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  • La canaille Assouline : les preuves définitives !

    Pierre Assouline, fieffé menteur antidegrellien (3)

     

     

    Foin des fumisteries : Assouline n’est qu’une vilaine canaille !

    Pour établir son mensonge d’appointé, Assouline a même osé utiliser l’argument –qu’il croyait sans aucun doute massue– d’un témoignage du familier des deux amis, Paul Jamin, alias Jam et Alidor : « Degrelle est un vantard. Il n’a jamais été Tintin, ni inspiré Hergé en quoi que ce soit. C’est tellement évident quand on songe qu’en plus, Tintin, lui, est le contraire d’un fanfaron… » (Hergé, p. 79).

    Tonnerre de Brest ! Serions-nous refaits ? Mais quelle est la référence de pareille affirmation ? La note 101 du bouquin nous la fournit : « Témoignage de Paul Jamin à l’auteur. » C’est-à-dire des propos absolument invérifiables, qu'Assouline met dans la bouche du caricaturiste décédé depuis un an (le 19 février 1995) : nous sommes donc condamnés à devoir croire la canaille sur parole !…

    Alors, Paul Jamin a-t-il vraiment raconté à Assouline ce que celui-ci voulait tellement entendre ? Nous nous permettons d’en douter, ne fût-ce que par la seule phrase « Degrelle n’a jamais inspiré Hergé en quoi que ce soit », contredite, comme nous venons de le voir, par Hergé lui-même (ce blog au 27 décembre 2021), ce que ne pouvait ignorer le fidèle Paul Jamin.

     

    Déménagement Jamin.jpeg

    Tintin mon copain, contrairement aux verba volatils prétendument rapportés par le laquais politiquement correct, a produit des scripta tangibles les contredisant de manière bien plus crédible. Le dessin bien élucidé par sa légende que nous reprenons ci-avant de la page 227 associe Tintin et Léon Degrelle, comme dans tant d'autres d'Alidor publiés dans l'hebdomadaire Pan. Pourquoi donc le dessinateur aurait-il associé régulièrement les deux personnages s'ils n'avaient rien à voir l'un avec l'autre ?

     

    Jam Hergé Wallez Ticket Parade.jpegCe dessin corrobore d’ailleurs celui des « trois pères de Tintin » que nous avons reproduit en début d’article (ce blog au 27 décembre 2021). L'explication du thème de sa vignette fournie par Paul Jamin aux éditeurs du livre dont il devait illustrer la couverture (Eric Fournet, Quand Hergé découvrait l’Amérique, Didier Hatier, 1992) contredit d’ailleurs clairement la pseudo-confidence à Assouline et confirme son caractère apocryphe : Jam n’a pas dessiné un vrai Tintin (ce qui ne lui aurait bien évidemment posé aucun problème), mais, comme il y insiste, « un jeune homme qui pourrait fort bien appartenir à la famille de celui que Hergé envoya en reportage en la Russie des Soviets » (p. 9), c’est-à-dire son frère d’âme, son modèle Léon Degrelle. Rappelons aussi que Paul Jamin, non seulement a relu, en 1989-90, le livre ultime de Léon Degrelle documentant son rapport à Tintin, mais qu’il conseilla judicieusement à son auteur de le faire relire aussi par le spécialiste par excellence de l’œuvre de Hergé, Stéphane Steeman, qui se rendit à Malaga, une première fois, en octobre 1991 (ce blog au 21 mai 2016)…

    Pour autant, Assouline ignorait-il l’identité Degrelle-Tintin ? Non, bien évidemment !

    Nous avons montré comment la chronologie d’Assouline et ses supputations relèvent de la fumisterie et de ses basses besognes au service de la politique commerciale de l’usurpateur Rodwell. Mais veut-on une preuve supplémentaire de sa duplicité ?

     

     

    Profiter de Tintin ? Non ! Attaquer les banksters !

    La thèse d’Assouline est que ce n’est qu’« au soir de sa vie » que Léon Degrelle, incorrigible « prétentieux et mythomane », se serait inventé le rôle de modèle de Tintin : pour les besoins de son Tintin mon copain, toujours en achèvement à l’hôpital où il décéda le 31 mars 1994 (ce blog au 21 septembre 2020 ; notons qu’en 1996, Assouline publia sa biographie censée ruiner le crédit de Tintin mon copain sans avoir même pu lire le dernier livre de Léon Degrelle : il ne sortit des presses syldaves du Pélican d’Or qu’à la « Noël 2000 », comme indiqué à la page 2, –voir ce blog au 10 mai 2017).

    En prétendant cela, Assouline sait que ce n’est pas vrai et qu’il ment : la confidence a effectivement échappé en 1976 (près de vingt auparavant et du vivant de Hergé donc) à Léon Degrelle interviewé par Jean-Michel Charlier pour les deux formidables « Dossiers Noirs » qu’il lui consacra (Autoportrait d’un fasciste : ce blog au 1er juillet 2017). Il est donc primordial de disqualifier ses propos. Voyons ensemble de quelle perverse façon.

    Dans son interview à Jean-Michel Charlier, Léon Degrelle raconte comment, engagé dans l’action catholique (ce blog aux 5 et 8 avril 2017), –le mouvement Rex n’existait pas encore–, il en était rapidement venu aux prises avec la hiérarchie catholique dans les prémisses de ce qui deviendra son combat contre les banksters : « Je m’étais mis, entre autres, à dénoncer le “Boerenbond”. […] C’était la plus grosse organisation religioso-financière des Flandres, une organisation théoriquement parfaite, qui avait pour mission officielle et tout à fait louable de venir en aide aux paysans mais qui, en réalité, avait branché sur ce plan pieux une organisation bancaire géante qui drainait les économies des campagnards chrétiens. Elle avait fait disparaître dans des spéculations des centaines de millions de francs : c’était une affaire honteuse. Mais l’Eglise d’alors touchait sa part sur tout. […] Dès l’instant où j’ai sauté avec mon gourdin sur tous ces salauds, j’ai vu se dresser contre moi le cardinal Van Roey, brandissant sa crosse. La situation était presque comique parce que, précisément, peu avant, il venait de préfacer un bouquin à moi, une Histoire de la guerre scolaire, ouvrage aux parrains originaux puisque la couverture portait, en dehors de mon nom, “Préface du cardinal Van Roey”, archevêque de Malines, et ensuite, “Illustrations de Hergé”, le brave Hergé, Remy Georges, grand copain, le père de Tintin l’universel affublé de mes pantalons de golf. Dès que ma campagne de Vlan eut été déclenchée, le cardinal, avec encore au début une certaine discrétion, me voua aux feux dévorants de l’Enfer où grillent –et c’est juste– les anti-ploutocrates. » (Léon Degrelle: Persiste et signe, Interviews recueillies pour la télévision française par Jean-Michel Charlier, Jean Picollec Editeur, 1985, p. 71).

     

    Histoire Guerre scolaire-horz.jpg

    Ce n’est pas à proprement parler une « préface » que signa le cardinal Van Roey à l’Histoire de la Guerre scolaire de Léon Degrelle, mais une élogieuse lettre de félicitations, reproduite à la fin de l’ouvrage.

     

    On aura bien compris que la référence à Tintin est purement anecdotique dans le récit degrellien de ses premiers démêlés avec le cardinal-primat de Belgique : il ne s’agissait aucunement de parler de son rôle dans les aventures de Tintin, mais de mettre en évidence l’incongruité de la réaction du cardinal qui venait de lui signer une épître flatteuse pour son livre illustré par Hergé. Rien de plus, sinon de rappeler au passage que le héros de Hergé –autre détail cocasse–  avait été affublé de ses pantalons de golf…

    Mais comment Assouline rapporte-t-il le témoignage de Léon Degrelle ? Bien évidemment sans préciser le moindre contexte ! Comme s’il l’avait surpris en flagrant délit de mensonge ! « L’identification de Léon Degrelle à Tintin est d’ailleurs bien trop tardive pour n’être pas a priori suspecte. En 1976 encore, enregistrant douze heures de film et vingt heures de bande-son pour y raconter sa vie en long et en large, il ne citera Hergé qu’une seule fois. Pour affirmer que son “grand copain” avait affublé son petit personnage “de mes pantalons de golf”. Comme s’il avait été le seul à en porter alors qu’entre les deux guerres, c’était l’uniforme des grands voyageurs soucieux de leur mise ! » (Hergé, p. 79).

    Remarquons à nouveau que si les pantalons de golf constituaient prétendument, à l'époque, « l’uniforme des grands voyageurs soucieux de leur mise », Assouline se garde bien d’en donner le moindre exemple, et certainement pas Robert Sexé ou Albert Londres !

     

     

    La confidence fortuite

    Quant à l’argument de la date « tardive », il suinte également la mauvaise foi la plus crasse : « En 1976 encore »… Comme s’il s’agissait d’un nouvel exemple de la récupération qu’il dénonce.

    Non ! C’est en 1976 que cette confidence échappe incidemment à Léon Degrelle, pour la seule et unique fois du vivant de Hergé (nous verrons plus loin pourquoi). Cette allusion tout à fait accessoire au Tintin de Hergé est même très convaincante en ce qu’elle est spontanée et naturelle : Léon Degrelle se souvient simplement que le dessinateur qui s’inspira de lui pour son nouveau héros était involontairement mêlé à ses déboires avec le cardinal Van Roey, ce qui rendait la situation « presque comique ».

    La meilleure preuve qu’Assouline a bien compris ce que Léon Degrelle voulait dire, c’est qu’il cache la raison de l'évocation de Tintin et fait semblant de déplorer que Léon Degrelle, prétendument tout à son autoglorification au long de « douze heures de film », n’aura cité Hergé que cette seule et unique fois. Et ce, pour l'unique raison de s'accaparer indument la paternité de Tintin !

     

    Hergé Voilà.jpegTémoignage manifeste de la proximité indéniable de Hergé avec les idéaux d’Ordre nouveau défendus non seulement par Léon Degrelle et Rex mais également par la rédaction de son journal Le Soir : Hergé fait la « une » de l’hebdomadaire rexiste Voilà en pleine guerre, le 10 juillet 1942. Il surclasse, tel le bienveillant Créateur, un Tintin interloqué (dessin du caricaturiste maison R.V. Roy). Cette « gazette hebdomadaire de la bonne humeur » créée par Léon Degrelle et fort populaire (tirage : 30.000 exemplaires) était dirigée par Victor Meulenijzer, ami d’enfance de Hergé, qui avait été directeur du Pays réel après le départ de Léon Degrelle pour le Front de l’Est. Il paiera de sa vie sa fidélité à l’idéal bourguignon de son chef : il fut fusillé le 30 août 1945, après une parodie de procès qui désespéra son ami Hergé.

     

    Rappelons que Hergé était toujours vivant lorsque Léon Degrelle confia à Jean-Michel Charlier ce détail presque superfétatoire s’il n’avait été amusant. Une telle publicité eût néanmoins pu lui porter préjudice. Léon Degrelle en était d’ailleurs conscient, qui témoignera, après le décès de son ami, dans son Tintin mon copain : « D’un Hergé rexiste, on avait assez peu parlé après 1945. Dans mon refuge, je n’allais pas compromettre un vieux frère comme Georges, qui avait déjà fort à faire pour désherber dans ses albums les quelques nez crochus que la Résistance avait dénichés à la loupe ! » (p. 195).

    Amis Mabire.jpgEn fait, Tintin mon copain, entrepris après la disparition du dessinateur en 1983, n’est en rien une tentative de récupération : c’est un hommage à l’ami fraternel. Nous avons montré comment un article de Jean Mabire, Léon Degrelle fut-il Tintin ?, datant de plus ou moins 1985 et resté inédit, amena la décision de Léon Degrelle de révéler tous les tenants et aboutissants de sa précoce amitié avec Hergé (Léon Degrelle était bien Tintin ! L’intuition première de Jean Mabire, in Magazine des Amis de Jean Mabire, n° 45, Solstice d’été 2015, pp. 18-29).

    Et, comme nous l’avons déjà dit, ces liens d’amitié ne se démentirent jamais après-guerre, par les visites de Germaine Kieckens et Paul Jamin en Espagne, par l’envoi de ses albums par Hergé à Léon Degrelle, par les courriers d’invitation, de remerciements, de recommandations envoyés par Léon Degrelle à Hergé (ce blog au 10 mai 2017).

    Voici quelques exemples éloquents de lettres –adressées pour toute sécurité au fidèle ami commun, Paul Jamin– contenant des messages personnels pour Hergé :

    « Merci aussi au cher Georges de ses quatre bouquins, merveilleux (comme toute la série). Dis-lui que je serais très heureux de le voir se détendre ici. Si ça leur plaît, qu’ils viennent faire un séjour ici, s’inspirer dans une atmosphère très naturelle. Sa femme serait dans un très beau site, nous l’aiderions à se retaper à force d’air pur, de bons plats, et d’affection ! » (21 juillet 1959).

    « Vois un peu si Monsieur Tintin n’a pas besoin d’un beau palais andalou. Il serait à lui à bon compte, et sur-le-champ. » (28 janvier 1961 ; Léon Degrelle évoque ici sa belle propriété de la Carlina –ce blog au 17 octobre 2018– où se rendit effectivement, mais seule, Germaine Kieckens, à au moins deux reprises : ce blog au 10 mai 2017).

    « Je t’envoie, en insistant beaucoup là-dessus, une preuve du talent de l’artiste de Lyon dont je t’avais parlé et que je te demande de recommander vraiment à notre bon vieil Hergé (un fuerte abrazo !). […] Décide Hergé à lui faire une offre intéressante. Il me ferait grand plaisir. » (3 janvier 1967).

     

    LD Picaros.jpg

    Hergé n’a jamais manqué de faire parvenir ses albums de Tintin à celui qui avait inspiré son héros. Jusqu’à Tintin et les Picaros, en 1976. Seul Tintin et l’Alph-art, posthume (1986), a toujours manqué à sa collection.

