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Dernier Carré "Léon Degrelle" - Page 3

  • A propos du Légionnaire Edouard Hubot

     

    Légionnaire sur le Front de l’Est, il dut aussi combattre
    sur le « Front intérieur »

     

    Passionné d’histoire (et pas seulement de la Seconde Guerre mondiale), M. T.V. compte parmi nos lecteurs les plus avertis et minutieux. Attentif à notre évocation du Légionnaire Edouard Hubot, à l’occasion de la publication du calendrier 2021 du Dernier Carré (voir ce blog au 20 janvier dernier), il nous a envoyé un « commentaire » tellement plus précis et étoffé que notre articulet qu’il s’agit d’une véritable contribution que nous nous devons de mettre en ligne comme telle.

     

    Roger Lambert + Edouard Hubot.JPGEdouard Hubot (à droite) pose aux côtés de son beau-fils Roger Lambert, en uniforme des Formations de Combat, dans la scierie que les parents de ce dernier possédaient à Vresse (voir ce blog au 18 février 2020). Les parents Lambert (Léon était député rexiste de Vresse) furent assassinés par la Résistance dans leur voiture en juillet 1944 et leurs enfants se réfugièrent à Dinant. En septembre, Edouard Hubot organisa le départ des Rexistes de Dinant vers l’Allemagne et rejoignit la Sturmbrigade Wallonien avec Roger (concernant les liens et le destin des familles Hubot et Lambert, voir ce blog au 18 février 2020).

     

    Né à Falmignoul le 14 février 1900, Rexiste depuis 1936, Edouard Hubot exerçait la profession de géomètre du cadastre. Au début de l’Occupation, il fut nommé chef de l’arrondissement de Rex-Dinant et supervisait ainsi huit groupes locaux (Jemelle-Rochefort, Dinant-Sud, Ciney, Beauraing, Gedinne, Bièvre, Dinant-Centre et Yvoir). Il présida également le cercle Rex-Philatélique de Namur-Dinant et fit activement du recrutement lors de la mise sur pied de la Brigade Motorisée de Rex.

     

    Engagé à la Légion Wallonie le 29 juillet 1941, il fit partie du 1er contingent de volontaires wallons pour le front de l’Est. Après une rapide instruction au Regenwurmlager, il gagna la ligne de front et participa aux terribles combats de Gromowaja Balka. Atteint de fièvre, il fut évacué dans le Brisgau. Après une convalescence en Belgique, il retourna à Meseritz le 15 juillet 1942 où il fut réformé (mais pas démobilisé) pour raisons médicales (novembre 1942).

     

    Rentré au Pays, il suivit un stage de dix jours à L’Honneur Légionnaire au printemps de 1943 puis installa et prit la tête d’un bureau de cette organisation à Dinant. Le 1er janvier 1944, il fut rattaché au SS-Hauptamt-Wallonische Stabskompanie der Waffen-SS auprès de la Dienststelle SS-Gruppenführer Jungclaus (avec le grade de SS-Sturmmann).

     

    Il fut un indicateur très actif pour le compte des bureaux de la Sipo-SD de Charleroi et de Dinant (et participa également à plusieurs opérations sur le terrain avec cette même police). Nommé Gefreiter en mars 1943, il passa ensuite sous-officier et fut décoré de la KVK II et de la médaille Winterschlacht im Osten. A la fin de l’Occupation (juillet-août 1944), alors qu’il dirigeait le bureau de L’Honneur Légionnaire à Mariembourg, il organisa l’évacuation des Rexistes avec l’appui de la Kommandantur de Dinant. Après son départ pour l’Allemagne, il reprit du service au sein de la Sturmbrigade « Wallonien » le 5 septembre 1944. Il fut fait prisonnier par les Alliés le 2 mai 1945.

     

    Condamné à mort par le Conseil de guerre de Dinant du 3 avril 1946, il verra sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité par Arrêté Royal du 27 août 1951. Pendant son procès, il ne nia pas ses agissements et n’hésita pas à s’accabler à plusieurs reprises pour épargner à ses subordonnés le courroux de la Justice belge.

     

    Hubot Edouard SS Front.jpg

    A la Sturmbrigade, Edouard Hubot était affecté aux transmissions comme le montrent l'appareillage en cours d'essai ainsi que l’écusson frappé de l’éclair argenté du Funker (opérateur radio) qu’il porte sur la manche gauche. Remarquons également la bande de bras Wallonien qui vient d'être mise à disposition des Bourguignons (fin 1944-début 1945).

  • Calendrier 2021 du « Dernier Carré »


    N
    otre calendrier de cette année a choisi de vous proposer des photographies peu courantes du Mouvement rexiste, de Légionnaires et de leur Chef, Léon Degrelle, dans leurs activités politiques plutôt que militaires.

    La particularité de cette édition est que le verso de chaque page affiche l’agrandissement de la photo illustrant le mois en cours.

    Calendrier 2021 Janvier.jpeg
    Ainsi de la photographie du mois de janvier, celui des bonnes résolutions, montrant la famille Hubot dont nous allons dire un petit mot.

     

    Elle est ici réunie pour le déjeuner dans le jardin et profite d’un intermède entre les plats pour manifester ses convictions et résolutions rexistes : nous sommes probablement en 1936 lors de la campagne contre les banksters et les pourris de tous les partis politiques, à commencer par celui qui, de par son nom même, eût dû se montrer irréprochable, le Parti Catholique (voir ce blog aux 6 et 8 avril 2017 et 13 mai 2018).

    Tous les membres de la famille, de la grand-mère aux petits-enfants, manifestent leur soutien au Mouvement Rex, en même temps que leur volonté d’assainissement de la vie politique en effectuant le salut rexiste et en brandissant qui sa brosse, qui son balai, qui son battoir à tapis !

    Le papa, Edouard, est le chef de Rex-Dinant et, à 41 ans, n’hésitera pas à s’engager, à la Légion Wallonie, partant en compagnie de Léon Degrelle avec le premier bataillon vers le Front de l’Est, le 8 août 1941.

    Guerre Edouard HUBOT famille.jpgQuoiqu’âgé déjà de 41 ans, Edouard Hubot s’engagea dans le tout premier contingent des Volontaires wallons pour la Croisade contre le bolchevisme. Il pose fièrement dans son uniforme de la Wehrmacht, avec l’écusson tricolore belge de la « Wallonie » sur la manche gauche. Derrière lui, ses deux petites filles ont bien grandi depuis 1936 : la plus grande était la seule à effectuer le salut rexiste correctement du bras droit !

     

    Il sera démobilisé en mai 1943 et s’occupera, entre autres activités politiques, de L’Honneur Légionnaire, le service social de Rex présidé par l’épouse de Léon Degrelle, Marie-Paule Lemay (voir ce blog au 8 août 2017), chargé de venir en aide aux familles des Légionnaires (notamment à leurs veuves et orphelins).

    En septembre 1944, vu la progression des alliés en Belgique, Edouard Hubot organise le départ en Allemagne des Rexistes de Dinant exposés au terrorisme aveugle des « résistants ». C’est alors que, plus que jamais fidèle à son idéal d’Ordre nouveau, il décidera de renouveler son engagement dans la Légion, devenue entretemps la SS-Sturmbrigade Wallonien.

    Sa famille le paiera cher au moment de l'« épuration » et lui-même se verra condamné à mort à l’issue de la guerre, accusé d'avoir été « indicateur de la SD » de Dinant.

    Dédicace Léon à Edouard Hubot.JPG

    Fidèle absolu de Léon Degrelle, Edouard Hubot ne se séparera jamais de cette photo dédicacée du Chef.


    Pour obtenir le calendrier de 2021 du « Dernier Carré », il suffit de verser 18 euros (frais de port compris) au compte BE04 2100 4559 7631 de notre association. N’oubliez pas de mentionner l'adresse de livraison (et, si besoin, le nombre de calendriers souhaités) !

  • Les fleurs de Léon Degrelle au défilé de Tcherkassy

     

    L’hommage de la Jeunesse Rexiste Féminine

     

    Dans notre commentaire de la pitoyable émission de la télévision belge sur « Les Enfants de la Collaboration » (voir ce blog au 15 décembre 2020), nous avons été amené à détailler certaines dispositions de l’organisation du défilé triomphal qui se tint le 1er avril 1944 dans le centre de Bruxelles pour célébrer le succès de la percée de Tcherkassy.

    Nous précisions notamment :

    « Les fleurs qui ornent la voiture de Léon Degrelle, couronnes de sapin et gerbes de roses, ont été offertes par la Jeunesse Légionnaire Féminine à l’entrée de Bruxelles à l’orée du bois de la Cambre, chaussée de Waterloo (non loin donc du domicile du Commandeur, drève de Lorraine). »

    Capture.JPGUn lecteur collectionneur, M. T. B. que nous remercions vivement, nous a fait parvenir un bref enregistrement illustrant quasi-miraculeusement cette petite anecdote. Il provient du reportage radiophonique réalisé à l’occasion de cet événement historique, diffusé sur Radio-Bruxelles. On y entend le reporter commenter l’attente des jeunes rexistes ainsi que l’arrivée de Léon Degrelle, en tête de colonne, à la Petite Espinette, ce lieu-dit qui est le carrefour de la chaussée de Waterloo (que doivent emprunter les Légionnaires venant de Charleroi vers Bruxelles), la drève Saint-Hubert menant à la Drève de Lorraine où habite le Chef de Rex en bordure de la forêt de Soignes, et la drève Pittoresque vers Uccle.

