est correcte. Quant à l'adresse, serait-elle un pied de nez aux barbouzes du chef de l’État français qui avaient tenté de l'enlever dix ans plus tôt ? A Marseille, la rue de Paradis relie en effet la place du Général De Gaulle à l'avenue du Prado : la rue menant au Paradis part ainsi de chez Charles De Gaulle qui ne lui veut pas que du bien, pour rejoindre le Prado, abritant les plus beaux chefs-d'œuvre des peintres européens à Madrid où réside désormais Léon Degrelle. Ne pourrait-on voir aussi dans le numéro du domicile, 45bis, la liberté d'imaginer que l'issue du conflit 1939-1945 eût pu être différente ?... (Ce passeport se trouve actuellement dans les collections du Cercle du Collectionneur).

     

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    Ceux qui rejettent cette thèse ne manquent pas d'avancer qu'en ce temps-là justement, en 1975-1976, Alain Delon était non seulement l'acteur principal, mais également le producteur du fameux film de Joseph Losey, Monsieur Klein.

     

    « César du meilleur film, du meilleur réalisateur et des meilleurs décors en 1977, Monsieur Klein dresse le portrait kafkaïen de la condition juive durant l'Occupation » (site de La Cinémathèque française). Ce film illustrant les rafles de juifs dans la France de Vichy, réalisé dans la foulée même de Zorro, devrait donc suffire, selon eux, à souligner l'invraisemblance de faire endosser à l'acteur qui imposa ce projet contre vents et marées, la responsabilité d'un faux passeport à l'intention du futur auteur de la Lettre au Pape à propos d'Auschwitz...

     

    Pour le reste, il ne nous est en effet pas possible de documenter les éventuelles relations entre Léon Degrelle, l'hitlérien, et le gaulliste Alain Delon qui ont certainement dû se relâcher. Un marchand propose cependant depuis quelques mois sur la plus célèbre plate-forme de ventes entre particuliers, une lettre manuscrite de Léon Degrelle à son « Bien cher Alain ». Elle est datée du 11 juillet 1986 et constitue manifestement une reprise de contact, rappelant des souvenirs tout personnels, à en croire les mots qu'on peut deviner sous l'enveloppe cachant le texte : « Les années passent [...] mais aussi le bonheur de [...] intérieur, à nous seuls... » Et, pour conclure le bref courrier, « A bientôt, j'espère ! Je vous redis toute mon affection. »

     

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    Cette lettre dont l'enveloppe ne comporte que le nom du destinataire sans l'adresse, fut très certainement confiée à un intermédiaire, sans doute cet archiviste parisien, visiteur bien connu de l'exilé madrilène, et qui participa à l'édition du double album 33T Léon Degrelle, de “Rex” au Front de l'Est, édité par la Serp de Jean-Marie Le Pen (ce blog au 3 mai 2021). Le courrier ne fut pas transmis et n'est donc jamais parvenu à son correspondant puisqu'on le retrouve ici. Ce qui explique aussi que la relation entre les deux amis tourna forcément court.

     

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    On ne peut que le regretter. Mais l'important est de constater qu'au-delà de tout préjugé, ces deux hommes que tout eût pu séparer se sont rencontrés et se sont appréciés, simplement parce qu'ils furent de bonne foi et de bonne volonté.

     

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    Léon Degrelle, Tintin mon copain, p. 217.

     

  • Les mémoires « effilochés » d’Anne Degrelle-Lemay

     

    IV. Des bribes et des morceaux…

     

    1 Anne + Léon Madrid 2.jpg

    Comme elle le précise dans ses mémoires, Anne Degrelle-Lemay n’écoute son père qu’avec un esprit « plus critique que favorable » (p. 128)…

     

    2 Anne Degrelle Couverture.jpgQuand nous avons appris la nouvelle de la publication du petit livre d’Anne Degrelle-Lemay, Degrelle, L’homme qui changea mon destin (ce blog au 29 juin 2022), nous avons réellement cru que nous aurions enfin accès à l’histoire véritable des années d’exil du plus célèbre condamné à mort de Belgique (27 décembre 1944). De celui qui, déchu de la nationalité belge en 1944, vit, par deux fois de son exil heureusement inaccessible à la persécution des « épurateurs » belges, les délais légaux de prescription prolongés expressément pour son seul cas (Lex Degrelliana de 1964, renouvelée en 1974), fut déclaré « étranger indésirable » (1974) et « interdit de séjour » (1984). Et alors que le mausolée de Mussolini ne dérange personne à Predappio, les cendres de Léon Degrelle, dans la foulée de son décès (31 mars 1994) furent immédiatement frappées –fait unique dans l’histoire de la Belgique– d’interdiction d’accès au territoire belge par un arrêté royal spécial pris en urgence par Albert II (18 avril 1994) : en effet, pour les éternels haineux, « la présence sur le territoire belge des restes mortels de Léon Degrelle est incontestablement de nature à provoques des troubles à l’ordre public » (Moniteur belge du 23 avril 1994) !!!

