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Dernier Carré "Léon Degrelle" - Page 2

  • Le cousin rexiste de l'ambassadeur

     

     

    Sous le manteau du Caudillo [4]

     

     Une « anecdote délicieuse » :

    avec Léon Degrelle au bassin de natation...

     

     

     

    Bajo el manto.pngN'éreintons pas le pauvre Rodríguez à tout bout de champ ! Il est quand même possible de trouver des choses divertissantes dans son pensum !

     

    Nous connaissons le goût de José Luis Rodríguez Jiménez pour les ragots de toutes sortes. Il en a tout de même ramassé un dans les archives du Ministère des Affaires étrangères de Madrid qui est une véritable petite pépite pour qui s'intéresse aux détails inédits de la biographie de Léon Degrelle. Pour les autres, l'histoire, assurément marginale, ne relèverait sans doute que de la péripétie anecdotique si elle n'était également révélatrice de l'absurdité obstinée que constituent souvent les tensions diplomatiques.

     

    « Rien de tel que les conversations informelles pour connaître la réalité des intérêts diplomatiques des gouvernements. Au cours d'une visite de l'ambassadeur belge, M. Vermer, au Palais de Santa Cruz [Ministère des Affaires étrangères espagnol] aux fins d'obtenir des informations sur les négociations entre l'Espagne et le Marché Commun ainsi que sur l'état de la question de Gibraltar, la personne qui le reçut a recueilli ce qu'il considéra comme une anecdote délicieuse qu'il transmit par écrit à Castiella [Fernando María Castiella y Maiz, ancien Volontaire de la División Azul, alors ministre des Affaires étrangères].

     

     

    Départ Azul.jpeg

    Il ne fait pas de doute que l' « anecdote délicieuse » de l'attaché d'ambassade Jacques Vermer concernant Léon Degrelle aura bien diverti le ministre des Affaires Étrangères Fernando Castiella, car son parcours n'est pas sans évoquer celui de l'exilé belge : né un an après lui, il entreprit comme lui ses études de droit dans une université des Pères jésuites et s'engagea dans les mouvements d'action sociale catholique dont il anima la presse avec énergie. Il termina sa spécialisation en droit international pour enseigner –à 26 ans !– à l'université de Madrid. Membre actif de la Phalange, il fut parmi les premiers à s'engager à la División Azul comme simple soldat, refusant, tout comme Léon Degrelle, de bénéficier d'un grade d'officier (photo du départ, le 13 juillet 1941 à la Gare du Nord de Madrid –aujourd'hui Principe Pio– du premier contingent de Volontaires espagnols salués par une foule innombrable).

     

    Fernando Castiella participa aux combats féroces sur le front de la Volkhov au sein du fameux Regimiento Pimentel établissant une tête de pont au-delà de la rivière, s'emparant de plusieurs localités et d'importants dépôts d'armes et s'attirant une citation à l'ordre du jour de l'armée.

     

    Rappelé en Espagne en 1942, il dirigea le Service extérieur de la Phalange. Après la guerre, le Royaume-Uni refusa de le recevoir en tant qu'ambassadeur, irrité par la publication de ses études juridiques concernant les droits de l'Espagne sur Gibraltar. Il occupa le Ministère des Affaires étrangères jusqu'en 1969. Il mourut en 1976, à l'âge de 68 ans.

     

    Castiella Arriba 1959.09.05.pngCi-contre, le 5 septembre 1959, le ministre Fernando Castiella (à gauche) fait la une du quotidien franquiste El Alcazar (fondé pendant le siège meurtrier et dévastateur de l'académie militaire de Tolède, de juin à septembre 1936 ; ce blog au 25 octobre 2019) : le ministre français des Finances, Antoine Pinay, reçoit de ses mains les insignes de Chevalier Grand-Croix de l'Ordre d'Isabelle la Catholique, à l'ambassade d'Espagne à Paris.

     

     

     

     

    Avant de se retirer, Vermer avait soulevé la question de Degrelle, insistant sur le fait qu'il le faisait à titre personnel. Il lui demanda si on lui avait conseillé de rester discret et réservé sur ce sujet. Il finit par dire qu'il l'avait rencontré le 1er octobre 1963. Ce jour-là, il s'était rendu à la piscine municipale de Casa de Campo accompagné de son épouse qui voulait savoir si elle pouvait se baigner avec son maillot de bain deux-pièces. Entendant une femme parler en français dans la piscine, elle s'approcha et lui posa la question. Elle –il s'agissait de Jeanne Brevet– transmit cet embarras à l'homme qui était avec elle et qui obtint du responsable qu'il “ferme les yeux sur le deux-pièces. Mais quand ils entamèrent la conversation, ils se rendirent compte que l'un était l'ambassadeur belge et l'autre Léon Degrelle.

    Ce fut un échange d'une demi-heure. Degrelle expliqua à l'ambassadeur qu'il vivait à Madrid sous le pseudonyme de Ramírez ; il lui donna l'adresse de son appartement qui, dit-il, lui avait été procuré par le comte de Mayalde et, après avoir discuté de la politique du gouvernement belge à son sujet, il conclut en l'invitant à visiter sa finca d'Andalousie.

    La conversation avait été facilitée par la circonstance qu'un cousin de Vermer avait été un grand ami de Degrelle et même député rexiste de Namur, encore qu'il avait quitté le mouvement rexiste quand celui-ci prit une attitude pro-allemande. A la fin de l'entrevue, le diplomate espagnol demanda sur le ton de la plaisanterie à M. Vermer si le gouvernement belge souhaitait la livraison de Degrelle. Ce à quoi Vermer aurait répondu : Mon Dieu, mon Dieu ! Je ne vous demande rien. Je n'effectue même pas une démarche. Il s'agit juste d'une curiosité personnelle”. » (pp. 303-304).

     

     

     

    Carlina 1963.jpg

    La somptueuse finca de Léon Degrelle dans la campagne sévillane au début des années soixante, telle qu'elle aurait pu apparaître au diplomate Jacques Vermer s'il avait accepté l'invitation de son propriétaire. Mais l'intérieur n'était dès alors plus complet car Don Juan de la Carlina avait déjà évacué ses collections de livres (une grande partie a été confiée à la bibliothèque municipale de Constantina) ; des souvenirs parmi les plus précieux et quelques œuvres d'art se sont ainsi retrouvés dans son appartement de Madrid (que Vermer ne visita pas non plus).

     

    Impuissant à honorer ses dettes et rembourser ses emprunts, Léon Degrelle avait en effet été acculé à la faillite et La Carlina saisie au profit de son principal créancier, la Caisse d’Épargne San Fernando de Séville. Cette confiscation se révélera pourtant une mauvaise affaire pour l'institution financière et après plus de douze ans d'inoccupation et de pillages, elle essaiera de se débarrasser de ce bien prestigieux, y compris en Belgique (ci-dessous l'annonce publiée par le journal boursier flamand De Financieel-Economische Tijd du 5 mars 1977). Finalement, ce sont les moniales Hiéronymes (de l'ordre de Saint Jérôme) de Constantina qui, plus de trente-cinq ans après la saisie, rachetèrent la propriété abandonnée et presque en ruines. La restauration et la réaffectation des bâtiments, jardins et piscines ont nécessité plusieurs années de travaux avant qu'en 2008, les religieuses puissent intégrer leur nouveau monastère où elles prient toujours pour le repos de l'âme de Léon Degrelle (Monastère Nuestra Señora de los Ángeles)

     

    Carlina Fin.Econ.Tijd 1977.03.05.jpg« Pour seulement 20 millions de francs belges : CHÂTEAU PRÈS DE SÉVILLE. Une occasion vraiment unique : près de Cordoue, de la côte atlantique et de la Costa del Sol. Domaine de 200.000 m² (valeur minimum : 120 francs/m²) entièrement clôturé. Rendement de 104.000 pieds de vigne - 4000 oliviers, belle conciergerie - 12 villas de rapport. Résidence 850 m² construits, tours, 3 appartements, 7 salles de bains, 2 salons, bibliothèque, etc. 6500 m² de terrasses - 20 fontaines - amphithéâtre, 2 piscines - 3 garages, etc. Précieux mobilier antique, revêtements, monuments, statues, etc., le tout en parfait état. Valeur totale/rendement prouvable : min. 55 millions de francs belges - dossier et renseignements via boîte postale 15, 2610 Wilrijk. Tél. 031/28.79.46. » (documentation © Jacques de Schutter).

     

    Il n'arrive décidément jamais rien de banal dans la vie de Léon Degrelle. Alors qu'il prend un peu de détente dans les belles installations de la piscine du parc Casa Campo à Madrid en compagnie de celle qui deviendra son épouse, voilà qu'un autre couple, les entendant parler en français, engage la conversation. Il s'agit d'un responsable de l'ambassade de Belgique en Espagne et de sa femme désireuse de se baigner en bikini ! Le sieur Jacques Vermer est, plus précisément, ministre-conseiller de l'ambassadeur belge d'alors, le vicomte Joseph Berryer.

     

    Pareille rencontre, vu le contexte politique de l'époque où Léon Degrelle est censé empoisonner les relations entre l'Espagne et la Belgique, relève déjà du surréalisme. Il est par ailleurs intéressant de noter la réaction quasi paniquée du diplomate belge à la broma (plaisanterie) de l'Espagnol, qu'il semble prendre au pied de la lettre : Vermer s'empresse de prétendre n'avoir voulu que satisfaire une curiosité personnelle. Comme s'il ne voulait pas enfreindre des instructions officieuses du gouvernement belge au personnel de son ambassade de ne plus faire la moindre vague autour de l'embarrassante question de l'extradition de Léon Degrelle. Sa curiosité personnelle aurait donc consisté à vérifier s'il en était de même du côté espagnol...

     

    Un tel échange « diplomatique » donne cependant raison à l'analyse proposée par Léon Degrelle au mensuel Le Dossier du Mois qui lui était consacré à la même époque (juin-juillet 1963). Le texte manuscrit publié en page 4 exprime le sentiment –constamment éprouvé– du condamné à mort qui devait surtout rester proscrit et ne jamais pouvoir revenir en Belgique : « À plusieurs reprises, je fus sur le point d'être livré. Chaque fois, in extremis, Spaak littéralement, me sauva, se livrant à des diatribes violentes qui exaspérèrent ceux qui, précisément, s'attendaient à être remerciés pour avoir fait savoir qu'ils étaient prêts à me laisser tomber ! [...] Alors, pourquoi des manœuvres si étranges de sabotage qui me sauvèrent chaque fois que mon extradition (à la Laval !) fut virtuellement assurée ?  »

     

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    Mais plus surréaliste encore, ce Vermer se révèle cousin d' « un grand ami de Degrelle, député rexiste de Namur » !

     

     

     

    Vermer La Cité Nouvelle 1940.05.10 .pngC'est le jour même de l'invasion allemande de la Belgique, le 10 mai 1940 (et de l'arrestation de Léon Degrelle au mépris de son immunité parlementaire !) que La Cité Nouvelle relaie l'essentiel de la lettre qu'Adelin Vermer avait envoyée au journal antirexiste Vers l’Avenir pour expliquer son départ de Rex.

     

     

    Il s'agit d'Adelin Vermer (1905-1977), fils de Nestor Vermer, notaire à Bouillon.

     

    Ami d'enfance de Léon Degrelle, il fut son condisciple à l'Institut Saint-Pierre (ce blog au 15 juin 2021) et l'accompagna lors de son tout premier voyage hors de la cité ardennaise pendant les vacances de Pâques 1921 : ils avaient quinze ans et partirent à vélo visiter les ruines de l'abbaye d'Orval dévastée par les révolutionnaires français (sa reconstruction ne commença qu'en 1927). Ils pédalèrent encore jusqu'à Virton (à quelque soixante kilomètres de Bouillon !) où le frère de sa Maman, le notaire Jules Boever, les recueillit et les hébergea, non sans avoir téléphoné aux parents morts d'inquiétude... (voir Léon Degrelle, Mon combat, p. 64).

     

    Adelin suivra également son ami Léon à l'Université Catholique de Louvain : il obtiendra son diplôme d'avocat et deviendra assesseur juridique au Conseil de Prud'hommes de Dinant (aujourd'hui Tribunal du travail). Aux élections triomphales du 24 mai 1936, il sera élu député rexiste de l'arrondissement de Dinant-Philippeville, prenant la place du député libéral, son ancien maître de stage. Il quittera ses fonctions politiques en 1940 et, parallèlement à son métier d'avocat, écrira quelques chroniques pour le quotidien catholique namurois antirexiste Vers l'Avenir. En 1941, il deviendra substitut du procureur du Roi au tribunal de première instance de Neufchâteau, poste qu'il conservera en 1945, avant d'être nommé procureur du Roi en 1949. Ainsi connut-il également les honneurs des ordres nationaux (chevalier, puis officier de l'Ordre de Léopold ; officier de l'Ordre de la Couronne).

     

     

     

    LD Troupe scoute 1919.jpg

    La troupe des scouts catholiques « Charles Théodore » en 1919, sous la responsabilité de son fondateur, l'Abbé Jean-Marie Poncelet, directeur de l'Institut Saint-Pierre de Bouillon (ce blog au 15 juin 2021) : Léon Degrelle se trouve debout au milieu du dernier rang, gardien du fanion. Le petit Vermer se trouve au premier rang des scouts debout, le majeur de la main gauche sous le menton (documentation © Jacques de Schutter).

     

    Ci-dessous, Léon Degrelle et ses condisciples de l'Institut Saint-Pierre sont en pique-nique dans les bois de Bouillon vers 1917-1918 (il s'agit d'une activité antérieure à la création de la troupe scoute en 1919 ; certains enfants –dont probablement Léon Degrelle– portent un  calot, mais pas encore d'uniforme) : l'Abbé Poncelet remplirait les gamelles ; Léon Degrelle serait le premier garçon à gauche, surmonté d'une croix, tandis que le petit Adelin Vermer serait l'écolier marqué d'une croix au milieu du groupe.

     

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    C'est évidemment cette coïncidence extraordinaire qui a suscité la confiance de Léon Degrelle qui s'est laissé aller aux confidences les plus potentiellement préjudiciables, révélant non seulement sa nouvelle identité, mais celle de son bienfaiteur, l'alcalde (maire) de Madrid, José Finat y Escrivá de Romani, Comte de Mayalde.

     

     

    Mayalde-Munos 2.jpeg

    Ambassadeur d'Espagne à Berlin, le Comte de Mayalde rendait de fréquentes visites aux Volontaires de la División Azul sur le Front de l'Est. On le voit ici auprès du Commandeur, le Général Agustín Muñoz Grandes (ce blog au 1er septembre 2024), à l'occasion de sa réception de la Croix de Fer de Seconde Classe, le 8 septembre 1941.

     

     

    Celui-ci avait été ambassadeur d'Espagne en Allemagne en 1941-1942 et s'efforça toujours de protéger les Volontaires de la División Azul. En août 1946, il fut de ceux qui permirent à Léon Degrelle de quitter sans encombre l'Hôpital de San Sebastián. En 1963, suite à la faillite des entreprises de Léon Degrelle et de la saisie de La Carlina, sa magnifique propriété de Constantina, le Comte de Mayalde fournit encore à son ami un appartement de cinq petites pièces au troisième étage d'un immeuble social, au numéro 1 du Paseo de los Jesuitas, un quartier populaire de la capitale.

     

     

     

    C'est au troisième étage de cet immeuble situé à l'entrée du Paseo de los Jesuitas qu'emménagea Léon Degrelle après avoir perdu La Carlina. Il emporta néanmoins un peu de la décoration intérieure de sa finca pour embellir cet appartement social.

     

    Paseo de los Jesuitas 1.png

     

    « La lourde porte, bardée d'une impressionnante collection de verrous, tourna sur ses gonds et il m'apparut : Comment allez-vous ? Vous avez fait bon voyage ? Comme si nous nous étions quittés huit jours plus tôt... [...]

    Une chose digne d'être décrite est le cadre dans lequel je l'ai rencontré. Ce petit appartement de cinq pièces n'est, somme toute, je l'ai dit, que l'un de ses refuges d'exil. L'intérieur cependant est caractéristique et fortement marqué par la personnalité de son propriétaire. Rien là-dedans de banal et la rustique beauté des vieux meubles d'époque fait penser d'abord à un vieil intérieur flamand. A côté de son vaste bureau –où, soit dit en passant, trônent les sept Littré [édition Gallimard/Hachette, 1957]– un grand coffre gothique sur lequel on a disposé des poteries romaines et d'antiques pièces de monnaie comme en trouvent encore les lavandières dans le sable des rivières du Sud de l'Europe. Remarquable aussi, un petit coffre roman en cèdre. Au mur, un bois peint, une Pietà flamande du XVe siècle que Degrelle ramena d'un pèlerinage qu'il fit à pied à Saint-Jacques-de-Compostelle. Devant lui, la seule chose qu'il put sauver de la destruction et de la dispersion de ses biens en Belgique, un tabard de Philippe II (le tabard est un vêtement de soie peinte que l'on portait par-dessus la cuirasse), pièce rarissime au demeurant. [...] Derrière lui, au mur, sont accrochés deux étendards aux couleurs passées : sauvés du désastre, ce sont les drapeaux de la Brigade Wallonie dont les plis gardent encore la marque des boues de Tcherkassy et de la poussière du Caucase.

    Et c'est dans ce décor sommairement planté, dans la chaleur accablante de cet après-midi de juillet, toutes fenêtres ouvertes sur la rue silencieuse à cette heure, que commence cette interview. »

    (Philippe Dastier, Le dossier Léon Degrelle, juin-juillet 1963, p. 3).

     

    Wim Dannau (Face à face avec le rexisme, 1971) décrit aussi le Paseo de los Jesuitas, mais d'une manière dramatisée difficilement crédible puisque le locataire l'a quitté depuis plusieurs semaines ! « En montant le petit escalier en colimaçon de pierre froide, au numéro 1 du Paseo de los Jesuidas [sic] à Madrid, au troisième étage à gauche, une porte blindée de barres de fer et de multiples serrures porte une étiquette décolorée : M. Juan Sanchez. Sous ce pseudonyme a vécu ici jusqu'à la mi janvier Léon Degrelle [...]. Devant la porte close, aucune garde particulière, mais quatre 'Guardia Civile' [sic] font les cent pas deux par deux discrètement dans la rue. Le concierge de la rue, moyennant espèces, m'a averti que deux équipes de la Sûreté se relaient dans un bar du coin. Une grosse Seat noire y est d'ailleurs parquée. Il n'est pas question de rester là. Degrelle, ce mois de février 70, est bel et bien parti. Le constat est établi. Terminé. » (p. 11).

     

    Dannau Drapeaux.jpeg

     

    Les seules photographies que nous connaissions de l'intérieur du Paseo de los Jesuitas sont celles publiées par Wim Dannau où il se met lui-même en scène. Ci-avant, les drapeaux du mouvement rexiste accrochés au mur derrière le bureau de Léon Degrelle (Dannau y photographie des documents, mais ne signale pas le visage de Léon Degrelle en sculpture murale) ; ci-après, dans la bibliothèque : le prétendu « ouvrage nazi » que bouquine Dannau est le livre de la Duchesse de Valence, Degrelle m'a dit, publié en 1961.

     

    Dannau Livres.jpeg

     

    La « Pietà flamande du XVe siècle » que Léon Degrelle ramena de son pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle (ce blog au 18 octobre 2024) dont parle Philippe Dastier put accompagner l'auteur de Mon Chemin de Saint-Jacques jusqu'à la fin de sa vie (ici à Malaga, en 1990), toujours à la place d'honneur de son séjour pour magnifier la ferveur de sa foi en la résurrection du Christ, mais aussi, à son image, en la résurrection des Âmes : « La maladie du siècle n'est pas dans le corps. Le corps est malade parce que l'âme est malade. C'est elle qu'il fallait, qu'il faudra coûte que coûte guérir et revivifier. La vraie, la grande révolution à faire est là. Révolution spirituelle. Ou faillite du siècle. Le salut du monde est dans la volonté des âmes qui croient. [...] Seigneur, faites fleurir en nos âmes vaincues l'étincelle de la résurrection ! » (Les Âmes qui brûlent, pp 38, 106).

     

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    À suivre

     

  • Léon Degrelle, toujours dans le collimateur

     

     Sous le manteau du Caudillo [3]

     

    Ragots en stock !

     

     

    Bajo el manto.pngNous avons pu, tout au long de deux articles bien loin d'être exhaustifs, mettre en évidence, pour tout ce qui est relatif à Léon Degrelle, les « qualités » professionnelles du Docteur en Histoire José Luis Rodríguez Jiménez, auteur de Bajo el manto del Caudillo Sous le manteau du Caudillo [Franco] » : ce blog aux 1er et 19 septembre 2024).

     

    Ces « qualités » sont plus évidemment des carences, tant sont flagrantes la complaisance pour les racontars de toutes sortes et l'outrecuidance dans la réécriture des faits. L'Université Rey Juan Carlos peut décidément compter sur son distingué professeur pour soigner aux petits oignons sa réputation pittoresque. Et ce, grâce à sa capacité à réviser unilatéralement l'histoire et à développer une cancel culture politiquement correcte, –ce qui est, à l'évidence, hautement apprécié aujourd'hui.

     

     

    Collaborer à tout prix !

     

    La puissance de ses raisonnements au service de l'histoire révisée pourra néanmoins en déconcerter plus d'un. La logique est d'ailleurs parfois tellement tirée par les cheveux qu'on ne comprend plus ni les tenants ni les aboutissants de la démonstration. Ainsi, par exemple : « La déception [de n'être pas partie prenante dans les projets de l'Allemagne victorieuse de la Belgique en mai 1940] ne poussa pas [Léon Degrelle] à faire marche arrière dans la collaboration déjà entamée [?] de Rex avec l'envahisseur ni dans l'adoption des allures et des idées [?] du nazisme. [...] Enfin, les déceptions furent nombreuses, mais cette marginalisation avait préparé le terrain [!!!] pour la collaboration avec l'occupant. » (pp. 65-66).

