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  • Léon Degrelle et l'Espagne : la Médaille de la « Vieille Garde »

    Un « historien » espagnol élucubre une biographie de Léon Degrelle (2)

     

    Comme nous le disions dans notre article précédent (28 août 2026), il n'y a pas que les relations entre Léon Degrelle et José Antonio que le nouvel historiographe degrellien Pablo Cuevas entend stupidement remettre en cause. La Médaille de la Vieille Garde de la Phalange décernée à Léon Degrelle lui reste également en travers de la gorge !

     

    Dans l'interview de 1969 à ABC déjà citée, le Phalangiste d'honneur belge déclarait en effet : « Je suis le seul étranger au monde qui possède la Médaille de la Vieille Garde. » Et Cuevas de diligenter une enquête à charge contre cette prétention !

     

    Medalla Vieja Guardia 1.jpg« [La] Médaille de la Vieille Garde [est] une décoration que la FET de las JONS [Phalange espagnole traditionaliste des Juntes d'offensive nationale-syndicaliste] décernait à ceux qui pouvaient démontrer qu'ils avaient été affiliés à la Phalange ou à la Communion Traditionaliste avant les élections de février 1936. Cela veut dire que la FET de las JONS confirmait [que Léon Degrelle] avait effectivement appartenu à la Phalange Extérieure, et qu'en outre il aurait été titulaire, selon ses dires, de la carte de membre numéro un. Toutefois, fort nombreux sont les étrangers qui possèdent cette médaille, ainsi que l'ont montré les recherches de Granda Orive [Javier de Granda Orive est un numismate, auteur d'un article sur la Médaille de la Vieille Garde où il cite cinq récipiendaires étrangers autres que Léon Degrelle : Revista numismática OMNI, n° 12, 2018, p. 237]. Et l'actuelle association de la Vieille Garde n'a aucune trace de l'attribution de cette médaille à Degrelle. Elle ne dispose pas d'archives sur les décorés car il s'agissait de quelque chose qui se gérait au niveau provincial. Et on sait aussi que le régime franquiste l'a accordée sans discernement à des gens qui n'ont jamais rien eu à voir avec la Phalange originelle (ou avec la Communion Traditionaliste), comme le ministre Demetrio Carceller [ministre espagnol de l'Industrie et du Commerce entre 1940 et 1945, proche de Ramón Serrano Súñer et, selon Wikipedia, membre de la Phalange, ce qui rend difficilement légitime la remarque de Cuevas !]. Ces distributions se multiplièrent à partir de 1953, assouplissant les critères d'attribution [qui la réservaient] aux membres qui avaient rejoint la FE de las JONS ou la CT jusqu'au 16 juillet 1936. Et [l'attribuant] aussi aux membres de leur famille. De sorte qu'on a fini par décerner 39.125 médailles jusqu'en 1976.

    [En note:] Pour vérifier si Degrelle a reçu la médaille, –ce qui se faisait au cours d'une petite cérémonie–, il serait nécessaire d'étudier les bulletins du Mouvement National de chaque province. » (p. 320)

     

    Mais qu'est-ce que cela peut bien faire si Léon Degrelle pensa toujours avoir été le seul détenteur étranger de la Médaille de la Vieille Garde ? Est-ce une raison pour le traiter de menteur ? Pour ce faire, Cuevas affirme que les détenteurs étrangers furent « fort nombreux » alors que l'historien de la Médaille dont il invoque le travail n'a finalement retrouvé dans ses archives que cinq autres noms, tous plus inconnus les uns que les autres et probablement tous également convaincus d'être les seuls étrangers à la posséder...

     

    LD Falanje Vieja Guardia.jpg

     

    En fait, pour Cuevas qui préfère ne pas se lancer dans l'examen laborieux des archives du Movimiento (expression politique unique rassemblant Phalange, Requetés, syndicats, mouvements de jeunesse, etc.) des différentes provinces espagnoles que put visiter Léon Degrelle, cette difficulté constituerait à elle seule la preuve du mensonge... Comme si Léon Degrelle avait lui-même épluché ces archives avant de prétendre fallacieusement être le seul étranger à s'être vu décerner cette Médaille ! Alors que la vérité toute simple est que Léon Degrelle disposait bien du diplôme officiel de la Médaille de la Vieille Garde, dont il nous reste la photocopie.

     

    Pablo Arredondo.pngCe document officiel daté de 1959 est signé par l'Inspecteur National de la Vieille Garde, Pablo Arredondo (1914-1969), membre, dès leur création en 1931, des JONS de Ramiro Ledesma Ramos et Onésimo Redondo, engagé de la première heure dans la División Azul sur le Front de l'Est dont il revint mutilé de guerre en octobre 1942. Cette figure-clef de la Phalange historique, chargée du contrôle de ses membres et d'accompagner leur influence au sein de la société, authentifie également par sa signature la référence à la carte d'adhésion de Léon Degrelle à la Phalange Extérieure dont il est membre depuis 1934 ainsi que l'atteste ce diplôme.