     

    Voulez-vous une ultime preuve qu’Assouline ne croit absolument pas à la thèse politiquement correcte selon laquelle Léon Degrelle serait définitivement étranger à Tintin ? Et que donc Assouline a menti pour satisfaire ses commanditaires, les héritiers abusifs de la Fondation Hergé qui veulent à tout prix imposer leur menterie ?

     

     

    L'éclairante dédicace

    Nous la trouverons dans la dédicace de son ouvrage Hergé publié à l’instigation de ladite Fondation deux ans seulement après la disparition de Léon Degrelle, tant elle appréhendait la publication annoncée de Tintin mon copain et voulait à tout prix la désamorcer (voir Armand Gérard, Léon Degrelle était bien Tintin ! L’intuition première de Jean Mabire, op. cit., p. 18).

    Cette dédicace était destinée à la propre veuve de Léon Degrelle, à qui l'auteur envoya son ouvrage en priorité, dès sa sortie de presse (l'achevé d'imprimé et le dépôt légal renseignent, à la page 467, « février 1996 » !). Il écrivit, à la suite du titre Hergé :

    « pour Jeanne Degrelle
    et tintin pour les autres !
    Elle y trouvera la trace et
    l’ombre de qui vous savez…

                                                                 Pierre
                                                                         Assouline

                                                                    Mars 96 »

     

    Dédicace Assoulline Jeanne.jpeg

    Par le jeu de mots qu’il effectue sur le nom de Tintin en le privant de sa majuscule, Assouline détruit explicitement, –en s’en amusant !–, la thèse officielle qu’il a été obligé de défendre dans sa biographie de commande : « tintin, rien, bernique pour les autres ! » Le point d’exclamation est d’Assouline, transformant bien le nom du héros des jeunes de 7 à 77 ans en interjection envoyant au diable tous ceux qui se refusent obstinément à comprendre Hergé, à reconnaître le vrai Tintin et seront donc sans doute satisfaits de lire cette biographie bienséante du pourtant « rexisant » ami de Léon Degrelle.

    Examinons d’ailleurs la forme de la dédicace d’Assouline. Il n’utilise pas la préposition « à » que l’on attendrait pour l’hommage du livre à une personne chère ou simplement intéressée, mais la préposition « pour », juste après le titre Hergé, et sur la même ligne, indiquant manifestement qui est la véritable destinataire de l’œuvre. L’auteur confesse donc à Jeanne Degrelle que ce livre a en fait été écrit « pour » elle et pas pour ceux qui l’ont officiellement commandé : « tintin pour les autres ! », précise-t-il explicitement.

    Notons aussi le passage, dans la même phrase, de l’emploi du pronom personnel de la troisième personne du singulier « Elle », logique en ce qu’il évoque la dédicataire « Jeanne Degrelle », à la forme de politesse du pronom de la seconde personne du singulier « vous » : Pierre Assouline exprime donc son implication personnelle dans la dédicace.

    Jeanne Degrelle peut et doit lui faire confiance : ce qu’il lui dit là est la stricte vérité. Nous ne sommes plus dans la dédicace académique où l’on eût attendu « l’ombre de qui elle sait », mais dans une relation personnelle, « l’ombre de qui vous savez » : ce n’est plus un Assouline qui parle à une Madame Degrelle, c’est maintenant moi, Pierre, qui vous parle, à vous, Jeanne. Et c’est d’ailleurs signé familièrement du prénom « Pierre », le nom étant reporté significativement à la ligne suivante…

    Certes, Jeanne Degrelle ne pourra trouver dans cette biographie que « la trace et l’ombre » de Léon Degrelle qui était pourtant si proche de Hergé, puisqu’il s’agit d’une œuvre de commande. Mais la confidence qu’Assouline lui fait dans sa dédicace doit suffire à rétablir la vérité : c’est « tintin » pour les autres, les commanditaires, car « Tintin », c’est et ce sera toujours Léon Degrelle !

     

    Jeanne+LD Malaga.jpg

    Jeanne Degrelle et son tellement plus que Tintin d’époux, à Malaga, au début des années 1990…

     

    Cette analyse serait tirée par les cheveux ? Mais ce serait faire injure au fin connaisseur de la langue française qu’est Assouline que de prétendre le contraire : comme nous l’avons constaté, il n’utilise aucun mot ou tournure au hasard, même et surtout si c’est pour se garantir le confort et la sécurité de ses mensonges. C’est ainsi qu’en 2014, au moment même de la disparition d’une Jeanne Degrelle qu’il estimait ne plus devoir ménager (Jeanne Degrelle-Brevet décéda le 15 décembre 2014 : ce blog au 17 janvier 2016), il commettra un roman, Sigmaringen (Gallimard), où il se permettra à nouveau d’outrager Léon Degrelle, en reprenant les calomnies qu’il dut crédibiliser dans sa biographie aux ordres : nous ne manquerons pas d’y revenir bientôt.

    En vérité, cette dédicace –toute personnelle et que son auteur ne destinait évidemment pas à quelque publicité (sans doute ne fut-elle d'ailleurs envoyée dans l'urgence à Jeanne Degrelle que dans le but de « désamorcer » sa légitime réaction à la lecture de l'histoire biaisée des relations Hergé-Degrelle)– désigne la dédicataire comme seule habilitée à trouver dans son livre fallacieux « la trace et l’ombre » de qui elle sait pertinemment être le vrai Tintin, c’est-à-dire, à l’évidence, son immortel époux Léon Degrelle.

     

     

    Tintin LD Aramis 20.07.1991.jpgA l’occasion de sa visite chez Léon Degrelle à Malaga en 1991, le dessinateur Aramis (Minute, Présent, Le Crapouillot, Valeurs Actuelles,…) a dédicacé à ses hôtes ce dessin original et explicite dans la plus pure tradition de la « ligne claire » hergéenne. Le créateur de Tintin avait déjà revêtu son héros de tous les uniformes militaires du IIIe Reich (Hergé, L’Aviation. Guerre 1939-1945, collection « Voir et Savoir », 1953 : ce blog au 29 septembre 2020), Aramis lui donne, avec encore plus de pertinence, l’uniforme degrellien de SS-Sturmbannführer (commandant) muni de toutes ses décorations, y compris la croix de Chevalier de la Croix de Fer reçue des mains mêmes d’Adolf Hitler.

  • Assouline : « Tintin ? N’importe qui plutôt que Degrelle ! »

    Pierre Assouline, fieffé menteur antidegrellien (2)

     

    La chronologie d’Assouline ? Fumisterie !

    La preuve chronologique décisive avancée par Assouline pour établir l’impossibilité d’une quelconque influence de Léon Degrelle sur Tintin est également toute spécieuse : prétendant convaincre son lecteur, elle n’a d’autre but que de le circonvenir et le tromper. Lorsqu’il dessina les premières cases de Tintin au pays des Soviets en janvier 1929, Hergé n’a en effet pas eu besoin d’attendre les articles de Léon Degrelle de février 1930 pour connaître ses réactions aux persécutions des Cristeros puisqu’elles avaient été publiées… dès le mois d’octobre 1928 ! (ce blog au 7 février 2019).

    Bien plus, Hergé connaissait Léon Degrelle, sa rectitude morale comme sa joie de vivre depuis leur participation commune à la presse scoute catholique (1922-1925), au journal estudiantin L’Avant-Garde (1927) et au quotidien catholique Le XXe Siècle (1928). C’est d’ailleurs le 12 janvier 1928 que Léon Degrelle organisa le saccage de l’exposition soviétique dont l’abbé Norbert Wallez avait dénoncé l’organisation à Bruxelles dans son journal : cette action d’éclat provoqua un véritable séisme secouant le monde médiatique et politique belge. L’abbé Wallez fut le seul à l’appuyer sans réserve : il engagea illico le jeune étudiant dans son équipe rédactionnelle du XXe Siècle et enjoignit Hergé d’envoyer son nouveau héros  combattre les Soviets, à l’image de Léon Degrelle, à partir du 10 janvier 1929 (retrouvez tous ces détails appartenant à la genèse de Tintin dans l’introduction à Cristeros, Aux origines de Tintin) !

    XX S. 1928 01 13 Sac expo Soviets Bxl.JPGEn « Une » du 13 janvier 1928, Le XXe Siècle, le quotidien de l’abbé Wallez, salue « Les justes ravages faits dans l’exposition des bolchevistes russes à Bruxelles par les “Jeunesses Nationales” et les étudiants universitaires ».

     On peut donc affirmer –en respectant la chronologie et les faits– que l’engagement anticommuniste de Tintin puisa –comme chacun sait– les anecdotes de ses aventures dans les mémoires de l’ancien consul belge en Russie, Joseph Douillet, Moscou sans voiles (neuf ans de travail au pays des Soviets) que l’abbé Wallez confia à Hergé en décembre 1928 pour documenter les aventures de Tintin. Mais pour étoffer la personnalité de son nouveau personnage, il s’inspira du courage, de la détermination, du sens de l’initiative et de l’humour de Léon Degrelle, héros du saccage en janvier 1928 de l’exposition bolchevique de Bruxelles.


    C’est ainsi et pas autrement que naîtront Les aventures de Tintin reporter au « Petit Vingtième » au pays des Soviets.

    Un dernier mot pour documenter le peu de sérieux de l’argumentation chronologique d’Assouline prétendant impossible la filiation Degrelle-Tintin puisque le directeur du XXe Siècle n’aurait envoyé Léon Degrelle au Mexique qu’après le début des premières aventures de Tintin… au Congo ! « Ainsi l’abbé Wallez a-t-il expédié Degrelle au Mexique après avoir décidé d’envoyer Tintin au Congo et non le contraire. »

    A nouveau, double erreur : si Léon Degrelle ne se rendit effectivement au Mexique qu’en janvier 1930, ce ne fut qu’avec, pour seule aide de l’abbé Wallez, un pécule de cinq mille francs. Ce voyage ne fut en rien décidé par l’abbé qui ne fit que céder aux sollicitations de son journaliste se muant en reporter de terrain (voir Cristeros, Aux origines de Tintin, p. 73). Mais c’est l’engagement antisoviétique de Léon Degrelle qui donna à l’abbé l’idée d’envoyer Tintin, non pas au Congo, mais chez les Soviets. Comme Léon Degrelle, Tintin y dénoncera les « ignominies » des « révolutionnaires moscovites » (Norbert Wallez, in Le XXe Siècle, 13 janvier 1928).

    Ce n’est que pour ses aventures suivantes que Tintin se rendra au Congo, y exaltant l’œuvre des Pères Blancs.

    Qu’Assouline confonde les deux albums ne plaide guère pour le sérieux de sa réflexion. Une confusion qui fait plutôt désordre dans un passage où l’auteur prétend accuser de mensonge celui qu’il sait dire la vérité…

    LD Avt-Garde 1928 11 22 Leb.jpg

    Portrait de Léon Degrelle, secrétaire de rédaction de L’Avant-Garde depuis un an, par l’étudiant et dessinateur « Leb », publié dans l’hebdomadaire louvaniste, le 22 novembre 1928. Plus tard, Leb dessinera aussi pour Le XXe Siècle (on trouvera, par exemple, son portrait de Pierre Nothomb dans Le « XXe » littéraire et artistique du 10 août 1930).

    Voilà les faits et la véritable chronologie : tout est expliqué en détail dans Cristeros, Aux origines de Tintin, même si Assouline fait semblant que ce livre et cette mise au point n’existent pas !

     

     

    Le modèle de Tintin serait Robert Sexé ? Fumisterie !

    Enfin, parachevant son boulot antidegrellien pour lequel il fut engagé par l’ex-madame Hergé, épouse Rodwell, l’omnipotent patron de la despotique société Moulinsart, Assouline ose affirmer –ce qui ne se trouvait aucunement dans son bouquin de 1996 !– qu’en aucun cas Léon Degrelle n’aurait pu inspirer Hergé pour son héros Tintin : « Je crois bien davantage à des modèles comme Robert Sexé ou Albert Londres, bien sûr ! » (Cahiers, p. 9).

    Outre que, vu ses mensonges à répétition, on se moque bien de savoir ce qu’Assouline croit, on pourrait quand même se demander de quel chapeau sortent Robert Sexé et Albert Londres qui n’ont jamais approché Hergé. Hergé qui ne connaissait absolument pas Sexé (ce blog au 1er février 2016). Hergé qui ne connaissait pas davantage Albert Londres, sauf pour en avoir peut-être lu l’une ou l’autre œuvre et dont il aurait illustré, en 1930, un texte concernant non les Soviets, mais les Juifs (voir plus loin).

    Remarquons qu’à la fin de sa remarque, Assouline assène la locution adverbiale « bien sûr », renforcée d’un point d’exclamation, pour transformer son affirmation gratuitement péremptoire en évidence que le lecteur n’oserait mettre en doute sous peine de passer pour un imbécile !

    Or rarissimes sont ceux à avoir jamais entendu parler de Robert Sexé, valeureux globe-trotter à moto du début des années 1920, jusqu’à ce qu’un certain Janpol Schulz n’en propose, en 1996, une biographie intitulée Sexé au pays des Soviets, opportunément préfacée par… le secrétaire général de la Fondation Hergé, Philippe Goddin, saluant un « reporter dynamique, entreprenant et courageux dont, peut-être, les articles et les photos étaient tombés sous les yeux du jeune dessinateur Hergé. » Mais ce tintinologue officiel s’est toujours bien gardé d’évoquer jusqu’au nom même de Sexé dans ses multiples ouvrages, y compris dans sa monumentale Chronologie d’une œuvre (7 volumes, éditions Moulinsart, de 2000 à 2011).

