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théo verlaine

  • La bande de bras « Wallonien »

     

    Un nom allemand voulu par Léon Degrelle ?
    Allons donc !

     

    Dans notre dernier article consacré au Légionnaire Edouard Hubot, nous avons montré la photo le représentant en SS-Funker lorsqu’il rejoignit la Sturmbrigade Wallonien en septembre 1944 (voir ce blog au 23 janvier 2021).

    Il portait alors la bande de bras Wallonien qui allait équiper bientôt les Bourguignons dans les derniers mois de la guerre.

    Bande bras Wallonien.jpg

    Alors que la Légion Wallonie, après d’âpres négociations entre, tout d’abord, Léon Degrelle et le Gruppenführer (général) Gottlob Berger, puis, après leur échec, entre Léon Degrelle et le Reichsführer Heinrich Himmler, a été versée dans la Waffen-SS le 1er juin 1943, ce n’est que très tardivement que lui fut accordée la bande de bras d’appartenance à son unité.

    La création de ce brassard peut être considérée comme une marque d’estime car toutes les unités de la Waffen-SS ne portaient pas nécessairement de bandes de bras (la 33e Division SS Charlemagne, par exemple, n’en reçut jamais ; on notera au passage que le nom officiel allemand de cette unité était 33. Waffen-Grenadier-Division der SS Charlemagne, avec le nom français de l’Empereur d’Occident et non la traduction allemande « Karl der Große »). De plus, ce brassard distinctif pouvait être supprimé en manifestation de blâme comme l’ordonna, par exemple, Adolf Hitler pour les troupes SS n’ayant pas réussi à contenir l’avance soviétique en Hongrie (dont la Hitlerjugend et la Leibstandarte SS Adolf Hitler elle-même).

    Uniformes janvier 2021 a.jpg
    Le hasard des publications veut que la revue Uniformes (Le Guide du collectionneur et de la reconstitution) de janvier-février 2021 publie un bref article consacré à « La Bande de bras Wallonien ». Il y est précisé qu’il s’agit d’une « des bandes de bras les plus rares qu’il soit possible de posséder », mais qu’il y a trois ans et demi, un lot fut redécouvert chez un cordonnier de Grafenwöhr, un village de Bavière, entre Bayreuth et Nuremberg, où se trouvait un camp militaire. Ce lot figurait parmi toutes sortes de bandes d’autres unités, telles la Wiking ou la Nederland, et servaient occasionnellement de… lacets de fortune !

    Deux lettrages sont présentés : l’un avec la base du « W » en pointes aurait été tissé par la manufacture Bevo de Wuppertal ; de l’autre avec la base plate, aucun détail n’est fourni, mais André Liénard l’identifie comme le « type RZM » (Légion Wallonie, t. 2, p. 15). Le site « Militaria » Helmut Weitze Militarische Antiquitäten KG, qui explique avoir racheté ce lot en 2017, vend chacun de ces Ärmelbänder au prix cassé de… 3500 euros !

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    La revue note que la bande de bras Wallonien « a dû être distribuée au début de l’année 1945 » seulement, ce qui est bien vraisemblable car Uniformes publie également une photo de Léon Degrelle avançant dans la boue à l’aide d’une canne et portant sa bande de bras, mais sans en préciser l’origine. Léon Degrelle, qui porte les Feuilles de Chêne (après le 25 août 1944 donc) se trouve en fait sur le front de Poméranie : nous sommes donc bien fin février-début mars 1945. Cette date tardive pourrait expliquer la découverte de ce lot de bandes de bras toutes neuves qui n’auraient pu être fournies à temps à leurs destinataires.. Mais cette bande ne peut-elle avoir été manufacturée plus tôt, puisque la photo d’Edouard Hubot que nous avons publiée est postérieure (mais de combien ?) à son retour de septembre 1944 à la Wallonie ?