     

     

    Le voyage de 1939 en « Espagne nationale »

     

    Il est d'autres détails dont s'emberlificote Cuevas, les accumulant pour tenter d'établir l'imposture de Léon Degrelle. Ainsi de son affirmation d'avoir déjà connu l'Espagne avant sa visite des fronts de guerre en février 1939, et ce dès la première interview donnée au quotidien phalangiste de Gijon, Voluntad, le 7 février 1939 : « Je connaissais déjà San Sebastián ; mais aujourd'hui, ce soir, ce premier soir en Espagne Nationale, j'ai vu quelle est la valeur de son arrière-garde sereine, pacifique et travailleuse. »

     

    Et Cuevas de se gausser (sans doute avec une voix caverneuse pour souligner l'opprobre ironique) : « Est-ce qu'il était venu en tant que touriste, jeune avec ses parents ou adulte plus tard ? Une escale dans son voyage vers le Mexique ? Dans la documentation diplomatique qu'on a conservée sur les préparatifs de son voyage, il n'y a aucune donnée ni aucun indice » ! (p. 319) Car on peut être sûr que Cuevas a compilé toute la « documentation diplomatique » relative à ce voyage (en Espagne et/ou au Mexique ?) ! Il nous dira aussi où il l'a trouvée... Peut-être, selon une de ses hypothèses, dans les cales du Rio Panuco (ce blog au 1er mai 2016), le paquebot qui emmena l'envoyé spécial du Vingtième Siècle de Hambourg chez les Cristeros du Mexique (mais il fut « titaniqué » par l'aviation japonaise dans un port australien en 1942) !

     

     

    Rio Panuco Neptuna Darwin 19.02.1942.jpg

    Le Rio Panuco qui emmena Léon Degrelle au Mexique des Cristeros, vendu à un armateur australien et devenu le Neptuna, fut coulé par l'aviation japonaise dans le port de Darwin en Australie, le 19 février 1942 : il transportait une centaine de mines sous-marines qui explosèrent, tuant 36 des 124 membres de l'équipage, dont le capitaine, ainsi qu'une dizaine de dockers (voir aussi Léon Degrelle, Cristeros, p. 245).

     

     

    En attendant, pourquoi le chevaleresque Jean Denis raconterait-il des bobards en écrivant dans son article pour le quotidien phalangiste Unidad, le 6 février 1939 : « Enfin, Léon Degrelle est arrivé en Espagne. Combien de fois déjà celui qui est pour moi depuis plus de quatre ans un chef et un camarade n'avait-il pas manifesté son désir nostalgique de visiter cette Espagne qu'il connaît si bien et qui lui est devenue si fraternelle depuis le 18 juillet 1936. [...] Cependant, ce n'est pas la première fois que Léon Degrelle visite l'Espagne. Il y vint pendant son enfance pour passer quelques vacances et revint encore pendant la Dictature [du père de José Antonio, Miguel Primo de Rivera, avec l'accord du roi Alphonse XIII, parrain de Louise, duchesse de Valence] et sous la République. »

     

    Léon Degrelle donnera aussi quelques précisions sur ses premiers contacts avec l'Espagne au journaliste Ismael Fuente Lafuente : « Je connaissais cette région car dans mon enfance, j'avais passé quelques étés à Lourdes avec mes parents et nous avons visité le Guipúzcoa [une des trois provinces basques, dont la capitale est San Sebastián] à deux reprises. » (El País, 14 décembre 1982). Rappelons également ce que rapportait la Duchesse de Valence: « Chaque année depuis son enfance, il avait passé ses vacances en France, soit dans le Nord, terre de ses aïeux, soit à Lourdes où il allait comme brancardier, soit sur la Loire où il avait de la famille. » (Degrelle m'a dit, p. 308).

     

     

    PR 1939.02.07b.jpg

    Les premières impressions que Léon Degrelle offrira aux lecteurs du quotidien rexiste sur son voyage historique dans l'Espagne reconquise sur les barbares communistes et anarchistes par les nationalistes de Franco s'ouvrent sur le souvenir de ses précédents voyages. Dans l'Espagne d'alors, les enfants couraient souvent pieds nus, ce qui, malgré même la guerre civile, n'est plus le cas dans la nouvelle Espagne soucieuse de sa jeunesse. (Le Pays réel, 7 février 1939).