    C’est là qu’attend ce groupe de jeunes filles appartenant à la Jeunesse Rexiste Féminine, décidées à fleurir les véhicules des Légionnaires qui s’apprêtent à défiler à Bruxelles avant de rentrer en permission dans leurs foyers. Aussi ont-elles formé un chœur chantant la plus célèbre mélodie d’André-Modeste Grétry, parfaitement adaptée à la circonstance, Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille

    Défilé Tcherkassy Jeunesse Féminine Rexiste.jpg


    Voici la retranscription fidèle de ce bref reportage de la rencontre impromptue entre l’enchanteur Léon Degrelle et ce groupe de jeunes filles dévouées à sa cause et absolument charmées.

     

    Mes chers Auditeurs,

    Dans cette magnifique randonnée à travers le Hainaut et le Brabant wallon que nos héroïques défenseurs de l’Est sont en train d’accomplir sur leur voyage de retour vers Bruxelles, une magnifique surprise les attend, à hauteur de la Petite Espinette.

    En effet, sur la route, au moment où nous arrivons, nous apercevons des jeunes filles, de charmantes jeunes filles du Mouvement rexiste, groupées, et qui attendent l’arrivée du Chef de Rex ainsi que de la Brigade SS Wallonie. Ces jeunes filles portent une superbe couronne de roses, une énorme couronne de roses qui constitue l’hommage de la Jeunesse Féminine Rexiste à leur Chef et à leurs frères, à leurs amis du Front de l’Est.

    Je vais vous faire entendre un peu de ces chants, de ces chœurs charmants que les jeunes filles exécutent d’ailleurs avec un ordre parfait.

    [« Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille... »]

    La couronne de roses est tenue par plusieurs jeunes filles… Et voici la voiture ! [les jeunes filles entonnent le chant de combat rexiste La Lutte Finale] Voici la première voiture… à bord de laquelle le Chef de Rex, Léon Degrelle, salue de la main levée ! Son sourire est magnifique ! Il est ému… Il est ému… C’est très beau, mes chers Auditeurs, c’est très beau… La voiture s’arrête. La couronne est déposée sur la voiture.

    [Léon Degrelle :] Attendez… Ah mais… N’allez… Ah mais ! [cris des jeunes filles] Oui… Ah ! Ah ! Ah ! Voilà… [cris des jeunes filles : « Vive Degrelle ! » « Vive Degrelle !... »] Vive la beauté et la jeunesse ! Attendez… Je retire mes gants. On ne donne pas des gants à une jolie fille comme vous ! On donne ses mains… Oui !... Ah, je suis content de vous voir… Je vous aime bien toutes ! J’expliquais aux Allemands tout à l’heure que les Rexistes sont toutes belles ! [rires des jeunes filles] C’est la vérité ! Quand je vous regarde, j’en suis encore convaincu davantage !...

     

    LD Fleurs Tcherkassy 2.jpg

    La voiture fleurie de Léon Degrelle, ayant traversé tout Bruxelles, arrive place de la Bourse. Elle est également décorée du drapeau bourguignon, l’étendard de la Légion Wallonie.Défilé Tcherkassy Bourse Foule+Fleurs LD.jpg

    La voiture de Léon Degrelle est maintenant garée au pied des escaliers de la Bourse, permettant au Commandeur de la Sturmbrigade de saluer ses Bourguignons. On distingue bien la formidable couronne de roses offerte par les jeunes filles de la Jeunesse Légionnaire féminine.Défilé Bruxelles 1.4.44 Foule rexiste.jpg

     

    Pour écouter ce reportage retransmis par Radio-Bruxelles, le 2 avril 1944, cliquez sur le lien ci-après.

    02-04-1944 - Léon Degrelle, Légion Wallonie-SS.mp3

     

     

  • "Les Enfants de la Collaboration" à la télévision: toujours en rajouter, mais toujours passer à côté !

    « Pourquoi la Belgique francophone digère
    difficilement la collaboration »

    fff.jpg

    Standaard 9 janvier 2021 (2).jpgLa photo choisie par De Standaard pour illustrer, le 9 janvier dernier, son deuxième article sur l'émission de la RTBF fut prise le 1er avril 1944 à l’occasion de la glorieuse prise d’armes célébrant la percée victorieuse de Tcherkassy.

    Avant le défilé triomphal de Bruxelles, c’est à Charleroi que les Bourguignons de la SS-Sturmbrigade Wallonien se rassemblèrent pour une impressionnante revue sur la place Charles II, face à l’Hôtel de Ville. On reconnaît, de gauche à droite, Léon Degrelle, nouveau Commandeur de la Wallonie, qui vient de recevoir la Croix de Chevalier de la Croix de Fer des mains mêmes d’Adolf Hitler, le SS-Gruppenführer Richard Jungclaus, représentant du Reichsführer Heinrich Himmler à Bruxelles, et le SS-Obergruppenführer Sepp Dietrich, commandant le 1er SS-Panzerkorps. Le Général Dietrich, chef légendaire de la Leibstandarte Adolf Hitler, prit la parole dans un vibrant discours saluant le courage et la détermination des Wallons, décisifs dans le succès de la percée.

    C’est Léon Degrelle lui-même qui remettra à ses Bourguignons les cent quatre-vingts Croix de Fer de Première et de Deuxième classe magnifiant leur héroïsme.

    Charleroi, capitale du Pays noir, avait été choisie pour cette manifestation grandiose car nombre de Légionnaires étaient originaires de ce bassin minier : « A cette heure, vous voilà dans cette ville ouvrière de Charleroi qui nous a donné tant de soldats, tant de morts glorieux, tant de blessés, tant de héros. […] Vieux Pays Noir qui a tant souffert de l’injustice sociale pendant des années et qui pourtant nous a donné par centaines ses enfants, nous voulons signifier  en débarquant ici avec nos vainqueurs du Dnieper et avec nos drapeaux que nous remercions le peuple de chez nous ! »

    (Discours de Léon Degrelle à Charleroi, le 1er avril 1944).

     

    La presse flamande de Belgique a toujours du mal à avaler la patate (jamais refroidie) de la collaboration telle que présentée par les médias francophones.

    Une misérable (au sens d’étriqué tout aussi bien que malhonnête) émission diffusée par la télévision de service public belge a prétendu expliquer « avec précision ce qui a motivé » la collaboration des Wallons et des Bruxellois d’expression française avec l’Allemagne nationale-socialiste (voir ce blog aux 15 décembre 2020 et 9 janvier 2021).

    Nous avons vu comment la façon de procéder de la télévision francophone (quelques rares témoins condamnant fermement leur aïeul « collaborateur ») pouvait aller dans le sens du mythe (dénoncé par les Flamands accusant les francophones d’ignorer leur propres « traîtres ») selon lequel la Flandre aurait été globalement collaboratrice au contraire de la Wallonie qui aurait massivement appartenu à la « résistance ».

    En témoigneraient, selon De Standaard, un des plus importants quotidiens flamands, le peu d’empressement de la chaîne pour finaliser ce programme, la difficulté de trouver de rares témoins et surtout l’écho d’indifférence que l’émission a reçu dans la presse francophone, sans susciter le moindre débat public…

    Ce qui ne laisse pas d’étonner le journal qui revient sur le sujet dans ses éditions du 9 janvier dernier. Car « par rapport à l’ensemble de la population, il y a tout de même eu autant de Francophones que de Flamands qui ont collaboré avec les nazis pendant l’Occupation, comme en témoigne les condamnations d’après-guerre. » L’explication ? « La mémoire de la collaboration a été politisée. Ce qui a servi dans les tensions communautaires qui allaient en s’aggravant : la Flandre et la Belgique francophone pouvaient ainsi se différencier jusque dans leur passé de guerre et ainsi se monter les uns contre les autres autant que nécessaire. » Et cette différence de perception de la collaboration serait surtout à porter au crédit des petits malins nationalistes qui ont réussi à neutraliser tout rapport avec le fascisme, à minorer ainsi le sens de leur engagement aux côtés des nazis et à faire croire, finalement, que tout ce qu’ils avaient fait, c’était par idéalisme afin d’accélérer l’indépendance de la Flandre. C’est ainsi qu’un des résultats de cette opération de lessivage fut que Cyriel Verschaeve, un nazi pourtant condamné à mort, a longtemps été considéré comme un « libérateur de la Flandre » et continue à bénéficier dans nombre de communes flamandes d’une rue à son nom (voir ce blog au 14 janvier 2020).

