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  • Quand « Éléments », la revue d'Alain de Benoist, fait dans le « wokisme »...

     

    Éléments l'affirme, mais ses lecteurs vont-ils l'avaler ? Léon Degrelle n'est qu'un « mythomane », un « escroc », un « hitlérolâtre » et bien pire encore...

     

     

     

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    Le florilège d'antidegrelleries promouvant le Léon Degrelle de Frédéric Saenen, telles que collationnées par le Cercle des Amis de Léon Degrelle  (XLIVe Correspondance privée, septembre 2025, p. 11).

     

     

    C'est dans la dernière Correspondance privée du Cercle des Amis de Léon Degrelle –c'est-à-dire dans la collation quasi exhaustive de tout ce qui concerne Léon Degrelle opérée régulièrement par cet indispensable Degreller Beobachter– que nous avons lu l'information à propos de la nouvelle biographie « améliorée » de Léon Degrelle par Frédéric Saenen (ce blog au 25 mars 2025) : « De nombreux articles et entretiens ont été réalisés dans la presse au sujet de la sortie de cette biographie de Léon Degrelle. La plupart de ces articles et des entretiens se recoupent forcément et ont tous un dénominateur commun : l' ”anti-degrellisme ! Dans le florilège, non exhaustif et dans le désordre : Marianne, Le Figaro, Breizh-info, Le Monde, L'Avenir, La Dernière Heure, La Libre Belgique, Le Soir, Conflits, Éléments, etc. » Était même épinglée une interview à Regards, le mensuel du Centre Communautaire Laïc Juif.

     

    Et le Cercle de conclure philosophiquement : « Beaucoup de bruit pour un livre bien médiocre. Mais l'important n'est-il pas d'avoir remis à l'honneur le Chef de Rex ? »

     

    C'est exactement ce que nous a écrit crânement Frédéric Saenen après que nous eûmes encore souligné sa compétence historique à Radio Courtoisie (ce blog au 2 septembre 2025) où il estimait à « une septantaine » le nombre des vingt-et-une victimes du massacre d'Abbeville. L'auteur du bouquin que toute la presse du Système s'efforce de vendre au bon peuple se voulait surtout ironique en nous faisant part de sa « reconnaissance renouvelée » et en nous remerciant « sincèrement de [lui] faire à nouveau de la publicité [...], l'important étant la visibilité » ainsi accordée à son pamphlet...

     

    Nous ne pensons pas que nos lecteurs se précipiteront dans les librairies pour gonfler ses droits d'auteur (et nous l'espérons bien !). S'il en est quand même qui voudraient se farcir sa prose dénigrante, qu'ils patientent un peu : les bacs des bouquinistes devraient bientôt la recevoir...

     

    Elements 215.jpegMais dans le « florilège non exhaustif » des laudateurs requis ou bénévoles, un titre a attiré notre attention, le dernier, Éléments, le trimestriel d'Alain de Benoist, fondateur du GRECE (Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne), qui prétend fournir matériau et substance pour une meilleure connaissance et célébration de la civilisation européenne. Comme nous n'y sommes pas abonné et qu'il ne figure pas parmi les innombrables revues proposées par notre petit libraire, nous avons dû lui demander de le commander : il nous est arrivé voici une dizaine de jours.

     

     

    Éléments, parangon de l'historiquement correct !

     

    Et la stupéfaction est totale : la lecture de ce panégyrique aveugle est profondément choquante et attristante. Attristante car nous croyions qu'Éléments était censé fournir des articles critiques stimulant la réflexion (« Le magazine des idées à l'endroit » !) et non balancer des coups d'encensoir irrationnels ; choquante car un tel exercice de reptation wokiste semble inscrire la revue dans le mouvement de réécriture négative de l'histoire européenne.

     

    Nous ignorons qui est ce Laurent Schang, à part qu'il a écrit récemment une biographie (une dénonciation, plutôt) du maréchal Gerd Von Rundstedt aux éditions Perrin. Tiens ? Le même éditeur que Frédéric Saenen ! Entre confrères co-édités, il faut sans doute contribuer à une coprospérité... Par ailleurs, Schang semble le spécialiste-maison d'Éléments pour l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il signe en effet dans le même numéro un autre article abscons au titre néo-français –Au bonheur du fana mili– où il dénie aux plages du débarquement de Normandie de compter parmi les « champs de bataille qui continuent de vous saisir », tels Azincourt (où il n'y a rien à voir), Valmy (et son moulin au milieu d'un « concept touristique ») ou Woerth (quelques monuments, surtout allemands)... Il annonce tout de même trois feuilletons sur les décors normands du « jour le plus long ».

