Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

cuñadissimo

  • Francisco Franco et Léon Degrelle

     

     

    L'indéfectible amitié unissant le général victorieux, devenu Caudillo d'Espagne, et le soldat vaincu, désormais encombrant réfugié

     

    (en réaction toujours à la nouvelle biographie élucubrée par un « historien » espagnol) (3)

     

     

     

    Franco dédic. LD2.jpg

    A Leon Degrelle con mis mejores votos para el movimiento que acaudilla para la salvación de la nación belga.

    (« À Léon Degrelle, avec mes meilleurs vœux pour le Mouvement qu'il dirige pour le salut de la nation belge. »)

     

     

    Nous documentions, dans notre article précédent (ce blog au 14 septembre 2026), l'audience exceptionnelle qu'après la prise de Barcelone, le général Franco accorda à Léon Degrelle, jeune chef du parti rexiste belge, le 7 février 1939.

     

    L'occasion nous en était donnée par la misérable présentation qu'en fait le non moins misérable Pablo Cuevas dans sa misérable biographie, récemment publiée en Espagne (ce blog au 2 août 2026).

     

    Ce Balace d'Or de l'historiographie degrellienne (ce blog au 29 août 2026) estimait en effet que cette audience ne relevait que de la banale rencontre entre une diva de la politique et son séide fanatique. Degrelle n'aurait en effet été qu' « un visiteur et un admirateur de plus parmi beaucoup d'autres. » D'autant plus qu'au cours de cette visite, « Il ne se produisit aucun événement digne d'intérêt » (p. 332).

     

    La duchesse de Valence avait pourtant bien identifié le résultat de ce voyage dans son Degrelle m'a dit, au titre explicite : « [Léon Degrelle] se rendit, enfin, en Espagne, comme nous le savons, afin d'y nouer des relations d'amitié avec Franco, avec le ministre Serrano-Suner et avec les personnalités les plus en vue de la péninsule » (p. 241). Décréter alors que pareil événement n'est aucunement « digne d'intérêt » en dit assez sur la sagacité du nouveau « degrellologue ».

     

    On saluera plutôt le travail d'investigation de Bert Govaerts (ce blog aux 11 juillet, 2 septembre,12 octobre et 7 novembre 2025) expliquant l'importance de la dette de l'Espagne envers le jeune Léon Degrelle à l'issue de sa rencontre avec le Caudillo : « Degrelle connaissait bien Franco. Il avait déjà été chez lui, peu avant la fin de la guerre civile espagnole, en février 1939. [...] Ironie du sort, avant la Seconde Guerre mondiale, Degrelle s'est donné beaucoup de peine pour que le régime de Franco soit reconnu en Belgique avant même la fin de la guerre civile espagnole, via Spaak. [...] J'ai vu des documents d'archives qui montrent que les Espagnols savaient très bien qui était Degrelle et ce qu'il avait fait pour eux. [...] On peut lire ceci, littéralement, dans les documents : “Nous devons préciser ce que Degrelle peut faire ici et ce dont il doit s'abstenir. Mais nous devons reconnaître qu'il a fait beaucoup pour nous afin d'arriver à une reconnaissance de la Belgique.” » (interview dans 't Pallieterke, 21 août 2025).

     

     

     

    PR 1939.02.07.png

    Le 7 février 1939, Le Pays réel publie le premier article que lui envoie Léon Degrelle d'Espagne.

     

     

    En fait, le pseudo-historien espagnol voudrait nous persuader que l'entrevue Franco-Degrelle n'eut aucune importance ni conséquence : pour Cuevas, Franco ne fait en effet pas partie des « amitiés qui dureront toute la vie » nouées par Léon Degrelle pendant son voyage (p. 333). Un tel postulat rend inintelligible –pour ne pas dire grotesque– le récit, pauvre de quelques pages, réservé à la plus grande partie de la vie de Léon Degrelle, ses quarante-neuf années d'exil en Espagne.

     

    D'où, pour étoffer le récit, la priorité donnée à [l'absence de relations avec] José Antonio, le dénigrement du voyage de 1939 et, pour excuser le silence sur tout le reste qui ne présenterait donc aucun véritable intérêt, le montage en épingle de la seule tentative par le juif Zwy Aldouby de rapter Léon Degrelle et le procès intenté par la juive Violeta Friedman, épisodes sur lesquels nous reviendrons, mais qui sont ici destinés à accréditer un prétendu antisémitisme de Léon Degrelle.

     

     

     

    Dossier Franco 33 ans.jpegPhoto extraite du « Dossier du mois » écrit par Léon Degrelle en hommage à Franco (décembre 1965).