    Mais c’en est fini : « La Flandre s’est maintenant en grande partie séparée de cette idolâtrie mêlée d’aveuglement historique. » Car le côté francophone, resté insensible à pareille supercherie, a montré le bon chemin : « La collaboration n’a jamais pu compter sur la moindre compréhension en Belgique francophone, principalement parce qu’elle était associée –à juste titre – au fascisme, à la violence et à la terreur. Les collaborateurs, au premier rang desquels Léon Degrelle, le Chef de Rex, devaient donc être oubliés aussi vite que possible […]. La Belgique francophone n’a en effet jamais éprouvé le besoin de dissocier la collaboration du fascisme. » Cet « oubli » volontaire eut néanmoins comme dommage collatéral un impact négatif sur la recherche historique destinée à l’édification du grand public : d’où la nécessité et la multiplication aujourd’hui des émissions « estampillées CEGESOMA » pour instruire  le vulgum pecus et clouer au pilori Rexistes, Volontaires du Front de l’Est, collaborateurs...

    Et voilà comment sera désormais écrite, également pour nos amis flamands, l’histoire de la collaboration : tous ceux, indistinctement, qui furent les partisans enthousiastes de l’Europe nouvelle, nationale et sociale, libérée des matérialismes usuriers et de la menace communiste ne sont que des bandits à bannir à tout jamais de nos sociétés contemporaines.

    Aussi quelle n’est pas notre peine de voir aujourd’hui les nationalistes flamands se réjouir que la presse francophone ne condamne plus seulement unilatéralement la « Flandre collaboratrice », mais semble redécouvrir ses propres collaborateurs pour mieux les vouer à l’exécration…

    Quelle peine surtout de voir que les actuels héritiers de nos Frères d’armes ne voient là qu’un rééquilibrage communautaire, sans se rendre compte que désormais leurs héros ne seront plus promis à la détestation universelle seulement par les résistancialistes francophones, mais aussi et surtout et définitivement par le pouvoir, la presse, l’enseignement politiquement corrects de la Flandre d'aujourd'hui.

    « Tous les collaborateurs –peu importe qu’ils soient Flamands ou Wallons – sont des salauds qu’il faut dénoncer sans cesse afin que “cela ne se reproduise plus”. Car ce qui fera toujours peur aux imposteurs qui nous gouvernent, c’est justement ce cela : l’idéal solaire et pur de l’Ordre Nouveau pour lequel les jeunes Européens (en ce compris les Flamands et les Wallons) n’ont pas hésité à offrir leur vie ! » (voir ce blog au 23 février 2020).

     

    Verlaine Wallons+Flamands prisonniers.jpegComme le rapporte La Campagne de Russie, dans les derniers combats du Reich agonisant, en Pomeranie, « Volontaires flamands et volontaires wallons étaient désormais confondus dans l’aventure finale. » Et ce, sous les ordres du Commandeur Léon Degrelle.

    On voit ici des combattants wallons et flamands interceptés et arrêtés par les forces britanniques dans le nord de l’Allemagne (photo et citation extraits de Théo Verlaine, La Légion Wallonie en photos et documents, Editions De Krijger, 2005, p. 301; les derniers exemplaires de cet ouvrage indispensable sont disponibles sur www.editions-hommelibre.com).

  • "Les Enfants de la Collaboration" francophones, vus par les Flamands…

    Mensonges et incompréhension...

     

    2036719681.JPGCanvas, la chaîne de télévision publique flamande, vient de diffuser, le 6 janvier dernier, le reportage sur Les Enfants de la Collaboration réalisé par la chaîne francophone (faisant elle-même écho à une bien plus longue série d’émissions flamandes sur le sujet : voir ce blog au 15 décembre 2020).

    Nous avions souligné que l’insignifiance de cette prétendue étude de ce que fut la Collaboration du côté francophone ne pouvait que renforcer le mythe culpabilisateur d'une Flandre « collaboratrice » face à une Wallonie «résistante». Et cela n’a pas manqué puisque, dans son édition du 3 décembre 2020, l’hebdomadaire ‘t Pallieterke, dont le nationalisme n’est plus qu’un confit d’unilinguisme flamand complexé , n’avait pas manqué de souligner que la rareté des « témoins » et leur manque flagrant de représentativité illustrait « combien ce thème, au sud de la frontière linguistique, est toujours un tabou, au contraire de la Flandre. Les Wallons et les Bruxellois francophones veulent toujours donner l’impression qu’ils ont tous été des combattants de la Résistance. » N’hésitant cependant pas à conclure de manière paradoxale que l’émission laissait entendre (ce que nous fûmes loin de constater !) que « les Légionnaires wallons du Front de l’Est ont longtemps été considérés par une large frange de l’opinion publique francophone comme des héros militaires » ! Le seul sans doute à avoir dit cela de manière courageusement explicite est, à notre connaissance, Hergé, le père de Tintin qu’inspira Léon Degrelle (voir l’extrait de son interview à l’hebdomadaire flamand Humo, le 11 janvier 1973, sur ce blog au 1er décembre 2020).

    Mais comment la presse « grand public » a-t-elle accueilli la version sous-titrée à destination des téléspectateurs flamands ? Ce n’est évidemment guère plus pertinent, ne demeurant qu’à la surface du sujet, ce qui est d’ailleurs le but des soi-disant journalistes, comme des pseudo-historiens, appointés pour dire ce que l’on attend d’eux. Petit tour du côté du principal quotidien flamand, De Standaard du 7 janvier dernier…

    Standaard Collabos RTBF.jpgC’est sous le titre Un bon catholique ne peut pas être un nazi, que le journal, reprenant un des propos les plus inattendus de José Antonio de la Rosa Degrelle, commence son compte rendu fort peu critique. Le petit-fils de Léon Degrelle, en tant que seul témoin d’importance ramené devant les caméras, est d’ailleurs stigmatisé pour « son admiration inconditionnelle [pour son aïeul, ce qui] n’a pas manqué de provoquer quelques vagues lors de la diffusion par la RTBF de ce programme, fin novembre ». Car, contrairement à ce qu’il se serait passé après la guerre en Flandre où les collaborateurs se seraient fait passer pour des victimes de la bonne cause nationaliste, en Wallonie, « la condamnation de la société a été sans pitié, tout débat sur l’amnistie étant d’office perdu, ce qui provoqua d’amers souvenirs. La honte d’être connu comme l’enfant d’un collaborateur pesa lourd. » C’est ainsi que le journal flamand explique les dimensions réduites de l’entreprise : « moins d’épisodes : une émission en deux parties contre sept flamandes ; et une sélection pragmatique de témoins » ainsi que « la priorité donnée à l’indignation manifestée par les (petits-)enfants [pour leur parent], à la seule exception de [José Antonio] Degrelle ».

    C’est donc sans s’interroger sur le bien-fondé des considérations des pseudo-historiens que De Standaard se permet de juger le petit-fils du dernier Commandeur de la Légion Wallonie : « Chez [José Antonio] Degrelle, c’est la fierté qui domine, même quand il est confronté aux preuves qui décrivent de manière irréfutable le rôle de son grand-père. »

    Rappelons à ce propos que les prétendues preuves irréfutables de la culpabilité de Léon Degrelle avancées par l’historienne certifiée CEGESOMA, Chantal Kesteloot, se réduisaient à l’énumération des chefs d’accusation du procès par contumace que José Antonio avait d’ailleurs, et avec justesse, rejetés comme autant de condamnations décidées à l’avance (voir ce blog au 15 décembre 2020).

     

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    Il aurait d’ailleurs pu ajouter que son grand-père n’avait cessé de proposer, de son exil espagnol, au gouvernement belge son retour en Belgique pour un jugement honnête et contradictoire. Et ce, dès sa toute première interview, de sa chambre d’hôpital où il se remettait des graves blessures endurées lors du crash de son avion dans la baie de San Sebastian, un an auparavant. C’est en effet dès le 11 juin 1946, sous le titre sensationnel J’offre ma tête, s’écrie le SS Léon Degrelle, que le capitaine, War Correspondent, Robert Francotte publie dans le quotidien socialiste belge Le Peuple, l’offre du proscrit exilé de se rendre, mais que le gouvernement belge fera toujours semblant de ne pas entendre :

    « Je suis prêt à rentrer en Belgique. J’y rentrerai un jour, sûrement. Pourquoi hésiterais-je ? J’ai les mains propres. Les calomnies fangeuses (affaire des Ardennes, notamment) s’effondreront devant un tribunal impartial. Je n’ai été ni un traître, ni un assassin, mais seulement un soldat. […] Que l’on me permette de défendre moi-même mes idées, ma cause et ma tête, librement, complètement, devant une cour d’assises impartiale, secondée, si possible, par des observateurs alliés ; que l’on assure à ces sessions judiciaires une large publicité par la presse et par la radio, que l’on garantisse la publication des débats à l’Analytique et qu’enfin tout le pays sache. Si j’ai tort, je serai confondu. Je ne demande que l’exposé complet de la vérité et de la lumière. Mes ennemis le redoutent-ils ? […] »

    Pour l’Histoire officielle, il n'est que normal que Léon Degrelle ait été empêché de s’expliquer sur ce qu’on lui reprochait : il ne devait revenir en Belgique que pour se voir appliquer la sentence de mort, prononcée à la va-vite et à son insu. Les pontifes du CEGESOMA, Kesteloot et Colignon en conviennent eux-mêmes sur leur site Belgium WW.II : « Lors du prononcé du verdict, seules vingt personnes sont présentes dans la salle : six journalistes et cinq avocats. Il faut dire qu’il fait un froid de canard. Juges et magistrats militaires ont conservé manteaux et écharpes… Et la presse ne consacre guère que quelques maigres articles à l'événement ».

