Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

robert faurisson

  • Quoi de neuf ? Léon Degrelle !

     

     

    Notre blog l'illustre à suffisance : Léon Degrelle fait l'actualité quasi en permanence. Deux gros volumes le concernant viennent encore de voir le jour.

     

    Rex ter zege !

     

    Le premier, écrit en néerlandais par Bruno Cheyns, est sorti à la fin de l'année dernière et s'attache à l'histoire de Rex en Flandre : Rex ter zege Rex vaincra, Léon Degrelle et Rex en Flandre, 1935-1945 »).

     

    Rex ter zege.jpeg

     

    Nous connaissons Bruno Cheyns pour sa biographie de Léon Degrelle, la première en néerlandais, Léon Degrelle, de Führer uit Bouillon  Léon Degrelle, le Führer qui venait de Bouillon », ce blog aux 10 décembre 2017 et 5 janvier 2018). Il s'attache cette fois à l'histoire de l'aile flamande du mouvement Rex.

     

    C'est par un article de l'hebdomadaire national-linguistique 't Pallieterke (ce blog, entre autres, au 23 février 2020) que nous avons eu connaissance de cette publication. En 2017, Bruno Cheyns nous avait invité à la présentation de son premier ouvrage, mais la réception (sans doute trop) critique que nous lui réservâmes nous a, cette fois, valu la punition d'être écarté des petits fours !

     

    Trève de plaisanteries (de plus, cette présentation se faisant en compagnie de la pythie imbuvable du Cegesoma Chantal Kesteloot –ce blog au 12 octobre 2023–, aucun regret donc !) : si la bibliographie concernant Léon Degrelle et son mouvement Rex en général est abondante, il n'existe par contre aucune étude particulière sur Rex-Vlaanderen. Et en cela, Bruno Cheyns fait certainement œuvre de pionnier.

     

    Lancement-Rex-ter-Zege.jpg

     

    Nous n'avons pas encore eu l'occasion de lire convenablement son volumineux ouvrage (quelque cinq cents pages !), mais nous épinglerons de son interview ces éléments quelque peu interpellants, en ce sens qu'ils illustrent l'éclairage biaisé qui, à nouveau, semble apporté à son étude.

     

    Selon l'hebdomadaire, l'auteur écrit dans son bouquin qu'aujourd'hui encore, on fait de la politique de « manière rexiste ». Et Bruno Cheyns de s'expliquer pour le Pallieterke.

     

    « Il est toujours tentant d'établir des parallèles, tellement il y en a. Mais nous devons être très prudents. Nous ne pouvons, par exemple, pas vraiment comparer la réélection de Donald Trump à la présidence des États-Unis à l'émergence du rexisme ou du communisme [sic !] dans les années 1930. Et pourtant, nous constatons toujours le même parcours : on parvient à capter le mécontentement social, il s'ensuit un bref succès électoral et après quelques années tout s'écroule comme un château de cartes, car il y aura toujours quelqu'un d'autre qui surgira pour mieux capter encore les frustrations.

    Le populisme n'est jamais durable. Et ça, Donald Trump l'a aussi compris. Il essaie de mettre sur pied un mouvement « Make Amerika Great Again » (MAGA) pour pérenniser son succès électoral. C'est la seule façon qui permette à ce genre de partis et de politiciens de pouvoir devenir un facteur d'importance à long terme. Rex n'y est jamais parvenu, le VNV un peu mieux. Pourquoi ? Parce que le VNV avait une base programmatique spécifique : la problématique flamande. Rex n'avait pas cette base. [...]

    De plus, nous constatons que les partis politiques négligent souvent délibérément l'aspect substantiel afin de capter autant que possible le mécontentement existant. C'est aussi ce que fit Rex à l'époque. Le parti a rarement adopté une position claire, car choisir, c'est tout simplement perdre. C'est aussi ce que nous voyons aujourd'hui : on fait rarement encore des choix clairs. C'est la meilleure façon de faire plaisir à tout le monde. La politique s'est adaptée à la nature volatile de l'électeur. La politique opte pour des programmes faciles à digérer. C'est un des côtés pervers de notre système démocratique. Une partie non négligeable de l'électorat est à la recherche de solutions faciles à des problèmes souvent très complexes.

    Dans les années 1930 aussi, nous avons constaté une infantilisation de la politique. Rex était le parti des solutions faciles. Il ne fallait surtout pas gratter trop profondément dans le programme. On verrait bien ce qui allait arriver. C'était d'ailleurs littéralement les termes de Degrelle : Nous verrons bien comment nous voterons. Je préciserai bien comment mes parlementaires voteront. La conséquence fut qu'aucun choix ne fut fait. À court terme, c'est pratique, mais au fil du temps, les électeurs perdent leurs illusions. C'est ce qui est arrivé chez Rex. Les partis aux programmes superficiels ne peuvent jamais satisfaire tous leurs électeurs. »

     

     

    Cheyns Pallieter 28.11.2024 a.jpeg

    Bruno Cheyns au journal flamand 't Pallieterke : « En Flandre, nombreux furent les rexistes à rejoindre la résistance. » Son livre Rex ter zege s'ouvre d'ailleurs sur le récit du destin tragique du « rexiste » résistant Hubert d'Ydewalle qui, prisonnier en Allemagne, sera gravement blessé dans un bombardement allié et mourra dans d'atroces conditions dans un train de prisonniers évacués. Sauf que dès après les élections de 1937, Hubert d'Ydewalle avait rompu avec le rexisme. « D'Ydewalle voyait Rex dégénérer progressivement en une bande de profiteurs et d'opportunistes et se sentait trahi », analyse Bruno Cheyns.