     

     

    Du coup, Cuevas balance un nouveau scoop : « Degrelle, invité indésirable ou hôte d'honneur ? » On devinera tout de suite quelle option de l'alternative a la préférence de l'auteur qui n'a de cesse d'essayer de minimiser le périple espagnol : « Il fallait bien le traiter puisque c'étaient, lui et son mouvement, des amis de l'Espagne, mais sans lui accorder trop d'importance, de façon à ce qu'il ne provoque pas de problèmes avec le Gouvernement belge, présidé à ce moment par un socialiste qui, en même temps, était toujours ministre des Affaires étrangères. [...] La presse nationale informera de sa présence en Espagne du 2 au 11 février 1939, non pas avec grande précision ni de manière fort visible, mais largement, presque toujours en pages intérieures. » (pp. 329-330).

     

    C'est que le nouveau gouvernement espagnol des désormais vainqueurs de la Cruzada aurait nourri « l'espoir que ce voyage n'entrave pas la possibilité que Spaak veuille établir des relations complètes avec Burgos, tout en acceptant les réticences des diplomates espagnols de Bruxelles à propos [de Degrelle] » (p. 329). On nous permettra de bien rigoler face à pareille embrouille invraisemblable : nous aurions donc un gouvernement espagnol qui s'obligerait à recevoir fastueusement, –alors qu'en réalité il serait tout incommodé par sa visite–, un ressortissant d'un tout petit pays avec lequel il voudrait absolument nouer de bonnes relations diplomatiques, alors qu'au même moment, il snobe la prestigieuse délégation d'un grand pays comme la France, faisant antichambre pour établir de semblables bonnes relations diplomatiques (voir ci-après) !...

     

    Voici en tout cas ce que dit la Duchesse de Valence sur la manière dont elle apprit la visite de l' « invité indésirable » : « Un soir, une haute personnalité se présenta au palais de mes parents [aujourd'hui annexe du musée du Prado à Ávila] : « – Le chef des Rexistes belges, Léon Degrelle, va venir en Espagne pour trois semaines, comme invité d'honneur de l'État. On vous prie de bien vouloir lui donner l'hospitalité. [...] » (Degrelle m'a dit, p. 13).

     

     

     

    LD ABC 04.02.1939 p15b.jpgQuant à l'édition de Séville du plus important quotidien espagnol, ABC, il écrit en date du 4 février 1939 (avec un portrait-charge de Léon Degrelle et la photographie de sa dédicace : « Notre salut fraternel à la presse espagnole, défenseur de la civilisation, de la vérité et de la Patrie. Léon Degrelle », photo archives ABC) :

    « Léon Degrelle, le chef du parti rexiste belge [...] est l'hôte de l'Espagne de Franco. [...] Quand le jeune fondateur lança sa consigne inébranlable “Rex vaincra”, l'Espagne était très loin de la rédemption dans la plénitude de laquelle elle se trouve aujourd'hui qu'arrive sur notre territoire pour être son hôte d'honneur Léon Degrelle. » (p. 15).

     

    Alors ? « invité indésirable », vraiment ? Il est tout de même difficile de faire davantage « hôte d'honneur » !... Et quand la presse espagnole rend « largement » (« extensamente ») compte des activités de Léon Degrelle, c'est-à-dire sur des pages entières, même intérieures, cela veut-il vraiment dire « non pas avec grande précision ni de manière fort visible » ???

     

    Mais, insiste Cuevas, plus troglodyte que jamais, « ce qui est certain, c'est qu'on ne l'a pas laissé parler en public comme il le voulait et, à tout instant, il était soumis au bon vouloir de ses hôtes » (p. 331) !

     

     

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    Ce qui est certain, c'est que Léon Degrelle put parler en public comme il le voulait lors de son voyage en Espagne de février 1939 (voir plus loin encore à propos de sa conférence académique à San Sebastián ; on sait également –ce blog au 25 mars 2025– que la barrière de la langue ne constitua jamais un obstacle pour l'orateur : voir Cristeros, p. 300 ; Degrelle m'a dit, pp. 92-93).

     

    Et donc, en dépit des affirmations péremptoires mais fausses de l' « historien » Pablo Cuestas,  Léon Degrelle prit la parole à Barcelone au micro de Radio Nacional, le 9 février 1939 à 23h (première page du quotidien El Correo de Zamora, 10 février 1939 ; nous exprimons notre plus vive reconnaissance aux services de la Biblioteca pública del Estado de Zamora pour leur aide précieuse).

     

    Si Léon Degrelle partagea le micro avec une délégation officielle française venue explorer les possibilités de renouer des relations diplomatiques, seul son nom semble digne d'être mentionné aux lecteurs de l'important quotidien catholique régional El Correo de Zamora (qui, après quelque 130 ans d'existence, poursuit toujours aujourd'hui sa publication ; remarquons que Cuevas ne cite pas ce journal dans la quinzaine de titres dont il signale qu'ils couvrent le voyage du chef rexiste, pp. 330-331). La délégation française était pourtant composée de l'ancien ministre de la Justice, Léon Bérard, de l'évêque de Chartres et de sept députés, parmi lesquels Xavier Vallat, qui sera le premier Commissaire général aux Affaires juives dans le gouvernement de Vichy (1941-1942), avant de céder son poste à Louis Darquier de Pellepoix.