     

    Et d’ajouter ce comble d’extravagance selon lequel Léon Degrelle était censé connaître ce jugement que les autorités belges elles-mêmes ignoraient (et que lui-même n'apprendrait qu'après le délai d'appel, fixé arbitrairement à six mois) : « Mais l’offensive [von Rundstedt] tourne court [le 25 décembre 1944, selon Belgium WW.II, soit deux jours avant le procès] et le Volksführer n’a d’autre issue que de prendre la fuite, sachant bien évidemment qu’une arrestation par les autorités belges lui vaudrait une exécution. […] Quelques jours après le procès, la question de la constitution de l’Etat comme partie civile est évoquée lors du Conseil des ministres. Dans un premier temps, cela ne s’est pas fait car le ministre des Finances n’a pas été informé de la tenue du procès par son homologue de la Justice » !!!

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    R
    ien à attendre donc du côté des médias ou des historiens officiels pour nous donner –même 75 ans plus tard– une version dépassionnée, c’est-à-dire sans a priori partisan, de ce que furent les événements et les protagonistes de la Seconde Guerre mondiale.

    Et pourtant, il suffit d’exercer un minimum d’esprit critique et de faire preuve d’un élémentaire bon sens pour ne pas tomber dans le panneau du politiquement correct. A preuve ce courrier reçu le 28 novembre 2020 sur notre messagerie, trois jours après la diffusion du documentaire sur le poste francophone et donc bien avant notre propre réaction sur le blog, le 15 décembre :

    « J'ai hâte de lire votre billet sur les récentes publications de la RTBF dans la série "Les enfants de la collaboration" qui contiennent un nombre invraisemblable d'approximations et d'erreurs manifestes. Il est bien triste de constater que ces historiens, chantres du politiquement correct, commettent de pareilles bévues sur un sujet qu'ils prétendent maîtriser. On présente les combats de Gromowaja-Balka comme un carnage au sein d'une unité manquant cruellement d'expérience et de cadres compétents (ce qui est absolument vrai), mais on tait volontairement la vaillante conduite de ces légionnaires qui tinrent position devant des forces nettement supérieures en nombre et qui gagnèrent le respect des Allemands (35 Croix de fer quand même !). On affirme plus loin que Tcherkassy fut le seul titre de gloire militaire de Degrelle ! On soutient encore que l'histoire noire de ces légionnaires reste à écrire (on sous-entend ainsi qu'ils ont de facto commis des exactions et autres crimes de guerre sans la moindre preuve). On ose enfin affirmer que la Répression fut juste et équitable en taisant complètement certains faits comme l'arrêté-loi du 19/09/1945 qui permettait à l'Auditeur militaire de condamner les ''inciviques mineurs'' sans la moindre forme de procès en leur laissant (très généreusement !) quinze jours pour faire opposition au jugement. Au sujet de la Répression, tout n'est que manipulation et flatterie à l'égard de la Justice, et ce, uniquement afin d'obtenir un accès plus aisé aux dossiers des archives des juridictions militaires (la consultation étant encore soumise à une autorisation). Je profite du présent courriel pour vous féliciter pour vos revues et articles qui proposent une autre vérité. Je découvre beaucoup de choses intéressantes en lisant votre blog. Je ne suis pas toujours entièrement d'accord avec vous, principalement lorsqu'il est question de Léon Degrelle en tant qu'homme (je trouve que vous manquez d'objectivité à son sujet - ce n'est que mon avis -). Pour ma part, quand on m'interroge à son sujet, je soutiens toujours le même point de vue : "Ses qualités étaient à la hauteur de ses défauts" (belle plume, grand orateur, vaillant et courageux, ambitieux, opportuniste, manipulateur, égocentrique, impulsif, visionnaire, etc.). Au plaisir de vous lire à nouveau. »

     

    Hélas ! L’avenir ne présage rien de bon pour les hommes de bonne volonté, les chercheurs rigoureux et indépendants des coteries de l’histoire officielle, les empêcheurs de bêler les lieux communs du prêt à penser et tous les autres lanceurs d’alerte contre les vérités falsifiées…

     

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    Léon Degrelle ambitieux, manipulateur, égocentrique,… ?

    « Le temporel, je ne l’ai jamais conçu que soulevé par le spirituel. Cette dualité me vaudrait par la suite, bien des déboires. Mais le vrai Degrelle, c’est cela, malgré les contradictions dont toute vie peut donner le spectacle. Qui n’a jamais dérapé ? Et n’en a pas lui-même souffert ? Je suis pénétré par ce Dieu qui vit en moi. Mes sens, mon cerveau, ma chair, en sont comme vibrants.[…] Il faut être le type puissant, à la vigueur physique inlassable ; il faut posséder une volonté d’acier, être décidé à passer à travers tout, savoir qu’on passera. Il faut avoir la foi ! […] Pour moi, être chef de peuple –“peuple”, le mot magnifique !–, cela veut dire être le conducteur de millions d’êtres humains, qui ont un cœur, qui ont des passions, qui ont des besoins, et à qui il faut donner le bonheur. Et il faut leur donner ce bonheur de plein gré. […] Le véritable démocrate, c’est celui qui se fait un devoir d’éclaire honnêtement le peuple, qui lui explique nettement ce qu’il faut faire, qui demande et obtient sa confiance, pour réaliser une grande œuvre et non pas pour être l’esclave, aux oreilles basses, de ses électeurs. Un chef démocrate, c’est celui qui conduit, et non pas celui qui suit le peuple, et qui le conduit parce qu’il le représente, qu’il a reçu sa foi, qu’il l’a conquise. »

    (Léon Degrelle : Persiste et signe, pp. 28 et 84).

     

     

  • Forgeons-nous une belle et bonne Année ! Une Année de Courage et de Ténacité !

    Révolution des Âmes !

     

    Debout au milieu des ruines de notre société, nous subissons encore et toujours les assauts de la méchanceté, du mensonge, de l'inversion de toutes les valeurs.

     

    Tout semble perdu ? Restons fermes ! L'exemple est là ! Léon Degrelle nous l'a montré !

     

     

    Les combats, les épreuves ont toujours fait le plus grand bien. Ils rappellent à la pureté d'une mission. Nous ne ferons triompher notre idéal que dans la mesure où nous aurons gardé nos vertus primitives. Les jours durs nous ramènent à elles. Que ces jours soient bénis ! Qu'ils nous grandissent !

     

    Nous monterons la côte, sur les genoux s'il le faut, sur les cailloux s'il le faut. Mais nous arriverons au faîte, sans rien céder, jamais, à personne.

     

    On ne résiste pas à ceux qui ont la foi, à ceux qui se donnent dans un don vraiment absolu.

     

    La victoire est inscrite déjà à la pointe de notre destin.

     

    Courage des guerriers !

     

    Foi des apôtres !

     

    (Léon Degrelle, Etat d'âme, 1938)

     

     

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    N’oubliez pas d’envoyer vos vœux de Joie et de Victoire !

    Utilisez les cartes du « Dernier Carré ».

     

    Nous vous proposons des cartes originales,

    inspirées par nos anciens symboles religieux et légendaires.

     Nous les devons à notre ami, le dessinateur anticonformiste bien connu

    KORBO.

     

    (Pour tous détails, voir ce blog au 11 décembre 2019)

     

  • Un festival de malveillance, de ragots et de mensonges…

    « Les Enfants de la Collaboration »

    L’Histoire vue par la télévision belge et le CEGESOMA

     

    Capture.JPGC’était une soirée attendue, le 25 novembre dernier, où la télévision belge francophone –reprenant l’idée d’un programme de la télévision flamande (comptant, quant à lui, sept épisodes: près de six heures d'antenne !)– avait prévu de diffuser un documentaire d’une heure et demie sur « Les Enfants de la Collaboration ». De quoi alimenter, sans doute et sans avoir l'air d'y toucher, le fantasme que la « Collaboration » ne serait qu'un épiphénomène sans grande importance dans la partie francophone du pays et ne concernerait surtout que la Flandre...

