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  • Léon Degrelle et l'Espagne : la Médaille de la « Vieille Garde »

    Un « historien » espagnol élucubre une biographie de Léon Degrelle (2)

     

    Comme nous le disions dans notre article précédent (28 août 2026), il n'y a pas que les relations entre Léon Degrelle et José Antonio que le nouvel historiographe degrellien Pablo Cuevas entend stupidement remettre en cause. La Médaille de la Vieille Garde de la Phalange décernée à Léon Degrelle lui reste également en travers de la gorge !

     

    Dans l'interview de 1969 à ABC déjà citée, le Phalangiste d'honneur belge déclarait en effet : « Je suis le seul étranger au monde qui possède la Médaille de la Vieille Garde. » Et Cuevas de diligenter une enquête à charge contre cette prétention !

     

    Medalla Vieja Guardia 1.jpg« [La] Médaille de la Vieille Garde [est] une décoration que la FET de las JONS [Phalange espagnole traditionaliste des Juntes d'offensive nationale-syndicaliste] décernait à ceux qui pouvaient démontrer qu'ils avaient été affiliés à la Phalange ou à la Communion Traditionaliste avant les élections de février 1936. Cela veut dire que la FET de las JONS confirmait [que Léon Degrelle] avait effectivement appartenu à la Phalange Extérieure, et qu'en outre il aurait été titulaire, selon ses dires, de la carte de membre numéro un. Toutefois, fort nombreux sont les étrangers qui possèdent cette médaille, ainsi que l'ont montré les recherches de Granda Orive [Javier de Granda Orive est un numismate, auteur d'un article sur la Médaille de la Vieille Garde où il cite cinq récipiendaires étrangers autres que Léon Degrelle : Revista numismática OMNI, n° 12, 2018, p. 237]. Et l'actuelle association de la Vieille Garde n'a aucune trace de l'attribution de cette médaille à Degrelle. Elle ne dispose pas d'archives sur les décorés car il s'agissait de quelque chose qui se gérait au niveau provincial. Et on sait aussi que le régime franquiste l'a accordée sans discernement à des gens qui n'ont jamais rien eu à voir avec la Phalange originelle (ou avec la Communion Traditionaliste), comme le ministre Demetrio Carceller [ministre espagnol de l'Industrie et du Commerce entre 1940 et 1945, proche de Ramón Serrano Súñer et, selon Wikipedia, membre de la Phalange, ce qui rend difficilement légitime la remarque de Cuevas !]. Ces distributions se multiplièrent à partir de 1953, assouplissant les critères d'attribution [qui la réservaient] aux membres qui avaient rejoint la FE de las JONS ou la CT jusqu'au 16 juillet 1936. Et [l'attribuant] aussi aux membres de leur famille. De sorte qu'on a fini par décerner 39.125 médailles jusqu'en 1976.

    [En note:] Pour vérifier si Degrelle a reçu la médaille, –ce qui se faisait au cours d'une petite cérémonie–, il serait nécessaire d'étudier les bulletins du Mouvement National de chaque province. » (p. 320)

     

    Mais qu'est-ce que cela peut bien faire si Léon Degrelle pensa toujours avoir été le seul détenteur étranger de la Médaille de la Vieille Garde ? Est-ce une raison pour le traiter de menteur ? Pour ce faire, Cuevas affirme que les détenteurs étrangers furent « fort nombreux » alors que l'historien de la Médaille dont il invoque le travail n'a finalement retrouvé dans ses archives que cinq autres noms, tous plus inconnus les uns que les autres et probablement tous également convaincus d'être les seuls étrangers à la posséder...

     

    LD Falanje Vieja Guardia.jpg

     

    En fait, pour Cuevas qui préfère ne pas se lancer dans l'examen laborieux des archives du Movimiento (expression politique unique rassemblant Phalange, Requetés, syndicats, mouvements de jeunesse, etc.) des différentes provinces espagnoles que put visiter Léon Degrelle, cette difficulté constituerait à elle seule la preuve du mensonge... Comme si Léon Degrelle avait lui-même épluché ces archives avant de prétendre fallacieusement être le seul étranger à s'être vu décerner cette Médaille ! Alors que la vérité toute simple est que Léon Degrelle disposait bien du diplôme officiel de la Médaille de la Vieille Garde, dont il nous reste la photocopie.

     

    Pablo Arredondo.pngCe document officiel daté de 1959 est signé par l'Inspecteur National de la Vieille Garde, Pablo Arredondo (1914-1969), membre, dès leur création en 1931, des JONS de Ramiro Ledesma Ramos et Onésimo Redondo, engagé de la première heure dans la División Azul sur le Front de l'Est dont il revint mutilé de guerre en octobre 1942. Cette figure-clef de la Phalange historique, chargée du contrôle de ses membres et d'accompagner leur influence au sein de la société, authentifie également par sa signature la référence à la carte d'adhésion de Léon Degrelle à la Phalange Extérieure dont il est membre depuis 1934 ainsi que l'atteste ce diplôme.

     

     

    Le voyage de 1939 en « Espagne nationale »

     

    Il est d'autres détails dont s'emberlificote Cuevas, les accumulant pour tenter d'établir l'imposture de Léon Degrelle. Ainsi de son affirmation d'avoir déjà connu l'Espagne avant sa visite des fronts de guerre en février 1939, et ce dès la première interview donnée au quotidien phalangiste de Gijon, Voluntad, le 7 février 1939 : « Je connaissais déjà San Sebastián ; mais aujourd'hui, ce soir, ce premier soir en Espagne Nationale, j'ai vu quelle est la valeur de son arrière-garde sereine, pacifique et travailleuse. »

     

    Et Cuevas de se gausser (sans doute avec une voix caverneuse pour souligner l'opprobre ironique) : « Est-ce qu'il était venu en tant que touriste, jeune avec ses parents ou adulte plus tard ? Une escale dans son voyage vers le Mexique ? Dans la documentation diplomatique qu'on a conservée sur les préparatifs de son voyage, il n'y a aucune donnée ni aucun indice » ! (p. 319) Car on peut être sûr que Cuevas a compilé toute la « documentation diplomatique » relative à ce voyage (en Espagne et/ou au Mexique ?) ! Il nous dira aussi où il l'a trouvée... Peut-être, selon une de ses hypothèses, dans les cales du Rio Panuco (ce blog au 1er mai 2016), le paquebot qui emmena l'envoyé spécial du Vingtième Siècle de Hambourg chez les Cristeros du Mexique (mais il fut « titaniqué » par l'aviation japonaise dans un port australien en 1942) !

     

     

    Rio Panuco Neptuna Darwin 19.02.1942.jpg

    Le Rio Panuco qui emmena Léon Degrelle au Mexique des Cristeros, vendu à un armateur australien et devenu le Neptuna, fut coulé par l'aviation japonaise dans le port de Darwin en Australie, le 19 février 1942 : il transportait une centaine de mines sous-marines qui explosèrent, tuant 36 des 124 membres de l'équipage, dont le capitaine, ainsi qu'une dizaine de dockers (voir aussi Léon Degrelle, Cristeros, p. 245).

     

     

    En attendant, pourquoi le chevaleresque Jean Denis raconterait-il des bobards en écrivant dans son article pour le quotidien phalangiste Unidad, le 6 février 1939 : « Enfin, Léon Degrelle est arrivé en Espagne. Combien de fois déjà celui qui est pour moi depuis plus de quatre ans un chef et un camarade n'avait-il pas manifesté son désir nostalgique de visiter cette Espagne qu'il connaît si bien et qui lui est devenue si fraternelle depuis le 18 juillet 1936. [...] Cependant, ce n'est pas la première fois que Léon Degrelle visite l'Espagne. Il y vint pendant son enfance pour passer quelques vacances et revint encore pendant la Dictature [du père de José Antonio, Miguel Primo de Rivera, avec l'accord du roi Alphonse XIII, parrain de Louise, duchesse de Valence] et sous la République. »

     

     

    PR 1939.02.07b.jpg

    Les premières impressions que Léon Degrelle offrira aux lecteurs du quotidien rexiste sur son voyage historique dans l'Espagne reconquise sur les barbares communistes et anarchistes par les nationalistes de Franco s'ouvrent sur le souvenir de ses précédents voyages. Dans l'Espagne d'alors, les enfants couraient souvent pieds nus, ce qui, malgré même la guerre civile, n'est plus le cas dans la nouvelle Espagne soucieuse de sa jeunesse. (Le Pays réel, 7 février 1939).

     

     

    Du coup, Cuevas balance un nouveau scoop : « Degrelle, invité indésirable ou hôte d'honneur ? » On devinera tout de suite quelle option de l'alternative a la préférence de l'auteur qui n'a de cesse d'essayer de minimiser le périple espagnol : « Il fallait bien le traiter puisque c'étaient, lui et son mouvement, des amis de l'Espagne, mais sans lui accorder trop d'importance, de façon à ce qu'il ne provoque pas de problèmes avec le Gouvernement belge, présidé à ce moment par un socialiste qui, en même temps, était toujours ministre des Affaires étrangères. [...] La presse nationale informera de sa présence en Espagne du 2 au 11 février 1939, non pas avec grande précision ni de manière fort visible, mais largement, presque toujours en pages intérieures. » (pp. 329-330).

     

    C'est que le nouveau gouvernement espagnol des désormais vainqueurs de la Cruzada aurait nourri « l'espoir que ce voyage n'entrave pas la possibilité que Spaak veuille établir des relations complètes avec Burgos, tout en acceptant les réticences des diplomates espagnols de Bruxelles à propos [de Degrelle] » (p. 329). On nous permettra de bien rigoler face à pareille embrouille invraisemblable : nous aurions donc un gouvernement espagnol qui s'obligerait à recevoir fastueusement, alors qu'en réalité il serait tout incommodé par sa visite, un ressortissant d'un tout petit pays avec lequel il voudrait absolument nouer de bonnes relations diplomatiques, alors qu'au même moment, il snobe la prestigieuse délégation d'un grand pays comme la France, faisant antichambre pour établir de semblables bonnes relations diplomatiques (voir ci-après) !...

