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  • Le « Père Jambon », chevalier de la Légion d'honneur

     

     

    À propos d'Édouard, le Papa de Léon Degrelle

     

    En consultant nos archives rivaroliennes pour le 75e anniversaire de l'hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne (ce blog au 30 janvier 2026), nous avons retrouvé le tout premier courrier que nous lui avons adressé : c'était en février 2010 ! À cette époque, Rivarol publiait une rubrique « La cuisine de notre Europe » tenue par Franck Nicolle, auteur d'ouvrages consacrés aux cuisines régionales et – surtout !– chef d'un fameux petit restaurant vosgien remarqué et recommandé par tous les guides gastronomiques.

     

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    Nous réagissions à la chronique du 29 janvier 2010 « Un gai luron des Flandres, s'en va en Wallonie », truffée de références degrelliennes, issues notamment du livre sans doute le plus difficile à trouver de Léon Degrelle, Tintin mon copain, comme en témoigne le portrait tintinesque du jeune Léon extrait des dessins de la quatrième page de couverture, ainsi que l’évocation de Christian Simenon (le « frère de », Volontaire du Front de l’Est engagé à la Légion Étrangère et tombé en Indochine) évoqué en fin d'article et qui fait l'objet du trente-cinquième chapitre de l'ouvrage posthume du Commandeur de la Légion Wallonie.

     

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    Nous souhaitions en fait corriger et préciser les quelques détails donnés à propos d'Édouard, le Papa de Léon Degrelle que Rivarol résumera dans le courrier des lecteurs (le fameux « Droit aux lettres »), le 12 mars sous le titre « Précisions sur le père de Léon Degrelle ».

     

    Ainsi Franck Nicolle racontait-il l'origine de la présence d'Édouard Degrelle en Belgique : « son père était brasseur en France avant de s'expatrier en Belgique en 1901, fuyant la répression anticatholique ».

     

    S’il est vrai qu’Édouard Degrelle, né en 1872 à Solre-le-Château (France, ce blog au 24 janvier 2023), fut brasseur, il n’exerça son métier qu’à Bouillon et ce, bien avant 1901. Et si les lois anticléricales françaises obligèrent effectivement les communautés religieuses enseignantes à s’expatrier, elles n'eurent aucun effet sur la vie des Degrelle qui se partagent depuis (presque) toujours entre les deux pays. Même les trois frères jésuites d’Édouard (Henri, Louis et Célestin, ordonnés prêtre respectivement en 1888, 1890 et 1899) n'exercèrent leur sacerdoce qu'en Belgique, Édouard lui-même effectuant ses études (comme d'ailleurs plus tard, son fils Léon) au Collège jésuite Notre-Dame de la Paix de Namur, puis à l’Université Catholique de Louvain où il obtint son diplôme d’ingénieur agronome et brasseur en 1894.

     

     

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    Quand les Degrelle vont de France en Belgique, on ne peut vraiment parler d'expatriation, car la nombreuse famille dont Chantal Degrelle (ce blog au 2 septembre 2023) dressa l'arbre généalogique à partir du Livre de Raison hérité de son Papa (ce blog au 24 janvier 2023) se partagea dans une zone géographique située de part et d'autre de l'actuelle frontière séparant la France de la Belgique (le nom des bourgades où s'établirent les Degrelle est écrit à l'encre rouge ; documentation © Jacques de Schutter). Pour Léon Degrelle, « l'Ardenne est coupée par la frontière belgo-française, ligne arbitraire, souvent modifiée, région pleine de simplicité et de noblesse. » (Mon Combat, s.l., s.d., p. 20).

     

     

    C’est alors qu’il effectuait un stage de régisseur au château de Leignon qu’il tomba amoureux de Marie-Catherine Boever qu’il épousa le 23 juin 1895.

     

    Un an plus tard, le couple s’installait à Bouillon où Édouard avait racheté l’une des trois brasseries actives dans la cité ardennaise. Il demanda immédiatement la nationalité belge : c'est un arrêté royal du 14 octobre 1899 qui lui accorda la grande naturalisation (publication au Moniteur belge, le 1er novembre 1899).

     

    Pourquoi Bouillon ? « Car la jeune madame Degrelle [originaire de La Roche, à une bonne soixantaine de kilomètres] souhaite ne pas trop s’éloigner de sa famille et plus rien n’attire le jeune brasseur en France ». (Jean-Marie Frérotte, Léon Degrelle, le dernier fasciste, p. 9). Ajoutons que le bourgmestre de la petite ville ardennaise, le notaire François Marquet (1862-1936), était un cousin de la mère de son épouse.

     

    Brasseur à Bouillon, Édouard ne produisit cependant jamais –malgré l'affirmation de Franck Nicolle– de gueuze, dont l’élaboration est réservée à la vallée de la Senne bruxelloise dont l’air est, paraît-il, le seul à bénéficier des indispensables ferments Brettanomyces bruxellensis...

     

     

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    C'est le 17 juin 1896 qu'Édouard Degrelle acquit la Brasserie Rogissart, la plus ancienne des trois que comptait Bouillon. Il en conserva le personnel, dont le vieux maître-brasseur de 75 ans, Jules Willaume, qui signera en tant que témoin le registre de la naissance de Léon Degrelle (ce blog au 15 juin 2023).

     

    L'en-tête de ses factures montre qu'Édouard Degrelle ne brassait pas seulement les bières, mais faisait également commerce d'alcool. Malgré que le Comte de Flandre, le prince Philippe, frère cadet de Léopold II et père du futur Albert Ier, fût décédé depuis le 17 novembre 1905, la brasserie d'Édouard Degrelle continua d'utiliser la qualité de fournisseur breveté de sa maison (le titre de comte de Flandre sera attribué une dernière fois, en 1910, à Charles, frère du futur Léopold III et lui-même futur régent du Royaume, ce blog aux 15 août 2021 et 22 mai 2023).

     

    On sera peut-être surpris de voir cette facture de boissons alcoolisées adressée aux Sœurs Visitandines du couvent des Abys, à Paliseul : elles se fournissaient d'une bière légère, à faible degré d'alcool et riche en nutriments.

     

    Soeur Marie Degrelle.jpgAyant préféré quitter l'Allemagne suite au Kulturkampf de Bismarck entendant soumettre le clergé à l'État, des religieuses de l'Ordre de la Visitation de Sainte Marie ouvrirent, en 1874, un pensionnat au château des Abys près de Paliseul, non loin de Bouillon : Marie, Jeanne et Madeleine, les sœurs aînées de Léon Degrelle y firent leurs classes secondaires. Mais Marie poursuivit ses études à la maison-mère de Coblence, ce qui décida probablement de sa vocation : elle rejoindra le monastère des Abys le 7 décembre 1921 et prononcera ses vœux définitifs le 28 décembre 1925 (ce blog au 15 juin 2021).

     

     

    Sans doute n'est-il pas inutile de rappeler qui fut vraiment Édouard, le Papa de Léon Degrelle. Élu dès 1904 conseiller communal de Bouillon, il fut également conseiller provincial du Luxembourg, puis, en 1921, député permanent, poste qu’il garda jusqu’à la guerre lui permettant d'exercer occasionnellement la fonction de gouverneur de la province de Luxembourg. Il sera également élu député du Parti catholique jusqu’en 1936, année où il siégea désormais en tant que député rexiste.

     

     

    Av.Lux. 1904.06.11 a.png   Av.Lux. 1904.06.11 b.png

    Le 11 juin 1904, le quotidien catholique L'Avenir du Luxembourg –fondé par le père de son épouse, le Dr Jules Boever (1857-1916)– rend naturellement compte des manifestations saluant l'éclatante victoire d'Édouard Degrelle aux élections provinciales du 5 juin 1904.

     

     

    Ajoutons également que suite à ses activités patriotiques au cours de la Grande Guerre, Édouard Degrelle se vit octroyer la Légion d’honneur en 1925 : dès après l’armistice cependant, le 20 décembre 1918, le maréchal Pétain vint en personne à Bouillon lui annoncer cette nouvelle, rencontrant ainsi pour la première fois le petit Léon âgé de douze ans, dont il tint la main dans la sienne durant toute sa triomphale traversée pédestre de Bouillon (ce blog au 30 avril 2016).

     

    C’est dire qu’Édouard Degrelle fut un personnage important de la vie politique de Bouillon.

     

     

     

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    L'Avenir du Luxembourg détaille, dans ses éditions du 21 mars 1925, les motifs qui firent d'Édouard Degrelle un chevalier de la Légion d'honneur. Les services exceptionnels rendus par le « Père Jambon » furent tellement décisifs pour la victoire de Verdun que le maréchal Pétain vint annoncer en personne cet honneur au récipiendaire et, en hommage spectaculaire à la petite bourgade qu'habitait le tranquille héros, confia à Bouillon deux canons pris à l'ennemi. Ces pièces d'artillerie allemandes offertes par le vainqueur de Verdun furent longtemps exposées dans la cour d'honneur de la forteresse de Godefroid de Bouillon (ce blog au 30 avril 2016).

     

    Bouillon Canons Pétain.jpeg

     

     

    Aussi, le plus dérangeant dans l'article du gastronome rivarolien sur le père de Léon Degrelle est certainement la reprise inconsidérée du commérage d’un « résistant ». Il s'agit d'un certain Albert Millard, s'épanchant dans Le Soir du 28 février 2009, à l'occasion de la présentation du film Léon Degrelle ou la Führer de vivre, diffusé le 5 mars suivant en « prime time » par la télévision belge (ce blog, entre autres, au 2 septembre 2023), puis, dans une version sensiblement différente par FR3, deux ans plus tard, le 5 septembre 2011 à minuit (si tard, probablement pour en réduire encore l'impact).

     

    La gazette bruxelloise présentait ce vieux Bouillonnais comme un témoin de la vie de la cité ardennaise d'avant-guerre d'autant plus crédible qu'il aurait été l'innocente victime d'un Léon Degrelle ivre de vengeance après l'assassinat de son frère, alors que lui-même ne serait que bienveillance et réconciliation, Le Soir saluant ainsi son exemplaire « absence de rancœur » : « Albert Millard, qui a pourtant fait partie en 1944 des otages dont la mort fut exigée en vain par Léon Degrelle, préfère l’anecdote à l’anathème. [...] Albert Millard ne connaît pas la haine. Faut regarder vers le futur » (p. 13).

     

    Et pourtant le ragot de ce bonimenteur trop gentil pour être désintéressé vaut son pesant de règlement de comptes, trop complaisamment cité in extenso : « Le père Degrelle, on l'appelait le Père d'Jambon. En échange d’un service, quelqu’un [...] avait fait croire [à Édouard Degrelle] qu’il allait recevoir un jambon via le tram. Et chaque jour, il montait tout là-haut pour aller chercher son jambon qui n’est bien sûr jamais arrivé. On s’amusait beaucoup en le voyant passer » (Le Soir, 28/02/2009, p. 13 ; Rivarol, 29/01/2010, p. 13). Cette fabulation revient à prétendre qu’Édouard Degrelle n’était qu’un cupide imbécile avec les pieds duquel il était facile et amusant de jouer.

     

    P.Jambon Meuse 1994.04.02.jpegLe don d'un jambon en rétribution d'un service rendu par le député est néanmoins avéré –et salué– par d'autres témoins. C'est ainsi qu'à l'occasion de la disparition du plus célèbre Bouillonnais (avec Godefroid, le chef de le première Croisade), le quotidien liégeois La Meuse envoya son reporter quêter quelque information négative dans sa ville natale. Mais c'est à peine si les souvenirs récoltés exprimèrent l'antipathie sollicitée : « Les anciens se rappellent davantage du [sic] père, député. On l'appelait le père Jambon. Pour les services rendus, il demandait toujours un jambon. Pas un mauvais bougre, le père Degrelle. » (La Meuse, 2 avril 1994, p. 10).

     

    De même l'historien régional Arthur Mousty, par ailleurs ancien Chasseur Ardennais et résistant : « [Le père de Léon Degrelle] occupait diverses fonctions au gouvernement provincial. Les requêtes présentées à ce parlementaire influent recevaient généralement un favorable aboutissement. L'offrande discrète d'un gros jambon témoignait de la reconnaissance du solliciteur. C'était connu et admis. Le geste était d'autant mieux apprécié que la famille comptait 8 enfants. » (« Une dernière page sur Léon Degrelle », in Feuillet d'informations du Cercle d'histoire et de folklore « Terres d'Herbeumont à Orchimont » n° 56, Printemps-Été 2004. Précisons que la famille Degrelle comptait en réalité sept enfants, le second (et premier fils), Édouard –7 mars 1901-12 novembre 1902–, ayant été emporté par une méningite à l'âge de vingt mois : ce blog au 15 juin 2020).

     

     

    Bouillon Tram Tunnel.jpeg

    Dès son arrivée à Bouillon, Édouard Degrelle s'impliqua dans la vie économique, politique et sociale locale, et plus particulièrement dans la Société nationale des chemins de fer vicinaux, s'efforçant de désenclaver le petit bourg, notamment par l'ouverture, en 1910, d'une ligne la reliant, au sud, à la plus proche ville (française), Sedan. Pour ce faire, il fallut creuser un tunnel de 90 mètres sous le château-fort pour relier Bouillon à Corbion. Édouard Degrelle travailla également à l'ouverture d'une ligne vers l'ouest reliant Corbion à Pussemange (sur la frontière), Gespunsart et Nouzonville (en France), qui fut ouverte en 1925. La menterie sur l'origine du surnom d'Édouard élaborée par le trop prévenant Millard voulait-elle brocarder à la fois son amour du bon jambon et son dévouement pour le développement du tram vicinal ?...

     

     

    Est-ce pour cette habitude bien connue de récompenser d'un jambon les services rendus qu'un autre historien de Bouillon, Jean-Marie Frérotte, soulignait, dans sa biographie de 1987, l'importance des réserves de jambon chez les Degrelle ? « Le jambon ! Chez Degrelle, on dépassait parfois la vingtaine de jambons en réserve. On le consommait très sec et le temps ne faisait que l’améliorer. Un jour, la ficelle d’attache de l’un d’eux ayant rendu l’âme au crochet du plafond, madame Degrelle s’en tira avec une épaule cassée... » (Frérotte, p. 14).

     

    Mais les Degrelle élevaient eux-mêmes leurs animaux de ferme et la préparation des cochonnailles et des fameux jambons donnait lieu à des réjouissances dont la crudité ne serait sans doute plus de mise aujourd'hui !

     

    « Mais le cochon était le roi, le roi auguste

    Dont chaque grognement était vrai, noble, juste.

    Pendant des mois, on l’avait engraissé de son

    Gluant et des déchets de toute la maison.

    Il sentait bon le chaud, le purin vert des flaques.

    On lui donnait sur le fessard de larges claques,

    En vieil ami, et un peu aussi pour savoir

    Jusqu’où pouvait monter nos calculs, nos espoirs !

    Il agitait son nez tout mouillé de mangeaille,

    Bougonnait, regardait d’un œil chassieux, canaille.

    On l’aimait bien, pour le présent, pour le futur

    Surtout, où ses jambons pendraient, fumés et durs !

    Décembre le voyait conduit, apoplectique,

    À dix pas : les derniers avant l'assaut fatal.

    On s'abattait à cinq ou six sur l'animal.

    Il hurlait. Le sang chaud jaillissait, magnifique,

    Qui revivrait tantôt dans les boudins luisants.

    Le cochon s'agitait. On appelait à l'aide.

    Il fallait s'étendre sur lui, énorme et raide.

    Nous courions, affolés et ravis, entassant

    La paille qui purifierait son poil rebelle.

    Puis on sortait, des flancs mouillés, ouverts, béants,

    Des tripes qui glissaient, des organes fumants,

    De la graisse aux festons pareils à des dentelles.

    Les grandes émotions, demain, pourraient venir :

    Tout était prêt pour, puissamment, les accueillir ! »

    (La Chanson ardennaise, à la Feuille de Chêne, 1951, p. 190).

     

     

     

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    Les rails du tram vicinal venant de Paliseul dominaient Bouillon, avant d'arriver à la gare, rue de la Station, en léger surplomb de la rue du Collège où se trouvait la brasserie Degrelle. On voudrait aujourd'hui nous faire croire qu'Édouard Degrelle aurait gagné son surnom de Père Jambon par sa crédule niaiserie l'obligeant à gravir quotidiennement ces quelques mètres pour un jambon fantôme promis par un solliciteur indélicat. Comme si un débiteur de l'influent député catholique se fût permis pareil affront. Seul un antidegrellien à la rancune retorse a pu –longtemps après que la soi-disant Épuration eut anéanti le vieil homme pour cause de paternité– imaginer cette mauvaise fable sans moralité.

     

     

    On ne peut que constater que le si bienveillant témoin du Soir est bien seul à dévaluer l'aide concrète fournie par le député à ses concitoyens en ridiculisant son surnom. Car « Père Jambon » n'est a priori aucunement péjoratif, sauf à y ajouter un commentaire sournoisement négatif (s'il s'était agi d'éreinter le penchant d'Édouard pour le bon jambon, la rosserie populaire n'avait que l'embarras du choix : « grippe-jambon », « tire-jambon », « jambonnard », « jambonneux », etc.).

     

    Jean-Marie Frérotte déjà cité commence d'ailleurs sa biographie de Léon Degrelle en rappelant cette innocente coutume patronymique (consistant souvent aussi à préciser simplement le prénom par l'article défini : ce blog au 25 décembre 2016) : « C’est une habitude ancestrale, dans le Luxembourg et particulièrement en Ardenne Bouillonnaise, d’attribuer à chacun , parfois de lui infliger, un surnom ou un sobriquet qu’il gardera toute la vie. C’est souvent un reflet de la malice publique, et cela correspond à l’une ou l’autre des particularités du porteur. » (p. 7).