    La déception fut bien entendu à la hauteur des espérances. Mais pouvait-on attendre autre chose d’une chaîne de service politiquement correct au public et de la caste d’historiens triés sur le volet de la doxa officielle ?...

     

    L’émission prétendait, à travers les témoignages et souvenirs d’enfants de «collaborateurs» de l’Allemagne nationale-socialiste, dire « avec précision ce qui a motivé leurs parents et les conséquences de leurs actes ».

     

    Inutile de dire qu’on fut loin du compte et que les « historiens » univoques du CEGESOMA se chargèrent bien d’orienter et de biaiser soigneusement les propos des six seuls et uniques témoins ramenés devant la caméra. Pour un témoignage de première main, brut de décoffrage et exempt de toute intervention « épuratrice », on se reportera au récit de la famille Lambert, sur ce blog au 18 février 2020.

     

    Lire la suite

  • Degrelle – Hergé, même combat! (8)

    Mon Honneur s’appelle Fidélité

     

    Hergé échappera aux tribunaux de l’épuration qui semblent avoir éprouvé, selon le dessinateur, la peur du ridicule : « Je n'ai cependant pas figuré au procès des collaborateurs du Soir, j'y étais en spectateur… Un des avocats de la défense a d'ailleurs demandé : “Pourquoi n'a-t-on pas aussi arrêté Hergé ?”, ce à quoi l'Auditeur militaire a répondu : “Mais je me serais couvert de ridicule !” » (Pol Vandromme, Le Monde de Tintin, p. 52)

    Mais sa prise de conscience de la mauvaise foi criminelle des vainqueurs (« Grotesque et ignoble ! », écrit-il à son épouse en lui annonçant le verdict du procès du Soir) n’hésitant pas à condamner à mort (et même à exécuter) les plus purs patriotes de ses amis l’amènera à s’engager à fond dans une aide concrète, matérielle et ô combien opportune à tous les persécutés de son entourage.

    En témoignera avec émotion l’écrivain Robert Poulet à l’occasion du décès du dessinateur (« Adieu, Georges », Rivarol, 18 mars 1983, cité dans Tintin, mon copain, p. 130) :« On peut bien le dire à présent : entre 1950 et 1960, il fut la providence des “inciviques”, le grand recours des honnis et des bannis, dont il connaissait la parfaite honnêteté. Il me rendit, à moi parmi beaucoup d’autres, de grands services aux heures difficiles. Je reste et resterai moralement son débiteur. »

    C’est ainsi que son ami très proche, l’artiste Jacques Van Melkebeke, condamné à dix ans de prison pour « incivisme »est engagé comme rédacteur en chef du nouvel hebdomadaire Tintin avec l’appui de Hergé qui ne souffle mot de sa condamnation. Quand la police vient l’arrêter, Van Melkebeke a pu fuir, mais est démissionné d’autorité par Raymond Leblanc, le propriétaire du magazine. Désormais, c’est clandestinement qu’il travaillera à Tintin, pour Hergé, mais aussi pour Edgar P. Jacobs.

    C’est ainsi que Robert Poulet, condamné à mort et, finalement, après six ans de prison, expulsé de Belgique, fut hébergé par Hergé qui, instruit par le précédent de Van Melkebeke, l’engagea également clandestinement dans l’équipe de Tintin pour y écrire des contes pour enfants : son salaire était payé par chèques libellés au nom de jeune fille de son épouse !

    47 Jam Poulet.jpeg

    Extrait des esquisses de prison de « Jam » : caricature de Robert Poulet se promenant, boulet au pied, à la prison de Saint-Gilles en 1946.

     

    C’est ainsi qu’il soutint constamment l’abbé Norbert Wallez à la santé ruinée par ses quatre années de prison épouvantables ; le caricaturiste Jam dont il aida matériellement l’épouse durant les six ans de sa réclusion et qu’il soutiendra encore jusqu’à ce qu’il retrouve un travail ; le dessinateur de Je Suis Partout, Ralph Soupault, qu’il ne connaissait pas personnellement, mais que, recommandé par Paul Jamin, il aida et recommanda à Casterman ; ainsi que son ami le SS-Hauptsturmführer Jean Vermeire –qu’il connut au Petit Vingtième où il signait ses dessin « Jiv »–, officier de liaison de Léon Degrelle à Berlin, avec qui il allait au restaurant lors de ses permissions (en uniforme SS, toujours de fantaisie : voir Huibrecht van Opstal, Tracé RG, Le Phénomène Hergé, p. 89 et Saint-Loup, Les SS de la Toison d’Or,  p. 81) et pour lequel, lorsqu’il apprit sa condamnation à mort, il signa sans hésitation une pétition réclamant sa grâce au prince Charles, régent du Royaume, puisqu’ « il n’a cessé d’agir par idéalisme » (Pierre Assouline, Hergé, p. 205)…

    Alors, s’il faut encore remettre les pendules à l’heure, citons à nouveau Hergé dont l’honneur s’appelle fidélité et qui refusa toujours de participer à la condamnation universelle de Léon Degrelle :« Degrelle était d’ailleurs un homme respectable, il a été lui-même au Front de l’Est, il n’y a pas seulement envoyé quelques pauvres diables. Et militairement parlant, il s’est comporté là-bas comme un héros. » (interview de Hergé dans l’hebdomadaire flamand Humo, 11 janvier 1973, citée dans Tintin mon copain, p. 144).

     

    Comment rester Tintin sans Léon Degrelle ?

     

    La tragédie de la « libération » a provoqué une lente évolution du personnage de Tintin qui est certes toujours resté fidèle à ses idéaux de justice et de solidarité, mais a peu à peu abandonné son rôle de redresseur de tort universel et de justicier des sociétés et des nations (ce qu’illustrent d’ailleurs également les « réécritures » des anciens albums dans un sens «politiquement correct»).

    Tintin a ainsi progressivement changé de modèle en passant petit à petit du Léon Degrelle héroïque au Hergé débonnaire. Très éclairant à ce point de vue est le tout dernier album Tintin et les Picaros : filant au San Theodoros pour sauver Bianca Castafiore et les Dupondt du dictateur capitalisto-stalinien Tapioca, Tintin, pour parvenir à ses fins, se lie aux Picaros du général Alcazar (d’allure castriste mais vivant sous la coupe d’une mégère de l’American Way of Life : c’est dire s’il s’agit de dictateurs interchangeables !).

    Et si Tintin s’emploie à aider les Picaros dans leur pseudo-révolution, ce n’est que dans une seule intention, comme le reconnaît Tintin lui-même à la page 46 :« Non, on ne s’en fiche pas, capitaine [de la révolution du général Alcazar]… car nos amis les Dupondt, la Castafiore, Irma et Wagner sont en danger !... Et ils ne seront sauvés que si Alcazar triomphe de Tapioca et prend le pouvoir. » Une fois ce but atteint, c’est alors sans état d’âme qu’il quitte un pays qui a simplement changé de dictateur et son peuple toujours misérable pour rentrer chez lui et vivre tranquille avec ses amis.
    Le dernier dialogue clôturant l’album est très éclairant sur ce repli de l’héroïque Degrelle vers le pragmatique Hergé, affichant sans détour ni vergogne un esprit plutôt petit-bourgeois. Haddock :
    « Eh bien, je ne serai pas fâché de me retrouver chez nous, à Moulinsart… » ; Tintin : « Moi aussi, capitaine… »

    hergé,pol vandromme,robert poulet,jam,léon degrelle,humo,tintin,association pétain-verdun,restaurant botínLe véritable message de Tintin et les Picaros est celui d’un constat d’impuissance face aux mirifiques promesses des uns et des autres qui ne sont que bonnets blancs et blancs bonnets du profitariat politicien. Le souci de justice sociale s’est ici réduit au seul groupe de familiers, comme l’exprime d’ailleurs avec une effusion expansive Bianca Castafiore à la page précédente :« Ah !quelle joie d’être de nouveau tous réunis ! Il faut absolument que je chante ! » Plus rien d’autre ne compte que de se retrouver entre soi…

    C’est donc bien ici que s’exprime pour la première fois avec évidence le resserrement d’ « idéologie » de Tintin : du combat pour la justice sociale de son modèle Léon Degrelle vers la défense du cercle familier de son père Hergé.

    Et désormais, comme Tintin dans les Picaros, il nous faut bien constater avec désenchantement que depuis que l’idéal solaire qui enflamma Hergé et Léon Degrelle a été fracassé par la coalition universelle des matérialismes ploutocratico-marxistes craignant la contagion, nos sociétés sont en totale perdition, prisonnières d’une pensée unique qui les font se résigner à leur sort et à leur sujétion, la justice sociale étant reléguée au rayon des utopies.

    Face à notre impuissance, ne nous resterait-il plus –comme semble le penser Hergé– qu’à nous replier sur notre cercle familier où, jusqu’à présent du moins, nous pouvons encore entretenir et pérenniser la petite flamme de la vérité, de la beauté, de la justice et de la solidarité ?...