    Dans sa contribution bienveillante, Goddin s’est contenté de conclure : « Qui sait si un jour, on ne découvrira pas la photo de Robert Sexé dans les archives conservées à la Fondation Hergé ? ». C’était à la fin du siècle dernier et il semble bien que, depuis, rien n’ait jamais été découvert permettant de relier concrètement à Hergé cet aventurier d’exception qui réalisa le premier tour du monde en moto. Même si, collaborateur de La Gerbe, l’hebdomadaire ouvertement national-socialiste d’Alphonse de Châteaubriant, Robert Sexé partageait à l’évidence les idées de Hergé quant au nouvel ordre européen.

    Soir Sexé 1926 12 05.jpg

    Quoi qu’en aient dit Janpol Schulz ou Francis Bergeron, Le XXe Siècle ne reçut jamais Robert Sexé dans ses locaux pour quelque interview ni ne publia jamais de photo de lui. Contrairement au Soir qui, le 5 décembre 1926, illustra d’un cliché son reportage sur la réception à Bruxelles du motocycliste et de son compagnon Henri Andrieu après leur tour du monde.

    C’est le directeur du quotidien Présent, Francis Bergeron, maladivement antidegrellien, qui a répandu dans les milieux nationalistes la fable de Robert Sexé, modèle de Tintin, dans une interview à Rivarol, en octobre 2015. Il entendait en effet poursuivre sa dénonciation de « ceux qui ont voulu du mal à Hergé (ainsi que Degrelle lui-même) », mais sans fournir le moindre élément permettant d’étayer pareille accusation, invraisemblable sinon diffamatoire (Georges Remi, dit Hergé, Pardès, 2011, p. 35).

    Nous avons suffisamment démonté l’argumentaire fantaisiste de Bergeron pour ne plus y revenir (ce blog aux 1er février et 4 mai 2016) : ce sympathique motocycliste de Robert Sexé, quadragénaire et myope, n’a, à l’évidence, jamais pu servir de modèle pour Tintin.

    S’il fallait encore s’en convaincre, il suffit d’ouvrir le livre de Janpol Schulz, Robert Sexé au pays des Soviets –usurpant le titre de Hergé pour mieux accréditer la supercherie– où est notamment repris le reportage de Sexé sur son séjour à Moscou en 1925 pour le bimensuel Moto Revue. On verra que le contenu, tout d’enthousiasme et de bienveillance pour le pays des Soviets, n’a rien à voir avec les aventures de Tintin mettant à nu la terrible réalité du pays des Soviets, telle que la perçut et l’illustra Hergé.

    A cet égard, Robert Sexé se conduirait plutôt comme ces « communistes anglais à qui l’on montre les beautés du bolchevisme » (Tintin au pays des Soviets, p. 29, case 3) en exaltant, par exemple, la riche diversité de la production industrielle soviétique, n’oubliant pas les cierges dont le clergé orthodoxe ferait encore grande consommation : « Et nous réalisons l’immensité de ce “pays des Soviets” : le continent russe. Le laboratoire thermodynamique est en plein quartier d’usines. Tout près, des ateliers d’état fabriquent des avions complets, des automobiles, marque AMO et une fabrique soviétique produit des bougies et de magnifiques cierges d’église… » (Robert Sexé au pays des Soviets, p. 123).

    Le hasard (ou la malchance) veut que l’on peut également mettre en parallèle avec le reportage de Sexé le fameux épisode de la « distribution de pain gratuite aux pauvres de Moscou […], ces bandes d’enfants abandonnés, vagabondant dans les villes et les campagnes vivant de vol et de mendicité » où un petit mendiant se fait traiter de « chien » et chasser d’un violent coup de pied pour n’être pas communiste (Tintin au pays des Soviets, p. 78, case 3, et p. 79, case 1). Robert Sexé choisirait plutôt, quant à lui, le camp du policier soviétique : « Heureusement, pour le pittoresque de la rue, ces caractères classiques de la vie russe, le mendiant et le pope, existent toujours […]. Le petit tzigane s’accroche à vous en pleurnichant, la jeune romanichelle vous mendie des kopeks, les “militionnaires” (agents de police) ferment l’œil sur toute cette mendicité, mais ils sont prompts à intervenir au besoin. Les occasions ne leur manquent pas et ils ont fort à faire contre les terribles jeunes “arabes”, enfance abandonnée et criminelle réfugiée à Moscou depuis la grande famine. » (Robert Sexé au pays des Soviets, p. 124).

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    Sympathique portrait d’un agent de police soviétique (un « militionnaire ») réalisé par Robert Sexé lors de son séjour à Moscou. A comparer avec les mines patibulaires dont Hergé afflige tous les protagonistes bolcheviques dans Tintin au pays des Soviets. 



    Le modèle de Tintin serait Albert Londres ? Fumisterie !

    En serait-il autrement d’Albert Londres dont le nom n’est sans doute cité par Assouline que pour évoquer un journaliste-explorateur plus célèbre que Robert Sexé ?

    Selon les « hergéologues » appointés, un lien existerait bien avec Hergé censé avoir illustré, comme nous l’avons dit, des passages d’un livre d’Albert Londres venant d’être publié, Le Juif errant est arrivé. C’était le 16 février 1930, dans le supplément dominical du XXe Siècle, Le “XXe” littéraire et artistique. Hergé venait de publier les cent quatorzième et cent quinzième planches de Tintin au pays des Soviets (sur cent trente-huit au final) dans le petit “XXe” du 13 février 1930. Mais ce n’est pas le reportage d’Albert Londres Dans la Russie des Soviets que Hergé aurait illustré, mais son enquête sur les Juifs, des ghettos d’Europe vers la Palestine.

    De quoi établir un lien entre Albert Londres et Tintin ? Sûrement pas ! Au même moment, Léon Degrelle, lui, était aux prises avec les soviets mexicains. Et envoyait à Hergé ce clin d’œil complice reprenant la fameuse anecdote des visiteurs anglais de l’usine soviétique que son ami avait publiée dans le petit “XXe”, le 11 avril 1929 : « Il y a entre la Révolution Russe et la Révolution Mexicaine des similitudes nombreuses qui ne manquent point de saveur. La plus pittoresque est leur commun désir d’épater les visiteurs étrangers. On n’oubliera jamais le voyage à Moscou de la délégation anglaise : sur son passage les Soviets n’hésitèrent point à brûler, sous les cheminées des usines à l’abandon, les dernières charretées de foin des paysans russes, afin que les voyageurs d’Outre-Manche fussent émerveillés par l’épanouissement industriel de l’U.R.S.S. ! » (Le Vingtième Siècle, 11 février 1930).

    Huibrecht Van Opstal avait signalé en 1998 dans son Tracé RG, Le phénomène Hergé que le dessinateur avait illustré le texte sur les Juifs d’Albert Londres (p. 58), mais sans rien reproduire. Philippe Goddin rapportera également l’information en 2000 dans le premier volume de son Hergé, Chronologie d’une œuvre (p. 298), sans en donner non plus d’exemple.

    Serait-ce que les dessins de Hergé exhalassent quelque relent raciste ? On pourrait le supposer à lire le difficultueux ouvrage de Van Opstal (abréviations quasi incompréhensibles, organisation compliquée de l’index, bibliographie hermétique,…). La référence à Albert Londres se trouve en effet dans une recension de dessins chargeant le trait sémite : « [Hergé] illustra Angelroth (sur le juif errant, dans LBQL, 1925), Londres (sur le sionisme, Le Juif Errant est arrivé, dans LVLEA, 1930) et de Vroylande (sur des Juifs avides, en 1941. […] » (Tracé RG, Le Phénomène Hergé, p. 58).

    Nous pensons plutôt qui si les spécialistes officiels de Hergé ont choisi de ne pas publier ce dessin « londrien », c’est que son attribution n’est vraiment pas avérée car, contrairement aux autres illustrations du « XXe » littéraire et artistique (complaisamment reproduites par Goddin dans sa Chronologie), il n’est pas signé « HERGE ». Et l’original ne semble pas non plus appartenir aux archives quasi exhaustives de la Fondation Hergé (ce qui aurait permis d’en authentifier l’auteur).

    XXe litt. 1930 02 16.jpg

    C’est le 16 février 1930 que Le « XXe » littéraire et artistique publie des extraits du Juif errant est arrivé ! d’Albert Londres. Van Opstal et Goddin attribuent le dessin à Hergé, mais rien n’est moins sûr puisque, contrairement à son habitude constante, le dessinateur n’aurait pas signé son œuvre. Et comme tant d’autres dessinateurs –tel Leb, voir ci-avant– ont travaillé pour le supplément littéraire du XXe Siècle… La seule certitude « hergéenne », c’est que Le « XXe » littéraire et artistique faisait régulièrement de la publicité pour Tintin au pays des Soviets !

     

    Si Assouline préfère donc ne pas évoquer l’illustration du Juif errant est arrivé dans son interview aux Cahiers de la BD, peut-être ne cite-t-il alors Albert Londres comme modèle de Tintin que parce qu’en 2014, il est devenu à son tour le héros d’une bande dessinée surfant sur le succès de Tintin et reprenant le même procédé que Schulz dans son titre, Albert Londres au pays des Soviets (Luc Révillon, scénario, et Gérard Berthelot, dessin, Editions Joe). L’éditeur ne manquera d’ailleurs pas du culot de prétendre –tout à fait gratuitement–, en quatrième page de couverture, que «  lorsque Hergé enverra son petit reporter en Russie des Soviets, il se souviendra d’Albert Londres, illustre prédécesseur auquel il vouait une grande admiration » (rappelons que le dessin attribué à Hergé pour Londres est postérieur d’un an aux premières planches des aventures de Tintin).

    Albert Londres BD.jpgDans la biographie qu’il a consacrée au célèbre journaliste (Albert Londres, vie et mort d’un grand reporter, Balland, 505 pages, 1989), Pierre Assouline n’évoque en tout cas jamais les premières aventures de Tintin, ce qui d’ailleurs, à l’époque, n’eût probablement pas été perçu comme particulièrement valorisant, alors qu’aujourd’hui, la préface des Editions de Londres qui diffusent Dans la Russie des Soviets (2012), n’hésite plus à établir ce parallèle : « il est facile et abusif de comparer l’ouvrage avec Tintin au pays des Soviets de 1929. Mais si nous parlons bien de la même époque, les conditions qui conduisent à la naissance des deux œuvres sont presque antinomiques. Si Tintin au pays des Soviets est avant tout une BD anti-soviétique, Dans la Russie des Soviets est un reportage. Et puis, n’oublions pas, si la relation d’Hergé est loin d’être objective, les faits qu’il raconte, notamment l’épisode de la visite de communistes anglais dans les usines soviétiques, ne sont pas totalement idiots à la lumière de ce que l’on sait maintenant de l’époque stalinienne. » (p. 4).

    Cette argumentation est bien alambiquée (en quoi « la relation d’Hergé » est-elle « loin d’être objective » ?) car ce n’est pas « à la lumière de ce que l’on sait maintenant » que les aventures de Tintin chez les Soviets ont été imaginées, ni –cela eût été possible– à celle de ce qu’écrivit Albert Londres en 1920, mais –comme nous venons de le rappeler–, ce reportage en BD (Tintin rédige son article-fleuve aux pages 38-39 de Tintin au pays des Soviets) s’est écrit à la lumière du Moscou sans voiles de Joseph Douillet (l'anecdote de la visite des communistes anglais se trouve aux pages 18-19). La seule chose qu’on pourrait trouver « antinomique » avec l’œuvre de Londres, c’est que Tintin ne se contente pas d’écrire et de dénoncer, il agit, combat activement, avec son intelligence et ses poings, l’injustice et la tyrannie du bolchevisme.

    Car il est vrai qu’à l’inverse des impressions de voyage publiées par Sexé, le reportage d’Albert Londres est, lui, sans complaisance pour le régime soviétique et ses réalisations : « ce sont des étables pour hommes », écrira-t-il, en dénonçant l’implacable système bolchevique organisant, au nom de la dictature du prolétariat, la misère et la famine du peuple russe. Mais il s’en tient à cela, qui est déjà fort bien et fort courageux : il décrit ce qu’il voit et alerte ainsi le monde extérieur, victime de la propagande du régime et de la complaisance de ceux qui se sont contentés de voyages « encadrés »…

    Albert-Londres-1923.jpgCélèbre photographie d’Albert Londres, prise en 1923. Dans sa présentation des Œuvres complètes du reporter (Arléa, 2007), Assouline décrit Albert Londres de la manière suivante (p. VIII) : « Au physique : un bourgeois français, moyen en tout. Signes particuliers : néant. » Rien là qui puisse rappeler Tintin. « Au moral : sentimental, raffiné, dédaigneux, douillet, soucieux de sa ligne, taquin, gourmand, capricieux, courageux, inconscient, impatient, ironique, entêté, potache, fantaisiste, cinglant, ambitieux, insaisissable, taiseux, orgueilleux et fier. Il préfère écouter que parler, regarder plutôt que décrire. » Parmi ces qualificatifs, les seuls pouvant concerner Tintin seraient sans doute sentimental, courageux, entêté. Et peut-être aussi fantaisiste… L’identification avec Léon Degrelle –au physique et au moral !– est, ô combien, plus réussie et convaincante (voir l’introduction de Cristeros, Aux origines de Tintin).

    Pour suivre Tintin et agir concrètement contre le bolchevisme, avec son intelligence et ses poings, il faudra attendre juin 1941 et un certain Léon Degrelle dont l’action antibolchevique de 1928 avait justement été à l’origine des premières aventures de Tintin !

    Ni le quadragénaire à lunettes Sexé, ni le quadragénaire barbichu Londres ne peuvent décidément prétendre avoir servi de modèle à Tintin…

     

    (À suivre)

  • Pierre Assouline, fieffé menteur antidegrellien (1)

    L’obligé de la Fondation Hergé connaît pourtant
    la vérité :
    Léon Degrelle est bien Tintin !