     

     

    Mais l'occultation de l'amitié liant le Généralissime Franco au futur Standartenführer Degrelle oblige le soi-disant biographe à résumer le demi-siècle de l'exil espagnol à quelques lignes où l'invraisemblable le dispute au saugrenu. Ainsi du sort de l'écrivain Pierre Daye, ancien député rexiste et ami de Léon Degrelle : Cuevas, essayant toujours d'enfoncer celui qui est devenu son souffre-douleur, affirme sans rire : « ce qui est certain, c'est que Daye fut bien davantage un hôte d'honneur du gouvernement que Degrelle dix mois plus tard. ». En effet, « Au cours de son voyage à travers la nouvelle Espagne, il rencontra les généraux Dávila, Vigón, Queipo de Llano et enfin Franco. » (p. 339). Ce qui, contrairement au chef de Rex, ne le protégea pas de l'expulsion du pays, malgré ses supplications auprès d'amis communs tels le comte de Mayalde ou le ministre Serrano Súñer (p. 342) !

     

    De même, pour Cuevas, si « en réalité, Degrelle ne quitta jamais l'Espagne », c'est en raison « de sa baraka qui, depuis le début lui a permis de tomber entre les mains de ceux qui étaient le plus susceptibles d'avoir de la sympathie pour sa situation » (p. 347) ! Comme si derrière toutes les péripéties qui le mirent en danger tout au long des trente ans du franquisme, il n'avait pas été sauvé par la protection vigilante de son ami.

     

     

     

    PR 1939.02.08 LD Ambassadeur.pngL'ambassadeur providentiel que fut Léon Degrelle en Espagne ne fut jamais oublié par le Caudillo Francisco Franco.

     

     

    Rappelons ce que nous écrivions le 31 mars 2011, à l'occasion du 27e anniversaire de la disparition de Léon Degrelle : « malgré les difficultés politiques et diplomatiques provoquées par l’arrivée de l’encombrant Degrelle en Espagne, Franco refusa toujours de le livrer au sort funeste (qu’il n’avait d’ailleurs jamais imaginé) de Pierre Laval : il le protégea (lui accordant même, en 1945, un premier viatique de vingt mille pesetas !) et parvint toujours à louvoyer parmi les ukases venus de Belgique, des Nations-Unies ou de son propre gouvernement d’Opus Dei pour sauver son compagnon d’idéal ».

     

    Pour Cuevas cependant, ce premier secours de 20.000 pesetas octroyés à Léon Degrelle ne l'aurait en réalité même pas été par le Caudillo : « Le Gouvernement espagnol (d'après son hagiographe Jerez Riesco, c'était Franco, de sa propre bourse) lui a donné 20.000 pesetas en sortant de l'hôpital, une somme assez considérable pour qu'il puisse commencer une nouvelle vie en Espagne » (p. 352).

     

     

     

    Dossier Franco Maroc.jpeg

    Photo extraite du « Dossier du mois » écrit par Léon Degrelle en hommage à Franco (décembre 1965).

     

     

    La réalité du viatique n'étant pas mise en cause, pourquoi serait-ce le Gouvernement espagnol qui s'en serait soucié (et de quel budget proviendrait cette « somme assez considérable » ?) ?Gouvernement à propos duquel Cueva prétendait, seize pages auparavant, « ce qui est certain, c'est que le Gouvernement espagnol était disposé à accepter les extraditions de Laval ou Degrelle » (p. 336) ! Pourquoi Cuevas invente-t-il ce scoop invraisemblable ?

     

    C'est que sa source, c'est José Luis Jerez Riesco, le consciencieux compilateur des témoignages sur la vie de l'exilé belge en Espagne, qui écrit : « C'est alors que Franco mit 20.000 pesetas de sa propre poche dans une enveloppe à transmettre à Degrelle qui –il le savait bien– était sans le sou en Espagne. » (En el exilio, p. 88). Sous prétexte qu'il est également président-fondateur de l'Asociación cultural « Amigos de Léon Degrelle », José Luis Jerez Riesco ne peut en aucun cas être crédible : ce n'est qu'un « hagiographe » !

     

    Mais quinze ans avant José Luis Jerez Riesco, Léon Degrelle lui-même avait précisé à Jean-Michel Charlier (augmentant d'ailleurs son viatique du quart de la somme avancée par Jerez Riesco !) : « Je possédais [le 21 août 1946] des papiers en ordre au nom de Juan Sanchiz, Polonais. Se doutant de ma pauvreté, Franco en personne avait glissé dans le document vingt-cinq mille pesetas, somme assez considérable alors. » (Persiste et signe, p. 400 et, pour l'édition espagnole, p. 376).

     

    La protection permanente dont put jouir Léon Degrelle en Espagne – même lorsque les autorités d'Opus Dei lancèrent contre lui le fameux ordre de busca y captura (ce blog au 3 janvier 2023) ne peut s'expliquer sans la précieuse sollicitude de Francisco Franco.