     

     

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    Pour Laurent Schang, le maréchal von Rundstedt est bien coupable de ne s'être pas opposé au chef suprême des armées allemandes. Pire même, il accepta de figurer parmi les juges des officiers félons qui tentèrent d'assassiner, en pleine guerre, Adolf Hitler, leur commandant en chef, le 20 juillet 1944. Mais, s'étonne-t-il, personne ne s'en est encore pris à sa tombe. Et d'ajouter (en guise d'avertissement ?) : « Jusqu'à présent, en tous les cas » (interview publiée par Breizh Info, le 7 mars 2020 ; en bas, la tombe de Gerd von Rundstedt, sur le site Find a Grave...

     

     

    Mais revenons à sa charge anti-degrellienne, dont l'introduction, par sa flagornerie béate, mérite d'être citée : « On croyait avoir tout lu sur le Beau Léon (le parti Rex, la Waffen SS, Tintin), des écrivains aussi différents que Saint-Loup, Pol Vandromme, Jonathan Littell ou Arnaud de la Croix ayant noirci des centaines de pages à son sujet – sans compter ses propres mémoires. On se trompait. Signée Frédéric Saenen, Léon Degrelle (Perrin), sa nouvelle biographie, en vérité la première (par sa qualité d'écriture, par les recherches qu'elle a demandées), nous livre le portrait sans fard ni trémolos d'un ambitieux qui, pour s'être rêvé en Führer des Wallons, finit sa vie avec le titre peu enviable de personnalité la plus détestée du royaume de Belgique. »

     

    On croyait avoir tout lu en matière de dénigrement de Léon Degrelle, mais, en effet, on se trompait : Éléments, soi-disant « laboratoires d'idées » de la Nouvelle Droite, en donnant carte blanche à ce prétendu spécialiste de l'histoire militaire, réécrit l'histoire de la Seconde Guerre mondiale à l'aune de la morale des vainqueurs, normalisant son récit par un lâche et inattendu conformisme politique.

     

    N'en doutons pas : Schang ne connaît rien de Léon Degrelle. Ce qui ridiculise sa célébration du bouquin de Saenen, salué comme « en vérité la première » biographie du « Führer des Wallons » ! Les seules lectures qui, si elles existèrent, lui permirent de (mal) connaître le nom du héros de Tcherkassy sont le roman épique de Saint-Loup, Les SS de la Toison d'Or (ce blog au 22 janvier 2016), le pamphlet haineux Le loup au cou de chien de l'indigne Vandromme (ce blog au 14 avril 2016), les considérations scato-psychanalytiques Le sec et l'humide du pervers Littell (ce blog aux 8 février 2018 et 12 octobre 2025) et les carabistouilles éculées du prétentieux De la Croix qui prétendait aussi fournir « la première biographie complète [...] du dernier grand chef nazi » (ce blog aux 13 décembre 2016 et 10 avril 2024).

     

    À part Saint-Loup, lui-même ancien du Front de l'Est et ami personnel de Léon Degrelle, tous les noircisseurs de centaines de pages évoqués par Schang sont des dénigreurs compulsifs obsessionnels de l'auteur de Révolution des Âmes, ce jeune chef charismatique qui séduisit à ce point Adolf Hitler lors de leur première rencontre fortuite en 1936 que, sa vie durant, le Führer s'inquiéta de son sort, lui manifestant confiance, gratitude et affection (ce blog, notamment, au 12 mai 2016).