     

     

     

    LD Barbe juin 1940.jpeg

    Léon Degrelle libéré des geôles françaises, garda la barbe quelques semaines pour dissimuler les traces des sévices endurés durant sa captivité en France : le revoilà à Bruxelles, drève de Lorraine dans le bois de la Cambre, à l'entrée de sa propriété alors réquisitionnée par la Luftwaffe (pour prix de sa « collaboration » sans doute ? Voir La Cohue de 1940, p. 109 et ce blog au 8 octobre 2022).

    Pour l'historien diplômé de l'Université Complutense de Madrid, Léon Degrelle était en effet « collaborateur » du Reich dès avant mai 1940 ! C'est aussi ce que voulaient faire croire les autorités belges qui l'ont arrêté et ce qu'ont cru les militaires français qui l'ont torturé pour qu'il dévoile les plans secret d'Adolf Hitler ! « La police militaire française me croyait au courant de tous les secrets de Hitler. À force d'être rossé, je finirais bien par avouer quels étaient les plans de l'épouvantable Führer » ! (Léon Degrelle : persiste et signe, p. 220 ; ce blog aux 30 avril et 6 mai 2017).

    Mais loin de participer aux plans d'attaque de son pays, au moment de l'invasion allemande de la Belgique et du Luxembourg, Léon Degrelle était chez lui à Bruxelles où il récitait « lentement les admirables prières de l'Office des morts pour les héros qui succombaient à cette heure » (La Guerre en prison, p. 70). C'est à ce moment précis que « l'auditeur général Ganshof van der Meersch, le haineux factotum du ministre franc-maçon Janson » fit en sorte que, malgré son immunité parlementaire, il fût arrêté et enfermé « dans une cellule du palais de Justice de Bruxelles dès la première heure de la guerre, puis incarcéré à la prison de Saint-Gilles, mis au secret, transporté deux jours plus tard à la prison de Bruges, ensuite livré à la police française » (Persiste et signe, p. 217).

     

     

     

    Une fortune suspecte

     

    Nous pouvons étoffer ce dossier presque à l'infini : par exemple, à propos de la fortune de Léon Degrelle, lorsque Rodríguez reprend les soupçons psychotiques d'Anne Lemay[-Degrelle] (ce blog au 23 octobre 2022) : « Jamais sa fille n'a dit qu'il avait exercé quelque travail concret. [...] Bien entendu, les travaux [de La Carlina] qui durèrent plusieurs années, ont dû entraîner des coûts considérables. Le plus probable est qu'il dut faire face à ces frais grâce au soutien économique de certaines amitiés [etc. : voir ce blog sur la première fournée de ragots de Rodríguez, le 1er septembre 2024] » (p. 232).

     

     

     

    Plan LD Fontaine Carlina.jpg

    Anne Lemay[-Degrelle] n'a jamais précisé quel « travail concret » son père avait pu exercer, mais elle n'a jamais prétendu non plus qu'il fût totalement oisif. Elle raconte même l'avoir accompagné lors d'une visite chez des industriels basques avec lesquels il était en affaire (ce blog au 23 octobre 2022 ; voir aussi la lettre de Léon-Marie à sa cousine, quelques jours avant son accident, impressionné par les compétences de son père pour le commerce et l'industrie  : « Papa s’occupe beaucoup d’affaires diverses ; il est très adroit pour cela », ce blog au 26 février 2016). Mais cela n'intéresse pas Rodríguez. Ce sont pourtant ces revenus qui permirent la construction de La Carlina, dont Léon Degrelle –architecte, pour l'occasion !– dessina lui-même quelques plans ainsi que les principaux ornements et détails architecturaux (ici l'une des fontaines de la propriété).

     

     

    Si Léon Degrelle put compter dans les premiers temps de son exil sur le soutien précieux d'amis politiques avec qui il avait noué des liens personnels lors de son premier voyage en Espagne en février 1939 (ce blog au 1er septembre 2024), leur aide fut davantage matérielle (transport, abris, soins de santé, appuis politiques,...) que pécuniaire. Elle permit néanmoins à l'exilé de réunir les conditions nécessaires pour lui permettre de commencer à gagner sa vie. C'est ainsi qu' « À la date du 21 novembre 1947, la section du travail des étrangers a délivré la carte de travail numéro 20.969 correspondant au dossier numéro 28.164 au nom d'Enrique Durand, son nouveau patronyme, apatride né à Varsovie. Ce document l'autorisait à travailler à Madrid en tant qu'expert d'art dans l'entreprise d'Enrique Durán avec un salaire annuel de 12.000 pesetas. » (José Luis Jerez Riesco, Degrelle en el exilio, p. 114).

     

    Ce premier permis de travail n'avait cependant qu'une validité de quelques mois (jusqu'au 7 juillet 1948). Mais il permit le véritable démarrage de ses activités professionnelles, comme il l'a détaillé à Jean-Michel Charlier : « je suis arrivé à posséder en exil quelques biens, un toit, et surtout ce qui m'est indispensable dans la vie : des œuvres d'art. Comment ? C'est simple : j'ai trimé. [...] Pendant plusieurs années, coupé de presque tout le monde, perdu dans un bled de la Sierra Morena, à vingt kilomètres du premier village, je n'ai pu me servir que d'un vieux téléphone à moulinet pour mener mes premières opérations. C'était presque pittoresque. J'ai ensuite contribué à monter près du Guadalquivir une industrie métallurgique. J'ai réussi aussi d'excellentes opérations sur du coton d'Australie. Puis je suis devenu constructeur. J'ai fourni notamment un toit à cinquante ménages d'une base américaine. » (Persiste et signe, p. 395 ; voir les esquisses de plans pour les maisons américaines sur ce blog, le 23 octobre 2022). Sur le sujet, Rodríguez eût également pu et dû consulter la biographie consacrée à Léon Degrelle en exil par José Luis Jerez Riesco (p. 191 sv.). Mais sans doute trouve-t-il l'auteur trop peu recommandable, puisqu'il le dénonce comme « néo-nazi espagnol [...] admirateur du leader belge » (p. 366). Sa biographie (ce blog, entre autres, au 28 mai 2016) est pourtant bien mieux documentée que la publication de Rodríguez , par exemple sur les sociétés commerciales et entrepreneuriales créées par Léon Degrelle après la saisie de La Carlina, dans les années 1960-1970, pour gagner sa vie : MADESA (Madrid Europa SA), CODERSA (Comercio y Decoración SA), Torre del Sol SA, Tintebel,...

     

     

     

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    Devenu constructeur au début des années 1950, Léon Degrelle surveille le chantier des maisons à destination d'une cinquantaine de ménages d'une base américaine.

     

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    En civil pour passer inaperçu ?

     

    Autre détail complètement faux : Léon Degrelle abandonna son uniforme en quittant le Danemark pour la Norvège : « Habillés en civil, [Degrelle et Du Welz] voyagèrent sur un dragueur de mines allemand jusqu'à Oslo. » (p. 54). Déjà, dans La Campagne de Russie, le Commandeur de la Wallonie avait laissé entendre que l'hostilité relative de la population norvégienne à son égard et celui de ses compagnons était provoquée par l'uniforme allemand qu'ils portaient : « Nous nous arrêtâmes deux fois pour demander notre route. Les promeneurs nous dévisageaient : non, faisait chaque tête [,,,] malgré la brillance du printemps, la guerre et sa hargne passaient d'abord... » (p. 266). Il sera plus précis avec Wim Dannau en 1969 (mais dans le français approximatif typique du peu scrupuleux journaliste dans Face à face avec le rexisme, Le Scorpion, 1971) : « Oslo était de toutes parts frénésie de la libération, mais sans violence aucune ! Parce qu'enfin, nous étions en uniforme de la Waffen SS ! Ce n'était pas une recommandation : une auto de la Waffen SS ! Nous avons traversé la ville entière ; on était à l'avant de la petite voiture. Moi avec au cou mon collier de la Ritter-Kreuz ; ça se reconnaissait. Mais les gens faisaient des petits bonjours et on s'écartait pour laisser passer la voiture et c'est les même gens qui, le lendemain, ont massacré tous les Waffen SS qu'ils ont trouvés dans la ville quand sont descendus de la montagne les gens de la résistance. Mais les gens de la ville, ils étaient là, bien calmes ! » (p. 100).

     

    Ainsi que dans Tintin mon copain (écrit au début des années 1990, publié en 2000) : « Dans ma petite Volkswagen, Feuilles de Chêne au cou, je portais toujours mon uniforme de Commandeur de Division de la Waffen SS. S'il fallait périr, je voulais que ce fût fièrement, à l'ordonnance ! » (p. 136).

     

     

     

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    D'une terrasse du second étage de l'Hôpital Mola, Léon Degrelle (l'épaule gauche toujours plâtrée) et Robert Du Welz assistent à un match de boxe organisé dans le patio de la clinique : les deux officiers SS ont toujours le même pantalon feldgrau de l'uniforme qu'ils portaient lors du crash du Heinkel du ministre Speer dans la baie de San Sebastián au petit matin du 8 août 1945.

     

     

    De même, c'est sans équivoque que Léon Degrelle répondit à la question précise du journaliste de Playboy en avril 1979 (ce blog au 19 septembre 2024) :

    « DEGRELLE :La situation en Norvège était étrange, il n'y avait pas de haine. J'ai pu me promener pendant des heures dans les rues d'Oslo le jour de la capitulation.

    PLAYBOY : Habillé en civil ?

    DEGRELLE : Jamais je n'ai enlevé mon uniforme. Je suis arrivé en Espagne en le portant. »

     

    Pour preuve encore de l'insanité de l'affirmation gratuite de Rodríguez, l'anecdote savoureuse que Léon Degrelle confia à Jean-Michel Charlier en 1976 : « Dans ma chambrette de blessé à l'hôpital militaire de San Sebastián, j'étais au secret. Au bout de quinze mois, après que toutes mes offres de retour en Belgique eussent été repoussées, et mon expulsion théorique d'Espagne ordonnée, il m'a bien fallu déguerpir de cette bâtisse. Je ne possédais même pas de vêtements civils. J'étais tombé dans la mer en uniforme de la Waffen SS. Pour prendre le vert, j'avais absolument besoin d'au moins un pantalon qui ne fût pas de couleur feldgrau ! [...] Il me fallait donc faire teindre ce vieux pantalon hérétique. Pendant plusieurs semaines j'ai vendu à d'autres internés mes quelques cigarettes de blessé jusqu'à réunir les dix pesetas que la femme de charge de l'hôpital réclamait pour la teinture ! C'était le tarif le plus bas. La teinture, d'ailleurs, était tellement détestable que lorsque j'ai retiré ce pantalon historique, le soir de mon évasion, j'avais des cuisses noires comme celles du maréchal Mobutu ! La teinture s'était plaquée sur ma peau comme une décalcomanie. » (Persiste et signe, pp. 393-394).

     

     

    Un baragouineur et un faux gradé...

     

    Ou, autre exemple de renseignement non vérifié mais croustillant, l'affirmation (inspirée sans doute également par Anne Lemay[-Degrelle], ce blog au 3 janvier 2023), selon laquelle Léon Degrelle parlait « un espagnol grossier entrecoupé de phrases en français » (p. 244), alors que, cinq pages plus loin, Rodríguez cite le témoignage de Jean-Louis Urraca qui vécut plusieurs années auprès de l'exilé : « il s'exprimait couramment en espagnol qu'il parlait bien, avec tout le vocabulaire, mais avec un accent prononcé » (p. 249).

     

    Enfin –exemple beaucoup plus déplaisant–, cette allégation calomnieuse déniant à Léon Degrelle son grade de colonel. Pour l'occasion, Rodríguez n'hésite pas à reprendre l'antienne du Degrelle-menteur radotée par les historiens officiels : « [...] Himmler qu'il cherchait et qu'il finit par retrouver, d'après ce qu'il dit car il se pourrait bien que cette histoire ne serve qu'à mettre dans la bouche du chef de la SS son accession au grade de colonel, alors que tout était déjà perdu. Peut-être n'est-ce qu'un mensonge et qu'il ne pensait qu'à fuir et à se cacher. » (p. 54)

     

     

     

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    Le Soldbuch de Léon Degrelle détaille tout son parcours militaire depuis son engagement, le 8 août 1941, comme simple soldat jusqu'au grade de Standartenführer (colonel), obtenu le 20 avril 1945, jour du cinquante-sixième anniversaire du Führer. Et tant pis pour l'expertise universitaire de Rodríguez, Docteur ès histoires fabriquées.

     

     

    Ce nouveau « scoop » mouillé est peut-être bien issu de la prétendue Encyclopédie du Pic de la Mirandole Eddy De Bruyne (ce blog à partir du 23 mars 2017) qui prétend que le grade ultime de Léon Degrelle fut SS-Obersturmbannführer (lieutenant-colonel), à l'exclusion donc de colonel et, a fortiori, de général. Mais ce dictionnaire ne figure pas dans les Références bibliographiques et archivistiques de Rodríguez, au contraire des autres publications de De Bruyne. Les aurait-il mal lues, car, reprenant le Journal (non publié) de l'Untersturmführer (sous-lieutenant) Charles Generet, De Bruyne raconte : « Le 1er mai 1945, Degrelle et sa suite passèrent la nuit à Kalkhorst. Himmler y passa dans le courant de la matinée du 2 mai sans que Degrelle eût le temps de le rencontrer. L'ironie du sort voulut que Duwelz fût occupé à coudre les insignes de Standartenführer (colonel) sur l'uniforme de Degrelle ». (Léon Degrelle et la Légion Wallonie, la fin d'une légende, pp. 225-226).

     

    Sur les divagations de De Bruyne à propos du caractère illégitime des actes officiels de Heinrich Himmler après la dictée de son testament par Adolf Hitler, nous renvoyons à notre article circonstancié publié sur ce blog le 28 novembre 2017.

     

     

     

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    A la fin des années 50, très probablement à La Carlina, Léon Degrelle se fait photographier avec son uniforme en compagnie de son ami, le Standartenführer (colonel) Otto Skorzeny. On remarquera les pattes de col portant les insignes de Standartenführer cousus par l'officier d'ordonnance Robert Du Welz au petit matin du 2 août 1945.

    Le mariage à Madrid de la dernière fille de Léon Degrelle, Marie-Christine, avec un jeune avocat galicien, le 9 octobre 1969, fut à nouveau l'occasion d'un hourvari médiatique. Le journal flamand Telstar (hebdomadaire aujourd'hui disparu), en profita pour s'interroger sur les ressources financières de « Don León José de Ramírez Reina alias Léon Degrelle ». Et d'obtenir cette intéressante conclusion d'Otto Skorzeny : « Les initiés savent en effet que Léon Degrelle a connu financièrement aussi bien des hauts que des bas. C'est surtout son ami Otto Skorzeny, le libérateur de Mussolini, qui a toujours été présent pour le protéger quand les choses allaient mal. Skorzeny est le représentant de grandes entreprises en Espagne et n'a jamais laissé tomber son camarade Léon. Son explication toute sereine :

    Herr Léon était général SS. Et moi, colonel. Ainsi tout est dit. »

    (Telstar, 18 octobre 1969, p. 7)

     

     

     

    Un gendre collabo face à un beau-père patriote ?

     

    Allez ! Un dernier ragot pour la route : il nous éclairera sur l'étendue de la conscience professionnelle de ce docteur en histoire qui ne lit que superficiellement ses documents et, surtout, ne vérifie pas ses informations, ou plutôt ce qu'il a compris de ses lectures.

     

     

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    C'est ainsi que Rodríguez va nous élucubrer toute une faribole sur la rupture des relations entre Léon Degrelle et Marcel Lemay, son beau-père : « Mais du reste de la famille, [Degrelle] ne devait avoir que peu de nouvelles. Il vivait depuis des années dans un isolement physique et émotionnel, sans échanger de courrier avec sa femme ou sa belle-famille, avec lesquels les relations s'étaient détériorées depuis longtemps. Son beau-père avait trouvé la mort sur le front d'Alsace en combattant les Allemands et au moins un de ses beaux-frères s'était également battu contre la Wehrmacht. Le fait que Degrelle ait combattu sous l'uniforme allemand semble suffire à expliquer la rupture, mais il y a une autre raison, très commentée par la famille : sa fille Anne assure que le pire pour eux fut qu'il clôtura un de ses meetings en lançant le cri Heil Hitler ! ; il fit de même pour l'éditorial du Pays réel du 1er janvier 1941, intitulé Salut à 1941. » (p. 188).

     

     

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    josé luis rodríguez jiménez,caudillo,anne lemay,léon-marie degrelle,carlina,enrique durán,josé luis jerez riesco,jean-michel charlier,wim dannau,oslo,robert du welz,heinkel,speer,playboy,jean-louis urraca,standartenführer,otto skorzeny,marie-christine degrelle,telstar,marcel lemay,jean lemay,michel lemay,philippe dutilleul,léopold iii,martin conway,pierre daye,comte capelle,henri de man,victor matthysÀ ceux que choque et horrifie le « Heil Hitler ! » de Léon Degrelle, on ne peut que conseiller de lire l'intégralité de son éditorial, qui est une reconnaissance de l’œuvre accomplie en Allemagne par son chef et le souhait pour l'Europe de connaître de pareilles réalisations.

     

    Le contexte de cette publication est également des plus intéressants, car cet éditorial de Nouvel-An est significativement placé à côté de la proclamation de Nouvel-An d'Adolf Hitler annonçant la poursuite de l’œuvre politique du national-socialisme : garantir les droits élémentaires de l'homme à tous ceux qui n'ont rien.

     

     

    Le problème, c'est que Rodríguez embrouille la chronologie à plaisir, mélangeant dates et faits comme s'ils étaient strictement contemporains. À le lire, quand l'armée allemande est passée à l'offensive, le 10 mai 1940, les relations du chef de Rex avec son beau-père « s'étaient détériorées depuis longtemps », « depuis des années » même. La preuve étant que Marcel Lemay fut tué « sur le front d'Alsace en combattant les Allemands », alors que Léon Degrelle combattait « sous l'uniforme allemand », après avoir lancé « le cri Heil Hitler ! »... À l'appui de sa brillante démonstration, il invoque, dans ses Références bibliographiques et archivistiques, le témoignage irréfragable de Léon Degrelle lui-même : « S'agissant des données relatives à la famille Degrelle durant la guerre mondiale et l'après-guerre : la mort du beau-père, dans La Cohue de 1940, pp. 42-43 [...] » (p. 380).

     

    Apprenons donc au professeur d'université qu'au moment de l'invasion allemande, Léon Degrelle ne portait pas l'uniforme allemand et ne criait pas « Heil Hitler ! », mais avait été jeté en prison (ce blog aux 30 avril et 6 mai 2017). Quant à La Cohue de 1940, le professeur devrait certainement apprendre à lire ! « Je retrouvai à Paris [pour les fêtes de Noël 1939], venant directement de la ligne Maginot, mon beau-frère, jeune candidat officier, et mon beau-père, capitaine de réserve, qui, malgré ses cinquante-sept ans, avait lâché ses usines et était reparti gaillardement, comme volontaire, au front d'Alsace ; il allait mourir pour la France quelques mois plus tard. » (p. 43).

     

     

     

    PR 1936.09.12 Jean Lemay Espagne1.png

    Le Pays réel, 12 septembre 1936.

     

     

    Notons tout d'abord que les relations « détériorées depuis longtemps » avec son beau-père n'ont manifestement pas empêché Léon Degrelle de passer les fêtes de Noël 1939 avec lui et « au moins un de ses beaux-frères ». Rien de plus normal puisque ce beau-frère n'est autre que le très rexiste Jean Lemay, sous-lieutenant de l'armée française. Jean Lemay accompagna ainsi, en septembre 1936, les envoyés spéciaux du Pays réel (José Streel, Hubert d'Ydewalle, Serge Doring) dans leur visite du front nationaliste en pleine guerre civile espagnole.

     

     

    PR 1940.10.26 Mort Marcel Lemay.png

    Notons également que le beau-père Marcel Lemay n'est pas mort au front au cours de la Bataille d'Alsace en juin 1940. Léon Degrelle l'avait pourtant bien écrit noir sur blanc : « il allait mourir pour la France quelques mois plus tard », c'est-à-dire le 5 octobre 1940, à Eyliac, dans sa propriété de Dordogne (ce blog au 13 mars 2023). Son faire-part mortuaire publié dans Le Pays réel le 26 octobre 1940 reste assez vague sur les causes du décès, le déclarant « mort des suites de la guerre ». Comme le confiera son fils Michel à Philippe Dutilleul, réalisateur du film La Führer de vivre (février 2009, ce blog au 20 décembre 2022), son père serait plus sûrement mort « de chagrin » (L'Avenir, 26 mars 2009).

     

    Chagrin causé par la défaite humiliante de la France ? Chagrin causé par la captivité subie par son fils Jean dans un camp de prisonniers en Allemagne (la famille Lemay demandera d'ailleurs à Léon Degrelle d'intervenir pour sa libération : ce blog au 20 décembre 2022) ? On ne sait, mais ce chagrin ne fut certainement pas causé par un désaccord avec les positions politiques de son beau-fils, car un tel différend n'exista jamais, Rodríguez se gardant bien de citer la suite du texte de La Cohue de 1940 : « Je passai une semaine avec eux, blaguant, flânant. Mon beau-père et moi étions des amis intimes. J'admirais son patriotisme bruyant et incandescent. Son devoir à lui, Français, une fois la guerre engagée, était de se battre. Mon devoir à moi, Belge, tant que la guerre épargnait la Belgique, était d'éviter à mon pays cette catastrophe tout en lançant à l'Europe les derniers appels pacifiques qui pourraient encore, peut-être, la sauver des abîmes de feu et de sang vers lesquels elle se précipitait. » (p. 43).