     

    Et cette sollicitude ne put provenir que de l'amitié spontanée qui naquit entre les deux hommes lors de leur première rencontre, le 7 février 1939. Expérience fort semblable au demeurant par ses effets à celle qui permit d'unir irrévocablement Léon Degrelle à Adolf Hitler à l'occasion de leur première entrevue, le 26 septembre 1936 (ce blog aux 12 mai 2016 et 21 juin 2018). Insistons-y : c'est l'impression fulgurante produite par le jeune éveilleur d'âmes qui força chez chacun des chefs d'État cet irrépressible et indéfectible attachement. Comme Adolf Hitler –qui le considéra comme le fils qu'il eût désiré– pour qui Léon Degrelle signa Hitler pour 1000 ans et entreprit la formidable chronique (dont la plupart des volumes reste encore inédite) Le Siècle de Hitler, Francisco Franco –qui se prit pour lui d'une affection mêlée d'admiration et de gratitude– fut le seul chef d'État nationaliste autoritaire (aujourd'hui on range tout le monde sous le terme devenu injurieux de « fasciste ») auquel il consacra également deux brochures d'hommage. La première, Franco et son régime, a été publiée du vivant du Caudillo, en décembre 1965, dans le périodique Le Dossier du mois sous le pseudonyme de Philippe Dastier. La seconde, Franco chef d'État, qu'écrivit Léon Degrelle fut publiée aux Éditions du Baucens en 1976, au lendemain de la mort de son ami et protecteur, le 20 novembre 1975.

     

    Sans doute le futur proscrit ne se rendit-il pas immédiatement compte de l'intensité exceptionnelle du lien créé, car Franco –réputé pour la pudeur de ses sentiments– ne s'en ouvrit jamais et ne reverra d'ailleurs plus jamais son hôte de Saragosse. Dans Franco chef d'État, l'hommage qu'il lui rendit après sa mort, Léon Degrelle put expliquer d'expérience la pudicité à laquelle s'obligeait le Caudillo : « En fait, Franco avait du coeur et il était d'une grande fidélité à ses amis. Mais pour tout ce qui était sa charge et sa mission, seuls le but et les résultats comptaient. » (p. 18).

     

     

     

    Dossier Franco Catholique.jpeg

    Photo extraite du « Dossier du mois » écrit par Léon Degrelle en hommage à Franco (décembre 1965).

     

     

    C'est ainsi que Léon Degrelle crut devoir se rappeler à son bon souvenir et, du fond de sa détresse, se croyant perdu, le morigéner en mai 1946, comme il l'expliqua au journaliste Ismael Fuente Lafuente : « Je voyais les choses aller si mal qu'un jour, je lui ai écrit une lettre dans laquelle je disais : “Combien peu vaut pour vous le sang d'un chrétien”... Franco, d'après ce qu'on m'a dit, en a été ébranlé et il m'a envoyé Serrano Suñer. Finalement, ça s'est terminé par le fait que, lorsque j'ai pu recommencer à marcher, ils m'ont préparé une fausse évasion. » (El País, 14 décembre 1982 ; dans cet entretien Léon Degrelle donne également des détails sur ses premières excursions en Espagne, détails donnant la mesure de l'indécence de Cuevas ironisant impudemment sur le prétendu mensonge d'une présence précoce de Léon Degrelle en Espagne: « Je connaissais cette région parce que, quand j'étais petit, j'avais passé quelques étés à Lourdes avec mes parents et nous avons visité le Guipúzcoa [une des trois provinces basques, dont la capitale est San Sebastián] à deux reprises », voir ce blog au 14 septembre 2026).

     

    Dans ses conversations avec l'historien hispano-allemand Heleno Saña, Ramon Serrano Suñer –le Cuñadissimo, le « beau-frèrissime » de Franco– confirme d'ailleurs sans équivoque l'implication personnelle du Caudillo dans le sauvetage de Léon Degrelle : « À cette époque, je n'étais pas encore au gouvernement, mais j'ai organisé son évasion avec Narciso Perales [phalangiste sévillan, ami de Léon Degrelle et membre comme lui de la Vieille Garde]. Je dois dire que cela n'aurait pas été facile à réaliser sans l'appui secret de Franco (la police était alors assez efficace) et c'est ainsi que nous l'avons organisée, d'accord avec lui et que s'est réglé ce problème majeur. » (El Franquismo sin mitos, 1981, pp. 305-306).

     

    Revenons donc à cette rencontre historique entre Francisco Franco et Léon Degrelle, le 7 février 1939, et la relation qu'en fit le Chef de Rex pour l'hebdomadaire français Gringoire (16 février 1939), article repris, avec quelques illustrations photographiques, par Le Pays réel (19 février 1939).