     

    Et Léon Degrelle lui-même avait plaisir à expliquer l'origine du surnom paternel, comme le détailla notre courrier à Rivarol, en réponse à l'article de Franck Nicolle : « Léon Degrelle, au détour d’une conversation, nous confia que son père était parfois appelé affectueusement Père Jambon. Son père, député permanent, était fréquemment sollicité par ses concitoyens pour de multiples services. Un jour qu’un brave homme sans fortune lui demandait comment il pourrait le remercier, il lui répondit: Tu n’as qu’à me donner un jambon à l’occasion. Sans doute l’histoire s’est-elle vite répandue que le député se contentait pour les services qu’il pouvait rendre d’un simple jambon fumé dont Bouillon s’est fait une spécialité, car depuis lors, nombreux furent ceux qui, le sollicitant, venaient chez lui automatiquement avec un jambon. D’où le surnom de Père Jambon ».

     

    Ce souvenir personnel n'est attesté par aucun document ni enregistrement, mais vaudra certainement, pour tout honnête homme raisonnable, cultivé, averti, autant sinon davantage que le racontar dudit Millard (de carabistouilles) !...

     

     

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    « Rien n'empêche un brasseur d'aimer le vin : la cave dorlotait en permanence six à sept mille bouteilles d'un vin qui adorait vieillir. Chaque année [...], se décidaient les acquisitions de bourgogne. » (Frérotte, p. 14). Papa Degrelle –Père Jambon– sert son vieux bourgogne à la tablée familiale qu'en cette fête mariale du 15 août, ses enfants ont rejointe pour célébrer leur Maman. Autour de la table, nous croyons reconnaître (de g. à dr.) Marie-Paule Lemay, l'épouse de Léon Degrelle qui tient près de lui les deux charmantes petites filles de sa sœur Louise-Marie (dont Ghislaine, qui permit à son jeune cousin Léon-Marie de retrouver son Papa en 1958 : ce blog au 5 novembre 2022) ; ses sœurs Madeleine (ce blog au 20 mars 2020) et Suzanne ; son frère Édouard et Ghislaine Marchand, son épouse ; Charles Raty (ce blog au 13 mars 2023) et sa femme Jeanne, sœur aînée de Léon.

     

    Gageons que figurait au menu le goûteux jambon de Bouillon, délicatement séché dans le fumoir aux senteurs des forêts ardennaises.

     

     

     

  • Rivarol pour 1000 ans !

     

    L'hebdomadaire de l'opposition nationale et

    européenne fête son 75e anniversaire !

     

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    Exemple unique de longévité pour un organe de presse nationaliste, Rivarol a traversé 75 ans de combats incessants contre le mensonge protégé par des lois mortifères, contre la corruption de la classe politique et le règne des puissances d'argent, contre l'inversion de toutes les valeurs et la subversion des esprits et donc, pour la vérité historique, pour la liberté de pensée et d'expression, pour la défense de ce qui fit la grandeur et la puissance de notre civilisation ainsi que la beauté et la séduction de notre culture.

     

    À travers tant de vicissitudes qui ne cessent encore de s'amplifier aujourd'hui –preuve que le Système sait reconnaître ses ennemis les plus redoutables car les plus déterminés– Rivarol se présente plus que jamais comme l'exceptionnelle et indispensable référence journalistique pour la loyauté de ses informations, l'intransigeance de ses principes, la sincérité de son engagement pour la justice sociale et l'identité nationale, la fidélité à son idéal de révolution des âmes indispensable à l'authentique régénération morale et politique de nos peuples.

     

    Chapeau bas !

     

    Ayant rappelé la nécessaire révolution des âmes, comment n'évoquerions nous pas Léon Degrelle qui fut toujours salué dans les pages de Rivarol comme un héraut de ces valeurs universelles par ses meilleures plumes, telles que, par exemple, Lucien Rebatet, Robert Poulet, Camille Galic ou Robert Spieler ?

     

    L'hebdomadaire publia d'ailleurs Les vœux de Léon Degrelle à Rivarol pour 1986 où l'auteur de la Lettre au Pape [Jean-Paul II] à propos d'Auschwitz [ce blog au 25 juillet 2020] écrivait : « Nous menons, parmi les plus grandes difficultés, un combat similaire. Votre solidarité m’a particulièrement réconforté au cours de ces mois où je suis plus traqué que je ne l’ai jamais été. » (Rivarol, 24 janvier 1986).

     

    Aussi était-il naturel que Christophe Georgy, le président du Cercle des Amis de Léon Degrelle, envoie ce vibrant hommage à l'héroïque hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne qui le publie dans son numéro spécial du 21 janvier dernier consacré à son Jubilé de diamant (1951-2026 ; plus d'une trentaine de personnalités ont joint leur voix à la célébration de cet anniversaire exceptionnel, dont l'avocat Eric Delcroix, célèbre pour son inlassable combat contre la police de la pensée, Bruno Gollnisch, le directeur de Jeune Nation Yvan Benedetti [ce blog au 6 février 2021], Yvonne, la sœur du Professeur Faurisson, Pierre Gillieth, de Réfléchir&Agir [ce blog au 23 juillet 2021], Roberto Fiorini, de Terre&Peuple, Pascal Junod, président de l'Association des Amis de Robert Brasillach, le directeur du Bulletin célinien Marc Laudelout, l'humoriste Dieudonné, l'historien révisionniste Vincent Reynouard [ce blog au 18 octobre 2024], les écrivains Hervé Ryssen et Alain Soral, le rédacteur en chef de Lectures françaises Mickaël Savigny, la présidente du Cercle franco-hispanique Hélène Grimaldi, Roland Hélie, infatigable animateur de Synthèse nationale,...).

     

     

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    Dessin de Projet KO pour les 75 ans de Rivarol

     

     

    RIVAROL a 75 ans.

     

    Un bon anniversaire et une bonne santé (financière) ! Voilà ce que l'on peut souhaiter à RIVAROL, à son directeur Jérôme Bourbon et à ses collaborateurs qui, chaque semaine, nous informent, nous éclairent et nous « régalent ».

     

    Pour ma part, les premières lectures de notre journal préféré ne datent que de la fin des années 1980. Dès mon engagement dans le nationalisme, parallèlement et même à dire vrai complémentairement à celui au Front National, on m'a mis entre les mains RIVAROL. À l'époque, il y en avait des journaux à disposition et que nous lisions aussi : National-Hebdo, Minute, Aspects de la France et aussi quelques mensuels très intéressants et souvent très politisés et très formateurs : Tribune nationaliste, Le Soleil [Ces deux titres ont subi un arrêté d'interdiction : en janvier 1991 pour le premier qui était le journal du Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE) de feu Claude Cornilleau, en novembre 1990 pour le second qui, lui, était l'organe de l'Œuvre française de feu Pierre Sidos], Le Flambeau, Notre Europe combattante, Militant et puis aussi, plus « people », Le Choc du Mois, etc. Tous ces titres ont disparu.

     

     

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    Dessin de Chard pour les 75 ans de Rivarol

     

     

    Et depuis cette époque, c'est l'attente de la réception de RIVAROL dans la boîte aux lettres, le mercredi. Et la « rage » contre la Poste quand il arrive avec plusieurs jours de retard, ce qui se produit régulièrement ! Il me semble me souvenir qu'auparavant, c'était le vendredi que RIVAROL paraissait.

     

    « La politique n'est pas un métier, c'est une croisade » disait Léon Degrelle. Depuis la création de l'hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne, comme l'indique le bandeau sous le titre, la direction et les collaborateurs du journal ont changé. Les grandes signatures de l'après-défaite de 1945 sont parties rejoindre le Père. Le talent est resté, il a été adroitement bien transmis. La ligne, elle, est admirablement toujours à la pointe du combat de la défense du vrai, du beau et du bien commun, et de notre France, celle du « Pays réel » et de notre Europe, celle des nations.

     

    La presque totalité des grands titres et des plus petits ont disparu, comme je le disais plus haut. Il faut soutenir ceux qui nous restent. RIVAROL bien sûr, qui est le « navire amiral » de nos idéaux, mais aussi de plus petits vaisseaux tels que Réfléchir&Agir, le Courrier du continent, Lectures françaises, Synthèse nationale, ainsi que des bulletins d'associations diverses : Robert Brasillach, Jean Mabire, Henri Béraud, Cercle Franco-Hispanique, et bien d'autres encore que j'oublie bien involontairement. Nous avons encore de quoi lire, de quoi nous informer et surtout de quoi nous former !

     

     

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    Dessin de Miège pour les 75 ans de Rivarol

     

     

    La répression, les attaques de lobbys et de groupes de pression frappent de plus en plus régulièrement et de plus en plus durement RIVAROL et ses collaborateurs. Jérôme Bourbon nous fait part régulièrement de ces péripéties ; je ne rentrerai donc pas dans le détail. Mais ce sont les mêmes qui s'attaquent depuis quelques années au Cercle des Amis de Léon Degrelle –nos adhérents savent de quoi il en retourne. Les mêmes, toujours, qui dernièrement, en novembre 2025, ont fait pression pour interdire une simple messe pour José Antonio Primo de Rivera démandée –comme chaque année– par le Cercle Franco-Hispanique à « Parisalem » (c'est ainsi que Marcel Bucard nommait la capitale). Pression aussi pour la messe pour le Maréchal le 15 novembre dernier, à Verdun. « Ils » interdisent les spectacles de Dieudonné ou de nombreuses manifestations de notre camp. Pour rappel, le dernier Forum de la Nation et les derniers « BBR » datent de 2022 !

     

    « On nous a appris à ne pas discuter la Vérité, mais à la servir » disait aussi Léon Degrelle.

     

    C'est pourquoi nous avons besoin de cette OASis –pardonnez-moi ce jeu de mot– de Liberté et de Vérité, de ce journal, véritable arme de combat, arme de destruction massive de ce système abominable et de l'anti-France.

     

    Lire et faire lire, dans un monde qui ne lit plus ; s'informer intelligemment dans un monde surinformé et manipulé, voilà une « mission » et un devoir qui nous sont indispensables et que remplit parfaitement RIVAROL !

     

    « Il faut toujours prier comme si l'action était inutile et agir comme si la prière était insuffisante » nous enseigne Sainte Thérèse de Lisieux. Tous, nous devons nous mobiliser pour soutenir et maintenir cet hebdomadaire qui est le dernier qui reste encore dans notre camp. Ce projet, ambitieux mais essentiel, me semble finalement, avec volonté, courage, espérance et fermeté sur les principes, à notre portée !

     

    Pour finir, je paraphraserai le titre d'un des ouvrages de Léon Degrelle et demanderai, simplement, à la manière d'une brève prière :

     

    « RIVAROL pour mille ans » !

     

     

    Rivarol 24.06.1994.jpeg

    C'est un appel solennel au respect des dernières volontés de Léon Degrelle que lança Rivarol, le 24 juin 1994, trois mois après la disparition du tribun de la révolution des âmes et la publication de l'ignoble arrêté royal interdisant le retour en Belgique des « restes mortels de Léon Degrelle » (ce blog au 31 mars 2019).

     

    Il fallut attendre encore quelque douze ans pour que l'année du centenaire de sa naissance vît la réalisation de ce vœu, donnant tout son sens au patronyme de ce lieu-dit de Bouillon, dans les Ardennes belges, devenu pour l'éternité le Tombeau du Géant Léon Degrelle (ce blog, entre autres, aux 21 janvier 2016, 31 mars 2019 et 15 juin 2024).

     

    Tombeau Géant Jean DC.png

     

     

     

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  • Cercle des Amis de Léon Degrelle

     

    XLIVe Correspondance privée – septembre 2025

     

     

    Quelle joie, ce lundi, en recevant notre exemplaire de la nouvelle Correspondance du Cercle des Amis de Léon Degrelle que nous n'attendions plus !

     

    Cela faisait quasi un an que nous n'en avions plus aucune nouvelle. De plus, connaissant la persécution implacable frappant le Cercle et son président (ce blog au 18 octobre 2024), nous craignions vraiment que la « Patrie des Droits de l'Homme » ait réussi son entreprise d'ostracisme, sinon d'anéantissement.

     

    Nous nous rendons compte, aujourd'hui que nous recevons la quarante-quatrième livraison de la Correspondance du Cercle, qu'il n'en est rien et que, même, sa résilience s'est fortifiée dans l'épreuve. Du coup, nous nous rendons également compte qu'une quarante-troisième Correspondance a dû être publiée, qui ne nous est jamais parvenue. Oserions-nous impliquer les services de la Poste dans cette entreprise de sabotage ? Rien n'est impossible, mais sans doute ne faut-il incriminer qu'une énième perte « accidentelle » de courrier, comme nous en subissons quasi toutes les semaines, maintenant que le service public se consacre essentiellement aux livraisons d'achats en ligne. Il n'empêche que la coïncidence est troublante...

     

    Mais revenons à la Correspondance privée qui, dès sa première page de couverture, affirme la ferme volonté de résistance du Cercle par un magnifique dessin de Miège (ce blog au 15 mars 2024) montrant trois jeunes gens déterminés à se lancer dans la Grande Bagarre, encouragés par l'apologue degrellien : « Partout, des jeunes aux yeux de loups, aux dents de loups, se dressaient, bondissaient, gagnaient, se préparaient à changer le monde » ! (Hitler pour 1000 ans, p. 33).

     

    Cercle 44 Edito.jpeg

     

    L'éditorial que nous reproduisons ici explique les derniers rebondissements imaginés pour casser l'entreprise perpétuant l'héritage du héraut de la révolution des âmes. Il illustre aussi le deux poids, deux mesures d'une « justice » aveuglée par la haine, et d'une pseudo-droite gangrenée par la dédiabolisation.

     

     

     

    Fähnlein Tcherkassy.pngPour les Allemands (et pas seulement) qui n'ont pas renié leur Histoire, le 8 mai 1945 marque une date catastrophique qui ne se fête pas. Nous, nous pouvons nous permettre de célébrer celle du sauvetage de Léon Degrelle !

     

     

    Ce numéro du Cercle des Amis de Léon Degrelle illustre surtout la perte irréparable que signifierait sa disparition, tant l'exhaustivité de l'actualité degrellienne qu'il recense pour nous est précieuse. Où aurions-nous pu apprendre sinon que l'excellente revue allemande Ein Fähnlein  (ce blog au 26 mai 2022) avait publié un important dossier sur la percée de Tcherkassy, n'oubliant pas de mettre à l'honneur le Commandeur de la Division Wallonien ?

     

    Ou que le journal en ligne de Séville avait consacré un article à La Carlina sous le titre L'histoire de l'homme politique nazi qui s'est réfugié à Séville après la Seconde Guerre mondiale. Léon Degrelle s'est construit un petit palais connu sous le nom de La Carlina à Constantina, lieu entièrement ouvert au public aujourd'hui.

     

    L'articulet insiste sur la « protection du régime franquiste » dont put jouir l'exilé en Espagne, y compris « durant la transition démocratique ». Mais le sujet principal est bien La Carlina présentée comme une attraction touristique « entièrement ouverte au public aujourd'hui ». La seule chose qui n'est pas dite, c'est que l'endroit est en fait le couvent des moniales de Saint-Jérôme qui offrent l'hospitalité aux visiteurs cherchant « la rencontre quotidienne avec Jésus-Christ à travers la vie communautaire, la prière –liturgie et méditations sur l’Évangile– et le travail ». Le site du monastère offre une courte vidéo permettant de visiter l'endroit et de voir comment le Palacete de Léon Degrelle est devenu un sanctuaire où les religieuses ne l'oublient jamais dans leurs prières, lui exprimant leur reconnaissance et sollicitant pour lui la bienveillance de Dieu (ce blog au 28 mai 2016).

     

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    Dans le registre de la répression des organisations identitaires dont il est lui-même victime, le Cercle nous apprend également que le décret de dissolution de l'organisation nationaliste Lyon populaire (groupement de fait, sans personnalité juridique) cite, comme circonstances aggravantes, des références que ce mouvement osa faire à Léon Degrelle. De quoi, certes, mériter la guillotine si la peine de mort était jamais rétablie en France.

     

    Lisons plutôt : « Considérant d’une part, que le groupement présente la violence comme nécessaire face à la prétendue défaillance de l’État, en alimentant une “culture de l’affrontement” [...] ; que pour exalter ses militants à se battre, le groupement emploie régulièrement un vocabulaire guerrier que l’on retrouve dès sa devise Vivre en travaillant ou mourir en combattant et omniprésent dans sa communication ; qu’il utilise des citations d’individus faisant référence à la guerre et recommande également la lecture [...] d’auteurs qui font référence à la guerre tels que Léon DEGRELLE évoquant le “(…) notre combat” » (Journal officiel de la République française, 13 juin 2025).

     

    Nous pourrons sans doute nous demander jusque sur notre lit de mort ce que peut bien être « le (...) notre combat » de Léon Degrelle... Et, à propos de lit, heureusement que ceux des militants de Lyon populaire ne sont pas infestés de punaises de lit, les gendarmes eussent pu trouver des pots de terre de Sommières « qui combat les punaises de lit » !

     

    Rien n'échappe, apparemment, à l’œil du Cercle qui mérite amplement le titre honorifique de Degreller Beobachter !

     

    Ainsi nous présente-t-il le « Gâchis Parmentier » qu'a dénoncé Rivarol : l'ancienne rédac-chef du quotidien catholique Présent aujourd'hui disparu, Caroline Parmentier, devenue député Rassemblement National du Pas-de-Calais, qui, –« dédiabolisation » oblige–, a multiplié reptations devant la bienpensance, reniements honteux et alignements opportunistes, et a trahi tous les engagements qui justifièrent son entrée en politique (au premier rang desquels figurait naturellement la lutte contre l'avortement). Mais, erreur fatale, elle a oublié de battre sa coulpe pour avoir participé à l'édition de l'Hommage de journalistes nationalistes à leur reporter favori. Publié en 1993, par des « Éditions Bergeron-Sanders », Hergé et nous s'ouvre sur un dessin « Tintin ? À droite, toute ! », inspiré de la célèbre photo de Léon Degrelle à la tribune du Congrès de Lombeek à côté de la hampe au drapeau rexiste (ce blog au 15 mars 2024). La tête de Tintin y a significativement remplacé celle du Chef de Rex : ce fut pour Aramis le moyen d'illustrer l'évidence du lien indissociable unissant ces deux immortels modèles de la jeunesse (ce blog au 5 janvier 2022).