     

    L’enfumage de la « biographie officielle »

     

    Ce n’est qu’aujourd’hui que nous est tombé entre les mains le numéro hors-série des Cahiers de la BD consacré à Hergé, l’ami de Léon Degrelle, sous le titre Hergé, Le père de Tintin se raconte (mars 2020).

    Cahiers BD Hergé.jpegLe titre de cet énième opuscule surfant sur l’image rémunératrice du maître de la ligne claire ne peut qu’induire en erreur son acheteur car, au lieu du scoop d’un récit autobiographique original, il n’aura droit qu’à des commentaires politiquement corrects, rédigés ou inspirés par des appointés et/ou obligés de la toute-puissante Fondation Hergé.

    Et le premier à se substituer à Hergé pour prétendre qu’il « se raconte » n’est autre que cette canaille de Pierre Assouline, auteur, en 1996 chez Plon, d’un Hergé, soi-disant « premier grand portrait d’Hergé [révélant] les coulisses de son œuvre » (Cahiers, p. 11).

    C’est dès ce bouquin qu’il lance la légende apologétique de sa parfaite indépendance d’esprit, gage de l’implacable objectivité de son travail de biographe de Hergé : « Philippe Goddin me proposa au nom de la Fondation Hergé de mettre ses archives à ma disposition pour écrire une biographie […]. Je les prévins aussitôt de l’esprit qui m’animait : la fascination critique pour un homme et une œuvre… la volonté de tout savoir… la liberté de tout écrire… le rejet de tout contrôle… […] Par la volonté de Fanny Rodwell, l’aide de la Fondation Hergé me fut acquise sans réserve ni contrepartie. […] Tout au long de mes recherches, ils ne me ménagèrent jamais leur soutien. Ils s’étaient convaincus que l’exposé rigoureux et la révélation la plus neutre de ces fameuses vérités-qui-ne-sont-pas-bonnes-à-dire valaient décidément mieux que l’insinuation, l’allusion et le soupçon permanent. » (Hergé, p. 12).

    Il nous ressort à nouveau cette fable pour carillonner que tout ce que contient son opus magnum ressortit à la Vérité gravée dans le marbre : « Fanny [Rodwell, la seconde épouse d’Hergé, qui gère les droits (NDLR)] nous a rejoints. Elle serait ravie, m’a-t-elle dit, si je me lançais dans une biographie d’Hergé. Soit, lui ai-je répondu, mais si je découvre un cadavre dans le placard, je le montrerai ! Elle a eu cette phrase décisive : “Vous aurez carte blanche pour tout raconter sans droit de regard de ma part car il y a pire que les accusations, ce sont les insinuations et je sais que, dur ou pas, un livre de vous les fera taire.” » (Cahiers, p. 7).

    Et les Cahiers, s’appuyant sur cette séduisante forfanterie, d’affirmer : « Aujourd’hui, Assouline reste l’une des autorités les plus fiables et les plus objectives sur les rapports ambigus entre Hergé et l’extrême droite. » (p. 7).

     
    Assouline, un chercheur indépendant ? Fumisterie !

    Cahiers BD Assouline.jpegSauf que le récit édifiant d’Assouline relève de l’enfumage : cette légende de la liberté totale d’investigation et d’expression a constitué le plus sûr paravent du mythe à garantir : Hergé n’aurait en fait rien à voir avec l’Ordre nouveau se proposant à l’Europe. Au mieux (ou au pire, c’est selon), il ne serait qu’une victime : victime de son temps, victime des circonstances, victime de ses fréquentations. « Hergé n’a aucun sens politique. […] Hergé, heureusement pour lui, n’est pas un intellectuel, il n’a rien écrit » ! (Cahiers, p. 11).

    Voilà qui est proprement insultant pour l’information du lecteur, mais surtout pour Hergé lui-même ! Hergé n’aurait aucun sens politique ? Il n’a rien écrit ? Mais cet idéaliste de la révolution des âmes, cet artiste « d’imprégnation rexiste » (Hergé, p. 105) a superlativement illustré ses idées, les rendant accessibles à tous, par ses dessins et ses scénarios : nous l’avons établi en abondance, notamment dans notre série « Degrelle-Hergé, même combat ! » (ce blog aux 21, 29 septembre ; 15, 20, 27 octobre ; 20, 27 novembre et 1er décembre 2020).

    Et pour démonter l’imposture du prétendu biographe s’enfonçant dans le mensonge, nous ne reprendrons que ses affirmations méprisables sur Léon Degrelle : « Je ne crois pas [que Léon Degrelle] ait eu beaucoup d’importance. Dès le début, Hergé prend ses distances avec ce confrère journaliste prétentieux et mythomane. À l’époque, ce qui gêne Hergé, c’est l’homme, pas le facho –qu’il n’est pas encore, d’ailleurs. Sur le plan artistique, il ne lui apporte rien non plus : des reporters courant le monde en culottes de golf, ce n’est pas ce qui manque… Je crois bien davantage à des modèles comme Robert Sexé ou Albert Londres, bien sûr ! » (Cahiers, p. 9).

    Passons sur les termes « prétentieux et mythomane », épithètes « balaciens » dont il semble désormais indispensable de marteler le portrait de Léon Degrelle (ils ne manquaient déjà pas dans sa biographie de Hergé, voir plus loin ; à propos de l’indigne prof de l’université de Liège Francis Balace, voir ce blog aux 30 juin 2016, 6 juillet et 8 novembre 2019).

    Cristeros.jpegSur l’importance insigne de Léon Degrelle dans la vie de Hergé, outre les articles de ce blog que nous venons de renseigner, nous ne pouvons que renvoyer à l’introduction Aux origines de Tintin de l’indispensable reprise de tous les textes de Léon Degrelle concernant les Cristeros (éditions de l’Homme libre; à compléter par le téléchargement du premier chapitre Cristeros Chapitre I.pdf, ce blog au 7 février 2019).

    Mais nous nous attaquerons quand même à ce postulat qu’Assouline avance tranquillement, comme s’il s’agissait d’une simple évidence : Léon Degrelle n’a pas eu beaucoup d’importance pour Hergé, surtout pas en tant qu'homme, même pas les culottes de golf : ce n’est qu’un mythomane !


    Hergé n’en avait rien à f… de Léon Degrelle ? Fumisterie !

    Nous avons analysé en détail la symbolique des culottes de golf ainsi que la signification révélatrice de leur abandon dans le dernier album complet, datant de 1976, Tintin et les Picaros dans Cristeros, Aux origines de Tintin (pp. 76-82) : nous y renvoyons nos lecteurs.

    Remarquons néanmoins –à propos de l’apparence toute singulière de Tintin– que si Léon Degrelle put émerveiller Hergé avec ses culottes de golf, ni Robert Sexé, ni Albert Londres (préférés par Assouline comme modèles de Tintin) n’en portèrent jamais en « courant le monde » !

     

    LD Golf Constantina1-horz.jpg

    Au cours de son exil, Léon Degrelle retrouva le goût des culottes de golf qui inspirèrent Hergé pour son Tintin (ce blog au 29 septembre 2020) : ici dans sa propriété de la Carlina, dans les années soixante.

    Mais nous ne pouvons laisser passer sans réagir la réaffirmation de ce mensonge selon lequel Léon Degrelle n’aurait guère eu d’importance pour Hergé. Si aujourd’hui, Assouline lance son assertion comme s’il s’agissait d’une vérité biblique partagée universellement, dans sa biographie d’il y a plus de vingt ans, il se prévalait d’arguments chronologiques qu’il croyait irréfutables mais que Cristeros, Aux origines de Tintin démonta en un tournemain, établissant le mensonge grossier.

    En 1996, en effet, Assouline canardait déjà ses verdicts pseudo-psychiatriques insultants et proférait : « Degrelle est fort en gueule, hâbleur et culotté. Il le restera jusqu’à sa mort à 87 ans. Mais avec l’âge, sa mythomanie et sa mégalomanie iront crescendo. Au soir de sa vie, il s’inventera un rôle de plus dans l’Histoire en assurant qu’à son retour d’un reportage en Amérique, il avait inspiré sinon imaginé le personnage de Tintin. Double mensonge, d‘abord sur les origines, puis chronologique. Tintin est né le 10 janvier 1929, le voyage de Degrelle outre-Atlantique date de décembre 1929-janvier 1930 et le premier article de son enquête sur les catholiques persécutés au Mexique est paru le 1er février 1930 dans le Vingtième Siècle… Ainsi l’abbé Wallez a-t-il expédié Degrelle au Mexique après avoir décidé d’envoyer Tintin au Congo et non le contraire. » (Hergé, pp. 78-79).

    A nouveau, comme dans l’expression enfantine « c’est celui qui dit qui l’est », le menteur n’était pas l’accusé, mais l’accusateur.

    Et même double et triple menteur, car, dans son Tintin mon copain, Léon Degrelle n’a jamais affirmé avoir inspiré le personnage de Tintin « à son retour d’un reportage en Amérique » puisque, comme nous l’allons voir, c’est bien avant son départ en Amérique, lors du sac de l’expo bolchevique de Bruxelles de janvier 1928, que Léon Degrelle s’imposa comme modèle de Tintin. En l’occurrence, l’épopée mexicaine de Léon Degrelle et ses envois de journaux américains à Hergé lui ont carrément permis d’affirmer : « La B.D. européenne naît à Mexico » (p. 13).


    Il n’a jamais prétendu non plus avoir « imaginé le personnage de Tintin ». Il précise au contraire le rôle de chacun des ses « pères » : « C’est bien un prêtre catholique qui a extrait du néant ce petit bonhomme futé. Ce prêtre s’appelait Norbert Wallez. Tintin a eu d’ailleurs plusieurs pères. C’est le fruit dudit abbé, bien sûr ; ce l’est, en second lieu, du grand artiste Hergé lui-même, brandissant ses crayons. Et, indirectement, c’est de moi. » (p. 5). Léon Degrelle est donc bien clair : il n’a ni « inspiré [ni] imaginé le personnage de Tintin ». Ce rôle extrayant du néant le futur héros des jeunes de 7 à 77 ans revient à l’abbé Wallez. Comme revient au « grand artiste Hergé » le rôle de lui avoir donné forme et vie par « ses crayons ». Le rôle que se reconnaît Léon Degrelle, pour indirect qu’il soit, n’en est pourtant pas moins essentiel puisqu’il ressortit aux valeurs morales et spirituelles remarquées et partagées par Hergé qui les insuffla à Tintin.

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    Les trois « pères » de Tintin réunis par Alidor (alias Paul Jamin, au volant de la limousine décapotée), dans un dessin de 1992 signé Jam, décrypté dans Tintin mon copain (p. 227).

    Cette histoire commune a évidemment créé des liens étroits entre les deux hommes, même s’ils purent connaître des hauts et des bas (sur l’affaire ressassée jusqu’à plus soif de l’ « affiche volée à Hergé », voir ce blog au 20 octobre 2020). Assouline est d’ailleurs bien contraint d’en convenir, même si c’est du bout des lèvres, faisant semblant que c’est toujours à son corps défendant que Hergé a fréquenté Léon Degrelle, partagé ses idées, suivi son parcours.

    Ainsi, après sa démonstration ratée sur la non-relation Degrelle-Tintin, élucubre-t-il : « si Léon Degrelle n’a tenu aucun rôle dans l’imaginaire d’Hergé, cela ne signifie pas pour autant qu’il n’ait exercé aucune influence sur Georges Remi » (Hergé, p. 79). La quadrature du cercle, donc ! Léon Degrelle  n’a tenu aucun rôle dans l’imaginaire de Hergé, tout en exerçant quand même une influence sur lui. Pourquoi Assouline ne nous explique-t-il pas que Hergé aurait été une espèce de Docteur Jekill tout à fait étranger au Mister Hyde-Georges Remi ?

    Assouline doit donc multiplier les contre-vérités et les paradoxes : « Pour n’avoir pas su dire non à Léon Degrelle, [Hergé] va sans le savoir ajouter une pièce supplémentaire au procès à charge qui sera en permanence instruit contre lui longtemps après. » (p. 78). « A défaut d’être en connivence avec [Léon Degrelle], [Hergé] ne lui est pas hostile. » (p. 80). « Georges Remi […] s’est toujours voulu une éponge […]. Aussi n’est-il pas étonnant qu’il collabore plus avant avec Léon Degrelle, fût-ce discrètement. » (p. 81). « Cela étant, par sa formation, par ses amis, par ses idées, par le milieu dans lequel il baigne depuis dix ans, il est d’imprégnation rexiste. Malgré ses sentiments mêlés pour la personne de Léon Degrelle. » (p. 105)…

    Rappelons tout de même les propos explicites de Hergé sur Léon Degrelle : ils vont tous dans le même sens et sont tous positifs. Assouline lui-même en convient involontairement lorsqu’il prétend n’illustrer que l’intérêt du dessinateur pour « l’histoire contemporaine ». Il cite alors un tout bref extrait d’une lettre privée à Robert Crausaz, l’éditeur suisse de La Cohue de 1940 de Léon Degrelle (premier « livre de souvenirs » de Léon Degrelle publié après-guerre et non « nouveau » !) : « [Hergé] est plus sincère dans d’autres de ses élans. Dans son intérêt pour l’histoire contemporaine, par exemple, lorsque dès l’annonce de la parution du nouveau livre de souvenirs de Léon Degrelle La Cohue de 40, il se dépêche de le commander à son éditeur lausannois. Ou quand, en privé, il juge La Campagne de Russie du même Degrelle très émouvant et très bien écrit. » (Hergé, p. 367).