     

    Gringoire 16.02.1939.png

     

    Au front avec Franco (Gringoire, 16 février 1939)

    Dans l'intimité de Franco  (Le Pays réel, 19 février 1939)

     

    PR 1939.02.19.png

     

    Gérone venait de succomber, dans l'éclatement des maisons dynamitées. Et le grand flot brun et rouge des Navarrais, après avoir franchi le lit rocailleux des ruisseaux, avait atteint les collines de chênes-lièges. On voyait la grande plaine, brillante d'oliviers gris, s'étendre vers Figueras jusqu'aux premières sapinières qui s'étageaient au pied des monts pyrénéens. La chaîne rose des pics ourlait le ciel doré. Les soldats avaient cueilli du mimosa dans un jardin sauvage. Et les bannières sang et or jalonnaient le déploiement humain entre les coteaux.

    Les coups de feu claquaient de-ci de-là. On trouvait, en avançant, les miliciens morts, le visage au ciel, des mouches et du soleil dans les yeux grands ouverts.

    On sentait que tout craquait, qu'on finirait par atteindre les sapins et les neiges, et la chaîne derrière laquelle on verrait les mousquetons et les casques français.

    Un frémissement joyeux courait avec l'armée en marche. On balançait dans les ravins les camions incendiés qui encombraient la route. Chacun se sentait nerveux, prêt à des imprudences folles.

    Un seul homme restait calme près des trois fenêtres d'une vieille ferme-château, d'où il dirigeait la poussée. Cet homme, près de qui je me trouvais au moment du coup de bélier final, c'était Franco.

     

     

     

    PR 1939.01.27.png

    Le président de la république espagnole Manuel Azaña croqué par Jam, le dessinateur du Pays réel, alors qu'il fuit la Catalogne reprise par les forces nationalistes du Général Franco. Il se réfugiera en France d'où il enverra illico sa démission au président du Parlement. Pendant ce temps, son premier ministre Juan Negrín, s'étant emparé du yacht luxueux de l'ancien roi Alphonse XIII, s'enfuit au Mexique avec le butin des « réquisitions » opérées dans les coffres de la Banque d'Espagne, les banques privées, le Mont-de-Piété, les musées, les biens confisqués aux partisans de Franco, etc... (Le Pays réel, 27 janvier 1939)

     

     

    *

    * *

     

    J'étais arrivé à deux heures du matin à Saragosse, par des routes aux platanes écaillés. Les nids de poules faisaient éclater les pneus comme des ballonnets près d'une cigarette. Mais à quoi bon se plaindre, puisque j'allais avoir le privilège de voir Franco à l'endroit – jalousement tenu secret – où, voilà six semaines, avait été déclenchée l'offensive qui a libéré la Catalogne.

    Aucun journaliste n'avait pu y rencontrer le généralissime vainqueur. Ni aucun homme politique. Nul ne sait même où se trouve ce bourg campagnard. En Espagne, chacun vous parle à l'oreille du “Terminus”. On croirait lire le “finis terrarum” des vieux atlas. Le “Terminus” est l'endroit, sacré pour tout Espagnol, où Franco, dans un isolement quasi absolu, travaille sur ses cartes et dirige les combats.

    C'est là que j'allai le rejoindre, par de jolis chemins agrestes, bordés de longs roseaux jaunes.

     

     

     

    PR 1939.01.21.png

    Photo publiée par Le Pays réel, le 21 janvier 1939.

     

     

    *

    * *

     

    Je ne trahirai aucun secret. Je n'ai pas voulu demander aux officiers venus à ma rencontre le nom des villages en crépi rose ou ocre par lesquels nos autos passaient.

    Mais le paysage vaut parce qu'il inspire Franco tous les jours : cyprès noirs le long du dernier mur ; chariots de luzerne remontant des champs gris ; paysans à califourchon sur des ânes. Deux chevaux noirs tirent un soc. Des moutons jettent, à flanc d'un coteau, leurs brassées de pétales blancs. Un gros village étend ses toits cuits derrière un pont qu'encombrent des mules.

    Nous y sommes.

    Les grands arbres, là-bas, bordent la ferme de Franco. On n'a vu ni un soldat, ni l'éclair d'une arme. Le village n'était gardé que par deux amandiers roses qui fleurissaient dans le léger soleil étendu sur un champ pelé.

     

    *

    * *

     

     

     

    PR 1939.02.19b.png

    Photo publiée par Le Pays réel, le 19 janvier 1939.

     

     

    Nous avons dû chercher dans le village et, –si extraordinaire que cela paraisse–, demander à des paysannes où habitait le Caudillo.

    Elles bougèrent à peine de la flaque de lumière où elles bavardaient. Et une main nous montra une entrée romane devant laquelle nous étions passés sans même penser qu'un chef d'État et un guerrier exceptionnel habitait là.

    C'était une place de terre battue, comme on en trouve cent en Beauce ou en Provence. Les maisons avaient simplement des liserés de couleurs plus vives. De grands encadrements bleu clair dégageaient les fenêtres Des gosses couraient autour d'un arbre. Un petit magasin était le seul ornement de la place. Mais son enseigne était un poème : Sastreria y Camiseria, « La Confianza ».