     

    Hergé et nous Aramis.png

     

    La page suivante énumère la liste des collaborateurs ayant permis la réalisation de cet hommage à Hergé : il se trouve que l'avant-dernière personne remerciée est Caroline Parmentier. Crime inexpiable, car : « Hergé, créateur de Tintin, devrait beaucoup [au] nazi belge Léon Degrelle, qui a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale avec les Waffen-SS. » (Médiapart, 25 juin 2025).

     

    Le pire de l'histoire est qu'il n'est même pas possible de connaître précisément le rôle de Parmentier dans cette affaire car le bouquin est quasiment introuvable : selon le journaliste et co-éditeur Alain Sanders, il a été « pilonné à la demande de la Fondation Hergé » (¡ Arriba España !, Ed. Godefroy de Bouillon, 1997, p. 2). Décision qui a dû ravir l'autre journaliste et co-éditeur, Francis Bergeron, auteur d'un Guide du collectionneur politiquement incorrect, s'attachant particulièrement à la valeur marchande des documents nationalistes (ce blog au 26 mai 2016) : Hergé et nous n'est habituellement jamais proposé à moins de 500 euros !

     

    Campagne Russie Brigneau.pngDans ce domaine, le Cercle n'oublie pas de recenser les cotes élevées atteintes par les livres dédicacés de Léon Degrelle. Ainsi de La Campagne de Russie, que Léon Degrelle offrit à François Brigneau (1919-2012) lorsqu'en 1959, il vint l'interviewer pour son livre L'aventure est finie pour eux (Gallimard, 1960 ; ce blog au 17 janvier 2016). Il a été adjugé 420 euros dans une maison de ventes aux enchères de Limoges : « À mon bien cher ami François Brigneau, l'idéaliste dont rien n'a brisé l'élan : ces pages où revivent d'autres idéalistes qui, dans la grandeur et la douleur, ajoutèrent quelque chose au patrimoine moral des hommes : avec toute la sympathie et l'affectueux souvenir de Léon Degrelle. »

     

    La vente a été réalisée il y a près de cinq ans déjà, le 18 février 2021. Aujourd'hui, les prix sont du même ordre chez les professionnels. Le Cercle a ainsi épinglé une édition de luxe numérotée de Hitler pour 1000 ans à 680 euros et Les Âmes qui brûlent, dédicacé, avec une reliure toilée d'éditeur pour 400 euros. Mais sur Ebay, les exigences n'ont plus de limites : 5500 euros pour une reproduction du tableau L'Énigme d'Hitler de Salvador Dali avec un autographe degrellien ou 1500 euros pour l'édition d'Avalon de La Cohue de 40 dédicacée...

     

    Ombre LD.pngAu rayon des Degrelliana où nous sont présentés des « mugs » et un écusson (avec le célèbre portrait de notre ami Korbo, toujours « emprunté » mais jamais crédité : ce blog au 1er décembre 2020), nous retiendrons la kitschissime « Ombre » métallique noire de Léon Degrelle disponible à la LibreriaVigente la Derrota Mundial (Mexico) : elle fait une dizaine de centimètres de haut et coûte 16,35 euros (+ frais d'envoi).

     

    Nous pourrions encore passer en revue toutes les pages de cette Correspondance indispensable retraçant l'actualité degrellienne : les essais biographiques que nous vous avons déjà présentés sur ce blog, de nouvelles éditions des œuvres de Léon Degrelle en anglais, allemand, espagnol, italien,... Elle nous donne aussi à nouveau accès à des textes introuvables, comme Quand Barcelone était russe, un reportage de Léon Degrelle ramené de la guerre civile espagnole et publié dans l'hebdomadaire français Gringoire en 1939 ou le récit de l'arrestation du Chef de Rex le 10 mai 1940 que l'inspecteur de la police judiciaire Raoul Vanderote publia en 1956 (ce blog au 30 avril 2017)...

     

    Nous n'espérons qu'une chose : vous avoir mis suffisamment l'eau à la bouche pour vous abonner illico, si ce n'est déjà fait. Et aussi et surtout pour soutenir par vos dons le Cercle des Amis de Léon Degrelle parmi les embûches qui l'accablent. Il faut en profiter tant que son nouveau numéro de compte bancaire est encore actif : FR 76 2673 3000 1011 6433 0190 836.

     

    Cercle des Amis de Léon Degrelle, adhésion : 30 euros ; membre bienfaiteur : 60 euros (ajouter 10 euros si vous ne résidez pas en France) : Boutique nationaliste 

     

    Adresse : Cercle des Amis de LD, BP 92733, 21027 Dijon Cedex, France. lesamisdeleon.degrelle@gmail.com

     

  • Le portrait « anecdotique » de Léon Degrelle, par Jean-Paul Chayrigues de Olmetta

     

    C'est par un court article de Robert Spieler dans le numéro spécial historique de Rivarol consacré à la disparition de Jean-Marie Le Pen que nous avons appris la parution des Portraits anecdotiques de Jean-Paul Chayrigues de Olmetta, malheureusement décédé le 4 décembre 2024, trois mois seulement après cette publication.

     

    Marquis 1.jpeg

     

    Le passionnant rédacteur de la toujours spirituelle et instructive Chronique de la France asservie et... résistante se faisait l'écho du récit fait pas le « Marquis » (les guillemets sont de R. Spieler ; Jean-Paul Chayrigues 1943-2024 était, paraît-il, marquis de Olmetta) de l'incendie criminel de la maison de Jean-Marie Le Pen en 2015 : l'encore président d'honneur du Front National, âgé alors de 86 ans, put échapper à une mort atroce en sautant par une fenêtrre du premier étage ! Robert Spieler terminait son article en précisant que le livre du Marquis comportait également, parmi de nombreux autres, des souvenirs sur Léon Degrelle.

     

    Nous nous sommes rapidement procuré le livre pour découvrir un peu moins de trois pages d'évocations fort sympathiques, mais fourmillant d'informations non vérifiées, constituant probablement autant de réminiscences contaminées par une mémoire infidèle.

     

    Les erreurs se nichent en effet un peu partout dans les détails historiques : ce n'est pas « dans sa vingtième année » mais dans sa trentième que Léon Degrelle constitua le mouvement REX (et non le parti : ce blog au 12 novembre 2020) et on ne peut vraiment pas dire que son succès électoral de 1936 ainsi que les « foules considérables » qu'il entraîna (ainsi des 60.000 participants au formidable congrès de Lombeek, le 10 juillet 1938 : ce blog au 15 mars 2024), se firent « avec la bénédiction des plus hautes autorités religieuses » ! Car dès 1934, l'évêque de Tournai fit échouer le « Banquet des 7000 », grandiose réunion des jeunes catholiques sous la bannière rexiste ; un an plus tard, le 20 novembre 1935, un décret de l'épiscopat enjoignit les religieux belges à rester à l'écart de Rex, interdit la vente de ses journaux aux portes des églises ainsi que toute activité rexiste aux abords des collèges et instituts catholiques ; en mars 1936, l'Action Catholique de la Jeunesse Belge déclara inadmissible l'adhésion de ses membres au mouvement rexiste ; enfin, l'hostilité des « plus hautes autorités religieuses » au rexisme culminera dans le fameux « coup de crosse » du cardinal-primat de Belgique, le 9 avril 1937, à l'avant-veille même des élections opposant Léon Degrelle au Premier ministre Van Zeeland, candidat unique du rassemblement « démocratique » d'opposition à Rex de tous les partis (communistes compris !) : l'archevêque de Malines interdisait aux catholiques non seulement de voter pour Léon Degrelle, mais également de se réfugier dans l'abstention (ce blog au 6 mai 2016) !

     

     

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    À la Une de la presse « démocratique », le 10 avril 1937 : ci-dessus, Le Vingtième Siècle, quotidien catholique où, quelque huit ans auparavant, Léon Degrelle fit ses éclatants débuts de journaliste d'investigation (ce blog au 7 février 2019) ; ci-dessous, Le Peuple, quotidien socialiste, La Dernière Heure, quotidien libéral, et Le Soir, quotidien franc-maçon.

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    De même, si « Léon Degrelle s'engage sur le front de l'Est sous l'uniforme allemand », ce n'est pas qu' « aveuglé par son anticommunisme viscéral », mais éclairé surtout par la nécessité de rendre une place honorable à la Belgique au sein de l'Europe nouvelle (ce blog au 2 novembre 2020).

     

    L'odyssée depuis la Norvège jusque l'Espagne atteinte à la dernière extrémité est également imaginaire alors qu'en l'occurrence, la réalité est aussi palpitante que la fiction : « Aux commandes de son petit avion [en réalité le gros Heinkel 111 du ministre Speer piloté par le pilote Albert Duhinger : ce blog au 20 mai 2016], alors qu'il fuyait sans trop savoir où [en réalité, le seul port de salut était bien l'Espagne, dont la frontière était théoriquement accessible au rayon d'action de l'avion : ce blog au 19 septembre 2024], il s'écrasa sur une plage de Malaga... » [à court d'essence, l'avion s'écrasa plutôt sur celle de San Sebastián, à la frontière franco-espagnole : Málaga, quelque 800 km plus loin, à l'autre extrémité de la péninsule, était absolument inaccessible !].

     

    Concernant les cendres du défunt, la réalité dépasse, là, de loin la fiction, car si Léon Degrelle n'a nullement « imploré la grâce d'être enterré en terre belge dans une ultime supplique à son souverain  », le roi des Belges a quand même signé une dernière Lex Degrelliana « d'interdiction d'accès au territoire belge des restes mortels de Léon Degrelle » (ce blog au 31 mars 2019). Une partie des cendres est cependant bien en Belgique : pas « dans la campagne bruxelloise », mais au Tombeau du Géant Léon Degrelle, dans sa terre natale ardennaise de Bouillon (ce blog aux 31 mars 2019 et 15 juin 2024).

     

     

     

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    Le dessin de couverture ainsi que les illustrations des têtes de chapitre sont l’œuvre de Françoise Pichard, mieux connue sous le pseudonyme Chard, son nom de dessinatrice de presse pour l'hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne, Rivarol.

     

     

     

    Nous regretterons enfin que le Marquis se soit laissé influencé par les soi-disant tintinologues en écrivant que Léon Degrelle « aurait servi de modèle à Hergé pour Tintin... On comprend que le célèbre dessinateur ait toujours démenti ! »

     

    En vérité, Hergé n'a jamais rien démenti, ne fût-ce que parce que cette filiation n'a été explicitée par Léon Degrelle que dans Tintin mon copain, l'hommage qu'il rendit à Hergé après son décès (l'aveu lui avait néanmoins déjà échappé du vivant du dessinateur en 1975 dans ses interviews à Jean-Michel Charlier : ce blog au 2 mai 2016). Il s'y en est d'ailleurs expliqué très simplement : « Dans mon refuge, je n'allais pas compromettre un vieux frère comme Georges, qui avait déjà fort à faire pour désherber dans ses albums les quelques nez crochus que la Résistance avait dénichés à la loupe ! » (Tintin mon copain, p. 195 ; ce blog au 5 janvier 2022). Pour sa part, Hergé n'a jamais hésité à rendre hommage à son ami Léon Degrelle ainsi qu'à lui reconnaitre explicitement sa dette dans sa conception de la bande dessinée (ce blog au 1er février 2016).

     

    Cela dit, l'amicale sympathie de Jean-Paul Chayrigues de Olmetta pour Léon Degrelle ne fait aucun doute, ses approximations ne relevant que du journalisme radiophonique, rédigeant de mémoire de brefs portraits non destinés originellement à la publication.

     

    On retiendra donc avec plaisir ces phrases chaleureuses (l'étonnement naïf de l'auteur s'émerveillant que Léon Degrelle pût utiliser « un français parlé parfaitement alors qu'il n'en avait plus la pratique quotidienne depuis des décennies » est plus qu'attendrissant) et rendant justice à l'histoire du désormais proscrit, mais aussi à la clairvoyance de celui qui analyse pour lui la situation géopolitique du moment  :

    « Oui, j'ai aimé rencontrer plusieurs fois Léon Degrelle. Combattant héroïque, de simple soldat il deviendra général, décoré de la croix de fer par Hitler lui-même. Le Führer dira que Degrelle est le fils qu'il a rêvé d'avoir. Léon, lui, se posera en héritier spirituel du chef du Troisième Reich. Nous étions en pleine guerre du Golfe et le raisonnement politique de Léon prouvait sa connaissance du dossier. La hauteur de vue et les analyses politiques sont éblouissantes. »

     

    Nous aurions aimé néanmoins que l'auteur en dise davantage sur la réunion qu'il put surprendre « dans un grand hôtel de Palma de Majorque » où « dans une immense salle à manger, décorée de bannières à svastikas et d'un portrait d'Hitler, une cinquantaine d'officiers supérieurs du Troisième Reich en uniformes d'été de cérémonie (blancs) constellés de décorations, festoyaient avec Léon Degrelle... Ils étaient venus pour fêter son anniversaire depuis le Paraguay, le Brésil, l'Équateur, etc. sans inquiétude ! »...

     

     

     

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    Léon Degrelle et Jean Vermeire (portant tous deux la médaille Honneur-Bravoure-Fidélité) rejoignent les Bourguignons en passant devant les familles et les amis.

     

     

    À notre connaissance, Léon Degrelle ne s'est rendu qu'une seule fois à Palma de Majorque : c'était à la mi-juin 1989 pour son quatre-vingt-troisième anniversaire. Le SS-Hauptsturmführer Jean Vermeire qui y possédait une opulente propriété put réunir à cette occasion une quarantaine d'anciens Bourguignons de la Légion Wallonie (à qui il avait été demandé de porter la chemise blanche), accompagnés de leur épouse et de quelques amis. Une belle réunion de retrouvailles fut organisée dans le parc de la villa avec remise d'une médaille commémorative reproduisant l'insigne rexiste « Honneur – Bravoure – Fidélité » (ce blog au 11 mai 2020). La journée s'acheva par un banquet dans un grand restaurant de cuisine majorquine à Palma, le Bona Celler, « la bonne cave » en catalan.

     

     

     

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    Le restaurant Bona Celler, le 12 juin 1989 : ci-dessous, Léon Degrelle parle avec le Chevalier de la Croix de Fer Jacques Leroy (derrière lui, Jean Vermeire ; Fernand Kaisergruber se trouve derrière Léon Degrelle ; le grand mutilé de guerre Henri Moreau se reconnaît de profil à l'avant-plan).

    LD Palma Bona Celler 3.jpg

     

     

     

    C'est probablement à cet événement exceptionnel que la Providence permit au Marquis d'assister par un miraculeux hasard : « Sans savoir que je le connaîtrais longtemps après, j'avais assisté, des années auparavant et malgré moi, à un moment étonnant dans un grand hôtel de Palma de Majorque » !

     

    Le souvenir qui lui est resté en mémoire en fut tout adorné d'une ambiance et d'une décoration merveilleusement fantasmées. Peut-être le Marquis a-t-il pensé avoir surpris une réunion de l'Internationale néo-nazie fêtant –fort peu discrètement– son chef Léon Degrelle ?...

     

     

     

    LD Palma Bona Celler 1.jpg

    Le discours de Léon Degrelle clôturant le banquet du 12 juin 1989.

     

  • L'ami que Léon Degrelle devait compromettre

     

    Jean-Marie Le Pen (1928-2025)

     

     

    « Beaucoup de gens qu’il aime l’attendent là-haut. » a posté Marine Le Pen sur les réseaux sociaux, au lendemain (8 janvier 2025) du décès de son père.

     

    Assurément. Et au premier rang de ceux-là s'est bien évidemment trouvé son ami Léon Degrelle.

     

     

     

    Libra memoria Le Pen.png

    Plusieurs sites nécrologiques ont annoncé la mort du chef historique du Front national, permettant aux amis, sympathisants et à tout un chacun d'exprimer sa tristesse, sa sympathie, son attachement aussi aux valeurs défendues par le défunt. Ci-dessus, Libra Memoria ; ci-dessous, Alanna.

    Alanna Le Pen.png

     

     

     

     

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    C'est alors qu'une amitié indéfectible se noua entre les deux hommes (fait exceptionnel : ils se tutoyaient !), même si elle fut parfois traversée par des orages toujours suscités par les menteurs et autres vautours de la politique, essayant de pourrir l'existence du tribun contemporain par le discrédit jeté calomnieusement sur le chef vaincu d'hier.

     

    Aujourd'hui encore, le nauséeux patapouf turpide qui sert de correspondant parisien à RTL n'a pas manqué de reprendre l'exercice, croyant salir la mémoire du Menhir en soulignant ses liens avec Léon Degrelle, présenté quant à lui par les désormais inévitables poncifs « les rodomontades et la vantardise de Léon Degrelle qui se prétendait le modèle de Tintin », etc.

     

     

     

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    Empêché de participer à un débat à l'Université Libre de Bruxelles par des casseurs soutenus par le Cercle dit du « libre-examen », le 24 février 1977, Jean-Marie Le Pen put s'exprimer au Front de la Jeunesse, l'organisation de jeunes étudiants et travailleurs identitaires qui allaient donner naissance en Belgique au Parti des Forces Nouvelles (photo du mensuel Nouvel Europe-Magazine, avril 1977). Il est piquant de noter que ce sont ces mouvements qui ont le plus activement soutenu la divulgation de l'origine du personnage de Tintin inspiré par Léon Degrelle : articles de Forces Nouvelles (ce blog au 21 septembre 2020), conférences d'Olivier Mathieu au PFN (ce blog au 1er février 2016), publications d'Armand Gérard (ce blog aux 27 janvier 2016 et huit articles, du 21 septembre au 1er décembre 2020)...