     

    3 Moniteur 18 avril 1994 Cendres LD.jpeg

     

    Cette multiplication des artifices juridiques pour persécuter Léon Degrelle n’est cependant rien face à l’acharnement des autorités politiques et judiciaires belges pour obtenir son extradition –c’est-à-dire l’exécution de sa condamnation à mort– et, accessoirement, pour empoisonner son existence en exil.

     

    Mais des conditions de vie de son père, malheureusement, Anne Degrelle ne souffle pratiquement pas mot. Sauf, nous l’avons vu (ce blog au 23 octobre 2020), pour rendre inutilement suspecte l’origine des fonds nécessaires à son train de vie et à la construction de la Carlina. Elle ne peut pourtant pas avoir ignoré toutes les entreprises de son père pour gagner sa vie. C’est ainsi qu’après avoir été obligé de quitter son domaine de Constantina, il constitua, au fil des ans, diverses sociétés commerciales plus ou moins éphémères et rentables, dont, par exemple, Madrid Europa SA, s’occupant de matériel agricole et industriel ainsi que d’édition. Les statuts en furent déposés en 1963 devant le notaire Blas Piñar, de Madrid, Le directeur de l’entreprise portait désormais le nom de Léon José de Ramírez Reina alors que, parmi les trois actionnaires, se trouvait le beau-frère d’Anne, Antonio de la Rosa, le mari de sa sœur Godelieve…

     

    C’est qu’Anne n’a pas l’air non plus d’être plus précisément au courant d’autres événements capitaux de la vie d’exilé de son père. Concernant, par exemple, les circonstances de son adoption devant mener à l’obtention de la nationalité espagnole dont elle semble mettre en doute la version pourtant avérée donnée par le principal intéressé.

     

    « Dans sa chère Andalousie, tout le monde le regardait comme un monsieur étrange qui parlait un espagnol des plus bizarres, qui était très beau, amusant et familier. A cette époque, il était “Don Juan Sanchís de La Carlina”. Lorsque je suis arrivée en 1958, il disposait déjà de ses papiers officiels espagnols. Je ne suis jamais vraiment parvenue à savoir comment il avait obtenu le nom de famille Ramírez Reina figurant sur sa carte d’identité espagnole. D’après ce qu’il m’a raconté, une dame de Constantina l’avait adopté, lui donnant ainsi son nom. » (p. 130)

     

    4 CI Leon Jose de Ramirez Reina 1-vert.jpg

    De validité limitée, les cartes d’identité espagnoles devaient être remplacées tous les cinq ans : voici celle, obtenue en 1971, de Léon Degrelle, devenu León José de Ramírez Reina. (Documentation © Jacques de Schutter).

    6 Juan Ramirez Filosia2.jpgL’alcalde de Constantina, le Dr Juan Ramírez Filosía, de par ses liens familiaux avec Matilde Ramírez Reina qui adopta Léon Degrelle, deviendra un cousin par alliance du Commandeur de la Légion Wallonie !

     

    À nouveau, du mystère et des soupçons où il n’y en a pas. On a d’ailleurs peine à croire qu’Anne qui a vécu cinq ans à Constantina n’ait jamais, sinon rencontré, du moins entendu parler de Matilde Ramírez Reina, veuve de 72 ans, habitant 13 calle Pozuelo, et qui tint longtemps commerce dans la petite ville. Elle était de la famille de l’alcalde (bourgmestre), le docteur Juan Ramírez Filosía, responsable provincial du Movimiento et ami proche de Léon Degrelle : c’est d’ailleurs dans sa maison que fut dressée la chapelle ardente où fut veillé toute la nuit du 22 au 23 février 1958, jour des funérailles, le corps de Léon-Marie Degrelle (ce blog au 26 février 2016). Matilde Ramírez Reina était également la tante de l’ancien propriétaire de la Carlina, Manuel Amaya. Ce sont ces deux proches, Juan Ramírez Filosía et Manuel Amaya, qui seront les témoins de son acte d’adoption, le 24 décembre 1954. Tous les détails sont dans Degrelle en el exilio (de José Luis Jerez Riesco, aux éditions Wandervögel, 2000, p. 228). Blas Piñar, président du parti nationaliste Fuerza Nueva, explique dans ses mémoires que c’est lui qui, en tant que notaire, assura la légalité de l’acte d’adoption, le 17 septembre 1955 (La pura Verdad, Fuerza Nueva, 2002, p. 307).

     

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