    Selon Lionel Balland, dans un article biographique sur l'aristocrate flamand, il y a lieu d'être plus nuancé : « En juin 1937, Hubert d’Ydewalle quitte sa fonction de rédacteur en chef de l’organe de presse Le Pays Réel et celle de membre du Conseil politique de Rex pour diverses raisons : les fonds envoyés par le régime italien à Rex, le fossé entre Rex et le cardinal de Belgique [ce blog aux 8 avril 2017 et 13 mai 2018] et la personnalité de certains dirigeants de ce parti. [...] Des rexistes accusent d’Ydewalle d’avoir été contraint de laisser tomber Rex afin de sauver le futur héritage que son couple recevra de ses beaux-parents. » En effet, « À la suite des résultats des élections législatives du 24 mai 1936 qui voient la percée de Rex, la femme d’Hubert d’Ydewalle est menacée par son père, cadre du parti catholique, d’être déshéritée si Hubert ne rompt pas avec Rex »...

     

     

    Ainsi l'oracle Cheyns lance-t-il ses condamnations péremptoires associant, pour le discréditer, Trump au rexisme, réduisant son action et celle de Léon Degrelle à du « populisme » sans avenir et dénonçant l'absence de substance dans leur programme. Et de prophétiser d'ailleurs leur écroulement « comme un château de cartes »... À cela près que tout ce qu'il raconte du populisme nous semble tout autant si pas davantage adapté à la démagogie des partis traditionnels qu'au rexisme !

     

    Le richissime entrepreneur Donald Trump est avant tout un homme d'affaires qui veut urgemment rendre la prospérité à son pays en tranchant dans le vif pour l'immigration, les théories criminelles du genre, l'imposture climatique, les guerres inutiles, etc. En un mois, le bon sens est revenu au cœur de la gouvernance et des (bonnes) affaires aux États-Unis.

     

    Le tribun idéaliste Léon Degrelle voyait infiniment plus loin que les indispensables réformes matérielles. C'est la révolution des âmes qu'il entendait insuffler à ses compatriotes (mais pour Bruno Cheyns, ce ne sont là sans doute que des paroles en l'air) : « je m'étais dit, en voyant l'espèce de rébellion parfaitement normale du peuple, qu'il s'agirait de dégager celui-ci de l'égoïsme et du matérialisme, non pas en s'acharnant à promettre plus que Marx, qu'Engels, que Lénine, mais en essayant de repeindre de neuf chaque cœur délaissé, lassé, souillé, de recomposer une véritable communauté humaine, juste, fraternelle, de ranimer en elle les plus hautes vibrations d'âmes. » (Persiste et signe, p. 55).

     

    Cette profession de foi guidant son action dut naturellement être au cœur de la conversation impromptue entre Léon Degrelle, tout auréolé du triomphe électoral rexiste du 24 mai 1936, et Adolf Hitler. Apprenant sa présence à Berlin le 26 septembre, le Führer le fit en effet venir à la Chancellerie afin de jauger le discernement, le caractère, le cœur du jeune tribun.

     

    Timbre Rex vaincra ter zege.png

     

    Ce fut une « entrevue foudroyante ». Après avoir écouté « avec émotion ce jeune homme qui parlait avec passion de la grandeur du peuple auquel il appartenait », Adolf Hitler confia à son ministre des Affaires étrangères Joachim von Ribbentrop : « Je n'ai jamais vu de tels dons chez un jeune homme de cet âge » (ce blog aux 12 mai 2016 et 21 juin 2018).

     

    Léon Degrelle, quant à lui, entrait en communion avec « l'homme qui avait su redresser son pays, le sauver du chaos, de l'anarchie, de la misère, lui rendre une âme, une religion, une mission ». Rencontre qui se révéla décisive pour le reste de sa vie : « cette interprénétration instinctive, insaisissable pour le commun des mortels, nous a liés pour toujours sur le plan humain le plus haut. » (Persiste et signe, p. 181 ; sur les relations Léon Degrelle-Adolf Hitler, voir ce blog, entre autres, au 20 juillet 2018).

     

    Ce que Cheyns appelle « populisme », –en l'occurrence, un régime qui abandonne l'étalon-or pour l'étalon-travail, restaure la communauté nationale par la collaboration des classes, stimule chacun au service du bien commun, refonde un socialisme national–, et inévitablement destiné, selon lui, à l'effondrement « comme un château de cartes », produisit un empire populaire qui ne fut anéanti qu'au prix d'une effroyable guerre mondiale, emportant en même temps la promesse du renouveau bourguignon.