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    légion wallonie,édouard hubot,bande de bras,waffen ss,revue "uniformes",le combattant européen,jean mabire,théo verlaine,le combattant ssChez Théo Verlaine (La Légion Wallonie en photos et documents, p. 300), les rares photographies montrant des Bourguignons arborant la bande de bras datent toutes de l’engagement en Poméranie, en février 1945 : sur une photo prise « à Stargard », au PC de la SS-Division Wallonien, on reconnaît les Légionnaires « José Janssens et Jean Lekeux »; ce dernier, en uniforme, arbore la patte de col d’Oberscharführer (adjudant), mais aussi la fameuse bande de bras « Wallonien ». Une autre photo, datée également de « Poméranie, en février 1945 », nous montre les Légionnaires « Emile Van Isschot et un certain Collard » portant leur bande de bras (p. 295).

    LD Bande Bras 1.jpegPour en terminer avec cette question de datation, voici une photo de Léon Degrelle sur le Front de Poméranie où la Division Wallonie est engagée dans l’opération Sonnenwende censée refouler les Soviétiques hors des frontières du Reich : les combats commenceront le 16 février.

    La photo (extraite de l’album de Jean Mabire et Eric Lefevre, Légion Wallonie. 1941-1944, p. 229) montre l’ Obersturmbannführer (lieutenant-colonel) Léon Degrelle, Commandeur de la Division, contempler la bande de bras, manifestement cousue de fraîche date sur sa manche gauche. Sans doute est-il le premier à en avoir disposé car les Légionnaires qui l’entourent joyeusement n’ont également d’yeux que pour elle, signe qu’ils la découvrent et ne l’ont pas encore reçue…
    La bande de bras « Wallonien » date donc bien de la mi-février 1945.

     

    Plus interpelant est le commentaire de l’auteur de l’article d’Uniformes, car elle implique un jugement politique : « On notera que sur la bande de bras il est inscrit Wallonien et non Wallonie comme c’est le cas sur l’insigne de manche. Cela est due [sic] à la germanisation du nom suite au plaidoyer de Léon Degrelle présentant les Wallons comme étant des Germains afin de faciliter leur intégration à la SS. »

    Si pendant tout le temps de son service dans la Heer, l’armée de terre de la Wehrmacht, l’unité des Belges francophones au Front de l’Est a été appelée « Légion Wallonie » par la presse rexiste et belge en général, son nom officiel était bien, en allemand, Wallonisches Infanterie-Bataillon 373. Et c’est Léon Degrelle qui, pour calmer l’ire de certains Légionnaires refusant d’endosser l’uniforme feldgrau au camp d’entraînement de Regenwurmlager, obtint du commandement allemand de porter l’écusson distinctif aux couleurs nationales surmontées du nom, en français, « Wallonie ».

    Légion Défilé 21 août 41 (1 Cie) sans écusson.JPG

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    Arrivés en Allemagne au camp d’instruction de Regenwurmlager, les Volontaires wallons ont reçu, non sans réticence, leur uniforme feldgrau et ont immédiatement commencé leur formation : drill, manœuvres de jour, exercices de nuit, tir,... Après quelques jours, ils sont déjà capables de défiler en bon ordre, mais… sans avoir encore reçu leur écusson « Wallonie » qui n’arrivera qu’à la mi-septembre 1941. La 1ère Compagnie défile ici dans le camp, le 21 août : Léon Degrelle se trouve au premier rang, à droite.

    On le voit, lorsque Léon Degrelle a prise sur les événements, il ne manque jamais d’imposer le français : la direction de la Légion restera toujours aux mains des Wallons et la langue de commandement sera toujours le français : les Allemands présents à la Légion ne sont que des officiers de liaison ou des conseillers, parlant tous français.

