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Une surprenante publication de Rivarol : deux pages biographi - ques sur Léon Degrelle où il y a un peu à boire… et beaucoup à manger !...

Rivarol 2.jpegCe n’est qu’occasionnellement (lorsqu’un ami nous le confie après lecture) que nous avons le plaisir de lire le remarquable Hebdomadaire de l’opposition nationale et européenne qu’est Rivarol, mais cela va changer car sa lecture nous apparaît tellement indispensablement roborative que nous allons nous y abonner toutes affaires cessantes !

 

C’est tout d’abord, dans l’édition du 18 avril dernier, un commentaire de lecteur sur un « Très bon article de Paul-André Delorme sur Léon Degrelle » qui a éveillé notre curiosité, non seulement parce qu’il signalait un article que nous devions impérativement nous procurer, mais aussi parce qu’il le corrigeait à l’aide de notre blog : nous y reviendrons.

 

L’article en question, Léon Degrelle, flamboyant fasciste wallon –seul à s’étendre sur deux pleines pages du magazine alors qu’il n’est même pas annoncé dans les titres de « une »–, était publié la semaine précédente (11 avril) et signé donc par Paul-André Delorme, auteur régulier, paraît-il, de papiers concernant la Seconde Guerre mondiale.

 

Par le titre –comme nombre d’intertitres (« L’irruption fracassante de Rex dans la vie politique », « L’exploit électoral du 24 mai 1936 »,…) ainsi que la conclusion présentant Léon Degrelle comme « un personnage flamboyant et –en dehors de Mussolini et Hitler– le plus célèbre et le plus fascinant des chefs de la mouvance fasciste des années 1930 et 1940 », l’auteur donne l’impression de présenter son héros sous un jour favorable. Nous disons bien « donne l’impression », car cette brève biographie fourmille d’erreurs (à commencer par la toute première phrase où M. Delorme fait naître Léon Degrelle le 14 juin 1906 au lieu du 15 juin !), comme si l’article avait été écrit à la va-vite et n’avait pas été relu. De plus, l’auteur semble surtout soucieux de s’abriter derrière des précautions oratoires d’un politiquement correct dont le bon aloi sied peu à Rivarol, en reprenant pratiquement tous les poncifs des « historiens » sectateurs du centre belge d’histoire de la Seconde Guerre mondiale (nous n’en pouvons plus de relever les perfides mensonges de l’ « Encyclopédie » d’Eddy De Bruyne !) ou d’écrivains amis se fourvoyant dans d’approximatives biographies, tel Francis Bergeron dont nous avons eu l’occasion d’épingler quelques erreurs sur ce blog…

Quelques exemples...

 

Léon Degrelle, Tintin ? Pas grand-chose à voir !

« On a beaucoup jasé sur la proximité supposée des deux hommes. Et Degrelle affirma avoir inspiré à Hergé le personnage de Tintin. En réalité, il n’entre que pour peu dans la création du jeune reporter, que Hergé avait d’ailleurs conçu avant sa rencontre avec lui. »

 

Nous avons déjà, à plusieurs reprises, démontré, sans aucunement jaser, que Léon Degrelle ne mentait absolument pas en rappelant le rôle qu’il joua dans la genèse du héros des « jeunes de 7 à 77 ans » et que devina d’ailleurs Jean Mabire.

 

 Avant-Garde 10_11_1927 P.1.JPGPar contre, si nous n’irons pas jusqu’à l’appeler « mensonge », nous qualifierons néanmoins de « coupable désinformation » l’affirmation que « Hergé avait d’ailleurs conçu [Tintin] avant sa rencontre avec [Léon Degrelle] ». Tintin n’est en effet pas « conçu » avant janvier 1929. Par contre, la première rencontre des deux jeunes gens au XXe Siècle date d’octobre 1928, mais ils se connaissaient déjà très bien puisque, dès 1925, ils collaborèrent tous deux au Blé qui lève (hebdomadaire de l’ACJB, Action Catholique de la Jeunesse Belge) et que Léon Degrelle ne manqua pas de publier des vignettes de Hergé dès le premier numéro (10 novembre 1927) de son journal des étudiants de Louvain, L’Avant-Garde.