     

    Aujourd'hui, pour en parler, il semblerait qu'il faille s'aligner sur l'histoire officielle. Le site flamand Doorbraak a ainsi publié une recension de Rex ter zege par l'historien prolifique Pieterjan Verstraete qui, après avoir décrit le « panier de crabes » de Rex-Vlaanderen (« Degrelle [...] n'a cessé d'insulter ses partisans ») évoque la décomposition du mouvement dans toutes les directions, la collaboration (DeVlag, avec Jef Van de Wiele) comme la résistance (Armée secrète)...

     

    Beaucoup plus intéressante est l'interview publiée (en français) par Lionel Balland sur le site EuroLibertés.

     

    Cheyns EuroLibertés.png

     

    Lionel Balland, spécialiste des mouvements nationalistes, est l'animateur infatigable du blog éponyme commentant « L'actualité des partis patriotiques en Europe » ; il est également l'auteur de l'indispensable Léon Degrelle et la presse rexiste.

     

    Est-ce la précision des questions posées ou la personnalité de l'interviewer, mais Bruno Cheyns répond de manière moins expéditive et beaucoup plus judicieuse que dans le journal flamand, même si nous ne partageons pas les présupposés antiflamands qu'il prête à Léon Degrelle (sur le « sentiment flamand » de celui-ci, voir ce blog au 10 juin 2016). Ne reproduisons donc ici que l'opinion de Bruno Cheyns, plus pertinente, sur la différence de traitement de la collaboration en Flandre et en Wallonie, expliquant certainement l'absence d'opposition nationaliste crédible dans la partie francophone de la Belgique.

     

    Si, après la IIe Guerre mondiale, la collaboration était mal vue, tant en Flandre qu’en Belgique francophone, au fil des années, la situation a semblé évoluer différemment en Flandre. Comment expliquez-vous cela ?

    La collaboration et la répression ont causé un traumatisme historique dans les deux parties du pays. Celui-ci y a, cependant, été traité d’une manière différente. Alors que le processus de remise en cause avait déjà commencé en Flandre au cours des premières décennies qui ont suivi la IIe Guerre mondiale, en Belgique francophone, il n’était tout simplement pas question d’aborder le sujet de la collaboration. Cela a créé la perception erronée que, en Belgique, il y avait principalement une coopération avec les Allemands du côté flamand, tandis que la Résistance s’était développée en Wallonie et à Bruxelles. En Flandre, la collaboration a été remise à l’ordre du jour politique par les nationalistes flamands dès les années 1950, de sorte qu’il y avait aussi beaucoup d’intérêt dans les cercles universitaires à dépouiller la collaboration de toute émotion et à la comprendre d’une manière plus scientifique. Cela a progressivement créé une image plus nuancée de la collaboration, ce qui a finalement également profité au processus de gestion du passé. En Wallonie, la collaboration a été presque complètement étouffée, d’abord par honte, mais peu à peu aussi pour des raisons politiques. La plupart des partis politiques wallons craignaient qu’une attitude plus nuancée à l’égard de la collaboration ne puisse à nouveau faire le lit de « l’extrême-droite ». Il était donc dans leur intérêt de maintenir en vie l’épouvantail, ce qui a très bien fonctionné. À ce jour, la Wallonie est l’une des seules régions d’Europe occidentale où l’ « extrême droite » n’a tout simplement aucune possibilité de percer.

     

     

    Une biographie « grand public »

     

    C'est un fidèle lecteur, M. Thibaut B., qui nous a prévenu de la publication d'une nouvelle biogaphie de Léon Degrelle, en nous fournissant le lien vers l'éditeur parisien Perrin.

     

    Degrelle Perrin.png

     

    Le texte de présentation se place résolument sous le même genre de calembour, –fiente de l'esprit qui vole selon Victor Hugo–, que le titre du film de Philippe Dutilleul (Léon Degrelle ou la Führer de vivre), Führex se voulant évidemment une variante explicative (mais appauvrie !) du sobriquet Fourex dont ses ennemis avaient affublé Léon Degrelle après la percée de Rex aux élections de 1936.

     

     

    Fourex Drapeau rouge 15.08.1936.png

    Le Drapeau rouge, 15 août 1936.

     

     

    L'annonce éditoriale se poursuit en prétendant publier la « première biographie grand public » du chef de Rex et dernier commandeur de la Légion Wallonie.

     

    Qu'est-ce que cela signifie ?

     

    Que les essais de Jean-Marie Frérotte (Le dernier fasciste), Arnaud de la Croix (Degrelle 1906-1994) ou Francis Bergeron (ce blog à partir du 30 avril 2016) sont réservés aux docteurs ès Lettres ou que les méchancetés de Charles d'Ydewalle (La triple imposture), Pol Vandromme (Le loup au cou de chien) ou Marc Magain (Un tigre de papier) ne valent rien ou pas grand-chose (nous serions là plutôt d'accord !), de même que les menteries des historiens stipendiés à la Collignon, Conway et De Bruyne  ? En tout état de cause, –et pour s'en tenir aux ouvrages publiés après la Deuxième Guerre mondiale–, la première véritable biographie grand public de Léon Degrelle est et reste –toujours aisément accessible sur le marché du livre d'occasion– le Degrelle m'a dit..., signé par Louise Narvaez, Duchesse de Valence.