     

     

     

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    Un mois à peine après avoir échappé miraculeusement à l'inimaginable attentat ourdi par une kyrielle d'officiers parjures et traîtres à leur patrie, le chef suprême des armées du Reich reçut avec une joie et une émotion manifestes Léon Degrelle, le jeune officier étranger, qui ne cessa d'en remontrer à la caste réactionnaire de la Wehrmacht sur le courage, l'honneur et la fidélité. À l'issue de cette rencontre où il décerna les Feuilles de Chêne à sa croix de Chevalier de la Croix de Fer, Adolf Hitler confiera à son plus loyal épigone : « Si j'avais un fils, je voudrais qu'il soit comme vous ! »

     

     

    Et donc, après avoir décrété le plus gratuitement du monde que Léon Degrelle « finit sa vie avec le titre peu enviable de personnalité la plus détestée du royaume de Belgique » (probablement une citation du prière d'insérer de l'éditeur car reprise dans nombre de soi-disant comptes rendus !), Laurent Schang va poursuivre dans le même registre de la calembredaine péremptoire...

     

    Comme il s'agit d'une interview, tout va fonctionner comme dans un sketch de clowns de cirque : Saelen, le clown blanc, est le bonimenteur pontifiant. Il est interrogé par Schang, le clown auguste au gros nez rouge, gaffeur qui ne comprend jamais rien et qui en rajoute dans le délire du clown blanc pour marquer sa bonne volonté ou asticoter la verve de son comparse.

     

    Révolution des Âmes

     

    Quelques exemples des outrances et amorces de Clown auguste Schang corrigées, voire amplifiées, par Clown blanc Saenen, que nous ferons tout de même suivre par des mises au point degrelliennes...

     

    Clown auguste Schang : « Quelle était cette ”révolution des âmes dont Degrelle se réclamait ? »

    Clown blanc Saenen : « [...] il prône en effet une vague révolution des âmes selon le titre d'un essai que Degrelle publie en 1938. [...] Mais cela semble déconnecté de toute realpolitik, et le corpus idéologique du rexisme, voulant trop embrasser toutes les couches de la société [...], mal les étreindra. »

     

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    Publié deux ans après le succès électoral de 1936 et un an après la coalition de tous les affidés du système (catholiques, libéraux, socialistes, communistes) contre la révolution rexiste portée par Léon Degrelle à l'élection partielle bruxelloise de 1937, Révolution des Âmes, –recueil de réflexions à la fois politiques et lyriques rappelant la base de l'engagement rexiste–, est sans doute « vague » pour Clown blanc Saenen en ce sens qu'il ne définit aucun programme politique, économique ou social. Il est cependant décisif dans la démarche rexiste selon laquelle il n'est pas de véritable révolution qui ne s'alimente d'un authentique renouveau spirituel. Réveiller ce ressourcement personnel, c'est ce qui inspira toujours l'apostolat de Léon Degrelle : « Dès cette époque-là, je m'étais dit, en voyant l'espèce de rébellion parfaitement normale du peuple, qu'il s'agirait de dégager celui-ci de l'égoïsme et du matérialisme [...], en essayant de repeindre de neuf chaque coeur délaissé, lassé, souillé, de recomposer une véritable communauté humaine, juste, fraternelle, de ranimer en elle les plus hautes vibrations d'âmes. » (Persiste et signe, p. 54).

     

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    Pour les clowns, tout ça, c'est du charabia « déconnecté de toute realpolitik ». Pourtant, cette mystique rexiste a permis l'élaboration d'un vaste « corpus idéologique », d'une doctrine et de principes d'action pour tous les secteurs de la société, afin que la révolution des âmes permette la révolution nationale. Mais pour nos clowns qui tournent en rond sur leur piste de cirque, c'est alors trop de realpolitik : « Qui trop embrasse mal étreint », CQFD !...

     

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    7 Rex et Campagnards.jpg   8 Rex et Artistes.jpg   9 Rex et la Femme.jpg

     

     

    Mes Aventures au Mexique et les Cristeros

     

    Clown auguste Schang : « Degrelle était déjà un mythomane dans les années 1920 ! Son reportage au Mexique a tout d'une blague... belge. N'était-il pas aussi un peu escroc ? »

    Clown blanc Saenen : « À mythomane, je préférerais l'expression affabulateur compulsif [...] il n'a pas été un témoin direct de la révolution des Cristeros. [...] À escroc, je préférerais celui de “roublard” […] on le découvre aussi hypocrite, cauteleux, fuyant à d'autres moments. […] c'était un panier percé et un mauvais payeur. »

     

    Mexique Rex illustré 18 03 36.jpg

     

    La mise en doute du voyage au Mexique est le monstre du Loch Ness qui prétend établir la mythomanie de Léon Degrelle. C'est Frédéric Denis qui s'en fit le champion imbécile (ce blog au 29 septembre 2020 et 11 août 2025) et il a malheureusement encore toujours de fidèles émules aujourd'hui.