     

    Il n'y eut donc jamais le moindre différend entre Marcel Lemay et Léon Degrelle, qui étaient « des amis intimes ». L'industriel tournaisien fut même le principal soutien financier de son gendre, participant, par exemple, au sauvetage des presses de Rex en 1934 à hauteur de 200.000 francs (+/- 18.000 euros), au financement des campagnes électorales du mouvement (500.000 francs –45.000 euros– en 1937 ; 800.000 francs –71.000 euros– en 1938) ainsi qu'à l'établissement du couple Degrelle à la Drève de Lorraine en 1939 (un prêt de 600.000 francs, ce blog au 13 mars 2023). Tous ces dons étaient parfaitement connus de tous, suscitant d'ailleurs le persiflage de la presse antirexiste.

     

     

    DH 1938.10.27 Drève Lemay.png

    Caricature parue en « une » de La Dernière Heure le 27 octobre 1938 (les élections communales du 16 octobre ne furent pas un succès pour le mouvement rexiste en crise depuis le revers électoral de 1937 : ce blog au 22 mai 2024).

     

     

    Cette fable de la rupture de la confiance et des relations entre le père et le grand-père d'Anne Lemay[-Degrelle] fut probablement inventée par la grand-mère, Jeanne Caton et ce, comme nous l'avons établi (ce blog au 24 janvier 2023), par sa « volonté de se montrer, après-guerre et par grégarisme opportuniste, le plus antihitlérien possible » afin de sauver autant que possible la florissante entreprise familiale. Mais qu'un historien reprenne cette fiction sans la moindre vérification et en triturant encore plus gravement la chronologie relève du mensonge, plus encore que de la mauvaise foi !

     

    Précisons aussi qu'après avoir défendu la politique officielle de la Belgique qui était celle de la neutralité, réaffirmée encore par le roi Léopold III à la fin de 1939 (ce blog au 20 mai 2018), Léon Degrelle qui, en tant qu'aîné de famille nombreuse, avait été exempté du service militaire (ce blog au 31 juillet 2017), demanda à s'engager dans les troupes belges, exactement à l'image de son beau-père (ce blog au 7 mai 2016).

     

    Alors, amalgamer la mort en 1940 du grand-père –prétendument tué au combat– au Heil Hitler tactique de janvier 1941 (destiné à rappeler au Führer la nécessité d'une politique nationale-socialiste en Belgique plutôt que la réactivation d'une Flamenpolitik par les hobereaux prussiens d'occupation : ce blog au 18 mai 2017) censé aggraver le port de l'uniforme allemand de juillet 1941 (héroïque participation à la croisade antibolchevique, nécessaire au retour respecté de la Belgique dans le concert des nations de l'Europe d'Ordre nouveau), ressortit à la diffamation. D'autant que, nous le savons aujourd'hui, malgré les contorsions des historiens officiels, aucune de ces actions de Léon Degrelle inspirées par un patriotisme qui n'avait rien à envier à celui de Marcel Lemay ne fut jamais condamnée par le roi, disposé d'ailleurs lui-même à jurer allégeance au Führer (ce blog au 28 juin 2017) !

     

     

     

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    Affiche contre le retour du roi Léopold III soumis au référendum du 12 mars 1950 ; « Auteur responsable : Salomon Deloye Place Cardinal Mercier, Ougrée. Imprimerie Union coopérative, 26 place Saint-Lambert Liège – Directeur : J. Malaise »

     

    Après avoir grossièrement refusé de rencontrer Adolf Hitler en visite à Bruxelles le 1er juin 1940 (ce blog au 28 juin 2017), le roi Léopold III fut tout heureux de se voir accorder, grâce à l'entregent de sa sœur Marie-José, épouse du fils du roi d'Italie, un entretien avec le Führer, qui se tint à Berchtesgaden, le 19 novembre 1940 (et non le 16 comme indiqué sur ce placard). Cette rencontre conforta le souverain dans sa détestation du régime parlementaire et son inclination pour l'Ordre nouveau. Même si le cours des événements imposa finalement une indispensable marche arrière, il n'en reste pas moins que sa volonté communiquée par l'omniprésent secrétaire du Roi, le comte Capelle aux démentis à posteriori systématiques, encouragea aussi bien Léon Degrelle et les Volontaires au Front de l'Est, que des journalistes comme Robert Poulet à collaborer avec le Reich national-socialiste dans une perspective toute patriotique (ce blog au 25 mai 2016).

    Ce qui explique les contorsions embarrassées des historiens de cour, tel, par exemple, Martin Conway : « En fait, dans cette matière [l'attitude du Roi favorable à la Légion] comme dans tant d'autres relatives aux faits et gestes de Léopold III et de son entourage durant la guerre, beaucoup dépend de l'interprétation que l'on fait de certains commentaires assez réservés par ailleurs. » (Degrelle, les années de collaboration, p. 107). Le même Conway devant admettre du bout des lèvres que « des rumeurs persistent au sein de Rex et de la Légion selon lesquelles tous ceux qui ont demandé l'avis de la Cour n'ont pas été déconseillés de se battre en Russie. » (p. 108).

     

    Léopold III AH Berchtesgaden.pngIl est vrai que les témoignages abondent sur une réserve royale finalement assez peu réservée :

    « Le Comte Capelle m'a dit que le Roi était tout a fait favorable à la Légion, mais qu'il ne pouvait le manifester publiquement. » (Pierre Daye, in Recueil de documents établi par le Secrétariat du Roi concernant la période 1936-1949, p. 366).

     

    « Le 8 août 1941, [le Roi] dit à Capelle : [...] Sans être admirateur de Hitler, il faut reconnaître qu'il essaie de mettre de l'ordre dans son pays et d'inculquer l'esprit de discipline dans la jeunesse. [...] S'il ne parvient pas à abattre le bolchevisme, nous connaîtrons, après la guerre, le plus grand danger que l'Humanité ait jamais connu et que ne veulent pas soupçonner actuellement les esprits à courte vue. » (in Jan Velaers et Herman Van Goethem, Léopold III en Belgique, sous l'Occupation, in Léopold III, Éditions Complexe, p. 160).

     

    « le Roi me demanda un jour (en été 1940) si je croyais que dans une Europe fédérée sous l'hégémonie allemande, il pourrait en tant que Roi prêter à Hitler un serment comportant une certaine allégeance, comme dans le Reich d'antan les monarques à l'Empereur. [...] Après l'entrevue de Berchtesgaden en novembre 1940, le Roi me dit à plusieurs reprises que [...] il avait été profondément impressionné par la personnalité de Hitler. Au printemps de 1941, il alla même un jour jusqu'à dire : C'est un homme comme il en naît un tous les mille ans”. » Henri de Man, Le Dossier Léopold III, Éditions des Antipodes, p. 33).

     

    Pour un point sur les relations entre Léopold III, Adolf Hitler et Léon Degrelle, voir ce blog au 28 juin 2017. Mais c'est très volontiers que nous conclurions avec le malheureux Victor Matthys, condamné à mort par les tribunaux de la répression : « La moindre conclusion que l'on en tire, après les entretiens de Berchtesgaden, est [que le Roi] se réserve d’approuver le vainqueur. » (ce blog au 7 juin 2018).

     

    Dessin extrait d'une caricature anonyme publiée en 1940 par la Ligue d'Action wallonne

     

     

    Nous terminerons là notre revue largement incomplète des ragots et autres médisances de Rodríguez car c'est la réécriture complète du bouquin que la correction de ses billevesées imposerait...

     

    Cela ne veut néanmoins pas dire que nous allons maintenant quitter l'ouvrage du docte cathédrant car, –divine surprise !–, le lecteur pourra tout de même trouver quelques précieux renseignements inédits... cachés sous le manteau du Caudillo !

     

     

    À suivre

     

  • 10 novembre : Fête du très saint patron de Léon Degrelle

     

     

    Léon le Grand, face aux Huns d'Attila

    Léon Degrelle, face aux bolcheviques de Staline

     

     

    LD Faire-part naissance.jpg

     

     

    Léon le Grand, quarante-cinquième pape, est connu pour avoir stoppé et chassé Attila, le féroce chef des Huns ravageant l'Italie : coiffé de la tiare pontificale, il arrêta d'un geste de la main le « Fléau de Dieu » terrifié par l'apparition miraculeuse des saints protecteurs de Rome, Pierre et Paul, le menaçant de leur épée.

     

     

     

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    Le Pape Léon le Grand face à Attila, peint par Raphaël (Chambre d'Héliodore, Vatican).

     

     

     

    Léon Degrelle, simple soldat de la croisade antibolchevique, prit le commandement de la Sturmbrigade Wallonie à la mort de son commandeur et fut l'un des principaux artisans de la percée miraculeuse de Tcherkassy sauvant les troupes du Reich encerclées.

     

     

    LD Communion Aumonier all..JPG     LD Percée Tcherkassy.jpeg

     

    Célébration de l'Eucharistie sur le Front de l'Est et les cœurs purs s'élancent dans la percée victorieuse du chaudron de Tcherkassy.

     

    Percée Tcherkassy.jpeg

     

     

    « L'image de Dieu en nous se trouve renouvelée, pour peu que nous soyons toujours prêts à chanter ses louanges, que nous soyons continuellement attentifs à nous rendre purs et que nous nous appliquions sans faiblir à aider notre prochain. »

    Saint Léon le Grand, Sermon sur le jeûne du dixième mois

     

     

     

    LD Soupe grève 1936.jpeg  LD Mineurs accident.jpeg

     

    Léon Degrelle organise une soupe populaire en soutien aux familles ouvrières lors de la grève générale de 1936. Il est aussi auprès des mineurs de fond dont les camarades ont péri lors d'un coup de grisou.

     

     

    « Une seule chose compte : avoir une vie utile ; affiler son âme ; être penché sur elle à chaque instant, à surveiller ses faiblesses et à exalter ses élans ; servir les autres ; jeter autour de soi le bonheur et la tendresse ; donner le bras à son prochain pour s'élever tous en s'aidant l'un l'autre. »

    Léon Degrelle, Révolution des Âmes

     

     

     

    LD Poméranie avril 1945.jpg    LD Dresde Camp Travailleurs wallons.jpg

    Toujours en première ligne, à la tête de ses soldats sur le Front de Poméranie ; auprès des ouvriers belges du Service du Travail obligatoire dans une usine à Dresde.

     

     

     

  • La Belgique, terre d'héroïsme... posthume

     

    La Résistance selon le CEGESOMA : un formidable « Croissez et multipliez ! » biblique

     

     

    « Le Cegesoma, centre d'expertise de l'histoire des conflits du XXe siècle (Archives générales de l'État), a patiemment enrichi une banque de données qui doit permettre aux historiens de mener plus avant des recherches sur la Résistance belge durant la Seconde Guerre mondiale. Cette banque de données est rendue accessible ce lundi. » (Le Soir, 21 octobre 2024).

     

    Soir Cegesoma Résistants 21.10.2024.jpeg

     

    « Qu'y trouve-t-on ? [...] Les résistants et les résistantes repris sur le site ont en commun d'avoir déposé une demande de reconnaissance auprès du gouvernement belge au lendemain de la guerre. [...] En tout, 200.000 fiches biographiques dressées grâce au concours d'une vingtaine de bénévoles devraient être rendues accessibles au public. Ce nombre peut étonner. En 1945, la Belgique compte huit millions d'habitants, ce qui revient à dire qu'une personne sur quarante environ aurait résisté à l'ennemi. Est-ce plausible ? »

     

    Léon Degrelle avait déjà précisément répondu à cette question élémentaire !

     

    « Certains résistants ou anciens combattants belges font du tapage. Mais combien sont-ils ? Et que représentent-ils ? La plupart de ces chahuteurs sont des gauchistes qui ont servi Moscou dans la Résistance. Là, nous sommes d'accord pour n'être pas d'accord.

     

    Il faut leur adjoindre le lot de fanfarons [...] qui essaient de racheter par leur boucan actuel le peu de bruit qu'ils firent au temps de Hitler.

     

    Quant aux Résistants patriotes et aux anciens combattants véritables, ils ne sont plus tous des ennemis, croyez-moi bien. [...] Nous luttions de deux côtés différents ? Mais nous risquions notre vie pour la même patrie. Entre hommes valeureux et idéalistes, on finit souvent par s'entendre. »

     

     

    Défilé Tcherkassy 1944.04.01.JPG

    Parmi les milliers de Bruxellois acclamant follement les héros de Tcherkassy le 1er avril 1944, un sur quarante était sans doute « résistant » selon le Cegesoma... Devrait-on penser qu'un an plus tard, 2,5 % d'entre eux ont estimé préférable de manifester leur opportunisme auprès du gouvernement belge ramené de Londres en 1945 dans les bagages anglo-saxons ?

     

     

    « Cette multiplication prodigieuse, par trente, par quarante, des effectifs de la Résistance réelle est, à première vue, difficilement croyable.

    D'abord, bien sûr, il y eut la troupe immense des couards, officieusement patriotes, qui attendirent prudemment, pelotonnés derrière leurs boîtes de conserves, que le dernier bruit de guerre se fût éteint pour se précipiter, véloces, vers les vainqueurs. Ils sont, à plus de 90 %, des hâbleurs. Ils ont fait leur temps. [...] Mais nous n'allons tout de même pas confondre la vraie Résistance patriotique et propre avec les cavalcades des farceurs haineux d'une résistance escroquée, au moment où l'Histoire les élimine. » (Léon Degrelle : persiste et signe, p. 416-418).

     

    Malheureusement, c'est justement parce que le temps les a éliminés que le CEGESOMA les réintroduit dans l'Histoire politiquement correcte : la Résistance doit toujours être plus nombreuse, plus héroïque, plus patriotique,... Et surtout plus légendaire que les plus nombreux et héroïques patriotes de l'Ordre nouveau (également éliminés par le temps et désormais sans défense face aux manœuvres diffamatoires du CEGESOMA : voir ce blog, entre autres, au 30 novembre 2019, 15 décembre 2020 ou 7 juin 2021)...

     

     

     

    Pan Résistants 1975.jpeg

     

    Au temps où l'on pouvait encore se moquer des faussaires et des bravaches, Alidor (le Jam de Rex et du Pays réel), estomaqué par la multiplication exponentielle des « ayants droit » aux honneurs de la Patrie, leur régla leur compte en imaginant un contrôle officiel de leurs états de service ! (Pan, 5 mars 1975).

     

  • Laveleye, Gudrun Himmler, Vincent Reynouard, Saint-Jacques de Compostelle

     

    Cercle des Amis de Léon Degrelle

    XLIIe Correspondance privée – septembre 2024

     

     

    La quarante-deuxième Correspondance du Cercle des Amis de Léon Degrelle nous est arrivée en temps et en heure, et ce ne dut pas être un mince exploit car le président du Cercle fut mis en garde à vue en août dernier, accusé par la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) d' « apologie de crime contre l'humanité » !

     

    Cette privation de liberté absolument arbitraire s'accompagna d'une perquisition et de la saisie de téléphones portables ainsi que d'ordinateurs... Mais laissons l'éditorialiste de la Correspondance nous expliquer cet acharnement judiciaire ubuesque, qui tend cependant à devenir la norme au prétendu « pays des Droits de l'Homme » dans le traitement des nationalistes ou des identitaires, c'est-à-dire des Français ordinaires qui ont la prétention de vouloir demeurer ce qu'ils sont.

     

    Cercle 42 Edito.jpeg

     

     

    Nihil novi sub sole

     

    En miroir avec les persécutions insensées le frappant, le Cercle rappelle plaisamment le scandaleux emprisonnement –en 1937 déjà !– d'un militant rexiste, père de famille de huit enfants, coupable de... recel du chapeau de Victor de Laveleye, président du Parti libéral devenu ministre de la Justice !

     

    Comme quoi, il n'y a rien de neuf sous le soleil.

     

    Mais qui est ce Delaveleye (ainsi qu'il est enregistré, sans particule nobiliaire, dans le registre d'état civil de la ville de Bruxelles) et d'où vient sa hargne antirexiste ?

     

     

    PR 1936.05.21 Laveleye.png

     

    Il n'est que de consulter la presse de combat de Léon Degrelle, Le Pays réel, pour se renseigner. Lorsque, face à la campagne de Rex contre les banksters catholiques et socialistes, le Parti libéral s'afficha comme le parti aux « mains propres », il ne fallut pas gratter longtemps pour découvrir d'identiques turpitudes chez ces frères en franc-maçonnerie (voir le cas déjà évoqué ici de Marcel-Henri Jaspar, ce blog au 3 mai 2024) et Victor de Laveleye fut épinglé dès le 21 mai 1936 (ci-dessus).

     

     

     

    DH 1936.10.19 Laveleye président.pngLe quotidien libéral La Dernière Heure annonce, le 19 octobre 1936, la désignation de Victor de Laveleye au poste de président du parti libéral.

     

     

    À l'occasion de son accession à la présidence du parti libéral le 18 octobre 1936, Victor de Laveleye proclama immédiatement son ambition politique : être « le pivot de la lutte contre Rex » qui l'avait si âprement attaqué. Et de provoquer Léon Degrelle au débat, convaincu du refus du chef de Rex. Conviction pour le moins irréaliste vu la participation assidue et pugnace du tribun catholique aux meetings du parti socialiste qu'il transformait en triomphaux débats contradictoires (ce blog au 9 avril 2019).

     

    Ainsi donc la réunion libérale du 20 novembre 1936 tourna-t-elle au désastre, obligeant le président antirexiste à accepter le meeting contradictoire organisé le mois suivant à la salle de la Madeleine, d'une capacité de quatre mille personnes, non loin de la Grand-Place de Bruxelles. A nouveau, la presse rexiste put en faire ses choux gras, avec son reportage circonstancié dans deux éditions du Pays réel, tandis que les comptes rendus de la presse du système renvoyait les orateurs dos à dos.

     

     

    PR 1936.12.15 Madeleine.png     PR 1936.12.16 Madeleine.png

    DH 1936.12.15 Madeleine 1.png     Vingtième S. 1936.12.15.png

    Soir 1936.12.16.png

    De gauche à droite et de haut en bas : Le Pays réel des 15 et 16 décembre 1936 ; La Dernière Heure et Le Vingtième Siècle du 15 décembre 1936 et Le Soir du 16 décembre.

     

     

    C'est dans ce contexte que Victor de Laveleye, lui-même ancien volontaire de guerre, devenu ministre de la Justice le 20 avril 1937, fut « voué au mépris public » par sa Fédération des Volontaires de Guerre pour avoir immédiatement défendu devant le Parlement un projet de loi d'amnistie des activistes flamands ayant participé à la Flamenpolitik allemande durant la Première Guerre mondiale.

     

    On ne s'étonnera pas que les anciens combattants s'estimant trahis saisissent toute occasion pour manifester leur colère. Comme celle de la visite du ministre au Palais de Justice de Mons, le 2 juillet, où il fut pris à partie par un groupe d'Anciens de 14-18. Ce crime de lèse-excellence ministérielle fut sévèrement châtié, car, comme l'illustre encore le Cercle des Amis de Léon Degrelle, jamais le pouvoir en place ne laisse impunies les manifestations d'opposition populaires : furent donc immédiatement arrêtés et incarcérés « pour coups et outrages au ministre de la Justice », un officier de réserve qui avait tiré les cheveux du ministre, un Croix du Feu qui lui avait porté un coup et Valentin Van Dooren, conseiller provincial rexiste du Hainaut « sous l'inculpation de recel du chapeau de M. de Laveleye » (La Libre Belgique, 4 juillet 1937).

     

     

     

    Victor de Laveleye en quelques images...

     

    DH 1936.10.19 Laveleye président 1.png

    Le quotidien libéral La Dernière Heure du 19 octobre 1936 annonce la désignation du nouveau président du parti libéral, Victor de Laveleye.

     

    Extrait de son discours inaugural sur le thème Contre Rex, contre Moscou :

    « Dans le pays, l'esprit libéral vaincra ! Mon programme ? La contre-offensive immédiate. Dès demain à la première heure. La contre-attaque contre Rex et contre Moscou.

    Ne me demandez pas d'exposer en détail un plan de campagne. Ce serait avertir les adversaires des coups que nous allons leur porter. »

     

     

    PR 18.12.1936 Laveleye KO.png

    Le fameux meeting contradictoire de la Madeleine en 1936 entre Léon Degrelle et Victor de Laveleye qui se croyait le « pivot de la lutte contre Rex » a bien entendu excité la verve de Jam, le caricaturiste du Pays réel (18 décembre 1936).

     

    LD Laveleye Grafopress.jpeg

     

    Voici la seule photographie du meeting de la Madeleine (14 décembre 1936) que nous connaissions. C'est un cliché de presse de l'agence de « Photo reportage belge » Graphopresse, légendée : « LE MEETING CONTRADICTOIRE DEGRELLE de LAVELEYE. Ce soir, en la salle de la Madeleine, a eu lieu un meeting contradictoire. MM. Degrelle et de Laveleye prirent la parole à tour de rôle. Voici des attitudes des deux orateurs. GRAPHOPRESSE B. 14.12.36 ».

     

    PR 22.04.1937 Jam Laveleye ministre.png   PR 15.07.1937 Jam Laveleye dehors.png

     

    Jam a résumé en deux dessins la carrière éphémère de ministre de la Justice de Victor de Laveleye : trois mois seulement séparent en effet le dessin de gauche, montrant le Premier ministre Paul Van Zeeland et son ministre des Affaires étrangères Paul-Henri Spaak qui offrent le portefeuille de la Justice à un Victor de Laveleye arborant les insignes de la franc-maçonnerie sur son orgueilleuse poitrine et s'arrosant les épaules de ses pellicules légendaires, du dessin de droite montrant le ministre renvoyé qui, férocement attaqué par les membres de son propre parti, essayait de dissimuler son éjection par une démission volontaire.