    La confiance !

    Nous étions tout à fait à l'aise. Et nous avançâmes sous la voûte où un Marocain aux yeux d'enfant montait la garde près des battants ouverts.

     

    *

    * *

     

    On ne peut penser à plus de simplicité.

    On imagine ici Virgile écrivant ses Bucoliques, ou Ronsard, du bout du verger, chantant la fumée légère montant des toits.

    Ici pourtant est la pensée d'un chef. Ici se joue le destin des armes.

    On gravit un escalier de pierre jaunie. On atteint, par un couloir bordé de fenêtres aux grosses poutres centenaires.

    Jusqu'au seuil du bureau de Franco, tout est recueillement et paix. Le grand feu ouvert, les portraits de famille des seigneurs qui habitaient ces lieux n'évoquent ni l'agitation, ni les fureurs des hommes. Des livres courent sur les rayons de bois, abandonnés on ne sait quand, ni par qui : vieilles collections de L'Illustration avec des tsars morts et des vainqueurs de courses ; ouvrages poussiéreux de Montalembert, échoués – après quels avatars !– à la portée de la main du généralissime espagnol ! Les cannes de billard fléchissent dans un coin. On n'y touche pas. Celui qui fait tonner les canons déteste le bruit. Deux officiers jouent aux échecs sans dire un mot.

    Un claquement de talons. L'officier d'ordonnance du Caudillo, le duc de Pinohermoso, s'est mis au garde à vous. J'ai poussé la porte. Voilà Franco.

     

     

     

    PR 1939.02.19c.png

    Photo publiée par Le Pays réel, le 19 janvier 1939.

     

     

    *

    * *

     

    Il m'a serré dans ses bras avec un enthousiasme chaleureux comme le soleil. Dieu, que cet homme est vif, et gai, et pétillant de jeunesse ! Il n'est pas gras comme ses photos le laisseraient croire. Il a, au contraire, des traits magnifiques de netteté, le teint bruni de ceux qui ont couru les mers et les sables, et des yeux bruns comme des noisettes, mais avec un feu clair comme des flammes dans les champs.

    Il est petit, râblé, il parle un français chantant, cocasse et intime. Tout est simple autour de lui. Les petits rideaux du propriétaire disparu dns la tornade sont toujours là, avec leurs maigres festons jaunis. Rien d'autre ne compte dans cette chambre que la grande carte où Franco crayonne, entre Lerida, Barcelone et Port-Bou, les flèches de gloire de sa conquête. On voit qu'on a fait du zèle : on a peint, avec les couleurs des jeux d'enfants, les poches de front crevées chaque jour. Mais le doigt de Franco, brun comme celui de ses Maures, ne montre que le secteur devant Gerone où, à cette heure-là, les troupes avançaient entre les oliviers et les mourants.

    Nous parlons de la guerre. Et cet homme si gai ne l'est plus. Il n'a pris les armes que parce qu'il le fallait. La victoire, il en est sûr. Il n'en a pas d'orgueil. On voit qu'il n'aime point entendre parler de ses mérites. Quand il a gagné, il a comme un peu de gêne. Le soir de la prise de Barcelone, après cinq minutes de conversation, il est passé à un autre sujet. Au dîner, toujours extrêmement frugal, il ne fit pas verser un verre de vin pour fêter la conquête de la plus grande ville de son pays. Vous lui dites ses succès et rien ne bouge dans son visage pourtant si mobile. Pas une lueur n'enflamme alors son regard. On sent qu'au fond de son cœur, la modestie est une grande nappe d'eau étale où les fleurs puisent en silence le suc de leur beauté limpide...

     

     

     

    Dossier Franco monstre.jpeg

    Photo extraite du « Dossier du mois » écrit par Léon Degrelle en hommage à Franco (décembre 1965).

     

     

    *

    * *

     

    – La jeunesse aura gagné la guerre, commence-t-il.

    « Vous l'avez vue, la jeunesse espagnole ! me dit-il en me prenant fraternellement le bras. C'étaient des jeunes gens inutiles parfois. Ils ne se souvenaient plus de ces vieilles vertus indomptables que l'Espagne impériale leur avait léguées. Ils ne connaissaient plus leur patrie. Notre peuple s'est purifié, s'est grandi, s'est retrouvé, en souffrant et en se sacrifiant. Nous aurons des plaies atroces à panser. Mais nos âmes sont guéries. Et grâce à elles, nous sommes sûrs de gagner la paix après avoir gagné la guerre.

    « Il ne suffit pas de triompher grâce aux armes. Je tiens à gagner les cœurs. Je ne veux pas seulement dominer, mais convaincre, je veux élever au lieu d'effrayer.