     

     

    C'est Patrick Poivre d'Arvor (qu'aujourd'hui une foultitude de femmes enfin désinhibées accusent de viol) qui, s'érigeant en donneur de leçons morales et politiques, imagina le scoop des liens scandaleux entre les deux orateurs populaires. Le 21 mai 1992, recevant Jean-Marie Le Pen dans son émission Le Droit de Savoir, PPDA espérait le désarçonner en diffusant une séquence intitulée Léon Degrelle, un ami compromettant. Cette interview toute banale était présentée comme un exploit journalistique : « Derrière ce patronyme espagnol (Señor José Léon de Ramirez y Reina) se dissimule le dernier des grands généraux de la SS. Nous l’avons retrouvé : de son vrai nom, Léon Degrelle ! »

     

    De temps à autre, une bulle en haut de l'écran était chargée de montrer en direct la réaction de Jean-Marie Le Pen, qu'on eût voulu embêté, furieux, indigné face à celui qu'on présentait comme « condamné à mort par les tribunaux belges, soldat de l'Ordre noir qui n'a rien renié, même pas une poignée de main avec Hitler ! »

     

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    Mais c'est une mine franchement réjouie qui accueillit sans désemparer les appréciations parfois sévères, voire cinglantes mais toujours justes de Léon Degrelle à son propos, toutes confidences qui n'étaient d'évidence pas destinées à la publication : les envoyés camouflés de TF1 prétendument venus pour un témoignage sur la fin du dernier conflit mondial, préparaient en réalité leur mauvais coup en enregistrant surtout, entre les prises de vue « officielles », les bavardages qu'ils avaient focalisés sur Jean-Marie Le Pen. Comment mieux discréditer le chef du Front National qu'en mettant en lumière les liens l'unissant à un ami aussi compromettant que Léon Degrelle !

     

    Et l'ancien chef charismatique de Rex, mis en confiance par ces bonimenteurs déloyaux, de ne pas ménager ses confidences...

     

    La nature amicale de leurs relations : « Nous sommes de vieux copains, depuis toujours. On se parle très souvent au téléphone et il va venir me voir ici... »

     

    Faire payer les meetings : une astuce de Léon Degrelle suggérée à Jean-Marie Le Pen : « Je lui ai donné le conseil de faire payer le public à ses meetings. Personne ne faisait payer des meetings. Moi, à Rex, les gens payaient. J’ai rapporté des dizaines de millions au mouvement rexiste par mes meetings. Un grand orateur pour moi, c’est la même chose qu’un grand musicien. On paie bien pour aller voir Julio Iglesias. Et pour aller voir Le Pen à la veille des élections, il y avait huit mille personnes qui payaient 40 francs français !... »

     

    Droit Savoir 21.05.1992b.png

     

    Ce que pense Léon Degrelle de Jean-Marie Le Pen ? Un grand orateur politique, mais plutôt étranger à la Révolution des Âmes : « C’est le plus grand orateur français. Et en politique, ça c’est très important. Il est merveilleux de souplesse et d’humour, c’est un homme qui atteint le public, qui passe ses ondes au public et c’est ça, avant tout, qui a fait son succès. Il a maintenant 15 % des votes. C’est tout de même 4 millions de Français ! Ce que fait Le Pen, sous de nombreux aspects, est remarquable. Notamment sa jeunesse. Moi, je vois ici venir des centaines et des centaines de jeunes garçons très brillants, ayant une grande culture et qui sont lepénistes. Le mouvement lepéniste, ce n’est pas un mouvement de salauds ; le mouvement lepéniste, c’est vraiment une élite française. »

     

    « J’essaie de l’orienter… Mais nous, nous avions, nous autres, une vie bien plus monacale. Il est bien plus partisan de la bonne vie que du sacrifice ! Il se donne beaucoup de mal, mais enfin, un bon dîner, cela lui fait beaucoup de plaisir… Tandis que pour Hitler, ça ne comptait pas. La vie matérielle, ça n’existait pas. Et puis… il ne donne pas sa vie totalement comme nous le faisions... »

     

    Cerise sur le gâteau : ce que pense Jean-Marie Le Pen d'Adolf Hitler ? « Ah, bien je crois que… mais, heu… vous allez me faire dire des horreurs après ça, hein ?… Je crois… qu’il l’admire beaucoup, oui… »

     

     

     

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    Jean-Marie Le Pen n'avait pas vraiment besoin de l'amitié compromettante de Léon Degrelle pour être associé systématiquement au national-socialisme : sa propre fille s'est servie sans vergogne du fondateur du Front national comme d'un repoussoir négationniste dans sa recherche éperdue de « dédiabolisation » (dessin de Chard dans Rivarol, 14 avril 2021).

     

     

    De quoi embarrasser le président du Front National ? C'était bien mal connaître la puissance de son discernement (il avait évidemment repéré le piège du souillon des bonnes mœurs qu'est le présentateur de TF1 à particule usurpée), sa capacité d'adaptation et de riposte associée à sa liberté de pensée et surtout la générosité et la bienveillance de son amitié.

     

    Sa réaction ? Il dressa instantanément à l'antenne un portrait historique des plus concis et soigneux du fils qu'Adolf Hitler se fût choisi !

     

    « Je crois que Degrelle n'a pas été accusé de crimes de guerre. Il a été condamné par contumace mais propose depuis plusieurs décennies d'être jugé publiquement. La Résistance belge une trentaine de personnes, je pense n'a pas accepté ce défi. C'est une affaire belge dans laquelle je ne veux pas interférer mais j'ai lu Léon Degrelle: c'est un personnage considérable, historique et ses livres sont remarquables. »

     

    Il n'empêche que Léon Degrelle fut très heurté par la trahison de ces soi-disant professionnels de l'information et, lorsqu'il le put (il avait été hospitalisé, victime d'un accident), il envoya une longue lettre d'excuses et d'explications à Jean-Marie Le Pen, le 3 février 1993.

     

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    « Les reporters –dont j’ignorais tout– s’amenèrent à Malaga juste deux heures après que, chutant sur mon trottoir, je m’étais fracturé la base du crâne. N’empêche, ils s’amenèrent à la clinique, la mettant tellement en révolution que le lendemain matin –alors que j’avais été l’objet de soins médicaux jusqu’à trois heures du matin–, je m’habillai comme je le pus et –sans dire un mot au personnel de service– je repartis pour ma maison à l’heure primitivement fixée du rendez-vous. Je donnai alors deux grosses heures d’interview sur les dernières semaines de la guerre, comme prévu !

     

    Mes bonshommes allaient repartir quand ma femme vint leur offrir un verre d’apéritif. Alors on échangea quelques propos sur l’actualité politique, tout à fait hors d’interview. A ce moment-là, ma femme s’aperçut qu’un appareil marchait encore, le fit remarquer vivement. Les autres s’écrièrent aussitôt qu’ils l’ignoraient et jurèrent que ces propos seraient biffés. Escroquerie complète ! Mes deux heures d’interview, c’était du bidon ! On m’avait piégé ! On tripoterait mes ultimes propos uniquement pour te nuire. Jamais d’ailleurs ces escrocs ne me communiquèrent rien, pas même un mot de reconnaissance pour l’interview de la chaîne américaine, pour lequel je m’étais donné tant de mal qu’à la fin, le sang me coulait de l’oreille droite et qu’on dut me reconduire aussitôt, pour plusieurs semaines, à la clinique ! »

     

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    L'espiègle Jean-Marie se rendit néanmoins une malicieuse petite justice en laissant mariner (!) son contempteur malgré lui un petit trimestre dans son inquiétude avant de le rassurer par un exposé clair de la situation ainsi que le rappel réconfortant de sa fidèle amitié, le 26 avril suivant.

     

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    « Ces deux opérations médiatiques parallèles de TF1, Le Droit de Savoir, et d’A2, Envoyé Spécial, étaient de pure désinformation et avaient pour but d’attirer le Front National sur le terrain d’un nazisme qui est aujourd’hui beaucoup plus que dans l’immédiat après-guerre l’accusation mortelle politiquement.

     

    Les journalistes voyous ont certes pu compter sur quelques idiots utiles comme l'ancien légionnaire de Montoire et sur quelques salauds authentiques comme Léon Gaultier [ancien de la Division SS Charlemagne, cofondateur avec Jean-Marie Le Pen, en 1963, de la SERP, également membre fondateur, en 1972, du conseil national du Front national, mais qui se distanciera progressivement de Jean-Marie Le Pen] et Faci [Michel Faci, condamné à de multiples reprises pour des vols et des trafics, responsable du Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE), groupuscule néo-nazi] qui ont sciemment menti pour nous causer le plus grand tort possible.

     

    Ils ne l’emporteront pas en paradis. Déjà P.P.D.A. a pu mesurer ce qui était une campagne orchestrée. Villeneuve [Charles Villeneuve, journaliste de TF1, concepteur avec Gérard Carreyrou de l’émission Le Droit de Savoir] est impliqué dans l’affaire Noir [Michel Noir, député-maire RPR de Lyon et ancien ministre, sera condamné pour recel d’abus de biens sociaux] et Carreyrou le socialo doit trembler pour sa place [Gérard Carreyrou, journaliste de TF1, connu pour ses sympathies de gauche]. Quant au petit salopard d’extrême droite qui t’a piégé, il vient de se faire pincer dans une affaire de fausse interview. »

     

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    Cette lettre fut la dernière que Jean-Marie Le Pen put envoyer à son ami de Malaga, mais elle permit de dissiper tout malentendu dans la belle entente qui les unissait : Léon Degrelle devait décéder moins d'un an après.

     

    Dans les Mémoires qu'il publiera vingt-cinq ans plus tard, Jean-Marie Le Pen n'a évidemment pas un seul mot pour le flop de cet incident fielleux. Il y évoque cependant Léon Degrelle. De manière positive mais réservée, et réduisant leurs rapports à une phrase de sept mots : une rencontre (accidentelle ? autre chose eût été, plutôt que l'anecdotique « J'ai rencontré », d'écrire le plus personnel « J'ai connu ») et des conversations téléphoniques (notons la différence entre son « on s'est téléphoné » relevant de l'occasionnel, voire de l'unique autre chose eût été la forme itérative « on se téléphonait », et l'amical et logiquement régulier « On se parle très souvent au téléphone » de Léon Degrelle).

     

    Sans oser donc se prévaloir de son amitié ni même l'évoquer. Amitié peut-être quand même encore, pour lui, compromettante...

     

    « J'ai rencontré Léon Degrelle, on s'est téléphoné. Il fut le chef des rexistes, il admirait Hitler, mais je ne lui ai rien trouvé de déshonorant, il était même sympathique, chaleureux, il avait le don de l'anecdote et du portrait à l'emporte-pièce. » (Jean-Marie Le Pen, Mémoires, T. II, Tribun du peuple, p. 31 ; nous soulignons).

     

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    Aussi son ami Léon Degrelle ne le compromettait-il aucunement en soulignant incidemment, en 1992, leur différence fondamentale : «  Il ne donne pas sa vie totalement comme nous le faisions. »

     

  • Laveleye, Gudrun Himmler, Vincent Reynouard, Saint-Jacques de Compostelle

     

    Cercle des Amis de Léon Degrelle

    XLIIe Correspondance privée – septembre 2024

     

     

    La quarante-deuxième Correspondance du Cercle des Amis de Léon Degrelle nous est arrivée en temps et en heure, et ce ne dut pas être un mince exploit car le président du Cercle fut mis en garde à vue en août dernier, accusé par la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) d' « apologie de crime contre l'humanité » !

     

    Cette privation de liberté absolument arbitraire s'accompagna d'une perquisition et de la saisie de téléphones portables ainsi que d'ordinateurs... Mais laissons l'éditorialiste de la Correspondance nous expliquer cet acharnement judiciaire ubuesque, qui tend cependant à devenir la norme au prétendu « pays des Droits de l'Homme » dans le traitement des nationalistes ou des identitaires, c'est-à-dire des Français ordinaires qui ont la prétention de vouloir demeurer ce qu'ils sont.

     

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    Nihil novi sub sole

     

    En miroir avec les persécutions insensées le frappant, le Cercle rappelle plaisamment le scandaleux emprisonnement –en 1937 déjà !– d'un militant rexiste, père de famille de huit enfants, coupable de... recel du chapeau de Victor de Laveleye, président du Parti libéral devenu ministre de la Justice !

     

    Comme quoi, il n'y a rien de neuf sous le soleil.

     

    Mais qui est ce Delaveleye (ainsi qu'il est enregistré, sans particule nobiliaire, dans le registre d'état civil de la ville de Bruxelles) et d'où vient sa hargne antirexiste ?

     

     

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    Il n'est que de consulter la presse de combat de Léon Degrelle, Le Pays réel, pour se renseigner. Lorsque, face à la campagne de Rex contre les banksters catholiques et socialistes, le Parti libéral s'afficha comme le parti aux « mains propres », il ne fallut pas gratter longtemps pour découvrir d'identiques turpitudes chez ces frères en franc-maçonnerie (voir le cas déjà évoqué ici de Marcel-Henri Jaspar, ce blog au 3 mai 2024) et Victor de Laveleye fut épinglé dès le 21 mai 1936 (ci-dessus).

     

     

     

    DH 1936.10.19 Laveleye président.pngLe quotidien libéral La Dernière Heure annonce, le 19 octobre 1936, la désignation de Victor de Laveleye au poste de président du parti libéral.

     

     

    À l'occasion de son accession à la présidence du parti libéral le 18 octobre 1936, Victor de Laveleye proclama immédiatement son ambition politique : être « le pivot de la lutte contre Rex » qui l'avait si âprement attaqué. Et de provoquer Léon Degrelle au débat, convaincu du refus du chef de Rex. Conviction pour le moins irréaliste vu la participation assidue et pugnace du tribun catholique aux meetings du parti socialiste qu'il transformait en triomphaux débats contradictoires (ce blog au 9 avril 2019).

     

    Ainsi donc la réunion libérale du 20 novembre 1936 tourna-t-elle au désastre, obligeant le président antirexiste à accepter le meeting contradictoire organisé le mois suivant à la salle de la Madeleine, d'une capacité de quatre mille personnes, non loin de la Grand-Place de Bruxelles. A nouveau, la presse rexiste put en faire ses choux gras, avec son reportage circonstancié dans deux éditions du Pays réel, tandis que les comptes rendus de la presse du système renvoyait les orateurs dos à dos.

     

     

    PR 1936.12.15 Madeleine.png     PR 1936.12.16 Madeleine.png

    DH 1936.12.15 Madeleine 1.png     Vingtième S. 1936.12.15.png

    Soir 1936.12.16.png

    De gauche à droite et de haut en bas : Le Pays réel des 15 et 16 décembre 1936 ; La Dernière Heure et Le Vingtième Siècle du 15 décembre 1936 et Le Soir du 16 décembre.

     

     

    C'est dans ce contexte que Victor de Laveleye, lui-même ancien volontaire de guerre, devenu ministre de la Justice le 20 avril 1937, fut « voué au mépris public » par sa Fédération des Volontaires de Guerre pour avoir immédiatement défendu devant le Parlement un projet de loi d'amnistie des activistes flamands ayant participé à la Flamenpolitik allemande durant la Première Guerre mondiale.

     

    On ne s'étonnera pas que les anciens combattants s'estimant trahis saisissent toute occasion pour manifester leur colère. Comme celle de la visite du ministre au Palais de Justice de Mons, le 2 juillet, où il fut pris à partie par un groupe d'Anciens de 14-18. Ce crime de lèse-excellence ministérielle fut sévèrement châtié, car, comme l'illustre encore le Cercle des Amis de Léon Degrelle, jamais le pouvoir en place ne laisse impunies les manifestations d'opposition populaires : furent donc immédiatement arrêtés et incarcérés « pour coups et outrages au ministre de la Justice », un officier de réserve qui avait tiré les cheveux du ministre, un Croix du Feu qui lui avait porté un coup et Valentin Van Dooren, conseiller provincial rexiste du Hainaut « sous l'inculpation de recel du chapeau de M. de Laveleye » (La Libre Belgique, 4 juillet 1937).

     

     

     

    Victor de Laveleye en quelques images...

     

    DH 1936.10.19 Laveleye président 1.png

    Le quotidien libéral La Dernière Heure du 19 octobre 1936 annonce la désignation du nouveau président du parti libéral, Victor de Laveleye.

     

    Extrait de son discours inaugural sur le thème Contre Rex, contre Moscou :

    « Dans le pays, l'esprit libéral vaincra ! Mon programme ? La contre-offensive immédiate. Dès demain à la première heure. La contre-attaque contre Rex et contre Moscou.

    Ne me demandez pas d'exposer en détail un plan de campagne. Ce serait avertir les adversaires des coups que nous allons leur porter. »

     

     

    PR 18.12.1936 Laveleye KO.png

    Le fameux meeting contradictoire de la Madeleine en 1936 entre Léon Degrelle et Victor de Laveleye qui se croyait le « pivot de la lutte contre Rex » a bien entendu excité la verve de Jam, le caricaturiste du Pays réel (18 décembre 1936).

     

    LD Laveleye Grafopress.jpeg

     

    Voici la seule photographie du meeting de la Madeleine (14 décembre 1936) que nous connaissions. C'est un cliché de presse de l'agence de « Photo reportage belge » Graphopresse, légendée : « LE MEETING CONTRADICTOIRE DEGRELLE de LAVELEYE. Ce soir, en la salle de la Madeleine, a eu lieu un meeting contradictoire. MM. Degrelle et de Laveleye prirent la parole à tour de rôle. Voici des attitudes des deux orateurs. GRAPHOPRESSE B. 14.12.36 ».