    Mais il n’y a pas que dans sa correspondance privée que Hergé est « sincère » ! Le dessinateur n’a pas craint non plus de s’exprimer publiquement sur Léon Degrelle en ne lui ménageant pas son admiration, même au sujet de son engagement au Front de l’Est et de l’acharnement du gouvernement belge à son encontre. Ainsi, dans une interview à la presse flamande, n’hésite-t-il pas à saluer le dernier Commandeur de la Légion Wallonie : « Degrelle était d’ailleurs bien un homme respectable : il a été lui-même au front de l’Est ; il n’y pas seulement envoyé quelques pauvres diables. Et militairement parlant, il s’est comporté là-bas comme un héros. » (Humo, 11 janvier 1973). Voilà un « intérêt pour l’histoire contemporaine » parfaitement et singulièrement circonscrit !

    De même –et cette déclaration, à elle seule, anéantit le raisonnement pseudo-chronologique d’Assouline pour disqualifier le lien Tintin-Léon Degrelle– concernant son art de la bande dessinée, reconnut-il sa dette vis-à-vis de Léon Degrelle, même s’il confond (exprès ?) les dates : « J’ai découvert la bande dessinée grâce à... Léon Degrelle ! Celui-ci, en effet, était parti comme journaliste au Mexique et il envoyait au Vingtième Siècle, non seulement des chroniques personnelles, mais aussi des journaux locaux (pour situer l’atmosphère) dans lesquels paraissaient des bandes dessinées américaines. J’ai découvert ainsi mes premiers comics. » (La Libre Belgique, 30 décembre 1975).

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    Serons-nous étonnés que ces déclarations de Hergé soient absentes du bouquin à charge d’Assouline ? Mais alors ? Était-ce pour ne pas avoir à dire que Hergé se trompait ou même mentait ? Et qu’elles rendaient impossible la thèse selon laquelle Léon Degrelle n’aurait compté que pour des prunes pour Hergé ?

    Cela est d’autant plus grotesque que dans son chapitre La providence des inciviques (reprenant l’expression de Robert Poulet : ce blog au 1er décembre 2020), Assouline souligne la fidélité absolue de Hergé à ses amis : « Hergé reste aussi fidèle à ses amis qu’envers Léopold III. Nul ne pourra le prendre en défaut sur ce plan-là. Il les défend bec et ongles, surtout s’ils sont dans l’adversité. Quelle que soit la réalité des faits, il arrive toujours à trouver des circonstances atténuantes aux vaincus de la Libération. » (p. 205). Sauf paradoxalement à Léon Degrelle, absent de la liste qu’il dresse : Paul Herten, Victor Meulenijzer, Jean Vermeire, Félicien Marceau, Julien De Proft, Norbert Wallez, Paul Jamin, Robert Poulet…

    Et comment l’expliquer alors que sa sollicitude ne concernait pas seulement ses vrais amis, mais s’étendait aux amis politiques au sens le plus large du mot puisqu’il s’agissait même d’ « inciviques » parfaitement inconnus : « Hergé providence des inciviques… La formule est encore plus juste qu’on ne le croit. Car non seulement il aide ses amis, les amis de ses amis et d’autres Belges en difficulté, mais aussi des épurés français qu’il ne connaît même pas. Sa réputation de samaritain des collaborateurs en détresse a passé la frontière. Son adresse est de celles qui circulent. Avec eux, comme avec les autres, il ne se fait pas prier. » (p. 207).

    Alors, Hergé n’aurait-il vraiment eu « aucun sens politique » ???

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    Ralph Soupault était le caricaturiste de Je suis Partout, dont les dessins antisémites étaient pour le moins aussi incisifs que ceux de son ami Jam dans la Brüsseler Zeitung. Mais l’étalon répressif français était sans doute moins brutal que le belge : Soupault écopa de quinze ans de travaux forcés alors que Jam fut condamné à mort. Les peines furent néanmoins commuées, mais toujours à l’avantage du condamné français : Soupault sortit de prison en 1950, Jam en 1952. Hergé ne l’avait jamais vu, mais connaître les raisons de sa condamnation et le savoir ami de Paul Jamin suffirent à Hergé pour aider Ralph Soupault. Ici, un de ses dessins publié dans Le Petit Parisien, le 19 décembre 1941.

    N’est-il donc pas inconcevable de vouloir exclure Léon Degrelle du cercle hergéen ? D’autant plus que les deux hommes avaient noué de véritables liens d’amitié qui ne se démentirent jamais : comme nous avons eu l’occasion de l’établir irréfutablement, les contacts entre Léon Degrelle et Hergé ne se sont jamais rompus, qu’ils se soient poursuivis par l’intermédiaire de Germaine Kieckens, sa première épouse, ou via Paul Jamin (alias « Jam » et « Alidor »), le fidèle ami commun (ce blog au 20 octobre 2020).

    En réalité – et nous l’établirons plus loin encore– Assouline savait fort bien que Léon Degrelle est tellement consubstantiel à Tintin que Hergé ne pouvait pas imaginer, cinquante ans plus tard, de les dissocier, même au prix d’un anachronisme (voir aussi ce blog au 15 octobre 2020)…

     

    (À suivre)

  • Degrelle – Hergé, même combat! (8)

    Mon Honneur s’appelle Fidélité

     

    Hergé échappera aux tribunaux de l’épuration qui semblent avoir éprouvé, selon le dessinateur, la peur du ridicule : « Je n'ai cependant pas figuré au procès des collaborateurs du Soir, j'y étais en spectateur… Un des avocats de la défense a d'ailleurs demandé : “Pourquoi n'a-t-on pas aussi arrêté Hergé ?”, ce à quoi l'Auditeur militaire a répondu : “Mais je me serais couvert de ridicule !” » (Pol Vandromme, Le Monde de Tintin, p. 52)

    Mais sa prise de conscience de la mauvaise foi criminelle des vainqueurs (« Grotesque et ignoble ! », écrit-il à son épouse en lui annonçant le verdict du procès du Soir) n’hésitant pas à condamner à mort (et même à exécuter) les plus purs patriotes de ses amis l’amènera à s’engager à fond dans une aide concrète, matérielle et ô combien opportune à tous les persécutés de son entourage.

    En témoignera avec émotion l’écrivain Robert Poulet à l’occasion du décès du dessinateur (« Adieu, Georges », Rivarol, 18 mars 1983, cité dans Tintin, mon copain, p. 130) :« On peut bien le dire à présent : entre 1950 et 1960, il fut la providence des “inciviques”, le grand recours des honnis et des bannis, dont il connaissait la parfaite honnêteté. Il me rendit, à moi parmi beaucoup d’autres, de grands services aux heures difficiles. Je reste et resterai moralement son débiteur. »

    C’est ainsi que son ami très proche, l’artiste Jacques Van Melkebeke, condamné à dix ans de prison pour « incivisme »est engagé comme rédacteur en chef du nouvel hebdomadaire Tintin avec l’appui de Hergé qui ne souffle mot de sa condamnation. Quand la police vient l’arrêter, Van Melkebeke a pu fuir, mais est démissionné d’autorité par Raymond Leblanc, le propriétaire du magazine. Désormais, c’est clandestinement qu’il travaillera à Tintin, pour Hergé, mais aussi pour Edgar P. Jacobs.

    C’est ainsi que Robert Poulet, condamné à mort et, finalement, après six ans de prison, expulsé de Belgique, fut hébergé par Hergé qui, instruit par le précédent de Van Melkebeke, l’engagea également clandestinement dans l’équipe de Tintin pour y écrire des contes pour enfants : son salaire était payé par chèques libellés au nom de jeune fille de son épouse !

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    Extrait des esquisses de prison de « Jam » : caricature de Robert Poulet se promenant, boulet au pied, à la prison de Saint-Gilles en 1946.

     

    C’est ainsi qu’il soutint constamment l’abbé Norbert Wallez à la santé ruinée par ses quatre années de prison épouvantables ; le caricaturiste Jam dont il aida matériellement l’épouse durant les six ans de sa réclusion et qu’il soutiendra encore jusqu’à ce qu’il retrouve un travail ; le dessinateur de Je Suis Partout, Ralph Soupault, qu’il ne connaissait pas personnellement, mais que, recommandé par Paul Jamin, il aida et recommanda à Casterman ; ainsi que son ami le SS-Hauptsturmführer Jean Vermeire –qu’il connut au Petit Vingtième où il signait ses dessin « Jiv »–, officier de liaison de Léon Degrelle à Berlin, avec qui il allait au restaurant lors de ses permissions (en uniforme SS, toujours de fantaisie : voir Huibrecht van Opstal, Tracé RG, Le Phénomène Hergé, p. 89 et Saint-Loup, Les SS de la Toison d’Or,  p. 81) et pour lequel, lorsqu’il apprit sa condamnation à mort, il signa sans hésitation une pétition réclamant sa grâce au prince Charles, régent du Royaume, puisqu’ « il n’a cessé d’agir par idéalisme » (Pierre Assouline, Hergé, p. 205)…

    Alors, s’il faut encore remettre les pendules à l’heure, citons à nouveau Hergé dont l’honneur s’appelle fidélité et qui refusa toujours de participer à la condamnation universelle de Léon Degrelle :« Degrelle était d’ailleurs un homme respectable, il a été lui-même au Front de l’Est, il n’y a pas seulement envoyé quelques pauvres diables. Et militairement parlant, il s’est comporté là-bas comme un héros. » (interview de Hergé dans l’hebdomadaire flamand Humo, 11 janvier 1973, citée dans Tintin mon copain, p. 144).

     

    Comment rester Tintin sans Léon Degrelle ?

     

    La tragédie de la « libération » a provoqué une lente évolution du personnage de Tintin qui est certes toujours resté fidèle à ses idéaux de justice et de solidarité, mais a peu à peu abandonné son rôle de redresseur de tort universel et de justicier des sociétés et des nations (ce qu’illustrent d’ailleurs également les « réécritures » des anciens albums dans un sens «politiquement correct»).

    Tintin a ainsi progressivement changé de modèle en passant petit à petit du Léon Degrelle héroïque au Hergé débonnaire. Très éclairant à ce point de vue est le tout dernier album Tintin et les Picaros : filant au San Theodoros pour sauver Bianca Castafiore et les Dupondt du dictateur capitalisto-stalinien Tapioca, Tintin, pour parvenir à ses fins, se lie aux Picaros du général Alcazar (d’allure castriste mais vivant sous la coupe d’une mégère de l’American Way of Life : c’est dire s’il s’agit de dictateurs interchangeables !).

    Et si Tintin s’emploie à aider les Picaros dans leur pseudo-révolution, ce n’est que dans une seule intention, comme le reconnaît Tintin lui-même à la page 46 :« Non, on ne s’en fiche pas, capitaine [de la révolution du général Alcazar]… car nos amis les Dupondt, la Castafiore, Irma et Wagner sont en danger !... Et ils ne seront sauvés que si Alcazar triomphe de Tapioca et prend le pouvoir. » Une fois ce but atteint, c’est alors sans état d’âme qu’il quitte un pays qui a simplement changé de dictateur et son peuple toujours misérable pour rentrer chez lui et vivre tranquille avec ses amis.
    Le dernier dialogue clôturant l’album est très éclairant sur ce repli de l’héroïque Degrelle vers le pragmatique Hergé, affichant sans détour ni vergogne un esprit plutôt petit-bourgeois. Haddock :
    « Eh bien, je ne serai pas fâché de me retrouver chez nous, à Moulinsart… » ; Tintin : « Moi aussi, capitaine… »

    hergé,pol vandromme,robert poulet,jam,léon degrelle,humo,tintin,association pétain-verdun,restaurant botínLe véritable message de Tintin et les Picaros est celui d’un constat d’impuissance face aux mirifiques promesses des uns et des autres qui ne sont que bonnets blancs et blancs bonnets du profitariat politicien. Le souci de justice sociale s’est ici réduit au seul groupe de familiers, comme l’exprime d’ailleurs avec une effusion expansive Bianca Castafiore à la page précédente :« Ah !quelle joie d’être de nouveau tous réunis ! Il faut absolument que je chante ! » Plus rien d’autre ne compte que de se retrouver entre soi…

    C’est donc bien ici que s’exprime pour la première fois avec évidence le resserrement d’ « idéologie » de Tintin : du combat pour la justice sociale de son modèle Léon Degrelle vers la défense du cercle familier de son père Hergé.

    Et désormais, comme Tintin dans les Picaros, il nous faut bien constater avec désenchantement que depuis que l’idéal solaire qui enflamma Hergé et Léon Degrelle a été fracassé par la coalition universelle des matérialismes ploutocratico-marxistes craignant la contagion, nos sociétés sont en totale perdition, prisonnières d’une pensée unique qui les font se résigner à leur sort et à leur sujétion, la justice sociale étant reléguée au rayon des utopies.

    Face à notre impuissance, ne nous resterait-il plus –comme semble le penser Hergé– qu’à nous replier sur notre cercle familier où, jusqu’à présent du moins, nous pouvons encore entretenir et pérenniser la petite flamme de la vérité, de la beauté, de la justice et de la solidarité ?...

    Entretenir cette petite flamme de l’honneur et de la fidélité et nous efforcer de la propager : c’est bien le moins que nous devions à Léon Degrelle ainsi qu’à tous ceux qui ont été jusqu’à offrir le sacrifice de leur vie pour que l’Europe ne soit pas engloutie dans la nuit mortelle du stalinisme et, –hélas, mille fois hélas, en vain !–, pour que vive ce monde d’épanouissement personnel et de justice sociale que Léon Degrelle a voulu forger et que Hergé a pu approcher, mais que nous ne pourrons sans doute plus connaître.