     

    Le Pays réel, à propos cette fois de l'audience accordée par Francisco Franco à Léon Degrelle plutôt qu'aux Français, a bien exprimé la préférence qui fut systématiquement accordée au chef de Rex : « Tandis que [...] la délégation des parlementaires nationaux français ne [réussissait] pas à forcer la porte du général Franco, pris tout entier par son travail d'État-Major, le caudillo a bien voulu recevoir Léon Degrelle avec lequel il s'est entretenu longuement de Rex et de la Belgique. » (13 février 1939).

     

     

    Ce qui est surtout certain –à en reprendre la liste dressée par Cuevas– c'est que la totalité (ou peu s'en faut) des souhaits exprimés par Léon Degrelle fut indiscutablement exaucée : « Il demande de visiter le front [Léon Degrelle visitera, les 5 et 6 février, le front de Madrid et Tolède en compagnie de Miguel Primo de Rivera, frère de José Antonio, puis celui de Catalogne et Barcelone récemment libérée en compagnie de Joaquín Rodríguez de Gortázar, secrétaire national du Service extérieur de la Phalange, de Pilar Primo de Rivera, la sœur de José Antonio, et de Sancho Dávila, son cousin] et veut donner des conférences dans un centre universitaire [...] et contacter des historiens spécialistes des règnes de Philippe le Bel, Charles-Quint et Philippe II [Léon Degrelle prononcera effectivement une conférence intitulée « La domination espagnole sur les Pays-Bas » à San Sebastián, le 11 février 1939 ; il semble même qu'il répéta sa conférence chez le Caudillo, lors de sa rencontre du 7 février : c'est d'ailleurs Franco lui-même –apparemment expert en la matière– qui lança le sujet, voir ci-après]. Il insiste pour parler à la radio de manière à pouvoir être entendu en Belgique [Léon Degrelle est effectivement intervenu sur les ondes de Radio nacional, le 9 février au soir, depuis Barcelone, la capitale catalane] ; il voudrait également visiter le Maroc espagnol [ce seul point n'a pu se réaliser]. Il voudrait par-dessus tout présenter ses respects à Son Excellence le Chef de l'État. » (p. 329).

     

     

    PR 1939.02.09 LD Franco.jpg

    Le Pays réel du jeudi 9 février 1939 rapporte que le mardi précédent, 7 février, le Général Franco a accordé une rare et précieuse audience toute de cordialité à son hôte d'État Léon Degrelle (voir aussi ce blog aux 29 août 2026 et 1er septembre 2024).

     

    Le caractère tout à fait exceptionnel de cette entrevue est illustré par le fait qu'au même moment, une délégation française visitait l'Espagne nationaliste, composée de parlementaires emmenés par le sénateur et académicien Léon Bérard et Mgr Raoul Harscouët, évêque de Chartres, afin de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays : elle ne fut pas reçue par Franco.

     

    Résumant la réception de Léon Degrelle au Grand Quartier Général de Franco, Pablo-des-Cavernes prétend ainsi ravaler le Chef de Rex dans son terrier : « Degrelle [fut] un visiteur et un admirateur de plus parmi beaucoup d'autres. Il ne se produisit aucun événement digne d'intérêt. » « Ce voyage obtint quelque résonance [...] mais uniquement dans sa niche [sic]. » (p. 332) !

     

     

    Léon Degrelle sera en réalité le seul étranger à avoir été reçu dans le Quartier général du Généralissime Franco, une ferme appelée le « Terminus », un endroit gardé secret dans la région de Saragosse.

     

    Léon Degrelle en fera la pittoresque description dans l'article Au front avec Franco qu'il confiera à l'hebdomadaire français Gringoire du 16 février 1939, –repris quelques jours plus tard dans Le Pays réel sous le titre Dans l'intimité de Franco–, en réservant à son quotidien l'exclusivité de la photo personnalisée du Caudillo.

     

    « J'étais arrivé à deux heures du matin à Saragosse, par des routes aux platanes écaillés. Les nids de poules faisaient éclater les pneus comme des ballonnets près d'une cigarette. Mais à quoi bon se plaindre, puisque j'allais avoir le privilège de voir Franco à l'endroit – jalousement tenu secret – où, voilà six semaines, avait été déclenchée l'offensive qui a libéré la Catalogne.