     

    PR 22.04.1937 Jam Laveleye ministre.png   PR 15.07.1937 Jam Laveleye dehors.png

     

    Jam a résumé en deux dessins la carrière éphémère de ministre de la Justice de Victor de Laveleye : trois mois seulement séparent en effet le dessin de gauche, montrant le Premier ministre Paul Van Zeeland et son ministre des Affaires étrangères Paul-Henri Spaak qui offrent le portefeuille de la Justice à un Victor de Laveleye arborant les insignes de la franc-maçonnerie sur son orgueilleuse poitrine et s'arrosant les épaules de ses pellicules légendaires, du dessin de droite montrant le ministre renvoyé qui, férocement attaqué par les membres de son propre parti, essayait de dissimuler son éjection par une démission volontaire.

    (Dessins publiés dans Le Pays réel des 22 avril et 15 juillet 1937)

     

     

     

    Gudrun

     

    Gudrun.jpg

     

    Autre publication risquant encore d'aggraver le cas du Cercle auprès de ses persécuteurs –et pourtant d'une importance historique majeure– : l'interview accordée en 1992 par Gudrun Burwitz, née Himmler (1929-2018, ce blog au 13 novembre 2018). Il en existe une version anglaise, disponible sur le site anglophone « Honorer les Anciens », Mourning the Ancient  (où se trouve aussi l'interview du général Otto Ernst Remer, ce blog au 6 juillet 2024). En voici donc enfin la traduction française.

     

    Celle qu'une certaine presse à sensation a surnommée la Princesse du nazisme et qui a toujours honoré et défendu la mémoire de son père, évoque dans cet entretien, ses premières impressions d'enfant, toutes de bonheur, dans la vie et dans ce qui était son univers, l'Allemagne nationale-socialiste.

     

     

    Gudrun AH Berghof.png

    Depuis ses tout premiers souvenirs, Gudrun (à gauche, avec les tresses, s'élançant vers le Führer) ne peut évoquer que sourires et bonheur dans le Reich national-socialiste. Mais elle connut un changement radical avant même ses seize ans, en 1945. Elle vécut alors désormais dans la démocratie rétablie par les vainqueurs enseignant qu' « une nation et son peuple doivent mourir et souffrir parce qu'ils constituent une menace pour la “liberté” » (les deux photographies de Gudrun proviennent du site Mourning the Ancient).

     

     

    « La vie était belle, et je le dis dans tous les sens du terme. [...] Quand j'ai commencé à me souvenir de ma vie, c'était en 1934 [...]. Tout ce dont je me souviens, c'est que j'entendais que tout le monde avait une vie meilleure, j'entendais comment l'Allemagne avait surmonté beaucoup de désespoir et une misère économique. Les gens que je voyais étaient vraiment heureux ; il y avait des sourires partout où j'allais [...]. C'était l'essence du national-socialisme ; tout était fait pour le peuple, pour aider à améliorer la vie et le bonheur de chacun. [...] La vie dont je me souviens dans le Reich était organisée, heureuse, épanouissante et pleine d'espoir. »

     

    Fantasmes de la fille du présumé criminel absolu idéalisant son père ou nostalgie d'un véritable paradis perdu ?

     

    Santoro 1938.jpegSans doute a-t-on naturellement tendance à embellir le passé, mais en l'occurrence, des publications existent bel et bien pour documenter ce que furent les débuts du régime national-socialiste. Le livre de Cesare Santoro publié en 1938, Quatre années d'Allemagne d'Hitler, figure certainement parmi les plus intéressants et documentés. Un livre qui ne se trouve plus que dans les bouquineries (en ville ou en ligne), mais qui peut aussi se télécharger.

     

    On pourra aussi se reporter aux tout récents articles de Vincent Reynouard publiés dans quatre numéros consécutifs de Rivarol sous un titre révélateur de la volonté de l'auteur de rendre justice à la vraie nature et aux véritables intentions du national-socialisme et des régimes d'ordre nouveau qu'il a soutenus, 1944-2024 : 80 ans, ça suffit. Libérons-nous de nos “libératueurs” ! (Rivarol, 4, 11, 18 et 25 septembre 2024).

     

    Complémentaires des impressions laissées à Gudrun par ses heureux souvenirs d'enfance, ces articles de Vincent Reynouard expliquent quelles furent les mesures concrètes permettant « d'améliorer la vie et le bonheur de chacun » et comment était organisée la société pour être, toujours selon les termes de Gudrun, « heureuse, épanouissante et pleine d'espoir ». Comment aussi fut proposée aux autres nations européennes la création d'un ordre économique et social semblablement émancipateur.

     

    Et d'évoquer d'emblée quelle aurait dû être l'Europe nouvelle : « Économiquement, l'Allemagne met à la disposition de l'Europe ses idées, son système et sa faculté d'organisation économiques, ainsi que les moyens d'action indispensables. Le nouvel ordre économique sera fondé sur l'égalité des droits de tous les peuples européens et fondé sur la capacité de travail et la production, non sur la fortune arbitraire et le capital. L'Allemagne n'a pas l'intention d'imposer aux autres peuples son organisation sociale et son idéologie, mais elle est persuadée que ses acquisitions sociales sont d'une importance dépassant le cadre national et l'expression des exigences du XXe siècle. L'Europe nouvelle, telle qu'on la représente, est une Europe sans chômage, sans crise économique et financière, une Europe de distribution du travail, ayant à sa disposition les appareils techniques les plus modernes pour la production et un système de communications inter-européennes élaboré en commun. » (Rivarol, 4 septembre 2024). Il ne s'agit pas là de plans sur la comète élaborés par un néo-nazi impénitent, mais de la vision concrète de l'avenir qui attendait l'Europe des Nations dans l'orbite nationale-socialiste, telle qu'exprimée par le Reich victorieux dès après la signature de l'armistice de 1940.

     

    En conclusion de ces articles richement documentés, nous découvrons le « secret » de la vie heureuse et épanouie de la jeune Gudrun : « pour accepter la révolution nationale et sociale dont l'Allemagne avait donné l'exemple, les Français –et plus généralement les peuples européens– devaient s'extraire de leur égoïsme. Le défi envoyé par le destin, le vrai, était là [...] dans une lutte contre soi-même pour se bonifier. » (Rivarol, 25 septembre 2024).

     

    Ne retrouvons-nous pas là la révolution des âmes préconisée, illustrée et vécue tout au long de sa vie par Léon Degrelle ? Conduite révolutionnaire du si jeune tribun belge qui impressionna définitivement Adolf Hitler lors de leur première et décisive rencontre du 26 septembre 1936 (ce blog aux 12 mai et 4 juin 2016).

     

     

     

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    Toutes les dispositions, précisions, réalisations présentées par Vincent Reynouard sont systématiquement étayées, non par des considérations contemporaines d'historiens politiquement corrects ou non, mais par des références extraites de documents d'époque (Rivarol du 4 septembre 2024).

     

     

    Pour cette leçon d'histoire sans les oeillères légitimant les habituelles contre-vérités diffamatoires, Vincent Reynouard ne fait insistons-y que s'appuyer sur un impressionnant appareil de références ne laissant aucune place à la fantasmagorie. Il nous annonce aussi que ces articles indispensables seront très prochainement publiés « sous la forme d'une brochure illustrée ayant pour titre : Ne pas se tromper d'ennemi. Elle sera disponible auprès de la Boutique Sans Concession. »

     

     

    Degrelliana

     

    Et malgré les gravissimes persécutions qui affectent son travail, le Cercle parvient toujours à nous surprendre par la richesse de ses découvertes degrelliennes.

     

    Campagne Russie suédois 2016.pngAinsi des éditions et rééditions continues des œuvres de l'auteur de Révolution des Âmes en langues étrangères.

     

    Une réédition de La Campagne de Russie en suédois nous est signalée : Kriget på östfronten (Guerre au Front de l'Est, Mémoires d'un volontaire SS, 1941-1945, cartonné, 2016, 430 pages, 249 kr (22,10 €) aux éditions Logik Förlag.

     

    Mais c'est surtout la mise à disposition du lecteur francophone des Notes écrites en cheminant vers Compostelle qui intéressera nos lecteurs. Elles ne sont accessibles –gratuitement !– que par téléchargement de la brochure offerte au format pdf par les éditions Fenice Europa.

     

    Nous disposions déjà, depuis 2002, de l'édition de L'Homme Libre sous le titre Mon Chemin de Saint-Jacques (ce blog au 3 mai 2021). Ici, c'est le fac-similé du tapuscrit des lettres retraçant le pèlerinage de Léon Degrelle à Saint-Jacques de Compostelle qui nous est proposé.

     

    Et l'initiative est intéressante car les feuillets sont corrigés par une autre main que celle de Léon Degrelle, ce qui nous permet d'intéressantes découvertes éditoriales.

     

    Il ne peut s'agir que de Marie-Antoinette Van Lede (1907-1960), l'épouse de Robert Du Welz, aide de camp du dernier Commandeur de la Légion Wallonie (ce blog au 28 novembre 2017 et 13 octobre 2021), à qui ces lettres ont très certainement été adressées et qui les a réunies en un précieux volume.

     

     

    Compostelle.png     Compostelle Page garde.png

     

    À droite, la page de garde du manuscrit relatant le pèlerinage de Léon Degrelle à Saint-Jacques de Compostelle. Ne comportant pas encore de titre précisément choisi, elle ne présente que le nom de l'auteur et le dessin de la Feuille de Chêne ornant sa croix de Chevalier de la Croix de Fer : elle sera l'emblème des éditions À la Feuille de Chêne (La Hoja de Roble, en espagnol).

     

    Le titre figurant sur la page de garde du tapuscrit (et repris en couverture de cette édition italienne, à gauche) constitue en fait une description du contenu que Marie-Antoinette Du Welz donne à la dactylographie qu'elle a réalisée du manuscrit de Léon Degrelle.

     

    Cette page est donc extraite du manuscrit de Léon Degrelle, qui a ébauché la présentation qu'il souhaite mais sans s'être encore décidé sur le titre exact. De même que provient également du manuscrit le dessin du traditionnel pèlerin de Saint Jacques, accompagné d'une citation calligraphiée de Révolution des Âmes, « C'est l'air, c'est la lumière des sommets qui t'appellent... » (p. 174).

     

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    Après s'être installée avec toute sa famille en Espagne fin 1947, Marie-Antoinette Du Welz offrit ses services au début des années 1950 à Léon Degrelle en tant que secrétaire. Elle se chargea ainsi de la dactylographie de La Grande Bagarre en 1950 (ce blog au 26 mai 2016) et de l'édition espagnole des Âmes qui brûlent en 1952.

     

    Marie-Antoinette Du Welz qui tapa le manuscrit du Chemin de Compostelle à la machine à l'automne 1951, se chargea naturellement aussi de la relecture et de la correction de son travail. On trouve ainsi le plus souvent dans ce tapuscrit la correction de fautes de frappe, mais aussi quelques annotations. On lit, par exemple, à la page 16 du tapuscrit, la proposition de correction : « Tu as dû te tromper :... [Estella], c'est NAJERA » (27 juin).

     

    Compostelle Correction MA Du Welz.png

     

    Effectivement, l'étape d'Estella, son « vieux palais royal » et ses églises « aux beaux chapiteaux sculptés » (25 juin) est décrite quelques pages auparavant. Estella avait particulièrement impressionné Léon Degrelle (« Estella (ma ville préférée) », 26 juin) qui profitait aussi de son pèlerinage pour se procurer objets d'art, meubles ou instruments originaux qui trouveront, dix ans plus tard, l'écrin qui les magnifieront dans la finca sévillanne de La Carlina.

     

    Compostelle Achats.png

     

    D'autres indications, au crayon et la plupart du temps illisibles, devaient servir à la version espagnole. Mais pour décrire une épique bousculade populaire, l'évocation de la verve burlesque du caricaturiste Dubout –inconnu des Espagnols– disparaîtra simplement du texte (« Parfois, un taxi [à la Dubout], brinquebalant, pétaradant, hissant par ses fenêtres dix ou douze têtes hirsutes, cramoisies, enthousiastes. », 26 juin).

     

    Plus loin, l'expression « soupente-train » (3 juillet) est banalement traduite par « couchette » (litera), qui ne fait que pauvrement référence à l'origine du néologisme degrellien : « tous les lits sont alignés l'un derrière l'autre, comme un train » (2 juillet) ; « tout le monde dort à la queue-leu-leu dans le tram-tram » (3 juillet)...

     

     

     

    LD Grippette.jpegRare photo de Léon Degrelle grimpant dans un peuplier servant de poste d'observation sur le front de l'Est. Sans doute eût-il pu se servir de « grippettes » si les pionniers de la Sturmbrigade n'avaient déjà planté dans l'arbre des barres d'acier servant d'échelle...

     

    Détail à ne pas négliger : les impressionnantes bottines cloutées. Elles ne quitteront jamais leur propriétaire : dans le Heinkel s'écrasant à San Sebastián comme lors du pèlerinage à Compostelle.

     

    Elles en parcourent toute l'épopée : « Mes gros clous glissent sur le macadam » (21 juin) ; « J'ai enfin fait sonner, sous le fer de mes grosses godasses, l'escalier d'une toute vieille fonda [auberge] » (27 juin) ; « Il n'y a que mes grosses godasses qui me mettent un peu hors du lot banal des clochards. Tout le pays les dévore... des yeux, m'interpelle à leur sujet. Porter quatre kilos aux chevilles leur paraît encore presque pis (que horror !) que les mille kilomètres à franchir. Una barbaridad ! Pourtant ils me sauvent. [...] Ces godillots sont une merveille, sont insensibles à tous les accidents de terrain. Je ne remarque même plus qu'ils pèsent. Et mes pieds, grâce à eux, sont intacts : pas une écorchure, pas un doigt de pied rouge ;  à une exposition de "ganado" [bétail], ils auraient, rayon pattes, le prix d'honneur. » (29 juin).

     

     

    Il est cependant un exemple d'intervention malheureuse de l'auteur de la version espagnole contaminant le texte français, dans la description de l'accès à l'église du petit village basque d'Erro : « Même les églises sont des châteaux-forts, parfois perchées au haut d'un roc, comme au village d'Erro, liée au village par un escalier en grippette. » (21 juin).

     

    « Grippette » n'est pas un terme du français académique, encore qu'il dérive évidemment du verbe gripper, dont le Dictionnaire de l'Académie nous dit qu'il signifie Attraper et qu' « il se dit proprement Du chat et de quelques autres animaux », Littré précisant « En parlant du chat ou de tout autre animal à griffes ». Ce mot appartient au parler forestier de Bouillon, c'est-à-dire au wallon des Ardennes, et désigne le « crochet de grimpeur à l'arbre (employé par l'élagueur) » (Lucien Léonard, Lexique namurois, Société de Langue et de Littérature wallonnes, p. 541). Embêté de trouver un équivalent espagnol, le traducteur a proposé caracol (escargot) : « por un escalera de caracol », expression reprise par l'éditeur français perplexe face à la grippette degrellienne qui devient alors « un escalier en colimaçon » (p. 11 de l'édition de L'Homme Libre; notre édition espagnole est Mi camino de Santiago, Ediciones Barbarroja: ce blog au 3 mai 2021).

     

    Mais l'escalier donnant accès à l'église d'Erro n'est nullement en colimaçon : à mi-hauteur, il se divise en deux pour rejoindre le porche à ses deux extrémités. C'est cette particularité dessinant la forme de deux crochets qui éveille chez Léon Degrelle le souvenir des « grippettes » utilisées par les élagueurs dans les bois de son enfance. Les évocations de son terroir natal ne sont d'ailleurs pas rares dans le récit de son pèlerinage à Saint Jacques : « J'ai franchi une rivière sous les branches, sur un pont de bois branlant. Je pensais à Papa sans cesse, à nos promenades de jadis. » (21 juin) ; « il fait par ici un froid d'hiver ardennais ! » (23 juin) ; « Les derniers coups de marteau des tonneliers s'éteignaient. Je rêvais à mon enfance. » (28 juin) ; « Chère, imagine la côte d'Auclin à Bouillon, multipliée par quatre. » (13 juillet) ; « Rivière du type de la Lesse, joyeuse, bondissante, chantante, longée de pêcheurs à la truite, coupée vingt fois par des barrages de pierre et d'étranges claies rondes, en fagots. » (15 juillet),...

     

     

     

    Erro Eglise grippettes.png

    L'église d'Erro et son escalier « en grippette » : cette église n'est pas vraiment celle que Léon Degrelle put voir en 1951 : celle-là fut détruite par un incendie et celle-ci reconstruite en 1958. Mais malgré l'adoption d'une architecture contemporaine, elle a conservé l'escalier monumental formant un double crochet qui l'agrippe au minuscule village.

     

     

    À l'origine de la publication de ce tapuscrit, se trouve Giancarlo Rognoni, fallacieusement accusé d'avoir participé au démarrage de la pseudo-stratégie de la tension en 1969 par le monstrueux massacre de la Piazza Fontana à Milan (17 morts, 85 blessés) et condamné à la perpétuité avant d'être spectaculairement blanchi par la cour de cassation, il y a aujourd'hui vingt ans.

     

    Comme beaucoup de persécutés par les (vraiment coupables) services des États « démocratiques », Giancarlo Rognoni put fortifier ses convictions auprès de Léon Degrelle, sans doute le plus fidèle des ambassadeurs de l'ordre nouveau, désormais voué à l'exécration universelle.

     

    Voici, extrait de la préface de ce livre, le récit que Giancarlo Rognoni nous donne de sa rencontre avec Léon Degrelle, prélude à cette publication inattendue : son caractère anecdotique ne dissimule pas son intérêt pour la compréhension de l'idéal d'harmonie, de beauté, de communion présidant à une authentique révolution des âmes.

     

    « Après le dîner, la conversation a porté sur les volontaires européens de la dernière guerre mondiale. C'est alors que Carlo Maria sortit de sa bibliothèque un texte qu'il m'invita à lire. Il s'agissait de Hitler pour mille ans, écrit par Degrelle. Le lendemain matin, j'avais les yeux humides et l'esprit rêveur, mais le texte était à jamais gravé dans mon âme.