     

    Il est évident que l'envoyé spécial du Vingtième Siècle n'alla pas au Mexique (décembre 1929-janvier 1930) pour faire le coup de feu : si les accords (Arreglos) négociés entre l'Église de Pie XI et le gouvernement mexicain avaient mis fin, le 27 juin 1929, à la rebellion, les Cristeros, qui avaient déposé les armes, continuèrent cependant à être poursuivis et massacrés par leur gouvernement : on estime à environ 5000 les victimes de cette « épuration », tandis qu'au moins 5% de la population mexicaine préférèrent s'enfuir aux États-Unis. En 1936, Rex illustré publia quelques photos décontractées de Léon Degrelle en guise de preuve de son voyage au Mexique.

     

    Evêque José de Jesus Huejutla.pngMais son expédition ne releva pas nécessairement du farniente touristique, comme l'atttesta l'ambassadeur de Belgique au Mexique, Charles de Romrée de Vichenet (1884-1957) qui le reçut sur place (J.-M. Étienne, Le mouvement rexiste jusqu'en 1940, p. 13). La lettre que lui envoie, le 2 mai 1930, Mgr José de Jésús Manríquez y Zárate (1884-1951), évêque du diocèse de Huejutla, dont l'engagement fervent en faveur des Cristeros provoqua son exil en Californie, établit également l'importance des contacts établis sur place, le sérieux de son enquête et du suivi politique et éditorial qui devait en découler :

     

    lt Huejutla à LD 02.05.1930.jpeg« Bien cher ami, [...] Je suis très touché que vous ayez autant travaillé à votre retour du Mexique, et certainement avec beaucoup de succès, en faveur de notre cause, qui est la cause de la vérité et de la justice. Le voyage que vous avez effectué avec Mgr Picard à Paris et les entretiens que vous avez eus avec les écrivains catholiques et les directeurs de grands journaux et magazines, les incitant à s'intéresser au Mexique, commentant largement vos enquêtes, produiront sans aucun doute de grands biens pour un avenir proche. [...] Certes, tous ces travaux, ainsi que vos conférences et celles du digne Mgr Picard, seront une excellente préparation pour organiser la collecte internationale en faveur du Mexique, que je vous ai tant recommandée. [...] Avec mes salutations très affectueuses à Mgr Picard, M. Hoyois et aux autres jeunes de la méritante ACJB, et en vous souhaitant de vous rétablir rapidement de vos fatigues, je suis heureux de me répéter une fois de plus votre ami très affectueux et votre humble serviteur qui vous bénit avec effusion.

    + José de Jesús, Évêque de Huejutla »

    (Sur les persécutions qui persistèrent cruellement malgré les Arreglos, voir Léon Degrelle, Cristeros, pp. 203-223 ; sur la spécificité de Mes Aventures au Mexique, ce blog au 1er mai 2016).

     

     

    Léon Degrelle, Flamand, Français, Bourguignon, Espagnol, faux Belge !

     

    Clown auguste Schang : « Degrelle le Wallon avait aussi des partisans en Flandre. Une alliance électorale avec Joris Van Severen et son parti, le Verdinaso, aurait très pu se concevoir [sic] en 1936. Ces deux figures étaient-elles trop différentes pour oser un rapprochement ? »

    Clown blanc Saenen : « L'obstacle majeur au rapprochement de Degrelle avec la Flandre est avant tout... sa méconnaissance totale du néerlandais. Il était certes un défenseur idéaliste de la cause flamande, mais en rien un pragmatique qui pouvait entrer en réel dialogue avec le nord du pays. [...] Pendant la guerre, la Flamenpolitik d'Hitler va encore creuser l'écart [entre Degrelle et les Flamands]. Ses vues à long terme sur la Belgique le portent hors du cadre national tel qu'il avait été défini lors de l'indépendance en 1830. Degrelle n'a jamais fantasmé qu'une dimension impériale, par la réintégration des territoires belgiques dans la Grande Bourgogne, voire au Reich allemand [...]. Dans les années 1930, il confiera qu'il regrette de n'être pas né en France, et après-guerre il se fera adopter pour obtenir la nationalité espagnole. C'était en définitive un faux Belge [...]. »

     

     

     

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    Le Leo Belgicus de la splendeur bourguignonne accueillant le visiteur de Léon Degrelle dans la finca sévillane de son exil espagnol, tel qu'il fut dessiné en 1617 par le cartographe Kaerius (Pieter van den Keere) dans son chef-d'oeuvre Germania Inferior, id est XVII provinciarum ejus novae et exactae tabulae geographicae (ce blog au 17 octobre 2018).