    Aucun journaliste n'avait pu y rencontrer le généralissime vainqueur. Ni aucun homme politique. Nul ne sait même où se trouve ce bourg campagnard. En Espagne, chacun vous parle à l'oreille du “Terminus”. On croirait lire le “finis terrarum” des vieux atlas. Le “Terminus” est l'endroit, sacré pour tout Espagnol, où Franco, dans un isolement quasi absolu, travaille sur ses cartes et dirige les combats.

    C'est là que j'allai le rejoindre, par de jolis chemins agrestes, bordés de longs roseaux jaunes. Je ne trahirai aucun secret. Je n'ai pas voulu demander aux officiers venus à ma rencontre le nom des villages en crépi rose ou ocre par lesquels nos autos passaient. »

     

     

    DH 1939.02.06.png

    La mauvaise foi stalagmitique de Pablo Cuevas s'apparente résolument aux diatribes et caricatures de la presse belge relatant le voyage de la délégation rexiste en Espagne. Ci-dessus, caricature du journal libéral La Dernière Heure du 6 février 1939 ; ci-dessous, des articles du communiste Drapeau rouge (2 février 1939), du socialiste Le Peuple (9 février 1939) et du catholique Vers l'Avenir (5 février 1939).

     Drapeau rouge 1939.02.02.png  Peuple 1939.02.09.png  Vers l'avenir 1939.02.05.png

     

     

    Tout ce que l'article du prétendu « invité indésirable » suscite chez le nouveau biographe de Léon Degrelle, c'est un dédain narquois pour ce texte décrété « pompeux, flagorneur et plutôt creux » qui ne ressortirait qu'à la récupération politique : « À part l'intérêt obsessionnel de Degrelle pour le paysage, les ormes, les olives, les soldats “cueillant du mimosa dans un jardin sauvage” [s'il n'est pas, comme l’œillet, la fleur emblématique de Saragosse, le mimosa orne à profusion ses parcs, jardins et grandes avenues], Degrelle met dans la bouche de Franco son intérêt primordial pour la mobilisation de la jeunesse, l'unique chose qui puisse changer l'Espagne... et, bien entendu, la Belgique. » (pp. 332-333).

     

    Nous publierons prochainement l'intégralité de cet article documentant la probablement unique mais capitale rencontre personnelle entre Francisco Franco et Léon Degrelle. Car l'entretien accordé par le Caudillo, scellant une amitié indéfectible entre les deux hommes, ne se limita aucunement à la guerre de reconquête de l'Espagne ou à la politique sociale et économique à mener pour son développement, mais permit également d'évoquer quelques grands noms communs à l'histoire de nos deux pays, Léon Degrelle développant sans doute aussi la substance de la conférence qu'il devait donner quatre jours plus tard à San Sebastián sur La domination espagnole sur les Pays-Bas : « “Vous l'avez vue, la jeunesse espagnole ! me dit [Franco] en me prenant fraternellement le bras. [...] Ces enfants sont devenus des hommes. Ils sont mûrs pour faire de l'Espagne un grand pays qui pourra reprendre sa mission impériale à travers le monde et, comme au temps d'Isabelle la Catholique, de Charles-Quint et de Philippe II, redevenir un bastion de l'ordre et de la foi parmi le désordre de l'Europe matérialiste. À ce mot de Philippe II, le visage de Franco s'est relevé, flamboyant.

    – Oui, lui dis-je, celui-là, au moins, a eu le courage de la vérité, il a fait face à l'erreur avec l'intransigeance qu'elle mérite. Et, en face de la poussée barbare d'alors, il a sauvé la civilisation et l'âme de l'Europe. »

     

     

    PR 1939.02.19ab.jpg

    À l'issue de la visite du Chef de Rex en son Quartier général, le général Franco ne manqua pas d'offrir à son hôte une photo avec une dédicace manifestant sa confiance en l'avenir du jeune tribun belge et de son mouvement : « À Léon Degrelle, avec mes meilleurs vœux pour le Mouvement qu'il dirige pour le salut de la Nation belge. » (Le Pays réel, 19 février 1939). Pour Franco (qui, selon son hôte, « parle un français chantant, cocasse et intime »), il ne s'agissait certes pas d'un compliment de circonstance car, comme il le faisait déjà savoir en 1936 en exprimant le souhait de rencontrer Léon Degrelle, il connaissait fort bien Rex (ce blog au 1er septembre 2024).

     

    Il est d'ailleurs révélateur que Cuevas n'ait pas inclus Francisco Franco dans la liste des « amitiés pour la vie » que se créa Léon Degrelle sur le front de la nouvelle Croisade contre le communisme : « cette visite permet à Degrelle de nouer des amitiés qui dureront toute la vie : Luisa Narváez, future duchesse rouge, Juan Manuel Fanjul, Eugenio Espinosa de los Monteros, Serrano Suñer... » (p. 333) C'est pourtant cette amitié-là qui sera la première et seule décisive pour la vie d'exil de Léon Degrelle en Espagne (ce blog aux 31 mars 2021 et 2 septembre 2025).