    « Notre peuple est redevenu héroïque. Notre jeunesse, plus que toute autre, s'est jetée dans le sacrifice comme dans une libération. À vingt ans, elle a tout vécu et tout gagné. Ces enfants sont devenus des hommes. Ils sont mûrs pour faire de l'Espagne un grand pays qui pourra reprendre sa mission impériale à travers le monde et, comme au temps d'Isabelle la Catholique, de Charles-Quint et de Philippe II, redevenir un bastion de l'ordre et de la foi parmi le désordre de l'Europe matérialiste. »

    À ce mot de Philippe II, le visage de Franco s'est relevé, flamboyant.

    – Oui, lui dis-je, celui-là, au moins, a eu le courage de la vérité, il a fait face à l'erreur avec l'intransigeance qu'elle mérite. Et, en face de la poussée barbare d'alors, il a sauvé la civilisation et l'âme de l'Europe.

     

    *

    * *

     

     

     

    Dossier Franco Petits-enfants.jpeg

    Photo extraite du « Dossier du mois » écrit par Léon Degrelle en hommage à Franco (décembre 1965).

     

     

    Franco a eu un sourire. Il va me parler, naturellement, du catholicisme des Espagnols. Il me dit la sottise de certains catholiques étrangers qui mettent dans le même sac tous les nationalismes, les plus respectueux de la vie spirituelle comme ceux qui sont les plus païens.

    – Nous aurons un État fort, me dit-il, mais nous savons les limites de l'État. Nous ne somme pas tout. Nous ne prétendons pas soumettre à la politique ce qui est le domaine de Dieu. Notre Espagne étonnera l'Europe si prompte à tout confondre.

    Des voix d'enfants ont monté de la cour villageoise. Nous regardons trois enfants à gros souliers cloutés qui jouent sur une charrette. Une femme passe, droite comme un lis, portant sur la tête la masse blanche de sa lessive débordant d'un panier d'osier. À droite, des socs sont rangés près des pots de fleurs des fenêtres.

    – C'est à tous ces Espagnols-là que je pense, me dit Franco. C'est pour eux que nous gagnerons la paix. Nous mettrons au pas nos ennemis conservateurs comme nos ennemis rouges. Dans les tranchées, les Espagnols ont recréé la paix sociale. Notre noblesse a fait son devoir de façon magnifique ; nos ouvriers et nos paysans ont vu les nobles mourir, par milliers, confondus dans leurs rangs. Ils respecteront ces élites après qu'elles ont donné de tels exemples. Et celles-ci ont vu le courage et l'abnégation des ouvriers et des paysans espagnols. Ces classes s'ignoraient. Elles auront eu trois ans pour se connaître parmi tant d'alarmes et de sang. L'unité nationale a été durement cimentée. C'est sous son signe que nous construirons l'Espagne nouvelle.

    Franco s'est arrêté un instant. Il a repris :

    – Le peuple constatera vite –après tous les malheurs où les Rouges l'ont fait sombrer– que nous apportons la justice et le travail. IL obtiendra le salaire familial. Il nous verra construire pour lui, tout de suite, deux cent mille maisons modèles. Nous voulons que la famille ouvrière vive dans la dignité. Le travail est beau. Nous demandons aux Espagnols de travailler. Nous les aiderons et nous les respecterons –riches ou pauvres– dans la mesure où le travail sera leur joie et leur noblesse.

    « Mais si nous voulons remettre l'Espagne au travail, c'est en nous souciant avant tout de l'état d'esprit des travailleurs, des mères, des familles ouvrières et des vertus qui doivent y régner. »

     

     

     

    PR 1939.02.04.png

    Photo publiée par Le Pays réel, le 4 février 1939.

     

     

    Le regard de Franco s'est voilé.

    On dirait qu'il n'entend plus les bruits qui montent des champs et des fermes :

    – Les Rouges ont sali l'Espagne. Les plus graves problèmes qui se poseront demain seront d'ordre moral. La famille a été saccagée... Des milliers de femmes, de jeunes filles ont eu le corps et l'âme profanée par ces misérables...

    Franco sait qu'il n'y a pas à insister. Tous ceux qui ont visité Barcelone ont entendu mille récits horribles. Ils savent que rares sont les foyers qui échappèrent à l'esclavage des sadiques rouges. Ils ont vu, sur le pas des portes des villages, ces pauvres gamines au ventre gonflé sous les robes de cotonnade...

    – Dans la pureté, il y a une grande part d'innocence, dans le vieux sens latin du mot ; celui qui ne sait pas, me dit Franco en baissant la voix...

    La minute est particulièrement émouvante. Ce vainqueur, dont l'immense armée avance en chantant sur un front effondré, ne pense ni à la gloire ni au succès des armes, mais à des femmes et à des fillettes qui doivent porter en elles la pureté et la chair d'un pays à rebâtir.