    Entretenir cette petite flamme de l’honneur et de la fidélité et nous efforcer de la propager : c’est bien le moins que nous devions à Léon Degrelle ainsi qu’à tous ceux qui ont été jusqu’à offrir le sacrifice de leur vie pour que l’Europe ne soit pas engloutie dans la nuit mortelle du stalinisme et, –hélas, mille fois hélas, en vain !–, pour que vive ce monde d’épanouissement personnel et de justice sociale que Léon Degrelle a voulu forger et que Hergé a pu approcher, mais que nous ne pourrons sans doute plus connaître.

     

    Armand Gérard

     

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    Si le souci de son couple et de ses amis proches a toujours été essentiel pour Léon Degrelle (ci-dessus avec son épouse Jeanne, sur la plage de Malaga ; et avec quelques intimes dont Raymond Van Leeuw, héros du Front de l’Est, son épouse Mia, et le photographe Jacques de Schutter, au restaurant Botín de Madrid : le propriétaire décorait toujours la table de Léon Degrelle d’œillets rouges et blancs, couleurs du drapeau bourguignon) ; à l’inverse de Hergé, sa mission de « passeur d’idéal » et de héraut de la révolution des âmes véhiculée par le national-socialisme a animé jusqu’à son dernier souffle le tribun politique et le chef de peuple que Léon Degrelle fut toujours (ci-dessous, discours à ses camarades Légionnaires du Front de l’Est à Palma de Majorque en 1989, haie d’honneur de jeunes Européens pour un meeting à Madrid et rencontre avec l’Association Pétain-Verdun).

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    Bibliographie

     

    Assouline Pierre, Hergé, Plon, Paris, 1996.

    Bergeron Francis, Georges Remi dit Hergé, Pardès, Qui suis-je ?, 2011.

    Brami Emile, Céline, Hergé et l’affaire Haddock, Ecriture, 2004.

    Charlier Jean-Michel, Léon Degrelle : persiste et signe, Interviews recueillies pour la télévision française, Jean Picollec, 1985.

    Degrelle Léon, La Cohue de 1940, Robert Crausaz, 1949.

    , Cristeros, Aux origines de Tintin, L’Homme Libre, 2019.

    , De Rex à Hitler, L’Homme libre, 2015.

    , Eu, SS Tintín [Moi, Tintin le SS] Interview par Sarah Adamopoulos, O Independente, 26 juin 1992.

    , Révolution des Âmes, Les Editions de France, 1938.

    , Tintin mon copain, Pélican d’or, Klow, Syldavie, 2000.

    Debaeke Siegfried, Hitler in Vlaanderen, De Klaproos, 2011.

    De Bens Els, De Belgische dagbladpers onder Duitse censuur (1940-1944) [La Presse quotidienne belge sous la censure allemande], Nederlandsche boekhandel, 1973.

    Delesse Catherine, Le vrai-faux réel dans la bande dessinée : la presse et autres médias dans Tintin, Palimpsestes, http://palimpsestes.revues.org/838; DOI : 10.4000/palimpsestes.838.

    Faurisson Robert, Le Problème des chambres à gaz, ou la rumeur d’Auschwitz, in Le Monde, 29 décembre 1978.

    Friedrich Jörg, L’incendie. L’Allemagne sous les bombes 1940-1945, Editions de Fallois, 2006.

    Gérard Armand, Léon Degrelle était bien Tintin, L’intuition première de Jean Mabire, Magazine des Amis de Jean Mabire n° 45, Solstice d’été 2015.

    , Introduction à : Léon Degrelle Cristeros, Aux origines de Tintin, L’Homme Libre, 2019.

    Goddin Philippe, Hergé, Lignes de vie, Biographie, Editions Moulinsart, 2007.

    Heinemans Jan et Van Impe Marc, Openhartig gesprek met Hergé [Entretien à cœur ouvert avec Hergé], Elseviers Magazine, 22 décembre 1973.

    Hergé, « Les Aventures de Tintin » sont citées d’après les rééditions dans les « Archives Tintin », Editions Moulinsart (2010-2013).

    , L’aviation, Guerre 1939-1945, Collection « Voir et Savoir », Dargaud, 1953.

    , Humo sprak met Hergé [Humo a parlé avec Hergé], Interview in Humo, 11 janvier 1973.

    , « L’Invité du mois : Hergé », Interview in La Libre Belgique, 30 décembre 1975.

    , Openhartig gesprek met Hergé [Entretien à cœur ouvert avec Hergé], Elseviers Magazine, 22 décembre 1973

    Hitler Adolf, Libres propos sur la guerre et la paix, Flammarion, 1952.

    Delannoy Jean et Piryns Piet, Humo sprak met Hergé [Humo s’entretient avec Hergé], Humo, 11 janvier 1973.

    Benoît-Jannin Maxime, Les guerres d’Hergé, Aden, Bruxelles, 2007.

    Mathieu Olivier, De Léon Degrelle à Tintin, Retranscription du texte de la conférence prononcée le vendredi 26 octobre 1990, à 20 heures, à l’occasion de la première manifestation du CER (cercle d’étudiants révisionnistes), au 104, boulevard Bockstael, Auditorium Bockstael, 1020 Bruxelles, édition à compte d’auteur, 1990.

    Mathot René, Au ravin du loup, Hitler en Belgique et en France, mai-juin 1940, Racine, 2000.

    Van Opstal Huibrecht, Tracé RG, Le Phénomène Hergé, Claude Lefrancq, Bruxelles, 1998.

    Peeters Benoît, Hergé, fils de Tintin, Grandes biographies, Flammarion, Paris, 2002.

    Poulet Robert, Adieu Georges, in Rivarol, 18 mars 1983.

    Riesco José Luis Jerez, Degrelle en el exilio. 1945-1994, EdicionesWandervögel, Buenos Aires, 2000. Cette date doit être apocryphe puisque, entre autres exemples, l’auteur évoque la date du décès de Marie-Christine, une des filles de Léon Degrelle, en 2006 (p. 287).

    Rothuizen William et Schröder Peter, Kuifje & Hergé [Tintin & Hergé], Haagse Post, 31 mars 1973.

    Sadoul Numa, Tintin et moi, Entretiens avec Hergé, Champs-Flammarion, 4e édition, Paris, 2000.

    Saint-Loup, Les SS de la Toison d’Or, Presses de la Cité, 1975.

    Springael Hervé, Avant Tintin, Dialogue sur Hergé, chez l’auteur, 1987.

    Valla Jean-Claude, La France sous les bombes américaines, 1942-1945, Librairie nationale, 2001.

    Vandromme Pol, Le Monde de Tintin, Gallimard, Paris, 1959.

    Wagner Friedlind, Héritage de feu, Souvenirs de Bayreuth, Plon, 1947.

     

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    C’est en 1989 que Korbo réalisa l’un des plus beaux portraits de Léon Degrelle, tellement reproduit que plus personne ne se soucie de son auteur, croyant l'œuvre libre de droits et appartenant au domaine public !

     

  • Degrelle – Hergé, même combat! (7)

    La Tragédie de la « Libération »

    Comme on peut le constater grâce au Tintin mon copain de Léon Degrelle, Hergé se caractérise par une fidélité à toute épreuve à ses idées et à ses amis. Surtout quand l’adversité s’en mêle et que son monde personnel s’écroule avec fracas.

    Hergé fera la très amère expérience de l’adversité à l’issue de la Deuxième Guerre Mondiale. Certes, dès 1940, il avait connu la vexation de la démobilisation pour raisons de santé ainsi que, comme tous les Belges, la stupeur de l’écrasement militaire et l’affolement de l’exode. Mais cet écroulement du monde vermoulu combattu par Léon Degrelle signifiait aussi pour lui la possible naissance d’un monde nouveau en même temps que l’accession au plus prestigieux quotidien belge, Le Soir, désormais dirigé et rédigé par une talentueuse équipe de ses amis, tout acquis aux thèses de l’Europe nouvelle : le journaliste Raymond De Becker, l’académicien Horace van Offel, le poète Jean Libert, le caricaturiste Paul Jamin, l’ami proche Jacques Van Melkebeke, peintre et chroniqueur d’art qui s’occupera du Soir Jeunesse, Paul Kinnet, auteur de romans policiers et chroniqueur de jazz, etc. Cette époque représente pour Hergé l’âge d’or qui lui a permis de créer et diffuser des chefs-d’œuvre tels que Le Crabe aux Pinces d’or, L’Etoile mystérieuse, Le Secret de la Licorne, Le Trésor de Rackham le Rouge, Les Sept Boules de cristal


    41 Horace van Offel Crommelinck 1935.jpgPortrait d’Horace Van Offel par Albert Crommelynck (eau-forte pour l’édition des Contes, 1935). Né en 1876, Horace Van Offel –le « Dumas » belge – compte parmi les meilleurs auteurs de romans historiques, mais aussi de fiction politique, tel La Terreur fauve, dénonçant une société bolchévisée. Horace Van Offel confiera plusieurs de ses titres à la « Collection Nationale » des éditions Rex (Le Jongleur d’épée, La Flûte corsaire). Elu à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique en 1936, Horace Van Offel sera appelé à prendre pendant quelques semaines de juin 1940 le poste de rédacteur en chef du quotidien Le Soir. Menacé par la résistance communiste, lors de l’avance alliée en 1944, il se réfugie en Allemagne où, malade et à bout de force, il meurt, à 68 ans, à Fulda, le 6 octobre 1944. Quinze jours plus tard, le 21 octobre, l’Académie belge le radie et installe un an plus tard à son fauteuil numéro 21 le politicien socialiste enfui à Londres Paul-Henri Spaak !...