    Cet attachement à la langue maternelle des Wallons et des Belges francophones, ne veut évidemment pas dire ignorance de leurs racines germaniques historiques. C’est ce que Léon Degrelle affirme haut et clair dès son discours saluant le départ des premiers Légionnaires qu’il accompagne dans la croisade antibolchevique, le 8 août 1941, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles : « Pour nous, Wallons, Germains de langue française, jaillis de la même race que nos frères du Nord et de l’Est, ce grand rassemblement des Européens à l’assaut du bolchevisme a des résonances toutes spéciales. » (voir ce blog au 17 octobre 2018)

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    Combattant SS 17.08.44.jpeg

    La presse même des Volontaires pour la Croisade européenne contre le bolchevisme n’a jamais donné d’autre nom que français à leur unité, même après le passage à la Waffen-SS : c’est ainsi que « Légion Belge “Wallonie” » deviendra «Brigade d’Assaut SS Wallonie». Cependant, le nom historique « Légion Wallonie » demeure toujours.

     

    Mais le chroniqueur d’Uniformes ne fait de toute évidence référence qu’au discours de Léon Degrelle au Palais des Sports de Bruxelles, le 17 janvier 1943, passé dans l’Histoire comme le « Discours sur la Germanité des Wallons », précédant immédiatement l’intégration dans la Waffen-SS. Et peut-être ne fait-il que paraphraser la légende donnée par Jean Mabire et Eric Lefèvre à la photo de Léon Degrelle découvrant sa bande de bras : « La bande de bras de la 28e SS-Freiw.-Grenadier-Division [Wallonien] porte le nom de l’unité en allemand, conséquence du fait que les Wallons sont considérés, grâce à Léon Degrelle, comme un peuple “germanique”. »

    Or les mots « germanité » ou « Germains de langue française », contrairement au discours de 1941, ne seront pas prononcés en 1943. Le plus important, pour Léon Degrelle, est de démontrer par l’Histoire, la linguistique, la toponymie, le folklore… la spécificité germanique des origines wallonnes. Et de brosser à grands traits l’histoire de nos Provinces attachées à l’Empire germanique, face à la rapacité de la France : « Nous qui avions, pendant mille ans, Wallons comme Flamands, lutté contre l’envahissement français, qui avions vu vingt rois de France jeter implacablement leur bélier furieux dans notre frontière du sud, nous qui avions lutté pour la Somme pendant cinq siècles, et défendu pied à pied Arras et Lille, Valenciennes et Cambrai, Douai et Dunkerque contre l’envahisseur, nous qui avions connu les bombardements de Liège par le maréchal de Villeroy nous qui avions vu pendant le XVIIe et le XVIIIe siècles, l’impérialisme français s’emparer six fois de Mons, forcer Namur, inonder et ravager nos provinces, nous qui, des Eperons d’Or à Waterloo, n’avions connu qu’un long combat de toutes races mêlées du sud, nous avions finalement abouti à l’impasse de 1830. […] Nous étions, pourtant, une race puissante, descendue en deux vagues irrésistibles de l’Elbe et du Rhin, trois siècles avant Jésus-Christ, et au déclin de la domination romaine. Race germanique d’une pureté incontestable. […] Notre sang était vierge de tout mélange, vieux sang germain épandu jusqu’à la Somme. […] La Wallonie, fief de l’Empire à travers la Principauté de Liège, qui rayonnait jusqu’à Charleroi, Dinant, Thuin et Bouillon, avait monté la garde avec une énergie farouche. […] Son langage, dialecte latin et non français, allait se viriliser par l’enrichissement d’un nombreux vocabulaire germain. D’origine germanique, le nom de Liège ! Germain, même, le nom de Wallon ! Germaniques, les noms d’innombrables villages de la Meuse et de ses affluents ! Germaniques, tant de consonances pittoresques, fleurs vigoureuses de l’Est rejaillies à travers quinze siècles de vie populaire. […] »

    Et ce rappel historique était on ne peut plus tactique, comme Léon Degrelle l’analyse d’ailleurs froidement pour son interviewer Jean-Michel Charlier en 1976 :