Steeman LD.jpgDe plus, Hergé et Léon Degrelle furent loin de « se perdre peu à peu de vue » puisque le premier n’a jamais manqué de faire parvenir à son ami exilé ses albums au fur et à mesure de leur publication, de même qu’il défendit publiquement son honneur militaire ; quant au second, il invita régulièrement son ami Hergé en Espagne (il reçut d’ailleurs son épouse Germaine Kieckens dans sa propriété de Constantina) et entretint avec lui une correspondance régulière (via leur ami commun Paul Jamin, alias Jam et plus tard, Alidor). C’est d’ailleurs pour rendre hommage à sa mémoire que Léon Degrelle entreprit d’écrire, en 1985, Tintin mon copain.

 

Pour constater qui jase et vérifier que Léon Degrelle fut bien le seul inspirateur –au physique et au moral – de Tintin, parcourez ce blog aux 17, 23 et 27 janvier, 1er février, 2, 4 et 21 mai 2016, ainsi que 10 mai 2017 ; à lire également : Synthèse nationale n° 36 de mai-juin 2014 : article d’Armand Gérard : Degrelle-Hergé, même combat.

 

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La défense des Cristeros, une erreur ?

« Il commet un premier faux pas en publiant en juillet 1928, dans Vingtième siècle, un article approuvant l’assassinat du président mexicain anticlérical Álvaro Obregón par le jeune militant catholique José de León Toral. »

 

AG 21 02 1929 Supplice Toral1.JPGSi Obregon fut bien tué le 17 juillet 1928, c’est sept mois plus tard, le 21 février 1929, soit après l’exécution et l’enterrement de Toral, que Léon Degrelle publia son article incendiaire « A chaque nouveau Torral, nous nous écrierons de tout notre cœur : bravo ! », non dans le vingtième siècle, mais dans L’Avant-Garde. Ce prétendu « faux pas » avait d’ailleurs reçu la caution préalable, au nom du droit de résistance à l’oppression, de « Mgr Picard, aumônier général de l’ACJB » (doctrine de la « guerre juste » de Saint-Thomas d’Aquin). Sur les Cristeros, voir ce blog aux 1er mai 2016, 2 avril et 25 décembre 2017.

 

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C’est en 1932 que Léon lance ses revues !

« Surtout, il lance, en 1932, quatre nouvelles revues, Rex Vlan, Foyer et Croix et un hebdomadaire grand public, Soirées. »

 

Rétablissons la chronologie : le premier numéro de Soirées sort de presse le 10 Pub revues REX 2.jpgoctobre 1931 ; Rex apparaît le 1er octobre 1932 comme supplément mensuel de Soirées (il acquerra son indépendance dès le 1er janvier 1933 et fusionnera avec l’hebdomadaire Vlan le 22 mars 1934). Le bimensuel Vlan est lancé le 4 février 1933 (il sera hebdomadaire un an plus tard, le 8 février 1934 en devenant Rex-Vlan). C’est également en 1933 que paraîtront, en mars, Crois (et non Croix !) et, en avril, Foyer

 

Profitons de l’occasion pour corriger les autres données bibliographiques figurant dans l’article de P.-A. Delorme :

- Furore (et non Furor) teutonico date de 1928 et non 1929 et ne concerne aucunement la « défense de l’Eglise contre l’anticléricalisme », mais comme l’indique la suite du titre complet « ou l’histoire des balustrades de la bibliothèque de Louvain » où devaient figurer les mots latins « Furore Teutonico Diruta – Dono Americano Restituta » dénonçant l’incendie de la bibliothèque par les Allemands en 1914.

- Jeunes plumes et vieilles barbes de Belgique n’est pas un ouvrage parodique, mais satirique, présentant les équipes rédactionnelles des revues destinées aux étudiants catholiques.

Farces Louvain 2.jpeg- Les Grandes Farces de Louvain ne date pas de 1928, mais de 1932 et reprend les reportages de L’Avant-Garde narrant les blagues énormes ourdies par Léon Degrelle à l’Université.

- Enfin, ce n’est pas en 1929, mais le 1er octobre 1928 que Léon Degrelle est engagé par l’abbé Wallez au XXe Siècle : il y publiera son premier article, Les fureurs antireligieuses au Mexique, le 26 octobre 1928.