     

    Néanmoins, le point de vue de Franco n'intéresse pas Cuevas : il va privilégier une interview de Léon Degrelle, Franco, jefe de Estado dont il ne donne pas la référence sinon qu'elle daterait « d'après la mort de Franco », précisant seulement qu'il ne faut pas la « confondre avec son livre Franco Chef d'État, Editions du Baucens, 1976 ». Ce qui est archi-faux : la malheureuse citation relative à Serrano Súñer, « véritable Chef de l'État espagnol » provient bien de sa page 11; celle comparant Franco à « du silex », de la page 10 !

     

    Pourquoi donc nous faire tout un plat de ce texte ? Mais pour mettre à nouveau perfidement en doute la pertinence de ce que raconte Léon Degrelle : « Dans cette interview, il prétend que l'entrevue de 1939 se tint “à son Grand Quartier général [de Franco], dans sa modeste maison familiale près de Saragosse”. Mais sans doute mélange-t-il ses souvenirs avec Serrano Suñer qui, lui, possédait une maison dans la capitale aragonaise ? » (p. 333). Si ses parents possédaient un immeuble dans une des plus prestigieuses avenues de Saragosse (Paseo de Sagaste, certes guère « modeste »), Ramón Serrano Súñer habita, de 1937 à 1939, avec toute la famille de Franco dont il était le beau-frère, au premier étage du Palacio de la Isla, à Burgos ; à partir d'octobre 1939, sa résidence familiale sera transférée à Madrid, au numéro 36 de la calle Príncipe de Vargara.

     

    À part mettre en évidence l'animosité obstinée de Cuevas pour Léon Degrelle, à quoi peut bien rimer tout ce tralala anachronique à propos du Terminus d'après 1975, « modeste maison familiale », quand il était proprement présenté en 1939 comme « une vieille ferme-château » ?  De toute façon, Cuevas cite incorrectement et de manière évidemment malintentionnée le texte original de Franco Chef d'État : si Léon Degrelle a bien écrit « à son G.Q.G. », il n'a pas écrit « dans sa modeste maison familiale », mais « dans une modeste gentilhommière », ce qui ne trahit nullement le texte de 1939 !...

     

     

    (À suivre)

     

     

  • Cercle des Amis de Léon Degrelle

     

    XLIVe Correspondance privée – septembre 2025

     

     

    Quelle joie, ce lundi, en recevant notre exemplaire de la nouvelle Correspondance du Cercle des Amis de Léon Degrelle que nous n'attendions plus !

     

    Cela faisait quasi un an que nous n'en avions plus aucune nouvelle. De plus, connaissant la persécution implacable frappant le Cercle et son président (ce blog au 18 octobre 2024), nous craignions vraiment que la « Patrie des Droits de l'Homme » ait réussi son entreprise d'ostracisme, sinon d'anéantissement.

     

    Nous nous rendons compte, aujourd'hui que nous recevons la quarante-quatrième livraison de la Correspondance du Cercle, qu'il n'en est rien et que, même, sa résilience s'est fortifiée dans l'épreuve. Du coup, nous nous rendons également compte qu'une quarante-troisième Correspondance a dû être publiée, qui ne nous est jamais parvenue. Oserions-nous impliquer les services de la Poste dans cette entreprise de sabotage ? Rien n'est impossible, mais sans doute ne faut-il incriminer qu'une énième perte « accidentelle » de courrier, comme nous en subissons quasi toutes les semaines, maintenant que le service public se consacre essentiellement aux livraisons d'achats en ligne. Il n'empêche que la coïncidence est troublante...

     

    Mais revenons à la Correspondance privée qui, dès sa première page de couverture, affirme la ferme volonté de résistance du Cercle par un magnifique dessin de Miège (ce blog au 15 mars 2024) montrant trois jeunes gens déterminés à se lancer dans la Grande Bagarre, encouragés par l'apologue degrellien : « Partout, des jeunes aux yeux de loups, aux dents de loups, se dressaient, bondissaient, gagnaient, se préparaient à changer le monde » ! (Hitler pour 1000 ans, p. 33).

     

    Cercle 44 Edito.jpeg

     

    L'éditorial que nous reproduisons ici explique les derniers rebondissements imaginés pour casser l'entreprise perpétuant l'héritage du héraut de la révolution des âmes. Il illustre aussi le deux poids, deux mesures d'une « justice » aveuglée par la haine, et d'une pseudo-droite gangrenée par la dédiabolisation.