     
    C’est néanmoins en ce temps-là que Hergé subira les foudres de la répression nazie, d’ailleurs aussi absurde qu’incohérente : « Pendant la guerre, les Allemands ont fait interdire deux de mes albums : Tintin en Amérique, probablement parce qu’ils s’imaginaient que c’était une apologie des Américains, et L’Île noire, parce qu’il y avait un écossais sur la couverture !... » (Numa Sadoul, Tintin et moi, p. 154). Cette censure abusive apparaîtra dans toute sa stupidité lorsque Hergé précisera à des journalistes néerlandais : « Par contre les livres stigmatisant Mussolini [Le Sceptre d’Ottokar] et dénigrant violemment les Japonais [Le Lotus bleu] ont pu rester dans le commerce pour d’obscures raisons. Paresse ou simple erreur du censeur allemand ? » (Jan Heinemans et Marc Van Impe, Entretien à cœur ouvert avec Hergé, in ElsevierMagazine [en néerlandais], 22 décembre 1973, p. 155).

    Hergé a néanmoins aussi raconté à Numa Sadoul comment le « Sicherheitsdienst – le service de sécurité en pays occupés », se souvenant soudain de certains dessins du Sceptre d’Ottokar (sans sourciller cependant face à l’évocation critique de l’Anschluss !) n’aurait pas manqué de le menacer des pires sévices : « un Allemand appartenant au Sicherheitsdienst […] est venu au Soir me dire : “L’avion, là, dans Le Sceptre d’Ottokar, c’est un Heinkel, n’est-ce pas ? Il ne faudrait pas recommencer trop souvent ce genre de plaisanterie !” C’était tout, mais il m’avait mis sérieusement en garde… » (p. 129)

    Numa Sadoul –qui a publié, en 1975, un livre intitulé Tintin et moi basé sur ses conversations avec Hergé– est ce nombriliste qui se permet, dans une note de bas de page, d’asséner du haut de son ignorance crasse : « il est important de préciser que celui-là [Hergé] ne partagea jamais les idées de celui-ci [Degrelle] » !!! (p.63)

    On imagine la jouissance intérieure de Hergé lorsqu’il raconta à ce journaliste français, assoiffé de scoops mais imperméable à son humour sybillin, cette gentille anecdote sous forme de haut fait d’armes !

    Deux ans auparavant, Hergé avait raconté bien simplement à William Rothuizen et Peter Schröder, journalistes néerlandais du Haagse Post que pendant l’Occupation, « je n’avais pas d’amis allemands et mon travail n’a jamais été censuré » (Tintin & Hergé, in Haagse Post [en néerlandais], p. 44). Et pourquoi l’eût-il été puisque, pour lui, comme pour tous les Belges (même les plus éminents comme le roi Léopold III ou le président du Parti socialiste et conseiller du roi, Henri de Man : voir ce blog aux 18 mai et 28 juin 2017), le système parlementaire démocratique, à l’origine de tous les malheurs, s’était effondré : « Je reconnais que moi aussi, j’ai cru que l’avenir de l’Occident pouvait dépendre de l’Ordre nouveau. Pour beaucoup, la démocratie s’était montrée décevante et l’Ordre nouveau apportait un nouvel espoir. C’est surtout dans les cercles catholiques que ces opinions étaient le plus largement exprimées » ? (Haagse Post, p.44)…

    Après le récit de cette prétendue remarque de l’occupant, –seule et unique, même pas une admonestation !–manifestant plutôt son empathie, Hergé devra raconter d’une bien moins agréable manière à son jeune biographe l’épisode autrement tragique de la répression qui s’abattra sur les « inciviques » belges dès 1944 !

    Car la « libération » de la Belgique s’apparentera bien à une tragédie.

    Comment appeler autrement en effet la situation provoquée par la prétendue « épuration » qui l’accompagna ? Il n’est que d’observer le caractère absolu que cette intolérance a eu en Belgique, en comparant le cas belge avec, par exemple, la situation française qu’on a pourtant coutume de présenter comme particulièrement terrible.

    Si l’on veut bien tenir compte de l’énorme différence de population (une population française, en 1945, près de 4,75 fois supérieure à la belge ; Belgique : 8,5 millions d’habitants ; France : 40,3 millions), on verra, dans le tableau ci-après (ne concernant pas l’épuration sauvage dont les innombrables récits sont épouvantables, mais les chiffres aléatoires, mais la seule répression judiciaire dont les chiffres sont officiels), que si, en chiffres absolus, le nombre d’exécutions a été trois fois supérieur en France par rapport à la Belgique, la répression, toujours en chiffres absolus, a concerné davantage de personnes et a brisé davantage de vies en Belgique qu’en France.

     

    Maurice Baudoux, 29 ans,
    Héros de Tcherkassy, Martyr de la « résistance »

    42 Lynchage Marcel Baudoux.jpeg

    Engagé, avec Léon Degrelle, dans le premier contingent de Volontaires de la Légion Wallonie –en même temps que son jeune frère Louis qui tombera à Gromowaja Balka, âgé de 19 ans seulement–, Maurice Baudoux était né en 1916 à Montignies-le-Tilleul et était camionneur de profession. Profitant de la permission récompensant la percée victorieuse de Tcherkassy, il participa aux glorieux défilés de Charleroi et Bruxelles avant de rentrer chez lui, dans le petit village de Gozée. « Mais, reconnu par un résistant particulièrement haineux, il sera battu à mort le 27 juin 1945 par la populace locale. Le garde-champêtre de Gozée l’extraira courageusement de la foule et le traînera dans sa maison ; mais en vain puisque le malheureux expirera sous ses yeux. » (Théo Verlaine, La Légion Wallonie, De Krijger, 2005, p. 303). Ce lynchage odieux d’un jeune soldat valeureux et trop confiant (confiance provoquée par l'enthousiasme euphorique de la population célébrant les Légionnaires à Bruxelles ?) n’est qu’un exemple parmi les innombrables assassinats dont furent victimes les Légionnaires et les membres de leur famille, payant de leur vie la guerre civile organisée par les terroristes communistes en Belgique dès que l’URSS fut envahie par la Wehrmacht, le 22 juin 1941 (voir ce blog au 7 juin 2018 : Victor Matthys y rappelle qu’officiellement, dans les seuls trois premiers mois de 1944, près de 800 personnes furent tuées par la « Résistance » chargée d’établir un climat de terreur parmi les partisans de l’Ordre Nouveau, en massacrant d’ailleurs souvent des mères ou des épouses de Légionnaires absents de leur domicile).

    Cette photo accablante fait de l’infortuné Maurice Baudoux le martyr emblématique des Légionnaires victimes de la sauvagerie aveugle de la prétendue Résistance ensanglantant le pays.

     

    Tenons également et surtout compte du fait qu’en Belgique, jamais aucune amnistie n’a été accordée, contrairement à la France qui la vota dès 1951 ! Et que les condamnations belges ont donc le plus souvent revêtu un caractère définitif, en tout cas pour la déchéance des droits civils et politiques !

     

              Belgique                                                     France

     

        Inculpations                             405.067               311.263+108+69.797=
                                                                                          381.168

        Condamnations à mort          2.940                   6.763+18= 6.781

        Exécutions                                242                       767+3= 770

        Prison à perpétuité                 2.340                    2.702

        Dégradation nationale à vie 43.093                  3.578+15+14.701= 18.294

     

    (Chiffres belges: site antifasciste www.resistances.be; chiffres français : wikipedia.org: en noir, chiffres des Cours de justice; en rouge, chiffres de la Haute Cour de justice jugeant les membres du gouvernement; en vert, chiffres des Chambres civiques qui ne prononcèrent que des peines de dégradation nationale)

     

    Pour prendre conscience du traumatisme que provoqua la « libération » chez Hergé, il suffira de lire ce passage d’une lettre écrite le 21 juillet 1946 (jour de la « fête nationale » belge !) à son ami Paul Jamin (le caricaturiste Jam) condamné à mort et qui attend son sort à la prison de Saint-Gilles : « Mais jamais on n’avait imaginé une guerre comme celle-là, doublée d’une véritable guerre civile. Qui donc aurait cru que les Belges en seraient venus à se haïr avec une telle violence ? Ah ! La haine, la haine !... Notre pauvre pays en est encore empoisonné. Il en guérira, bien sûr. Mais en attendant, que de larmes, que de souffrances, que de deuils ! » (Philippe Goddin, Hergé, Lignes de vie, p. 361).