    (Dessins publiés dans Le Pays réel des 22 avril et 15 juillet 1937)

     

     

     

    Gudrun

     

    Gudrun.jpg

     

    Autre publication risquant encore d'aggraver le cas du Cercle auprès de ses persécuteurs –et pourtant d'une importance historique majeure– : l'interview accordée en 1992 par Gudrun Burwitz, née Himmler (1929-2018, ce blog au 13 novembre 2018). Il en existe une version anglaise, disponible sur le site anglophone « Honorer les Anciens », Mourning the Ancient  (où se trouve aussi l'interview du général Otto Ernst Remer, ce blog au 6 juillet 2024). En voici donc enfin la traduction française.

     

    Celle qu'une certaine presse à sensation a surnommée la Princesse du nazisme et qui a toujours honoré et défendu la mémoire de son père, évoque dans cet entretien, ses premières impressions d'enfant, toutes de bonheur, dans la vie et dans ce qui était son univers, l'Allemagne nationale-socialiste.

     

     

    Gudrun AH Berghof.png

    Depuis ses tout premiers souvenirs, Gudrun (à gauche, avec les tresses, s'élançant vers le Führer) ne peut évoquer que sourires et bonheur dans le Reich national-socialiste. Mais elle connut un changement radical avant même ses seize ans, en 1945. Elle vécut alors désormais dans la démocratie rétablie par les vainqueurs enseignant qu' « une nation et son peuple doivent mourir et souffrir parce qu'ils constituent une menace pour la “liberté” » (les deux photographies de Gudrun proviennent du site Mourning the Ancient).

     

     

    « La vie était belle, et je le dis dans tous les sens du terme. [...] Quand j'ai commencé à me souvenir de ma vie, c'était en 1934 [...]. Tout ce dont je me souviens, c'est que j'entendais que tout le monde avait une vie meilleure, j'entendais comment l'Allemagne avait surmonté beaucoup de désespoir et une misère économique. Les gens que je voyais étaient vraiment heureux ; il y avait des sourires partout où j'allais [...]. C'était l'essence du national-socialisme ; tout était fait pour le peuple, pour aider à améliorer la vie et le bonheur de chacun. [...] La vie dont je me souviens dans le Reich était organisée, heureuse, épanouissante et pleine d'espoir. »

     

    Fantasmes de la fille du présumé criminel absolu idéalisant son père ou nostalgie d'un véritable paradis perdu ?

     

    Santoro 1938.jpegSans doute a-t-on naturellement tendance à embellir le passé, mais en l'occurrence, des publications existent bel et bien pour documenter ce que furent les débuts du régime national-socialiste. Le livre de Cesare Santoro publié en 1938, Quatre années d'Allemagne d'Hitler, figure certainement parmi les plus intéressants et documentés. Un livre qui ne se trouve plus que dans les bouquineries (en ville ou en ligne), mais qui peut aussi se télécharger.

     

    On pourra aussi se reporter aux tout récents articles de Vincent Reynouard publiés dans quatre numéros consécutifs de Rivarol sous un titre révélateur de la volonté de l'auteur de rendre justice à la vraie nature et aux véritables intentions du national-socialisme et des régimes d'ordre nouveau qu'il a soutenus, 1944-2024 : 80 ans, ça suffit. Libérons-nous de nos “libératueurs” ! (Rivarol, 4, 11, 18 et 25 septembre 2024).

     

    Complémentaires des impressions laissées à Gudrun par ses heureux souvenirs d'enfance, ces articles de Vincent Reynouard expliquent quelles furent les mesures concrètes permettant « d'améliorer la vie et le bonheur de chacun » et comment était organisée la société pour être, toujours selon les termes de Gudrun, « heureuse, épanouissante et pleine d'espoir ». Comment aussi fut proposée aux autres nations européennes la création d'un ordre économique et social semblablement émancipateur.

     

    Et d'évoquer d'emblée quelle aurait dû être l'Europe nouvelle : « Économiquement, l'Allemagne met à la disposition de l'Europe ses idées, son système et sa faculté d'organisation économiques, ainsi que les moyens d'action indispensables. Le nouvel ordre économique sera fondé sur l'égalité des droits de tous les peuples européens et fondé sur la capacité de travail et la production, non sur la fortune arbitraire et le capital. L'Allemagne n'a pas l'intention d'imposer aux autres peuples son organisation sociale et son idéologie, mais elle est persuadée que ses acquisitions sociales sont d'une importance dépassant le cadre national et l'expression des exigences du XXe siècle. L'Europe nouvelle, telle qu'on la représente, est une Europe sans chômage, sans crise économique et financière, une Europe de distribution du travail, ayant à sa disposition les appareils techniques les plus modernes pour la production et un système de communications inter-européennes élaboré en commun. » (Rivarol, 4 septembre 2024). Il ne s'agit pas là de plans sur la comète élaborés par un néo-nazi impénitent, mais de la vision concrète de l'avenir qui attendait l'Europe des Nations dans l'orbite nationale-socialiste, telle qu'exprimée par le Reich victorieux dès après la signature de l'armistice de 1940.

     

    En conclusion de ces articles richement documentés, nous découvrons le « secret » de la vie heureuse et épanouie de la jeune Gudrun : « pour accepter la révolution nationale et sociale dont l'Allemagne avait donné l'exemple, les Français –et plus généralement les peuples européens– devaient s'extraire de leur égoïsme. Le défi envoyé par le destin, le vrai, était là [...] dans une lutte contre soi-même pour se bonifier. » (Rivarol, 25 septembre 2024).

     

    Ne retrouvons-nous pas là la révolution des âmes préconisée, illustrée et vécue tout au long de sa vie par Léon Degrelle ? Conduite révolutionnaire du si jeune tribun belge qui impressionna définitivement Adolf Hitler lors de leur première et décisive rencontre du 26 septembre 1936 (ce blog aux 12 mai et 4 juin 2016).

     

     

     

    Rivarol Reynouard Notes.jpeg

    Toutes les dispositions, précisions, réalisations présentées par Vincent Reynouard sont systématiquement étayées, non par des considérations contemporaines d'historiens politiquement corrects ou non, mais par des références extraites de documents d'époque (Rivarol du 4 septembre 2024).

     

     

    Pour cette leçon d'histoire sans les oeillères légitimant les habituelles contre-vérités diffamatoires, Vincent Reynouard ne fait insistons-y que s'appuyer sur un impressionnant appareil de références ne laissant aucune place à la fantasmagorie. Il nous annonce aussi que ces articles indispensables seront très prochainement publiés « sous la forme d'une brochure illustrée ayant pour titre : Ne pas se tromper d'ennemi. Elle sera disponible auprès de la Boutique Sans Concession. »

     

     

    Degrelliana

     

    Et malgré les gravissimes persécutions qui affectent son travail, le Cercle parvient toujours à nous surprendre par la richesse de ses découvertes degrelliennes.

     

    Campagne Russie suédois 2016.pngAinsi des éditions et rééditions continues des œuvres de l'auteur de Révolution des Âmes en langues étrangères.

     

    Une réédition de La Campagne de Russie en suédois nous est signalée : Kriget på östfronten (Guerre au Front de l'Est, Mémoires d'un volontaire SS, 1941-1945, cartonné, 2016, 430 pages, 249 kr (22,10 €) aux éditions Logik Förlag.

     

    Mais c'est surtout la mise à disposition du lecteur francophone des Notes écrites en cheminant vers Compostelle qui intéressera nos lecteurs. Elles ne sont accessibles –gratuitement !– que par téléchargement de la brochure offerte au format pdf par les éditions Fenice Europa.

     

    Nous disposions déjà, depuis 2002, de l'édition de L'Homme Libre sous le titre Mon Chemin de Saint-Jacques (ce blog au 3 mai 2021). Ici, c'est le fac-similé du tapuscrit des lettres retraçant le pèlerinage de Léon Degrelle à Saint-Jacques de Compostelle qui nous est proposé.

     

    Et l'initiative est intéressante car les feuillets sont corrigés par une autre main que celle de Léon Degrelle, ce qui nous permet d'intéressantes découvertes éditoriales.

     

    Il ne peut s'agir que de Marie-Antoinette Van Lede (1907-1960), l'épouse de Robert Du Welz, aide de camp du dernier Commandeur de la Légion Wallonie (ce blog au 28 novembre 2017 et 13 octobre 2021), à qui ces lettres ont très certainement été adressées et qui les a réunies en un précieux volume.

     

     

    Compostelle.png     Compostelle Page garde.png

     

    À droite, la page de garde du manuscrit relatant le pèlerinage de Léon Degrelle à Saint-Jacques de Compostelle. Ne comportant pas encore de titre précisément choisi, elle ne présente que le nom de l'auteur et le dessin de la Feuille de Chêne ornant sa croix de Chevalier de la Croix de Fer : elle sera l'emblème des éditions À la Feuille de Chêne (La Hoja de Roble, en espagnol).

     

    Le titre figurant sur la page de garde du tapuscrit (et repris en couverture de cette édition italienne, à gauche) constitue en fait une description du contenu que Marie-Antoinette Du Welz donne à la dactylographie qu'elle a réalisée du manuscrit de Léon Degrelle.

     

    Cette page est donc extraite du manuscrit de Léon Degrelle, qui a ébauché la présentation qu'il souhaite mais sans s'être encore décidé sur le titre exact. De même que provient également du manuscrit le dessin du traditionnel pèlerin de Saint Jacques, accompagné d'une citation calligraphiée de Révolution des Âmes, « C'est l'air, c'est la lumière des sommets qui t'appellent... » (p. 174).

     

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    Après s'être installée avec toute sa famille en Espagne fin 1947, Marie-Antoinette Du Welz offrit ses services au début des années 1950 à Léon Degrelle en tant que secrétaire. Elle se chargea ainsi de la dactylographie de La Grande Bagarre en 1950 (ce blog au 26 mai 2016) et de l'édition espagnole des Âmes qui brûlent en 1952.

     

    Marie-Antoinette Du Welz qui tapa le manuscrit du Chemin de Compostelle à la machine à l'automne 1951, se chargea naturellement aussi de la relecture et de la correction de son travail. On trouve ainsi le plus souvent dans ce tapuscrit la correction de fautes de frappe, mais aussi quelques annotations. On lit, par exemple, à la page 16 du tapuscrit, la proposition de correction : « Tu as dû te tromper :... [Estella], c'est NAJERA » (27 juin).

     

    Compostelle Correction MA Du Welz.png

     

    Effectivement, l'étape d'Estella, son « vieux palais royal » et ses églises « aux beaux chapiteaux sculptés » (25 juin) est décrite quelques pages auparavant. Estella avait particulièrement impressionné Léon Degrelle (« Estella (ma ville préférée) », 26 juin) qui profitait aussi de son pèlerinage pour se procurer objets d'art, meubles ou instruments originaux qui trouveront, dix ans plus tard, l'écrin qui les magnifieront dans la finca sévillanne de La Carlina.

     

    Compostelle Achats.png

     

    D'autres indications, au crayon et la plupart du temps illisibles, devaient servir à la version espagnole. Mais pour décrire une épique bousculade populaire, l'évocation de la verve burlesque du caricaturiste Dubout –inconnu des Espagnols– disparaîtra simplement du texte (« Parfois, un taxi [à la Dubout], brinquebalant, pétaradant, hissant par ses fenêtres dix ou douze têtes hirsutes, cramoisies, enthousiastes. », 26 juin).

     

    Plus loin, l'expression « soupente-train » (3 juillet) est banalement traduite par « couchette » (litera), qui ne fait que pauvrement référence à l'origine du néologisme degrellien : « tous les lits sont alignés l'un derrière l'autre, comme un train » (2 juillet) ; « tout le monde dort à la queue-leu-leu dans le tram-tram » (3 juillet)...

     

     

     

    LD Grippette.jpegRare photo de Léon Degrelle grimpant dans un peuplier servant de poste d'observation sur le front de l'Est. Sans doute eût-il pu se servir de « grippettes » si les pionniers de la Sturmbrigade n'avaient déjà planté dans l'arbre des barres d'acier servant d'échelle...

     

    Détail à ne pas négliger : les impressionnantes bottines cloutées. Elles ne quitteront jamais leur propriétaire : dans le Heinkel s'écrasant à San Sebastián comme lors du pèlerinage à Compostelle.

     

    Elles en parcourent toute l'épopée : « Mes gros clous glissent sur le macadam » (21 juin) ; « J'ai enfin fait sonner, sous le fer de mes grosses godasses, l'escalier d'une toute vieille fonda [auberge] » (27 juin) ; « Il n'y a que mes grosses godasses qui me mettent un peu hors du lot banal des clochards. Tout le pays les dévore... des yeux, m'interpelle à leur sujet. Porter quatre kilos aux chevilles leur paraît encore presque pis (que horror !) que les mille kilomètres à franchir. Una barbaridad ! Pourtant ils me sauvent. [...] Ces godillots sont une merveille, sont insensibles à tous les accidents de terrain. Je ne remarque même plus qu'ils pèsent. Et mes pieds, grâce à eux, sont intacts : pas une écorchure, pas un doigt de pied rouge ;  à une exposition de "ganado" [bétail], ils auraient, rayon pattes, le prix d'honneur. » (29 juin).

     

     

    Il est cependant un exemple d'intervention malheureuse de l'auteur de la version espagnole contaminant le texte français, dans la description de l'accès à l'église du petit village basque d'Erro : « Même les églises sont des châteaux-forts, parfois perchées au haut d'un roc, comme au village d'Erro, liée au village par un escalier en grippette. » (21 juin).

     

    « Grippette » n'est pas un terme du français académique, encore qu'il dérive évidemment du verbe gripper, dont le Dictionnaire de l'Académie nous dit qu'il signifie Attraper et qu' « il se dit proprement Du chat et de quelques autres animaux », Littré précisant « En parlant du chat ou de tout autre animal à griffes ». Ce mot appartient au parler forestier de Bouillon, c'est-à-dire au wallon des Ardennes, et désigne le « crochet de grimpeur à l'arbre (employé par l'élagueur) » (Lucien Léonard, Lexique namurois, Société de Langue et de Littérature wallonnes, p. 541). Embêté de trouver un équivalent espagnol, le traducteur a proposé caracol (escargot) : « por un escalera de caracol », expression reprise par l'éditeur français perplexe face à la grippette degrellienne qui devient alors « un escalier en colimaçon » (p. 11 de l'édition de L'Homme Libre; notre édition espagnole est Mi camino de Santiago, Ediciones Barbarroja: ce blog au 3 mai 2021).

     

    Mais l'escalier donnant accès à l'église d'Erro n'est nullement en colimaçon : à mi-hauteur, il se divise en deux pour rejoindre le porche à ses deux extrémités. C'est cette particularité dessinant la forme de deux crochets qui éveille chez Léon Degrelle le souvenir des « grippettes » utilisées par les élagueurs dans les bois de son enfance. Les évocations de son terroir natal ne sont d'ailleurs pas rares dans le récit de son pèlerinage à Saint Jacques : « J'ai franchi une rivière sous les branches, sur un pont de bois branlant. Je pensais à Papa sans cesse, à nos promenades de jadis. » (21 juin) ; « il fait par ici un froid d'hiver ardennais ! » (23 juin) ; « Les derniers coups de marteau des tonneliers s'éteignaient. Je rêvais à mon enfance. » (28 juin) ; « Chère, imagine la côte d'Auclin à Bouillon, multipliée par quatre. » (13 juillet) ; « Rivière du type de la Lesse, joyeuse, bondissante, chantante, longée de pêcheurs à la truite, coupée vingt fois par des barrages de pierre et d'étranges claies rondes, en fagots. » (15 juillet),...

     

     

     

    Erro Eglise grippettes.png

    L'église d'Erro et son escalier « en grippette » : cette église n'est pas vraiment celle que Léon Degrelle put voir en 1951 : celle-là fut détruite par un incendie et celle-ci reconstruite en 1958. Mais malgré l'adoption d'une architecture contemporaine, elle a conservé l'escalier monumental formant un double crochet qui l'agrippe au minuscule village.

     

     

    À l'origine de la publication de ce tapuscrit, se trouve Giancarlo Rognoni, fallacieusement accusé d'avoir participé au démarrage de la pseudo-stratégie de la tension en 1969 par le monstrueux massacre de la Piazza Fontana à Milan (17 morts, 85 blessés) et condamné à la perpétuité avant d'être spectaculairement blanchi par la cour de cassation, il y a aujourd'hui vingt ans.

     

    Comme beaucoup de persécutés par les (vraiment coupables) services des États « démocratiques », Giancarlo Rognoni put fortifier ses convictions auprès de Léon Degrelle, sans doute le plus fidèle des ambassadeurs de l'ordre nouveau, désormais voué à l'exécration universelle.

     

    Voici, extrait de la préface de ce livre, le récit que Giancarlo Rognoni nous donne de sa rencontre avec Léon Degrelle, prélude à cette publication inattendue : son caractère anecdotique ne dissimule pas son intérêt pour la compréhension de l'idéal d'harmonie, de beauté, de communion présidant à une authentique révolution des âmes.

     

    « Après le dîner, la conversation a porté sur les volontaires européens de la dernière guerre mondiale. C'est alors que Carlo Maria sortit de sa bibliothèque un texte qu'il m'invita à lire. Il s'agissait de Hitler pour mille ans, écrit par Degrelle. Le lendemain matin, j'avais les yeux humides et l'esprit rêveur, mais le texte était à jamais gravé dans mon âme.

     

    À l'époque, je n'aurais jamais imaginé que des années plus tard, poursuivi par la police politique, je toquerais à un appartement à Madrid et que le général et sa femme Jeanne ouvriraient la porte, m'accueillant avec l'éternel salut des peuples d'Europe : Bienvenue chez nous, Camarade”. À partir de ce jour, une relation constante, régulière et, si je puis dire, affectueuse, s'est établie, qui a duré jusqu'au décès du général et qui a beaucoup enrichi mon esprit.

     

    LD+Giancarlo Rognoni.jpgIl me parlait de tout, avec une originalité qui peut surprendre ; l'espace que le général laissait aux événements de la guerre était restreint, alors qu'il s'était engagé comme simple soldat et avait atteint le sommet de la hiérarchie militaire dans une armée qui ne distribuait certainement pas les grades. Degrelle était un soldat courageux, un homme politique intègre, un journaliste brillant et un écrivain passionnant, mais à mes yeux, il était avant tout un grand maître, le grand maître d'un ordre de chevalerie, le dernier à avoir foulé la terre d'Europe. Ce même homme qui m'était apparu, tant d'années auparavant, surgissant presque par magie des brumes de la lagune.

     

    Lors d'une de nos nombreuses rencontres, il m'a confié une copie dactylographiée d'un de ses carnets de voyage, me laissant, ainsi qu'à ma communauté, la liberté de l'utiliser comme témoignage de la manière la plus appropriée au bien commun. Ce texte était Mon chemin de Saint-Jacques : le récit de son pèlerinage en 1951 à Saint-Jacques-de-Compostelle. Le texte est resté dans un tiroir de bureau pendant de nombreuses années jusqu'à ce que la persévérance et la détermination d'un autre disciple, Livio di Como, en fasse un outil du voyage, informatisé et mis à la disposition de tous, disciples, chercheurs, aspirants pèlerins. »

     

     

     

    Guide Bleu LD.jpeg

    Le Guide Bleu – Espagne : Léon Degrelle possédait cette édition de 1935 au moins à partir de 1948 (d'amères réflexions sur sa situation ont été formulées sur les pages blanches de fin de volume et datées du 24 novembre 1948). Ce guide alliant les itinéraires routiers aux renseignements culturels et historiques a certainement accompagné le pèlerin sur son chemin de Compostelle comme en atteste les annotations et les signets, de même que cette évocation dans sa lettre du 23 juin 1951.

     

    Compostelle Guide.png

     

    On ne peut qu'être emporté par le lyrisme puissant imprégnant la relation de son pèlerinage par Léon Degrelle. Au service de sa foi fervente, de sa volonté sans compromission et même de l'humour lui permettant de supporter méfiance et rebuffades des hommes ainsi que les morsures de mouches et de puces ou les attaques de chiens et de taureaux, ce bouillonnement passionné animant chaque épisode illustre son identification naturelle, spontanée et quasi littérale avec le vrai poète selon Juvénal, « celui qui marche hors des sentiers battus, qui ne compose rien qui ne soit original [...] parce qu'il a une âme sans angoisse ni amertume, qu'il aime les forêts et boit aux sources des Muses » (Satire, VII).

     

    Compostelle Juvénal.png

     

    « Mais le paysage était si beau que je me laissais tenter tout de même. Chère, imagine la côte d'Auclin à Bouillon, multipliée par quatre. La piste descendit, pendant une heure, zigzaguant sur les morceaux de schiste, dans un paysage embaumé de bruyères, de genêts, de fougères, de milliers de chênes courtauds. Puis tout en bas, j'arrivai à un grand ruisseau (tellement ardennais !) bondissant dans les pierres, liseré de foins étroits non encore mûrs. On tournait. On remontait. On enjambait des petits ponts faits de poutres et de fagots. Silence, solitude étrange. J'ai suivi pendant deux heures ce gros ruisseau sans voir personne. Manger ? Heureusement j'avais emporté d'Astorga un quignon de pain. Je m'assis près d'une cascade chantante, bleutée de libellules et trempai mon pain dans l'eau limpide. Dîner de roi. » (13 juillet 1951).

     

     

     

    Cercle des Amis de Léon Degrelle, adhésion (30 ou 37 euros, selon que vous résidiez en France ou non) : www.boutique-nationaliste.com 

     

    Adresse : Cercle des Amis de LD, BP 92733, 21027 Dijon Cedex, France.

    lesamisdeleon.degrelle@gmail.com

     

  • Sous le manteau du Caudillo [2]

     

    Écrire l'Histoire ? L'inventer, c'est plus pratique !

     

    Bajo el manto.pngIl s'en passe des choses avec Léon Degrelle Sous le manteau du Caudillo Francisco Franco ! Surtout quand c'est José Luis Rodríguez Jiménez qui les raconte. Ce professeur de l'université espagnole aux diplômes les plus drolatiques adore en effet les ragots, bobards et autres médisances (ce blog au 1er septembre 2024). Mais il se prend parfois aussi pour une pythonisse, décrétant ex cathedra ce qu'il faut croire et penser, ce qu'il faut corriger ou interpréter.