     

    Voici en tout cas ce que dit la Duchesse de Valence sur la manière dont elle apprit la visite de l' « invité indésirable » : « Un soir, une haute personnalité se présenta au palais de mes parents [aujourd'hui annexe du musée du Prado à Ávila] : « – Le chef des Rexistes belges, Léon Degrelle, va venir en Espagne pour trois semaines, comme invité d'honneur de l'État. On vous prie de bien vouloir lui donner l'hospitalité. [...] » (Degrelle m'a dit, p. 13).

     

     

     

    LD ABC 04.02.1939 p15b.jpgQuant à l'édition de Séville du plus important quotidien espagnol, ABC, il écrit en date du 4 février 1939 (avec un portrait-charge de Léon Degrelle et la photographie de sa dédicace : « Notre salut fraternel à la presse espagnole, défenseur de la civilisation, de la vérité et de la Patrie. Léon Degrelle », photo archives ABC) :

    « Léon Degrelle, le chef du parti rexiste belge [...] est l'hôte de l'Espagne de Franco. [...] Quand le jeune fondateur lança sa consigne inébranlable Rex vaincra, l'Espagne était très loin de la rédemption dans la plénitude de laquelle elle se trouve aujourd'hui qu'arrive sur notre territoire pour être son hôte d'honneur Léon Degrelle. » (p. 15).

     

    Alors ? « invité indésirable », vraiment ? Il est tout de même difficile de faire davantage « hôte d'honneur » !... Et quand la presse espagnole rend « largement » (« extensamente ») compte des activités de Léon Degrelle, c'est-à-dire sur des pages entières, même intérieures, cela veut-il vraiment dire « non pas avec grande précision ni de manière fort visible » ???

     

    Mais, insiste Cuevas, plus troglodyte que jamais, « ce qui est certain, c'est qu'on ne l'a pas laissé parler en public comme il le voulait et, à tout instant, il était soumis au bon vouloir de ses hôtes » (p. 331) !

     

     

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    Ce qui est certain, c'est que Léon Degrelle put parler en public comme il le voulait lors de son voyage en Espagne de février 1939 (voir plus loin encore à propos de sa conférence académique à San Sebastián ; on sait également –ce blog au 25 mars 2025– que la barrière de la langue ne constitua jamais un obstacle pour l'orateur : voir Cristeros, p. 300 ; Degrelle m'a dit, pp. 92-93).

     

    Et donc, en dépit des affirmations péremptoires mais fausses de l' « historien » Pablo Cuestas,  Léon Degrelle prit la parole à Barcelone au micro de Radio Nacional, le 9 février 1939 à 23h (première page du quotidien El Correo de Zamora, 10 février 1939 ; nous exprimons notre plus vive reconnaissance aux services de la Biblioteca pública del Estado de Zamora pour leur aide précieuse).

     

    Si Léon Degrelle partagea le micro avec une délégation officielle française venue explorer les possibilités de renouer des relations diplomatiques, seul son nom semble digne d'être mentionné aux lecteurs de l'important quotidien catholique régional El Correo de Zamora (qui, après quelque 130 ans d'existence, poursuit toujours aujourd'hui sa publication ; remarquons que Cuevas ne cite pas ce journal dans la quinzaine de titres dont il signale qu'ils couvrent le voyage du chef rexiste, pp. 330-331). La délégation française était pourtant composée de l'ancien ministre de la Justice, Léon Bérard, de l'évêque de Chartres et de sept députés, parmi lesquels Xavier Vallat, qui sera le premier Commissaire général aux Affaires juives dans le gouvernement de Vichy (1941-1942), avant de céder son poste à Louis Darquier de Pellepoix.

     

    Le Pays réel, à propos cette fois de l'audience accordée par Francisco Franco à Léon Degrelle plutôt qu'aux Français, a bien exprimé la préférence qui fut systématiquement accordée au chef de Rex : « Tandis que [...] la délégation des parlementaires nationaux français ne [réussissait] pas à forcer la porte du général Franco, pris tout entier par son travail d'État-Major, le caudillo a bien voulu recevoir Léon Degrelle avec lequel il s'est entretenu longuement de Rex et de la Belgique. » (13 février 1939).

     

     

    Ce qui est surtout certain –à en reprendre la liste dressée par Cuevas– c'est que la totalité (ou peu s'en faut) des souhaits exprimés par Léon Degrelle fut indiscutablement exaucée : « Il demande de visiter le front [Léon Degrelle visitera, les 5 et 6 février, le front de Madrid et Tolède en compagnie de Miguel Primo de Rivera, frère de José Antonio, puis celui de Catalogne et Barcelone récemment libérée en compagnie de Joaquín Rodríguez de Gortázar, secrétaire national du Service extérieur de la Phalange, de Pilar Primo de Rivera, la sœur de José Antonio, et de Sancho Dávila, son cousin] et veut donner des conférences dans un centre universitaire [...] et contacter des historiens spécialistes des règnes de Philippe le Bel, Charles-Quint et Philippe II [Léon Degrelle prononcera effectivement une conférence intitulée « La domination espagnole sur les Pays-Bas » à San Sebastián, le 11 février 1939 ; il semble même qu'il répéta sa conférence chez le Caudillo, lors de sa rencontre du 7 février : c'est d'ailleurs Franco lui-même –apparemment expert en la matière– qui lança le sujet, voir ci-après]. Il insiste pour parler à la radio de manière à pouvoir être entendu en Belgique [Léon Degrelle est effectivement intervenu sur les ondes de Radio nacional, le 9 février au soir, depuis Barcelone, la capitale catalane] ; il voudrait également visiter le Maroc espagnol [ce seul point n'a pu se réaliser]. Il voudrait par-dessus tout présenter ses respects à Son Excellence le Chef de l'État. » (p. 329).

     

     

    PR 1939.02.09 LD Franco.jpg

    Le Pays réel du jeudi 9 février 1939 rapporte que le mardi précédent, 7 février, le Général Franco a accordé une rare et précieuse audience toute de cordialité à son hôte d'État Léon Degrelle (voir aussi ce blog aux 29 août 2026 et 1er septembre 2024).

     

    Le caractère tout à fait exceptionnel de cette entrevue est illustré par le fait qu'au même moment, une délégation française visitait l'Espagne nationaliste, composée de parlementaires emmenés par le sénateur et académicien Léon Bérard et Mgr Raoul Harscouët, évêque de Chartres, afin de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays : elle ne fut pas reçue par Franco.

     

    Résumant la réception de Léon Degrelle au Grand Quartier Général de Franco, Pablo-des-Cavernes prétend ainsi ravaler le Chef de Rex dans son terrier : « Degrelle [fut] un visiteur et un admirateur de plus parmi beaucoup d'autres. Il ne se produisit aucun événement digne d'intérêt. » « Ce voyage obtint quelque résonance [...] mais uniquement dans sa niche [sic]. » (p. 332) !

     

     

    Léon Degrelle sera en réalité le seul étranger à avoir été reçu dans le Quartier général du Généralissime Franco, une ferme appelée le « Terminus », un endroit gardé secret dans la région de Saragosse.

     

    Léon Degrelle en fera la pittoresque description dans l'article Au front avec Franco qu'il confiera à l'hebdomadaire français Gringoire du 19 février 1939, –repris quelques jours plus tard dans Le Pays réel sous le titre Dans l'intimité de Franco–, en réservant à son quotidien l'exclusivité de la photo personnalisée du Caudillo.

     

    « J'étais arrivé à deux heures du matin à Saragosse, par des routes aux platanes écaillés. Les nids de poules faisaient éclater les pneus comme des ballonnets près d'une cigarette. Mais à quoi bon se plaindre, puisque j'allais avoir le privilège de voir Franco à l'endroit – jalousement tenu secret – où, voilà six semaines, avait été déclenchée l'offensive qui a libéré la Catalogne.

    Aucun journaliste n'avait pu y rencontrer le généralissime vainqueur. Ni aucun homme politique. Nul ne sait même où se trouve ce bourg campagnard. En Espagne, chacun vous parle à l'oreille du “Terminus”. On croirait lire le finis terrarum des vieux atlas. Le Terminus est l'endroit, sacré pour tout Espagnol, où Franco, dans un isolement quasi absolu, travaille sur ses cartes et dirige les combats.

    C'est là que j'allai le rejoindre, par de jolis chemins agrestes, bordés de longs roseaux jaunes. Je ne trahirai aucun secret. Je n'ai pas voulu demander aux officiers venus à ma rencontre le nom des villages en crépi rose ou ocre par lesquels nos autos passaient. »

     

     

    DH 1939.02.06.png

    La mauvaise foi stalagmitique de Pablo Cuevas s'apparente résolument aux diatribes et caricatures de la presse belge relatant le voyage de la délégation rexiste en Espagne. Ci-dessus, caricature du journal libéral La Dernière Heure du 6 février 1939 ; ci-dessous, des articles du communiste Drapeau rouge (2 février 1939), du socialiste Le Peuple (9 février 1939) et du catholique Vers l'Avenir (5 février 1939).

     Drapeau rouge 1939.02.02.png  Peuple 1939.02.09.png  Vers l'avenir 1939.02.05.png

     

     

    Tout ce que l'article du prétendu « invité indésirable » suscite chez le nouveau biographe de Léon Degrelle, c'est un dédain narquois pour ce texte décrété « pompeux, flagorneur et plutôt creux » qui ne ressortirait qu'à la récupération politique : « À part l'intérêt obsessionnel de Degrelle pour le paysage, les ormes, les olives, les soldats cueillant du mimosa dans un jardin sauvage[s'il n'est pas, comme l’œillet, la fleur emblématique de Saragosse, le mimosa orne à profusion ses parcs, jardins et grandes avenues], Degrelle met dans la bouche de Franco son intérêt primordial pour la mobilisation de la jeunesse, l'unique chose qui puisse changer l'Espagne... et, bien entendu, la Belgique. » (pp. 332-333).