     

    L'éditeur prétend surtout que cette nouvelle biographie constitue un portrait « sans a priori et sans complaisance », ce qui, tout compte fait, ne devrait normalement qu'être le propre de tout travail de recherche pour un historien consciencieux. Parlant de Léon Degrelle, il met néanmoins « ami de Tintin » entre des guillemets désapprobateurs et évoque un « partisan du négationniste Faurisson », évitant le terme plus adéquat de révisionniste...

     

    On nous a présenté l'auteur, Frédéric Saenen, comme un célinien doublé d'un spécialiste de Drieu La Rochelle. C'est sans doute vrai et nous sommes probablement bien coupable de n'avoir jamais eu la curiosité de le connaître. Ce sera bientôt chose faite...

     

     

     

    Historia mars 2025 b.jpg

    Le mensuel Historia daté de mars 2025 présente déjà l'ouvrage de Frédéric Saenen qu'il a probablement reçu en service de presse anticipé. Si tout ce qui est écrit là se retrouve effectivement dans le livre, ce n'est plus d'une « biographie grand public » que nous devrons parler, mais d'un énième opus politiquement correct ressortissant au bourrage de crânes obligatoire depuis la fin de la guerre...

     

     

    Attendons donc de voir, car la parution était annoncée pour le 20 février, mais notre petit libraire chez qui nous voulons garder nos habitudes ne nous l'a promis que pour cette fin de semaine.

     

     

    Je ne regrette rien

     

    Terminons par une note toute positive, avec ce petit livre nullement consacré à Léon Degrelle, mais écrit par un ami qui a déjà eu mille vies –dont nous pûmes partager une infime partie !

     

    Sous le titre « légionnaire » Je ne regrette rien, Francis Dossogne vient en effet de publier quelques séquences du film de sa vie.

     

    Dossogne recto.jpeg     Dossogne verso.jpeg

     

     

    L'auteur est bien connu des dénonciateurs compulsifs de l' « extrême droite » pour avoir compté parmi les fondateurs du Front de la Jeunesse (et aussi avoir été condamné, avec trois ou quatre autres supposés malfaiteurs –et néanmoins loyaux compagnons–, pour appartenir à un prétendu « noyau dur » de milice privée non autrement défini), avoir été journaliste au Nouvel Europe-Magazine, avoir représenté notre pays dans les réunions de l'Eurodroite (ce blog au 5 août 2023), etc.

     

    Mais cela ne constituera qu'une toute petite partie des multiples événements auxquels sa vie ultérieure de détective-baroudeur l'auront mêlé et dont il ne nous dira que ce qu'il nous sera permis de savoir.

     

    Le livre donne parfois l'impression de n'avoir pas été rigoureusement relu et sa concision laisse souvent le lecteur sur sa faim. Mais cette brièveté incisive aiguise toujours la curiosité, nous refusant la tentation d'abandonner la lecture avant d'avoir tourné la dernière page !

     

    Parmi les innombrables rencontres exceptionnelles jalonnant sa vie, il en est une que Francis n'oubliera certainement jamais et qu'il souligne dans ses souvenirs, c'est l'entrevue pétillante d'esprit et stimulante d'énergie avec Léon Degrelle. Le toujours flamboyant banni de Belgique accueillait volontiers ses jeunes compatriotes, surtout si comme lui, ils rayonnaient de foi et d'idéal.

     

    « Dans le mensuel [Nouvel Europe-Magazine], des textes de Léon Degrelle, de Giorgio Almirante et de Robert Brasillach avaient été, entre autres, fréquemment publiés qui faisaient écho à nos thèses et venaient sensiblement les soutenir et les exalter.

    Je me souvenais avec grande émotion de la Campagne de Russie, livre du premier auteur cité, qui avait été une référence pour nous tous en ce qu'il nous racontait son engagement dans la Légion Wallonie pour combattre le bolchevisme. Dans ma tête flottait cette description de paysage :

    Ces grands étangs étaient peuplés de milliers de joncs, pareils à des lances, hauts de trois mètres, surmontés de plumets bruns et roses... Le gel avait étreint les campagnes...

    J'avais aussi eu l'occasion de le rencontrer, en Espagne, alors qu'il était en exil loin de la Belgique. Un personnage qui m'était alors apparu bien plus grand que Napoléon dont l'homme politique avait d'ailleurs relativisé les victoires en disant qu'elles n'avaient duré que quelques journées...

    Il avait ajouté :

    – Bien peu de choses tout compte fait ! En gesticulant de tout son corps comme pris dans une transe. » (p. 77-78).

     

    LD Resto.jpg

     

     

  • « Degrelle n’entendait rien à l’allemand ! » « Hitler ne comprenait pas le français ! »

    Voilà des assertions gratuites auxquelles nous avons eu l’occasion de tordre le cou à de multiples reprises déjà (notre blog aux 10 et 12 mai 2016 ; 5 janvier, 21 juin et 20 juillet 2018 ; 25 mai 2021).