     

    L'argument d'autorité sera d'autant plus oppressif et aliénant lorsqu'il prétend faire dire à Léon Degrelle ce qu'il ne dit absolument pas ou quand il veut lui faire dire l'exact contraire de ce qu'il dit.

     

    Je n'ai que du vide ? Mais j'écris l'Histoire comme je veux qu'elle soit !

     

    L'exemple du racisme et de l'antisémitisme de Léon Degrelle est éloquent, surtout qu'il se pare de la « compétence » de Jonathan Littell, auteur d'un seul roman, Les Bienveillantes, mais traduit dans toutes les langues, adapté au théâtre et même à l'opéra (on attend encore le cinéma) et sujet de nombreuses exégèses, évidemment universitaires. Littell a lui-même prétendu s'être inspiré du créateur de la Légion Wallonie pour forger l'univers mental de son héros : c'est pour le documenter, qu'il a écrit Le sec et l'humide, où il veut dégager de la manière d'écrire de l'auteur de La Campagne de Russie « la structure même de sa pensée » et, au-delà, de « mener une vérification expérimentale d'une certaine théorie du fascisme »...

     

    Littell Sec Humide.jpeg

     

    Jonathan Littell, « spécialiste de la langue » de La Campagne de Russie : « Dans La campagne de Russie, un invisible : le Juif. Comme s'il n'existait pas. Absence étrange, presque oppressante. [...] Pour Degrelle, quand il écrit, la solution finale est toujours déjà achevée. Il est donc naturel que son livre soit aussi judenrein (vide de Juifs) que le territoire où il se déploie. » (Le sec et l'humide, pp. 85-87)...

     

     

    Ce charabia pseudo-scientifique ne nous a pas empêché de dire ce que nous pensions de cette grotesque fiction scatologique (ce blog au 8 février 2018), mais en bon universitaire contemporain, Rodríguez ne vérifie rien et prend les divagations de Littell pour argent comptant : « Le traitement que réserve [Léon Degrelle] à l'ennemi est péjoratif et xénophobe. Jonathan Littell, qui fut le premier à s'intéresser au livre [La Campagne de Russie], parle d'un adversaire polymorphe et polysémique : dans l'ordre décroissant du nombre d'occurrences, il s'agit de russe, suivi de rouge, soviétique et bolcheviste. » (p. 94).

     

    Outre que nous ne voyons guère là trace de racisme, plutôt que de les décrire « polymorphes » (?) ou « polysémiques », nous rangerions ces termes plus volontiers dans la catégorie des parfaits synonymes... Mais comme Rodríguez (reprenant servilement Littell) doit absolument leur trouver des connotations péjoratives, il citera l'exemple des Mongols mangeant de la chair humaine (La Campagne de Russie, p. 25). Et puisque ce passage n'utilise aucun des termes « polychoses » incriminés, Rodríguez tourne la difficulté en disant que Léon Degrelle parle quand même de membres de l'Armée Rouge. Il prétendra ensuite démontrer le racisme de Léon Degrelle par l'incohérence de son récit inventé pour les besoins de sa cause raciste. Au prix d'un gros mensonge cependant, car, à nouveau, c'est celui qui prétend dénoncer le mensonge qui ment !

     

    « Néanmoins sans entrer dans des considérations théoriques, les descriptions qu'il fait des autres sont manifestement racistes [...]. Concernant son sentiment sur les troupes de l'Armée Rouge, on peut citer plusieurs exemples illustratifs. Les membres d'un convoi de prisonniers que Degrelle vit en Ukraine, lui apparurent des cannibales, et peut-être ont-ils été forcés de l'être après avoir été enfermés pendant de nombreux jours. Mais on ne comprend pas bien comment Degrelle a pu les voir s'ils étaient dans des wagons fermés. » (p. 94).

     

    Pour établir le racisme de Léon Degrelle, il fallait le persuader de mensonge : il n'a pas pu voir les mangeurs de chair humaine puisqu'ils étaient dans des wagons fermés ; donc il a inventé son récit pour les besoins de sa cause raciste ! Mais le menteur, c'est le prétendu prof d'unif qui ne cite pas complètement Léon Degrelle car cela invaliderait sa théorie woke comme on dit maintenant : le narrateur et ses compagnons ouvrent effectivement le wagon fermé !

     

    « Une nuit, des cris épouvantables nous réveillèrent. Nous stationnions dans une gare. Nous dégringolâmes, ouvrîmes les portes d'un wagon de prisonniers : des Asiates, voraces comme des murènes, se battaient en s'arrachant des morceaux de viande. Ces morceaux de viande, c'était de la viande humaine ! Le wagon se disputait les restes d'un Mongol mort qui avait été disséqué avec des lamelles de boîtes de conserve. » (p. 25).

     

    Mieux même, Léon Degrelle explique de la même façon que Rodríguez le cannibalisme des prisonniers par la faim extrême qui les tenaillait : « Nous apprîmes par la suite que les centaines de milliers d'hommes qu'on entassait de la sorte restaient parfois trois semaines debout, nourris quand il y avait de la nourriture à proximité des voies. Beaucoup de ces Asiates, amenés de leurs steppes sauvages, préféraient ronger une côte de Kalmouk ou de Tartare plutôt que de courir le risque de mourir de faim. » (p. 25).

     

    Mais admettre que Léon Degrelle ne fait que relater (certes avec le talent descriptif qu'on lui connaît) ce qu'il a vu et rien d'autre, ne permettrait pas aux « bons historiens » de criminaliser ceux qu'il faut désormais diaboliser de manière absolue.

     

     

    Cheval crevé Tcherkassy.JPG

    Il n'y a pas que les prisonniers russes qui mouraient de faim. Les Bourguignons étaient logés à pareille enseigne. Ici, le cadavre d'un cheval grossièrement dépecé dans la campagne de Derenkowez, avant la percée de Tcherkassy.

    Les « charognes écœurantes [des chevaux] furent bientôt l'essentiel de notre nourriture. De nos bases de ravitaillement plus rien n'arrivait [...]. Pendant une semaine, nous vécûmes en mastiquant des morceaux de viande limoneuse que nous allions tailler avec nos couteaux dans les fesses étiques des juments crevées. Nous hachions comme nous le pouvions ces chairs innommables et les avalions crues et sans sel. »

    Léon Degrelle, La Campagne de Russie, p. 184.

     

     

    Aussi, toujours à la suite de Littell, pour le convaincre d'antisémitisme, Rodríguez va-t-il incriminer ce que Léon Degrelle ne dit pas et trouver dans ce non-dit la preuve du mal, et dans ce qui est dit, un mensonge dissimulant le mal : « il est évident que Degrelle passe sous silence beaucoup de choses qu'il dut voir et entendre. [...] En lisant La Campagne de Russie, on est surpris par l'absence quasi absolue des slaves et des juifs. Nous n'avons trouvé qu'une seule référence à un juif, péjorative, étrange et certainement inventée : dans la région du Caucase, il rencontra des tas de cadavres ennemis empilés en état de putréfaction ; un jour, il s'approcha pour photographier la scène macabre et il lui sembla qu'un des corps bougeait. » (p. 95)

     

    C'était un « meneur bolcheviste » juif, qui s'était caché « dans ce pourrissoir depuis la veille et avait laissé les larves le recouvrir ». On trouva sur lui un testament déclarant que « juif, il était décidé à tout pour venger les juifs ». Et Léon Degrelle d'ajouter cette conclusion : « La passion des hommes n'a pas de limites... » (p. 172).

     

    A nouveau, pour Rodríguez, ce récit ne peut qu'avoir été inventé par Léon Degrelle pour le seul besoin d'exprimer son antisémitisme. Mais alors pourquoi ce cas est-il unique dans les mémoires de guerre de Léon Degrelle ? Pourquoi donc, plus simplement, ce récit ne rapporterait-il pas –comme partout ailleurs dans le livre– une expérience vécue par l'auteur ? Et pourquoi Rodríguez, pour établir son fantasme, doit-il à nouveau amputer sa citation d'éléments essentiels et inventer (contrairement à Léon Degrelle) ce qui n'existe pas : « Il est quand même étrange –une preuve de son mépris de cette matière ?– que l'auteur demande au lecteur du livre pourquoi ce combattant voudrait venger les juifs » (p. 95). Rien n'est étrange, car tout est dans le texte : le « combattant » veut venger les juifs car il est lui-même juif. Et Léon Degrelle n'interroge pas le lecteur : face à ce fanatisme, il constate que « La passion des hommes n'a pas de limites ». Remarquons surtout que l'auteur ne restreint pas son propos aux seuls juifs : il dit bien « La passion des hommes ». On repassera donc pour l'antisémitisme...

     

    D'où vient aussi cette conviction que ne pas parler de juifs dans ses souvenirs du front de l'Est trahit un évident antisémitisme ? Dans ses souvenirs de combats (Paul Terlin, La Neige et le Sang), Henri Moreau, grand blessé de guerre, amputé des deux avant-bras, ne parle également jamais des juifs avec qui il n'eut jamais affaire. De même que les autres Bourguignons qui ont laissé des mémoires, tels Henri Philippet (Et mets ta robe de bal) ou Fernand Kaisergruber (F.K. Gruber, Nous n'irons pas à Touapse, ce blog au 30 juin 2021 ; ce dernier parlera néanmoins d'un seul juif : un légionnaire wallon, « J.. Marber », ce blog au 20 mars 2020), ou le Français Guy Sajer (Le Soldat oublié ; ce blog au 10 mai 2023) Il est vrai que Littell soupçonne là un vaste et noir complot : « Il y a à ce mutisme de solides raisons tactiques : après Nuremberg, il n'est plus de bon ton de parler des Juifs, cela peut même être dangereux, en tout cas cela ne peut que nuire à la Cause » (Le sec et l'humide, p. 87)...

     

     

    J. Marber 1.jpeg      J. Marber 2.jpeg

     

    Ce Légionnaire wallon soigné par un infirmier pour une blessure au pied lors des entraînements du second contingent de Volontaires (10 mars 1942) serait peut-être « un volontaire d'origine juive du nom de Marber ». Théo Verlaine (La Légion Wallonie en photos et documents, p. 103) a mis au conditionnel cette identification proposée déjà par Jean Mabire et Eric Lefèvre (Légion Wallonie, 1941-1945, p. 48). À raison, car Fernand Kaisergruber (ce blog, entre autres, au 29 mars 2018) lui a signalé l'erreur, reconnaissant formellement un des frères Marlair, légionnaires originaires de Saint-Servais (Namur), et dont les prénoms commencent également tous deux par un J (Jean et Joseph), d'où peut-être la confusion des noms, presque homophones, et prénoms.

    « En ce qui me concerne, je considère ce passage à la Waffen SS comme une promotion, et non des moindres ! Dans les heures qui viennent, toute la Légion passe un examen médical, et bien des cœurs battent plus vite, de crainte de se voir refuser l'entrée dans cette nouvelle famille qui nous fascine. Pendant cette visite, j'entends tout à coup : Sie da ! Kommen Sie mal her ! (Vous là, venez un peu ici !). Je me retourne et je constate que c'est notre camarade J. Marber qu'on interpelle. Quand Marber se trouve à trois pas de l'officier, celui-ci empoigne un instrument servant à mesurer l'angle facial et se rapproche de lui. J'ai compris ! Notre camarade Marber est juif, je le sais, on le sait ; il ne s'en est pas caché, mais cela n'a jamais posé de problèmes entre nous. Il n'en va plus de même aujourd'hui, semble-t-il. Du moins, je le suppose. L'angle facial mesuré, je devine plutôt que je n'entends l'officier poser la question à notre camarade : Jude ? Et de même, Marber lui répond : Ja ! Marber a été interpellé de la même manière que l'aurait été n'importe lequel d'entre nous, ni plus, ni moins courtoisement, et c'est tout aussi courtoisement qu'il a été démobilisé. Il est rentré en Belgique le surlendemain et n'a jamais été inquiété ensuite. » (F.K. Gruber, Nous n'irons pas à Touapse, p. 141).

     

     

    C'est que Littell fait effectivement de l'absence du juif dans le récit degrellien une preuve de culpabilité : « De [l'Holocauste], pas un mot dans le texte de Degrelle. Ce n'est pas nié ; c'est comme si ça n'avait pas existé. Pourtant, ça a bien existé ; et impossible, à l'Est, de ne pas l'avoir ouï dire, commenté, si ce n'est vu. » (p. 89).

     

    Nous signalerons, pour clore le sujet, l'existence d'un article d'une bonne vingtaine de pages de Rodríguez qui se pense spécialiste de l'antisémitisme de Léon Degrelle parce qu'il pastiche le soi-disant spécialiste de son écriture : Léon Degrelle, Du silence à la négation de l'Holocauste (revue Thémata, janvier 2022). Particulièrement déjanté, ce texte prétend se servir de Léon Degrelle pour établir que le révisionnisme contribuerait à « justifier la violence des néo-nazis » et que son existence même constitue « une forme de violence à l'encontre des victimes du Troisième Reich ».

     

    Il faut tout de même souligner que Jonathan Littell reconnaît, à propos de Léon Degrelle, l'évidence : « il est vrai qu'il n'a jamais participé directement à l'extermination des Juifs, et qu'avant la guerre l'antisémitisme ne faisait pas partie de son répertoire politique. » (p. 89).

     

     

    « Ce n'était pas l'avion de Speer » : le scoop qui fait plouf !

     

    Mais Rodríguez ne fait pas que broder sur les ragots ou fabuler sur le vide, Docteur en Histoire, il est capable de découvrir les erreurs historiques et de rectifier les fausses informations. C'est ainsi qu'il va nous asséner un scoop de taille : contrairement à ce qu'a prétendu Léon Degrelle (La Campagne de Russie, 1949 ; Duchesse de Valence, Degrelle m'a dit, 1961), il n'a jamais atteint les côtes espagnoles à bord du Heinkel 111 d'Albert Speer !

     

    « Terboven [commissaire du Reich pour la Norvège] aurait ajouté, selon la version degrellienne, qu'un avion privé, celui du ministre de l'Armement Albert Speer, se trouvait sur l'aérodrome militaire. [...] Speer raconte dans ses mémoires qu'à aucun moment il n'a quitté l'Allemagne ; il serait donc absurde que l'avion qui lui était attribué pour sa fonction se trouve à Oslo. » (p. 55).

     

    Et Rodríguez de nous détailler la « vraie » histoire des moyens de déplacements aériens de l'architecte préféré d'Adolf Hitler : « Speer rendait souvent visite à sa femme et à ses enfants [à Kappeln, sur les rives de la mer Baltique], utilisant pour ce faire un avion piloté par un ami, l'as de l'aviation Werner Baumbach. [...] Speer raconte aussi qu'avec Baumbach, il avait imaginé un plan d'évasion. Un hydravion quadrimoteur à grande autonomie –qui, du nord de la Norvège, avait approvisionné pendant la guerre une base météorologique allemande dans une baie isolée du Groenland– les conduirait là-bas avec quelques amis ; ils disposaient déjà en cet endroit des ressources nécessaires pour rester cachés pendant les premiers mois de l'occupation de l'Allemagne. Mais ils ont finalement abandonné ce projet jugé absurde. » (pp. 55-57).

     

    En résumé, Speer aurait eu à sa disposition un petit avion utilisé pour visiter sa famille et un gros hydravion, non utilisé, pour sa fuite. Que serait donc alors venu faire là son Heinkel (et pourquoi nous demanderons-nous aussi ne fait-il pas partie de la flotte aérienne de Speer décrite par Rodríguez ?) ? Se rendant compte de l'incohérence de son récit, Léon Degrelle, selon Rodríguez, l'aurait alors rectifié : « Des années plus tard, Degrelle corrigea la version concernant l'avion qu'il avait reçu à Oslo ou en un autre endroit (avec un avion abandonné sur le champ de bataille, nous nous élançâmes dans le ciel, mes six compagnons et moi, en réalité cinq) » (p. 57).

     

     

    Historia Militar LD Ciordia.jpeg

     

    L'incroyable équipée degrellienne de la dernière chance, atteignant in extremis la frontière espagnole après une odyssée aérienne de plus de 2300 kilomètres et sauvant son équipage au prix d'un crash qui eût pu être mortel, n'a pas manqué de susciter l'intérêt de spécialistes d'histoire militaire et d'aéronautique. Il en est qui se posèrent la question de la présence du Heinkel de Speer à Oslo. Tel Jean-Louis Roba : « que faisait l'appareil de Speer en Norvège alors que son légitime propriétaire se trouvait à ce moment à Flensburg (dans le Schleswig-Holstein) comme membre du gouvernement de l'Admiral Karl Dönitz ? » (Histoire de Guerre, avril 2000, p. 13). Juan Arráez Cerdá fait de même, qui traduit en grande partie l'article de J.-L. Roba, mais sans jamais le citer ! « Que diable faisait l'avion de Speer à Oslo alors que ce dernier se trouvait à ce moment à Fesburg [sic], (Schleswing [sic]-Holstein) faisant partie du nouveau gouvernement allemand de l'amiral Karl Doenitz ? » (Revista española de Historia Militar, octobre 2004, Léon Degrelle : le vol vers la liberté, p. 164 ; le principal intérêt de cet article réside dans la pleine page 167 réservée au beau portrait, par l'excellent dessinateur de presse espagnol Ciordia, de Léon Degrelle en fond de tableau du Heinkel 111 atteignant la baie de La Concha à San Sebastián ; il fait d'ailleurs aussi la couverture du magazine). Peut-être cet article espagnol est-il à l'origine du « scoop » de Rodríguez (qui n'en fait cependant jamais état) ? 

     

     

    Ainsi donc Léon Degrelle aurait modifié sa version fictive de l'avion de Speer ? Oui, nous dit Rodríguez en voulant nous faire croire qu'il en apporte la preuve : « La version corrigée par Degrelle sur le bimoteur avec lequel il vola, qui ne serait pas celui du ministre Speer, se trouve dans l'interview de Marino Gómez Santos, L'aventure humaine de Léon Degrelle, “Nous sommes vraiment entrés en politique comme des apôtres, ABC, 11.10.1969 » (p. 366).

     

    Il faut tout de même bien constater, à nouveau, que ce n'est pas vrai et que dans cette interview, on ne trouvera nulle part mention de ce que « le bimoteur [...] ne serait pas celui du ministre Speer », pas plus qu'il aurait été la propriété de qui que ce soit d'autre. On ne peut donc pas parler de « correction » ; éventuellement, tout au plus, d'une « omission » ou plutôt d'une absence de précision, mais dont on ne peut rien conclure de significatif.

     

    Et pourquoi monter en épingle ce seul mini-détail de l'interview (et celui du nombre erroné de passagers : six au lieu de cinq) et lui accorder un crédit qu'il n'a pas ? Et pourquoi n'en attacher aucun au fait que le journal précise, par exemple au mépris de toute vraisemblance, un lieu de résidence fantaisiste du « fondateur du rexisme [...] passé par Madrid avec un billet aller-retour [...]. Il n'y a que quelques mois que nous avons appris qu'il vivait au Brésil, par quelques grands reportages publiés dans une revue de São Paulo »...

     

    Pour que tienne la route cette thèse de la correction par Léon Degrelle de son affabulation de 1949 (La Campagne de Russie, p. 494), répétée en 1961 (Duchesse de Valence, Degrelle m'a dit, p. 20), il faudrait qu'il s'y tienne à partir de cette publication dans le magazine ABC de 1969. Or nous sommes bien loin du compte puisque le fugitif d'Oslo maintint la « version Speer » dans ses Interviews recueillies pour la télévision française par Jean-Michel Charlier en 1976 (rassemblées dans le livre Léon Degrelle : persiste et signe, en 1985) : « Vers minuit [le 7 mai 1945], sur un avion abandonné avec son équipage par le ministre Speer, j'ai décollé d'un champ d'aviation de fortune sans éclairage, sans balisage, avec de l'essence pour 2150 km. Il y a 2300 km jusqu'à l'Espagne, que j'espérais atteindre. » (p. 366).

     

    Plus encore, Léon Degrelle donne de précieux détails explicatifs sur l'avion de l'architecte de la Chancellerie de Berlin stationné à Oslo dans une interview de 1979 : « Le ministre Speer avait prêté son avion particulier [précision importante : voir ci-après] à Terboven, un Heinkel bimoteur qui resta en Norvège avec la capitulation. » (Playboy España, avril 1979, p. 46 ; détail piquant : le même magazine réservé aux adultes publie quelques pages plus loin une longue interview tout aussi exclusive... d'Albert Speer se présentant comme un « ex-leader nazi repenti » ! voir en fin d'article).

     

    Mieux, puisque Rodríguez aime citer le quotidien madrilène ABC, mettons-lui sous le nez l'édition du 14 décembre 1982 présentant une nouvelle interview, où si l'on suit la logique du soi-disant historien Léon Degrelle recorrige la correction de 1969 : « Avec quatre officiers [cette fois, une personne de moins, au lieu d'une en trop !], il s'empara de l'avion du ministre de la Guerre, Speer, et effectua un vol nocturne et héroïque qui s'acheva sur le sable même de la plage de la Concha, à San Sebastián, quand l'appareil, un Heinkel bimoteur, se retrouva sans combustible. Nous volions sans lumières fuyant le feu antiaérien des Français. Quand nous avons aperçu Irún, à seulement quelques minutes de vol, nous avons vu la mort de près. » (Ismael Fuente Lafuente, « Léon Degrelle, la dernière relique du nazisme, écrit ses mémoires à Madrid », in ABC, 14 décembre 1982).

     

     

     

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    Emblème de la Fliegerstaffel des Führers : une tête d'aigle « cartoonisée ». A droite, l'insigne est apposé sur un Focke-Wulf Fw 200, avion de transport civil, militarisé pour le transport de troupes. Quelques-uns de ces appareils intégrèrent effectivement l'Escadrille du Führer pour les déplacements des membres de l’État-Major et de son Chef.