     

    Nous publierons prochainement l'intégralité de cet article documentant la probablement unique mais capitale rencontre personnelle entre Francisco Franco et Léon Degrelle. Car l'entretien accordé par le Caudillo, scellant une amitié indéfectible entre les deux hommes, ne se limita aucunement à la guerre de reconquête de l'Espagne ou à la politique sociale et économique à mener pour son développement, mais permit également d'évoquer quelques grands noms communs à l'histoire de nos deux pays, Léon Degrelle développant sans doute aussi la substance de la conférence qu'il devait donner quatre jours plus tard à San Sebastián sur La domination espagnole sur les Pays-Bas : « Vous l'avez vue, la jeunesse espagnole ! me dit [Franco] en me prenant fraternellement le bras. [...] Ces enfants sont devenus des hommes. Ils sont mûrs pour faire de l'Espagne un grand pays qui pourra reprendre sa mission impériale à travers le monde et, comme au temps d'Isabelle la Catholique, de Charles-Quint et de Philippe II, redevenir un bastion de l'ordre et de la foi parmi le désordre de l'Europe matérialiste. À ce mot de Philippe II, le visage de Franco s'est relevé, flamboyant.

    Oui, lui dis-je, celui-là, au moins, a eu le courage de la vérité, il a fait face à l'erreur avec l'intransigeance qu'elle mérite. Et, en face de la poussée barbare d'alors, il a sauvé la civilisation et l'âme de l'Europe. »

     

     

    PR 1939.02.19ab.jpg

    À l'issue de la visite du Chef de Rex en son Quartier général, le général Franco ne manqua pas d'offrir à son hôte une photo avec une dédicace manifestant sa confiance en l'avenir du jeune tribun belge et de son mouvement : « À Léon Degrelle, avec mes meilleurs vœux pour le Mouvement qu'il dirige pour le salut de la Nation belge. » (Le Pays réel, 19 février 1939). Pour Franco (qui, selon son hôte, « parle un français chantant, cocasse et intime »), il ne s'agissait certes pas d'un compliment de circonstance car, comme il le faisait déjà savoir en 1936 en exprimant le souhait de rencontrer Léon Degrelle, il connaissait fort bien Rex (ce blog au 1er septembre 2024).

     

    Il est d'ailleurs révélateur que Cuevas n'ait pas inclus Francisco Franco dans la liste des « amitiés pour la vie » que se créa Léon Degrelle sur le front de la nouvelle Croisade contre le communisme : « cette visite permet à Degrelle de nouer des amitiés qui dureront toute la vie : Luisa Narváez, future duchesse rouge, Juan Manuel Fanjul, Eugenio Espinosa de los Monteros, Serrano Suñer... » (p. 333) C'est pourtant cette amitié-là qui sera la première et seule décisive pour la vie d'exil de Léon Degrelle en Espagne (ce blog aux 31 mars 2021 et 2 septembre 2025).

     

    Néanmoins, le point de vue de Franco n'intéresse pas Cuevas : il va privilégier une interview de Léon Degrelle, Franco, jefe de Estado dont il ne donne pas la référence sinon qu'elle daterait « d'après la mort de Franco », précisant seulement qu'il ne faut pas la « confondre avec son livre Franco Chef d'État, Editions du Baucens, 1976 ». Ce qui est archi-faux : la malheureuse citation relative à Serrano Súñer, « véritable Chef de l'État espagnol » provient bien de sa page 11; celle comparant Franco à « du silex », de la page 10 !

     

    Pourquoi donc nous faire tout un plat de ce texte ? Mais pour mettre à nouveau perfidement en doute la pertinence de ce que raconte Léon Degrelle : « Dans cette interview, il prétend que l'entrevue de 1939 se tint à son Grand Quartier général [de Franco], dans sa modeste maison familiale près de Saragosse. Mais sans doute mélange-t-il ses souvenirs avec Serrano Suñer qui, lui, possédait une maison dans la capitale aragonaise ? » (p. 333). Si ses parents possédaient un immeuble dans une des plus prestigieuses avenues de Saragosse (Paseo de Sagaste, certes guère « modeste »), Ramón Serrano Súñer habita, de 1937 à 1939, avec toute la famille de Franco dont il était le beau-frère, au premier étage du Palacio de la Isla, à Burgos ; à partir d'octobre 1939, sa résidence familiale sera transférée à Madrid, au numéro 36 de la calle Príncipe de Vargara.

     

    À part mettre en évidence l'animosité obstinée de Cuevas pour Léon Degrelle, à quoi peut bien rimer tout ce tralala anachronique à propos du Terminus d'après 1975, « modeste maison familiale », quand il était proprement présenté en 1939 comme « une vieille ferme-château » ?  De toute façon, Cuevas cite incorrectement et de manière évidemment malintentionnée le texte original de Franco Chef d'État : si Léon Degrelle a bien écrit « à son G.Q.G. », il n'a pas écrit « dans sa modeste maison familiale », mais « dans une modeste gentilhommière », ce qui ne trahit nullement le texte de 1939 !...

     

     

    (À suivre)

     

     

  • Un historien espagnol élucubre une nouvelle biographie de Léon Degrelle (1)

     

    120 ans après sa naissance, plus de 30 ans après sa disparition, Léon Degrelle dérange toujours...

     

    Il devrait exister des Oscars pour les historiens les plus sournois ou les plus méchamment calomniateurs. Après tout, il exista bien un Bad Sex in Fiction Award créé par la revue britannique Literary Review qui, en 2009, couronna le porno-roman de Jonathan Littell, dont le personnage principal était prétendument inspiré par Léon Degrelle (ce blog au 28 février 2018 ; Pablo Cuevas, l'auteur dont il sera ici question, parviendra à citer Littell une demi-douzaine de fois dans les quelques pages consacrées à l'exil dont nous parcourrons quelques chafouineries).

     

    LD Cuevas.pngPour notre part, nous décernerions volontiers le Balace d'or récompensant les pires mensonges, contre-sens et diffamations dans le récit de la vie de Léon Degrelle à son nouveau biographe espagnol, Pablo Cuevas (qui n'a rien à voir avec le magnifique champion de tennis uruguayen qui s'illustra sur les cours entre 2004 et 2024, surclassant, par exemple, en 2016 Rafael Nadal en demi-finale et emportant l'ATP 500 de Rio de Janeiro). Les « Balace » seraient ainsi appelés d'après Francis Balace, le degrello-allergique professeur de l'Université de Liège, célèbre pour son « confusionnisme historique » (ce blog au 30 juin 2016 ; cet Hérodote de carnaval espéra-t-il que ses diatribes calomnieuses à l'égard de Léon Degrelle recevraient davantage de crédit scientifique en décrétant que ce dernier « appartient plus au domaine du psychiatre qu'à celui de l'historien » ?, ce blog au 9 juillet 2017, n.1).

     

    Nous avons récemment évoqué l'existence de cette publication espagnole sur Léon Degrelle (dont plus de la moitié de l'existence se fit dans l'Espagne franquiste) qui nous laissait espérer des infos nouvelles, originales et exclusives sur sa vie d'exilé, puisque le sous-titre prétendait expressément s'intéresser à « l'ultime échappée vers l'Espagne de Franco » (ce blog au 2 août 2026).

     

    Ce n'est que cette petite cinquantaine de pages consacrées à l'exil sur les quatre cents du bouquin qui intéressera notre critique car si nous devions en commenter toutes les méchancetés, il nous faudrait y passer le reste de notre existence ! Mais si ces pauvres pages censées raconter les principaux événements de la vie du banni (la précieuse recension de José Luis Jerez Riesco, Degrelle en el exilio 1.945-1.994, offre, quant à elle, plus de 600 pages sur la vie du condamné à mort belge exilé en Espagne !) nous ont amplement laissé sur notre faim, elles nous ont quand même permis de ranger définitivement Cuevas dans la catégorie des super-Balace, coiffant largement au poteau son confrère José Luis Rodríguez Jiménez qui, même enrobées de sensationnalisme, nous a tout de même fourni quelques informations nouvelles et photographies inédites (ce blog, huit articles à partir du 1er septembre 2024).

     

     

    José Antonio Primo de Rivera

     

     

     

    José Antonio PR 22.11.1936p.3.jpg   José Antonio PR 15.07.1938p.6.jpg

    À gauche, Le Pays réel du 22 novembre 1936 annonce la mise à mort du chef de la Phalange espagnole, José Antonio Primo de Rivera ; à droite, deux ans plus tard, le quotidien rexiste fut à même de donner les détails de cet assassinat (Le Pays réel, 15 juillet 1938).

     

     

    L'obsession première de Cuevas est de s'en prendre à la prétention de Léon Degrelle d'avoir entretenu des relations avec José Antonio dès 1934 et d'être détenteur de la Médaille de la Vieille Garde pour avoir appartenu dès alors à la Phalange Extérieure, sa carte d'affiliation portant d'ailleurs le numéro un.

     

    ABC 1969.10.11 p.14.jpgVoilà qui, selon Cuevas, serait hautement suspect car Léon Degrelle déclara dans une interview (Épisode humain de Léon Degrelle : Nous sommes vraiment entrés en politique comme des apôtres) au quotidien ABC du 11 octobre 1969 : «  Alfredo Mahou me faisait parvenir les lettres de José Antonio et portait les miennes au chef de la Phalange espagnole ».

     

    Soupçons immédiats du néo-biographe: « Pourquoi avait-il besoin d'un intermédiaire déjà décédé mais connu de tous et parent de sa grande amie Clara Stauffer Loewe ? L'explication la plus logique : pour justifier qu'il n'y ait aucun autre témoignage ni trace de cette prétendue relation à une époque antérieure à la fondation de Rex et de son adhésion au fascisme. » (p. 319-320).

     

    Nous pensons, quant à nous, que cette question est très mal posée :  plus que oiseuse, elle est hypocritement malintentionnée : pourquoi en effet Léon Degrelle se serait-il inventé inutilement un intermédiaire qui eût pu facilement, lui ou ses contemporains, le contredire, si cette péripétie insolite n'avait pas existé ?