     

    *

    * *

     

    Tout Franco est là. C'est un doux et c'est un pur.

    Il me parlait ainsi en pleine bataille, au sommet de son offensive. Ses préoccupations allaient à des âmes, à ces douleurs secrètes de corps flétris, à ce grand drame du retour nécessaire de peuples souillés, vers la fraîcheur avec laquelle on refait les vies qui durent et qui embellissent...

    Et c'est ce problème moral qui amena le généralissime à me parler de la France.

     

     

     

    Dossier Franco Tennis.jpeg

    Photo extraite du « Dossier du mois » écrit par Léon Degrelle en hommage à Franco (décembre 1965).

     

     

    *

    * *

     

    Trop d'Espagnols sont morts sous les balles de marxistes français des brigades internationales. Il y en a eu, en face des armées Franco, jusqu'au dernier jour. Et la presse de gauche, à Paris, a desservi abominablement le prestige et les intérêts de la France en Espagne. Cent Espagnols m'ont dit leur ressentiment. J'ai pourtant eu l'impression très nette que cette irritation n'était pas définitive. L'Espagne nationale l'a laissé deviner en recevant avec faste et vénération le grand Français –génie, équilibre et intrépidité– qu'est Maurras. Il est clair, pourtant, que c'est la France réelle qu'on accueillait ainsi, sans perdre de vue, croyez-le bien, les méfaits de la France légale qui permit aux hommes du Front populaire de déverser leurs canons et leurs fusils à Barcelone et à Madrid.

    Beaucoup d'Espagnols, devant l'apathie, l'anarchie et la stérilité du nationalisme français ont perdu la foi dans la France tout court. Dire le contraire serait mentir.

    Franco, lui, croit encore, certainement, à un renouveau français. Nous avons parlé longuement du moral de l'armée française, de son armée impériale surtout, du renouveau spirituel d'une partie de sa jeunesse.

    – Nous aussi, nous étions loin a-t-il conclu. Et le salut nous aura coûté cher.

    L'amélioration des relations françaises dépendra, non point de la souplesse de parlementaires envoyés in extremis, mais du redressement français pur et simple.

    Ça vaut pour l'Espagne.

    Et ça vaut pour les autres voisins du peuple français.

    Nous avions fini de parler de politique. L'homme extraordinaire qu'est Franco me parlait maintenant d'Histoire. Nous en étions arrivés tous les deux à retrouver notre péché mignon. Je lui parlais des trois Belges qui furent vice-rois de Catalogne, des quatorze autres qui assurèrent les charges de la vice-royauté à Naples, en Sicile, au Pérou, au Mexique, au temps où nos peuples servaient les mêmes rois, fruits du sang flamand et bourguignon.

    Un souffle impérial poussait les phrases de Franco. Il revoyait, manifestement, en me parlant des gloires espagnoles, tous ces conquérants, ces colons, ces apôtres qui plantèrent sur cent plages lointaines la bannière des rois catholiques.

    L'Espagne de demain débordera à nouveau. Sa pensée, son rayonnement spirituel, sa civilisation vont franchir les mers. La victoire aura donné le prestige. La volonté de Franco fera le reste.

     

     

     

    Dossier Franco Pêche.jpeg

    Photo extraite du « Dossier du mois » écrit par Léon Degrelle en hommage à Franco (décembre 1965).

     

     

    *

    * *

     

    Dans ce bureau modeste, non seulement un soldat gagnait la guerre, mais un grand homme d'État préparait l'avenir d'un peuple, pacifié socialement, élevé moralement ; il le ramenait sur les routes blanches de l'Espagne impériale, jadis puissance matérielle, demain puissance rayonnante de l'esprit et de la foi.

     

    *

    * *

     

    Je suis sorti portant, sous le bras, les souvenirs dont Franco m'avait comblé. Un gamin broussailleux se jeta dans mes jambes, culbuta et repartit en s'essuyant. On déchargeait du bois. Sur le pas des portes, nul ne releva la tête.

    Le soleil ne voulait pas quitter à la sortie du village, les deux beaux amandiers fleuris.

    L'Espagne gorgée de sang et de larmes jaillissait déjà dans ces fleurs, à la porte du village inconnu où un héros, modeste et recueilli, menait la guerre des armes et de la grandeur.

     

    Léon DEGRELLE.

     

     

    Léon Degrelle donnera encore quelques détails sur sa rencontre historique avec Francisco Franco dans les deux brochures-hommage qu'il lui consacrera.

     

     

    Dossier 12.1965.jpeg

    Première page de couverture du numéro de décembre 1965 du « Dossier du mois » consacré par Léon Degrelle, sous le pseudonyme de Philippe Dastier, à Franco et son régime.

     

     

    « Je le revois encore à son Grand Quartier Général pendant la Guerre d'Espagne, la “guerre civile” comme disent ses ennemis, la “guerre nationale” comme disent ses amis.