     

     

    Le 24 juin dernier, Bart De Wever, Premier ministre de Belgique, déclarait à la radio nationale publique néerlandaise : « en tant qu’homme politique et à titre personnel, je pense toujours que la scission des Pays-Bas au XVIe siècle est la plus grande catastrophe qui nous soit arrivée ». Il évoquait la partition des XVII Provinces bourguignonnes à l'issue de la révolte des Gueux (ce blog au 31 mars 2025).

     

    Voilà qui rejoint exactement la pensée de Léon Degrelle qui a toujours dénoncé « l'État-croupion de 1830 » et a voulu rendre leur extension géographique d'origine aux territoires belgiques évoqués par Frédéric Saenen et regrettés par Bart De Wever, et à leur peuple la puissance économique et la gloire culturelle qui firent leur prospérité historique (ce blog au 28 juin 2017) : « Je suis donc intégralement un homme de ces fameuses Dix-Sept Provinces qui, de l'embouchure du Rhin à la Somme, constituèrent, pendant des siècles, une remarquable unité géographique, politique, économique. Je me sentais né pour leur résurrection, opérée d'ailleurs partiellement, depuis lors, sur le plan médiocre des affaires, au sein du Benelux. » (Degrelle m'a dit, pp. 436 et 28). Ce Benelux économique, qui s'est dissout dans une opaque Union Européenne, est malgré tout porté aujourd'hui au crédit visionnaire de Joris Van Severen proposant un Dietschland idéalisé, alors que la résurrection de la Bourgogne indépendante voulue par Léon Degrelle et avalisée par le Reich (ce blog, notamment, au 28 juin 2017) est décrite comme un fantasme criminel (sur la relation Degrelle-Van Severen, ce blog au 7 mai 2019).

     

     

     

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    Affiche annonçant le Quatrième Congrès du Verdinaso en 1935 : l'emblème du mouvement –un glaive dressé devant une charrue– protège la carte du Dietschland réunissant, outre la Flandre française, la Belgique, les Pays-Bas (la erlande) et le Luxembourg : le futur Benelux (sans la Flandre française).

     

     

    Mais l'idée de la nouvelle Bourgogne était tellement peu fantasmagorique que Roosevelt l'avalisa également en voulant s'attacher les services de Léon Degrelle ! « Fin décembre 1942, la marquise de L... avait transmis à Degrelle, en congé pour blessure à Bruxelles, une invitation du consul des États-Unis à Barcelone à venir discuter avec lui d'un ralliement aux Alliés. Deux passeports étaient mis à sa disposition à cette fin. [...] Lorsqu'il entendit parler des projets grand-belges de Hitler, Roosevelt les accueillit avec faveur. MM. [Edvard] Benès [président du gouvernement tchécoslovaque en exil] et [Antony] Eden [secrétaire d'État au Foreign Office] en ont témoigné auprès de M. [René] Massigli [ambassadeur de Vichy à Ankara avant de passer à Londres pour devenir commissaire aux Affaires étrangères de De Gaulle] et lord [William] Strang [sous-secrétaire d'État adjoint pour l'Europe dans le gouvernement britannique]. Le 13 mars 1943, le président [Roosevelt] envisageait de grouper les départements français du Nord, l'Alsace, la Lorraine, le Luxembourg avec la Belgique méridionale pour former une grande Wallonie » (Jacques de Launay, Histoires secrètes de la Belgique 1935-1945, p. 246). Léon Degrelle écrira plaisamment dans l'ouvrage signé par la Duchesse de Valence : « Il est assez étonnant de constater qu'après la guerre Degrelle a été condamné à mort comme mauvais belge. On ne peut, à mon avis, lui reprocher, notamment chez ses amis français, que d'avoir été trop grand belge ! Au lieu de diminuer sa patrie il la voulait plus vaste ! » (p. 380).