     

     

    Clara Stauffer Murcia.jpg

    Clara Stauffer, amie intime de Léon Degrelle (ce blog aux 3 janvier 2023 et 20 mai 2025) était responsable de la presse et de la propagande de la Section Féminine de la Phalange Espagnole (ici dans les locaux de la section de Murcie dans les années 1930). À noter qu'à propos de ses relations avec le Commandeur de la Division Wallonien exilé en Espagne, au contraire de ce que laisse entendre Anne Lemay[-Degrelle] (ce blog au 3 janvier 2023), sa biographe Berta Vias Mahou –qui est également la petite-nièce de Clara– affirme « qu'avec [Léon Degrelle] d'ailleurs, je ne pense pas qu'elle ait eu, comme on dit, quelque relation amoureuse que ce soit » (A la sombra de Clara Stauffer, p. 213).

     

     

    Cuevas tapera encore sur le clou dix pages plus loin : « On ne trouve pas non plus la moindre information sur l'une des affirmations qu'il fera à partir des années soixante : qu'il en était venu à correspondre avec José Antonio Primo de Rivera avant même d'avoir fondé Rex. Rien n'est mentionné dans aucun document ou journal de cette époque. » (p. 331). Et plus loin, commentant à sa manière les résultats de la visite de Léon Degrelle sur le front de la Guerre civile en février 1939 : « cette visite permit à Degrelle de forger des amitiés qui dureront toute la vie : Luisa Narváez, future duchesse rouge, [...]. Ainsi que, même si on n'en parle pas dans la presse de l'époque [ndlr : comme pour les relations entre José Antonio et Léon, alors !], probablement également Clara Stauffer Loewe, responsable de la Section Féminine ayant une sœur mariée avec l'entrepreneur, également d'origine allemande, Carlos Mahou, un lien qui servira Degrelle dans le futur pour démontrer sa prétendue amitié avec José Antonio Primo de Rivera... en 1969. » (p. 333).

     

    Outre qu'à l'époque, Rex ne s'est jamais déclaré fasciste, pourquoi donc serait-il suspect que Léon Degrelle ait connu José Antonio avant que Rex –maison d'éditions et hebdomadaire littéraire– ne devienne un mouvement politique ? Le Chef de Rex s'était alors déjà engagé en politique au service du Parti catholique belge qu'il voulait régénérer en le débarrassant de ses banksters et autres corrompus (initiative qui ne pouvait que le rendre sympathique à José Antonio ; ce blog au 8 avril 2017).

     

     

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    Sans doute fallait-il que les héritiers de José Antonio, à la tête désormais de la Phalange, ne connussent vraiment rien de Léon Degrelle (premier membre de la Phalange Extérieure) pour l'inviter en grande pompe sur les fronts de guerre d'Espagne (Le Pays réel, 4 février 1939) ! Hôte d'honneur de la Phalange, le chef de Rex le fut également de l'État, reçu chaleureusement, le mardi 7 février 1939, par le Caudillo Francisco Franco qui lui avait déjà adressé un message de sympathie en septembre 1936 (ce blog au 1er septembre 2024).

     

     

    Et en quoi serait-il suspect que le célèbre industriel brassicole Mahou ait servi de courrier ? Au moment où Léon Degrelle raconte cette anecdote, Alfredo Mahou serait décédé et ne pourrait donc plus démentir ? Mais la fille du maître-brasseur historique des bières Mahou, Konrad Stauffer (1860-1945), Clara (1904-1984), elle, vivait toujours et devait certainement connaître l'histoire. En a-t-elle démenti le prétendu bobard ?

     

    De même, la sœur de José Antonio, Pilar Primo de Rivera (1907-1991), amie intime de Clara Stauffer, était également toujours de ce monde et eût très bien pu dénoncer la fiction des relations de son frère avec Léon Degrelle si tel avait été le cas. Il n'en a jamais rien été et aucun des proches de José Antonio n'a jamais mis en doute les liens entre les deux apôtres comme ABC le rapporte en 1969, tels Sancho Dávila (1905-1972), cousin de José Antonio, ou José del Castaño (1895-1973), responsable de la Phalange pour l'étranger, qui accueillirent Léon Degrelle à son arrivée à la frontière espagnole, le 2 février 1939...

     

     

    LD Irun 02.02.1939a.jpg

    Le 2 février 1939, Léon Degrelle arrive au poste frontière d'Irún où il est accueilli par une délégation de la Phalange espagnole (voir une autre photo sur ce blog au 19 avril 2019).

     

     

    Mais le plus fort de l'affaire (et fort embêtant pour la crédibilité de notre « biographe »), c'est qu'Alfredo Mahou n'était absolument pas mort au moment de l'interview en 1969 de Léon Degrelle pour le journal ABC ! (On observera que dans sa dernière incrimination, Cuevas évoque « Carlos Mahou [Olmeda] » (1901-1979), cousin d'Alfredo et époux de María Nanette, la sœur de Clara Stauffer ; mais Léon Degrelle précise sans équivoque « Je veux parler d'Alfredo Mahou »).

     

    Et on voudrait nous faire croire que si cet important homme public a été impliqué dans ce qui nous est présenté aujourd'hui comme un grossier mensonge, c'est qu'il était mort et ne pouvait plus réagir ? Rappelons donc que, nommé après la guerre Président honoraire de la Chambre de Commerce de Madrid et conseiller municipal de la capitale (le bourgmestre-alcalde n'étant alors autre que le Comte de Mayalde, ce blog au 23 octobre 2022), Alfredo Mahou de la Fuente, né en 1905, mourut à Madrid le 6 mars 1978, sans avoir jamais dénoncé l'anecdote rapportée par son ami Léon Degrelle dans le plus important quotidien madrilène.

     

     

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    Un des principaux collaborateurs de Léon Degrelle, Jean Denis (ce blog au 15 juin 2022), ancien secrétaire de Mgr Picard (ce blog aux 5 avril 2017 et 2 mars 2021), rédigea, en 1936, les Bases doctrinales de Rex. Docteur en Philosophie et Lettres, Jean Denis a suivi attentivement la Guerre civile espagnole (il se rendra une première fois en Espagne en décembre 1937, en compagnie de Victor Matthys, et il accompagnera le Chef de Rex lors de sa visite à l'Espagne nationale de février 1939), tout en se passionnant pour la pensée de José Antonio.

     

    Il publia dans la « Collection nationale » des Éditions Rex un Romancero 1938. Le « Romancero » désigne traditionnellement un recueil d'extraits des chansons de geste ibériques. Pendant la guerre civile espagnole, les communistes confisquèrent le genre pour célébrer avantageusement les Républicains crucificateurs de cadavres de nonnes et de curés.

     

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    Juillet 1936 : cercueils profanés des religieuses salésiennes de Barcelone dont les cadavres sont exhibés sur le parvis de l’Église de leur couvent (Photo Catholicus Blogspot).

     

    Aujourd'hui, seules les récupérations des Rafael Alberti ou Pablo Neruda semblent relever de l'art et de la culture, dignes de l'intérêt académique. C'est ainsi qu'un prof catalan de l'Université de Barcelone s'est attaché à l'étude de « La résistance des romanceros » face au « nettoyage de la culture » qu'aurait opéré « L'Espagne de Franco » (Pelai Pagès i Blanc, in Ebre 38, Revista Internacional de la Guerra Civil (1936-1939), n° 8, 2018, pp. 261 sv.). Tout à son admiration des émules étrangers des romanceros marxistes, ce Balace catalan inclut –sans sourciller car, à part son titre, il n'a manifestement rien lu de cette ode poignante au sublime esprit de sacrifice des défenseurs de l'Espagne éternelle– le Romancero 1938 de Jean Denis dans les œuvres étrangères qui absolurent à bon compte les atrocités républicaines au nom de la littérature...

     

    Romancero Ebre Denis.jpg

     

    Mais Jean Denis fut aussi un fin connaisseur de l'idéal national-syndicaliste de la Phalange espagnole et de la pensée de son fondateur José Antonio.

     

    Il prit ainsi violemment la défense du martyr d'Alicante contre les assimilations calomniatrices de La Libre Belgique dans Le Pays réel du 1er décembre 1938, sous le titre Non, la phalange n'est pas le nazisme.

     

    L'année suivante, il publiait un exposé de la doctrine sociale de la Phalange Une révolution dans la guerre chez l'imprimeur d'art Julien Leherte-Delcour, de Renaix, pour le compte de son Centre d'Études Hispaniques. C'est là également que la même année, fut publié José Antonio a dit... présentant le texte de trois importants discours de celui qu'on n'appelait plus que L'Ausente, l'Absent, tant que sa dépouille n'aurait pas été retrouvée et reçu de funérailles : l'offre de souscription accompagnait Romancero 1938 et Le Pays réel y consacra une importante publicité.

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    La presse de la Phalange y fut également fort sensible : ici, l'article du quotidien Unidad du 11 février 1939, saluant l'ouvrage  : « Jean Denis, membre éminent de Rex et député du mouvement belge, ami intime de son chef Léon Degrelle qu'il accompagne pour le moment dans son voyage à travers l'Espagne libérée, est un cher camarade qui nous accompagne dans la sainte fraternité de la Phalange. Il nous honore et nous enchante par sa plume qui nous expose de magnifique manière les problèmes de la Belgique rexiste et les liens qui l'unissent à l'Espagne triomphante du communisme. [...] Jean Denis travaille sans relâche, hier avec son Romancero, aujourd'hui avec les pages concises qui prolongent la traduction des discours éloquents de notre Absent, réussissant à nous toucher au fond de l'âme, à partager nos peines et nos joies [...]. En un mot, Jean Denis comprend, sent et aime la Phalange et l'Espagne, à l'espagnole”. » (reproduction du journal Unidad illustrant l'article de José Luis Jerez Riesco, Viaje por la España Nacional de Léon Degrelle, en febrero de 1939, in REX, Revista de la Asociación cultural Amigos de Léon Degrelle, n° 3, 31 mars 1999, p. 4 sv.).