     

    Armand Gérard

     

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    Si le souci de son couple et de ses amis proches a toujours été essentiel pour Léon Degrelle (ci-dessus avec son épouse Jeanne, sur la plage de Malaga ; et avec quelques intimes dont Raymond Van Leeuw, héros du Front de l’Est, son épouse Mia, et le photographe Jacques de Schutter, au restaurant Botín de Madrid : le propriétaire décorait toujours la table de Léon Degrelle d’œillets rouges et blancs, couleurs du drapeau bourguignon) ; à l’inverse de Hergé, sa mission de « passeur d’idéal » et de héraut de la révolution des âmes véhiculée par le national-socialisme a animé jusqu’à son dernier souffle le tribun politique et le chef de peuple que Léon Degrelle fut toujours (ci-dessous, discours à ses camarades Légionnaires du Front de l’Est à Palma de Majorque en 1989, haie d’honneur de jeunes Européens pour un meeting à Madrid et rencontre avec l’Association Pétain-Verdun).

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    Bibliographie

     

    Assouline Pierre, Hergé, Plon, Paris, 1996.

    Bergeron Francis, Georges Remi dit Hergé, Pardès, Qui suis-je ?, 2011.

    Brami Emile, Céline, Hergé et l’affaire Haddock, Ecriture, 2004.

    Charlier Jean-Michel, Léon Degrelle : persiste et signe, Interviews recueillies pour la télévision française, Jean Picollec, 1985.

    Degrelle Léon, La Cohue de 1940, Robert Crausaz, 1949.

    , Cristeros, Aux origines de Tintin, L’Homme Libre, 2019.

    , De Rex à Hitler, L’Homme libre, 2015.

    , Eu, SS Tintín [Moi, Tintin le SS] Interview par Sarah Adamopoulos, O Independente, 26 juin 1992.

    , Révolution des Âmes, Les Editions de France, 1938.

    , Tintin mon copain, Pélican d’or, Klow, Syldavie, 2000.

    Debaeke Siegfried, Hitler in Vlaanderen, De Klaproos, 2011.

    De Bens Els, De Belgische dagbladpers onder Duitse censuur (1940-1944) [La Presse quotidienne belge sous la censure allemande], Nederlandsche boekhandel, 1973.

    Delesse Catherine, Le vrai-faux réel dans la bande dessinée : la presse et autres médias dans Tintin, Palimpsestes, http://palimpsestes.revues.org/838; DOI : 10.4000/palimpsestes.838.

    Faurisson Robert, Le Problème des chambres à gaz, ou la rumeur d’Auschwitz, in Le Monde, 29 décembre 1978.

    Friedrich Jörg, L’incendie. L’Allemagne sous les bombes 1940-1945, Editions de Fallois, 2006.

    Gérard Armand, Léon Degrelle était bien Tintin, L’intuition première de Jean Mabire, Magazine des Amis de Jean Mabire n° 45, Solstice d’été 2015.

    , Introduction à : Léon Degrelle Cristeros, Aux origines de Tintin, L’Homme Libre, 2019.

    Goddin Philippe, Hergé, Lignes de vie, Biographie, Editions Moulinsart, 2007.

    Heinemans Jan et Van Impe Marc, Openhartig gesprek met Hergé [Entretien à cœur ouvert avec Hergé], Elseviers Magazine, 22 décembre 1973.

    Hergé, « Les Aventures de Tintin » sont citées d’après les rééditions dans les « Archives Tintin », Editions Moulinsart (2010-2013).

    , L’aviation, Guerre 1939-1945, Collection « Voir et Savoir », Dargaud, 1953.

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    , Openhartig gesprek met Hergé [Entretien à cœur ouvert avec Hergé], Elseviers Magazine, 22 décembre 1973

    Hitler Adolf, Libres propos sur la guerre et la paix, Flammarion, 1952.

    Delannoy Jean et Piryns Piet, Humo sprak met Hergé [Humo s’entretient avec Hergé], Humo, 11 janvier 1973.

    Benoît-Jannin Maxime, Les guerres d’Hergé, Aden, Bruxelles, 2007.

    Mathieu Olivier, De Léon Degrelle à Tintin, Retranscription du texte de la conférence prononcée le vendredi 26 octobre 1990, à 20 heures, à l’occasion de la première manifestation du CER (cercle d’étudiants révisionnistes), au 104, boulevard Bockstael, Auditorium Bockstael, 1020 Bruxelles, édition à compte d’auteur, 1990.

    Mathot René, Au ravin du loup, Hitler en Belgique et en France, mai-juin 1940, Racine, 2000.

    Van Opstal Huibrecht, Tracé RG, Le Phénomène Hergé, Claude Lefrancq, Bruxelles, 1998.

    Peeters Benoît, Hergé, fils de Tintin, Grandes biographies, Flammarion, Paris, 2002.

    Poulet Robert, Adieu Georges, in Rivarol, 18 mars 1983.

    Riesco José Luis Jerez, Degrelle en el exilio. 1945-1994, EdicionesWandervögel, Buenos Aires, 2000. Cette date doit être apocryphe puisque, entre autres exemples, l’auteur évoque la date du décès de Marie-Christine, une des filles de Léon Degrelle, en 2006 (p. 287).

    Rothuizen William et Schröder Peter, Kuifje & Hergé [Tintin & Hergé], Haagse Post, 31 mars 1973.

    Sadoul Numa, Tintin et moi, Entretiens avec Hergé, Champs-Flammarion, 4e édition, Paris, 2000.

    Saint-Loup, Les SS de la Toison d’Or, Presses de la Cité, 1975.

    Springael Hervé, Avant Tintin, Dialogue sur Hergé, chez l’auteur, 1987.

    Valla Jean-Claude, La France sous les bombes américaines, 1942-1945, Librairie nationale, 2001.

    Vandromme Pol, Le Monde de Tintin, Gallimard, Paris, 1959.

    Wagner Friedlind, Héritage de feu, Souvenirs de Bayreuth, Plon, 1947.

     

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    C’est en 1989 que Korbo réalisa l’un des plus beaux portraits de Léon Degrelle, tellement reproduit que plus personne ne se soucie de son auteur, croyant l'œuvre libre de droits et appartenant au domaine public !

     

  • Degrelle – Hergé, même combat ! (2)

    Si Tintin n’est donc pas un inspecteur de police à la Maigret, un détective à la Sherlock Holmes ou un Robin-des-Bois à la Arsène Lupin, c’est à Léon Degrelle qu’il doit sa profession de journaliste-globe-trotter et à son exemple de droiture, de dévouement et de générosité, –affirmé dès ses premiers articles sur les martyrs de la guerre religieuse mexicaine (octobre 1928)–, ses activités de redresseur de torts.

     

    C’est ainsi que Tintin, dès sa première aventure chez les Soviets (janvier 1929), est aussi reporter et aventurier que Léon Degrelle –qui, au même moment, est sur le point de se lancer à corps perdu dans un voyage de tous les dangers au Mexique de la révolte des Cristeros–, tout en manifestant les mêmes traits éthiques et moraux le poussant à défendre les causes justes et à venir en aide aux persécutés.

     

    9 Mexique Rex illustré 18 03 36.jpgRépondant à l’attaque du quotidien socialiste Le Peuple qui prétendait que le voyage au Mexique de Léon Degrelle était un mensonge, Rex illustré se contenta, dans son numéro du 18 mars 1936, de reproduire quelques clichés de voyage de Léon Degrelle. Celui-ci en avait pourtant déjà publié plusieurs lors de la publication en feuilletons dans l’hebdomadaire Soirées (du 23 octobre 1931 au 9 avril 1932)…

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    Ce rôle de modèle évident que Léon Degrelle joua dans la genèse de Tintin (qui vit le jour dans Le Petit Vingtième, le 10 janvier 1929) est irréfutablement établi dans nos commentaires de Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin (Editions de l’Homme Libre, 2018).

     

    C’est ainsi que Léon Degrelle documenta pour Le XXe Siècle où les deux amis effectuaient leurs premières armes, l’idéal spirituel, politique et social qui sera celui de Tintin, dans l’émouvante défense des catholiques mexicains acceptant le martyre au cri de « Vive le Christ Roi », ce Christus-Rex qui donnera naissance au mouvement REX ! Léon Degrelle signera ainsi Les fureurs antireligieuses au Mexique ; Comment on assassine au temps de Locarno ! et Comment on meurt pour le Christ-Roi, les 26, 27 et 28 octobre 1928 ; La persécution mexicaine : pourquoi reculeraient-ils devant le sacrifice ?, le 16 novembre 1928. Il ajoutera encore, alors qu’il vient de terminer sa grande enquête sociale sur Les Taudis publiée pendant tout le mois de décembre 1928, Quand les catholiques s’en mêlent, le 27 janvier 1929, soit quelques jours après le départ de Tintin pour le pays des Soviets et quelques mois avant son propre départ pour le Mexique (19 décembre 1929 ; sur les péripéties préparatoires au voyage, voir Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin, p. 65-69).

     

    De plus, l’engagement anticommuniste de Tintin, s’il puisa les anecdotes de ses aventures dans le livre Moscou sans voiles du consul belge de Rostov-sur-le-Don, Joseph Douillet (Editions Spes, 1928), s’inspira surtout du courage, de la détermination, du sens de l’initiative et de l’humour de Léon Degrelle parti saccager l’exposition bolchevique de Bruxelles, le 12 janvier 1928. Tintin doit indubitablement aussi ses traits à cet événement considérable qui ébranla tout le monde politique et médiatique belge. Au point de déterminer la décision du directeur du XXe Siècle, l’abbé Norbert Wallez, d’imposer au responsable du Petit Vingtième, le jeune Hergé, la mission d’envoyer son nouveau héros Tintin combattre les Soviets en « Bolchévie » !

     

    14 Avant-Garde 19_01_1928 Soviets.JPGLéon Degrelle rend compte de l’attaque de l’exposition soviétique à Bruxelles dans son journal estudiantin louvaniste du 19 janvier 1928 : c’est la première fois que la (coûteuse) couleur est utilisée !

     

    Voilà ce que, de prime abord, Léon Degrelle inspira à Hergé pour son personnage Tintin (sans parler ici des évidences matérielles –que sont les culottes de golf, la houppette ou l’ovale parfait du visage– appartenant toutes au turbulent étudiant louvaniste : elles sont abondamment détaillées dans Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin (sur l’origine, le sens et la portée des culottes de golf, on lira avec intérêt « La culotte de golf », pp. 76-82), et ce, d’autant plus naturellement que la même éthique de vie était partagée par les deux amis qui avaient reçu la même éducation catholique et la même formation scoute.

     

    Mais c’est là aussi ce qui était absolument insupportable pour l’historiographie politiquement correcte, accusant Léon Degrelle de se forger une légende à coups de mensonges, d’exagérations, de récupérations, de travestissements de la réalité…

     

    Même un critique comme Francis Bergeron, auteur d’un Dictionnaire du collectionneur politiquement incorrect et d’un Dictionnaire commenté de livres politiquement incorrects, que l’on pourrait donc croire immunisé contre tout conformisme, s’est laissé contaminer par cette paresse intellectuelle pour entonner –mais s’en rend-il seulement compte ?– les décevants refrains du politiquement correct : « Tintin mon copain […] ! Il faut en prendre et en laisser, comme souvent chez Degrelle », « L’album sent la récupération », « Redevenons sérieux »,… (Francis Bergeron, Georges Remi dit Hergé, Pardès, Qui suis-je ?, 2011, pp. 118, 36)

     

    Mais ce qui est bien réellement sérieux, c’est que toute la vie de Léon Degrelle est faite de chapitres absolument incroyables, exactement à l’image des aventures de Tintin (que Robert Poulet décrit justement comme « des histoires impossibles mais réelles », in Rivarol, 18 mars 1983) !

     

    Depuis sa périlleuse expédition au Mexique jusqu’aux tentatives d’enlèvement et d’assassinat en Espagne fomentées par des juges et des résistants belges ou les services secrets israéliens et français, en passant par sa campagne fulgurante contre les banksters de la politique belge, les héroïques combats du Front de l’Est (Croix de Fer de Seconde et Première Classe, Agrafe en or des Combats au Corps à Corps, Insigne en or des Blessés, Croix de Chevalier de la Croix de Fer avec Feuilles de Chêne, etc.) et ses promotions militaires au seul mérite personnel ­de simple soldat à commandeur de division et Volksführer (détenteur des pouvoirs civils et militaires) des Wallons (voir ce blog au 5 mars 2018), ses liens inimaginablement privilégiés avec Adolf Hitler (« Si j’avais un fils, je voudrais qu’il fût comme vous », voir ce blog aux 21 juin et 20 juillet 2018) ou son projet de rétablissement du Duché de Bourgogne approuvé par Hitler et confirmé par Himmler (voir ce blog au 28 juin 2017), tout, absolument tout, dans la vie de Léon Degrelle relève de l’invraisemblable et de la fiction. Et pourtant, tout est vérifiable et a toujours fini par se vérifier.

     

    Aujourd’hui, ce sont ses détracteurs qui passent pour des affabulateurs ou des historiens peu scrupuleux. Par exemple, à propos des mensonges insanes d’un Eddy De Bruyne, voir ce blog : 15 publications à partir du 23 mars 2017 ; sur les obsessions fantasmagoriques et les postulats délirants du pseudo-historien de l’Université de Liège, Francis Balace, tout confit en servilité politiquement correcte, voir ce blog, entre autres, au 9 juillet 2017, note 1, ainsi qu’aux 30 juin 2016, 12 mars et surtout 6 juillet 2019 !...

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    Tant que les tailleurs en ont proposé, Léon Degrelle est toujours resté fidèle aux culottes de golf que Hergé lui emprunta pour en faire le vêtement emblématique de Tintin : à gauche, au début des années 30 ; à droite, dans l’Espagne des années 50.

     

    Léon Degrelle était à ce point conscient de son destin super-tintinesque qu’il prend plaisir à le souligner dans Tintin mon copain !