    « Germanité des Wallons ? Germains de langue française ? Qu’est-ce que cela voulait dire ? […] S’il y a un peuple qui, par son sang et par son histoire, est germanique, c’est le peuple wallon. Extraordinaire ? Mais enfin ! Il n’est jamais monté en Wallonie de peuplade romaines ! Il n'est jamais monté en Wallonie de populations françaises non plus ! Les Wallons descendent exclusivement des grandes vagues humaines qui sont arrivées de l’Est, voilà plus de vingt siècles déjà, avant et pendant la décadence de Rome. […] Mais ne nous y trompons pas, les évoquer était, de ma part, un calcul, une tactique, beaucoup plus qu’une théorie. […] Mais cette proclamation tactique de la germanité des Wallons était une astuce. Je me servais de l’argument, véridique en soi, parce qu’il permettait d’assurer à nos revendications une base indiscutable. […] En 1942, le mot “germanique” était un mot magique. Précisément, les Wallons étaient originaires de cet espace-là. C’était vieux ? Vieux de deux mille ans ? Sans importance. Sur l’échiquier politique d’alors, c’était important : alors pourquoi ne pas utiliser cet argument-là ?... » (Jean-Michel Charlier, Léon Degrelle : Persiste et signe, pp.304-305)

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    Léon Degrelle prononce son « Discours de la germanité des Wallons », le 17 janvier 1943 devant 25.000 personnes au Palais des Sports de Bruxelles : il s’agit tout autant d’impressionner le Führer Adolf Hitler que le Reichsführer Heinrich Himmler. Il gagnera sur toute la ligne ! 

    Et cette tactique paya. En mai, c’est un Himmler tout d’affable compréhension qui, ayant rappelé auprès de lui, au Grand-Quartier Général de Hitler en Prusse-Orientale, un Léon Degrelle qui s’était montré intraitable avec son factotum, le général Berger, entame de nouvelles négociations. Et il semble s’amuser à les mener pied à pied avec un Léon Degrelle décidé à imposer ses Wallons et lui-même comme les représentants de leur peuple, à égalité avec les autres peuples de la nouvelle communauté européenne. Et Himmler céda sur toutes les conditions mises par le futur « Chef de Peuple » à l’incorporation de son unité dans la Waffen-SS : à commencer par le commandement autonome et l’utilisation du français comme langue véhiculaire ! (voir ce blog au 20 juillet 2018).

     

    On le voit donc, prétendre que le « Wallonien » allemand tissé sur la bande de bras proviendrait « du plaidoyer de Léon Degrelle présentant les Wallons comme étant des Germains » relève autant de l’élucubration naïve que de la confusion chronologique.

     

    Le Légionnaire Henri Philippet aurait raconté que, pour remettre le nom de leur unité en français, certains Légionnaires auraient cousu leur bande de manière à cacher le « n » final dans un repli (André Liénard, Légion Wallonie, t. 2, p. 15). On peut penser que si Léon Degrelle avait eu quelque mot à dire en cette matière, la bande eût sans nul doute porté le nom français de son unité. Mais en tout état de cause, Léon Degrelle, Chef de peuple dans l’Europe nouvelle pour laquelle il offrait sa vie, ne se prêta pas à la mesquinerie de maquiller ce nouvel emblème : il s’en montre d’ailleurs particulièrement fier sur le témoignage photographique que nous avons repris ci-avant !...

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    Gros-plan sur la veste d’uniforme de Léon Degrelle, telle qu’elle se trouvait dans sa garde-robe de Malaga, jusqu’en 1994.

  • "Les Enfants de la Collaboration" à la télévision: toujours en rajouter, mais toujours passer à côté !