     

    Il n'est pas vrai non plus de prétendre que « Dans les années 1930, [Léon Degrelle] confiera qu'il regrette de n'être pas né en France ». Ce qu'il confie à Robert Brasillach en 1936, c'est la simple acceptation de son destin : « Trois kilomètres de plus ou de moins... Maintenant, mon sort est fixé. Né en France, j'aurais joué un rôle de Français, avec la même ardeur. Je suis Belge, je fais mon devoir de Belge. » (Léon Degrelle et l'avenir de Rex, p. 8). Son pays de prédilection n'est donc certes pas la France du fourbe Louis XI ou du prédateur Louis XIV, mais fut et sera toujours les Dix-Sept Provinces des ducs de Bourgogne et de leurs successeurs belgo-espagnols qui rassemblèrent longtemps les Pays-Bas du Nord et les Pays-Bas du Sud : « Belge de la petite Belgique atrophiée des temps modernes, née des traités de 1831 et de 1839 ? Non ! Je suis un Belge provenant des territoires occidentaux, trois fois plus vastes, réunis au XIVe et au XVe siècles par les ducs de Bourgogne. Par la famille de mon père, né à Solre-le-Château, près de Maubeuge, j'appartiens aux Marches du Sud, enlevées à mon pays par les tenaces rois de France. Par la famille de ma mère, les Boever, originaires de la Moselle, j'appartiens aux Marches Germaniques de l'Est, détachées de ma patrie par le traité de 1839. Je suis donc intégralement un homme de ces fameuses Dix-Sept Provinces, qui, de l'embouchure du Rhin à la Somme, constituèrent, pendant des siècles, une remarquable unité géographique, politique, économique. Je me sentais né pour leur résurrection » (Duchesse de Valence, p. 28).

     

    CI Leon Jose de Ramirez Reina.jpg

     

    Mais ce qui importe à Clown blanc Saenen en inventant le regret de Léon Degrelle de n'être pas Français, c'est de pouvoir prétendre qu'il était « en définitive un faux Belge », une preuve supplémentaire étant qu' « il se fera adopter pour obtenir la nationalité espagnole ». Une espèce de collectionneur de cartes d'identité, quoi !...

     

    En acquérant la nationalité espagnole, il est évident qu'il s'agissait pour Léon Degrelle –n'ayant pas même le statut de réfugié politique– d'avoir enfin une existence légale lui permettant de vivre et travailler en Espagne à visage (plus ou moins) découvert. Mais Clown Saenen a plus d'une carabistouille dans son sac à malices : c'est ainsi qu'à propos de cette carte d'identité espagnole, il prétendra dans le magazine du Centre Communautaire Laïc Juif : « L’astuce qu’il a trouvée, au début des années 1950, est de se faire naturaliser espagnol en se faisant adopter. À partir de ce moment, son extradition conduit à une impasse juridique, de sorte que malgré les reports d’échéance de prescription, il mènera une vie plutôt confortable en Espagne jusqu’à sa mort. » (Regards, 1er avril 2025). Comme si Léon Degrelle n'avait pas proclamé cent fois son désir de revenir en Belgique pour se justifier au cours d'un procès honnêtement contradictoire (ce blog, entre autres, au 15 août 2022) ! Comme si le gouvernement belge n'avait pas torpillé toutes les tentatives de le ramener en Belgique (ce blog notamment au 26 décembre 2024) !

     

    Rex et Flandre.jpgQuant aux considérations sur l'incapacité de Léon Degrelle de dialoguer même avec les Flamands, elles sont tellement absurdes que nous ne nous y arrêterons pas, nous contentant de renvoyer à notre blog, par exemple, au 10 juin 2016 ; l'accord signé entre Rex et le Vlaamsch Nationaal Verbond (VNV, Alliance Nationale Flamande) de Staf De Clercq préfigure d'ailleurs particulièrement bien le confédéralisme préconisé aujourd'hui par le parti du Premier ministre belge, la N-VA, Nouvelle Alliance Flamande). Que dire aussi de la prétendue « Flamenpolitik » d'Adolf Hitler finissant au contraire par avaliser la résurrection de la Bourgogne indépendante sous l'autorité de son premier Chancelier Léon Degrelle (ce blog au 27 juin 2017) ?...

     

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    À suivre