     

    « Avoir aidé Hergé à faire de Tintin un personnage qui, avec le temps, porterait à travers la planète la culotte de golf décrochée de ma garde-robe et la houppette cueillie sur ma boîte crânienne, ne serait qu’un incident merveilleux à travers ma vie haute en couleur. […] C’est dire que Tintin ne serait qu’un épisode, charmant, de ma geste multiforme, où abondent des événements hors du commun : la conquête d’un million de Belges en 1936, par un jeune garçon de vingt-neuf ans, mes quatre ans de combat de chef de guerre au Front de l’Est, ma Ritterkreuz et mes Feuilles de Chêne me hissant en tête des créateurs de l’Europe en gestation. […] Hergé lui-même le savait qui, modeste, parfois même effacé ou effaré, vivrait personnellement, on le verra, chacun des heurts et malheurs de mon épopée. Au long de ceux-ci, c’est vrai, resurgiraient cent fois des réminiscences et des coïncidences de l’esprit, de l’ingéniosité, de la débrouillardise et de l’humour du Tintin de notre jeunesse. » (p. 21)

     

    C’est donc par l’intermédiaire de son personnage de fiction que Hergé vivra les aventures qu’écrira dans la réalité, avec son courage et son abnégation, l’ami Degrelle : « Tintin, c’est moi quand j’aimerais être héroïque, parfait » confiait Hergé à Numa Sadoul (Tintin et moi, Entretiens avec Hergé, p. 45). Et ce, même si, dans ses aventures, Tintin ne revêtira jamais l’uniforme que revêtit Léon Degrelle pour empêcher que l’Europe ne fût anéantie par le bolchevisme (dénoncé dès Tintin au Pays des Soviets) et le matérialisme capitaliste (pourfendu dans tous les autres albums).

     

    Néanmoins, si Hergé ne lui fit jamais porter dans ses aventures l’uniforme de son modèle parti au Front de l’Est, il ne rechignera nullement à le lui faire porter « pour information ». De même que celui de tous ceux qui en portaient dans le IIIe Reich ! A telle enseigne qu’en un fameux clin d’œil à son modèle degrellien, dans la série de vignettes sur l’aviation de 1939 à 1945 (L’aviation, Guerre 1939-1945, Collection « Voir et Savoir », Dargaud, 1953), Hergé prend un plaisir manifeste –en 1953 ! huit ans à peine après la fin de la guerre et alors que la répression des « inciviques » était toujours d’actualité !– à revêtir Tintin de tous les uniformes militaires possibles, en ce compris et avec la même évidente sympathie, les tenues nazies ornées de toutes les croix gammées nécessaires ? Quel dommage que les éditeurs de Tintin mon copain aient oublié ces précieux témoignages de la totale absence d’allergie de Hergé pour la symbolique nationale-socialiste !

     

    Aujourd’hui, on peut être sûr que le « politiquement correct » ne permettrait plus que soit évoquées aussi favorablement « les heures les plus sombres de notre histoire » ! On peut ainsi surprendre Tintin en « Pimpf » de la Hitlerjugend, le boy-scout national-socialiste, ou revêtu de l’uniforme de la Wehrmacht, celui-là même que porta Léon Degrelle jusqu’au Caucase dans les premières années de la Légion Wallonie. Mais il y a aussi le marin de la Kriegsmarine, l’officier de la Luftwaffe, etc.

    De quoi nuancer d’importance l’affirmation péremptoire de Francis Bergeron critiquant la couverture de Tintin mon copain qui s’orne des « portraits de Tintin et de Degrelle, l’un et l’autre en uniforme allemand (mais seul Degrelle l’a réellement porté !) » (Georges Remi dit Hergé, p. 35).

     

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    Le vingtième chromo de L’aviation, Guerre 1939-1945 est consacré au célèbre, maniable et sûr Fieseler Storch dont est rappelé le plus fameux exploit : la délivrance de Mussolini de sa prison dans le Massif des Apennins, à 1800 mètres d’altitude, par les troupes SS aéroportées du colonel Otto Skorzeny. Hergé eût également pu rappeler que c’est le Fieseler Storch personnel d’Adolf Hitler qui, fait absolument unique dans les annales du IIIe Reich, alla chercher, à deux reprises, Léon Degrelle sur le Front de l’Est pour l’amener au Grand-Quartier Général et y recevoir des mains mêmes du commandant suprême de toutes les forces armées du Reich la Croix de Chevalier de la Croix de Fer (20 février 1944) ainsi que les Feuilles de Chêne, la Croix Allemande en or et l’Agrafe en or des Combats rapprochés (25 août 1944).

    C’est alors que, profondément ému, le Führer confia à celui qui avait su gagner son estime, sa confiance, son amitié et son affection : « Si j’avais un fils, j’aimerais qu’il fût comme vous ! »

    Pour illustrer ce chromo, Hergé a choisi de revêtir Tintin de l’uniforme noir du tankiste d’une division blindée de la SS : il porte le grade de Scharführer (sergent) et est décoré de la Croix de Fer de seconde classe.

    (L’aviation, Guerre 1939-1945, Collection « Voir et Savoir », Dargaud, 1953).

     

     

     

    A suivre

     

  • Degrelle – Hergé, même combat ! (1)

    Annoncée en avril dernier, la réédition du premier numéro des Cahiers d’Histoire du Nationalisme consacré à Léon Degrelle (collection « Documents et Témoignages » du bimestriel Synthèse nationale) est sortie de presse : http://synthesenationale.hautetfort.com/media/02/02/3252292810.pdf

     

    1 LD Cahiers Georgy.jpgRappelons que ce Cahier réalisé sous la direction de Christophe Georgy, président de l’Association (française) des Amis de Léon Degrelle fut publié en 2014 pour le vingtième anniversaire de la disparition de Léon Degrelle et qu’il fut présenté en détail dans un des tout premiers articles de notre blog, le 22 janvier 2016.

     

    Il était initialement prévu que soient incluses dans cet hommage au Chef de Rex et héros de Tcherkassy, des contributions d’Armand Gérard, l’un des animateurs du « Dernier Carré – Léon Degrelle », et de Michael Hemday, auteur de cinq volumes d’Indiscrétions (2004 à 2019) relatives à l’histoire du national-socialisme et de la Seconde Guerre mondiale. Il est également l’auteur –d’où l’invitation– d’un précieux Léon Degrelle, une page d’exil, paru en 2006 et reprenant de nombreux extraits de correspondance d’après-guerre permettant de mieux connaître le Degrelle condamné à l’exil espagnol.

     

    Nous ignorons les raisons qui écartèrent la contribution de Michael Hemday du premier Cahier d’Histoire du Nationalisme consacré à Léon Degrelle, mais nous avons reçu à l’époque l’explication de la suppression de l’article d’Armand Gérard : non seulement il faisait double emploi avec celui de Francis Bergeron (Hergé et Degrelle : histoire d’un copinage), mais il exposait, sous le titre Degrelle-Hergé, même combat, une thèse parfaitement opposée et incompatible. A savoir que, pour notre ami Armand Gérard, « la communauté spirituelle entre Léon Degrelle et Hergé » ne fait aucun doute. Et d’établir, au fil d’une démonstration d’une trentaine de pages, que « c’est à Léon Degrelle que Tintin doit sa profession de journaliste-globe-trotter et à son exemple de droiture, de dévouement et de générosité, ses activités de redresseur de torts ».

     

    2 Tintin mon copain.jpegAux antipodes de cette évidence, Francis Bergeron qui, malgré son Degrelle, Qui suis-je ?, présenté comme un simple « ouvrage de commande » (p. 8), n'a guère d'atomes crochus avec Léon Degrelle (voir ce blog au 20 février 2020), prétendait, quant à lui, en six pages plutôt cancanières, que «Tintin est le contraire de Degrelle», affirmant également contre toute vérité historique à propos des relations entre Hergé et Léon Degrelle, que « les circonstances vont éloigner les deux hommes », et ce, dès que « Degrelle se lance dans la politique », avant de conclure par ce paradoxe tape-à-l’œil, mais sans portée ni intérêt : « En fin de compte, Hergé et Degrelle étaient deux hommes que tout aurait dû séparer, mais qui se sont rencontrés » !...

     

    Sans doute était-il alors difficile pour l’éditeur de publier ensemble deux articles aussi divergents sur le même sujet sans mise au point, ni explication. Le choix qui l’emporta ne fut malheureusement pas inspiré par le contenu, mais bien par le nom de l’auteur, Francis Bergeron, bien connu dans le milieu militant et journalistique du nationalisme français, écrivain à la notoriété établie et directeur du prestigieux quotidien catholique Présent.

     

    L’affaire eût pu en rester là puisque le directeur de Synthèse nationale, Roland Hélie, eut l’élégance de publier dans le numéro de mai-juin 2014 de Synthèse nationale l’article qui avait été refusé dans le Cahier un mois plus tôt.

     

    Mais force nous est de constater que tout au long de ses écrits concernant Léon Degrelle et Hergé ou Tintin, Francis Bergeron tape toujours sur le même clou, niant ou minimisant l’influence de l’apôtre de la Révolution des âmes sur l’auteur des Aventures de Tintin : que ce soit dans son Georges Remi, dit Hergé (2011), Hergé, le voyageur immobile (2015) ou son interview dans Rivarol (8 octobre 2015 : pour ces trois références, voir ce blog au 1er février 2016), mais aussi et surtout son Degrelle, Qui suis-je ? (2016, voir ce blog au 30 avril 2016 et la vingtaine d’articles consécutifs).

     

    Ajoutons que la contribution de Bergeron non seulement prenait le contrepied de la vérité hergéenne, mais affirmait également le contraire de ce que rappelaient pratiquement tous les autres collaborateurs de ce livre-hommage qu’il transforme en persiflage…

     

    C’est ainsi qu’à propos de Tintin mon copain, il évoquait « l’ouvrage signé Degrelle (mais est-il bien de sa plume ?) » alors qu’Alberto Torresano confiait ses souvenirs on ne peut plus précis dans les pages suivantes : « Sur la table de [la] chambre [de Léon Degrelle] à la clinique San Antonio de Malaga, se trouvait le manuscrit de son dernier livre, Tintin mon copain ». De même Francis Bergeron osait-il prétendre que « Tintin est le contraire de Degrelle quant au caractère » pendant qu’Edwige Thibaut rappelait son « amour immodéré pour la justice »… Il décrivait aussi Léon Degrelle comme un « vantard » et un « m’as-tu-vu indifférent aux conséquences de ses actes », alors que Jean-Yves Dufour décryptait « des qualités nécessaires aux hommes d’Etat », que Pierre Gillieth exaltait celui « qui n’a jamais renié sa foi politique » et Yvan Benedetti le « modèle absolu pour les militants dans la lutte, les épreuves, la douleur »…

     

    Alors, aujourd’hui que reparaît tel quel ce Léon Degrelle, Documents et témoignages, toujours affligé de l’article de celui qui présente l’amitié entre Hergé et Léon Degrelle comme un « copinage », nous ne pouvions que rendre à nouveau accessible au plus grand nombre l’indispensable correctif d’Armand Gérard sur la parfaite coïncidence politique de Léon Degrelle et Georges Remi, alias Hergé.

     

    Degrelle – Hergé, même combat ! a donc été revu, augmenté et abondamment illustré afin d’établir et documenter la réalité et la profondeur de l’engagement politique du jeune Georges Remi/Hergé, mais aussi sa fidélité totale et sa loyauté constante à cet engagement qui s’exprima à travers toute sa vie et son œuvre, et ce, jusqu’à la fin.

     

    3 Cristeros.jpegCette illustration des idées de Hergé, de son éthique, des valeurs et de la conception du monde qu’il partageait avec Léon Degrelle complète et confirme l’introduction du même Armand Gérard à la compilation de tous les articles degrelliens concernant les Cristeros, retraçant de la manière la plus précise la genèse authentique du personnage de Tintin : Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin, Editions de l’Homme Libre, 2018, (voir ce blog au 7 février 2019 ainsi que https://editions-hommelibre.fr/achat/produit_details.php?id=198)

     

     

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    Degrelle – Hergé, même combat !

    par Armand Gérard

    (article originellement publié dans Synthèse nationale n° 36, mai-juin 2014,

    aujourd’hui revu, augmenté et illustré)

     

    2 Tintin mon copain.jpeg

     

    En écrivant, en 1990, son ouvrage autobiographique Tintin mon copain en hommage à son ami décédé le 3 mars 1983, Léon Degrelle, qui, narrait notamment comment ses débuts journalistiques avaient été fraternellement liés à la naissance de la vocation de dessinateur de Hergé –et à la naissance tout simplement de Tintin–, ne se doutait pas de l’énormité du pavé qu’il allait lancer dans le marigot du « politiquement correct », créant la sensation, mais éclaboussant aussi d’importance tous les spécialistes autoproclamés de l’exégèse hergéenne.

     

    Il fut rapidement fixé ! En octobre 1991, l’hebdomadaire satirique belge Pan apprit que le plus grand collectionneur de l’œuvre de Hergé, l’humoriste Stéphane Steeman, avait répondu à l’invitation de Léon Degrelle de se rendre chez lui, à Malaga. Il s’agissait, pour le spécialiste par excellence de Hergé, de relire le manuscrit de Degrelle et de l’éclairer sur quelques points de détail. Le hourvari médiatique absolument sidérant que provoqua Pan fut encore accru par le succès colossal de la plus formidable exposition sur le père de Tintin, Tout Hergé qui, depuis juin 1990, avait drainé vers la petite commune belge de Welkenraedt plus de 250.000 visiteurs. Cette campagne de haine torpilla la tournée prévue pour l’exposition et précipita la retraite artistique de Steeman qui, dégoûté, finit par vendre ses richissimes collections à la Fondation Hergé.