    Jeune Nation LD 11 juin 2021.JPG


    M
    ais rien n’y fait : nous avons appris par un correspondant, ami français de Léon Degrelle, que peu après la publication de notre dernier article sur l’ « exceptionnelle proximité spirituelle » d’Adolf Hitler et Léon Degrelle (25 mai 2021) documentant justement les compétences linguistiques de chacun, le site du mouvement français Jeune Nation du pourtant clairvoyant degrellien Yvan Benedetti, auteur d’un bel article dans le premier Cahier d’histoire du nationalisme consacré à Léon Degrelle (voir notre blog aux 30 novembre 2016 et 6 février 2021) a publié, le 11 juin suivant, un article d’un certain Francis Gourmain se présentant comme « passionné d’histoire et fin observateur de notre société », intitulé Léon Degrelle ne parlait pas allemand.

    Ce contributeur régulier de Jeune Nation ne pousse cependant pas sa passion de l’histoire degrellienne jusqu’à se renseigner sur le site du Dernier Carré – Léon Degrelle qu’il ne connaît probablement même pas. Il bénéficie d’autres sources : des « personnes qui ont été directement en contact avec Degrelle » (c’est-à-dire, visiblement, ne l’ayant rencontré qu’occasionnellement), sans aucun doute sympathiques, mais dont le témoignage ne doit pas s’affranchir de la critique car il ne pourrait qu’amener à des conclusions abusives et péremptoires, telle que celle de Jeune Nation : « Degrelle ne parlait donc pas allemand, voilà maintenant un fait historique bien établi sur des témoignages sérieux, indépendants et concordants ».

    LD+Fabiola+Baudouin.jpgAlidor (alias Paul Jamin, le « Jam » de Rex) imagine la rencontre surréaliste (humainement mais aussi linguistiquement) de Léon Degrelle avec les anciens souverains belges, Baudouin et Fabiola : l'Ardennais ânonne un français hispanisé, tandis que l'aristocrate castillane  répond par l'expression wallonne du doute (le « Ben voyons » zémourien) !...

     

    Dans le contexte de Francis Gourmain, prétendre établir un « fait historique » en trompetant que « Degrelle ne parlait donc pas allemand » revient à s’attribuer la découverte que le Commandeur de la Wallonie ne pouvait rien comprendre à l’allemand… et que donc « après enquête […], il apparaît sans aucun doute possible » qu’il ne dit pas la vérité lorsqu’ « il fait état de conversations sur un ton libre et informel avec Adolf Hitler et de confidences directes que ce dernier lui a faites » !!!

    Outre que Léon Degrelle n’a jamais prétendu lire le théâtre de Schiller dans le texte ou déclamer les vers de Goethe, il a néanmoins clairement expliqué (nous le rappelons ci-après) comment il pouvait suffisamment comprendre l’allemand pour surprendre tous ses interlocuteurs.

    A quoi peut donc alors servir le sensationnalisme de cet article présenté à la manière d’un scoop rétablissant une prétendue vérité occultée ? Surtout que son auteur se sent quand même obligé d’expliquer l’extraordinaire et incontestable proximité entre Adolf Hitler et Léon Degrelle (« le courant passait entre les deux hommes »), alors qu’ils sont censés ne pouvoir se parler de manière intelligible : « le langage explicite ne représente que dix à trente pourcents de la communication entre deux êtres ». Cela laisse quand même singulièrement sur sa faim : qu’étaient alors les soixante-dix à quatre-vingt-dix pourcents restants de leurs conversations ? Des borborygmes ? Des œillades ? Des gesticulations ? Du mime ? De la danse ?

    Cet article date déjà d’un an. Mais comme on nous en parle encore, nous ne pouvons que mettre à nouveau –et définitivement ?– les points sur les « i ».

    Voici le texte intégral de l’article de M. Gourmain.

     

    « 

    Dans ses écrits, Léon Degrelle revendique une grande proximité avec le Führer, il fait état de conversation sur un ton libre et informel avec Adolf Hitler et de confidences directes que ce dernier lui a faites.

    Seulement, après enquête auprès de personnes qui ont été directement en contact avec Degrelle, il apparaît sans aucun doute possible que Degrelle ne parlait pas allemand.

    Nous avons d’abord posé la question à Monsieur Pierre Dortiguier qui a rendu visite à plusieurs reprises à Degrelle à Málaga et à son secrétaire à Madrid, et voici sa réponse :

    « Merci de cette question sur Léon : non, il ne parlait pas l’allemand, comme me l’a assuré son secrétaire Raimond Van Leeuw. Il parlait avec A.H. par un interprète. Et dans sa bibliothèque à Málaga que j’ai vue en partie, car nous sommes restés jusqu’au soir sur la terrasse, je n’ai pas vu d’ouvrages [note FG : Pierre veut dire « d’ouvrages en allemand » car nous lui avions demandé de préciser ce point]. Je l’ai revu ensuite trois fois à Madrid chez son secrétaire que j’ai visité huit ans consécutivement. Raymond non plus ne parlait pas allemand, sauf le commandant Lippert qui était sorti 1er ou second de l’École de Guerre. »

    Réponse très claire que nous avons transmise à Mark Weber, historien Américain à la tête de l’iHR (Institute for Historical Review = Institut d’histoire révisionniste).

    Mark parle allemand, c’est à lui qu’on doit la traduction de pas mal de discours d’Hitler en anglais que nous avons nous-mêmes repassé en français sur JN.