 

Voir ce blog au 2 avril 2017 et, surtout, Lionel Baland, Léon Degrelle et la presse rexiste, Editions Déterna, 2008, Collection « Documents pour l’Histoire », dirigée par Philippe Randa.

 

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Léon Degrelle veut s’emparer du Parti catholique !

« Léon entend, semble-t-il, dicter sa ligne politique au parti catholique, dont il affirme vouloir prendre le contrôle, pour en faire son parti, porteur de ses idées. »

 

Ce n’est pas exactement cela que veut dire Léon Degrelle quand il écrit dans le premier éditorial de Rex cité par l’auteur au paragraphe précédent : « Notre journal politique va y aller carrément… Nous servirons le parti catholique de toutes nos forces en le critiquant ou en l’encourageant, en attendant de le conquérir. » Le pronom personnel utilisé, de la première personne du pluriel, n’est pas le « nous de modestie » (même si Léon sera appelé plus tard plaisamment « Modeste Ier » par ses Légionnaires !), mais représente l’ensemble des jeunes catholiques lancés, au nom du Christ-Roi, à l’assaut du parti catholique pour le rénover, le régénérer et en refaire l’instrument de l’apostolat chrétien, ce qui était bien le but de l’Action Catholique de Mgr Picard au sein de laquelle le jeune Léon militait. Il ne s’agissait donc pas de s’accaparer le vieux Parti Catholique, mais de le rendre à sa mission première : incarner dans la vie politique et sociale l’idéal spirituel de l’Eglise, rappelé par le pape Pie XI dans l’Encyclique Quadragesimo Anno. (Voir, à propos de l’engagement spirituel de Léon Degrelle, ce blog au 5 avril 2017.)

 

Aussi reprocher à Léon Degrelle de n’avoir pas favorisé « son ascension au sein de la mouvance catholique », d’être entré « en conflit ouvert avec le parti catholique », d’avoir « abandonné toute prudence et toute considération de forme », etc. reviendrait à féliciter Marine Le Pen pour son entreprise de dédiabolisation du Front National, provoquant l’abandon de son identité et le réduisant à n’être qu’un parti comme les autres (concussion et prévarication y comprises).

Cardinal.jpeg

Mgr Jozef-Ernest Van Roey, primat de Belgique et ennemi juré de Léon Degrelle.

Dans son « Nouveau Petit Larousse Illustré » abondamment annoté, Léon Degrelle n’associe pas le cardinal au rhinocéros, mais à l’hippopotame : voici la vignette de la lettre « H » introduisant la liste des mots commençant par la huitième lettre de l’alphabet : elle est humoristiquement, mais significativement, améliorée par son lecteur !

Larouse.jpeg

Au contraire, en restant fidèle à ses « fondamentaux » spirituels, Léon Degrelle a obligé les politiciens banksters et autres prélats corrompus à jeter bas le masque. C’est parce que Léon Degrelle a toujours été réfractaire à toute subordination aux organes –particratiques ou ecclésiaux– protégeant la corruption institutionnelle qu’il fut mis au ban de la classe politique et crossé par le cardinal Van Roey. Car « l’échec du 11 avril 1937 » n’est aucunement dû à son « incapacité à garder public, disciples, amis et appuis » ni à son « aveuglement politique », ni à son « manque d’à-propos en matière de propagande ». Ça, c’est réécrire l’histoire à la lumière des événements postérieurs.

 

Aujourd’hui, on est évidemment coutumier des alliances contre nature appelées « Front républicain », mais en 1937, c’est la toute première fois en Europe, sinon au monde, que le système particratique mis à nu se sent en danger de mort : d’où la toute première, inédite et improbable alliance contre le seul « pur et dur » les affrontant au nom de la « révolution des âmes » : alors, catholiques, libéraux, socialistes et communistes n’hésitent pas à révéler leur identité d’intérêts, et ce, avec la caution moralement la plus contraignante possible sur les esprits de l’époque puisqu’émanant de la plus haute autorité religieuse belge !