    Denis Souscription JA dit.jpeg

    Denis JA a dit PR 1939.01.08.jpg   Denis JA dit Unidad.jpeg

     

     

    Pour nous apprendre quelque chose de nouveau, plutôt que de cracher toutes ses dents contre Léon Degrelle et disqualifier son biographe d'exil José Luis Jerez Riesco (ce blog, notamment au 3 mai 2021), Pablo Cuevas eût dû sortir de ses obscures et embrouillardantes cuevas (cavernes) et s'interroger sur les relations d'Alfredo Mahou avec Léon Degrelle ainsi qu'avec José Antonio et la Phalange dont les principes économiques et sociaux rejoignaient ses convictions corporatistes (au contraire de son cousin Casimir Mahou Olmeda, beau-frère de la sœur de Clara Stauffer, marxiste résolument engagé dans le parti Izquierda Republicana (« Gauche républicaine ») –dont le fondateur était président de la république de Front populaire durant la Guerre civile–, et qui chercha refuge au Mexique).

     

    Documenter les relations entre Léon Degrelle et José Antonio semble en effet aussi difficile qu'établir celles qu'il eut avec Joris Van Severen (ce blog au 7 mai 2019) dont il ne parla pratiquement jamais non plus avant ses années d'exil (le nom du fondateur du Verdinaso n'est même pas cité dans La Guerre en prison relatant son arrestation le 10 mai 1940 et les avanies subies lors de sa livraison aux autorités françaises : Van Severen fut pourtant gardé dans la même prison de Bruges et mis dans le même autocar vers la France pour y être assassiné à Abbeville le 20 mai 1941 avec vingt autres compagnons d'infortune : ce blog au 30 avril 2017).

     

    Du moins –et sans doute est-ce le plus important– pouvons-nous déduire une évidente proximité spirituelle entre les mouvements créés par Léon Degrelle et José Antonio des déclarations du chef rexiste à la presse phalangiste : « Aucun mouvement révolutionnaire au monde ne ressemble autant à la Phalange espagnole traditionaliste des Juntes d'offensive nationale-syndicaliste que Rex. En effet, celui-ci est un mouvement révolutionnaire de la jeunesse. Il présente le même programme que la Phalange, les mêmes idéaux, la même façon d'être ainsi que les mêmes principes fondamentaux. Et même si la nature du combat n'est pas la même, son intensité, son dynamisme quotidien et l'objectif à atteindre sont bien identiques. Nous autres, Belges, en ce moment crucial de l'histoire du monde, nous sommes aux côtés de l'Espagne, comme elle fut à nos côtés au temps de son passé impérial pour défendre la chrétienté. » (Unidad, 8 février 1939, p. 1).

     

    Quelque quarante ans plus tard, Léon Degrelle redisait son opinion sur José Antonio, leurs points communs et leurs différences, dans l'hebdomadaire populaire Cambio16, répétant d'ailleurs les propos tenus à ABC huit ans auparavant sur le rôle d'Alfredo Mahou (qui était encore et toujours bien vivant !) et permettant surtout à la journaliste Jeannine Camps qui l'interrogeait de voir la fameuse carte n° 1 signée par le chef de la Phalange : « Le mouvement rexiste que créa Degrelle avait des points communs avec la Phalange : Ils se ressemblaient en ce qu'ils étaient tous deux des mouvements spirituels. José Antonio était quelqu'un d'une haute spiritualité, un homme inspiré, un poète. Mais alors que nous étions un mouvement de masse, la Phalange ne rassemblait avant la guerre qu'un millier de personnes. Eh oui, nous avions des contacts et je suis le numéro un de la Phalange internationale.Et le fier lion belge sort de sa poche une vieille carte de membre signée par José Antonio en 1934. "Mon lien avec José Antonio était Alfredo Mahou, le producteur de bière, qui était alors phalangiste. Mais à la base, c'était fort différent. José Antonio s'est présenté aux élections en tant qu'indépendant, ce qui n'est pas la droite. Il n'avait pas de contact avec les masses. Moi, je visitais les usines, les villages, les places publiques. Ce fut son principal défaut. » (Cambio16, 14 août 1977).

     

     

     

     

    Cambio16 1977.08.08aa.jpeg

    Première page de l'article que l'hebdomadaire Cambio 16 consacra, le 8 août 1977, à Léon Degrelle en Espagne. Il est illustré par la célèbre photo qui fit scandale, prise à l'occasion du mariage, le 9 octobre 1969, de sa fille Marie-Christine avec l'avocat José Ramon de Hervella : elle montre Léon Degrelle trinquant avec son ami Jaime de Mora y Aragón (1925-1995), le frère de Fabiola, reine des Belges (qu'il connut en 1945 à l'Hôpital General Mola de San Sebastián lorsque cet alors jeune militaire était affecté à la garde de sa chambre) !

    Accompagné de son épouse suédoise Margit (de face entre les deux porteurs de toast), Don Jaime avait déjà assisté, le 21 juillet 1962, au mariage d'Anne Lemay[-Degrelle] et Servando Balaguer Parreño à Constantina où se trouvait La Carlina, la belle propriété de Léon Degrelle (ce blog au 5 août 2023).

    Celui qu'on avait surnommé Fabiolo commença une carrière cinématographique en 1961 sous la direction de Vittorio De Sica (Le Jugement dernier, une satire sociale grinçante), mais préféra toujours les comédies où il aimait se caricaturer en Grand d'Espagne conspirateur (La Folie des Grandeurs, de Gérard Oury en 1971) ou en stoïque maître d'hôtel (Les Charlots font l'Espagne, de Jean Girault en 1972)...

     

    L'article est rédigé par Jeannine Camps, alors fraîche émoulue de l'université Complutense de Madrid, toute pénétrée des principes déontologiques non seulement professionnels, mais aussi spécifiques aux 16 propriétaires-éditeurs du Cambio (« changement ») décidés à accélérer la « transition démocratique » face au franquisme, et qui deviendra une des journalistes vedettes du magazine : y a-t-il quelque raison de douter de son honnêteté lorsqu'elle déclare avoir vu de ses yeux la carte de membre n° 1 de la Phalange Extérieure au nom de Léon Degrelle ?

     

     

    Le commentaire sur la Phalange que le Chef de Rex confie à Cambio16 rejoint quelque peu l'avis qu'il aurait donné à son ami communiste le richissime avocat et homme d'affaires Teodulfo Lagunero (ce blog au 31 mars 2021). Ce dernier déclara au quotidien El Mundo, le 6 avril 2006 : « Savez-vous que j'ai également été, par hasard, l'avocat de Léon Degrelle, le fondateur du fascisme [sic] ? Mais oui, j'ai été son ami. [...] Curieusement, il méprisait la Phalange parce qu'il disait qu'il ne s'agissait que d'un groupe de fils à papa (« señoritos ») ridicules. » Ajoutons immédiatement, avant que le cavernicole n'en fasse une preuve supplémentaire de l'absence de toute relation entre José Antonio et Léon Degrelle, que celui-ci évoquait, comme dans Cambio16 quelque trente ans auparavant, les membres de la Phalange, en petit nombre avant la Guerre civile, et non son fondateur. De plus, on peut bien supposer que l'ami communiste aura pris plaisir à en rajouter sur le prétendu « mépris » de Léon Degrelle...

     

     

     

    LD Historia16 1983 JA+Debbaudt.jpg

    En novembre 1983, le mensuel Historia16 consacrait un important article à La naissance de la Phalange de José Antonio Primo de Rivera : Léon Degrelle s'apprête à l'acheter au kiosque à journaux qui se trouvait en bas de son immeuble madrilène, 37 García Morato.

     

    Derrière Gabriel, son sympathique jeune libraire, on peut reconnaître Jean-Robert Debbaudt (1927-2003), qui, adolescent à la fin de la guerre, parvint encore à rejoindre les Volontaires wallons du Front de l'Est. Il fut le courageux éditeur de Lettres à mon Cardinal et Lettre au Pape à propos d'Auschwitz, initiative qu'il paya de lourdes condamnations judiciaires.

     

     

    Mais l'expression la plus explicite de la proximité de pensée entre Léon Degrelle et José Antonio se trouve certainement dans les commentaires que rédigea l'exilé rexiste sur le point XVI des Directives du programme de la Phalange concernant le Devoir de Travail. C'était en 1986 et constituait sa contribution à l'essai d'actualisation du message national-syndicaliste à l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort de José Antonio. En voici l'introduction.

     

    « J'ai été l'ami de José Antonio.Nous fûmes tous deux animés par la même foi. En 1934, deux ans avant son assassinat, il m'accorda la carte numéro 1 de la Phalange Extérieure.

    Pour la Phalange, comme pour le Rexisme que je dirigeais, la base de toute vie sociale était l'obligation d'honorer le travail que doit respecter tout être humain.

    Certes, ce devoir de travail se heurte aujourd'hui à l'impossibilité matérielle de travailler qui frappe en plein des milliers de jeunes. L'Europe soi-disant démocratique de la fin du XXe siècle traîne derrière elle, comme des boulets enchaînés aux prisonniers, la chaîne tragique de ses tristes maillons de chômeurs.

    Le drame n'est pas seulement économique, il est politique. Le vrai problème n'est pas tant le devoir de travailler, mais le pouvoir de travailler. Pour rendre au travail le considération qui lui est due, il est nécessaire, avant tout, de le rendre accessible. Plus encore qu'à l'époque de José Antonio, une rénovation politique totale est indispensable, pour rétablir l'ordre, la durée, la compétence et la force de l'État, bases indispensables de toute richesse, aussi bien économique que sociale puisque l'un est lié à l'autre.