    « Pourquoi la Belgique francophone digère
    difficilement la collaboration »

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    Standaard 9 janvier 2021 (2).jpgLa photo choisie par De Standaard pour illustrer, le 9 janvier dernier, son deuxième article sur l'émission de la RTBF fut prise le 1er avril 1944 à l’occasion de la glorieuse prise d’armes célébrant la percée victorieuse de Tcherkassy.

    Avant le défilé triomphal de Bruxelles, c’est à Charleroi que les Bourguignons de la SS-Sturmbrigade Wallonien se rassemblèrent pour une impressionnante revue sur la place Charles II, face à l’Hôtel de Ville. On reconnaît, de gauche à droite, Léon Degrelle, nouveau Commandeur de la Wallonie, qui vient de recevoir la Croix de Chevalier de la Croix de Fer des mains mêmes d’Adolf Hitler, le SS-Gruppenführer Richard Jungclaus, représentant du Reichsführer Heinrich Himmler à Bruxelles, et le SS-Obergruppenführer Sepp Dietrich, commandant le 1er SS-Panzerkorps. Le Général Dietrich, chef légendaire de la Leibstandarte Adolf Hitler, prit la parole dans un vibrant discours saluant le courage et la détermination des Wallons, décisifs dans le succès de la percée.

    C’est Léon Degrelle lui-même qui remettra à ses Bourguignons les cent quatre-vingts Croix de Fer de Première et de Deuxième classe magnifiant leur héroïsme.

    Charleroi, capitale du Pays noir, avait été choisie pour cette manifestation grandiose car nombre de Légionnaires étaient originaires de ce bassin minier : « A cette heure, vous voilà dans cette ville ouvrière de Charleroi qui nous a donné tant de soldats, tant de morts glorieux, tant de blessés, tant de héros. […] Vieux Pays Noir qui a tant souffert de l’injustice sociale pendant des années et qui pourtant nous a donné par centaines ses enfants, nous voulons signifier  en débarquant ici avec nos vainqueurs du Dnieper et avec nos drapeaux que nous remercions le peuple de chez nous ! »

    (Discours de Léon Degrelle à Charleroi, le 1er avril 1944).

     

    La presse flamande de Belgique a toujours du mal à avaler la patate (jamais refroidie) de la collaboration telle que présentée par les médias francophones.

    Une misérable (au sens d’étriqué tout aussi bien que malhonnête) émission diffusée par la télévision de service public belge a prétendu expliquer « avec précision ce qui a motivé » la collaboration des Wallons et des Bruxellois d’expression française avec l’Allemagne nationale-socialiste (voir ce blog aux 15 décembre 2020 et 9 janvier 2021).

    Nous avons vu comment la façon de procéder de la télévision francophone (quelques rares témoins condamnant fermement leur aïeul « collaborateur ») pouvait aller dans le sens du mythe (dénoncé par les Flamands accusant les francophones d’ignorer leur propres « traîtres ») selon lequel la Flandre aurait été globalement collaboratrice au contraire de la Wallonie qui aurait massivement appartenu à la « résistance ».

    En témoigneraient, selon De Standaard, un des plus importants quotidiens flamands, le peu d’empressement de la chaîne pour finaliser ce programme, la difficulté de trouver de rares témoins et surtout l’écho d’indifférence que l’émission a reçu dans la presse francophone, sans susciter le moindre débat public…

    Ce qui ne laisse pas d’étonner le journal qui revient sur le sujet dans ses éditions du 9 janvier dernier. Car « par rapport à l’ensemble de la population, il y a tout de même eu autant de Francophones que de Flamands qui ont collaboré avec les nazis pendant l’Occupation, comme en témoigne les condamnations d’après-guerre. » L’explication ? « La mémoire de la collaboration a été politisée. Ce qui a servi dans les tensions communautaires qui allaient en s’aggravant : la Flandre et la Belgique francophone pouvaient ainsi se différencier jusque dans leur passé de guerre et ainsi se monter les uns contre les autres autant que nécessaire. » Et cette différence de perception de la collaboration serait surtout à porter au crédit des petits malins nationalistes qui ont réussi à neutraliser tout rapport avec le fascisme, à minorer ainsi le sens de leur engagement aux côtés des nazis et à faire croire, finalement, que tout ce qu’ils avaient fait, c’était par idéalisme afin d’accélérer l’indépendance de la Flandre. C’est ainsi qu’un des résultats de cette opération de lessivage fut que Cyriel Verschaeve, un nazi pourtant condamné à mort, a longtemps été considéré comme un « libérateur de la Flandre » et continue à bénéficier dans nombre de communes flamandes d’une rue à son nom (voir ce blog au 14 janvier 2020).