     

    4 Pan Steeman TmC.jpegDès que fut connue la visite à Léon Degrelle de l’humoriste Stéphane Steeman, grand collectionneur de Hergé, la presse se déchaîna à travers toute l’Europe. L’auteur de Tintin mon copain ajouta alors un nouveau chapitre à son livre pour rendre compte du scandale provoqué par la presse belge. Mais il aurait aussi pu parler des articles espagnols, néerlandais, allemands ou portugais qui s’ensuivirent. L’hebdomadaire lusitanien O Independente (26 juin 1992) publia ainsi, sous le titre provocateur Moi, Tintin le SS, l’interview, réalisée par une agressive et malveillante Sarah Adamopoulos, annonçant dès la première page de couverture : « Tintin était-il fasciste ? Une interview fatale ». Mais Léon Degrelle ne se démonta pas et en profita pour préciser le rôle exact de Steeman tout en précisant le but de son livre : « Ce n’est vraiment pas dans mes habitudes de me laisser intimider. Mais, par ailleurs, j’ai le souci de l’exactitude. J’ai proposé mon manuscrit au meilleur connaisseur de Hergé et de Tintin sur terre, M. Stéphane Steeman. Nous ne nous connaissions pas. Mais Steeman est une personne adorable. Il a fait le voyage en avion (ce qu’il déteste) de Bruxelles à Malaga afin de relire mon manuscrit avec moi. Nous avons passé trois jours absolument magnifiques car Steeman est quelqu’un de très drôle qui a beaucoup d’humour et un cœur d’or. C’est vrai qu’il a trouvé l’une ou l’autre inexactitude, l’une ou l’autre date inexacte, l’une ou l’autre imprécision dans mon récit. De petites choses. […] J’ai demandé l’avis de Steeman afin de ne pas publier d’erreurs, aussi minimes soient-elles. Nous avons peaufiné mon texte ensemble, sur ma terrasse ensoleillée face à la vaste étendue de la mer. Nous avons dégusté ensemble, dans un climat de grande cordialité, de délicieux et savoureux plats, arrosés des vieux vins de ma cave. »

     

    5 O Independente 26 janvier 1992.jpg

     

    Et de conclure : « Mon livre Tintin mon copain est l’histoire conjuguée du créateur d’une personnalité imaginaire et d’un homme d’action, toujours vivant, et bien vivant, qui ont voulu créer ensemble cette Europe qui eût pu être sauvée il y a cinquante ans. Un jour viendra sans doute où nous regretterons amèrement qu’en 1945 nos drapeaux n’aient pas triomphé ! »

    6 Steeman Malaga Café.jpeg

    7 Steeman+LD+Jeanne.jpg

    Du coup, la publication de Tintin mon copain fut postposée afin de pouvoir se faire l’écho des manifestations hystériques de ces vestales de l’orthodoxie tintinesque : ce sera le trente-sixième chapitre, « Les derniers crachats »…

     

    Dès avant la publication de son ouvrage, Léon Degrelle eut donc une idée de l’accueil qui lui serait réservé. Mais ce retard eut également des répercussions sur la composition typographique, la recherche iconographique ainsi que sur la confection de la maquette de son livre.

     

    Les graves problèmes de santé de Léon Degrelle et son décès dans la nuit du jeudi saint 31 mars 1994 portèrent un coup fatal à l’entreprise et il fallut attendre l’année symbolique 2000 pour qu’une publication posthume et clandestine voie enfin le jour, s’efforçant de respecter à la lettre tous les desiderata de l’auteur (format, maquette, typographie se rapprochant au maximum des albums Tintin)… Publication « clandestine », car éditée en Syldavie, afin d’éviter autant que faire se pouvait la répression inquisitoriale des héritiers affairistes du malheureux créateur de Tintin (voir ce blog au 23 mai 2016).

     

     

    L’insupportable équation

     

    Mais dès la sortie des quelque mille exemplaires de Tintin mon copain –vendus sous le manteau !–, les hyènes médiatiques se déchaînèrent, éreintant systématiquement le livre (souvent sans même l’avoir lu !) et dénonçant la prétention « grotesque » de son auteur d’avoir quelque réelle importance dans la genèse d’un des mythes emblématiques de la culture belgicaine…

     

    « Mensonges ! » « Récupération ! » « Pas crédible ! » « Sans intérêt ! » « Pamphlet douteux ! » ou même « Ouvrage apocryphe ! » : tels sont les termes utilisés par la plupart des journaleux et autres écrivaillons censés présenter l’ouvrage à leurs lecteurs.

     

    C’est que les éditeurs n’avaient pas hésité à souligner l’évidence aveuglante des faits historiques et de la communauté spirituelle entre Léon Degrelle et Hergé, appuyant le doigt sur une réalité qui fait fort mal au tabou de la bien-pensance : « Il ne s’agit pas seulement des indéniables ressemblances physiques ou des évidents clins d’œil d’un dessinateur à son turbulent et généreux ami : ce qui est surtout mis en lumière, au fil de ces souvenirs pour la première fois rendus publics, c’est la communauté de destin –nullement gratuite !– entre le fils que Hitler aurait voulu avoir et que la jeunesse la plus pure de Belgique suivit dans sa croisade héroïque contre le communisme menaçant l’Europe, et le personnage de papier sorti de la plume de Hergé et auquel la jeunesse du monde entier ne cesse depuis de s’identifier. Ce que de nombreux auteurs soupçonnaient déjà est maintenant irréfutablement établi : si l’idéal de générosité allant jusqu’au don de soi, de fidélité en amitié, de lutte sans concession contre la méchanceté qui avilit le monde irradie bien tous les albums de Tintin, il est consubstantiel à l’engagement degrellien pour une société de justice et de fraternité, encadrée et animée par des chefs responsables et désintéressés. » (page 4 de couverture)

     

    8 LD Gommer.jpegAu début des années 90, la rumeur sur la filiation Degrelle-Tintin enfle : Hergé est mort en 1983. En 1985, Jean Mabire interroge Léon Degrelle sur son rôle dans la genèse de Tintin (voir ce blog au 27 janvier 2016 et Armand Gérard, Léon Degrelle était bien Tintin, L’intuition première de Jean Mabire, Magazine des Amis de Jean Mabire n° 45, Solstice d’été 2015). Après avoir longtemps tu cette filiation, même si la confidence lui avait parfois échappé (notamment auprès de Jean-Michel Charlier en 1976 : voir ce blog au 1er février 2016 ainsi que Jean-Michel Charlier, Léon Degrelle: persiste et signe, Editions Jean Picollec, 1985, p. 71), Léon Degrelle s’avise que raconter les tenants et aboutissants de cette aventure sera une belle manière de rendre hommage à son ami. Désireux de publier son nouvel ouvrage dans la foulée de la formidable exposition Tout Hergé de Stéphane Steeman (8 juin-15 septembre 1991), Léon Degrelle poussa le scrupule jusqu’à demander au célèbre collectionneur de relire son manuscrit, ce que ce dernier fit à Malaga dans les premiers jours d’octobre 1991, provoquant un immense scandale médiatique (voir ce blog au 17 janvier 2016). C’est dans la foulée de ce scandale qu’Olivier Mathieu prononça sa conférence De Léon Degrelle à Tintin dans les locaux du Parti des Forces Nouvelles (PFN) de Bruxelles le 26 octobre 1990.

    Le dessinateur Gommer (alias notre ami Korbo) a dessiné la couverture du mensuel du PFN saluant l’identité retrouvée de Tintin : il ne s’agit plus seulement de bande dessinée, mais d’histoire dessillée !… Ajoutons que, du coup, aussi bien Gommer qu’Olivier Mathieu trouvèrent une place de choix dans Tintin mon copain !

     

     

    A suivre

     

  • Tintin-Degrelle fête ses 90 ans !

    Inspiré par Léon Degrelle, Tintin naît le 10 janvier 1929

    pour aller se battre contre les communistes !

     

    Rappelée par Léon Degrelle lui-même l'inscrivant dans l'Histoire (notamment par son hommage à son ami Hergé, Tintin mon copain), cette évidence donne des cauchemars à tous les pseudo-tintinophiles qui multiplient postulats apocryphes et mensonges éhontés pour l’étouffer.

     

    C’est donc bien opportunément que les éditions de l’Homme Libre viennent de publier Cristeros, ouvrage reprenant toutes les publications de Léon Degrelle sur les persécutions des catholiques mexicains par leur gouvernement « révolutionnaire ».

     

    Cristeros.jpeg

     

    Ce faisant, ce sont les origines mêmes de Tintin qui sont définitivement mises en lumière, comme le souligne l’Introduction, aux références irréfutables d’Armand Gérard qui met sans doute un point final à la vaine polémique « Léon Degrelle, modèle de Tintin ? » (voir Degrelle-Hergé, même combat, in Synthèse nationale n° 36, mai-juin 2014 ; Léon Degrelle était bien Tintin ! L’intuition première de Jean Mabire, in Magazine des Amis de Jean Mabire n° 45, Solstice d’été 2015).

     

     InkedTintin 1_LI.jpgEn effet, l’argument chronologique (Degrelle n’a pu influencer Hergé par son voyage au Mexique, car il n’eut lieu qu’en 1930 alors que Tintin part déjà chez les Soviets le 10 janvier 1929) ne tient plus : l’idéal spirituel, politique et social affirmé par Léon Degrelle dans son émouvante défense des catholiques mexicains acceptant le martyre au cri de « Vive le Christ Roi » (ce Christus-Rex qui donnera –mais oui– naissance au mouvement REX !), cet idéal, l’ami de Hergé le documenta dans Le XXe Siècle dès 1928 : les 26 octobre 1928 (Les fureurs antireligieuses au Mexique), 27 octobre 1928 (Comment on assassine au temps de Locarno), 16 novembre 1928 (La persécution mexicaine. Pourquoi reculeraient-ils devant le sacrifice ?). Tous ces textes, ainsi que tous les autres reportages et chroniques relatifs aux persécutions des Cristeros (tous articles publiés entre 1928 et 1930 ne se confondant pas avec le futur recueil Mes Aventures au Mexique, publié en 1932), sont ici réédités pour la toute première fois.

     

     De plus, l’engagement anticommuniste de Tintin, s’il puisa les anecdotes de ses aventures dans le livre Moscou sans voiles, s’inspira surtout du courage, de la détermination, du sens de l’initiative et de l’humour de Léon Degrelle parti saccager l’exposition bolchevique de Bruxelles, le 12 janvier 1928. Cet événement considérable qui secoua tout le monde politique et médiatique belge est ici aussi documenté pour la toute première fois.

     

     InkedTintin verso_LI.jpgTout cela –et bien plus– est abondamment détaillé dans ce livre : ce sont bien les qualités morales et spirituelles, la fermeté et la pugnacité du jeune militant catholique incarnant sa foi dans ses œuvres qui ont inspiré le futur héros des jeunes de 7 à 77 ans. C’est donc aussi sa silhouette physique –visage ovale, houppette, culotte de golf– qui caractérisera le jeune globe-trotter.

     

     Dès aujourd’hui, ce Cristeros se révèle une indispensable référence pour tous ceux qu’intéressent les véritables origines de Tintin !

     

     

    Léon Degrelle, Cristeros

    Editions de l’Homme Libre, 328 pages, publication de luxe numérotée (couverture rigide, papier glacé 15x21 cm, avec tranchefile et ruban marque-page, nombreuses illustrations). Edition limitée à mille exemplaires. 25 euros.

    Disponible sur https://editions-hommelibre.fr

  • Une surprenante publication de Rivarol : deux pages biographi - ques sur Léon Degrelle où il y a un peu à boire… et beaucoup à manger !...

    Rivarol 2.jpegCe n’est qu’occasionnellement (lorsqu’un ami nous le confie après lecture) que nous avons le plaisir de lire le remarquable Hebdomadaire de l’opposition nationale et européenne qu’est Rivarol, mais cela va changer car sa lecture nous apparaît tellement indispensablement roborative que nous allons nous y abonner toutes affaires cessantes !

     

    C’est tout d’abord, dans l’édition du 18 avril dernier, un commentaire de lecteur sur un « Très bon article de Paul-André Delorme sur Léon Degrelle » qui a éveillé notre curiosité, non seulement parce qu’il signalait un article que nous devions impérativement nous procurer, mais aussi parce qu’il le corrigeait à l’aide de notre blog : nous y reviendrons.

     

    L’article en question, Léon Degrelle, flamboyant fasciste wallon –seul à s’étendre sur deux pleines pages du magazine alors qu’il n’est même pas annoncé dans les titres de « une »–, était publié la semaine précédente (11 avril) et signé donc par Paul-André Delorme, auteur régulier, paraît-il, de papiers concernant la Seconde Guerre mondiale.

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  • « Dictionnaire amoureux de Tintin » : par Albert Algoud, tintinolâtre douteux, menteur et grossier

    D'un dictionnaire relatif à Tintin, on attendrait un recueil de renseignements sur l'univers du « héros des jeunes de 7 à 77 ans », un état des connaissances le concernant, bref un répertoire d'informations exactes, croisées, vérifiées, passées au crible de la critique historique. D'un dictionnaire « amoureux », on accepte avec joie l'a priori favorable, on pardonne volontiers l'excès hagiographique et on se réjouit d'avance de parcourir un inventaire original et divertissant de l’œuvre immortelle de Hergé.

     

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     Hélas, déformation « amoureuse » ou scrupule historique oblige, nous avons immédiatement voulu vérifier si une occurrence « Degrelle » y figurait. Eh oui ! Elle existe bien ! Mais, face à tant de flagornerie politiquement correcte, face à un tel aplatissement bien-pensant, face à cette trimballée de mensonges rituels récités tel un catéchisme des lieux communs antidegrelliens, tout plaisir de lire nous a quitté, tout ensemble que l'estime que nous aurions pu avoir pour l'humoriste présumé, chroniqueur de France-Inter, connu pour sa prétendue tintinolâtrie féconde, mais dont nous avouons que ce « dictionnaire » est le premier pensum à nous être tombé entre les mains (cadeau d'anniversaire providentiel d'un Philippulus bienveillant).

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