    Or, ci-dessous Mark explique qu’il a essayé de s’entretenir avec Degrelle en allemand et que cela n’a rien donné :

    « Thank you, François, for your earlier message, and for passing on the message of Pierre. During a visit to France, probably in 1989 or 1990, I was with a French friend who had a good relationship with Degrelle. On an occasion when he had to speak anyway with Degrelle by telephone, he encouraged or at least permitted me to also speak with him. After “introducing” me, he put on line with Degrelle. As I recall, I probably first said a few words in very simple French. Then I tried to speak with him in German. I was surprised that, as quickly became clear, Degrelle did not speak or understand German. Of course, that meant that our “conversation” was brief. I appreciate all the more what Pierre wrote to you, because – based on my own experience – I have assumed that Degrelle and Hitler must have spoken with each other through an interpreter – perhaps more than one. »

    Ni Pierre Dortiguier ni Mark Weber ne remettent en cause le fait que Degrelle ait été proche d’Hitler et qu’il ait eu des conversations avec lui. La photo en illustration montre bien que le courant passait entre les deux hommes, rappelons que le langage explicite ne représente que dix à trente pourcents de la communication entre deux êtres.

    Degrelle ne parlait donc pas allemand, voilà maintenant un fait historique bien établi sur des témoignages sérieux, indépendants et concordants.

    »


    Quand nous avons eu connaissance de cette « mise au point historique », il y avait déjà six mois qu’elle était mise en ligne. Nous avons néanmoins posté la brève réponse ci-après, témoignage de Léon Degrelle lui-même afin qu’il soit bien clair que ce dernier n’a jamais établi sa « grande proximité avec le Führer » sur ses compétences linguistiques. Sans nous faire évidemment d’illusions sur la portée d’une réponse si tardive…

     

    « 

    couv-rex-hitler-relie-w-TcRcjstb-6de8.jpgLéon Degrelle s’est expliqué lui-même sur sa connaissance passive de la langue allemande:

    « Officiellement, j’ignorais la langue allemande […]. Avec le temps, certains Allemands s’aperçurent que j’avais parfaitement compris des réflexions qu’ils avaient échangées, à mon insu, croyaient-ils. Ils me firent la réputation d’un jouteur redoutable, connaissant l’allemand sur le bout des doigts, mais qui faisait semblant de l’ignorer. La vérité, c’est que je ne savais pas l’allemand. Je n’ai jamais eu de dispositions spéciales pour apprendre les langues germaniques. Je ne comprenais donc pas l’allemand, mais – ce qui est une toute autre chose – je devinais l’allemand, comme j’ai toujours deviné les autres langues. Connaissant les quelques centaines de mots de base, j’établissais des rapports, des intonations me frappaient. En tout cas, en allemand, j’ai toujours compris ce que je ne devais pas comprendre. Parfois, quand l’interprète avait escamoté une nuance dans sa traduction, je l’interrompais pour rectifier. Les autres s’exclamaient alors : “Vous voyez bien que vous connaissez l’allemand !” Et pourtant je ne le connaissais pas. Je le sentais, c’est tout. […] Pendant la guerre, quand même j’avais parfaitement compris, je faisais semblant de n’avoir rien compris du tout. Ainsi, pendant que l’interprète s’éternisait à bredouiller sa traduction, j’avais tout le temps de préparer et de peser mes réponses. C’était un petit truc extrêmement utile. » (De Rex à Hitler, Editions de l’Homme Libre, p. 328).

    Sur les relations personnelles entre Adolf Hitler et Léon Degrelle, vous devriez consulter le blog du « Dernier Carré – Léon Degrelle » (Association des Anciens de la Légion Wallonie, de leur famille et de leurs amis) :

    – le 5 janvier 2018: sur la maîtrise du français que possédait Adolf Hitler ;

    – le 25 mai 2021: sur la qualité exceptionnelle des relations entre Adolf Hitler et Léon Degrelle.

    »


    Mais rencontrons néanmoins les principaux arguments développés par les deux témoins de Francis Gourmain.

    Ce n'est effectivement pas parce qu'un correspondant américain –Mark Weber, historien aujourd'hui à la tête de l’institut américain d’histoire révisionniste– a essayé de parler allemand (en ne préjugeant même pas de son accent) avec Léon Degrelle au téléphone à la fin des années 1980 que celui-ci n'y pouvait rien comprendre durant la guerre où il n'était pratiquement environné que de hauts-gradés germanophones avec qui il devait avoir à faire quotidiennement.

    De plus, M. Mark Weber n’est pas un témoin si neutre ou objectif qu’on voudrait nous le faire croire. L’Institute for Historical Review (dont il devint le directeur en 1995) négocia, au début des années 1990, l’exclusivité de la publication aux Etats-Unis de certains ouvrages de Léon Degrelle traduits en anglais (notamment la série Le Siècle de Hitler –dont seulement six volumes ont vu le jour en français : les trois premiers –Hitler né à Versailles– aux Editions Art & Histoire d’Europe : Le Traquenard de Sarajevo, La Pseudo-guerre du droit et Les Tricheurs de Versailles, à rechercher sur Rakuten ou le site de bouquinistes Livre Rare Book ; les trois autres aux Editions de l’Homme Libre : Hitler démocrate, 2 vol. et Hitler unificateur). Mais l’affaire tourna court, achoppant à l’évidence sur des questions de sous (frais de traduction, droits d’auteur et autres).