    Deux “Moros” géants, aux yeux de caramel brûlé, drapés de bleu et de rouge, les culottes bouffantes d'un blanc douteux, montaient une garde sans grand apparat à l'entrée de la gentilhommière aragonaise, une grosse ferme plutôt, d'où Franco dirigeait, en janvier 1939, la reconquête de la Catalogne. Un billard pour officiers d'ordonnance plantait ses pattes trapues dans une antichambre sans grâce. On franchissait une double porte de bois verni. On tombait aussitôt sur Franco.

    N'importe quel P.C. Allemand de Division ou même de Brigade eût été dix fois plus agité, les estafettes déboulant, la radio cliquetant, les “grosse Scheisse” retentissant ! Là, près de Saragosse, on se fût cru chez un éleveur de taureaux perdu au fond de sa “finca”. Franco restait seul pendant des heures à son bureau La guerre n'apparaissait que dans les lignes ondulées, de diverses couleurs, qui jalonnaient les étapes de la progression du front oriental, sur une carte de gros papier fixée au mur par des punaises.

    Pas la plus mince trace de luxe, nulle part. Pas une tapisserie, dans ce pays où les souterrains des palais officiels en contiennent des kilomètres, et où la cathédrale de Burgos en présente en plein air, dans les galeries de son Cloître, des séries grandioses montées sur des châssis qu'on fait tourner comme les pages d'un antiphonaire géant.

    Pas un bois polychromé ne se remarquait non plus, dans ce pays où il y en a des milliers, à tel point qu'un musée entier leur est consacré à Valladolid. » (Franco et son régime, p. 4).

     

     

    Franco Chef d'Etat.jpegDans Franco chef d'État, Léon Degrelle rapporte un nouvel extrait de leur conversation de 1939 qui illustre le calme, la patience, la lucidité et l'opiniâtreté du Caudillo.

     

    « Je me souviens de mon étonnement lorsque j'eus le privilège de l'étudier de tout près, à son G.Q.G., dans une modeste gentilhommière près de Saragosse, au cour de la Guerre Espagnole de 1936-1939. Avec nous se trouvait son beau-frère Ramon Serrano Súñer, à l'époque Ministre de l'Intérieur, plus tard Ministre des Affaires Étrangères. Ramon, brillant, l'esprit aiguisé comme une épée tolédane, passionné par tout ce qui est culture e beauté, projeté politiquement vers le neuf et l'audacieux, collé à son temps, m'avait fait une impression considérable.

    – “Le véritable chef de l'État espagnol, c'est lui”, m'étais-je dit.

    Cinq ans plus tard, Ramon n'existait plus ministériellement. Mais trente-neuf ans plus tard, le Caudillo, toujours d'excellente humeur, hissait encore au bout de ses bras courtauds les vieilles terres ibériques complètement régénérées par son immense action. [...]

     

     

     

    Serrano LD 09.10.1969.png

    Ramon Serrano Súñer en conversation avec Léon Degrelle au mariage de sa fille Marie-Christine, le 9 octobre 1969. Il fut un des témoins de la mariée.

     

     

    Franco était avant tout un calculateur.

    Il n'avançait un pion qu'après avoir tout soupesé et tout jugé interminablement.

    Un jour, durant le dernier hiver de sa “Croisade”, je m'étais permis de lui dire :

    – “Elle dure bien longtemps votre guerre !”

    Et c'était vrai. En jetant plus rapidement, après moins de tergiversations, ses troupes dans la fournaise, Franco eût pu terminer sa guerre un an plus tôt. Mais ce n'était point son genre. Ce ne fut jamais son genre. Chaque initiative ne naissait chez lui qu'au terme d'un très long accouchement. Franco-le-Prudent. Il préférait les inconvénients de l'attente aux à-peu-près des précipitations.

    Il m'avait donc regardé, l’œil amusé, par dessus son grand billard vert :

    – “Oui, Léon, m'avait-il répondu. C'est exact ce que vous dites. Mais, n'oubliez pas ceci, nous avons mis sept siècles pour chasser les Maures, n'empêche, nous les avons chassés tout de même.”

    Visiblement, il était disposé, si la prudence le recommandait, à mettre sept siècles, lui aussi, pour chasser les Républicains. » (Franco chef d'État, pp. 11-13).

     

     

     

    LD Valle Franco.jpg

    Léon Degrelle qui, dans la nuit du 22 au 23 novembre 1975, put veiller sa dépouille dans la chapelle ardente installée au Palacio de Oriente (ce blog au 5 août 2023) rendit régulièrement hommage à son bienfaiteur et ami Francisco Franco, alors enseveli au Valle de los Caídos célébrant la mémoire des combattants des deux camps tombés lors de la Guerre nationale (sur la profanation de sa tombe décidée par le gouvernement socialiste, voir ce blog au 25 octobre 2019).