     

     

     

    Fähnlein Tcherkassy.pngPour les Allemands (et pas seulement) qui n'ont pas renié leur Histoire, le 8 mai 1945 marque une date catastrophique qui ne se fête pas. Nous, nous pouvons nous permettre de célébrer celle du sauvetage de Léon Degrelle !

     

     

    Ce numéro du Cercle des Amis de Léon Degrelle illustre surtout la perte irréparable que signifierait sa disparition, tant l'exhaustivité de l'actualité degrellienne qu'il recense pour nous est précieuse. Où aurions-nous pu apprendre sinon que l'excellente revue allemande Ein Fähnlein  (ce blog au 26 mai 2022) avait publié un important dossier sur la percée de Tcherkassy, n'oubliant pas de mettre à l'honneur le Commandeur de la Division Wallonien ?

     

    Ou que le journal en ligne de Séville avait consacré un article à La Carlina sous le titre L'histoire de l'homme politique nazi qui s'est réfugié à Séville après la Seconde Guerre mondiale. Léon Degrelle s'est construit un petit palais connu sous le nom de La Carlina à Constantina, lieu entièrement ouvert au public aujourd'hui.

     

    L'articulet insiste sur la « protection du régime franquiste » dont put jouir l'exilé en Espagne, y compris « durant la transition démocratique ». Mais le sujet principal est bien La Carlina présentée comme une attraction touristique « entièrement ouverte au public aujourd'hui ». La seule chose qui n'est pas dite, c'est que l'endroit est en fait le couvent des moniales de Saint-Jérôme qui offrent l'hospitalité aux visiteurs cherchant « la rencontre quotidienne avec Jésus-Christ à travers la vie communautaire, la prière –liturgie et méditations sur l’Évangile– et le travail ». Le site du monastère offre une courte vidéo permettant de visiter l'endroit et de voir comment le Palacete de Léon Degrelle est devenu un sanctuaire où les religieuses ne l'oublient jamais dans leurs prières, lui exprimant leur reconnaissance et sollicitant pour lui la bienveillance de Dieu (ce blog au 28 mai 2016).

     

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    Dans le registre de la répression des organisations identitaires dont il est lui-même victime, le Cercle nous apprend également que le décret de dissolution de l'organisation nationaliste Lyon populaire (groupement de fait, sans personnalité juridique) cite, comme circonstances aggravantes, des références que ce mouvement osa faire à Léon Degrelle. De quoi, certes, mériter la guillotine si la peine de mort était jamais rétablie en France.

     

    Lisons plutôt : « Considérant d’une part, que le groupement présente la violence comme nécessaire face à la prétendue défaillance de l’État, en alimentant une “culture de l’affrontement” [...] ; que pour exalter ses militants à se battre, le groupement emploie régulièrement un vocabulaire guerrier que l’on retrouve dès sa devise “Vivre en travaillant ou mourir en combattant” et omniprésent dans sa communication ; qu’il utilise des citations d’individus faisant référence à la guerre et recommande également la lecture [...] d’auteurs qui font référence à la guerre tels que Léon DEGRELLE évoquant le “(…) notre combat” » (Journal officiel de la République française, 13 juin 2025).

     

    Nous pourrons sans doute nous demander jusque sur notre lit de mort ce que peut bien être « le “(...) notre combat” » de Léon Degrelle... Et, à propos de lit, heureusement que ceux des militants de Lyon populaire ne sont pas infestés de punaises de lit, les gendarmes eussent pu trouver des pots de terre de Sommières « qui combat les punaises de lit » !

     

    Rien n'échappe, apparemment, à l’œil du Cercle qui mérite amplement le titre honorifique de Degreller Beobachter !

     

    Ainsi nous présente-t-il le « Gâchis Parmentier » qu'a dénoncé Rivarol : l'ancienne rédac-chef du quotidien catholique Présent aujourd'hui disparu, Caroline Parmentier, devenue député Rassemblement National du Pas-de-Calais, qui, –« dédiabolisation » oblige–, a multiplié reptations devant la bienpensance, reniements honteux et alignements opportunistes, et a trahi tous les engagements qui justifièrent son entrée en politique (au premier rang desquels figurait naturellement la lutte contre l'avortement). Mais, erreur fatale, elle a oublié de battre sa coulpe pour avoir participé à l'édition de l'Hommage de journalistes nationalistes à leur reporter favori. Publié en 1993, par des « Éditions Bergeron-Sanders », Hergé et nous s'ouvre sur un dessin « Tintin ? À droite, toute ! », inspiré de la célèbre photo de Léon Degrelle à la tribune du Congrès de Lombeek à côté de la hampe au drapeau rexiste (ce blog au 15 mars 2024). La tête de Tintin y a significativement remplacé celle du Chef de Rex : ce fut pour Aramis le moyen d'illustrer l'évidence du lien indissociable unissant ces deux immortels modèles de la jeunesse (ce blog au 5 janvier 2022).