    Mais c’en est fini : « La Flandre s’est maintenant en grande partie séparée de cette idolâtrie mêlée d’aveuglement historique. » Car le côté francophone, resté insensible à pareille supercherie, a montré le bon chemin : « La collaboration n’a jamais pu compter sur la moindre compréhension en Belgique francophone, principalement parce qu’elle était associée –à juste titre – au fascisme, à la violence et à la terreur. Les collaborateurs, au premier rang desquels Léon Degrelle, le Chef de Rex, devaient donc être oubliés aussi vite que possible […]. La Belgique francophone n’a en effet jamais éprouvé le besoin de dissocier la collaboration du fascisme. » Cet « oubli » volontaire eut néanmoins comme dommage collatéral un impact négatif sur la recherche historique destinée à l’édification du grand public : d’où la nécessité et la multiplication aujourd’hui des émissions « estampillées CEGESOMA » pour instruire  le vulgum pecus et clouer au pilori Rexistes, Volontaires du Front de l’Est, collaborateurs...

    Et voilà comment sera désormais écrite, également pour nos amis flamands, l’histoire de la collaboration : tous ceux, indistinctement, qui furent les partisans enthousiastes de l’Europe nouvelle, nationale et sociale, libérée des matérialismes usuriers et de la menace communiste ne sont que des bandits à bannir à tout jamais de nos sociétés contemporaines.

    Aussi quelle n’est pas notre peine de voir aujourd’hui les nationalistes flamands se réjouir que la presse francophone ne condamne plus seulement unilatéralement la « Flandre collaboratrice », mais semble redécouvrir ses propres collaborateurs pour mieux les vouer à l’exécration…

    Quelle peine surtout de voir que les actuels héritiers de nos Frères d’armes ne voient là qu’un rééquilibrage communautaire, sans se rendre compte que désormais leurs héros ne seront plus promis à la détestation universelle seulement par les résistancialistes francophones, mais aussi et surtout et définitivement par le pouvoir, la presse, l’enseignement politiquement corrects de la Flandre d'aujourd'hui.

    « Tous les collaborateurs –peu importe qu’ils soient Flamands ou Wallons – sont des salauds qu’il faut dénoncer sans cesse afin que “cela ne se reproduise plus”. Car ce qui fera toujours peur aux imposteurs qui nous gouvernent, c’est justement ce cela : l’idéal solaire et pur de l’Ordre Nouveau pour lequel les jeunes Européens (en ce compris les Flamands et les Wallons) n’ont pas hésité à offrir leur vie ! » (voir ce blog au 23 février 2020).

     

    Verlaine Wallons+Flamands prisonniers.jpegComme le rapporte La Campagne de Russie, dans les derniers combats du Reich agonisant, en Pomeranie, « Volontaires flamands et volontaires wallons étaient désormais confondus dans l’aventure finale. » Et ce, sous les ordres du Commandeur Léon Degrelle.

    On voit ici des combattants wallons et flamands interceptés et arrêtés par les forces britanniques dans le nord de l’Allemagne (photo et citation extraits de Théo Verlaine, La Légion Wallonie en photos et documents, Editions De Krijger, 2005, p. 301; les derniers exemplaires de cet ouvrage indispensable sont disponibles sur www.editions-hommelibre.com).