     

    À l'époque, je n'aurais jamais imaginé que des années plus tard, poursuivi par la police politique, je toquerais à un appartement à Madrid et que le général et sa femme Jeanne ouvriraient la porte, m'accueillant avec l'éternel salut des peuples d'Europe : Bienvenue chez nous, Camarade”. À partir de ce jour, une relation constante, régulière et, si je puis dire, affectueuse, s'est établie, qui a duré jusqu'au décès du général et qui a beaucoup enrichi mon esprit.

     

    LD+Giancarlo Rognoni.jpgIl me parlait de tout, avec une originalité qui peut surprendre ; l'espace que le général laissait aux événements de la guerre était restreint, alors qu'il s'était engagé comme simple soldat et avait atteint le sommet de la hiérarchie militaire dans une armée qui ne distribuait certainement pas les grades. Degrelle était un soldat courageux, un homme politique intègre, un journaliste brillant et un écrivain passionnant, mais à mes yeux, il était avant tout un grand maître, le grand maître d'un ordre de chevalerie, le dernier à avoir foulé la terre d'Europe. Ce même homme qui m'était apparu, tant d'années auparavant, surgissant presque par magie des brumes de la lagune.

     

    Lors d'une de nos nombreuses rencontres, il m'a confié une copie dactylographiée d'un de ses carnets de voyage, me laissant, ainsi qu'à ma communauté, la liberté de l'utiliser comme témoignage de la manière la plus appropriée au bien commun. Ce texte était Mon chemin de Saint-Jacques : le récit de son pèlerinage en 1951 à Saint-Jacques-de-Compostelle. Le texte est resté dans un tiroir de bureau pendant de nombreuses années jusqu'à ce que la persévérance et la détermination d'un autre disciple, Livio di Como, en fasse un outil du voyage, informatisé et mis à la disposition de tous, disciples, chercheurs, aspirants pèlerins. »

     

     

     

    Guide Bleu LD.jpeg

    Le Guide Bleu – Espagne : Léon Degrelle possédait cette édition de 1935 au moins à partir de 1948 (d'amères réflexions sur sa situation ont été formulées sur les pages blanches de fin de volume et datées du 24 novembre 1948). Ce guide alliant les itinéraires routiers aux renseignements culturels et historiques a certainement accompagné le pèlerin sur son chemin de Compostelle comme en atteste les annotations et les signets, de même que cette évocation dans sa lettre du 23 juin 1951.

     

    Compostelle Guide.png

     

    On ne peut qu'être emporté par le lyrisme puissant imprégnant la relation de son pèlerinage par Léon Degrelle. Au service de sa foi fervente, de sa volonté sans compromission et même de l'humour lui permettant de supporter méfiance et rebuffades des hommes ainsi que les morsures de mouches et de puces ou les attaques de chiens et de taureaux, ce bouillonnement passionné animant chaque épisode illustre son identification naturelle, spontanée et quasi littérale avec le vrai poète selon Juvénal, « celui qui marche hors des sentiers battus, qui ne compose rien qui ne soit original [...] parce qu'il a une âme sans angoisse ni amertume, qu'il aime les forêts et boit aux sources des Muses » (Satire, VII).

     

    Compostelle Juvénal.png

     

    « Mais le paysage était si beau que je me laissais tenter tout de même. Chère, imagine la côte d'Auclin à Bouillon, multipliée par quatre. La piste descendit, pendant une heure, zigzaguant sur les morceaux de schiste, dans un paysage embaumé de bruyères, de genêts, de fougères, de milliers de chênes courtauds. Puis tout en bas, j'arrivai à un grand ruisseau (tellement ardennais !) bondissant dans les pierres, liseré de foins étroits non encore mûrs. On tournait. On remontait. On enjambait des petits ponts faits de poutres et de fagots. Silence, solitude étrange. J'ai suivi pendant deux heures ce gros ruisseau sans voir personne. Manger ? Heureusement j'avais emporté d'Astorga un quignon de pain. Je m'assis près d'une cascade chantante, bleutée de libellules et trempai mon pain dans l'eau limpide. Dîner de roi. » (13 juillet 1951).

     

     

     

    Cercle des Amis de Léon Degrelle, adhésion (30 ou 37 euros, selon que vous résidiez en France ou non) : www.boutique-nationaliste.com 

     

    Adresse : Cercle des Amis de LD, BP 92733, 21027 Dijon Cedex, France.

    lesamisdeleon.degrelle@gmail.com

     

  • Cercle des Amis de Léon Degrelle

     

    XLIe Correspondance privée – juin 2024

     

    C'est une photographie parfaitement inconnue de Léon Degrelle qui illustre la couverture de la nouvelle Correspondance du Cercle des Amis de Léon Degrelle, la quarante et unième déjà.

     

    Comment diable le Cercle s'est-il procuré ce document original ? Notre curiosité sera quelque peu satisfaite par un encadré de la page suivante : « La photo de couverture a été prise par Jean Louis Urraca Cornette et se situe vers le milieu des années 50. On y voit Léon Degrelle lire dans la cour de La Carlina. »

     

    Le Cercle eût pu être plus explicite car ce cliché provient d'une récente édition espagnole dont il signale l'existence en dernière page, à la fin de la rubrique consacrée aux publications degrelliennes : Bajo el manto del Caudillo (« Sous le manteau du Caudillo [Franco] ») dont la couverture s'orne également d'une photo d'autant plus originale que c'est la seule –à notre connaissance–, qui montre l'auteur de La Campagne de Russie en maillot de bain !

     

    L'auteur du bouquin est José Luis Rodríguez Jiménez, enseignant l'Histoire contemporaine et l'Histoire du Terrorisme à l'Université Roi Juan Carlos, établissement spécialisé dans la délivrance de diplômes-camelotes à scandale (à la ministre de la Santé, au président du Parti populaire, à la présidente de la région de Madrid,...).

     

    Bajo el manto.pngSans doute le Cercle ne souhaitait-il pas (à juste titre !) faire trop de publicité à ce pur produit du politiquement correct, car s'il précise bien qu'il comporte de nombreuses photos inédites de Léon Degrelle (provenant toutes de la collection d'un certain Jean-Louis Urraca Cornette : quatre du héros de Tcherkassy, trois de La Carlina, une de la tombe du fils unique de Léon Degrelle), le Cercle ne manque pas de nous dire que penser de cet ouvrage destiné à épouvanter ceux qui ignoreraient que des « nazis, des fascistes et des collaborateurs » avaient pu trouver asile dans l'Espagne franquiste : « Internet nous apprend que l'auteur est un professeur d'université, spécialiste de l'extrême-droite et des fascismes ?! Sans doute du même type que ceux que nous subissons en France ou en Belgique, tels les Balace, Colignon, Milza, Winock, Perrineau et autre Targuieff. Tout un programme ! »

     

    Jugement on ne peut plus pertinent et que nous confirmerons en long et en large dans un prochain article que nous consacrerons à ce livre dont le seul intérêt est –rappelons-le– la publication de photos inédites de Léon Degrelle.

     

     

    « Nos devoirs devant le pays en danger »

     

    Le texte de Léon Degrelle choisi par le Cercle pour ouvrir sa 41e Correspondance ne manque pas d'à-propos, publié peu avant les élections françaises, –européennes et législatives–, qui consacrent l'irrésistible émergence du Rassemblement national.

     

    Innombrables sont en effet ceux qui accordent aujourd'hui une confiance éperdue dans le jeune et brillant Jordan Bardella qui a précisément l'âge de Léon Degrelle lorsqu'il lança le mouvement Rex en politique. Mais quand on le voit courir après une respectabilité officielle passant par la dédiabolisation politique, on se demande si, en fait, ce n'est pas seulement l'exercice matériel du pouvoir qu'il poursuit : recentrage affiché sur le « pouvoir d'achat », adoption des postulats laïcistes de la République (inscription de l'avortement dans la Constitution), alignement sur la géopolitique européiste (conflit russo-ukrainien, politique théocratique israélienne,...) et même incertitudes sur la politique d'immigration (remigration, problème des binationaux, délivrance des visas, accueil sélectif des migrants,...), etc.

     

     

     

    Bardella par Chard.png

     

    Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, vu par Chard, la caricaturiste toujours perspicace de Rivarol, l'hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne (3 juillet 2024) : le candidat Premier ministre s'efforce vainement d'atteindre le pouvoir en s'appuyant sur ses reniements et la normalisation de son discours au lieu de se gagner le cœur et la raison de son peuple par la révolution des âmes.

     

     

    Manquent en réalité à Bardella, masquant son inexpérience par de mâles postures (« Ma main ne tremblera pas » répété à tout propos), les fermes convictions et les indispensables ressources morales qui lui permettraient de transmuter sa bien sympathique séduction en une autorité charismatique véritablement degrellienne. Pour cela, il lui faudrait –comme s'y efforça Léon Degrelle tout au long de sa vie de combat pour assurer une régénération permanente de la société– œuvrer sans relâche à l'embrasement spirituel du peuple, à son élévation morale par la révolution des âmes.

     

    C'est ce que rappelle déjà le Chef de Rex dans cet éditorial du 10 mai 1935 (il a 28 ans) : « Si l’État est devenu une sorte d'organisme déliquescent, sans vigueur, sans prestige, c'est que les éléments qui le constituent sont eux-mêmes tombés dans une espèce d'état dégénéré au point de vue moral. Il est facile d'évoquer la conjuration des forces occultes et internationales, de vouer à la rancœur publique une minorité d'aigrefins et de profiteurs dont nous serions tous les innocentes victimes. Victimes, nous le sommes tous, mais victimes innocentes, non. C'est de la décomposition de nos forces morales qu'est faite la virulence du mal. » Et de citer le Roi Léopold III à l'appui judicieux de son propos : « Il ne suffit pas que le pays regroupe ses forces dans l'ordre matériel, mais il faut encore qu'il les rassemble dans l'ordre moral. »

     

     

    Le Général Otto Ernst Remer (1912-1997)

     

    Le Cercle publie la dernière partie de la traduction d'une interview du Général Remer, disponible sur le site Mourning the Ancient (« Pleurer les Anciens »). On y trouve également parmi d'innombrables récits de première main, les témoignages révélateurs laissés par les filles de Himmler, Goering et Rosenberg, le fils de Ribbentrop ou l'épouse de Heydrich...

     

    General Remer.pngDans cet entretien, le Generalmajor Remer dont le rôle fut décisif dans l'échec du putsch des généraux félons, le 20 juillet 1944, donne avec la candeur de l'évidence son sentiment sur la réalité du Reich national-socialiste ainsi que son anéantissement : « Hitler était un dirigeant charitable, humble et aimant. C'est pourquoi le peuple allemand s'est battu pour lui jusqu'à ce que nous n'ayons plus de quoi nous battre, que nos villes soient littéralement en ruines et que nos infrastructures aient disparu. [...] Vivre dans un État national-socialiste était une véritable bénédiction. C'était paisible, les gens étaient heureux et la vie valait vraiment la peine d'être vécue pour l'Allemand moyen. Je n'aurais aucune réserve à l'idée de vivre à nouveau dans une Allemagne nationale-socialiste, mais je n'ai aucune envie de revivre la guerre. [...] La manière dont les Alliés ont mené la guerre était une guerre d'extermination : ils ont bombardé sans discrimination, détruisant les trésors de l'Europe qui constituaient un témoignage inestimable de notre créativité et de notre amour de la culture. [...] Les nations alliées ont gagné la guerre grâce à la manière effrayante avec laquelle elles ont combattu et aux armes terribles qui ont été utilisées, mais cela ne leur donne pas raison. »

     

     

    Degrelliana

     

    Il est toujours encourageant de constater la multiplication des éditions et rééditions des ouvrages de Léon Degrelle en français comme en langues étrangères, établissant l'actualité toujours vivante et salutaire de l'auteur de Révolution des Âmes.

     

    Le Cercle nous apprend aujourd'hui qu'ont récemment vu le jour des parutions en anglais, en grec et en... lituanien !

     

    Messages to the Youth of Europe (16,5 $). Le titre est au pluriel car, en plus de l'Appel aux Jeunes Européens de Léon Degrelle (Avalon, 1992), on a joint un texte du Prince Friedrich Christian von Schaumburg-Lippe, conseiller au Ministère de l'Education du Peuple et de la Propagande de Joseph Goebbels.

     

    Messages to the Youth.png     Ames grec.png

     

    My Adventures in Mexico (13,75 €), première traduction en anglais de Mes Aventures au Mexique (Rex, 1933, ce blog au 1er mai 2016).

     

    Oι ψυχές που καίνε (13 €), traduction grecque de Les Âmes qui brûlent (A la Feuille de Chêne, 1964).

     

    Rusijos kampanija. Valonų savanoriai Rytų fronte (« La campagne de Russie, Les Volontaires wallons au Front de l'Est », 20,10 €). Première traduction en lituanien de La Campagne de Russie (Le Cheval ailé, 1949).

     

    Farces Louvain 2024.pngSignalons aussi (car le degrellien à l'origine de l'initiative, un certain Thomas DP, nous a également contacté) la réédition de Les grandes farces de Louvain (19,99 €), édité à 4500 exemplaires en 1930 par les éditions Rex (et repris dans L'Avant-Garde Trentenaire célébrant l'anniversaire de la revue estudiantine animée par le turbulent et toujours joyeux Léon). Pour répondre à son succès inattendu, l'ouvrage connut une nouvelle publication à grand tirage avec couverture illustrée en 1932.

     

    C'est un livre dont tous les biographes de Léon Degrelle parlent, mais qui ne se trouve que très occasionnellement en bouquinerie, et toujours à des prix prohibitifs. On se réjouira donc que le public puisse enfin satisfaire sa curiosité par cette « reproduction fidèle de l'édition REX de 1932 » (avec une couverture représentant approximativement la façade du Faucon, la faculté de droit de Louvain où étudia le jeune Léon).

     

    cercle des amis de léon degrelle,jean-louis urraca-cornette,la carlina,balace,colignon,milza,winock,perrineau,targuieff,jordan bardella,chard,rivarol,otto ernst remer,friedrich christian von schaumburg-lippe,josé luis rodríguez jiménezChronique de ses années estudiantines, ce livre de Léon Degrelle n'est qu'en apparence anecdotique. On y retrouve certes le récit haut en couleur des farces les plus rocambolesques imaginées par le rédacteur en chef de L'Avant-Garde, comme le procès prétendument intenté par les héritiers d'Alexandre Dumas ou le saccage de l'exposition à la gloire de l'Union soviétique (épisode à l'origine de Tintin au pays des Soviets : ce blog, entre autres, au 29 décembre 2021 ; voir aussi Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin), mais également la célébration ardente de la joie de vivre, indissociable de la révolution des âmes !

     

    L'historien Léon van der Essen, professeur à l'Université Catholique de Louvain, ne s'y trompera pas, écrivant dans sa préface de la seconde édition : « Ami lecteur, dévorez ce recueil plein de philosophie, de bon sens, de gaîté, de rosseries et tirez-en les enseignements qu'il comporte. Et priez, en terminant, la Providence afin que, longtemps encore, les étudiants de Louvain soient capables d'organiser des farces comme nous en conte Léon Degrelle. Ces farces, elles contribuent à faire l'humanité meilleure ; elles vivifient le sang ; elles rendent impossible, mieux que le pacte Kellogg, la guerre ! »

     

     

    cercle des amis de léon degrelle,jean-louis urraca-cornette,la carlina,balace,colignon,milza,winock,perrineau,targuieff,jordan bardella,chard,rivarol,otto ernst remer,friedrich christian von schaumburg-lippe,josé luis rodríguez jiménez

     

    « Comment fut nettoyée l'exposition des Soviets prouve que, dans le cœur de la jeunesse universitaire d'après-guerre, il y a infiniment plus de générosité, de clairvoyance, de courage, que sous la salopette du tribun communiste qui, le soir, fréquente les salons mondains, que dans la conscience en caoutchouc des grands flibustiers de la finance, qui font des affaires avec les organisateurs de la révolution mondiale, ou que dans la cervelle tuberculeuse de publicistes naïfs et super-humanitaires qui prennent la défense de la Russie rouge. »

    (Léon van der Essen, Secrétaire Général de l'Université ; dessins de Guibert Gérard).

     

     

     

    Cercle des Amis de Léon Degrelle, adhésion (30 ou 37 euros, selon que vous résidiez en France ou non) : www.boutique-nationaliste.com

     

    Adresse : Cercle des Amis de LD, BP 92733, 21027 Dijon Cedex, France.

    lesamisdeleon.degrelle@gmail.com

     

  • Yvan Benedetti, vrai degrellien

     

    Révolution des Âmes !

     

    Capture-vert.jpgLe 28 janvier dernier, le site de Synthèse nationale (http://synthesenationale.hautetfort.com/) nous apprenait que « le chef des Nationalistes et directeur de Jeune Nation, Yvan Benedetti [avait été placé] en garde à vue pour “agression en bande organisée” » deux jours plus tôt. Cette arrestation faisait « suite à la manifestation anti PMA [procréation médicalement assistée] d’octobre 2019, au cours de laquelle les antifas du Quotidien [sur la chaîne de télévision TMC] avaient été remis à leur place par des militants nationalistes. »

     

    Cette détention provisoire pour des faits aussi futiles et anciens nous a bien sûr interpellé car s’il est un militant nationaliste à non seulement se revendiquer de l’héritage de Léon Degrelle, mais surtout à le faire vivre et à le répandre parmi la jeunesse avide d’idéal, c’est bien Yvan Benedetti.

    Arrestation LD.jpg

    Ce en quoi le Système a toujours excellé :
    faire
    taire les opposants qui ont la capacité
    et l’audace
    de mettre ses mensonges et ses
                         turpitudes
    en pleine lumière (ici, Léon Degrelle,
                         arrêté,
    en 1936, en pleine campagne contre les
                         banksters).