     

     

     

    Voici donc la véritable histoire du Heinkel 111H-23 portant le code TQ + MU mis à la disposition d'Albert Speer en tant que ministre de l'Armement.

     

    L'avion, tout comme l'équipage dirigé par le pilote Albert Duhinger, n'appartenaient pas à la Luftwaffe (détail qui a son importance : voir ci-après), mais à la Fliegerstaffel des Führers, l'escadrille du Führer, composée d'appareils réservés à son usage personnel ou celui des hauts dignitaires du régime dont, bien évidemment, Speer.

     

     

     

    Heinkel Logrono 1.jpeg

     

    Comme tous les appareils de l'escadrille Fliegerstaffel des Führers, le Heinkel 111 du ministre Speer affichait sur son nez l'emblème spécial de l'unité : une tête d'aigle noir (au bec rouge ou noir) dans un cercle blanc bordé de noir : on le distingue encore sur les photos des débris de l'avion entreposés dans les ateliers de l'aérodrome militaire de Logroño.

     

    Heinkel Logrono 2.jpeg

     

     

     

    L'avion se trouvait à Oslo car, ainsi que Léon Degrelle l'explique en avril 1979 (Playboy España), « Le ministre Speer avait prêté son avion particulier à Terboven, un Heinkel bimoteur » à long rayon d'action. Ses réservoirs pleins pouvaient lui assurer une autonomie maximum de 2150 kilomètres, précise l'interlocuteur de J.-M. Charlier en 1976. Et pourquoi cet appareil était-il à Oslo ? Mais très certainement afin de permettre au Commissaire du Reich pour la Norvège –démis de ses fonctions par le nouveau Président du Reich Karl Dönitz– d'assurer son évacuation. Éventuellement vers l'Alpenfestung, la « Forteresse des Alpes », en Bavière, distante de quelque 1750 kilomètres ? « [Speer] l'avait préalablement mis à la disposition du commissaire du IIIe Reich allemand en Norvège, Josef Terboven, et l'avait autorisé à s'en servir. » (José Luis Jerez Riesco, Degrelle en el exilio, p. 13).

     

    Mais Josef Terboven qui avait résolu de mourir sur place plutôt que de quitter son poste, saisit alors l'occasion d'offrir à Léon Degrelle l'appareil mis à son service qui était seul capable de traverser toute l'Europe, avec un équipage qui n'attendait que des ordres pour effectuer sa mission : « Le Dr Terboven m'accueillit en compagnie de son ami le général Reedis. Ils étaient magnifiquement calmes. Pourtant on allait les retrouver tous les deux, le lendemain matin, exsangues, un revolver dans leur main glacée, n'ayant voulu ni l'un ni l'autre remettre la Norvège aux vainqueurs. [...] Le Dr Terboven me dit alors d'une voix grave :

    J'ai demandé à la Suède de vous donner asile. Elle a refusé. Un sous-marin eût pu, peut-être, vous emmener jusqu'au Japon. Mais la capitulation est absolue : les sous-marins ne peuvent plus partir. Il reste ici, en bas de la montagne, à l'aérodrome, un avion privé. C'est l'appareil du ministre Speer. Voulez-vous risquer votre chance, tenter, cette nuit encore, de gagner l'Espagne ? » (La Campagne de Russie, p. 495).

     

    La précision « avion particulier », « avion privé » est importante : échappant à la Luftwaffe, l'appareil n'était pas concerné par les termes de la capitulation. Il est vrai que ce détail ne pouvait avoir de valeur que pour des bureaucrates attachés à la lettre des règlements : pour les contrôleurs aériens, l'avion pouvait encore voler dans l'espace aérien norvégien, mais hors des frontières ou non, le Heinkel n'était qu'un avion ennemi à abattre pour les vainqueurs de l'Allemagne, avant ou après que la capitulation fut effective.

     

    On connaît la suite. Mais pour achever de ruiner la fable grotesque de l'avion-qui-n'était-pas-celui-de-Speer présentée comme vérité biblique par l'historien aux scoops de pétard mouillé, nous observerons que la réalité du Heinkel de fonction du ministre de l'Armement ne fut jamais remise en question par les seuls qui n'auraient pas manqué de le faire : les premiers intéressés !

     

     

     

    Duhinger Albert.jpg

     

    Le pilote Albert Duhinger. Il est possible que ce pilote (qui malgré son âge d'un peu plus de 30 ans n'était qu'Oberfeldwebel, c'est-à-dire sergent-chef) n'ait pas fait partie de l'équipage d'origine du Heinkel 111 d'Albert Speer. Dans ses interviews qu'il publia en 1971, le journaliste Wim Dannau (spécialiste, dans les années 1960, de l'aéronautique pour les hebdos d'ados Spirou et Tintin, il n'hésita pas à escroquer de nombreuses archives de son hôte pour ses éditions lucratives) fait dire à Léon Degrelle dans un français approximatif : « C'est alors que nous sommes tombés sur l'avion de Speer. [...] J'ai cherché dans tous les environs où on pouvait trouver des navigateurs. J'ai repéré un immense type qui s'appelait Albert, qui avait été à Bruxelles à la Luftwaffe et est tellement Bruxellois qu'il était tombé amoureux d'une Bruxelloise. Il avait eu une histoire effroyable et avait été cassé de son grade –pas pour des raisons amoureuses qu'il avait été dégradé– mais en fait, il avait été dégradé pour être trop amoureux. Et Albert, qui est devenu par la suite, Alberto en Espagne, est maintenant un grand pilote en Argentine ! » (Degrelle. Face à face avec le rexisme, p. 99). Concernant l'interdiction de vol consécutive à la capitulation de l'Allemagne, Duhinger a précisé à Georges Gilsoul qu'il affirma à la tour de contrôle devoir conduire son appareil à Trondheim, plus au nord de la Norvège (Gil raconte, décembre 1975). Ce que confirme Léon Degrelle : « Théoriquement, l'équipage conduisait à Trondhjem [ancienne graphie norvégienne] le Heinkel du ministre Speer. Le commandant du champ lui-même ignorerait la destination réelle du bimoteur et la présence de deux passagers clandestins. [...] Toutefois, la capitulation n'entrerait officiellement en vigueur que le lendemain, 8 mai 1945. » (La Campagne de Russie, pp. 494-495).

     

     

    Les membres de l'équipage tout d'abord : ils eurent certainement l'obligation de préciser, lors de leurs interrogatoires, l'origine de l'avion qu'ils devaient piloter, mais il ne fut jamais question en Espagne que de l'appareil d'Albert Speer. De plus, l'infatigable globe-trotter Georges Gilsoul (ce blog au 1er septembre 2024) connut très bien Albert Duhinger, devenu pilote de ligne en Argentine : « Oui, dans la nuit du 7 au 8 août 1945, mon ami le pilote Alberto Duringen [sic], que j'ai bien connu à Buenos Aires entre 1948 et 1974, l'a promené dans l'Heinkel d'Albert Speer, d'Oslo à Saint-Sébastien » (Gil raconte, 20 novembre 1989). Imagine-t-on que si l'avion n'avait pas été celui de Speer, cela n'aurait jamais été mentionné à l'un ou l'autre moment des conversations entre Duhinger/Duringen et son ami réfugié ?

     

    Mieux encore : imagine-t-on qu'Albert Speer lui-même, –qui était loin de porter Léon Degrelle dans son cœur–, n'aurait pas profité de l'occasion de ses multiples publications, conférences et interviews pour moucher celui qui, non seulement se servait de son nom et de son prétendu avion pour donner plus de sel au récit de son évasion, mais se permettait en plus de lui donner des leçons d'honneur et de fidélité ? « Le plus piaffant [des ministres du Reich] était Speer, ministre des Armements, qui retourna complètement sa casaque une fois la guerre perdue, mais qui a été le tout dernier ministre allemand que je vis porteur de l'uniforme brun du Parti et du brassard nazi, le 2 mai 1945, alors que Hitler était déjà mort depuis trois jours. Il éprouva quelque humeur, quand, par la suite, je lui rappelai plutôt sarcastiquement le pavoisement vestimentaire qu'il arborait quand nous nous étions rencontrés, ce jour-là, en pleine apocalypse, près de Flensburg. » (Persiste et signe, p. 337).

     

    Dans La Campagne de Russie, Léon Degrelle avait plaisamment décrit l'agitation du ministre Speer et de son entourage, immobilisés comme lui dans les épouvantables embouteillages bombardés par l'aviation anglaise : « Les centaines de camions en feu bloquaient tout. Le ministre Speer, son auto coincée dans le tohu-bohu, essayait lui-même de dégager la voie. Il était entouré des membres de l'état-major de l'Organisation Todt, vêtus d'éblouissants uniformes couleur pistache et caca d'oie. Ces honnêtes carêmes-prenants faisaient le plus drôle d'effet dans ce tumulte. » (p. 478).

     

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    Nous ne possédons malheureusement que la réponse que le ministre repenti lui envoya le 28 juin 1979 mais, à en juger par son contenu, Léon Degrelle devait l'avoir invité chez lui et sans doute s'était-il rappelé à son bon souvenir en évoquant peut-être leur rencontre dont question ci-dessus, ou plus sûrement l'anecdote du vol à bord de son Heinkel 111 qui l'impliquait, certes indirectement, dans le sauvetage du condamné à mort belge.

     

    Pourtant, Albert Speer ne profita pas de sa réponse pour l'enjoindre de cesser de répandre l'information concernant « son » avion si elle était effectivement fausse : il se contenta de rejeter avec une politesse glacée son invitation. Il avait prétendument trop de travail et puis, qu'auraient-ils eu à se dire puisqu'ils n'étaient en rien d'accord sur « les événements de l'époque »...

     

     

     

    Speer à LD 1979.06.29.png

     

    Le 28 juin 1979, Albert Speer répond par une fin de non-recevoir à une lettre-invitation que Léon Degrelle lui avait adressée à la suite de la publication conjointe de leurs interviews par Playboy en avril 1979. Ce courrier fait aujourd'hui partie des collections du Cercle du Collectionneur : la lettre est froide mais se veut polie (formule de salutation en français) et même compatissante (« la haine qui vous poursuit »). Cette fausse courtoisie culmine avec la photo (nullement dédiée à Léon Degrelle puisque signée six ans plus tôt, le 8 novembre 1973) jointe dans l'enveloppe trop petite pour la contenir sans la plier en deux...

     

    Traduction :

     

    « Albert Speer

    Heidelberg, 28.06.79

     

    Cher Monsieur Degrelle [en français dans le texte],

     

    Votre lettre m’a surpris, car je ne m'y attendais pas. A l'occasion de mes lectures, j'ai pu en apprendre davantage sur votre destinée. Y compris sur la haine qui vous poursuit.

     

    Vous avez certainement lu dans mon livre mon point de vue sur les événements de l'époque ainsi que sur le procès de Nuremberg. Mon point de vue n’a pas beaucoup changé.

     

    Je pense que nous ne sommes pas d’accord sur ce point. Mais je respecte aussi votre point de vue, tout comme, ainsi que je crois le comprendre à travers vos lignes, vous respectez le mien.

     

    Il est peu probable que je vienne en Espagne. Je travaille sans relâche et je viens d'écrire un livre sur mon architecture, publié par les éditions Propyläen Verlag  écrire un livre », c'est beaucoup dire : dans le bouquin en question, Albert Speer. Architektur, Arbeiten 1933-1942 (1978), Albert Speer s'est contenté de signer un préambule de deux pages, l'ouvrage proprement dit de quelque 180 pages richement illustrées étant en fait constitué de contributions de Karl Arndt, Georg Friedrich Koch et Lars Olof Larsson].

     

    Avec mes sentiments cordiaux,

     

    Votre

    [signé Albert Speer] »

     

     

     

    À suivre

     

     

     

  • Sous le manteau du Caudillo [1]

     

    Léon Degrelle en Espagne : du tourisme sexuel ?

     

    La 41e Correspondance du Cercle des Amis de Léon Degrelle nous avait mis en garde à propos de la publication d'un nouvel ouvrage apparemment consacré à Léon Degrelle (une photographie inédite prise à La Carlina dans les années cinquante en fait la couverture), Bajo el manto del Caudillo (« Sous le manteau du Caudillo [Franco] », par un certain José Luis Rodríguez Jiménez : « Internet nous apprend que l'auteur est un professeur d'université, spécialiste de l'extrême-droite et des fascismes ?! Sans doute du même type que ceux que nous subissons en France ou en Belgique, tels les Balace, Colignon, Milza, [...] Tout un programme ! » (ce blog au 6 juillet 2024).

     

    En plein dans le mille ! Nous avions en effet déjà été prévenus par un article à sensation du quotidien espagnol en ligne El Mundo, le 22 mars dernier, annonçant le bouquin : Léon Degrelle : les cinq femmes (dont une duchesse) du nazi que Franco protégeait !

     

    Présentant ces prétendues révélations historiques, –évidemment orientées, c'est-à-dire politiquement correctes !–, le journaleux de service en faisait d'emblée un résumé digne des dénonciations #MeToo : « Marié et père de cinq enfants, le leader du mouvement fasciste belge, condamné à mort dans son pays après la Seconde Guerre mondiale, se souciait peu que sa femme soit condamnée à cinq ans de prison pour collaboration. Il a trouvé dans l'Espagne de Franco un refuge paisible, où il eut l'occasion de faire fortune et d'entretenir des relations avec quatre autres femmes, parmi lesquelles, la duchesse de Valence et la phalangiste, membre de la Section féminine, Clara Stauffer Loewe. [...] Et ce n'est pas un hasard si les autres femmes avec lesquelles il a eu des relations avaient des moyens économiques confortables. »

     

     

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    Du journal en ligne El Mundo, le 22 mars 2024 :

    « Catholique, excellent orateur, décoré par Hitler lorsqu'il mit son parti, Rex, au service des nazis, et condamné à mort par contumace en tant que traître à sa patrie, il vécut heureux en Espagne, protégé et étroitement surveillé par la police du régime. C'est grâce au contrôle permanent dont il a fait l'objet qu'il a été possible de suivre bon nombre de ses déplacements depuis son atterrissage spectaculaire le 8 mai 1945 sur la plage de La Concha à San Sebastián jusqu'à sa mort à Malaga, en 1994.

    Dans Sous le manteau du Caudillo (Alianza), l'historien José Luis Rodríguez Jiménez a reconstitué son séjour en Espagne, les différentes résidences qu'il a eues (certaines luxueuses, comme le domaine La Carlina, à la périphérie du village sévillan de Constantina) et les (au moins) cinq femmes avec lesquelles il a partagé quelques périodes de sa vie trépidante. »

     

    Précisons, s'il le fallait encore, qu'Adolf Hitler remit personnellement les plus hautes décorations militaires allemandes à Léon Degrelle, non parce que ce dernier lui aurait offert le mouvement Rex, mais pour sa conduite héroïque au front de l'Est (ce blog, entre autres, au 21 juin 2018). Quant à sa condamnation à mort, elle fut prononcée par un tribunal belge d' « épuration » appliquant des lois arbitraires avec effet rétroactif (ce blog aux 24 janvier 2023 et 10 avril 2024).

    Sur le crash de son avion à San Sebastián, voir ce blog aux 20 mai 2016 et 18 juin 2020 ; et sur la merveilleuse propriété de La Carlina, le 23 octobre 2022.

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    Parmi ces femmes aux revenus « confortables » figura apparemment quelqu'une dont jamais personne n'avait entendu parler jusqu'ici, Hélène Cornette. Voici, reprenant les informations de l'auteur du bouquin, ce que nous en dit El Mundo : « Au début des années 1950, alors qu'elle a 44 ans et lui 46, Degrelle rencontre la Parisienne Hélène Cornette, collaboratrice du IIIe Reich, condamnée par contumace en 1948 à cinq ans de prison, à 100 000 francs d'amende et à la confiscation, au profit de l’État, de ses biens présents et futurs. Mariée depuis les années 1930 au policier Pedro Urraca, elle partage avec Degrelle un passé similaire, avec le souvenir de la Seconde Guerre mondiale, leurs expériences de vaincus et de condamnés et les liens avec la Belgique, et ils partagent le diagnostic politique du danger posé par l'URSS. Leur idylle, bien que saisonnière, durera plusieurs années, au cours desquelles elle se rend régulièrement dans la propriété La Carlina.

    Cependant, soit elle décida que cette relation avait déjà été trop loin pour une étrangère, bien que disposant d'un passeport espagnol, exilée et qui voulait conserver les avantages de sa vie conjugale, soit il avait déjà entamé une relation, avec une autre femme, fille d'un antiquaire, ce qui n'a plu ni à ses filles, ni à Clarita, ni à Hélène”. »

     

     

     

    Bajo Cornette centrée.jpegLe fils d'Hélène Cornette, Jean-Louis, a confié à José Luis Rodríguez Jiménez cette photo de sa mère prise dans les jardins de La Carlina, la propriété andalouse de Léon Degrelle.

    L' « historien » illustre, en bas de page, ses qualités cancanières par ce récit pseudo-biographique où se distinguent surtout ses interprétations gratuites :

     

    Bajo Cornette coupée.jpeg

    « Le travail de Degrelle ne devait pas être trop fatigant car il ne cessait de développer ses relations sociales par des voyages à Madrid où une chambre lui était réservée dans la maison de Clara Stauffer, et d'écrire. Et comme il se sentait en sécurité et qu'en plus, il était imprudent et mégalomane, il décida, en 1952, de publier en espagnol Les Âmes qui brûlent, Notes sur la paix, la guerre et l'exil. Ce livre démontre que Degrelle avait cessé de craindre la justice belge et était impatient de se faire entendre afin qu'on reparle de lui comme dans les années trente. » (p. 236).

     

     

     

    Mis en appétit par ces détails pour le moins piquants, comment ne pas se précipiter sur ce livre qui s'annonce fort croustillant ? Croustillant, et certainement fondé sur une documentation rigoureusement vérifiée puisque l'auteur, José Luis Rodríguez Jiménez, se targue d'être Docteur en Géographie et Histoire, de disposer d'un diplôme en Défense nationale délivré par l'université de l'Armée et d'enseigner l'histoire contemporaine et l'histoire du terrorisme à l'Université Roi Juan Carlos ! Ce bouquin, nous prévient-il en effet dans la note de présentation en quatrième de couverture, « propose le résultat de décennies d'investigation » (« décadas » au pluriel, donc au moins deux fois dix ans !)...

     

    Nous avons déjà relevé, dans notre première évocation de l'ouvrage (ce blog au 6 juillet 2024), que l'Universidad Rey Juan Carlos s'était jusqu'ici surtout illustrée par la délivrance de diplômes de complaisance. Par exemple, ceux dont s'enorgueillissaient la ministre de la Santé, le président du Parti populaire et la présidente de la région de Madrid. Mais Wikipédia en rajoute des couches, dénonçant les diplômes de criminologie achetés par plus de deux cents « étudiants » policiers et révélant aussi la démission obligée du recteur de ladite université dont la thèse de doctorat n'était qu'un plagiat !

     

    C'est donc en digne collaborateur de cette université bidon, que le Prof. Rodríguez prétend « suivre les traces » de Léon Degrelle dans son pays, en rappelant l'origine de sa thèse de doctorat sur l'extrême-droite espagnole : la célébration à Madrid du centenaire de la naissance d'Adolf Hitler (voir à ce propos ce blog au 15 mars 2024).

     

    Le lecteur ressort quand même assez consterné des précisions détaillées par le pseudo-historien dans son Introducción sur cet événement : non seulement il orthographie fautivement le nom d'Ewald Althans (« Althaus », y compris dans l'index), le chef des jeunes de la Deutsche Freiheitsbewegung du Général Otto Remer, mais il fait de l'époux néerlandais (né dans l'île de Java, appartenant alors aux Indes néerlandaises) de la néerlandaise Florentine Heubel, Meinoud Rost van Tonningen, chef du Mouvement national-socialiste néerlandais et président de la Banque des Pays-Bas, un... « leader nazi danois » (p. 13) !...

     

    Voilà qui promet ! D'autant que le peu scrupuleux codicologue n'arrêtera pas d'appeler, dans son étude prétendument historique, Léon-Marie, le fils unique de Léon Degrelle (ce blog au 26 février 2016),... « Jean-Marie » ! Et ce, aux pages 256 (trois fois), 260 (deux fois), 386 (deux fois) et dans l'index, p. 411. Le pire (ou le plus marrant), c'est que le Rodríguez ose donner aux autres des leçons de rigueur onomastique : « le personnel administratif qui a rempli ces documents s'est trompé en transcrivant différents noms de famille ou a confondu noms et prénoms » (p. 127) ; « la mort du fils de Degrelle [était annoncée dans la presse étrangère] avec toutes sortes d'erreurs (le fils apparaissait avec des noms différents [...] » (p. 257) !!!

     

     

    Bajo Tombe Jean. Marie 2.jpeg

    Le malheureux Léon-Marie non seulement a perdu la vie précocement, à peine âgé de dix-huit ans, mais il perd aussi aujourd'hui son nom, par l'incompétence d'un prétentieux professeur d'université espagnol, clone (presque aussi pénible, mais, plus jeune, il a donc encore de l'avenir !) de notre pontifiant Francis Balace (ce blog, entre autres, au 6 juillet ou au 8 novembre 2019) !

     

    Dans le texte qu'on peut lire sous la photo, Rodríguez reprend la version invraisemblable d'Anne [Degrelle] Lemay) : « Apparemment, la mère n'en voulut pas à son ex-mari de la perte de son fils et résolut d'envoyer sa fille Anne pour le consoler » (p. 260).

     

    Sur la stratégie de Marie-Paule Lemay pour obtenir ses papiers de divorce, nous renvoyons à notre article du 13 mars 2023. On y trouvera également clairement exprimé son sentiment sur la mort de son fils, dans une lettre virulente à sa belle-sœur Marie, religieuse au couvent des Visitandines, à Paliseul, non loin de Bouillon : « Je l'accuse [Léon Degrelle] de m'avoir pris mon enfant et lui impute la responsabilité totale de sa mort ». Cette incrimination définitive est pourtant citée dans Degrelle en el exilio, de José Luis Jerez Riesco, dont Rodríguez se sert abondamment, notamment p. 379.