     

    Hergé et nous Aramis.png

     

    La page suivante énumère la liste des collaborateurs ayant permis la réalisation de cet hommage à Hergé : il se trouve que l'avant-dernière personne remerciée est Caroline Parmentier. Crime inexpiable, car : « Hergé, créateur de Tintin, devrait beaucoup [au] nazi belge Léon Degrelle, qui a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale avec les Waffen-SS. » (Médiapart, 25 juin 2025).

     

    Le pire de l'histoire est qu'il n'est même pas possible de connaître précisément le rôle de Parmentier dans cette affaire car le bouquin est quasiment introuvable : selon le journaliste et co-éditeur Alain Sanders, il a été « pilonné à la demande de la Fondation Hergé » (¡ Arriba España !, Ed. Godefroy de Bouillon, 1997, p. 2). Décision qui a dû ravir l'autre journaliste et co-éditeur, Francis Bergeron, auteur d'un Guide du collectionneur politiquement incorrect, s'attachant particulièrement à la valeur marchande des documents nationalistes (ce blog au 26 mai 2016) : Hergé et nous n'est habituellement jamais proposé à moins de 500 euros !

     

    Campagne Russie Brigneau.pngDans ce domaine, le Cercle n'oublie pas de recenser les cotes élevées atteintes par les livres dédicacés de Léon Degrelle. Ainsi de La Campagne de Russie, que Léon Degrelle offrit à François Brigneau (1919-2012) lorsqu'en 1959, il vint l'interviewer pour son livre L'aventure est finie pour eux (Gallimard, 1960 ; ce blog au 17 janvier 2016). Il a été adjugé 420 euros dans une maison de ventes aux enchères de Limoges : « À mon bien cher ami François Brigneau, l'idéaliste dont rien n'a brisé l'élan : ces pages où revivent d'autres idéalistes qui, dans la grandeur et la douleur, ajoutèrent quelque chose au patrimoine moral des hommes : avec toute la sympathie et l'affectueux souvenir de Léon Degrelle. »

     

    La vente a été réalisée il y a près de cinq ans déjà, le 18 février 2021. Aujourd'hui, les prix sont du même ordre chez les professionnels. Le Cercle a ainsi épinglé une édition de luxe numérotée de Hitler pour 1000 ans à 680 euros et Les Âmes qui brûlent, dédicacé, avec une reliure toilée d'éditeur pour 400 euros. Mais sur Ebay, les exigences n'ont plus de limites : 5500 euros pour une reproduction du tableau L'Énigme d'Hitler de Salvador Dali avec un autographe degrellien ou 1500 euros pour l'édition d'Avalon de La Cohue de 40 dédicacée...

     

    Ombre LD.pngAu rayon des Degrelliana où nous sont présentés des « mugs » et un écusson (avec le célèbre portrait de notre ami Korbo, toujours « emprunté » mais jamais crédité : ce blog au 1er décembre 2020), nous retiendrons la kitschissime « Ombre » métallique noire de Léon Degrelle disponible à la LibreriaVigente la Derrota Mundial (Mexico) : elle fait une dizaine de centimètres de haut et coûte 16,35 euros (+ frais d'envoi).

     

    Nous pourrions encore passer en revue toutes les pages de cette Correspondance indispensable retraçant l'actualité degrellienne : les essais biographiques que nous vous avons déjà présentés sur ce blog, de nouvelles éditions des œuvres de Léon Degrelle en anglais, allemand, espagnol, italien,... Elle nous donne aussi à nouveau accès à des textes introuvables, comme Quand Barcelone était russe, un reportage de Léon Degrelle ramené de la guerre civile espagnole et publié dans l'hebdomadaire français Gringoire en 1939 ou le récit de l'arrestation du Chef de Rex le 10 mai 1940 que l'inspecteur de la police judiciaire Raoul Vanderote publia en 1956 (ce blog au 30 avril 2017)...

     

    Nous n'espérons qu'une chose : vous avoir mis suffisamment l'eau à la bouche pour vous abonner illico, si ce n'est déjà fait. Et aussi et surtout pour soutenir par vos dons le Cercle des Amis de Léon Degrelle parmi les embûches qui l'accablent. Il faut en profiter tant que son nouveau numéro de compte bancaire est encore actif : FR 76 2673 3000 1011 6433 0190 836.

     

    Cercle des Amis de Léon Degrelle, adhésion : 30 euros ; membre bienfaiteur : 60 euros (ajouter 10 euros si vous ne résidez pas en France) : Boutique nationaliste 

     

    Adresse : Cercle des Amis de LD, BP 92733, 21027 Dijon Cedex, France. lesamisdeleon.degrelle@gmail.com