    Dans un régime où n'importe quelle calamité peut devenir député ou ministre à condition d'avoir accaparé une quantité suffisante de voix et où on ne sait jamais si, trois mois plus tard, le Gouvernement subsistera encore, aucun grand plan n'est possible. L'honneur et la possibilité de travailler ne se concilient que dans la stabilité politique ». (Antología de textos de León Degrelle, pp. 255-259)

     

     

    Antologia textos LD.jpegLa réflexion de Léon Degrelle sur le Devoir de Travail compte plus d'une dizaine de pages manuscrites ; ce texte a été offert à son ami et avocat José Luis Jerez Riesco à l'occasion de l'Épiphanie de 1987, la « Fête des Rois » étant, en Espagne, la grande fête des cavalcades, des réunions familiales et des cadeaux. Le Devoir de Travail a été publié dans l'Antología de textos de León Degrelle, 1969-1994, textes rassemblés par Juan Antonio Llopart, aux Ediciones Nueva República en 2014, avec une introduction de José Luis Jerez Riesco. Notre citation est extraite et traduite de cette publication. Il va sans dire que Cuevas trouve toute l'affaire fort suspecte : « Un mensonge [sur l'amitié entre José Antonio et Léon Degrelle] qui a peut-être fonctionné au point de recevoir cette Médaille de la Vieille Garde avant le mariage de sa fille Anne... ou la commande d'un article dont nous ne connaissons ni le promoteur ni les raisons de sa non-publication » Si nous résumons la pensée caverneuse, le « mensonge » de 1969 (l'article d'ABC) justifie l'obtention de la Médaille en 1959 en vue du mariage d'Anne en 1961 et la rédaction de cet article en 1986 !...

     

    En réalité, le mensonge, une fois de plus vient de l'accusateur et non de l'accusé (selon l'adage enfantin tant de fois vérifié, « c'est celui qui dit qui l'est ») : contrairement à ce qu'affirme Cuevas, le promoteur de l'article est bien connu puisqu'il s'agit d'un groupe de phalangistes auquel appartenait l'avocat José Luis Jerez Riesco, chargé de compiler toutes les contributions et qui s'en explique dans son maître ouvrage Léon Degrelle en el exilio, 1945-1994 :

     

    LD Exilio Riesco.jpg« On avait demandé à Léon Degrelle, qui avait l'honneur d'être le titulaire de la carte numéro un de la Phalange Extérieure octroyée par José Antonio Primo de Rivera en 1934, un commentaire sur le seizième point de la Norme Programmatique de la Phalange qui dit : Tous les Espagnols non invalides ont le devoir du travail. L'État national-syndicaliste ne témoignera pas la moindre considération envers ceux qui n'exercent aucune fonction et aspirent à vivre aux dépens de l'effort d'autrui. Le commentaire de la Norme programmatique avec exégèse, critiques, notes, explications des 27 points de la colonne vertébrale de la doctrine phalangiste, effectué par d'éminents camarades nationaux-syndicalistes était un projet passionnant qu'à l'époque j'étais en train de compiler, en tant que contribution doctrinale et actualisation du message national-syndicaliste pour le Lème anniversaire de l'assassinat de José Antonio à Alicante. J'avais déjà recueilli les commentaires sur certains point essentiels de la doctrine, rédigés par mes amis et camarades [suivent les noms d'une vingtaine de contributeurs parmi lesquels Blas Piñar et Raimundo Fernandez Cuesta]. Pour être le plus jeune des rédacteurs qui contribuèrent à ce projet, où je remplissais aussi le rôle de compilateur, je m'étais réservé personnellement le commentaire du point 27 [...]. » (pp. 501 sv.).

     

    Il semble bien que l'ensemble du projet n'ait pas abouti, ce qui fait qu'il n'y eut pas que le texte degrellien à rester sur le carreau, mais également les contributions de tous les autres. Encore que le commentaire de Léon Degrelle sur le Devoir de travail fut peut-être le seul à avoir connu quelque diffusion puisqu'il fut publié non seulement dans En el Exilio, mais également dans l'Antología...

     

     

    Riesco.jpeg

    Docteur en Droit, José Luis Jerez Riesco (né en 1949) compta parmi les défenseurs de Léon Degrelle dans le procès que lui intenta Violeta Friedman (ce blog au 5 août 2023). Il préfaça la plupart des livres de Léon Degrelle publiés en espagnol (dont, pour certains, il assura également la traduction). Comptant parmi les plus fidèles amis de Léon Degrelle et fin connaisseur de son œuvre, il est également le président-fondateur de l'association culturelle Amigos de Leon Degrelle qui publia la revue annuelle REX, de 1997 à 2008 (photographie extraite du premier numéro de la revue, daté du 31 mars 1997, troisième anniversaire de la mort de Léon Degrelle).

     

     

    (À suivre)

     

     

  • 2026 célèbre les 120 ans de Léon Degrelle

     

    Une abondance de publications

     

    Nous avons relevé, le 15 juin dernier, l'hommage du SoirMag à Léon Degrelle pour son cent-vingtième anniversaire : une évocation feuilletonesque de l'irrésistible ascension politique de Léon Degrelle dans les années 1930. Plus d'une demi-douzaine d'articles piochés dans les volumes sur La Belgique entre-deux-guerres de Pierre Stéphany ont ainsi célébré Léon Degrelle face à la hiérarchie (3 juin), Degrelle [qui] galvanise la Belgique en crise (10 juin), Rex ou l'irrésistible stratégie du balai (17 juin), Rex [qui] triomphe aux élections (24 juin), Degrelle [...] aux portes du pouvoir (1er juillet), Léon Degrelle [qui] subjugue et... inquiète (8 juillet),...

     

    SoirMag 2026.06.24.jpeg

     

    Nous avons épinglé la méthode de l'auteur, feu Pierre Stéphany (1925-2020) consistant à recycler ce que d'autres ont écrit, sans avoir l'air de trop se poser de questions sur la réalité de l'information récupérée. Mais finalement, il nous faut convenir que cette manière d'écrire n'est pas si inintéressante car ce sont les ragots facilement identifiables et contestables qui permettent de faire passer la véritable histoire de Léon Degrelle. En effet, ces ragots imbéciles donnent l'indispensable vernis politiquement correct sans lequel les bouquins de Stéphany fussent probablement restés sans éditeur !

     

    Quelques exemples.

     

    La nécessité d'un Léon Degrelle et de Rex

     

    Voleurs Banque Nationale.jpgAprès avoir entonné la nécessaire dénonciation de l'imitation des dictateurs (« On avait déjà vu ça en Italie, en Allemagne. Là avec un Duce, là avec un Führer » ; « Il avait aussi compris, à l'exemple de Hitler, l'importance de la propagande et de la publicité ») et de la mégalomanie de Léon Degrelle (« Drapé dans son hypertrophie du moi » ; « Quelqu'un le surnommale camelot du moi » ; « le Rex appeal [...] faisait oublier son ignorance et son manque de véritables vues politiques »), Stéphany ne peut qu'insister sur la nécessité inéluctable de l'action du chef de Rex et du rexisme : « La Belgique touchait le fond de la crise [...], les mécontents pullulaient – et les hommes politiques en place, les chefs des grands partis, semblaient frappés d'impuissance. Quant aux liens qui unissaient la haute finance à certains hommes politiques, dévoilés à l'occasion de quelques déconfitures plus ou moins scandaleuses nées de la crise, ils achevaient de casser ce qui, dans l'opinion, restait de confiance dans les institutions traditionnelles. Les faillites, les grèves, la misère, les erreurs doctrinales du libéralisme, les égarements d'un socialisme fondé sur les sophismes de la lutte des classes avaient profondément perturbé le climat psychologique du pays. Rex fut le catalyseur de tous les mécontentements de l'époque. » (SoirMag, 10 juin 2026, p. 50).

     

    Le programme de Rex

     

    Message de Rex.jpgComme il est routinier de souligner l'absence de programme politique de Rex. Stéphany va décrire « ce qui tenait lieu de programme au Rex de Degrelle ». Et de détailler les mesures proposées par Léon Degrelle (d'ailleurs toujours bien d'actualité dans la Belgique de 2026 !) : « On y met en accusation les sinécures distribuées par le personnel politique à ses créatures, les nominations politiques, l'administration en proie à la gérontocratie. On y prévoit une Force de la Nation gardienne des frontières et un Noviciat du Citoyen effectué à l'occasion du service militaire, qui sera obligatoire pour les jeunes filles aussi. Comme c'est entre 30 et 50 ans que les besoins sont les plus grands, c'est à cette période de la vie que les traitements seront les plus élevés. [...] Une propagande intensive sera faite en faveur de la fécondité des foyers [...]. La femme mariée recevra aussi bien que le mari le droit d'administrer ses biens propres... » (SoirMag, 17 juin 2026, p. 50).

     

    Et Stéphany de préciser la pertinence de la campagne politique de Rex : « La menace rexiste rameutait autour du gouvernement les trois partis traditionnels. On nota que, dans les débats parlementaires, mettant une sourdine à leurs différends, les orateurs prenaient tous grand soin de condamner les abus politico-financiers. »

     

    Bien plus, selon notre inénarrable ami Saenen (ce blog aux 25 mars, 1er et 5 décembre 2025), le nouveau gouvernement tripartite de Van Zeeland piochera sans vergogne dans le non-programme de Rex : « Les rexistes enragent, accusant le gouvernement d'avoir copié et adopté dans l'urgence toutes les mesures qu'eux-mêmes avaient envisagées ! » (p. 98).

     

     

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    Loin de s'en plaindre, les rexistes verront dans la razzia des principaux éléments de leur programme opérée par un gouvernement aux abois dès sa constitution la preuve du bon sens de leurs mesures. Tout en observant que sans la révolution des âmes qui doit l'accompagner, cette opération ne pourra être que cosmétique et vouée à l'échec (ici, Le Pays réel du 11 juin 1936).