     

     

    Mais revenons aux aventures de Léon Degrelle, Don Juan exilé qui, caché sous le manteau du chef de l’État espagnol, aurait passé ses vacances forcées à séduire les plus riches beautés hispaniques, de la Duchesse de Valence à la fille du propriétaire des célèbres bières Mahou, en passant par... la femme française d'un fonctionnaire de police espagnol. Déjà, on s'interroge sur le casting : Léon Degrelle courait-il vraiment après les sous de cette désargentée ? On vient de lire en effet qu'elle était ruinée et n'avait à partager avec son prétendu amant que ses souvenirs de persécution et sa crainte des Soviets...

     

    En parcourant le bouquin, nous nous rendrons vite compte que le « cas Léon Degrelle » est assez mince et est loin de pouvoir occuper ses 400 pages. Pour se donner de la consistance, le propos a dû s'élargir : le sous-titre évoquera donc les « nazis, fascistes et collaborateurs » ayant trouvé refuge « dans l'Espagne franquiste », Léon Degrelle n'étant plus qu'une sorte de détail de l'histoire (si on ose dire !), son « personnage servant de fil rouge à cet essai » (note de couverture), car son histoire « nous permet de connaître les mécanismes de protection des nazis réfugiés chez nous, c'est-à-dire l'intervention des autorités, mais aussi des personnes qui, faisant partie du régime ou non, ont pris des décisions au niveau individuel en faveur des demandeurs d'asile auxquels les unissaient des liens idéologiques et personnels » (p. 16).

     

    Quel embrouillamini pour ne jamais dégager aucun « mécanisme de protection », mais des rencontres et des amitiés engendrant réactions, prises de position, initiatives au cas par cas... Encore eût-il été intéressant, voire indispensable, que le prof de cette université, tout de même abracadabrante, ait défini plus clairement ce qu'il entend par « nazis réfugiés chez nous » car son corpus d'étude englobe également sans sourciller aussi bien le général français Raoul Salan, partisan de l'Algérie française, l'archiduc Otto de Habsbourg, héritier de l'Empire austro-hongrois, ou Juan Perón, président d'Argentine... Dame ! Il fallait bien remplir le bouquin...

     

     

    Les ragots qui font les certitudes d'un « prof d'unif »

     

    C'est que le but de l'ouvrage serait finalement d'apporter sa contribution –dérisoire en définitive– à l'entreprise sans fin de démonisation absolue du national-socialisme : « De plus, l’œuvre écrite de Degrelle et ses déclarations aux médias internationaux ont joué et continuent de jouer un rôle important dans la spécialisation du néonazisme dans la négation de l'extermination de groupes de populations par le régime nazi et ses alliés, afin d'exonérer de leurs responsabilités ceux qui la planifièrent et l'exécutèrent. C'est pour cela que dans ce livre qui est le fruit de décennies d'investigation sur ce thème général, j'ai principalement suivi ses traces. » (p. 16).

     

    Malheureusement, la méthodologie développée par le docte académicien pendant ses décadas de recherche, n'est pas non plus très assurée, laissant errer ses observations dans l'imprécision, l'incertitude, le flou, ouvrant la porte aux supputations gratuites. Nous n'avons que parcouru tout ce qui ne nous paraissait pas concerner directement Léon Degrelle. Suffisamment tout de même pour nous faire une opinion ! Des exemples ?

     

    « Dans ces conditions, il paraissait logique [pour les Alliés] de penser que l'Espagne serait très probablement le pays européen où les nazis s'étaient déjà organisés, ou allaient le faire, pour transformer le territoire en base d'opérations [nazies] car c'était là que cherchaient refuge les cadres dirigeants du nazisme alors que sonnait l'heure de l'effondrement du Troisième Reich » (p. 107).

     

    « Néanmoins, au cours de l'année 1946, les recherches des Alliés permirent la découverte d'importantes quantités d'argent cachées en d'autres endroits [que l'ambassade d'Allemagne en Espagne] par des diplomates et autres agents allemands, peut-être à des fins personnelles bien qu'à cette époque, on pouvait supposer qu'il s'agissait d'une réserve secrète constituée à des fins politiques. » (p. 108).

     

    « Étant donné qu'on n'a pas trouvé de documents dans lesquels Franco prendrait position à ce sujet [la protection de réfugiés du Reich] ou donnerait des ordres concernant une personne en particulier, on peut supposer qu'il communiquait ses décisions verbalement, principalement à son cousin, le général Francisco Franco Salgado-Araujo, chef de la Secrétairerie militaire et personnelle du chef de l’État, qui les transmettait aux ministres des Affaires étrangères Lequerica et Artajo, et appliquait les différentes recommandations en faveur des réfugiés. » (p. 123).

     

     

    Lequerica PR 1939.04.11.png

    José Félix de Lequerica (1890-1963), phalangiste de la première heure, fut ambassadeur d'Espagne en France de 1939 à 1944 (photo de la présentation de ses lettres de créance dans Le Pays réel du 4 novembre 1939). Devenu ministre des Affaires étrangères en août 1944, il « arrache au Caudillo l'autorisation de recevoir en Espagne [les ministres français] Pierre Laval et [...] Abel Bonnard » (Olivier Mathieu, Abel Bonnard, une aventure inachevée, Postface de Léon Degrelle, Avalon, 1988, p. 326). Nous ignorons si Lequerica intervint auprès de Franco pour le cas de Léon Degrelle, mais, choqué du sort qui fut réservé à Pierre Laval livré aux Français et après qu'il eut empêché l'extradition d'Abel Bonnard, il ne fut sans doute pas contre le maintien sur le sol espagnol du condamné à mort belge dont il avait efficacement aidé la libération des prisons françaises en 1940 et qu'il avait alors rencontré à Vichy (voir ci-après).

     

     

    « Il semble donc raisonnable de penser qu'à partir de son poste de chef de l'Office central de la Sécurité du Reich et chef de la SS et avec un service de renseignement à ses ordres, Himmler a continué [de 1942 à 1944] de donner des ordres pour préparer des filières d'évasion. » (p. 137).

     

    « On pourrait imaginer que Carlos Fuldner était entré en contact avec l'ambassadeur d'Argentine à Madrid et qu'il reçut son aide pour la création d'une filière d'évasion pour les nazis car le groupe de colonels argentins à l'origine du putsch militaire, et surtout Perón déjà président, considérait leur persécution comme injuste, de même qu'était jugé historiquement anormal le fait de créer un tribunal international pour juger les principaux dirigeants du Troisième Reich. » (p. 145).

     

    « Il est fort possible qu'on ait fait disparaître des archives espagnoles, il y a déjà de nombreuses années, les documents relatifs à la fuite de nazis. » (p. 147).

     

    « A propos du trésor des Oustachis, des fleuves d'encre ont coulé, mais il est permis de supposer [...] que certains biens ont été cachés au Vatican » (p. 150).

     

    « Il semblerait que l'argent [nécessaire à l'ouverture du restaurant Horcher à Madrid] aurait été procuré par le bureau d'espionnage des SS afin de servir de point de rencontres sociales pour les Allemands de Madrid et de lieu de coordination pour les agents de l'espionnage » (p. 158).

     

    « Même s'il n'y a pas de documents pour le prouver, le Haut État-Major [de l'armée espagnole] a dû autoriser le séjour en Espagne d'un personnage beaucoup plus remarquable et connu que Darquier de Pellepoix : Karl Bömelburg, le chef de la Gestapo en France et, comme tel, responsable de nombreux crimes, y compris de la déportation de juifs dans les camps d'extermination. Il est difficile d'imaginer que le Haut État-Major ait ignoré sa présence sur le sol espagnol et, dans son cas, l'absence de documentation constitue en effet la preuve d'un travail bien fait » (p. 201).

     

     

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    « Néanmoins, certains promoteurs de la légende Skorzeny ont affirmé qu'à la fin des années quarante, il serait arrivé en Argentine par la voie italienne, et que là, il prit contact avec d'autres réfugiés allemands, comme le pilote de chasse Hans-Ulrich Rudel et l'ingénieur en aéronautique et pilote d'essai Kurt Tank, travaillant tous deux comme conseillers de Perón. Après une série d'aventures amoureuses avec plusieurs femmes d'influence – y compris Eva Perón –, Skorzeny retraversa l'océan pour s'installer en Espagne. Ce qui est certain, c'est que les autorités espagnoles ont gardées secrètes les circonstances de son arrivée dans le pays. » (p. 214).

     

     

     

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    Si Juan Domingo Perón figure dans ce livre sur les « fascistes [...] dans l'Espagne franquiste », c'est que le président argentin fut –péché capital !– un « admirateur du nazisme » (p. 132).

    En voici une photographie dédicacée à Georges Gilsoul (1922-1997) qui prit cette autre photo du couple en exil (copies de mauvaise qualité extraites des bulletins ronéotypés Gil raconte envoyés à compte d'auteur, à travers toute l'Europe).

     

    Georges Gilsoul s'engagea in extremis (le 2 juillet 1944 !) dans la Division SS Wallonie, recruté par Léon Degrelle en personne dans l'usine de Leipzig où il effectuait son Service du Travail Obligatoire. Envoyé sur le front de Poméranie où il participa aux féroces combats d'Altdamm et de l'Oder, il échappa encore aux pelotons d'exécution de l'épuration. Il devint après la guerre un des meilleurs propagandistes et diffuseurs des écrits degrelliens interdits de vente en Belgique (quelque 900 Degrelle m'a dit, autant de Lettres à mon Cardinal, solde des Cohue de 1940 et Campagne de Russie sauvés du pilon...).

     

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    Grand amateur de ragots, le spécialiste des dessous de l'Espagne franquiste, fait non seulement d'Otto Skorzeny l'amant d'Evita Perón, mais d'un milliardaire allemand proche des services secrets nazis, le responsable des succès électoraux des péronistes (54 % en 1946, 67 % en 1967) et non leur programme de redressement économique et de justice sociale. L'action présidentielle de Juan Perón se réduirait finalement à faire de son pays « la destination préférée des nazis, fascistes et collaborateurs en fuite [...], en ce compris Hitler, Goebbels et quelques-uns de leurs fidèles, dans les derniers jours de la guerre » !... (p. 137).

     

    On aura compris que de tels renseignements s'alimentent, comme tout le livre, de n'importe quel racontar. Ainsi du domicile madrilène du fondateur du justicialisme : « Par la suite, grâce à un cadeau de plusieurs amis –c'est du moins ce qu'on raconte– Perón, protégé par la Garde Civile, résidait en tant que propriétaire, dans le quartier de Puerta de Hierro, d'un cinquième étage à trois niveaux, avec sa secrétaire devenue son épouse, connue sous le petit nom d'Isabelita, c'est-à-dire Isabel Martínez de Perón, et plusieurs chiens. » (p. 351).

     

     

     

    Ragots degrelliens

     

    On ne sera pas étonné, en lisant les pages consacrées à Léon Degrelle, de constater de semblables approximations, interprétations malveillantes, affirmations gratuites, ragots... Un florilège.

     

     

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    « [Léon Degrelle] s'était marié avec une femme française, de famille très riche, et le couple faisait habituellement ses courses à Paris » (p. 60).

     

    « Degrelle se sentit flatté par la place que le Führer lui avait faite dans son agenda [mais] pour l'opinion publique belge, Rex était devenu une succursale du nazisme » (p. 60).

     

    « Ce qui est intéressant [dans le résultat des élections de 1937 Van Zeeland contre Degrelle], c'est que cet événement inattendu du tous contre un laissa une trace profonde chez le leader rexiste et permet d'expliquer sa dérive pronazie » (p. 61).

     

    « A partir de janvier 1940, [...] Degrelle allait recourir de plus en plus aux théories du complot pour expliquer ce qui était en train de se passer » (p.63).

     

    « une série d'extrémistes de droite fascisés et fanatiques du Troisième Reich, parmi lesquels José Finat qu'il a dû connaître en Espagne et, par la suite, visiter quand il fut ambassadeur à Berlin » (p. 67).

     

    « Degrelle élargit le cercle de ses amitiés espagnoles au cours de l'hiver 1938, [...] de nouvelles amitiés qui pourraient se montrer disposées à l'aider dans le futur » (p.77).

     

    « Je ne dispose pas d'éléments concrets sur la relation entre [Léon Degrelle et Clarita Stauffer] à cette époque, mais [...] il ne fait pas de doute qu'ils avaient à tout le moins établi une solide relation d'amitié » (p. 83).

     

    « Il est évident que [dans La Campagne de Russie,] Degrelle passe sous silence de nombreuses choses qu'il a dû voir et entendre » (p. 94).

     

    « Le plus probable est que [Léon Degrelle] dut faire face aux frais [de La Carlina] grâce au soutien économique de certaines amitiés ou que ces mêmes amitiés le recommandèrent pour qu'il obtienne sans caution un emprunt bancaire à taux réduit » (p. 232).

     

    Mais faut-il s'embarrasser de vérifications rigoureuses à propos de Léon Degrelle, alors qu'il importe surtout de le salir en s'inscrivant docilement dans la tradition de l'histoire correcte, telle que doit désormais l'enseigner l'université ?

     

    Le Cercle des Amis de Léon Degrelle l'avait immédiatement subodoré : Rodríguez s'inscrit effectivement dans la ligne des Balace, Colignon et autres magouilleurs de l'Histoire.

     

    Tel donc le clownesque « Prof » Francis Balace à la déloyauté arrogante chevillée au corps, il faut inlassablement répéter que Léon Degrelle est un menteur et un mythomane : « Il n'est pas un historien sérieux qui puisse accorder la moindre créance à la mauvaise foi continuelle de Léon Degrelle et de son hypertrophie du moi » (ce blog au 30 juin 2016). Ce qu'exécute donc scrupuleusement Rodríguez puisqu'il est « historien » diplômé !

     

    Aussi s'en donne-t-il à cœur joie, concurrençant même Balace dans ses litanies de vaines invectives : « un personnage égocentrique et souvent menteur » (p.57) ; « malgré son narcissisme» (p.66) ; « fidèle à lui-même, Degrelle n'a pas manqué d'exagérer » (p. 76) ; « Bien qu'il soit certain que Degrelle exagère » (p. 96) ; « Degrelle était un égocentrique qui mentait, manipulait et exagérait » (p. 173) ; « c'était un imprudent mégalomane » (p. 216),...

     

     

    Léon Degrelle s'inventerait des amis

     

    Pour établir ses contre-vérités, Rodríguez n'hésite pas à recourir à l'argument d'autorité pour discréditer les assertions de Léon Degrelle qui lui paraissent d'évidence incroyables et relevant donc de la folie des grandeurs ! Ainsi veut-il ruiner le rapport du tout premier interrogatoire du nouveau patient de l'Hôpital Mola par le commissaire de la police secrète de San Sebastián (Cuerpo General de Policia) à l'intention de la Direction Générale de la Sécurité à Madrid :

     

    « Blessé et mal en point, mais fidèle à lui-même, Degrelle n'a pas manqué d'exagérer un peu devant le commissaire de San Sebastián qui ajouta les propos suivants à son rapport : Il dit qu'il s'est battu pour notre Guerre de Libération, en lui envoyant les meilleurs de ses hommes. Qu'il est un ami du Généralissime Franco, de M. Lequerica et du Général Muñoz Grandes, mais qu'il ne veut absolument pas les déranger puisque lui-même et ses compagnons sont venus délibérément en Espagne pour se livrer, en tant que soldats allemands, aux Autorités afin d'être internés”. » (p. 76).

     

    Quoi ! Léon Degrelle ose prétendre être « l'ami » de personnalités parmi les plus éminentes de l’État espagnol ? Quel mégalomaniaque !...

     

    Ses décadas de recherches n'ont manifestement pas permis à l'universitaire soldé d'apprendre que Léon Degrelle –qui visita en hôte d'honneur, du 2 au 14 février 1939, les principaux lieux de combats des troupes nationalistes (Madrid, Tolède, Barcelone,...)– fut longuement reçu par le Général Franco en personne dans son quartier général de Saragosse, le 9 février 1939. Franco connaissait en effet Rex et Léon Degrelle depuis longtemps, ainsi qu'il le manifesta à l'envoyé spécial du Pays réel, René Lust, en 1936. Il faut préciser que Léon Degrelle entretenait également, depuis 1933, des relations suivies avec José Antonio Primo de Rivera, le chef de la Phalange, qui lui signa la toute première carte de membre de la Phalange de l'étranger (ce blog au 31 mars 2021).

     

     

     

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    Le Général Franco, lui confiant son portrait dédicacé pour le quotidien rexiste, déclara à René Lust, envoyé spécial du Pays réel : « Vous direz à votre chef, Léon Degrelle, que je suis très sensible à cette visite. J'aurais voulu le recevoir lui-même et lui dire mon admiration. Je connais bien le mouvement rexiste ; est-il besoin de vous dire qu'il a toute ma sympathie ? Je suis sûr que Rex gagnera sa bataille comme nous gagnerons la nôtre, car le rexisme est une mystique et la foi force la victoire. » (Le Pays réel, 23 septembre 1936).

     

     

    Le docteur ès carabistouilles, ignore évidemment aussi que José Félix de Lequerica, ambassadeur d'Espagne en France, fit la connaissance de Léon Degrelle, déporté par le gouvernement belge dans le camp de concentration français du Vernet (ce blog aux 30 avril 2017 et 28 septembre 2022), immédiatement après sa libération et sa prise en charge par Pierre Daye qui avait remué ciel et terre pour le retrouver. S'arrêtant à Vichy, sur le chemin du retour le 24 juillet 1940, Pierre Daye présenta Léon Degrelle à son ami Lequerica qui l'avait accompagné auprès de Franco en avril 1938. Ils dînèrent tous ensemble à l'Hôtel des Ambassadeurs abritant le corps diplomatique accrédité auprès du Maréchal Pétain. Léon Degrelle put non seulement le remercier chaleureusement pour son intervention ayant grandement facilité la mission libératrice de Pierre Daye, mais également attirer son attention sur la présence de nombreux autres Belges innocents dans les geôles françaises (dont l'écrivain Paul Colin, directeur du Nouveau Journal), afin de hâter leur libération (Le Soir, 30 juillet 1940). Les deux hommes se revirent encore en juillet 1944 à Paris où ils dînèrent à l'Hôtel Claridge.

     

     

     

    Munoz+AH.jpeg

    Après l'annonce de son rappel en Espagne par le Caudillo, le Général Agustín Muñoz Grandes est reçu, le 13 décembre 1942, par Adolf Hitler à la « Tanière du Loup », le Quartier Général de l'armée allemande sur le Front de l'Est. Le Führer vient d'ajouter les Feuilles de Chêne à la Croix de Chevalier de la Croix de Fer du général espagnol, faisant de lui le second des huit récipiendaires non-Allemands de cette prestigieuse distinction, avec Léon Degrelle qui en sera l'ultime bénéficiaire.

     

     

    Quant au Général Agustín Muñoz Grandes, comment Léon Degrelle ne l'aurait-il pas connu puisqu'il fut le commandeur de la Division Azul des Volontaires espagnols au Front de l'Est jusqu'en décembre 1942. Avant de rentrer à Madrid, rappelé par Franco, il fut l'un des rares étrangers, avec Léon Degrelle, à recevoir des mains d'Adolf Hitler, en son Quartier Général de Rastenburg le 13 décembre 1942, la Croix de Chevalier de la Croix de Fer avec Feuilles de Chêne.

     

    On a vu que Léon Degrelle partageait les idéaux de la Phalange –si proche de Rex– dont Muñoz Grandes avait été le ministre-secrétaire général avant de s'engager dans la croisade antibolchevique. C'est donc avec joie qu'il accueillit dans sa Division Wallonie, au moment des derniers combats de Poméranie, partie des Légionnaires espagnols ayant refusé de quitter le front après la dissolution de leur division d'infanterie décidée par Franco en mars 1944 (Ángel González Pinilla, La Legión clandestina, Españoles en la Wehrmacht y las Waffen-SS 1944-1945, p. 136). Muñoz Grandes lui gardera une fidèle reconnaissance pour avoir contribué à préserver ses hommes d'une funeste dispersion dans les diverses unités de la Wehrmacht et de la Waffen-SS.

     

     

     

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    Des Bourguignons de la Division SS-Wallonien fraternisent avec leurs nouveaux camarades espagnols ayant choisi de poursuivre la croisade antibolchevique à leurs côtés. « Combien d'Espagnols rejoignirent la Division wallonne ? Comme tout ce qui concerne la participation espagnole durant les derniers mois de la guerre, les chiffres varient significativement selon les sources. [...] Un autre calcul de la composition de la compagnie espagnole vient du SS-Ustuf Albert Steiver, chef de la 1. Kompanie du I Bataillon du SS Freiwilligen-Grenadier-Regiment 70, qui l'estime à deux cent quarante espagnols divisés en trois groupes en provenance de Berlin [...], plus un autre de cent vingt en provenance de Vienne. » (Ángel González Pinilla, La Legión clandestina, Españoles en la Wehrmacht y las Waffen-SS 1944-1945, p. 141).

     

     

    Le tout premier témoignage que nous possédons de l'atterrissage en catastrophe de l'avion de Léon Degrelle sur la plage de San Sebastián est celui d'un habitant proche du rivage, réveillé en sursaut et accouru en pyjama : « La mer s'engouffrait dans la cabine engloutie et nous arrivait à la moitié du corps. Sur la plage, devant les chalets et les auberges, quelques gardes civils faisaient de grands gestes. Presque tout le monde était blessé. Les blessures apparemment les plus graves de Degrelle semblaient venir des brûlures causées par l'explosion. Il se plaignait beaucoup de l'épaule. La première chose que demanda Degrelle fut de savoir s'il était en Espagne et quand on lui répondit que oui, il baragouina qu'il était un ami de Muñoz Grandes. » (témoignage de Jesús Jiménez, in Félix Elejalde Aldama, La Aviación en Guipuzcoa (1908-1996), p. 125).