    Mais il y a plus : les responsables de l’Institute for Historical Review –en ce, véritables spécialistes de la révision de l’histoire !– se permirent de dénoncer le travail de Léon Degrelle, mettant en cause non seulement son objectivité (l’entreprise degrellienne réhabilitait-elle trop efficacement la figure d’Adolf Hitler ?), mais aussi les « nombreuses erreurs de fait » qui parsèmeraient son travail (se gardant cependant bien d’en donner le moindre exemple !) et, pour faire bonne mesure, se plaignant aussi de « fréquentes répétitions » ! Tant qu’ils y étaient, pourquoi ne pas lui avoir reproché aussi d’écrire en français ? Il est vrai qu'ils osèrent même enjoindre à Léon Degrelle d'abandonner son œuvre sur Adolf Hitler !

     

     

    jeune nation,yvan benedetti,francis gourmain,alidor,pierre dortiguier,raimond van leeuw,mark weber,institute for historical review,theodore o'keefe,robert faurisson,arthur meyer,ein fähnlein,jean vermeire,paul otto schmidt,pourquoi pas?,ion antonescu

     

     

    Ce dernier et scandaleux courrier adressé fielleusement au « Dear General Degrelle » est daté du 28 janvier 1994, est signé par le directeur de l’époque, Theodore O’Keefe, et n’a pas reçu de réponse. Cela se comprend à la lecture de ses insultantes calomnies, mais aussi par l’état de santé déclinant de Léon Degrelle qui devait succomber quelques semaines après sa réception : l’ultime coup de pied de l’âne au mémorialiste de La Campagne de Russie tant apprécié par Robert Faurisson…

    Si Mark Weber n’a donc peut-être pas de raisons personnelles d’accabler Léon Degrelle, sa généralisation abusive à partir d’une brève et fortuite conversation téléphonique (le « il ne parlait pas l’allemand » devenant immédiatement « il ne comprenait pas l’allemand » et face à tant d'ignorance, la conjecture de la nécessité de « plus d'un interprète » !) semble bien trouver son origine dans les relations tumultueuses de son Institute avec le dernier Commandeur de la Légion Wallonie.

    Mais revenons à notre sujet. Nous avons repris contact avec notre camarade allemand Arthur Meyer, qui, dès 1984, fut un participant actif aux cérémonies commémoratives de la percée victorieuse de Tcherkassy à Bad Windsheim (ce blog aux 2 mars 2021 et 15 mars 2022). De même que, chez nous, en Belgique, il participa très régulièrement aux réunions d’Anciens et d’amis de la Légion Wallonie.

     

    Meyer 1.jpegPage de couverture de la revue allemande Ein Fähnlein (« Un petit drapeau », sous-titre : « pour préserver la vertu et la tradition »). Le but de ce magazine allemand paraissant irrégulièrement est d’établir des ponts entre les générations pour que puissent se comprendre « les jeunes Allemands des années 30 et 40 du vingtième siècle et les jeunes Allemands du vingt-et-unième siècle ». Les pastilles censurant certaines parties d’uniformes sur les photos (par exemple les fez des soldats de la division Handschar) sont placées pour respecter les lois de la République fédérale d’Allemagne : un symbole signifiant l'interdiction de la vision même de choses décrétées in-visibles ! Comme le souligne l’éditeur avant de publier une page de BD de notre ami Korbo : « Tout passe mieux avec un peu d’humour » !...

     

    Arthur Meyer a en effet signé voici peu un article richement illustré dans la revue Ein Fähnlein zur Erhaltung von Tugend und Tradition (février 2021) qui commémore la réunion historique des Anciens Légionnaires avec leur Chef, dans la propriété majorquine du Haupsturmführer Jean Vermeire le 12 juin 1989 (ce blog au 11 mai 2020), réunion à laquelle il demeure fier d’avoir pu assister : « Léon Degrelle était déjà malade à l’époque et la chaleur de l’été aggravait encore son état d’insuffisance cardiaque. Vermeire, qui m’avait félicité pour mon engagement dans les réunions de Bad Windsheim, m’avait aussi spontanément invité. Je pense bien que j’étais le seul Allemand à être présent à cette réunion. […] C’est alors que le titulaire de la Croix de Chevalier avec Feuilles de Chêne intervint. Il prit un par un chacun de ses hommes dans ses bras et les embrassa. Aucun œil ne put rester sec et personne n’eut honte de ses larmes coulant désormais à flots. Après la cérémonie, nous profitâmes de l’ombre de la terrasse et Vermeire me présenta au Chef. Il y avait déjà deux ans que je correspondais par lettre avec lui, mais aujourd’hui je pouvais enfin rencontrer ce héros courageux et tellement éprouvé. Et moi aussi, selon l’usage wallon, je fus enlacé et embrassé par lui, –quel honneur ce fut pour moi ! »