     

    Souvenez-vous : c’était lui qui avait écrit l’un des plus beaux hommages au Chef de Peuple européen dans le premier des Cahiers d’Histoire du Nationalisme. Pour le vingtième anniversaire de la disparition de Léon Degrelle, Christophe Georgy, président de l’Association des Amis de Léon Degrelle en France, avait rassemblé une douzaine de témoignages, à la demande de Synthèse nationale (voir ce blog au 22 janvier 2016). Yvan Benedetti y saluait le « modèle absolu pour les militants dans la lutte, les épreuves, la douleur ».

     

    Et c’est toujours ce message d’élévation spirituelle de chacun par la « Révolution des âmes » qu’il répand tout autour de lui en amenant ses militants à se dépasser en vivant pour leur idéal identitaire et communautaire.

     

    Nous le vérifiions encore dans le petit article que nous consacrions aux Caryatides, dans le dernier numéro de la correspondance privée des membres du « Dernier Carré », reprenant l’information de Rivarol (30 septembre 2020) :

    Caryatides.jpeg« Le 19 septembre dernier, à l’initiative des Caryatides, groupe de femme nationalistes, une trentaine de militants venus des quatre coins de France, armés de la plus puissante des volontés et pétris de l’idéal le plus pur, ont gravi près de 1800 mètres de dénivelé cumulé sur plus de 17 kilomètres. Refusant à l’ennemi le droit de s’attaquer aux symboles de notre peuple, de notre foi et de notre civilisation, bravant le froid, la pluie, le vent et la fatigue, ces cœurs vaillants se sont lancés à la conquête du Tossal Colomer de 2673m d’altitude dans les Pyrénées-Orientales, en contrebas du Carlit, le pic culminant, où la croix sommitale avait été arrachée. »

    C’est ainsi que le rédacteur en chef de Rivarol, Jérôme Bourbon, racontait l’exploit de ces jeunes filles et jeunes garçons partis réparer l’outrage blasphématoire perpétré par "l’Anti-France", ces malfaiteurs acharnés à la destruction de notre culture et de notre identité, toujours encouragés par le Pouvoir car jamais empêchés ni punis.


    Mais pourquoi ne pas s’être facilité la tâche en utilisant les moyens de la technique moderne, comme, par exemple, un hélicoptère ?

    Réponse toute degrellienne du porte-parole des Caryatides : « Si la valeur symbolique de l’érection de cette Croix est indéniable, et que cette action est évidemment un moyen de montrer notre détermination à nos ennemis, c’est dans nos cœurs autant qu’au sommet du Tossal Colomer que le quintal et demi d’acier pèsera pour toujours. Ce sont nos âmes que nous voulons révolutionner » !

    Et comment s’étonner d’un tel engagement, quand nous apprenons que l’événement coïncidait avec le 55e anniversaire d’Yvan Benedetti, l’infatigable et courageux militant nationaliste dont toute l’action est irriguée par la figure, l’exemple, les valeurs et la foi de Léon Degrelle ?

     

    A preuve, cette illustration qu’il nous donne encore de la pensée degrellienne à laquelle il communie intimement : « On connaît Léon Degrelle quand on connaît ses idéaux. Toute sa vie a été conduite par une boussole d’excellence, d’exigence, de droiture. Chez lui, tout est politique ; c’est ce que son existence nous enseigne, de la naissance à la mort, lui qui a fait don de sa personne, avec une dévotion naturelle qui ne laisse pas même supposer un effort ou un sacrifice. Il est cette âme qui brûle sans jamais se consumer, ce feu qui se propage à qui le touche ou l’effleure du bout de la pensée. »

    Aujourd’hui et dans l’attente de son procès le 18 mai prochain, Yvan Benedetti a été libéré et raconte dans une vidéo l’arbitraire des procédures, la saleté des cellules, la promiscuité avec les autres détenus (tous de nouvelles « chances » pour la France et tous des dealers de drogue), mais aussi le soleil que furent les riches conversations qu’il put avoir avec Hervé Ryssen, cet autre prisonnier d’opinion au pays des Droits de l’Homme et de la liberté d’expression, jusqu’au blasphème (mais à l’exclusion de l’Histoire !)… 

    Yvan Benedetti maillot Ryssen.jpgComme il y insiste, ce qu’Yvan Benedetti retirera surtout de cette expérience, ce sera une nouvelle leçon d’élévation par l’épreuve et la souffrance (voir le film de sa réaction sur http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2021/01/30/yvan-benedetti-revient-sur-sa-garde-a-vue-6294200.html) :

    « Cette période de garde à vue, ça vous maintient en révolution. Que vaut un idéal si vous n’êtes pas prêt à sacrifier votre liberté ? D’autres ont sacrifié leur vie à une autre époque. Cela nous conforte dans notre volonté de nous engager. »

     

    Pour aider Yvan Benedetti et ses militants nationalistes, degrelliens exemplaires, il est possible de participer aux frais d’avocats et de justice par un don via Paypal : (paypal.me/assoclan).

  • À propos de deux rééditions du « Léon Degrelle et l’avenir de “Rex” » de Robert Brasillach

    De méchantes préfaces prenant le contre-pied de l’auteur !

     

    Tout le monde se félicitera que, depuis quelque temps, les éditions Pardès rééditent les œuvres complètes de Robert Brasillach les rendant à nouveau accessibles au plus grand nombre. Aujourd’hui, Rivarol nous apprend que reparaît l’excellente brochure Léon Degrelle et l’avenir de Rex.

    1 Brasillach Rex.jpeg

    Edition originale de Léon Degrelle et l’avenir de “Rex”, aux éditions Plon, en 1936.

     

    Celle-ci avait déjà connu une réédition voilà un peu plus de deux ans chez Ars Magna : nous en reparlerons. Mais, chose tout à fait originale, nous avons également appris qu’une traduction anglaise en avait été publiée, effectuée par un certain C.J. Webfield qui anime un site d’édition en ligne, Old Council Yard Press (Presses de l’ancienne Cour du Conseil). C’était le nom, paraît-il, d’une cabane servant de bibliothèque à un aérodrome de la RAF, base de départ de bombardiers de terreur américains vers les villes allemandes (le 452nd Bomber Group). Nous ne sommes pas parvenu à saisir le lien entre ce lieu, les éditions et le genre de ses publications plutôt anticonformistes : figure ainsi également au catalogue la traduction –disponible gratuitement– de la Lettre aux Français, le texte que Léon Degrelle, interdit de séjour en France, donna à Je suis partout qui le publia dans un numéro spécial « Qu’est-ce que Rex », le 24 octobre 1936.

     

    2 LD Brasillach English.jpgToujours est-il que si nous ne pouvons juger de la pertinence de la traduction, nous apprécierons toutefois la courte introduction (en corrigeant toutefois la date de l’assassinat légal du poète : c’est le 6 février 1945 qu’il fit face au peloton d’exécution) : « Robert Brasillach est cet écrivain-journaliste de droite français, exécuté par le gouvernement français en 1944 pour crime d’intelligence avec l’ennemi, qui a écrit cette brève étude journalistique sur le jeune et charismatique homme politique belge Léon Degrelle et son mouvement et parti politique catholique Rex. »

     

    Comme nous allons le voir, une telle neutralité dans la présentation est loin d'être cultivée dans les rééditions françaises.

     

    C’est Ars Magna qui, le premier, a réédité ce tout premier reportage français consacré à Léon Degrelle, ce jeune tribun belge à qui le gouvernement socialiste de Léon Blum venait d’interdire l’accès du territoire français.

     

    L’éditeur spécialisé dans les études évoliennes a inscrit le texte pénétrant de Robert Brasillach dans sa collection « Le Devoir de mémoire ». Malheureusement, il a laissé un certain Maurice Courant (rien à voir avec le célèbre orientaliste français : celui-ci n’a l’air au courant de rien) y salir la mémoire de Léon Degrelle en dénaturant le livre d’un Brasillach qui n’en peut mais. Sa méprisable introduction, condescendante et médisante, manifeste en sept pages de prétendue biographie sa totale incompétence historique : comment s’en étonner puisqu’il y salue en Francis Bergeron l’auteur « d’un des seuls ouvrages sérieux sur le sujet » ? Il se croit, du coup, autorisé à dénoncer « l’excès du verbe » de Léon Degrelle, « sa vanité et son extraversion », sa « voix braillarde » et ses « monologues dont on ne sait pas bien où est la vérité, où est le mensonge », etc. Et de prétendre que Léon Degrelle s’est même « autoproclamé Volksführer –Guide du peuple– de la Belgique » (Léon Degrelle fut officiellement reconnu Volksführer en novembre 1944, avec pleins pouvoirs politiques, militaires et administratifs sur les Wallons). Bref, « c’est la guerre et le soutien allemand qui relancent Degrelle » marqué par ses échecs et « son déclin politique » : tout le reste, ses combats au Front de l’Est, ses relations privilégiées avec Adolf Hitler ou d’autres dignitaires du régime, ne ressortissent qu’à sa « mythomanie »…

     

    Mais qu’est-ce que ces commentaires extravagants ont à voir avec le reportage de Robert Brasillach se liant d’amitié avec Léon Degrelle en 1936 ? Rien, bien sûr. Aussi ce Courant négatif déglutit-il cette conclusion abjecte, censée établir un lien avec l’œuvre toute d’empathie de Robert Brasillach pour expliquer et justifier ses crapuleuses scélératesses : « Brasillach ne connaissait pas la “fin de l’histoire”, qu’il paiera d’ailleurs de sa vie, quand Degrelle put jouir pour sa part de son exil doré » !

     

    Ce monsieur tout électrisé de sotte jactance n’est de toute évidence pas au courant que Léon Degrelle risqua sa vie en permanence au Front de l’Est pour son idéal social et national et pour protéger l’Europe de l’invasion bolchevique. Il ignore aussi que, loin d’être doré, son exil commença dans les hôpitaux, se poursuivit dans des cachettes où il dut vivre seul et sans contact pour échapper aux recherches de l’OSS américain et de la police espagnole, avant de devoir déjouer de multiples tentatives d’enlèvement (au moins quatre belges, deux israéliennes, une française !), vivre de la générosité de ses amis et exercer les métiers les plus divers avant de pouvoir retrouver, dans ses dernières années, une vie familiale plus ou moins normale et décente…

     

    3 Ars Magna Brasillach.jpgC’est à se demander si le but premier de la réédition d’Ars Magna, loin de vouloir rendre à nouveau accessible le beau texte de Robert Brasillach, n’était pas d'entacher l’image de son ami Léon Degrelle.

     

    Nous ressentons la même impression à lire la nouvelle parution de cet ouvrage aux éditions Pardès. En pire car elle va encore plus loin ! Courant prétendait que Brasillach connaissait mal Degrelle et qu’il s'était donc trompé sur son compte. Bergeron, plus subtil, laisse entendre que Brasillach aurait bien percé à jour Degrelle, mais en ne rendant accessible son avis (bien hypothétiquement) négatif qu’au seul lecteur habitué à ne lire qu’entre les lignes.

     

    C’est que Pardès a affligé sa propre réédition d’une préface de l’anti-degrellien Francis Bergeron. Très certainement parce que ce malhonnête homme –« la fourberie faite homme » selon Rivarol (13 novembre 2019)– avait déjà signé aux mêmes éditions, le Léon Degrelle. Qui suis-je ? que, de son propre aveu, il n’aurait pas dû écrire (voir notre blog au 30 avril 2016). C’est le regretté Jean-Claude Valla qui avait souhaité écrire cette biographie et en avait rassemblé la documentation ; malheureusement, il décéda avant la concrétisation du projet. Pardès décida de « sauver les meubles » en confiant le projet au plumitif-maison Francis Bergeron, qui s’y colla.

     

    Pour juger la pièce besogneuse qui en résulta, nous mîmes des gants jusqu’aux oreilles (n’hésitant pas à en rajouter dans le registre du compliment), nous efforçant de rectifier les nombreuses erreurs, approximations, commentaires inadaptés, sans vexer si possible l’auteur qui, réputé « de notre bord », avait peut-être été dépassé par la tâche et surtout par sa méconnaissance du sujet (voir notre blog à partir du 30 avril 2016).

     

    Mais l’obstination sans faille qu’il met dans le dénigrement systématique de Léon Degrelle (voir notre blog au 21 septembre 2020) nous l’a définitivement classé dans le camp des ennemis méchamment calomniateurs du dernier Commandeur de la Wallonie que sont les sectateurs de l’histoire officielle et traficotée à la CEGESOMA, les De Bruyne, Balace, Conway ou Colignon.

     

    4 Pardés Rex.jpegEt aujourd’hui, le voilà qui remet le couvert en prétendant préfacer la lumineuse brochure de Robert Brasillach. Il y condense en réalité son dénigrement en cinq pages toutes fielleuses sur le ton détaché de l’objectivité. A croire que l'exergue figurant en couverture de toutes les rééditions de Pardès a été particulièrement choisi pour accompagner cet ouvrage consacré à Léon Degrelle: « J'ai pu me tromper [...] sur des personnes, mais je n'ai rien à regretter de l'intention qui m'a fait agir » !

     

    Léon Degrelle y est présenté comme un « jeune politicien belge » (« politicien » était un terme honni par Léon Degrelle) dont « le destin […] tourna court assez vite », vu le « spectaculaire échec de Rex ». Dès lors, lorsque Brasillach revint voir Degrelle après les élections partielles du 11 avril 1937, « le charme entre les deux hommes […] est désormais rompu, d’autant que les rivalités entre nationalistes francophones et nationalistes flamands avaient laissé Brasillach perplexe »…

     

    Voilà qui constitue une interprétation pour le moins affranchie du texte même de Robert Brasillach !

     

    Destin politique abrégé de Léon Degrelle ? Après les élections de 1937 incriminées par Bergeron, Brasillach dresse pourtant ce portrait du Chef de Rex prêt à affronter l’avenir : « Je le trouve plus mûri que ces derniers mois, toujours aussi vivant, d’une force aussi allègre et aussi puissante, aussi jeune en un mot, mais aussi plus attentif aux moyens exacts de réaliser ce qu’il désire. Son bon sens, caché sous la fougue, m’avait toujours frappé. Il semble avoir grandi encore aujourd’hui. » (Je suis partout, 5 novembre 1937).

     

    Echec spectaculaire de Rex ? Brasillach célèbre plutôt « le jeune mouvement rexiste […] qui vient de faire crouler le Premier ministre béni par Wall Street et par Malines à la fois. » […] Et de décrire l’humiliante cacade de Van Zeeland qui « gagne une retraite inconnue, perd son portefeuille de Premier ministre, ne peut décemment pas revenir à la Banque Nationale et abandonne même ce siège de député qu’il avait gagné le 11 avril. » Conclusion de Robert Brasillach ? « Six mois après sa défaite, […] c’est Rex qui a vaincu. » (Je suis partout, 5 novembre 1937) !

     

    Charme rompu, vu la perplexité de Brasillach devant les querelles linguistiques belges ? Mais dans son article de 1937, Brasillach n’évoque à aucun moment les différents entre Wallons et Flamands ; il évoque par contre la réalité du charme qui le rapproche toujours de celui qu’il appelait dans sa brochure sur L’Avenir de “Rex” ce « grand poète, qui a su capter les voix de sa terre natale » (p. 77) : « Léon Degrelle n’a pas changé. Il a toujours la même vitalité prodigieuse, la même parole simple et imagée à la fois, ses vifs yeux noirs, ses mains petites, gracieuses et fortes, qui semblent, lorsqu’il parle, pétrir l’âme même de la foule […]. J’admire ce chef de parti qui ne se laisse pas enliser dans la lutte de chaque jour, mais qui voit au-delà, ce jeune homme dont l’action, si naturellement, s’épanouit en poésie, qui me cite les princes de ce monde, monde de l’esprit plutôt que grandeur de chair, qui est si nourri de culture française et chrétienne. […] il ne veut pas être un esclave enchaîné, même dans des chaînes d’or. […] Et je pense qu’en effet, c’est par l’intransigeance, par le refus des compromissions stériles qu’un parti jeune peut arriver à sauver son pays. […] Je le quitte, ce garçon si vigoureux, si plein de joie et d’optimisme, un des êtres les plus étonnants que l’on puisse rencontrer. » (Je suis partout, 5 novembre 1937).