     

    Pourquoi ne fut-il pas immédiatement question là de Franco et de Lequerica, connus tout aussi bien de Léon Degrelle, si pas mieux que Muñoz Grandes ? S'adressant à un civil espagnol, le blessé a-t-il pensé qu'invoquer le Caudillo lui-même aurait suscité l'incrédulité ? Que le nom de Lequerica, un ambassadeur à l'étranger, était inconnu et n'aurait produit aucune impression ? Alors que, portant l'uniforme allemand, il ne pouvait qu'éveiller l'intérêt et attirer la sympathie en invoquant le nom vénéré du Commandeur des Espagnols combattant sous l'uniforme allemand ?... Quelques jours plus tard, soigné à l'Hôpital militaire Général Mola de San Sebastián et interrogé par un fonctionnaire de l’État espagnol, Léon Degrelle joua cartes sur tables et donna les noms de tous ceux dont il pouvait légitimement penser se prévaloir de l'amitié. Mais c'est aujourd'hui, quatre-vingts ans plus tard, qu'il suscite l'incrédulité et le sarcasme de prétendus historiens balayant de la main les faits historiques qui les dérangent...

     

     

     

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    Si la presse belge multiplie les fausses informations destinées à entretenir la pression sur le gouvernement pour obtenir l'extradition de son plus célèbre condamné à mort (ici, en première page du quotidien socialiste Le Peuple, le 22 juin 1947), force est de constater que les noms cités sont bien choisis : Ramón Serrano Suñer (1901-2003), ministre de l'Intérieur et beau-frère de Franco, de la même génération, des mêmes goûts culturels et artistiques, des mêmes aspirations spirituelles et politiques que Léon Degrelle, lia des liens de profonde amitié avec le chef de Rex dès leur première rencontre, le 7 février 1939. Il lui fut d'une aide précieuse et constante après-guerre.

     

    Raimundo Fernández Cuesta (1896-1992), ministre de l'Agriculture, un peu plus âgé, également rencontré lors du voyage de 1939, phalangiste convaincu, resta aussi toujours fidèle à Léon Degrelle (il figurera ainsi, tout comme Serrano Suñer, parmi les invités de marque au mariage de Marie-Christine Degrelle, le 9 octobre 1969).

     

    Agustín Muñoz Grandes (1896-1970) manifesta toujours son soutien et sa sympathie à son frère d'armes condamné à mort dans son pays par une justice expéditive. Leurs relations, sans avoir de caractère particulièrement intime, furent néanmoins toujours sincèrement chaleureuses. En témoigne ce télégramme du 7 avril 1961, envoyé à Léon Degrelle en réponse à ses inquiétudes concernant sa santé : le Capitaine Général du Haut Etat-Major de l'armée espagnole venait de subir une intervention chirurgicale délicate (ulcère gastro-duodénal) : « A l'occasion de mon retour à la vie officielle, je tiens à vous remercier de l'intérêt que vous portez à mon état de santé. Je me porte très bien. Avec mes salutations les plus cordiales. Muñoz Grandes »

     

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    À suivre

     

  • Alain Delon (1935-2024)

     

    Disparition d'un ami de Léon Degrelle

     

    A 88 ans, Alain Delon vient de nous quitter, à peine plus âgé que son ami Léon Degrelle.

     

    Zorro Affiche.jpgC'est en 1974, lors du tournage en Espagne du film Zorro, réalisé par Duccio Tessari que les deux hommes se rencontrèrent pour la première fois. Tessari est un réalisateur italien qui quitta le genre Péplum pour le Western. Zorro est probablement le film qui, grâce à Alain Delon, permettra à son nom de laisser une trace dans l'histoire du cinéma.

     

    Le directeur d'une entreprise de robots de cuisine, en relation d'affaires avec le dernier Commandeur de la Légion Wallonie, l'invita à assister à une séance de tournage du film à Colmenar Viejo, non loin de Madrid, ouvrant sur la Sierra de Guadarrama dont les paysages sauvages ont fourni le décor de tous les western-spaghetti.

     

    La rencontre entre les deux hommes orchestrée par ce riche industriel basque (ce blog au 23 octobre 2022) suscita dans l'instant une amitié qui ne demanda qu'à s'approfondir. Et ce qui ne devait être qu'une visite anecdotique se prolongea durant trois jours entiers où Léon Degrelle devint l'inséparable compagnon d'Alain Delon. C'était comme si, retrouvant la fougue de son adolescence, le pugnace exilé redevenait Tintin face à celui qui incarnait Zorro, le nouveau héros proposé à la jeunesse européenne !

     

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    L'acteur –admirateur déclaré du Général De Gaulle– fut alors l'hôte du Général Degrelle dans son appartement de la rue García Morato où il eut tout loisir de connaître les savoureuses péripéties de sa vie politique d'avant-guerre, ses exploits au Front de l'Est, lui gagnant les plus hautes distinctions militaires en même temps que l'affection particulière du Führer. Sans oublier, bien évidemment, les multiples alarmes de sa vie d'exilé, dont une tentative d'enlèvement suscitée en août 1964 par le Général De Gaulle lui-même ! (ce blog au 3 janvier 2023).

     

    Fusilier marin dont les actions pendant la guerre d'Indochine ne brillèrent pas d'un éclat particulièrement héroïque (il aurait été renvoyé de l'armée pour avoir « emprunté » une jeep qu'il accidenta), Alain Delon ne fut néanmoins pas qu'un Zorro de cinéma. Il aurait ainsi décidé d'aider très concrètement son ami menacé et persécuté en permanence depuis son arrivée en Espagne. Selon des proches de Léon Degrelle, c'est l'artiste qui lui aurait obtenu (grâce à ses relations avec les services de police de Marseille ?) un faux vrai passeport français. Jeanne Brevet, la compagne de Léon Degrelle, aurait été le chercher personnellement chez l'acteur, à Paris, en décembre 1976. Rentrant en Espagne par la côte catalane de la Méditerranée, elle retrouva son futur époux à Portbou où le passeport reçut son premier tampon officiel des services policiers de la Dirección General de Seguridad. Et le dernier car, citoyen espagnol par adoption officialisée en 1955 (ce blog au 3 janvier 2023), Léon Degrelle ne quitta jamais l'Espagne et ne se servit jamais de ce document (qu'il ne signa d'ailleurs pas).

     

     

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    Le faux passeport de Léon Degrelle est libellé au nom de « Martin de Gonrieux ». Martin est le nom du plus lointain ancêtre connu de Léon Degrelle, habitant à Gonrieux, petit village belge tout proche de la frontière française (ce blog au 15 juin 2023). Si le lieu de naissance (Tourcoing) est fantaisiste, la date de naissance (15 juin 1906) est correcte. Quant à l'adresse, serait-elle un pied de nez aux barbouzes du chef de l’État français qui avaient tenté de l'enlever dix ans plus tôt ? A Marseille, la rue de Paradis relie en effet la place du Général De Gaulle à l'avenue du Prado : la rue menant au Paradis part ainsi de chez Charles De Gaulle qui ne lui veut pas que du bien, pour rejoindre le Prado, abritant les plus beaux chefs-d'œuvre des peintres européens à Madrid où réside désormais Léon Degrelle. Ne pourrait-on voir aussi dans le numéro du domicile, 45bis, la liberté d'imaginer que l'issue du conflit 1939-1945 eût pu être différente ?... (Ce passeport se trouve actuellement dans les collections du Cercle du Collectionneur).

     

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    Ceux qui rejettent cette thèse ne manquent pas d'avancer qu'en ce temps-là justement, en 1975-1976, Alain Delon était non seulement l'acteur principal, mais également le producteur du fameux film de Joseph Losey, Monsieur Klein.

     

    « César du meilleur film, du meilleur réalisateur et des meilleurs décors en 1977, Monsieur Klein dresse le portrait kafkaïen de la condition juive durant l'Occupation » (site de La Cinémathèque française). Ce film illustrant les rafles de juifs dans la France de Vichy, réalisé dans la foulée même de Zorro, devrait donc suffire, selon eux, à souligner l'invraisemblance de faire endosser à l'acteur qui imposa ce projet contre vents et marées, la responsabilité d'un faux passeport à l'intention du futur auteur de la Lettre au Pape à propos d'Auschwitz...

     

    Pour le reste, il ne nous est en effet pas possible de documenter les éventuelles relations entre Léon Degrelle, l'hitlérien, et le gaulliste Alain Delon qui ont certainement dû se relâcher. Un marchand propose cependant depuis quelques mois sur la plus célèbre plate-forme de ventes entre particuliers, une lettre manuscrite de Léon Degrelle à son « Bien cher Alain ». Elle est datée du 11 juillet 1986 et constitue manifestement une reprise de contact, rappelant des souvenirs tout personnels, à en croire les mots qu'on peut deviner sous l'enveloppe cachant le texte : « Les années passent [...] mais aussi le bonheur de [...] intérieur, à nous seuls... » Et, pour conclure le bref courrier, « A bientôt, j'espère ! Je vous redis toute mon affection. »

     

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    Cette lettre dont l'enveloppe ne comporte que le nom du destinataire sans l'adresse, fut très certainement confiée à un intermédiaire, sans doute cet archiviste parisien, visiteur bien connu de l'exilé madrilène, et qui participa à l'édition du double album 33T Léon Degrelle, de “Rex” au Front de l'Est, édité par la Serp de Jean-Marie Le Pen (ce blog au 3 mai 2021). Le courrier ne fut pas transmis et n'est donc jamais parvenu à son correspondant puisqu'on le retrouve ici. Ce qui explique aussi que la relation entre les deux amis tourna forcément court.

     

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    On ne peut que le regretter. Mais l'important est de constater qu'au-delà de tout préjugé, ces deux hommes que tout eût pu séparer se sont rencontrés et se sont appréciés, simplement parce qu'ils furent de bonne foi et de bonne volonté.

     

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    Léon Degrelle, Tintin mon copain, p. 217.

     

  • Cercle des Amis de Léon Degrelle

     

    XLIe Correspondance privée – juin 2024

     

    C'est une photographie parfaitement inconnue de Léon Degrelle qui illustre la couverture de la nouvelle Correspondance du Cercle des Amis de Léon Degrelle, la quarante et unième déjà.

     

    Comment diable le Cercle s'est-il procuré ce document original ? Notre curiosité sera quelque peu satisfaite par un encadré de la page suivante : « La photo de couverture a été prise par Jean Louis Urraca Cornette et se situe vers le milieu des années 50. On y voit Léon Degrelle lire dans la cour de La Carlina. »

     

    Le Cercle eût pu être plus explicite car ce cliché provient d'une récente édition espagnole dont il signale l'existence en dernière page, à la fin de la rubrique consacrée aux publications degrelliennes : Bajo el manto del Caudillo (« Sous le manteau du Caudillo [Franco] ») dont la couverture s'orne également d'une photo d'autant plus originale que c'est la seule –à notre connaissance–, qui montre l'auteur de La Campagne de Russie en maillot de bain !

     

    L'auteur du bouquin est José Luis Rodríguez Jiménez, enseignant l'Histoire contemporaine et l'Histoire du Terrorisme à l'Université Roi Juan Carlos, établissement spécialisé dans la délivrance de diplômes-camelotes à scandale (à la ministre de la Santé, au président du Parti populaire, à la présidente de la région de Madrid,...).

     

    Bajo el manto.pngSans doute le Cercle ne souhaitait-il pas (à juste titre !) faire trop de publicité à ce pur produit du politiquement correct, car s'il précise bien qu'il comporte de nombreuses photos inédites de Léon Degrelle (provenant toutes de la collection d'un certain Jean-Louis Urraca Cornette : quatre du héros de Tcherkassy, trois de La Carlina, une de la tombe du fils unique de Léon Degrelle), le Cercle ne manque pas de nous dire que penser de cet ouvrage destiné à épouvanter ceux qui ignoreraient que des « nazis, des fascistes et des collaborateurs » avaient pu trouver asile dans l'Espagne franquiste : « Internet nous apprend que l'auteur est un professeur d'université, spécialiste de l'extrême-droite et des fascismes ?! Sans doute du même type que ceux que nous subissons en France ou en Belgique, tels les Balace, Colignon, Milza, Winock, Perrineau et autre Targuieff. Tout un programme ! »

     

    Jugement on ne peut plus pertinent et que nous confirmerons en long et en large dans un prochain article que nous consacrerons à ce livre dont le seul intérêt est –rappelons-le– la publication de photos inédites de Léon Degrelle.

     

     

    « Nos devoirs devant le pays en danger »

     

    Le texte de Léon Degrelle choisi par le Cercle pour ouvrir sa 41e Correspondance ne manque pas d'à-propos, publié peu avant les élections françaises, –européennes et législatives–, qui consacrent l'irrésistible émergence du Rassemblement national.

     

    Innombrables sont en effet ceux qui accordent aujourd'hui une confiance éperdue dans le jeune et brillant Jordan Bardella qui a précisément l'âge de Léon Degrelle lorsqu'il lança le mouvement Rex en politique. Mais quand on le voit courir après une respectabilité officielle passant par la dédiabolisation politique, on se demande si, en fait, ce n'est pas seulement l'exercice matériel du pouvoir qu'il poursuit : recentrage affiché sur le « pouvoir d'achat », adoption des postulats laïcistes de la République (inscription de l'avortement dans la Constitution), alignement sur la géopolitique européiste (conflit russo-ukrainien, politique théocratique israélienne,...) et même incertitudes sur la politique d'immigration (remigration, problème des binationaux, délivrance des visas, accueil sélectif des migrants,...), etc.

     

     

     

    Bardella par Chard.png

     

    Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, vu par Chard, la caricaturiste toujours perspicace de Rivarol, l'hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne (3 juillet 2024) : le candidat Premier ministre s'efforce vainement d'atteindre le pouvoir en s'appuyant sur ses reniements et la normalisation de son discours au lieu de se gagner le cœur et la raison de son peuple par la révolution des âmes.

     

     

    Manquent en réalité à Bardella, masquant son inexpérience par de mâles postures (« Ma main ne tremblera pas » répété à tout propos), les fermes convictions et les indispensables ressources morales qui lui permettraient de transmuter sa bien sympathique séduction en une autorité charismatique véritablement degrellienne. Pour cela, il lui faudrait –comme s'y efforça Léon Degrelle tout au long de sa vie de combat pour assurer une régénération permanente de la société– œuvrer sans relâche à l'embrasement spirituel du peuple, à son élévation morale par la révolution des âmes.

     

    C'est ce que rappelle déjà le Chef de Rex dans cet éditorial du 10 mai 1935 (il a 28 ans) : « Si l’État est devenu une sorte d'organisme déliquescent, sans vigueur, sans prestige, c'est que les éléments qui le constituent sont eux-mêmes tombés dans une espèce d'état dégénéré au point de vue moral. Il est facile d'évoquer la conjuration des forces occultes et internationales, de vouer à la rancœur publique une minorité d'aigrefins et de profiteurs dont nous serions tous les innocentes victimes. Victimes, nous le sommes tous, mais victimes innocentes, non. C'est de la décomposition de nos forces morales qu'est faite la virulence du mal. » Et de citer le Roi Léopold III à l'appui judicieux de son propos : « Il ne suffit pas que le pays regroupe ses forces dans l'ordre matériel, mais il faut encore qu'il les rassemble dans l'ordre moral. »

     

     

    Le Général Otto Ernst Remer (1912-1997)

     

    Le Cercle publie la dernière partie de la traduction d'une interview du Général Remer, disponible sur le site Mourning the Ancient (« Pleurer les Anciens »). On y trouve également parmi d'innombrables récits de première main, les témoignages révélateurs laissés par les filles de Himmler, Goering et Rosenberg, le fils de Ribbentrop ou l'épouse de Heydrich...

     

    General Remer.pngDans cet entretien, le Generalmajor Remer dont le rôle fut décisif dans l'échec du putsch des généraux félons, le 20 juillet 1944, donne avec la candeur de l'évidence son sentiment sur la réalité du Reich national-socialiste ainsi que son anéantissement : « Hitler était un dirigeant charitable, humble et aimant. C'est pourquoi le peuple allemand s'est battu pour lui jusqu'à ce que nous n'ayons plus de quoi nous battre, que nos villes soient littéralement en ruines et que nos infrastructures aient disparu. [...] Vivre dans un État national-socialiste était une véritable bénédiction. C'était paisible, les gens étaient heureux et la vie valait vraiment la peine d'être vécue pour l'Allemand moyen. Je n'aurais aucune réserve à l'idée de vivre à nouveau dans une Allemagne nationale-socialiste, mais je n'ai aucune envie de revivre la guerre. [...] La manière dont les Alliés ont mené la guerre était une guerre d'extermination : ils ont bombardé sans discrimination, détruisant les trésors de l'Europe qui constituaient un témoignage inestimable de notre créativité et de notre amour de la culture. [...] Les nations alliées ont gagné la guerre grâce à la manière effrayante avec laquelle elles ont combattu et aux armes terribles qui ont été utilisées, mais cela ne leur donne pas raison. »

     

     

    Degrelliana

     

    Il est toujours encourageant de constater la multiplication des éditions et rééditions des ouvrages de Léon Degrelle en français comme en langues étrangères, établissant l'actualité toujours vivante et salutaire de l'auteur de Révolution des Âmes.

     

    Le Cercle nous apprend aujourd'hui qu'ont récemment vu le jour des parutions en anglais, en grec et en... lituanien !

     

    Messages to the Youth of Europe (16,5 $). Le titre est au pluriel car, en plus de l'Appel aux Jeunes Européens de Léon Degrelle (Avalon, 1992), on a joint un texte du Prince Friedrich Christian von Schaumburg-Lippe, conseiller au Ministère de l'Education du Peuple et de la Propagande de Joseph Goebbels.

     

    Messages to the Youth.png     Ames grec.png

     

    My Adventures in Mexico (13,75 €), première traduction en anglais de Mes Aventures au Mexique (Rex, 1933, ce blog au 1er mai 2016).

     

    Oι ψυχές που καίνε (13 €), traduction grecque de Les Âmes qui brûlent (A la Feuille de Chêne, 1964).

     

    Rusijos kampanija. Valonų savanoriai Rytų fronte (« La campagne de Russie, Les Volontaires wallons au Front de l'Est », 20,10 €). Première traduction en lituanien de La Campagne de Russie (Le Cheval ailé, 1949).

     

    Farces Louvain 2024.pngSignalons aussi (car le degrellien à l'origine de l'initiative, un certain Thomas DP, nous a également contacté) la réédition de Les grandes farces de Louvain (19,99 €), édité à 4500 exemplaires en 1930 par les éditions Rex (et repris dans L'Avant-Garde Trentenaire célébrant l'anniversaire de la revue estudiantine animée par le turbulent et toujours joyeux Léon). Pour répondre à son succès inattendu, l'ouvrage connut une nouvelle publication à grand tirage avec couverture illustrée en 1932.

     

    C'est un livre dont tous les biographes de Léon Degrelle parlent, mais qui ne se trouve que très occasionnellement en bouquinerie, et toujours à des prix prohibitifs. On se réjouira donc que le public puisse enfin satisfaire sa curiosité par cette « reproduction fidèle de l'édition REX de 1932 » (avec une couverture représentant approximativement la façade du Faucon, la faculté de droit de Louvain où étudia le jeune Léon).

     

    cercle des amis de léon degrelle,jean-louis urraca-cornette,la carlina,balace,colignon,milza,winock,perrineau,targuieff,jordan bardella,chard,rivarol,otto ernst remer,friedrich christian von schaumburg-lippe,josé luis rodríguez jiménezChronique de ses années estudiantines, ce livre de Léon Degrelle n'est qu'en apparence anecdotique. On y retrouve certes le récit haut en couleur des farces les plus rocambolesques imaginées par le rédacteur en chef de L'Avant-Garde, comme le procès prétendument intenté par les héritiers d'Alexandre Dumas ou le saccage de l'exposition à la gloire de l'Union soviétique (épisode à l'origine de Tintin au pays des Soviets : ce blog, entre autres, au 29 décembre 2021 ; voir aussi Léon Degrelle, Cristeros, Aux origines de Tintin), mais également la célébration ardente de la joie de vivre, indissociable de la révolution des âmes !

     

    L'historien Léon van der Essen, professeur à l'Université Catholique de Louvain, ne s'y trompera pas, écrivant dans sa préface de la seconde édition : « Ami lecteur, dévorez ce recueil plein de philosophie, de bon sens, de gaîté, de rosseries et tirez-en les enseignements qu'il comporte. Et priez, en terminant, la Providence afin que, longtemps encore, les étudiants de Louvain soient capables d'organiser des farces comme nous en conte Léon Degrelle. Ces farces, elles contribuent à faire l'humanité meilleure ; elles vivifient le sang ; elles rendent impossible, mieux que le pacte Kellogg, la guerre ! »

     

     

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    « Comment fut nettoyée l'exposition des Soviets prouve que, dans le cœur de la jeunesse universitaire d'après-guerre, il y a infiniment plus de générosité, de clairvoyance, de courage, que sous la salopette du tribun communiste qui, le soir, fréquente les salons mondains, que dans la conscience en caoutchouc des grands flibustiers de la finance, qui font des affaires avec les organisateurs de la révolution mondiale, ou que dans la cervelle tuberculeuse de publicistes naïfs et super-humanitaires qui prennent la défense de la Russie rouge. »

    (Léon van der Essen, Secrétaire Général de l'Université ; dessins de Guibert Gérard).

     

     

     

    Cercle des Amis de Léon Degrelle, adhésion (30 ou 37 euros, selon que vous résidiez en France ou non) : www.boutique-nationaliste.com

     

    Adresse : Cercle des Amis de LD, BP 92733, 21027 Dijon Cedex, France.

    lesamisdeleon.degrelle@gmail.com