     

     

     

    Faire taire Léon Degrelle

     

    Si Stéphany reprend bien l'antienne du Degrelle, bateleur de foire et raconteur de carabistouilles (« Il était indispensable à Degrelle de faire sans cesse parler de lui »), il ne se prive néanmoins pas d'expliquer en détail les violences inouïes et les incroyables coups fourrés de ses ennemis pour le faire taire : « Plus grave, des tireurs s'étaient embusqués sur les quais, canardant le bateau sur le pont duquel le chef, impavide, énonçait les slogans rituels. Il y eut trois blessés par balle. » ; « Léon Degrelle qui, prétendant parler sur le parvis de Sainte-Gudule, se vit emmené par deux agents en casque blanc, tandis que quelques milliers de ses adeptes se colletaient avec les gendarmes » ; « Le gouvernement s'obstinait à lui interdire de parler sur les ondes de la radio nationale ; il se fit entendre par le truchement de Radio-Trieste et de Radio-Turin »... (SoirMag, 8 juillet 2026, p. 42).

     

    L'Église même fut appelée à la rescousse par une coalition catholico-libéralo-socialo-communiste pour faire taire Léon Degrelle à coups de menaces de péché mortel : « Le vendredi 9 avril, deux jours avant le vote, celui que Degrelle appelait le rhinocéros de Malines publiait un communiqué précisant que Rex était bel et bien visé par le document, que l'Église condamnait formellement les méthodes et les principes du mouvement rexiste, que Rex constituait un danger pour le pays et pour l'Église et que les catholiques, loin de se borner à l'abstention, devaient en conscience se prononcer contre le boutefeu. Le coup fut mortel. » (SoirMag, 15 juillet 2026, p. 42).

     

     

     

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    Pour faire taire Léon Degrelle, rien ne manqua, y compris les tentatives d'assassinat. On évoque souvent le mitraillage du bateau que Léon Degrelle loua le 15 septembre 1936 pour tenir, depuis la Meuse dans le centre de Seraing, son meeting interdit  (trois blessés seront hospitalisés).

     

    Mais d'autres attentats menacèrent sa vie, comme celui qui le rata de peu, à l'issue d'un meeting à Hal, le 4 décembre 1936. S'étonnera-t-on de la conclusion de l'enquête de Frédéric Saenen, le Rouletabille qui élucide Léon Degrelle : « Accident ou mise en scène ? Jamais on ne le saura ». C'est que, précise-t-il pour exclure l'attentat, « l'impact aurait été causé par un coup de feu tiré... depuis l'habitacle » (p. 114) ! Sauf que, comme on peut le lire dans Le Pays réel rendant compte de la tentative de meurtre, « La balle, passée juste à hauteur du visage, s'est écrasée sur la vitre de l'auto dans laquelle montait Léon Degrelle à l'issue du meeting » (6 décembre 1936, p. 1). C'est donc lorsque la portière était ouverte pour permettre à l'orateur d'entrer dans la voiture qu'on tira sur lui : « La vitre a été atteinte vers l'intérieur. L'attentat n'a donc pu avoir lieu qu'au moment du départ » (p. 3) !...

     

     

    Et s'il est de bon ton d'avoir toujours les yeux de Chimène pour les communistes (Degrelle est un « démagogue » entretenant une « psychose anticommuniste »), il est édifiant de connaître les fondements de la prétendue démagogie  : « Jouant habilement de la peur des bourgeois au spectacle des atrocités de la guerre d'Espagne, dont des photos montraient les rouges, dans les ruines des églises incendiées, buvant dans les calices après avoir fusillé les curés, les rexistes puisaient également dans l'expérience du Front Populaire en France de quoi entretenir la psychose anticommuniste répandue par le démagogue. » (SoirMag, 8 juillet 2026, p. 43).

     

    Ne quittons pas le SoirMag sans épingler ce poncif de l'historiographie de la Deuxième Guerre mondiale, à savoir le génie anticipatif du général De Gaulle sur la guerre moderne : « De Gaulle sentait monter le danger, mais personne ne l'écoutait... [...] Depuis sa garnison de Metz, le colonel de Gaulle réclamait, dans le désert, une armée de mouvement, une armée mécanique”. C'est justement ce que l'Allemagne était en train de se donner. » (SoirMag, 22 juillet 2026, p. 43).

     

     

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    A gauche, le SoirMag nous présente le conventionnel De Gaulle prophétique ; à droite, la rectification de Rivarol : De Gaulle ressemble plutôt à un parfait faussaire (les deux revues ont été publiées le 22 juillet 2026).

     

     

    Il est piquant de noter que l'hebdomadaire de l'opposition nationale et européenne, Rivarol, dénonce la supercherie sous la plume sans concession d'Hannibal, justement à la même date ! « Mais le plus inadmissible est la falsification de l'édition de 1944 de Vers l'armée de métier. Rappelant que l'ouvrage a été publié pour la première fois en 1934, De Gaulle rectifie discrètement certains passages afin de se faire passer pour prophète. Quelques mots bien choisis modifient profondément le rôle dévolu à l'aviation, et cette phrase est benoîtement rajoutée : Mais surtout, en frappant elle-même à vue directe et profondément, l'aviation devient par excellence l'arme dont les effets foudroyants se combinent le mieux avec les vertus de rupture et d'exploitation des grandes unités mécaniques”. Le grand art de faussaire est tout simple. » (Rivarol, 22 juillet 2026, p. 12).

     

     

    XLVe Correspondance privée du Cercle des Amis de Léon Degrelle

     

    Cercle XLV.jpeg

     

    C'est sans évoquer le cent-vingtième anniversaire du Commandeur de la Légion Wallonie que le Cercle des Amis de Léon Degrelle publie sa quarante-cinquième Correspondance privée, devenue quelque peu irrégulière depuis les persécutions qui frappent l'association et son président (ce blog au 18 octobre 2024).

     

    En exergue, le bel éditorial du Pays réel du 3 novembre 1940 saluant les premiers pas de la « Révolution nationale » mise en œuvre par le Maréchal Pétain, entreprenant le nécessaire nettoyage des écuries d'Augias de la défunte IIIe République.

     

    Tout comme nous avions utilisé l'intelligence artificielle pour réunir Léon Degrelle et Robert Brasillach (ce blog au 20 mai 2026), le Cercle a artificiellement réuni le Commandeur des Bourguignons et le vieux Maréchal. Pour rendre le cliché plus crédible, il aurait sans doute fallu un Degrelle portant les Feuilles de Chêne à sa croix de Chevalier de la Croix de Fer pour sa visite au chef de l'État français à Sigmaringen en novembre 1944.

     

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    Encore que le Maréchal Pétain n'accéda malheureusement pas à la demande d'audience du Sturmbannführer wallon envisageant de prendre le commandement d'une nouvelle division SS englobant Wallonien, Langemarck et Charlemagne. Comme il le fit savoir, « Depuis qu'il a dû quitter la France, le Maréchal s'est fixé comme règle de ne recevoir aucune visite. » La sollicitation, toute « apolitique » et personnellement désintéressée de Léon Degrelle, était pourtant empreinte du respect le plus profond :

     

    « Monsieur le Maréchal,

    De passage à Sigmaringen, je regarde avec émotion ces murs derrière lesquels vous, le grand vainqueur solitaire, vous attendez les jours de la résurrection de la France.

    Soldat, je voudrais avoir l'honneur et la joie de vous saluer un instant.

    Loin de la politique, je mène au front un dur combat. J'aurais été heureux de voir, dans son exil, le grand soldat que vous êtes resté pour tous ceux qui croient à l'honneur des armes et à la joie du devoir.

    En 1937, vous aviez eu la bonté, Monsieur le Maréchal, de m'écrire lorsque j'avais publié un livre intitulé : Révolution des Âmes.

     

     

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    Léon Degrelle se trompe en évoquant le courrier du Maréchal le félicitant pour la publication de Révolution des Âmes : ce n'est pas en 1937, mais au milieu de l'année 1938 que l'ouvrage sortit aux Éditions de France. Le Pays réel du 25 juin 1938 documente quelques réactions l'ayant accueilli : le Maréchal Pétain, le Général Mordacq, Robert Brasillach...

     

     

    C'est en me souvenant de la sympathie que vous avez bien voulu me témoigner alors, que je me permets de vous demander un bref instant d'audience.

    Ce n'est pas un journaliste qui vous fait cette demande, Monsieur le Maréchal, ni un homme politique : c'est un soldat du front qui voudrait voir le plus glorieux soldat du front de la Grande Guerre.

    J'espère, Monsieur le Maréchal, que vous voudrez bien, dans votre solitude, faire cette exception. Et je vous prie de croire au profond respect de

    Degrelle,

    Commandeur de la Division Wallonie »

    (Louis Noguères, La dernière étape, Sigmaringen, Fayard, 1956, pp. 195-196).

     

    Léon Degrelle eût également pu rappeler leur toute première rencontre à Bouillon lorsque le Maréchal vint, le 20 décembre 1918, annoncer l'octroi de la Légion d'Honneur à son père et traversa toute la cité en gardant dans la sienne la main du petit Léon (ce blog au 26 mars 2017). Si le quotidien local, L'Avenir du Luxembourg, avait délégué ses journalistes à cette occasion, il eût pu publier un cliché semblable à celui qu'a généré pour nous l'intelligence artificielle (mais également peu crédible puisqu'il associe un Léon de 1918 à un Pétain de... 1944 !).

     

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    Léon Degrelle toujours en butte aux pseudo-historiens

     

    Recensant toute l'actualité degrellienne (dont une belle réédition de Degrelle m'a dit, chez Deterna et disponible au prix de 39€ à la Boutique nationaliste), le Cercle des Amis de Léon Degrelle parcourt aussi Internet, non pour documenter les recherches et mises au point de blogs comme le nôtre, mais pour épingler les ventes de Degrelliana souvent pour des sommes extravagantes, comme cet exemplaire de Mon Combat (affiché à 500€).