    5 Rivarol Brasillach LD.jpeg

    Mais Robert Spieler qui présente cette réédition sur une pleine page de Rivarol (30 septembre 2020; mais pourquoi « le Rex », comme si Brasillach parlait d'une salle de cinéma ? il écrit pourtant « l'avenir de Rex » et pas « du Rex »), reprend et amplifie les insinuations de Bergeron. Inexplicablement, sauf à croire qu’il partage peut-être ses préventions contre le futur Degrelle qui se vit près de reconstituer une nouvelle Bourgogne au détriment d'une partie du territoire français (et pourtant, selon Brasillach, cette actualisation de « l'ancienne Lotharingie » eût constitué « une barrière d’Etats neutres fortement organisés », conception à laquelle « on ne peut guère trouver à redire » car « elle aurait bien des avantages pour la paix européenne », p. 57)…

     

    Il avait en effet déjà manifesté sa sympathie, déconcertante car sans réserve, pour « Bergeron qui n’en est pas à un mensonge près » (Rivarol, 13 novembre 2019) en publiant, le 8 octobre 2015, son interview à propos d’un énième ouvrage sur Hergé, lui permettant alors de prétendre que, de préférence à Léon Degrelle, il fallait voir en un certain Robert Sexé, motocycliste, baroudeur, quadragénaire et myope, le modèle de Tintin ! (voir notre blog au 1er février 2016)…

     

    Et ça commence plutôt fort puisque, citant Bergeron se cachant derrière Maurice Bardèche, il rapporte que « Brasillach […] rencontra Degrelle. Il l’interviewa, c’est-à-dire, dit Bardèche, “qu’il assista à un de ces monologues torrentiels et pittoresques que Degrelle appelle bizarrement une conversation”. » Pourquoi citer cette seule phrase de l'auteur de Qu'est-ce que le fascisme ? hors de son contexte (préface de la réédition dans les Œuvres complètes de Robert Brasillach parues au Club de l’Honnête Homme en 1964), sinon pour placer la rencontre des deux hommes dans une perspective dépréciative ? Précisons bien que le futur éditeur de Défense de l’Occident ne participa aucunement aux rencontres de Robert Brasillach avec Léon Degrelle en 1936 et 1937. Mais cette appréciation toute personnelle de Maurice Bardèche est-elle ici bien pertinente alors que, par exemple, pour décrire la qualité de son interview, Brasillach écrit notamment : « Léon Degrelle, au retour d’une réunion, me racontait, sans ordre, avec cette fraîcheur immédiate, cette poésie extraordinaire qui se dégage de ses moindres mots, son enfance paysanne », « Il parle avec un tel calme, avec une telle confiance en l’avenir » et même « Je m’en voudrais d’interrompre ce jeune chef, si sensible à tout ce qui l’entoure et le soutient »…

     

    6 Brasillach Russie.jpegEn juin 1943, Robert Brasillach partit également pour le Front de l’Est. Mais pas avec un fusil. Avec sa plume pour une série de reportages-vérité qui seront les derniers qu’il signera dans Je suis partout. Il est ici avec des soldats de la Wehrmacht accompagnant un convoi de réfugiés civils. Il conclura son témoignage par cet engagement empathique : « Oui, on commence à regarder avec le regard du cœur ces garçons qui rentrent des plaines russes où tombe le feu, et ceux qui repartent pour elles, en leur nom et en notre nom. Oui, le collaborationnisme de raison s’accompagne aujourd’hui, chez les meilleurs, d’un collaborationnisme du cœur. »

     

    Dans le paragraphe suivant, Robert Spieler reprend un nouvel argument –toujours apocryphe– de Bergeron, mais en rajoutant encore la touche d'acrimonieuse malveillance que nous soulignons : « Pour autant, [Brasillach] appréciait-il vraiment [Degrelle] en tant qu’homme ? Pas sûr. Pierre Pellissier, un des biographes du poète assassiné, écrit dans Brasillach… le maudit que le charme entre les deux hommes était “très fragile”. On peut imaginer que Brasillach était parfois quelque peu exaspéré par le tonitruant Degrelle, nombriliste en diable, qui monopolisait la parole, pérorait pendant des heures […]. » Et de concéder alors : « Brasillach note avec tact que “ce qu’on raconte (au sujet de Degrelle) n’est pas toujours vrai”, mais qu’il “n’est pas de grand mouvement sans la collaboration de la légende”. Avant de rebondir sur une encore plus méchante méchanceté : « On pense évidemment à cette fameuse phrase qu’Hitler aurait prononcée et qu’aimait rappeler Degrelle : “Si j’avais un fils, j’aurais aimé qu’il vous ressemble”. Hitler l’a-t-il vraiment prononcée ? »

     

    Mais la remarque de Brasillach porte sur ce qu’ « on » raconte, pas sur ce que « Degrelle » dit. Et elle n’est pas à prendre dans un sens négatif puisque l’auteur ajoute aussitôt : « Encore faut-il songer que la réalité est parfois plus belle, qui fait aujourd’hui d’un garçon de trente ans le chef d’un grand parti, et demain, qui sait quoi encore ? Sans vouloir préjuger de l’avenir, comment ne serait-on pas curieux de connaître cette espérance nouvelle ? » Brasillach ne met donc aucunement son lecteur en garde « avec tact » face au destin hypothétique, sinon douteux de Léon Degrelle : il en attend au contraire de grandes et belles choses. Alors, évoquer là comme un véritable mensonge de Léon Degrelle la « fameuse phrase qu’Hitler aurait prononcée et qu’aimait rappeler Degrelle » (et à laquelle Brasillach ne pouvait « évidemment » pas penser huit ans à l'avance !) relève de la malveillance gratuite et de l’antipathie sournoise (à propos de cette « fameuse phrase » d’Adolf Hitler et de sa parfaite vraisemblance, voir notre blog, entre autres, au 21 juin 2018) !

     

    Nouveau bidouillage du contexte, à propos de « l’insigne du parti » (à ce propos, il faut redire que Rex n’a jamais été un parti, mais s’est toujours voulu un « mouvement », car, selon Léon Degrelle, « Parti signifie quelque chose de séparé, c’est se couper d’une partie des gens. Mouvement, c’est ce qui avance », in Jean-Michel Charlier, Degrelle Persiste et signe, p. 109) : il « comporte les trois lettres de Rex, la couronne et la croix, un insigne compliqué, vaguement chinois, qu’on retrouve sur le drapeau rouge et les livres. » Spieler ne justifie pourtant en rien cette prétendue critique lorsqu’il croit utile de se référer –encore et toujours de manière tout-à-fait apocryphe–, à Serguei Tchakhotine, l’auteur turco-russe du Viol des foules par la propagande politique selon qui « un sigle se doit d’être simple et facilement reproductible ». S’il mit ses théories en œuvre en inventant les trois flèches dirigées à gauche vers le bas, sigle repris après-guerre par le parti socialiste français, son manuel doctrinal ne fut publié qu’en 1939, soit trois ans après la brochure de Brasillach et ne peut donc qu’être parfaitement étranger à ses commentaires sur Rex !

    7 SA Steeman Editions Rex-horz.jpg

    L’ « insigne compliqué, vaguement chinois » emblématique des éditions Rex, puis du mouvement Rex, a été dessiné en 1928 par Richard Krack (1906-1975), originaire du Luxembourg belge comme Léon Degrelle, professeur de dessin industriel à l'Institut Cardinal Mercier de Bruxelles, militant à l’Association Catholique de la Jeunesse Belge et dessinant pour les revues Le Blé qui lève et L’Effort où écrivait également Léon Degrelle : il fut un rexiste de la première heure. Il illustra notamment Le Christ-Roi de Mgr Louis Picard, aux éditions Rex (1929). L'idée de la croix jaillissant de l'avant de la couronne que Richard Krack a stylisée dans son emblème vient de la statue monumentale du Christ-Roi sculptée par Henri Holemans et inaugurée en 1927 à proximité de la basilique Saint-Martin, à Halle, non loin de Bruxelles. Une photo de cette statue illustrait l’article La Royauté du Christ, de Mgr Joseph Schyrgens, en première page du XXe Siècle, juste à côté du troisième article de Léon Degrelle sur la persécution des Cristeros au Mexique, Comment on meurt pour le Christ-Roi, le 28 octobre 1928 (sur les liens entre Léon Degrelle, Mgr Picard et Mgr Schyrgens, voir l’introduction de : Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin, L’Homme Libre, 2019).

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    De plus, Robert Brasillach ne critiquait pas la reprise par le mouvement Rex de l’insigne des éditions du même nom dont on eût pu craindre que le caractère compliqué freinât son essor politique. Il expliquait au contraire son origine et sa simplification pour mieux s’ouvrir aux non-croyants : « Rex […] deviendrait un mouvement purement politique, admettant croyants et incroyants. L’emblème du parti n’en resta pas moins l’ancien insigne des éditions, qui comporte les trois lettres de Rex, la couronne et la croix : insigne compliqué, vaguement chinois, qu’on retrouve sur le drapeau rouge et sur les livres. Pour ceux dont la croix gênerait les opinions, ils arborent simplement les trois lettres »…

     

    Plus loin, à nouveau, Robert Spieler fait semblant de noter les réticences de l’auteur du Voleur d’étincelles à propos de présumées outrances du flamboyant chef de Rex : « Brasillach qui, il est vrai, n’a jamais pratiqué l’insulte et la violence verbale, […] fait preuve d’une étrange prudence, d’une curieuse modération dans son commentaire, écrivant : “Nous sommes trop mal renseignés pour savoir si les accusations portées par Léon Degrelle contre les vieux partis ne sont pas excessives. D’autre part, un étranger aurait scrupule à se mêler des luttes intérieures de la Belgique : cela ne nous regarde strictement pas” ».

     

    Mais il n’est, encore une fois, aucunement question de « réticences » de la part de Robert Brasillach qui, ne voulant pas se mêler des affaires intérieures belges (il a rappelé la rupture de l’alliance franco-belge, l’empêchement d’une réunion de Léon Degrelle à Paris ainsi que l’interdiction de vente en France de la presse rexiste), relate au contraire le bien-fondé des thèses degrelliennes reconnues par la justice belge en enchaînant : « Il faut pourtant dire que Rex a gagné à peu près tous les procès qui lui furent intentés ; quant à ceux qu’il a perdus, les jugements ont été rendus avec des attendus si sévères pour les plaignants qu’il a emporté une véritable victoire morale. Voilà déjà qui peut nous paraître significatif ». Ajoutant d’ailleurs à l’intention de ses compatriotes que le « sursaut d’honnêteté, de dégoût du parlementarisme » qui s’en est suivi en Belgique, « semble seulement s’être organisé avec une vigueur, une absence de niaiserie et de compromissions, qu’hélas ! nous n’avons pas connues » en « France après l’affaire Stavisky » !

     

    9 Principes rexistes Jean Denis.jpegDe même, en ce qui concerne les « idées rexistes », Spieler prétend livrer la pensée de Robert Brasillach quand ce dernier écrit à propos du livre Principes rexistes de Jean Denis qu’il « peut paraître aux esprits difficiles d’un art assez sommaire ». Mais c’est que justement, Brasillach ne se voit pas en esprit difficile, en ratiocineur raisonnant à perte de vue, ce qui lui permet d’affirmer, à propos de ce livre : « Mais il est clair, mais il est net, et on y trouvera longuement exposés les motifs de la nouvelle révolution nationale. » Et les quelques réserves de Brasillach que souligne Spieler sont immédiatement nuancées : « Je ne crois pas qu’il faille y attacher une grande importance » et sont suivies de pages entières exposant le programme rexiste…

     

    Nous nageons désormais en pleine malhonnêteté intellectuelle, car comment appeler autrement cette volonté systématique de vouloir faire dire à Robert Brasillach le contraire de ce qu’il écrit ? Sans doute l’amitié que porte Robert Spieler à Francis Bergeron l’aveugle-t-elle au point de prendre ses vessies pour des lanternes et d’épouser sa marotte antidegrellienne… Pourtant ce n’est certes pas gratuitement que son propre hebdomadaire n’hésita pas à présenter ce pseudo-biographe comme « recourant régulièrement à la désinformation » (Rivarol, 13 novembre 2019) ! Plus récemment encore, un ancien militant de Jeune Nation s’y indignait du traitement « bâclé, inexact, réducteur et malveillant » que Bergeron avait réservé dans sa gazette à Pierre Sidos, le fondateur de l’Œuvre française, à l’occasion de son décès (Rivarol, 16 septembre 2020).

     

    Pourtant Robert Spieler pouvait-il douter de l’authentique fraternité spirituelle entre Robert Brasillach et Léon Degrelle ? Lui qui rappelle que « En même temps, Degrelle lisait les poètes et publiait même quelques vers ». Comme s’il était étrange de rencontrer un Léon Degrelle poète, lui dont la toute première publication fut le poème En regardant tomber les feuilles, dans L’Avenir du Luxembourg du 5 novembre 1922.

    10 Voilà Brasillach.jpegLe magazine rexiste Voilà (« Gazette hebdomadaire de la bonne humeur » dirigée par le degrellien Victor Meulenijzer) du 30 janvier 1942 affiche en couverture le portrait de Robert Brasillach venu prononcer, à l’invitation du Nouveau Journal de Paul Colin, une conférence à Bruxelles à l’occasion de la publication de Notre Avant-guerre. En effet, pour Voilà, Robert Brasillach est « une étoile de première grandeur de la France nouvelle. […] La forte personnalité de Brasillach, son grand talent d’écrivain, son rôle de chef de file dans toute une partie de la presse française actuelle, nous faisaient un devoir de lui consacrer ce numéro. » Rappelant l’intérêt de l’écrivain français pour Léon Degrelle et le rexisme, l’éditorialiste précise également : « Dans la suite, son amitié pour les dirigeants de ce mouvement ne se départit jamais, en dépit des fortunes diverses que devait connaître le parti du national-socialisme belge. » Victor Meulenijzer conclut son article par cette fine observation du rôle que s’est assigné le jeune écrivain dans l’urgence du combat pour l’Europe nouvelle : « [Robert Brasillach] parcourt la France en tous sens, en d’incessantes tournées de conférences, sentant vivre autour de lui ce vieux peuple qui tente une ultime cure de jouvence, achevant d’ouvrir les yeux à ses compatriotes et proclamant sa foi dans la jeunesse qui s’éveille à un nouvel après-guerre. »

     

    Mais si Spieler donne à l'expression « en même temps » le sens macronien du paradoxe, Robert Brasillach l'utilise au sens premier de « au même moment » où le jeune Léon entreprenait ses études, « il publiait même quelques vers, Tristesses d’hier ou ce recueil intitulé : Mon pays me fait mal, dont le titre, aujourd’hui, semble prophétique. »

     

    Dans les pages suivantes, Brasillach s’attardera plus longuement sur le poème Prière à Notre-Dame de la Sagesse, « une émouvante prière, qui est comme le testament spirituel de sa jeunesse ».

     

    Mais c’est surtout Mon pays me fait mal qui retient l’attention, y compris de Robert Spieler à qui le caractère « prophétique » dans tous les sens du terme n’a pas échappé puisque c’est « un vers que Brasillach reprendra à son compte dans les Poèmes de Fresnes, peu de temps avant d’être assassiné. » Mais ce qui lui échappe apparemment, c’est l’étroite proximité d’âme entre les deux poètes que cet emprunt révèle, compte tenu surtout que l’auteur des Poèmes de Fresnes, attendant l’exécution de la sentence de mort qui le frappe, se l’autorise au moment suprême…

     

    L’évidence est donc aveuglante que Brasillach n’a jamais voulu écrire un pamphlet contre Degrelle, mais un livre d’information sur un phénomène politique nouveau, qui est à la fois une chronique où sa sympathie transparaît à chaque page.

     

    Nous étonnerons-nous qu’en conclusion, Robert Spieler prétende entendre « tout de même de curieuses réflexions » et, rassemblant quelques questions rhétoriques hors de leur contexte, ose trancher : « On a connu Robert Brasillach plus enthousiaste » !

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    Le Prière d’insérer de l’édition originale de Léon Degrelle et l’avenir de “Rex”. Son but ? « Exposer en toute impartialité les désirs et les espérances de ces milliers d’hommes réunis autour d’un jeune chef, […] un homme curieux entre tous. ». En d’autres termes, dire « la vérité sur un parti et sur un animateur déjà saisis par la légende ».

     

    Ne nous privons donc pas de lui remettre sous les yeux la véritable conclusion de l’auteur de Léon Degrelle et l’avenir de “Rex” saluant en eux le triomphe de la jeunesse :

    « Quand Léon Degrelle refuse le qualificatif de mouvement dictatorial pour Rex, il déclare que “Rex, c’est l’épanouissement de l’homme et du citoyen, c’est la reconstitution de la communauté populaire, c’est la certitude d’un régime en contact avec toutes les couches de la nation”. J’avoue que je suis touché par ces paroles, dont nous aurions à faire notre profit, et qui laissent à l’homme sa double personnalité d’individu et d’être social. Et je dois dire qu’un point particulier me séduit singulièrement dans ce mouvement et dans la personne de Léon Degrelle. Il ne me semble pas qu’on l’ait jamais mis en valeur comme il convient. Parmi les animateurs d’hommes qui ont paru en Europe après la guerre, le dernier venu est aussi le plus jeune. […] Léon Degrelle est le premier-né des chefs qui n’ont pas fait la guerre, qui étaient encore dans l’enfance lorsqu’elle éclata et qui, s’ils ont décidé de ne pas en oublier les leçons, ne comprennent peut-être pas ces leçons comme leurs aînés. […] J’entends bien qu’une certaine expérience manquera aux générations nouvelles, mais qui sait si elles n’auront pas, en contrepoids, un certain don de liberté? Léon Degrelle est donc encore presque un jeune homme, et c’est cela qui rend son aventure plus extraordinaire. […] Chez nous, on commence d’abord par se méfier de la jeunesse. Le premier mérite de Rex serait de changer tout cela. Tout contact avec le jeune mouvement, et plus encore avec le bébé belge, nous enseigne la valeur de la jeunesse. […] C’est cette jeunesse qui éclate aux dernière lignes de sa récente Lettre aux Français, quand, après avoir adjuré la France de se retrouver, de construire l’Etat, de reconnaître ses traditions nationales et son chef, son chef ouvrier et paysan, Léon Degrelle termine par des lignes qui font penser à quelque Bonaparte devant ses soldats d’Italie par le même rythme, la même confiance de jeune barbare en l’avenir. Les Français qui veulent la renaissance de leur nation ne peuvent mieux faire que de les méditer ».

     

    Robert Brasillach confirmera son sentiment dans l’article de Je suis partout de novembre 1937 (cité ci-avant) où il redit son admiration pour celui qu’il avait appelé « ce poète de l’action » et qui, s’il avait perdu électoralement face à l’alliance de New York, de Moscou et de Malines, jouissait néanmoins de « la victoire de la foi ». Il y réaffirmera aussi sa totale confiance en son mouvement : « L’avenir est heureux pour Rex » !

     

    On n’a pas connu Robert Brasillach moins enthousiaste.

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    Lorsqu’il visitait l’Alcazar de Tolède (ici, à la fin des années quatre-vingt), Léon Degrelle rappelait toujours le récit de Robert Brasillach évoquant, dans Les Cadets de l’Alcazar, le sacrifice du fils du colonel Moscardo qui refusa de faire pression sur son père pour qu’il capitule et mourut au cri de « Vive le Christ-Roi ! ». Il ne manquait pas non plus d’y associer le martyre de l’écrivain-poète revigorant le peloton d’exécution en lui criant « Courage ! » et accueillant le feu de salve en clamant « Vive la France ! »