     

    Hergé avait naïvement cru pouvoir « rester en dehors de la mêlée » et, « en toute liberté d’esprit », « rester calme au milieu de cette espèce d’hystérie patriotarde » ! C’est ainsi qu’il écrit, en juillet 1941 déjà, à un ami « patriote écœuré » qui l’insulte de « traître, vendu, lécheur de bottes » : « Il s’agit uniquement de rester un “honnête homme” et, lorsqu’on nous dit, par exemple : “Ils nous prennent tout”, de répondre que c’est inexact. Non par germanophilie, non par “léchage de bottes”, mais par respect de la vérité qui, même en temps de guerre, conserve ses droits. » (Goddin, pp.277-278)

    Hergé fut arrêté à quatre reprises.

    Tout d’abord par la Sûreté de l’Etat. Il est « avec d’autres détenus, emmené à pied et hué, interrogé dans la prison de Saint-Gilles et enfermé » (Huibrecht van Opstal, Tracé RG, p. 91). Robert Poulet, le célèbre romancier et critique littéraire qui, lui aussi, fut la dupe des encouragements royaux à reprendre la plume et à fonder, avec Paul Colin, Le Nouveau Journal (voir Léon Degrelle, La Cohue de 1940, p. 279 sv.), nous livrera un précieux témoignage de ces événements : « En 1944, il y avait eu cette autre rencontre, dans l’escalier de Saint-Gilles, la prison bruxelloise où s’entassaient des “traîtres” épurés, dont l’ensemble s’identifiait à peu près avec l’élite du pays. Les “patriotes” londoniens avaient aussi arrêté Hergé, pour le seul motif qu’il avait publié ses dessins dans un journal censuré (et comment un journal aurait-il pu n’être pas censuré en temps de guerre ?). Nous échangeâmes, Georges et moi, le sourire vaillant de rigueur, avant de rentrer, chacun de notre côté, dans l’enfer ignoble des “cellules à huit”. » (Robert Poulet, Adieu Georges, in Rivarol n° 1667, 18 mars 1983). Dans sa cellule où il ne resta heureusement qu’une seule nuit, Hergé eut comme compagnon Paul Herten, qui fut le directeur du Nouveau Journal après l’assassinat de Paul Colin par la « résistance » : il était venu se constituer prisonnier par scrupule patriotique ; il sera fusillé.

    Libéré, Hergé fut cependant arrêté à nouveau par la Police Judiciaire qui l’interrogea et le relâcha. Puis s’en mêlèrent les « résistants » du Mouvement National Belge qui, mitraillette au poing, perquisitionnèrent sa maison, l’interrogèrent et le relâchèrent derechef. Enfin, les communistes du Front de l’Indépendance se manifestèrent…

    « Comme il y avait, à ce moment, une bonne douzaine d’organismes semblables, je croyais qu’ils allaient venir m’arrêter chacun à tour de rôle. Mais non, cela s’est arrêté comme cela, sans raison apparente », plaisante Hergé dans une lettre de janvier 1945 à l’abbé Norbert Wallez, alors détenu avec neuf autres « inciviques » dans une cellule de deux mètres sur cinq à la prison de Charleroi.

    43 Arrestation Collaborateur.jpegArrestation, à Anvers en septembre 1944, d’un présumé « collaborateur » par une foule armée de « résistants » dont les intentions criminelles ne font guère de doute. Certes (et heureusement), les arrestations de Hergé ne se passèrent pas dans une telle ambiance délétère qui pouvait à tout moment déboucher sur des scènes de justice expéditive, pour ne pas dire de lynchage : le jeune homme ici capturé a manifestement déjà été brutalisé et n’en mène pas large dans l’angoisse de son sort…

     

    On comprend que les résistants, ce n’était vraiment pas la tasse de thé de Hergé, comme il le déclara un jour sans ambages : « Je détestais le genre Résistant. On m'a proposé quelquefois d'en faire partie, mais je trouvais cela contraire aux lois de la guerre. Je savais que pour chaque acte de la résistance, on allait arrêter des otages et les fusiller. » (Maxime Benoît-Jannin, Les Guerres d’Hergé, p. 50).

    Tout comme il apprécie à sa juste valeur la façon dont les Anglo-Américains procèdent pour « libérer » le pays, c’est-à-dire en ne le bombardant pas autrement que le territoire du Reich. S’il n’existe pas encore d’ouvrage tel que L’incendie, de Jörg Friedrich, pour rappeler le sort des pays occupés sous les tapis de bombes alliés, Jean-Claude Valla a néanmoins publié un désormais indispensable La France sous les bombes américaines, 1942-1945 (Librairie nationale, 2001 ; dans la foulée, ont également paru Eddy Florentin, Quand les Alliés bombardaient la France, 1940-1945, Perrin, 2008 et Andrew Knapp, Les Français sous les bombes alliées, 1940-1945, Tallandier, 2014).

    C’est ainsi que Hergé écrit à son ami Charles Lesne, directeur des éditions Casterman situées à Tournai qui venait de subir un violent bombardement en juin 1944 : « Tu connais sans doute la formule : Seigneur, libérez-nous de nos Protecteurs et protégez-nous de nos Libérateurs ! […] Ici aussi, tout est calme, à part un avion allemand qui s’est abattu samedi dernier à deux kilomètres de chez nous. À part aussi un quadrimoteur américain qui, touché par la D.C.A. s’est abattu à un kilomètre d’ici, sur le boulevard du Souverain. À part encore un obus non éclaté qui est retombé à cent mètres de chez nous en faisant un joli tintamarre, et pas de victime. À part, enfin, un gros éclat d’obus qui est retombé à quelques pas de moi. En vérité, je te le répète, tout est calme… » (Philippe Goddin, Hergé, Lignes de vie, p. 323)

    Hergé restera marqué à vie par la tragédie de la libération et son « épuration » aveugle: « J’avais des amis journalistes et dont je persiste aujourd’hui encore à croire qu’ils étaient absolument purs et pas à la solde de l’ennemi. Et quand j’ai vu certains de ces gens condamnés à mort et certains même fusillés, je n’ai plus rien compris à rien. Ça a été une expérience de l’intolérance absolue. C’était affreux, affreux ! » (interview à Benoît Peeters, citée dans Tintin, mon copain, p. 129).

    44 Hergé Voilà.jpeg

    Témoignage manifeste de la proximité indéniable de Hergé avec les idéaux d’Ordre nouveau défendus non seulement par Léon Degrelle et Rex mais également par la rédaction de son journal Le Soir : Hergé fait la « une » de l’hebdomadaire rexiste Voilà en pleine guerre, le 10 juillet 1942. Il surclasse, tel le bienveillant Créateur, un Tintin interloqué (dessin du caricaturiste maison R.V. Roy). Cette « gazette hebdomadaire de la bonne humeur » créée par Léon Degrelle et fort populaire (tirage : 30.000 exemplaires) était dirigée par Victor Meulenijzer, ami d’enfance de Hergé, qui avait été directeur du Pays réel après le départ de Léon Degrelle pour le Front de l’Est. Il paiera de sa vie sa fidélité à l’idéal bourguignon de son chef : il fut fusillé le 30 août 1945, après une parodie de procès qui désespéra son ami Hergé.

     

    En évoquant, horrifié, les « fusillés », Hergé a certainement, entre autres, à l’esprit son ami Victor Meulenijzer, compagnon du collège Saint-Boniface et de sa troupe scoute, qu’il caricatura notamment, à ses côtés, dans un épisode de Quick et Flupke dans Le Petit Vingtième du 18 mai 1933, qui fut le rédacteur en chef de l’hebdomadaire rexiste Voilà –dont Hergé fit la couverture le 10 juillet 1942– et qui fut fusillé, après une parodie de procès, le 30 août 1945.

    Parmi les autres amis de Hergé condamnés à mort, citons Paul Herten (fusillé), José Streel (fusillé), Paul Jamin, Jean Vermeire, Raymond De Becker, Robert Poulet, Gaston Derijke, Paul Werrie,… sans parler de Léon Degrelle !

     

    A suivre

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    Paul Jamin (c’est-à-dire le dessinateur « Jam » du Pays réel, du Soir et de la Brüsseler Zeitung) fut condamné à mort et enfermé à la Prison de Saint-Gilles en attendant l’exécution de la sentence : « Ce sont les exécutions que l’on entend au petit matin dans la cour de la prison, le claquement des balles sur le mur, les longues journées à attendre que l’on vienne vous chercher… » Jam passe désormais son temps à croquer ses compagnons d’infortune, à réaliser des dessins d’ambiance ou caricaturer ses gardiens. A gauche, sa cellule ; à droite, un de ses pandores (à propos de la détention de Paul Jamin, voir ce blog aux 8 novembre 2019 et 20 mars 2020).