 

De même aujourd’hui, il n’est pas d’insulte plus invalidante que d’être identifié à Adolf Hitler. Mais, en 1937, Hitler, certes présenté comme l’adversaire des catholiques, était néanmoins le chef d’Etat ayant rendu puissance, honneur et prospérité à l’Allemagne. Aussi ne sommes-nous pas certain que le slogan de la coalition honteuse « Degrelle = Hitler » répondant au slogan degrellien « Van Zeeland = Kerenski » ait été, à cette époque, « autrement percutant » puisque, par ses alliances contre nature, le catholique Van Zeeland pouvait bien être décrit comme le fossoyeur du régime monarchique à l’instar de Kerenski qui permit l’effondrement du régime tsariste. La preuve de l’efficacité du slogan rexiste et du manque d’assurance de ce « front des corrompus », c’est qu’il fallut à ce dernier quémander la condamnation archiépiscopale –tombant l’avant-veille du scrutin (afin d’empêcher toute réponse de Léon Degrelle)– obligeant en conscience « tout catholique loyal », non seulement à ne pas voter pour Léon Degrelle, mais également à ne pas s’abstenir, c’est-à-dire à voter pour Van Zeeland !!!

 

Rivarol, Tintin, Cristeros, Journaux rexistes, Action catholique, Enfants Degrelle, Programme politiqueNotons enfin que si, le 11 avril 1937, Léon Degrelle (19%) fut bien battu par Van Zeeland (76%), il progressait néanmoins de 3% par rapport au score rexiste de Bruxelles en 1936 (ce qui veut dire qu’il l’eût bien emporté face aux partis traditionnels se présentant individuellement). Notons surtout que le bankster Van Zeeland fut balayé six mois plus tard, emporté par le scandale de la « cagnotte de la Banque Nationale ». Voir ce blog aux 6 mai 2016 et 14 avril 2017.

 

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La vraie famille de Léon Degrelle !

« Léon, bon catholique, a le souci de fonder une famille : le 27 mars 1932, il épouse la Française Marie-Paule Lemay, qui lui donnera trois filles et un fils. »

 

En « bon catholique », Léon Degrelle ne s’est certes pas marié le 27 mars 1932 qui était le Dimanche de Pâques, ni aucun autre jour de la Semaine Sainte ! Il a, de façon tout à fait catholique, attendu le mardi 29 mars pour recevoir la bénédiction nuptiale de Mgr Louis Picard, son directeur de conscience, en l’église Saint-Jacques de Tournai.

 

L’heureux couple aura cinq (et non trois !) filles et un fils :

- Françoise, née le 28 janvier 1933 (décédée trois mois plus tard, le 6 mai 1933),

- Chantal, née le 13 février 1934,

- Anne, née le 27 juillet 1936,

- Godelieve, née le 14 avril 1938,

- Léon-Marie, né le 4 mai 1939 (mort accidentellement à Séville, le 22 février 1958: voir ce blog au 26 février 2016),

- Marie-Christine, née le 1er août 1944.

Défilé Bxl Chantal+LM+Godelieve.JPG

 

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Une absence de programme politique !

« Degrelle n’a pas de programme précis. »

 

Voilà bien le pire lieu commun répété à l’envi à propos du créateur du plus important mouvement politique nationaliste que la Belgique ait jamais connu. Il est d’autant plus incompréhensible de le trouver sous la plume de Paul-André Delorme que, dans les lignes qui suivent, celui-ci le présente, paradoxalement, de manière succincte mais explicite !

 

Denis-horz (1).jpg« Au total, [Léon Degrelle] se présente comme le porte-parole du peuple belge trahi, asservi et méprisé par ses gouvernants, banquiers et industriels, et cela avec la complicité d’un clergé selon lui indigne et vendu à eux. Que demande-t-il, pour remédier à cette situation ? L’instauration, par un gouvernement autoritaire, d’un ordre politique et social chrétien fondé sur la famille et l’organisation corporative de la vie professionnelle afin de concilier l’essor économique de la nation et les droits des salariés. Degrelle demande une orientation de l’économie par l’Etat, et un contrôle strict de l’activité des banques. Cependant, si dirigiste soit-il, il refuse les nationalisations, a fortiori la collectivisation des bien et de l’économie. […] Degrelle demande la suppression des partis. Catholique, il exige la présence de Dieu “dans nos familles” et “dans toute école”, demande l’abolition du droit au divorce, mais, en revanche, se prononce en faveur du droit de vote des femmes qu’à l’époque tous les partis refusent, à commencer par ceux de la gauche (libéraux et socialistes). »

 

A suivre.

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