     

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    Le Cercle dévoile que ce sont Jean-Robert Debbaudt et le FELD (Fonds Européen Léon Degrelle) qui furent à l'origine de cette édition privée pour les proches de Léon Degrelle à l'occasion du cinquième anniversaire de son décès et non destinée à la vente ou à quelque autre diffusion. Nous ajouterons qu'Armand Gérard rédigea l'Avant-propos et que les superbes aquarelles qui illustrent délicatement l'ouvrage (silhouette de Léon Degrelle avec son chien Dogo contemplant de son exil andalou le mirage de Bouillon, en première couverture ; le château de Bouillon où flotte l'étendard bourguignon, après la page 20 ; des Légionnaires wallons en patrouille sur le Front de l'Est, après la page 218) sont l’œuvre du merveilleux artiste que fut le Hauptscharführer René Henrotay (1921-2010 ; ce blog au 15 juin 2023).

     

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    Par contre, signalant la rare publication en espagnol d'une biographie consacrée à celui qui passa plus de la moitié de son existence dans la patrie de José Antonio, le Cercle s'abstient de tout commentaire sur Léon Degrelle, Du catholicisme politique au nazisme : l'apogée du rexisme, l'alliance avec Hitler et l'ultime échappée vers l'Espagne de Franco. L'auteur, Pablo Cuevas (à ne pas confondre avec le champion uruguayen de tennis), posséderait une maîtrise en « Histoire militaire des guerres contemporaines » et est l'auteur, notamment, d'un livre sur les combats pour la prise du port d'Anvers par les Alliés (dénonçant du coup l'utilisation par l'Allemagne des V1 et V2) et les projets d'invasion de la péninsule ibérique aussi bien par les Alliés que par les Allemands.

     

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    Il va sans dire que tous ces ouvrages sont parfaitement « corrects » au point de vue politique, la nouvelle biographie de Léon Degrelle ne faisant pas exception à la règle (et n'apportant rien à la connaissance des années d'exil : seules une cinquantaine de pages sur plus de quatre cents les résument sans rien fournir d'inédit). Il ne faut d'ailleurs pas lire le bouquin (et ne surtout pas l'acheter) pour s'en rendre compte : le Cercle renseigne également (sans la commenter) l'interview de Cuevas publiée le 9 janvier 2026 dans le quotidien El Mundo, accessible gratuitement en ligne (titre : « Les nombreuses vies de Léon Degrelle, opportuniste, voyou, imposteur et fanatiquement nazi » ; chapeau : « Le collaborateur le plus haï du Reich a vécu 49 ans en Espagne malgré sa jactance sur son action au service d'Hitler. Une biographie met en lumière ce sombre personnage).

     

    Quelques extraits significatifs de cette réécriture moralinesque de l'histoire.

     

    « À lire sa biographie, il y a des moments où Degrelle ressemble à un charmant escroc qui, au lieu de se livrer à de petites arnaques, finit en uniforme des SS à la suite de circonstances tragiques. D'autres fois, il a l'air d'un vrai nazi, d'un fanatique et d'un assassin. La réalité ? Je crois qu'il fut les deux à la fois, dit Pablo Cuevas. »

    « En réalité, Degrelle ne fut jamais journaliste. C'était un propagandiste, en tout cas un propagandiste de lui-même. [...] Et tous ses échecs, il les a vendus comme des succès, raconte son biographe. »

    « Petit à petit, il apprit à se comporter au front et, finalement, lorsque ses troupes aidèrent la Wehrmacht à sauver les meubles lors de la fuite de Stalingrad [sic !], l'ancien charlatan devint un héros du mal et un sinistre personnage. »

    « Il racontait qu'on a essayé de l'enlever à de nombreuses reprises. Quant à moi, j'en doute fort. Une fois, ses amis franquistes l'ont caché, mais ce n'était pas pour le protéger de ses ennemis mais pour qu'il ne commette pas de gaffe à un moment délicat pour le régime face à l'Europe. »

    « L'Espagne avait livré le collaborateur Pierre Laval à la France pour qu'il soit fusillé, mais la France ne fit rien pour la réhabilitation de l'Espagne en Europe. Et elle ne remercia jamais le Gouvernement de Madrid, de sorte que Franco perdit toute envie de livrer ses nazis à l'Europe et préféra attendre le moment où ces cartes auraient plus de valeur. Et c'est ainsi que Degrelle a été sauvé. »

     

    Sur la criminalisation des Volontaires du Front de l'Est, voir ce blog, entre autres, au 30 novembre 2019 ; sur Léon Degrelle journaliste, voir ce blog, par exemple, au 22 janvier 2016 ; sur Léon Degrelle, héros de Tcherkassy (et non de Stalingrad !), voir ce blog, entre autres, au 5 mars 2018; sur les tentatives criminelles contre Léon Degrelle, voir ce blog au 3 janvier 2023 ; sur la tragédie de l'extradition de Pierre Laval, voir ce blog au 16 septembre 2022.

     

     

    Léon Degrelle, héros de bande dessinée

     

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    Il n'y a pas de raisons pour que les calembredaines racontées par tous les nouveaux pseudo-historiens ne soient pas rendues accessibles aux analphabètes que rebute la lecture d'un livre de plus d'une page : la bande dessinée se devait donc de s'y mettre aussi.

     

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    Alors, pour célébrer le 120e anniversaire de Léon Degrelle tout en flétrissant sa mémoire, Patrick Weber, le « chroniqueur royal » de RTL, passé entretemps à la RTBF, a pondu un scénario pour le dessin (assez « ligne claire ») de Baudouin Deville, où toutes les fantasmagories sur les anciens nazis, les néo-nazis, les méchants-par-principe seront apparemment permises.

     

    L'héroïne (on est en 2026, que diable : vive Tintine !) est chargée d' « amadouer Léon Degrelle » pour déjouer « un projet d'action spectaculaire visant la Belgique, alors que le pays s'apprête à accueillir le siège de l'OTAN ». Ceux qui fomentent pareille infamie sont « les réseaux belges liés à Léon Degrelle, figure majeure de la collaboration réfugiée sous la protection du régime franquiste. » D'anciens rexistes donc, qui « entretiennent toujours des contacts actifs avec certains milieux politiques européens »...

     

    Nous ne connaissons évidemment rien de plus de l'histoire, mais on se doute bien qu'après l'évocation biographique que nous avons reprise du site de l'éditeur, les auteurs ne vont pas tresser des lauriers à celui qui « accordait des entretiens à des journalistes, au cours desquels il défendait des thèses révisionnistes, notamment sur l'ampleur de l'Holocauste... »

     

     

     

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    Les auteurs de la nouvelle BD mettant en scène Léon Degrelle en sa Carlina, la magnifique propriété qu'il se fit construire à Constantina (ce blog aux 27 octobre 2018 et 23 octobre 2022), n'ont pas fait preuve de beaucoup de professionnalisme dans leur recherche de documentation (sans doute ne connaissent-ils malheureusement pas notre blog infréquentable).

     

    Leur héroïne est en effet accueillie par les gardes du corps du terrible chef occulte des méchants néo-nazis... à l'entrée de l'actuel cloître des Sœurs Hiéronymites du Couvent Notre-Dame des Anges (ce blog, entre autres, aux 28 mai 2016 et 30 septembre 2025) !

     

    Le bâtiment au toit en pente, à la droite des cyprès, est la chapelle du nouveau monastère, construite en 2007 par l'architecte mexicain Luis Pérez-Tennessa de Block et consacrée le 17 avril 2009 par le Cardinal Carlos Amigo Vallejo (1934-2022), archevêque de Séville. Le dessinateur s'est visiblement inspiré de la page conseillant la visite de l'endroit sur le site de promotion du Tourisme de la province de Séville, reproduisant tous les détails de la photo d'une entrée qui n'existait pas au temps de la Carlina degrellienne.

     

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    Phénomène à la mode aujourd'hui pour éviter les risques liés aux emprunts bancaires, la mise en place d'un crowdfunding. Pareil « financement participatif » a été choisi afin « de payer à leur juste valeur le travail des auteurs » qui a été estimé à environ 25.000 euros (plus 10.000 euros pour les frais d'impression, sans compter les actions de promotion de l'album). Au moment où nous écrivons ces lignes, la tirelire a déjà collecté plus de 30.000 euros auprès de plusieurs centaines de contributeurs (dont notre petit doigt nous affirme qu'il ne s'agit pas tous d'opposants à Léon Degrelle, loin de là !).

     

    Quant au principal concerné, que penserait-il de ses nouvelles aventures romanesques ? S'offusquerait-il de pareilles affabulations ? Nous pensons bien que non et même qu'il s'en amuserait plutôt !

     

     

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    En 1988 parut en effet un Front de l'Est, dessiné par Werner (Fabrice Van Wauwenbergh), qui se veut d'un réalisme plus proche de Jijé (Jerry Spring) ou Jean Giraud (Blueberry), et scénarisé par notre camarade Serge Algoet (par ailleurs courageux candidat Vlaams Belang à Bruxelles). Ce n'était certes pas une hagiographie de Léon Degrelle et des Volontaires du Front de l'Est (il raconte les aventures de Jean/Jan Dartois, un engagé –imaginaire– du 8 août 1941), mais les auteurs s'efforçaient de « maintenir l'église au milieu du village », comme on dit, renvoyant dos à dos les criminels de guerre des deux camps.

     

    Front Est 2.jpegLeur seul tort (mais eurent-ils le choix, le préfacier étant rédac'chef de l'hebdomadaire BD Spirou ?) fut tout de même de laisser un grossier personnage étaler ses contre-sens historiques et sa vulgarité crasse dans une intro outrageante : « Ce hâbleur dépassé par les événements est devenu, après ses authentiques prouesses de guerre, un bouffon dérisoire dont les interviews brumeuses masquent le combat de milliers de jeunes idéalistes ayant choisi, pour leur part, de combattre à l'Est plutôt que de rester les bras croisés dans un pays vaincu. »

     

     

    Léon Degrelle ne ramassa pas l'insulte imbécile mais s'amusa plutôt à découvrir ces « petits Mickeys », dédicaçant volontiers notre exemplaire avec l'humour dont il ne se départait jamais (la date du dépôt légal indique 1988, mais c'est bien le 3 décembre 1987 que cet album fut signé, proposé auparavant en avant-première au Dernier Carré, l'association de soutien aux Anciens Bourguignons et leur famille)...

     

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