    Nous avons donc demandé à Arthur Meyer comment il avait communiqué avec Léon Degrelle, à Majorque ainsi que dans sa correspondance. « Comme je l’écris, c’est Jean Vermeire qui m’a présenté à Léon Degrelle : il parlait parfaitement allemand et il put me servir d’interprète, même si le Chef écoutait attentivement tout ce que je disais et pouvait réagir à mes propos. Pour la correspondance, je pouvais compter sur l’aide du Légionnaire Alex Stroinowsky qui était devenu un véritable ami : c’est lui qui traduisait nos échanges. »

     

    LD + Meyer Majorque 89.jpeg

    Parmi la bonne vingtaine de photos illustrant l’article d’Arthur Meyer, ces deux-ci témoignent de la chaleur de sa rencontre avec Léon Degrelle. Ne manquons pas la dédicace du Commandeur, en parfait allemand (déclinaisons, pronoms, trémas, majuscules compris !) : « Pour vous, Arthur, avec mes meilleures salutations ».


    Q
    uant à l'argument de la bibliothèque, il relève du grotesque: peut-on imaginer le visiteur de Léon Degrelle profiter de la présence des invités sur la terrasse pour faire autre chose que de promener rapidement son regard sur les longs rayons de la bibliothèque de l'auteur de Hitler pour 1000 ans ? Et certes pas de l’inventorier, même « en partie » ! Non seulement c'eût été malvenu, mais impossible, vu qu'elle comportait, rien qu'à Malaga, plusieurs milliers de livres.

    En ce qui nous concerne, nous pouvons en parler à l'aise pour en avoir dressé personnellement une fraction de l’immense catalogue (Jeanne, l’épouse de Léon Degrelle, avait entrepris elle-même ce patient recensement, peu après les funérailles de son mari). Nous n’en avons donc examiné en détail que la dernière partie : si la toute grande majorité des titres étaient bien entendu en français, une grande partie était en espagnol et de nombreux volumes intéressants en allemand (un tout petit reliquat, en anglais). Consultant les premières pages de ce seul relevé partiel, nous retrouverons sans peine plusieurs dizaines de titres en allemand. Certes des classiques comme Wenn alle Brüder schweigen, mais aussi des documents historiques comme les SS-Leitheft, des mémoires allemands sur Tcherkassy, l’holocauste, la SS, les crimes de guerre alliés, etc., des ouvrages d'art sur ou de Breker, Speer, Hitler (même Picasso !), le judaïsme, etc.

     

    Bib 1.jpeg


    P
    ar ailleurs, le témoignage de Raymond Van Leeuw n'est pas nécessairement déterminant non plus pour la thèse de Jeune Nation.

    I
    l ne parlait pas allemand ? Sans doute, comme la plupart des Légionnaires. Mais Raymond n'était pas attaché non plus à Léon Degrelle sur le Front et n'assista certes pas aux rencontres de son Commandeur avec Adolf Hitler ! Qu'un interprète fût parfois présent est certainement probable, mais on n'en possède pas de trace, ni photographique, ni écrite. Le seul témoignage de première main vient d'une interview de l'interprète officiel Paul-Otto Schmidt à l'hebdomadaire belge Pourquoi Pas ? le 21 septembre 1962. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la barrière de la langue n'avait pas l'air de jouer quelque rôle (voir notre blog au 12 mai 2016) : « Je me souviens fort bien de Degrelle, qui vint rendre visite au Führer à deux ou trois reprises. Votre compatriote était un des rares individus qui ne tremblaient pas en présence du dictateur. Il y allait avec fougue et ne craignait pas de couper la parole au maître du IIIe Reich. »

     

     

    PourquoiPas 21 09 1962 Interview Schmidt.jpg


    L
    ’hebdomadaire bruxellois Pourquoi Pas ? interviewe l’interprète officiel du Führer, Paul-Otto Schmidt : c’est spontanément que ce dernier insiste sur la proximité entre Adolf Hitler et Léon Degrelle, notamment lors de leurs conversations animées.


    Q
    uel est dès lors l’intérêt du « fait historique bien établi », mais complaisamment biaisé, claironné par Francis Gourmain ? Croit-il vraiment à son scoop, alors qu’enfonçant des portes ouvertes (Léon Degrelle n’a en effet jamais prétendu parler couramment allemand !), il sert en réalité l’eau au moulin des contempteurs de celui que le Führer se fût choisi pour fils, tout heureux de crachoter leurs calomnies, même par sous-entendus : « mythomanie », « mégalomanie », « mensonges »...

    Rappelons donc la conclusion de nos enquêtes sur les compétences linguistiques de Léon Degrelle et Adolf Hitler –et donc leur capacité à se comprendre sans interprète (voir les références en début d’article ; rappelons qu’il est établi que le Führer et le général Ion Antonescu se parlaient volontiers en français, sans interprète : ce blog au 25 mai 2021) : « Adolf Hitler comprenait parfaitement le français. Mieux : il le parlait assez couramment pour convaincre un témoin allemand qu’il s’exprimait “dans un excellent français”. Léon Degrelle, quant à lui, comprenait l’allemand suffisamment pour en avoir au moins une bonne connaissance passive. Les deux hommes pouvaient donc pleinement se comprendre, quelle que soit la langue utilisée. »