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  • « Hitler est mort »

     

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    Comment Léon Degrelle vécut la mort

    d'Adolf Hitler

     

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    La route de Lübeck donnait un tableau exact de la situation, le 30 avril 1945. Jusqu'à Schwerin, le fleuve des civils et des armées venant de l'est s'épandait à pleins bords, immense et tumultueux. [...] Sur cinq cents mètres, sur mille mètres, ce n'était qu'un incendie épais, presque opaque, traversé d'explosions. [...]

     

    Le spectacle le plus tragique était celui des soldats blessés. Les hôpitaux de la région évacuaient en hâte. Mais il n'y avait plus une auto ambulance. On avait mis sur les routes des centaines de pauvres garçons aux bras ou au buste plâtrés, à la tête couverte de pansements. [...]

     

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    J'aboutis enfin l'après-midi à Lübeck, à l'État-Major du Grand Amiral Doenitz.

     

    Un des collaborateurs immédiats de celui-ci m'emmena vers un coin du bureau et me fit à mi-voix –c'était le 30 avril 1945, à cinq heures et demie du soir– cette confidence qui me glaça le sang :

     

    Faites attention : demain on annoncera la mort du Führer !

     

    Hitler était-il vraiment mort ?... Essayait-on de gagner du temps avant de publier cette nouvelle terrible ? Ou préparait-on autre chose ?...

     

    En tout cas, un jour entier avant la déclaration historique du Grand Amiral Doenitz : « Aujourd'hui, premier mai, à deux heures et demie de l'après-midi, le Führer est tombé en héros au cours de la lutte de Berlin », la nouvelle du décès de Hitler me fut dite à l'oreille, à l'État-Major même du Grand Amiral. [...]

     

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    Je m'étais installé dans une petite maison de forgeron, sur la chaussée de Mismar. J'avais pris une chaise et m'étais mis sur le pas de la porte, comme je le faisais le soir, près de mes parents, dans ma ville natale, quand j'étais petit. [...]

     

    Mon esprit rêvait. Mes yeux erraient dans le vide, comme si le monde dans lequel j'avais si intensément vécu avait déjà perdu le souffle et s'effilochait en fumées tristes.

     

    La mer Baltique était à une demi-heure de là, au bout de labourés où les blés avrilés pointaient. J'allai, au crépuscule, m'y asseoir sur une grosse pierre brune. Le soir était à peine rose. On n'entendait rien du tumulte inouï des routes. Seul, de temps en temps, un avion allemand longeait la mer, rasait les flots pour rester invisible.

     

    Est-ce que mon rêve mourait, lui aussi, comme ce ciel pâle que la nuit envahissait ?

     

    Je me relevai, revins par les emblaves et m'étendis, tout équipé, dans le noir, près du forgeron immobile.

     

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    À deux heures du matin, un grand fracas ébranla la porte.

    Je courus ouvrir.

    Une bougie éclairait par gros pans la chambre modeste.

     

    Un jeune colonel allemand, envoyé par Himmler, se tenait tout raide devant moi, les traits tirés.

    J'avais compris avant qu'il eût dit un mot.

    Je m'étais mis au garde à vous.

     

    Le Führer est mort, murmura-t-il...

     

    Nous nous tûmes tous les deux. Le forgeron, lui aussi, se taisait.

     

    Puis deux larmes, les larmes des cœurs purs, coulèrent sur ses vieilles joues tannées...

     

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    (Léon Degrelle, La Campagne de Russie, pp. 468-472)

     

     

     

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    Cette évocation poignante de la mort d'Adolf Hitler, où la pudeur le dispute à l'émotion et qui s'insère dans le vaste récit de la recherche opiniâtre de Heinrich Himmler (il s'agit de lui soutirer d'ultimes décisions pour les Bourguignons engagés dans la croisade pour libérer l'Europe de la menace communiste), constitue en fait une éloquente illustration de l'état d'âme de Léon Degrelle face à ce basculement de l'Histoire.

     

    Par un heureux hasard, le SS-Obersturmführer Charles Generet, qui fut officier d'ordonnance et chauffeur de Léon Degrelle à partir du 28 avril (Poméranie) jusqu'au 4 mai 1945 (périple danois), a tenu un journal (non publié) à l'intention de son épouse, qui documente précisément ces journées dramatiques.

     

    Il confirme dans les grandes lignes le récit degrellien des péripéties pour retrouver le Reichsführer-SS. C'est ainsi qu'il signale : « l'entourage de Himmler déclarait ouvertement le 30 avril 45 : Demain, la radio annoncera la mort du Führer ». Il s'imagine cependant être celui qui apprend la nouvelle de la mort d'Adolf Hitler à Léon Degrelle, le 2 mai : « À Bad-Segeberg, la nouvelle de la mort du Führer me fit retourner dare-dare  chez Degrelle qui m'attendait avec la plus vive impatience. [...] À mon retour, je signale au Chef la mort du Führer que j'ai apprise la veille. »

     

    En fait, après avoir quitté, dans l'après-midi du 1er mai 1945, le château de Kalkhorst où était établi l'État-Major de la Waffen-SS, Léon Degrelle « décida de se rendre à Klütze pour aller loger chez le major Jacobs. Celui-ci avait déjà mis les voiles vers des régions plus nordiques et plus clémentes. [Le Chef] veut quand même y rester pour la nuit et m'envoie avec la voiture à Bad-Segeberg pour préparer les quartiers [de la Division Wallonien qui doit s'y replier]. »

     

    Si Léon Degrelle place donc sa nuit toute d'accablement mélancolique du 1er au 2 mai dans la demeure d'un forgeron (était-ce vraiment là que s'était installé le major Jacobs ?), c'est que cet endroit lui permet de se retrouver comme dans la maison bucolique de son enfance, auprès de ses parents aimants.

     

    C'est là et ainsi qu'il se devait d'apprendre la mort de celui qui l'avait choisi pour fils. On peut donc se convaincre que « les larmes des cœurs purs » qui coulèrent sur les joues du forgeron furent celles que pleurèrent les yeux de Léon Degrelle, le forgeron que le Führer destinait à la Nouvelle Bourgogne.

     

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    Les illustrations sont extraites du blog « Weltanschauung », consacré à l'art national-socialiste.

    Dans l'ordre : Conrad Hommel, Adolf Hitler (1941) ; Hermann Schardt, Combat de rue (1941) ; Franz Eichhorst, Stalingrad (1943) ; Médaille « Le Führer vous remercie » frappée en 1934 par le Winterhilfswerk des Deutschen Volkes (« Secours d'Hiver du Peuple allemand », W.H.W.) ; Sepp Hilz, Prière à table (1937) ; Albert Reich, Hommage à Adolf Hitler ; Adolf Hitler, Calvaire dans la montagne (aquarelle, 1925), Margareth Oechalin-Rogeder (Devenir, Journal de combat de la Communauté européenne, n° 3, avril-mai 1944, p. 8).